lundi 29 juin 2009

♫ La joie qui nous inonde n'est pas feinte ♫

Bzzzz, fait la sonnette.


Depuis la terrasse ensoleillée où je sirote un cocktail aux couleurs fraîches et chatoyantes, vêtue d'ambre solaire et d'une mini-nuisette en mousseline transparente, j'actionne l'ouverture de la porte.


Bzzzz, fait la sonnette.

Depuis le couloir où je m'essuie les mains sur un torchon, vêtue d'un vieux pantalon retroussé façon pêche aux moules, les pieds dans l'eau, j'appuie sur le bouton de l'interphone.

C'est le plombier, dit une voix chaude et virile.


C'est le plombier, dit une voix entrecoupée des parasites électriques de l'interphone merdique.

Entre un homme au bronzage doré, aux muscles saillants et aux fesses rebondies, bien moulés dans son tee-shirt comme dans son jean.

Ah ben tout pareil là. Vraiment bien le plombier. Pas très grand toutefois. Cela dit, j'ai jamais rencontré un plombier grand.

Pour lui montrer la fuite je me mets à quatre pattes, lui tendant innocemment une croupe qu'il ne peut s'empêcher de flatter en disant : Laissez-moi faire, j'ai les choses bien en main.


Pour diagnotisquer les causes de la fuite, il s'accroupit et se tortille en tentant de passer la tête sous le placard du bas (et là tu comprends pourquoi les plombiers sont pas grands, c'est un peu des hôtesses de l'air inversées).

- Je vois de quoi il s'agit, tout va bien se passer.

- Il fait chaud, non ? Que diriez-vous d'un rafraîchissement avant de commencer le travail, lui dis-je, maintenant agenouillée à hauteur de son entrejambe turgescente.

- Vous me rappelez une souris verte, répond-il, une souris verte qui courait dans l'herbe.

Alors je l'attrape par la queue, il me tire les cheveux, et pas que.


Je vois c'que c'est, ma p'tite dame, mais croyez-moi que vous avez eu de la chance de pas vous faire arroser plus que ça, vous voyez ce gros tuyau ? c'était à deux doigts d'exploser (euh je crois que tu t'es trompé de réplique là, le porno, c'est le texte en couleur).

vendredi 26 juin 2009

♫ Mais aujourd'hui j'ai peur car l'horloge a tourné ♫

Les bonnes nouvelles, si elles les atténuent, ne suffisent pas à compenser les mauvaises. Et la mauvaise nouvelle, c'est que j'en ai marre de monamour. De ses attitudes fuyantes, de son immaturité, de ses indécisions. Je ne vais pas entrer dans les détails, mais il faut que tu saches quand même qu'après les grandes vacances et suite à la réussite du concours, je retourne à l'école pour un an. Une école en province. Je pense que ce sera l'occasion de prendre de sérieuses distances pas seulement physiques. Pas que ça m'enthousiasme mais à un moment, si t'as pas ce que tu veux, c'est pas une raison pour avoir ce que tu veux pas, tu comprends ? Et là je lâche l'affaire. Voilà c'est dit. C'est assez étrange de prendre ce genre de décision, je le fais à contre-coeur et en même temps ça s'impose.

Pour autant, on est censé partir en vacances ensemble en août. Est-ce vraiment une bonne idée ?

vendredi 12 juin 2009

♫ Ce sont des trucs qui ne s'expliquent pas, ces jolies choses qu'on se dit tout bas ♫

Tu veux que j'te dise ? La bonne nouvelle, c'est que j'ai réussi un concours. Eh oui, encore, ah la la, ça devient une habitude (cela dit en toute modestie, sans la moindre fierté ni prétention, je suis pas du genre à me mettre en avant ou à faire remarquer combien je suis brillante, non non non) (la preuve). Mais attends, comment ça déchire !

Et alors du coup faut fêter. Ben oui. Tout en passant des entretiens avec monsieur le directeur, madame la directrice et le saint esprit. Parce que c'est pas tout de réussir, après faut faire des voeux d'affectation, et pour que le choix soit parfaitement éclairé, faut aller sur le terrain, à savoir des bureaux où tu dois arriver bien coiffée, bien sapée (j'te raconte pas le boulot), faire la fille enthousiaste aux compétences tellement variées que bien sûr que c'est moi qu'il vous faut, tu rigoles. Mais bon, comme je te disais, faut fêter aussi, très important de fêter. Et donc, réfléchis deux minutes, ça paraît pas vraiment compatible.

Notamment quand, aux alentours de 5-6 heures du mat, tu décides d'enlever tes lentilles et que le charmant charmeur chilien te garantit que le flacon marqué d'idéogrammes est bien du nettoyant pour lentilles. Écoute je veux pas chipoter, mais après ça, mes yeux ont pleuré quarante-huit heures (et bien bien plus que ninety-six tears) (dis donc, ninety-six c'est le double de quarante-huit, c'est dingue) (et ne me dis pas que tu connais pas Question mark, je te l'avais mis en video). J'étais un peu énervée.

