Mon blog n'a pas été renouvelé depuis très longtemps, a dit un jour K'er à Didi en fronçant les sourcils, je n'ai pas le temps de m'en occuper, tu ne peux pas imaginer la quantité de devoirs qui nous tombent dessus en troisième année, j'ai l'impression d'y passer ma vie.
On ne saurait mieux dire. Même si, à la vérité, je passe toujours plus de temps dans les bars qu'à bosser mon mémoire de fin d'études, il n'en reste pas moins que l'activité est intense, surtout au niveau des devoirs conjugaux y compris extra.
Si intense qu'on en est arrivé au point de rupture. Tu sais, quand t'es bien interconnecté avec ton partenaire et que par inadvertance, tu bouges comme ci ou comme ça, provoquant une réaction de type Aïe ! Allez avoue, ça t'es déjà arrivé, bien sûr que oui, ça arrive à tout le monde.
La citation est tirée d'un charmant roman de Huang Beijia, Comment j'ai apprivoisé ma mère. Il m'a tout de suite interpellée depuis le présentoir de la bibliothèque, car moi aussi je dois apprivoiser ma mère. Enfin, celle que j'ai à l'école. Oui on forme une grande famille dans cette école, on a tous une mère ou un père chargé de nous soutenir dans notre parcours scolaire. Avec la mienne on ne se comprend pas. Je suis sûre qu'on s'aime pourtant, au fond.
Quand il a hurlé Aïe ! donc en se retirant pour courir dans la salle de bain, j'ai suivi. Le préservatif était plein de sang. Pendant deux secondes j'ai fait genre je maîtrise, t'inquiète, c'est une déchirure du frein, c'est rien du tout. Déchirure du frein, mon cul oui, là ça saigne de l'intérieur...Et puis comme SOS médecins nous l'a conseillé, on est parti aux urgences.
Parce qu'au début c'était cordial tu vois avec ma mère. Elle trouvait que mon sujet était passionnant et que ça allait donner des trucs trop supers. Elle m'avait demandé de faire un calendrier, alors moi, pas complètement dingue non plus, j'avais casé toutes mes actions en juillet-août (remise du mémoire en septembre ? Fort bien, je commencerai donc à la dernière minute), histoire qu'elle puisse pas dire Oui mais dites donc, vous êtes en retard sur votre calendrier là hein, puisque le retard était prévu. Bref, ce calendrier, elle a dit ni oui ni non, donc c'était gagné je considère.
Les urgences, bon, tu sais que c'est pas funky hot. Mais quand t'es en descente de chemins de fer, je te laisse imaginer...Au bout d'une heure, ils le font pisser et ils annoncent cinq heures d'attente. Du coup, que fait-on, comme deux imbéciles heureux ? On va manger un steak tartare et on remet ça bien sûr, quels cons de défoncés je te jure.
Et puis y a eu l'histoire de la problématique. Ma mère y attache beaucoup d'importance à la problématique, ouh là, ça rigole pas. Moi, tu me connais, je suis de bonne volonté, plutôt ouverte, et si ça peut faire plaisir, pas de souci, en veux-tu en voilà de la problématique. Sauf que ma mère, c'est pas une femme facile, elle serait même plutôt chieuse du genre à te poser des problèmes.
Et puis à 5 du mat, après plein de chemins de fer et d'interconnexions, je rentre chez moi. Et puis l'après-midi au réveil je téléphone pour prendre des nouvelles. Dialogue. Moi : ça va ? Lui : je suis à l'hosto, ils m'opèrent demain, si ça rate je deviendrai impuissant.
Alors bon, ok, je veux bien que la vie c'est pas simple et qu'à ses yeux je me donne pas assez de mal, admettons. Tu sais ce que c'est une mère, ça veut toujours le meilleur pour son enfant.
Heureusement c'était une fausse alerte, la fissure interne est censée se ressouder d'elle-même pour peu que l'engin reste au repos un certain temps (un mois en fait. La misère, le monsieur se classant dans la catégorie des hyper-actifs).
Sauf que l'enfant au bout d'un moment, il en a marre qu'on trouve toujours quelque chose à redire. Même si la mère, pas complètement insensible, glisse par ci par là quelques douceurs approbatrices.
On l'a échappé belle t'as vu ? Soulagement général est une expression assez faible pour rendre compte de l'envol des angoisses et culpabilités. D'autant que la convalescence laisse entrevoir une issue très favorable : ça a l'air de tout bien fonctionner comme il faut.
Alors là je viens de lui envoyer un plan détaillé à ma mère. Grand 1, petit a et tout le bordel. J'attends une réaction et je préviens tout de suite : qu'elle fasse pas trop chier hein, sinon je lui casse les sous-parties.
samedi 26 juin 2010
♫ Make up in the new blood and follow me to where the real fun is ♫
mardi 4 mai 2010
♫ Quand tu me mords où ça dérange et tu m'attaches les bras, quand je fais sautiller sa frange, ses cris se tirent dans les graves ♫
Sinon tu as la bonne vieille quoique ambiguë technique de l'ellipse. Tiens prends Zola par exemple. Oui oh je sais, très mauvais exemple, Zola ne s'étant pas particulièrement illustré dans le genre. Mais prends-le quand même, dans je ne sais plus trop lequel d'ailleurs, Nana ou La Curée, voire L'argent, bref. Ils sont au resto dans un salon privé et tu lis un truc aussi lapidaire que "il l'embrassa sur le canapé" Point à la ligne. "Après son départ, il se pencha à la fenêtre..." (en mieux hein, je suis mauvaise imitatrice). Alors qu'est-ce que tu fais avec cette phrase après l'avoir lue à tonamour ? Direct je lui dis Eh ben ça y est, il l'a baisée. Mais lui, monamour, il prend la chose très littéralement et il dit Non ?? tu crois ? tu crois vraiment qu'il l'a baisée ? C'est bien ça le problème avec ces auteurs qui se permettaient pas d'aller au fond des choses, on n'est jamais sûr à cent pour cent (mais quand même, à mon avis il l'a baisée).
Ou alors, tu as la technique de la description. Avec Djian t'es tranquille, le gars la joue on ne peut plus explicite. Et il fait ça bien en plus. Tu sais si ça se passe par devant ou par derrière, avec quels accessoires et tu as des indications assez précises sur le niveau et la circulation des fluides corporels.
Moi depuis cette tentative je n'ai pas creusé le sujet. En ce moment j'aimerais bien t'en raconter un peu plus, parce que tu sais peut-être pas mais monamour et moi cette année on ne se voit pas beaucoup, du fait que j'étudie en province (je prépare un guide des bars) alors qu'il vit à Paris, sans compter mon séjour à Alger, son séjour aux Antilles, etc etc. Enfin tu vois, quand on se retrouve dans le lit en même temps, c'est un peu la fête et j'aurais plein de choses à te raconter si j'étais plus douée en écriture de scène de sexe.
D'autant qu'on avait commencé gentiment : lui, en liaison téléphonique avec un metteur en scène (déjà c'est excitant non ?) et moi à mi-chemin de sa tête et de ses pieds (j'aime son caleçon blanc sur sa peau noire). Il réagissait assez favorablement mais je ne voulais pas non plus le déconcentrer totalement. Puis il m'embrassa sur le canapé.
Comme je m'éveillais d'un sommeil ouaté, il me demanda si j'avais faim.
Monamour : t'as pas un petit creux toi ?
Ada : si, si si...je me mettrais bien un petit quelque chose sans les dents et je me disais justement que tu voudrais peut-être combler mon petit creux ?
vendredi 30 avril 2010
"Heureux les simples d'esprit car le royaume des cieux leur appartient"
En plus j'avais été préparée. Pendant qu'on faisait la vaisselle dans la cour (une bassine pour le décrassage, une bassine pour le savonnage, une bassine pour le rinçage, attention ça rigole pas parce que l'eau c'est pas si courant là-bas), une jeune fille hospitalière et soucieuse d'établir le contact avait entonné : ♫ et moi je suis tombé en esclavage ♫. J'avais poliment enchaîné : ♫ de ce sourire, de ce visage ♫. Elle avait achevé : ♫ et je lui dis Emmène-moi ♫. Après m'avoir expliqué à quel point elle aimait Pierre Bachelet, elle s'était enquis de mes origines. Le Viêt Nam ? réfléchissait-elle tout haut, ah oui Hiroshima. Non belle enfant, tu confonds (pense Hiroshima-Hirohito la prochaine fois) . Le Viêt Nam, te dis-je. Ah oui, le Viêt Nam, Gandhi bien sûr. Toujours pas non (essaye Gandhi-Gange peut-être). Le Viêt Nam bon sang, l'Indochine, la guerre d'indépendance, Ho Chi Minh, les Américains. Une colonie française, comme l'Algérie, ça ne te dit rien ?
Dans le petit salon donc, rebelote, avec les Antilles. Vous voyez Cuba ? eh ben par là quoi, les Antilles françaises, l'esclavage, tout ça. Ah. L'esclavage ça fait dresser l'oreille de ma copine.
Mais il est comment ton mari, physiquement ?
Noir.
Noir ?
Oui noir.
Mais noir noir ? (Toute ressemblance avec un sketch existant ou ayant existé est bien évidemment fortuite car à ce stade je commence à trouver ça moyennement drôle)
Oui oui, noir noir.
Noir ??? (main sur le coeur, souffle court). Noir ? mais il faut me prévenir que je me prépare psychologiquement quand il arrivera.
Lisant sur mon visage que je suis extrêmement choquée, elle change de sujet puis revient à la charge un peu plus tard : Tu sais, nous aussi on en a des noirs ici, c'est pas grave qu'il soit noir ton mari (Putain mais arrête, tu t'enfonces là), le Coran dit qu'on est tous des frères. Certes certes.
Pendant ce séjour, j'ai à plusieurs reprises été confrontée à ce genre de situation où tu as du mal à faire la part entre l'ignorance, l'écart culturel et la connerie. Autant sur le racisme, je ne lâchais pas ; autant sur la religion, ça m'a vite fatiguée. Lorsque mon accompagnateur, sur les hauteurs de Notre Dame d'Afrique affirmait, dogmatique, que nous descendons tous d'Adam et Eve, je n'ai pas contré son créationnisme par une théorie de l'évolution qui ne l'aurait de toute façon pas convaincu. A Tipaza, les tombes de la nécropole romaine paraissent petites pour des adultes et grandes pour des enfants. C'est normal, avant ils étaient plus petits. Ah ben non, dit la copine (pas la raciste hein, une autre), avant ils étaient plus grands. Non tu te trompes, l'homme est plus grand aujourd'hui. Mais non, c'est écrit, même dans la Bible, avant les hommes étaient des géants. Mais oui bien sûr, et bientôt tu vas me dire qu'ils vivaient mille ans aussi non ? Exactement, comme Mathusalem. Ok, l'homme rapetisse et perd en espérance de vie, allez viens on va voir la mer (le long des golfes un peu obscurantistes si tu veux mon avis).
Alors à la fête de la circoncision (on passe au grand salon, ça joue de la derbouka, ça commençe à danser et ça y va les youyous), je prends tout avec philosophie. Quand on me demande quelle est ma religion, je sens le truc mais je laisse venir. Comme on s'étonne avec pitié (pas de religion...quelle misère...comment tu t'occupes dans la vie alors ?), je souris. Je parle du bouddhisme de mes ancêtres et de mon athéisme. Le ton légèrement inquiet se veut convaincant, pour mon bien : ne pas croire en Dieu c'est le pire. Même juif c'est moins grave. L'Islam veut bien tolérer toutes les religions mais pas de Dieu du tout, c'est vraiment pas possible. On m'engueule, carrément : comment tu crois que t'es arrivée là ? et la nature ? les animaux ? tout ce qui est sur terre ? Si c'est pas Dieu qui a créé tout ça, c'est qui ? Et, clou du spectacle : Non mais t'as réfléchi cinq minutes ? Cette fois j'éclate de rire. On est tous l'imbécile heureux d'un autre et ce soir c'est mon tour ? Très bien je le note.
jeudi 25 mars 2010
♫ Des rastas éclatés c'est chaud dans le ghetto ♫
J'ouvre la porte, je ne vois plus rien. Ou plutôt si : un nuage de fumée noire, d'un bout à l'autre du couloir. Putain mais y a le feu ! J'enfile un jean et des tongs (erreur, tu verras), j'attrape mon sac et j'entame la descente. Oh je sais, je sais, quand y a le feu, faut se calfeutrer chez soi et attendre gentiment les pompiers. Mais j'aurais aimé t'y voir. Evidemment, pour arranger les choses, j'habite au septième étage. Je ne vois rien, la lumière de mon téléphone portable ne traverse pas l'écran noir, je ne vais pas pouvoir rester en apnée bien longtemps...La panique est à son comble, je n'arrive pas à localiser le feu, s'il me bloque la route je vais crever là, on est à Alger bordel, jamais les pompiers ne viendront me chercher. Ou trop tard. Les yeux qui pleurent, la gorge qui pique, combien d'escaliers descendus, au moins l'équivalent de ceux de la tour Eiffel, ça fait trois plombes que ça dure, suis-je déjà en enfer ? On dirait que ça se dégage, je reprends mon souffle, l'éphèbe qui joue au foot dans le couloir soir et matin, qui a graffité sur mon palier "Chinoise...je te déteste" suivi d'un petit coeur (comprenne qui pourra), m'attrape par le bras en disant Il ne faut pas rester là madame, je suis tellement contente de voir un être humain, je continue la descente, enfin la rue.
La nuit commence à tomber, des hommes vont et viennent avec de minuscules extincteurs, trois quarts d'heure s'écoulent avant que les pompiers ne s'activent. La rue est au spectacle. Sauvée, je suis sauvée, je suis miraculée, à qui dois-je dire merci, à quelle religion dois-je me convertir, ma vie, ma précieuse vie.
Bon alors autant te dire qu'une fois que tu es sauvé, le naturel revient au galop et tu te mets à penser aux 700 euros qui tu as laissé dans le studio, tu les imagines se consumer petit à petit, enflammer les fringues et toutes tes maigres affaires de voyageuse. Eh oui, si ça se trouve, il ne te reste rien d'autre que ce que tu as sur toi, c'est le moment de l'inventaire : tu as ton sac à main, bon, mais y a quoi dedans ? Une photocopie de ton passeport (l'original est dans la doublure de ton sac de voyage...), une carte bancaire, une clé USB, un téléphone, 1000 dinars. Question habillement : un jean, un tee-shirt, des tongs et oh mon dieu, mon dieu, mon dieu, je crois que je vais redevenir athée...j'ai enfilé des tongs alors que j'étais en chaussettes...Rien ne me sera donc épargné.
Au pied de l'immeuble, des groupes se sont formés, les femmes plutôt d'un côté, les hommes plutôt de l'autre. Mais à circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles, les groupes ne sont pas totalement étanches. C'est l'immeuble Yacoubian ici ! Tout ceux avec qui je discute me disent : j'habite au troisième, j'habite au quatrième, j'habite la porte à gauche, et si vous avez besoin de quoi que ce soit, vous êtes la bienvenue. Deux heures passent, on croit savoir que le feu a pris dans la cage d'ascenseur désaffectée et que ça a fait cheminée. Un quinquagénaire m'offre une clope, mi-sérieux, mi-plaisantin. Je l'accepte avec reconnaissance, les vieilles, choquées, s'éloignent de plusieurs pas.
Enfin les pompiers donnent le feu vert. Les escaliers sont inondés (pratique en tongs), chacun s'apprête à constater les dégâts. Sur le palier du septième, l'éphèbe me dit Bonne nuit, je rentre.
Tout est intact, une légère odeur de fumée. C'est terminé, je me mets à trembler.
mardi 2 mars 2010
♫ I'm a Vietnamese in Alger ♫
Pas facile d'être une femme seule à Alger, et asiatique de surcroît. Tout le monde me mate dans la rue ! Et du monde, crois-moi qu'il y en a un sacré paquet ici. On frôle l'embouteillage piéton.
Je vais taffer à pied et les premières fois j'ai compté : sur un trajet d'environ 30 minutes, pas moins de 15 Ni hao ! et autres Chinoise, Chinoise ! voire Japonaise ! Oppressant parfois, au point qu'il te vient l'envie d'en saisir un par le col en hurlant : DEJA JE SUIS VIETNAMIENNE, GARS, ET ENSUITE EST-CE QUE JE TE CAUSE MOI ? EST-CE QUE JE TE REGARDE ? ALORS LACHE-MOI DEUX MINUTES TU VEUX ? Et deux minutes c'est en effet le laps de temps maximum avant que ne fuse un nouveau Ni hao ! Aaargh...
Cependant, il faut le noter, pas de regards hostiles ni d'attitudes de rejet. Bien au contraire, des commentaires plutôt agréables, du Ah pas mal...au Ravissante...Et même, allez j'avoue, la tentation d'engager la conversation avec un gosse beau ou l'autre...
Pas facile donc d'être une femme seule à Alger, mais j'y étais préparée, ça faisait partie du challenge. Ce à quoi je m'attendais moins, c'est l'accueil exceptionnel qu'on te réserve dès lors qu'a lieu une rencontre sans arrière-pensée sexuelle.
L'autre jour c'était Mouloud, la fête de la naissance du prophète (une sorte de Noël quoi). Invitée pour l'occasion chez une famille algérienne, j'ai eu l'honneur de partager avec elle la rechta, le plat traditionnel (une tuerie), avant qu'on ne s'installe sur le balcon, avec vue panoramique sur Alger by night, aux sons des pétards et aux couleurs des feux d'artifice sauvages. Pour finir, un peu de henné au creux de la main pour la baraka !
Et des gens aux petits soins, qui téléphonent juste pour s'assurer que tu as de quoi manger, qui te couvrent de cadeaux alors que leur salaire est dix fois inférieur au tien, qui ont une curiosité d'autrui et une soif d'échange. Sans compter qu'ici c'est presque l'été. Enfin tu vois je kiffe !
Un voeu pieux toutefois : que le muezzin à 6 du mat la mette en sourdine, merci.
jeudi 21 janvier 2010
Y a des limites à ne pas respecter
Tout avait commencé le plus classiquement du monde, dans un pub, avec du rock en fond sonore, on se pressait nombreux autour de deux petites tables. Au fil de la soirée on avait de plus en plus d'espace, jusqu'à ce qu'une table y suffise, il ne restait plus que nous, les guerriers de la nuit. Quand le barman a distribué les verres en plastique pour la fermeture, on a fini de boire dans la rue et y en a un, un des rares à avoir un appart où il est possible de recevoir autre chose que des coups de fil, y en a un qui a proposé : On peut aller chez moi si vous voulez. Nous étions tous d'accord.
On a failli en perdre une dans la salle de bain, finalement non. Le vin était tiré, on l'a bu. Bien sûr on a parlé de sexe et fatalement on s'est posé la question de l'opportunité de se livrer (Où ? Ici - Quand ? Maintenant - Hic et nunc) à des activités sexuelles collectives. Oui on s'est poliment posé la question. Pas longtemps.
Alors je me suis levée, j'ai dit un truc comme Je ne peux plus résister, je me lance. Et j'ai pas regretté. Car c'était tellement bon. Après c'était pas mal non plus, quand de nouveau nous étions attablés, autour de la casserole fumante et reconstituante. La satisfaction de l'oeuvre accomplie.
Car une fois qu'on a eu décliné l'offre badine de partouse, notre hôte a dit : Ben sinon je peux vous faire des pâtes. Il était 5h du mat, on n'avait pas dîné, on a tous dit Banco. En revanche, il a ajouté (car ici tout le monde parle trop bien t'as vu, ils disent ni des fois, ni par contre), en revanche y a plus de casserole propre. Alors j'ai fait la vaisselle et j'ai kiffé.
mardi 22 décembre 2009
♫ Et l'écho (et l'écho) de nos montagnes (de nos montagnes) redit ce chant mélodi-eux ♫
Cette longue introduction pour en venir à une tradition antillaise fort réjouissante, j'ai nomme le chanté Noël (je ne sais pas trop pour l'orthographe, mais si on part du principe que la locution est en créole, je penche pour le participe passé plutôt que pour l'infinitif. A vérifier).
Au départ ça m'a un peu soulée, que monamour mère me réveille en tout début de sieste pour cause de mon dieu je vais jamais y arriver, Ada viens m'aider. Bon déjà il est où ton fils indigne ? que c'est moi qui me tape la corvée rinçage des verres à l'eau froide (monamour mère, dis-moi tout, tu sors d'un bain de 4 heures, c'est ça ?). Mais bon, tu me connais, toujours prête à rendre service (et j'ai même pas fait scoute hein tu noteras). Le plateau de crudités avec alternance chamarrée (fenouil, tomate, concombre, radis), ça allait déjà mieux. Ce que j'ai kiffé trop mortel, c'est le découpage du jambon de Noël. Tu tournes autour du bestiau, tu sais pas trop par quel bout l'attaquer et puis tu te lances avec ton couteau de boucher et là c'est trop bien, d'autant que tu peux manger toutes les chutes pas présentables.
Plus tard, les invités arrivent par paquet de dix, avec les célébrités et tout et on fait la chaîne : ti punch pour les conservateurs, mojito pour les libéraux (perso je me situe pile poil au centre, les deux mon capitaine). Rhum à gogo donc, histoire de se chauffer la voix avant la distribution des livrets.
Hé oui, les livrets bien sûr, on est quand même là pour ça à la base. Raoul au clavier, Jamy à la guitare, nous autres au chant et à la danse. On chante Joseph ("mon cher fidèle"), Satan ("qu'il crève", cathartique en diable), Marie et toute la smala. Les plus aguerris partent en impro, se risquent à quelque solo. Et ça tape dans les mains, ça remue du popotin, ça reprend en latin Glo-o-o-o-o-o-o-o-o-o-ria in excelsis de-e-o (ma préférée tu te doutes). Tu sais, comme dans cette émission où les artistes chantent les chansons d'autres artistes, où on mélange les styles et les personnalités...Taratata, voilà. Mais en mieux car tu es au milieu.
lundi 21 décembre 2009
"Solution : produit liquide contenant une ou plusieurs substances dissoutes"
- Christian Pignol, Les Engoulevents de la Grange-aux-Loups
- Katherine Plancol, La valse jaune des tortues-crocodiles
- Zig Larsen, Milliardium tome 4
- Patrick Modiamo, L'hôtel obscur des amnésies perdues
- Muriel Burbery, L'élégance du maigrichon
- Eric-Emmanuel Shmit, Louison Touletemp et le sumo rose
- Philippe Solers, Le divin moi doute
- Guillaume Muzo, Où seras-tu si je reviendrais sans toi ?
- Philippe Delerme, On aurait dû fermer les volets
dimanche 29 novembre 2009
"Perroquet : apéritif fait d'un mélange de pastis et de sirop de menthe"
Ce 24 juillet, jour de la Saint-Tillinac, la foire aux pagnotons battait son plein dans la rue principale de Courtonac. Les hommes s'étaient lavés en l'honneur du saint patron du bourg et tous portaient un calot d'été à orfroi en plus du traditionnel tablier de beauseigne en gros lin bleu. Les femmes, toutes de paille tressée vêtues, avaient ordonné leurs cheveux en fiers chignons et riaient de bon coeur.
Un jeune homme robuste, aux cheveux noirs bouclés comme les seigles et au sourire franc comme une fontaine, tirait derrière lui un âne bâté. Tout en se frayant un passage entre les étals de marchandise, l'inconnu contemplait avec gourmandise les pains de froment luisant au grand soleil. Cela faisait plusieurs jours qu'il n'avait rien mangé et la tête lui tournait un peu.
Elle raya la ligne "fringues" sur le PostIt qu'elle avait collé dans un coin de sa mémoire et passa aux autres points stabilotés de sa job list. Régler chauffe-eau, lire horoscope, réclamer pension à l'autre con, décongeler saumon, drainer cuisses, changer photo Meetic, épiler maillot, réserver Megève, parfumer rideaux, composer bouquet, étirer lombaires, infuser thé vert...sans oublier de consacrer un quality moment aux enfants. Endless, la job list. Hopeless, sa life. L'existence lui sembla soudain si cruelle que ses yeux se gonflèrent de larmes qu'elle écrasa du coin de la langue. Ne pas craquer. Les enfants ne comprendraient pas. Allons, ma vieille, tu es une battante dans la tourmente, c'est tout.
C'est tout, mais c'est tellement beaucoup...
Le document tenait en quelques pages mais tout y était, du plus petit au plus gros composant, de la plus élémentaire à la plus complexe des opérations.
Elle fit un tirage papier qu'elle roula en cylindre dans le pied creux de son lit puis enregistra une sauvegarde du fichier en pdf sur la clé USB qui lui servait de piercing à la joue. Elle entreprit ensuite de fouiller le buffet de la cuisine. Le meuble contenait des assiettes, des verres, des couteaux, des fourchettes, des petites cuillères et des cuillères à soupe, des bols, trois casseroles, des serviettes de tables, trois nappes, des torchons de vaisselle, des torchons pour les mains, des poêles et des ustensiles de cuisine. Elle remarqua qu'il n'y avait ni raclette à fromage dans le tiroir, ni ce qu'elle cherchait. Elle reverrouilla son MacBook et s'apprêta à pénétrer à l'extérieur.
Voilà ce que j'ai appris au cours de mes étés à Courtonac, à la terrasse du Café de l'Univers.
Le passé puis le présent mais jamais après le futur. Fût-il antérieur.
Mais au fait, que savons-nous du maigre ? Existe-t-il un universel du famélique ou, au contraire, des êtres qui, individuellement et singulièrement, sont grêles par nature ? Doit-on procéder par généralisations sémantiques pour parler de cachexie ou peut-on pénétrer des formes générales intangibles dont l'émaciation participerait de l'essence même, au sein d'une forme universelle, et qui ne seraient pas de simples regroupements langagiers arbitrairement regroupés par signifiants en fonction d'un consubtantiel signifié ? Autrement dit, quel est la nature ultime de la congruence secrète existant entre Françoise Hardy, Sandrine Kiberlain et une girafe ?
- Vous êtes aveugle ?
- N'est-ce pas nécessaire pour mieux voir ? De même qu'il faut être sourd pour mieux entendre, muet pour mieux chanter et manchot pour mieux toucher...
- Et cul-de-jatte pour mieux courir ?
Le vieillard dut s'asseoir sur un rocher tant il était secoué par l'hilarité.
- Tu es trop drôle, Louison. Si tu es aveugle, sourd, muet et manchot, dis-moi un peu à quoi te servirait de courir ?
- Combien valent vos images ? demandai-je pour me débarrasser de lui.
- Tu comptes trop Louison, car tu ne comptes pas assez.
- Faudrait savoir !
- Je te l'ai dit : je sais...Tu comptes les sous, les agios, les jours de RTT...mais tu ne comptes pas assez sur toi. Au lieu de compter sur ce que tu comptes, tu devrais croire à ce que tu sais.
Vous ne regrettez rien. Dans 1000 ans, on comprendra...Médiatique ? A cause des attachées de presse en petite robe noire. Bavard ? Uniquement s'il y a des micros, des caméras ou des journaux. Sinon, rideau. Et à l'Opéra : se taire. Et en dormant : silence. Intellectuel ? D'accord mais global. Inclassable ? Si vous le dites. Homme-monde ? A la rigueur. Sociétaire du Spectacle ? Définitivement ! Pour comprendre Debord de l'intérieur (mais qui se souvient que c'est vous qui l'avait lancé en 2006 ?). Bouc émissaire ? Book émissaire, plutôt.
- Bah, vos jeux de mots à la Delbourg...
- Je me suis déjà expliqué à ce sujet : les mots sont les pièces d'un jeu de l'ego. On les assemble. Clic ! On les perd, on en retrouve sous le lit. On marche dessus, pieds nus. Aïe ! Mais si on sait les assembler : alors on peut tout (dé)construire.
- Ce que je vais te dire va sûrement te sembler difficile à admettre, mais je te demande de me croire : dans le futur, tu vas me sauver la vie
- Dans le futur ? Mais quand ?
- En septembre 2001...Le 11, très précisément.
- Vous oubliez que j'aurai 80 ans en 2001 ! fit remarquer Gary.
- Et tu conduiras un autobus dans les rues de New York, compléta Madyson. Je sais que ça paraît invraisemblable, je t'avais prévenu, mais c'est comme ça...
Gary se demanda si la jeune femme se moquait de lui.
Mais bordel pourquoi aurait-elle fait tout ce voyage pour se payer sa tête ?
Madyson lui raconta alors en détails ce qui allait bientôt se passer au chapitre précédent et lui demanda de n'en parler à personne pour ne pas gâcher la surprise.
C'est vers 17h34, mais il y a comme un peu d'impatience que ce soit bientôt le soir. Ou qu'il fasse orage. Pour mystifier le temps, on a mis le rôti et les courgettes émincées dans un Tupperware au congélateur. En s'ouvrant, la porte de l'appareil à froidure a libéré ses frimas. Troublante évocation des dimanches d'hiver mouillés, des inhalations sous la serviette éponge, des décoctions aux baies de Goji, des cataplasmes. On a plongé la tête dans le rectangle froid, au plus près des cônes glacés, des sachets de girolles, des filets de colin...Sur les Forty d'Afflelou, une fine couche de bruine est venue se poser. Alors, soudain, en pleine chaleur, on a revu le monde en novembre.
Les réponses ici
dimanche 22 novembre 2009
♫ Y a des cigales dans la fourmilière, et c'est pour ça que j'espère ♫
J'ai kiffé le ciel bleu qui m'a donné envie, en sortant de l'école, de traverser le grand parc, jaune-orange à la faveur de l'automne, (ça faisait un bail que j'avais pas vu de girafes) et de marcher longtemps en longeant les berges jusque chez moi.
J'ai kiffé le lendemain de refaire le trajet, en footing cette fois, et de constater que j'avais mis trois fois moins de temps.
J'ai kiffé de prendre une douche et de sentir mes cuisses (merde j'ai oublié les étirements), puis de ressortir au marché, toujours sous le soleil, acheter plein de légumes (je vais bouffer de la ratatouille toute la semaine).
J'ai kiffé de croquer dans le quignon prélevée sur la baguette de campagne.
Putain, c'est même pas le monde des bisounours, on se croirait carrément dans un bouquin de Philippe Delerm, là, ça craint. Attends je vais trouver autre chose.
J'ai kiffé d'être dissipée en classe (ah ben c'est le jeu, quand on t'infantilise, tu régresses volontiers à l'âge bête), j'ai kiffé que ce soit l'anarchie, que Truc sorte récupérer une impression perso dans le couloir, que Machin décroche son portable et s'absente une demi-heure, j'ai kiffé le fou rire crescendo pendant que le prof, seul avec son obsession d'énumérer toutes les combinaisons, aligne des 0 et des 1 au tableau (devine quel cours).
J'ai kiffé la soirée beaujolais, où on a rencontré les autres promos et où à la fermeture il restait cinq guerriers ; j'ai kiffé qu'on sorte des échanges guindés de l'école pour en venir à des sujets plus profonds (le cul bordel !), qu'on se donne des claques dans le dos parce qu'à 2 du mat on est tous des frères ; j'ai même kiffé la gueule de bois du lendemain quand la classe cuve et que le prof prend ça pour de la concentration.
J'appréhendais un peu cette nouvelle vie et les week-ends solitaires. Mais j'ai kiffé d'être seule, ça fait du bien, vraiment. T'sais c'est comme quand t'es célibataire, ça te met en éveil.
Je kiffe que monamour arrive mardi.
jeudi 12 novembre 2009
♫ Je n'ai pas peur de la route, faudrait voir, faut qu'on y goûte ♫
La version officielle, c'est qu'on est tous content et fier d'avoir réussi ce concours, content et fier d'être les élèves de cette école nationale supérieure, parce que c'est pas donné à tout le monde tu vois quoi. La version off tout court, c'est les cours justement. On m'avait prévenue mais tu sais bien, tant que t'as pas vu, t'y crois pas vraiment. Exemple d'un cours passionnant. Le monsieur se présente Je m'appelle Robert, j'ai participé à la rédaction de la loi Roberta, bim il envoie le power point et à la fin t'as qu'une envie, c'est lui décerner le ruban de la langue de bois et l'étrangler avec.
Mon cours préféré, j'ai oublié son nom parce que je l'ai autoritairement baptisé "Lecture du planning". On est donc tous là, en U (démocratie participative attends) et la dame, fort sympathique par ailleurs, projette le planning et nous le lit. Alors mardi matin de 9h30 à 12h, vous visiterez la bibliothèque de l'école. Youpi youpi. Et vas-y qu'elle déroule la semaine alors que, il faut le préciser au passage, ce planning elle nous l'a auparavant distribué sur papier et il est aussi consultable sur l'intranet. Mais on n'est jamais trop prudent...Et puis la journée de jeudi sera consacrée à la préparation à la prise de poste. Là tu te dis super chouette sans ironie car tu crois naïvement qu'on va enfin entrer dans le vif du sujet. Eh ben crois-moi que le jeudi en question t'es tout désappointé quand tu te rends compte que ça consiste à brasser du vent. On forme des trios et on brainstorme sur des questions aussi fondamentales que : quel professionnel souhaiterais-je être ? (ben une grosse nullasse bien sûr) ; quelle erreurs souhaiterais-je ne pas commettre ? (parce que y en a que je suis censée avoir envie de commettre ? baiser avec les collègues, ça compte ?) ; quelle serait ma devise ? mon logo ? (attends mais on monte une entreprise là ? je comprends rien).
M'en fous demain après-midi je sèche, c'est pas tout ça mais j'ai une vie je te rappelle.
lundi 26 octobre 2009
♫ It was very nice, candlelight and Dubonnet on ice ♫
Une fois la date fixée, on brainstorme pour le carton d'invitation (l'email collectif quoi). Au bas mot deux heures, à peser les mots de la formulation, à choisir la police, la couleur et l'illustration. Eh oui car il faut une illustration, une image piquée ici ou là, un truc joyeux mais original (pas une bouteille de champagne), élégant et raffiné (pas un gros sandwich dégoulinant de ketchup), en rapport avec le sujet (pas la photo de Kim Phuc par Nick Ut). A la fin je disais oui à tout, elle aurait pu choisir du Verdana taille 26 marron avec un chaton anthropomorphisé que j'aurais validé. Bref après un temps incommensurablement long, on finit par arriver à un truc du genre : A l'occasion de notre prochain départ, nous vous invitons tel jour à telle heure (tu sens le travail en amont ?). Plus la reproduction d'un tableau sobrement gai d'un peintre fauviste (ça fait bien intello de gauche, nickel).
Deuxième étape : l'approvisionnement. Quels liquides, quels solides, en quelle quantité. La quantité c'est pas compliqué, comme tu sais pas, t'en prends trop, comme ça t'es tranquille. Chacune est chargée de concocter quelques bonnes petites choses de sa spécialité (du coup j'amène un fût de bière alors, c'est ça ? ah non à manger, ok ok, euh, des cacahuètes ?). On se partage les basiques : le pain, les chips, les olives. Ah et des tomates cerises, ça serait bien des tomates cerises non ? Oui oui c'est vachement bien les tomates cerises. Mais quand elle m'a dit : On n'a qu'à en prendre une bonne livre chacune, j'ai été obligée de demander : ça fait combien une livre ? et là elle m'a regardée avec une espèce de pitié étonnée, si, j'ai bien vu.
Troisième étape : la préparation. C'est le week-end, c'est le matin, tu es quasi à jeun et tu prépares un cocktail qui doit macérer, mariner, enfin t'as compris que j'ai pas le vocabulaire culinaire c'est bon. Tu prends donc tes grands saladiers. Tu coupes les citrons verts, tu verses les liquides. Tu as l'impression de travailler dans la restauration collective avec la grande louche qui mélange tout ça. Puis faut goûter. Pas dégueu hein. Allez rajoute un peu de sucre de canne. Vas-y goûte. Ouais c'est mieux. Mais quand même il te faut un deuxième avis. Monamour qui passait par là en avale une petite louche. Verdict : ah ouais, pas mal, mais ça manque pas un peu de vodka ? Fais voir ? Ouais t'as raison, j'en remets. Et maintenant ? Ah oui là c'est bien. Attends je vérifie. Et bizarrement, inexplicablement dirais-je, plus tu goûtes, plus t'es mort de rire. Quel mystère. Et plus tu te dis qu'on va bien s'amuser à ce pot. Dans l'immédiat amuse-toi à remplir les bouteilles en plastique à l'entonnoir. Eh ben je te prie de croire que dans cet état c'est pas de la rigolade. Comme si t'avais pas eu assez chaud, tu passes l'après-midi la tête dans le four à cuire des cakes (je te recommande tout particulièrement le coppa-roquette et le roquefort-poire-noix).
Le jour J. Des volontaires sont recrutés pour couper, piquer, tartiner, agencer. Et puis un peu avant midi, voilà qu'on t'offre discrètement une bonne bouteille de whisky. Ah ah ah mais on va s'en verser un p'tit godet alors hein. Ni vu ni connu, un petit coup de fouet avant le spectacle. D'autant qu'une rumeur court, selon laquelle les grands chefs ne seront pas là, on va pouvoir se lâcher. Et c'est parti. Plein de monde, dont des amis de l'extérieur en RTT spéciale pot, la classe. On vient te parler spécialement à toi vu que tu es la co-reine de la fête, je te rappelle, ce qui fait que tu n'as pas une minute pour manger. Par contre boire, je sais pas pourquoi, j'y arrive toujours. Le truc pratique c'est que tout le monde te pose les mêmes questions, faut juste pas se rater et éviter de répondre Un studio dans le centre-ville à la question Quel sera ton nouvel établissement d'affectation ? Puis le grand chef débarque, tu lui sers un cocktail qu'il appréciera puisqu'à la fin il en viendra à te mettre des coups de coude dans les côtes. Avant ça il dit : Je vais dire quelques mots, je pense que vous l'attendiez ? Ben écoute gars, pour tout te dire, on t'attendait même pas toi, alors bon, je vais me contenter de sourire.
mardi 6 octobre 2009
Dernières séances avant l'auto-analyse
Je me souviens de cet après-midi de 2003, en face à face pour commencer, et de ce que j'ai dit. Clouée dans le fauteuil par le poids de la faute. J'ai un copain et je le trompe.
Je me souviens de ce vendredi début de soirée, dans le métro, un homme une femme sur la banquette, enlacés bisous bisous, arrêt à la station, il se lève, se faufile et elle continue par dessus la foule Bon week-end mon amour, je t'aime, et passe une bonne soirée, je t'aime je t'aime tandis qu'il sort.
Pourquoi me suis-je imaginé qu'il s'agissait d'un couple "illégitime", qu'il allait retrouver sa régulière, qu'elle était seule de son côté et qu'elle l'aimait, mais lui moins, il rentrait à la maison, une autre vie et elle serait toujours seule ? Je ne sais pas...Parce qu'elle s'acharnait avec son amour empressé. Comme si elle voulait qu'il oublie pas. Que son amour noie l'autre et prenne le dessus. Parce qu'elle l'encourageait à affronter ce week-end qui ne serait dur que pour elle.
J'ai pensé, Arrête, il la quittera jamais pour toi, c'est sans issue. Je compatissais mais je m'identifiais à lui. J'ai pensé Jamais je ne serai cette femme, plutôt crever. J'ai quitté le copain et l'amant.
Sur le divan j'ai bossé les triangles. J'ai eu un autre copain, d'autres amants, des angines. Des phases fidèles et reposantes (ou rassurantes ?). Récemment monamour a dit J'aimerais qu'on vieillisse ensemble (et un autre truc aussi).
On dit qu'en analyse la guérison vient comme une cerise sur le gâteau. Ce ne serait pas une finalité. En gros après une analyse réussie, tu restes malade mais tu souffres plus. Ça se pourrait, au vu du grand sourire que j'affiche quand mon pote me demande : Alors ? toujours triandre ?
Ben ouais.
jeudi 24 septembre 2009
♫ Bleu bleu le ciel de Provence, blanc blanc blanc le goéland, le bateau blanc qui danse ♫
Le truc sympa avec Héphaïstos, c'est ses bons plans. Déjà la maison cubique blanchie à la chaux
Mais Héphaïstos, ce n'est pas que la montagne. Héphaïstos, c'est aussi l'hôpital. Le matin où monamour se réveille avec les boules là, et qu'il lui demande l'adresse d'un médecin, Héphaïstos le prend par l'épaule et nous emmène à l'hôpital. Attends gars, qu'il lui dit monamour, moi je veux juste un rencard chez le médecin, j'ai pas de temps à perdre hein. Rien à faire, on va à l'hôpital. Et là c'est miraculeux : tu arrives aux urgences, tu dis que tu as mal à la gorge, personne ne rit de toi, personne ne te conseille de te jeter d'abord du troisième étage pour que le physio à l'entrée te prenne en considération. Non, on inscrit ton prénom sur un bout de papier (on ne te demande ni ton nom, ni ton adresse, ni ton matricule), tu attends, allez, 10 minutes dans un couloir, on t'ausculte, tu payes pas et tu vas acheter des médocs pour la gorge. Tu rêves pas.
Héphaïstos, c'est encore la mer. Précisons que ce voyage n'était pas prévu de longue date (autrement dit organisation zéro, free style impro) et que lorsque le susnommé nous proposa un séjour mi-montagne, mi-mer, nous acceptâmes avec soulagement afin de s'éviter la galère du vrai routard. Ainsi donc la mer.
Héphaïstos enfin, c'est le bon pote. Celui qui t'amène à son QG à la tombée de la nuit, petite plage de sable fin, parasol et lumière tamisée. Qui te dit Tu es ici chez toi, on va passer du bon temps ensemble. Qui te présente ses potes qui viennent s'attabler aussi. Qui raconte sa vie et qui te fait marrer. Qui aligne les pintes en veux-tu en voilà, non non non you're my guests, à tel point que le lendemain, que crois-tu ? Ben oui, t'es obligé d'y retourner pour mettre la tienne.
mercredi 2 septembre 2009
♫ Mais y a pas d'soupe ! Rien n'est parfait ♫
La première partie du séjour, on habitait dans une maison cubique sur la montagne dans un village pittoresque, à savoir en ruines.
Cela dit on a bien mangé.
Des tomates.
Le régime crétois, non mais laisse-moi rire. Et si je te disais que les Crétois sont obèses hein, ça te calmerait ? T'as beau te nourrir de greek salad ultra-diététique comprenant tomates-concombre-poivron (jusqu'ici c'est comme si t'avais rien bouffé hein) plus de la féta que quand même va falloir survivre, tu crois vraiment que ça intéresserait quelqu'un si ça baignait pas dans l'huile d'olive ? Et la moussaka ? faudrait pas que ça accroche au fond hé dis. Quant aux aubergines (je veux encore des aubergines frites, je veux encore de la salade d'aubergines, encore encore encore), c'est bien connu, c'est très absorbant, et ça se fait pas cuire à l'eau dis donc. Alors hein bon tu m'as compris. En plus chaque fois que tu commandes un apéro, ils t'amènent trois petites assiettes de trucs bons qui comptent pas t'sais (putain on a l'air de quoi avec nos cacahuètes rassises et nos pop-corn écorcheurs de gencives ?). Pour finir, et c'est là qu'on voit qu'il fait bon vivre dans ce pays, la pinte de bière est à 2 euros et le paquet de clopes à 3.
mercredi 26 août 2009
♫ Robinson Crusoe n'a plus un vendredi d'libre ♫
Première transe anxieuse : qu'on reluque son passeport de trop près. Faut dire aussi qu'il a recollé lui même la photo qui ne tenait plus qu'à un fil (à Londres, contrairement à Madrid où ils s'en contrefoutent, ça rigole pas avec les photos décollées, ils te font la leçon tellement méchamment que t'es presque volontaire pour faire demi-tour). Eh ben crois-le, crois-le pas, ça passe beaucoup mieux comme ça. On pourrait donc supposer qu'il est préférable d'avoir de faux papiers pimpants que de vrais abîmés.
Transe anxieuse numéro deux : qu'on rate la correspondance à Athènes à cause du retard du premier vol. On a beau courir dans la galerie duty free, on arrive en avance pour l'embarquement du second vol, lui aussi en retard (ils font bien les choses faut reconnaître).
Et là, comme on commence à être un peu trop tranquille, à survoler de charmants paysages,
Cependant à Héraklion, une fois qu'il a eu récupéré son sac, que tous les autres passagers ont eux-mêmes récupéré leurs sacs, que la dame de la compagnie m'a dit d'aller voir le tapis roulant d'à côté et que je n'ai toujours rien vu venir, la perspective du camp nudiste ne m'a plus beaucoup fait rire.
Oui mais bon eh oh, respect à monamour je te signale, dont l'anxio-extra-lucidité frappe là où ça fait le moins mal. Ben ouais regarde, si son passeport était retoqué, on partait pas ; si on ratait la correspondance, on perdait de l'argent. Là on perd mon sac : pff une broutille, on va retrouver les vraies valeurs contemplatives, loin du monde consumériste, pas un bouquin à lire, rien (je veux dire à part les siens de livres, mais moi La Grèce pré-classique j'avais pas trop envie). Franchement il assure.
C'est aussi à ce moment que j'ai pris conscience qu'il allait falloir gérer en anglais. Pas de problème puisque pour commencer elle me montre des photos de sacs et je dois sélectionner celui qui ressemble le plus au mien. Après elle ouvre l'armoire derrière, et là dans ton petit cerveau traumatisé qui fait un déni de réalité, tu te dis que obligé elle va en sortir l'objet du désir...mais non, elle prend juste un rouleau de PQ pour s'essuyer les mains. Ensuite elle dit : Well, when I'll have news, I'll send you an SMS, sorry, bye. Attends. Attends, tu vas pas me laisser comme ça en plein désarroi ? tu vas pas m'abandonner ? tu vas le retrouver mon sac hein dis ? I'll send you an SMS. Mais je m'en fous de ton SMS, je veux mon sac.
Bref on sort de l'aéroport et on tombe sur un monsieur qui tient une pancarte "Monamour", c'est le loueur de voiture. Je fume deux clopes d'affilée le temps de lui raconter la mésaventure et là, je ne sais pas comment il fait, mais avec deux trois mots genre Take it easy, you're on holidays, il me décontracte tout en douceur. Je prends le volant, en route pour le sud-est. Deux heures plus tard, on retrouve Héphaïstos, le propriétaire de la maison sur la montagne. Il nous amène chez son pote l'épicier qu'il a fait veiller (round midnight) exprès pour nous et là encore le simple fait d'acheter brosses à dents, dentifrice et gel douche (parce que qui porte la trousse de toilettes ? La fille, é-vi-dem-ment) me décontracte un peu plus (je suis rien qu'une petite bourgeoise).
Le lendemain je téléphone et la dame dit qu'ils ont retrouvé mon sac (et mon SMS ? il est où mon SMS s'il te plaît ?). En attendant qu'il arrive jusqu'à la montagne (you know, the taxi-driver has 4 bags to deliver in different places of the island...Mais t'as pas honte ? t'as pas honte d'en avoir perdu 4 des sacs ?), je me baigne en sous-vêtements, à la guerre comme à la guerre. Ils ont heureusement le bon goût d'être en coton noir, sans frou-frou ni trou-trou. Tu veux qu'j'te dise ? Vivent les culottes de mémère.
vendredi 21 août 2009
samedi 8 août 2009
♫ Put on your red shoes and dance the blues ♫
Il y a quelques semaines, j'étais dans un taxi, en conversation téléphonique avec un ami (truc de ouf), je retrouvais le charmant charmeur chilien qui devait se produire en sound system un peu plus loin. Comme de bien entendu nous y allâmes en chemins de fer, et j'eus beau consommer moult champagne tout en relançant dans des toilettes qui fermaient pas à clé (prise de risque, risque d'être prise), tandis que le charmant tenait le micro et les platines, je ne parvins pas à me dandiner mollement au rythme du reggae sous un nuage de fumée de spliff. C'est bien là le problème, me disais-je, si tu t'étais étourdie aux végétaux, t'aurais été dans le move tandis qu'en l'occurrence t'as plutôt envie de faire des bonds survoltés. Mauvaise coordination (à noter que le charmant lui n'en était nullement gêné, tu dois apprendre à gérer tes montées, dit-il, ainsi que tes descentes. Ouais don Juan (pas Molière hein s'il te plaît, l'autre), mais moi sur la voie du guerrier j'en suis qu'au niveau 1) .
A contrario, une soirée sur l'Embarcation-close bien préparée en voies ferrées et voilà que tu ne quittes plus la piste électro-électrique.
L'exception qui confirme la règle : à la Nouba, il ne t'aura fallu que deux mojitos pour t'enflammer sur une musique de merde. Comme au bon vieux temps (qui précéda de peu l'époque des bières préparatoires au pogo bérurier), quand après un verre de Coca pur, tu te laissais enlacer par...qui déjà ?, au son langoureux du Careless whisper de George Michael.
La question qui se pose aujourd'hui, veille de mon départ en vacances : que faut-il prendre pour danser le pentozalis ?
vendredi 31 juillet 2009
♫ Des heures des heures de voltige à plusieurs ♫
La première fois, lorsque je monte à bord, la directrice générale s'y trouve déjà. Nous échangeons des salutations polies et nous ne parlons pas. Cependant elle garde les yeux fixés sur, semble-t-il, la poche de mon jean. Sur le badge quoi. Où apparaît mon identité qu'elle tente, c'est ce qu'on peut supposer naïvement, de mémoriser afin de m'appeler par mon nom à notre prochaine rencontre, comme une bonne gestionnaire de petit personnel. Puis elle sort, je reste. Un je ne sais quoi me pousse à baisser les yeux. Et là...oh ça va hein ça arrive à tout le monde je te signale...j'ai la braguette ouverte.
La seconde fois (j'espère de tout coeur qu'il n'y en aura pas une troisième, si on pouvait m'épargner, merci d'avance), tout récemment, je suis seule dans l'ascenseur qui marque l'arrêt au premier étage. Monte une sous-chef pas fute-fute que j'aime pas mais c'est pas grave, c'est la fin de la journée, il fait beau, je vais bientôt me détendre en terrasse, la vie est belle. La sous-chef arbore un grand sourire à mon intention et se lance dans un discours de félicitation à propos du concours (la nouvelle n'est plus très fraîche mais elle connecte lentement). Je lui souris en retour et la remercie pour ses louanges tout en farfouillant à tâtons dans mon sac pour y pécho la bonne clope de la libération. Au moment où elle balance une expression dont elle ne maîtrise pas le sens , à savoir Dis donc Ada, depuis ton arrivée ici, t'as grimpé au cocotier* !, je me rends compte que j'exhibe dans la main gauche, en lieu et place du paquet de clopes, la boîte de douze préservatifs...J'aurais aimé lui dire que dans le contexte on dit plutôt grimper aux rideaux.
* D'après le Larousse, grimper au cocotier signifie se mettre rapidement en colère.
lundi 27 juillet 2009
VSD
Samedi. Manger un rouleau de printemps sur le quai en regardant les boulistes. Aller au cinéma. Marcher tranquillement jusqu'au bar où on a rencard avec son pote. Lui raconter des trucs de ouf. Trois bières plus tard, marcher tranquillement jusqu'au bar où on a rencard avec le charmant charmeur chilien. Faire les trois bars du quartier en se déplaçant par voie de chemins de fer. Se faire accueillir par le grand sourire du barman qui se souvient de la dernière fois. Rejoindre l'Embarcation-close, danser, relancer les chemins de fer dans les chiottes étroits, en traçant de belles lignes sur le bouquin récemment reçu. Se faire complimenter pour le blog par une lectrice insoupçonnée. Monter et descendre trop souvent et trop vite. Prendre un taxi dans une sorte de bad raide et électrique.
Dimanche. Se faire réveiller par un texto, sourire, se rendormir tranquillement jusqu'à une heure avancée de l'après-midi. Retrouver son amie chez elle pour un apéro espagnol. Lui raconter des trucs de ouf. Apprendre par téléphone qu'il ne faut pas s'étonner en rentrant de trouver deux inconnus dans son salon. Rentrer, boire du tit punch avec les cousins inconnus. S'exprimer en anglais car y a pas le choix. Se moucher trop souvent. À la question Tiou a une rhub ?, répondre : Oh but you speak french !
jeudi 16 juillet 2009
Esprit de corps
Mais si, c'est cool oh. Depuis les résultats d'admissibilité, qui nous ont rassemblé en formation à l'oral (où y en avait, c'est pas pour balancer, qui pleuraient ou vomissaient de stress, ça crée des liens) on s'envoie dix mails par jour.
Au début on était seize, on partageait les révisions : avez-vous vu que le site du ministère ne donne pas de détail sur la restructuration en cours de l'administration centrale, c'est quoi cette bande de nases ? Ouais, vu, mais c'est un élément à exploiter justement ; en parler à l'oral, c'est montrer qu'on a cherché l'information et posé un regard critique. Quelqu'un a un synonyme pour "nases" ? Disons une certaine opacité dans la communication. Eh braves gens, n'oubliez pas de consulter l'Officiel pour faire semblant d'avoir vu plein d'expos. Alerte alerte, le Monde fait un dossier sur la LRU, achetez-le. Funky hot hein.
Après le groupe de mails s'est restreint, on n'était plus que huit, on se congratulait chaleureusement avec des FÉLICITATIONS en objet et des BRAVO !!! dans le corps du message, on s'aimait d'un amour pur, on aimait la terre entière, on était les lauréats.
Puis on est passé aux entretiens pour choisir son affectation, c'était un peu plus chacun pour sa peau mais quand même : on faisait tourner les fiches de poste pas toujours faciles à obtenir, on débriefait sévère sur les rendez-vous obtenus (alerte rouge, ils veulent un informaticien, n'y allez pas), on se retrouvait à la cafèt pour élaborer des stratégies. Quand les avis d'affectation sont tombés, y en avait des contents (moi par exemple, qui ai eu mon premier choix), on se complimentait à nouveau d'amour pur.
Après toutes ces émotions, on est fixé sur son sort, on peut enfin se détendre. Et aller boire un coup. Ben oui. Ce soir donc. Au delà du fait que j'ai l'intuition que boire plus de deux bières suscitera un étonnement discret (je veux pas préjuger hein mais je commence à bien les connaître et j'ai pas encore repéré le ou la débauché(e) du groupe) (ah ben forcément c'est moi, cherche plus), va se poser la question de la colocation dans la province ousqu'on sera à l'école. Et là non. Ces gens fort sympathiques au demeurant ne seront que des collègues, pas des amis, je le sais, ce sont des choses qui ne s'expliquent pas.
Oui c'est beau cette solidarité, bien sûr. Mais dans esprit de corps, y a un peu trop d'esprit. Et moi tu vois je veux pouvoir me retrouver en bonne compagnie nue dans la cuisine si ça me chante. L'amour pur ça va deux minutes, faudrait voir à pas oublier le sexe.
jeudi 9 juillet 2009
♫ It's the same old story ♫
Elle devait me donner ses clés avant de prendre le train. Mais moi tu vois j'ai une vie quand même et ce soir-là le timing était serré. Il fut entendu qu'elle me cueillerait à la sortie de chez l'analyste, qu'éventuellement on boirait une bière vite fait et que chacune voguerait vers son destin. Mais ce n'est pas mon amie pour rien : à la bourre dans ses préparatifs, elle sortit le plan B (l'histoire se répète), à savoir l'intermédiaire (je te dis que si on supprimait les intermédiaires, la vie serait moins chère). Il me revenait donc de rencontrer le lendemain une certaine Machine, jamais vue, jamais entendu parlé, qui par un hasard miraculeux se rendrait sur mon lieu de travail. Bien.
Mais le destin est coquin, et le lendemain je réalise un peu tard que j'ai oublié le rencard. Et aucun moyen de joindre Machine. Ce n'aurait pas été si grave si, derrière la porte qu'ouvrent ces clés, ne se trouvait pas un chat, que j'étais censée nourrir et abreuver pendant trois semaines. On a passé la soirée à estimer combien de temps il pouvait tenir avant que j'aie sa mort sur la conscience et on en a déduit que par ces temps de grosse chaleur, il allait pas falloir trop traîner. Ouais mais on fait comment, t'es gentil toi. On va dormir déjà.
Heureusement, vers 8 heures du mat (et ça, tu vois, ça ne se fait pas), Machine appelle. Ah ben t'avais mon numéro et c'est maintenant que tu le dis, bravo. Mais je te pardonne car ainsi tout s'arrange.
Alors je rentre dans l'appart, le chat a survécu, il a même l'air plutôt enjoué, je lui donne ses croquettes, de l'eau fraîche et puis on tape la discut parce qu'il faut leur parler aux bêtes non ? (ah non je confonds avec les plantes)
lundi 29 juin 2009
♫ La joie qui nous inonde n'est pas feinte ♫
Depuis la terrasse ensoleillée où je sirote un cocktail aux couleurs fraîches et chatoyantes, vêtue d'ambre solaire et d'une mini-nuisette en mousseline transparente, j'actionne l'ouverture de la porte.
Bzzzz, fait la sonnette.
Depuis le couloir où je m'essuie les mains sur un torchon, vêtue d'un vieux pantalon retroussé façon pêche aux moules, les pieds dans l'eau, j'appuie sur le bouton de l'interphone.
C'est le plombier, dit une voix chaude et virile.
C'est le plombier, dit une voix entrecoupée des parasites électriques de l'interphone merdique.
Entre un homme au bronzage doré, aux muscles saillants et aux fesses rebondies, bien moulés dans son tee-shirt comme dans son jean.
Ah ben tout pareil là. Vraiment bien le plombier. Pas très grand toutefois. Cela dit, j'ai jamais rencontré un plombier grand.
Pour lui montrer la fuite je me mets à quatre pattes, lui tendant innocemment une croupe qu'il ne peut s'empêcher de flatter en disant : Laissez-moi faire, j'ai les choses bien en main.
Pour diagnotisquer les causes de la fuite, il s'accroupit et se tortille en tentant de passer la tête sous le placard du bas (et là tu comprends pourquoi les plombiers sont pas grands, c'est un peu des hôtesses de l'air inversées).
- Je vois de quoi il s'agit, tout va bien se passer.
- Il fait chaud, non ? Que diriez-vous d'un rafraîchissement avant de commencer le travail, lui dis-je, maintenant agenouillée à hauteur de son entrejambe turgescente.
- Vous me rappelez une souris verte, répond-il, une souris verte qui courait dans l'herbe.
Alors je l'attrape par la queue, il me tire les cheveux, et pas que.
Je vois c'que c'est, ma p'tite dame, mais croyez-moi que vous avez eu de la chance de pas vous faire arroser plus que ça, vous voyez ce gros tuyau ? c'était à deux doigts d'exploser (euh je crois que tu t'es trompé de réplique là, le porno, c'est le texte en couleur).
vendredi 26 juin 2009
♫ Mais aujourd'hui j'ai peur car l'horloge a tourné ♫
Pour autant, on est censé partir en vacances ensemble en août. Est-ce vraiment une bonne idée ?
vendredi 12 juin 2009
♫ Ce sont des trucs qui ne s'expliquent pas, ces jolies choses qu'on se dit tout bas ♫
Et alors du coup faut fêter. Ben oui. Tout en passant des entretiens avec monsieur le directeur, madame la directrice et le saint esprit. Parce que c'est pas tout de réussir, après faut faire des voeux d'affectation, et pour que le choix soit parfaitement éclairé, faut aller sur le terrain, à savoir des bureaux où tu dois arriver bien coiffée, bien sapée (j'te raconte pas le boulot), faire la fille enthousiaste aux compétences tellement variées que bien sûr que c'est moi qu'il vous faut, tu rigoles. Mais bon, comme je te disais, faut fêter aussi, très important de fêter. Et donc, réfléchis deux minutes, ça paraît pas vraiment compatible.
Notamment quand, aux alentours de 5-6 heures du mat, tu décides d'enlever tes lentilles et que le charmant charmeur chilien te garantit que le flacon marqué d'idéogrammes est bien du nettoyant pour lentilles. Écoute je veux pas chipoter, mais après ça, mes yeux ont pleuré quarante-huit heures (et bien bien plus que ninety-six tears) (dis donc, ninety-six c'est le double de quarante-huit, c'est dingue) (et ne me dis pas que tu connais pas Question mark, je te l'avais mis en video). J'étais un peu énervée.
Surtout quand je suis arrivée chez monsieur le directeur, avec des yeux de lapin, les lèvres gercées et le nez qui pèle (bon d'accord on ne peut pas tout mettre sur le dos de ce nettoyant. Reconnaissons que d'autres produits du genre ferroviaire avaient fait leur oeuvre) et qu'il a fallu exposer mes motivations (alors écoute, gars, c'est bien simple, là moi je rêve que d'une chose, c'est de me recoucher, et éventuellement, ce soir, ressortir le champagne et ce qui va avec). Eh ben en fait nous avons établi un contact très satisfaisant et si ça se trouve, c'est là-bas mon nouveau boulot. Mais si ça se trouve, c'est pas là-bas, quel suspens...
Enfin toujours est-il que ça a sacrément déconné ces derniers temps. Quand le charmant susnommé demandait : Est-ce que vous m'aimez ? il fallait répondre : Oui je vous pépé, et quand monamour, de retour de vacances, disait : Tu m'as manqué, y avait juste à savourer. Pour te dire qu'on a atteint des sommets.