Surtout quand je suis arrivée chez monsieur le directeur, avec des yeux de lapin, les lèvres gercées et le nez qui pèle (bon d'accord on ne peut pas tout mettre sur le dos de ce nettoyant. Reconnaissons que d'autres produits du genre ferroviaire avaient fait leur oeuvre) et qu'il a fallu exposer mes motivations (alors écoute, gars, c'est bien simple, là moi je rêve que d'une chose, c'est de me recoucher, et éventuellement, ce soir, ressortir le champagne et ce qui va avec). Eh ben en fait nous avons établi un contact très satisfaisant et si ça se trouve, c'est là-bas mon nouveau boulot. Mais si ça se trouve, c'est pas là-bas, quel suspens...

Enfin toujours est-il que ça a sacrément déconné ces derniers temps. Quand le charmant susnommé demandait : Est-ce que vous m'aimez ? il fallait répondre : Oui je vous pépé, et quand monamour, de retour de vacances, disait : Tu m'as manqué, y avait juste à savourer. Pour te dire qu'on a atteint des sommets.

vendredi 5 juin 2009

Attends, man, transfert

Figure-toi le cabinet de l'analyste, moi étendue sur le divan, lui assis derrière sur un fauteuil, le téléphone sonne, il décroche et, oh mon dieu, le truc est en mode haut parleur :

Au bout du fil : Bonjour ! Comment vas-tu ?

L'analyste : Bien.

Moi (in petto) : Mais j'entends tout !

Au bout du fil : Tu finis de travailler à quelle heure ?

L'analyste : À 19h30.

Moi (in petto) : Petite journée dis donc...

Au bout du fil : Je pourrais passer alors ?

L'analyste : Oui oui, pas de problème.

Moi (in petto) : C'est un ami de l'analyste ! L'analyste a des amis !

Au bout du fil : J'amène quelque chose ?

L'analyste : Non ce n'est pas la peine, il y a tout ce qu'il faut.

Au bout du fil : Bon d'accord. Et comme ça je pourrais récupérer mon linge. Gros bisous papa !

L'analyste : Oui voilà.

Je suis traumatisée.

vendredi 22 mai 2009

♫ Let me whisper in your ear ♫

En ces temps où les marronniers des régimes avant l'été fleurissent, je te propose un slogan spécial week-end de l'Ascension en chemins de fer : Avec la cocaïne, tu gardes la ligne.

Quant à l'itinéraire, oui, il s'agit bien d'une bonne nouvelle. Mais laquelle donc ? Eh ben devine.

mardi 19 mai 2009

Entre Grands Boulevards et Strasbourg-Saint Denis

Dans la lignée d'un rêve récent où je prenais un bus-cheval...oui, il était vraiment à la fois bus et cheval, sans que ce soit le moins du monde incongru, comme dans les rêves quoi, ou à la limite comme dans les emportements parachutistes (cf MDMA) où tu ne t'étonnes pas une seule seconde que ta bière perde ses poils...et à la réflexion ce sont tous trois des modes de transport hein, mais je m'égare (routière), un bus-cheval, disais-je, qui avait pour terminus la station Chèvre-Poivre...dans la continuité de ce rêve donc, faisons une escale entre Grands Boulevards et Strasbourg-Saint Denis, sur la ligne 9 du métro parisien, mais tu peux aussi prendre la 8, c'est parallèle.

Et pourquoi donc ? Eh ben devine.

mercredi 6 mai 2009

♫ Les mots qu'on dit avec les yeux ♫ (oui mais tu louches chéri)

Après trois semaines de vie quasi monastique, j'étais bien contente que ce soit enfin l'heure de l'apéro. Sur la route, je devais être plutôt souriante quand un grand gars à capuche a manifesté son intérêt pour ma personne. Cela a décuplé ma bonne humeur,naturellement, mais je reste très déçue du point de vue de la forme.

Parce que bon, je veux bien que ça fasse une éternité que j'ai le nez dans les bouquins, les journaux et les rapports officiels (la France fonctionne sur des rapports, t'imagines pas à quel point...D'abord t'as un ministre qui se dit que tiens faudrait réfléchir au problème X. Alors il charge Untel d'écrire un rapport sur le sujet. Dans ce rapport Untel fait des propositions pour résoudre le problème X. Alors le ministre se dit que faudrait réfléchir à ces propositions. Du coup il charge Machin d'écrire un rapport sur la faisabilité des propositions d'Untel. Mais parfois, Untel dit juste que finalement le problème X n'est pas un problème, tout va bien merci. Et toi tu t'es tapé le rapport et t'as légèrement les boules mais c'est le jeu ma pauvre Lucette. Heureusement, rassure-toi, il arrive aussi que ces rapports se transforment en projet de loi, y a quand même une justice)...je veux bien, disais-je, m'être privée d'un peu tout ce qui fait le sel de la vie ces derniers temps, je veux bien que le simple fait de passer l'aspirateur, ou de descendre les poubelles me mettent en transe (enfin de la bonne vraie corvée pas intellectuelle), oui je veux bien, mais c'est pas une raison pour me draguer à la va comme je te pousse. Parce qu'à force ça déteint.

J'espérais quelque développement du genre : La réflexion que je m'apprête à vous faire ne s'inscrit dans aucune tradition. On chercherait en vain dans les rapports publiés antérieurement une référence similaire à celle que j'ai sous les yeux. Le groupe de travail Capuche a travaillé durant six mois et s'est réuni périodiquement à un rythme bi-hebdomadaire. Soucieux de l'intérêt général et au nom des principes communs qui fondent notre démocratie, en tant que rapporteur, je sollicite de votre bienveillance, mademoiselle, l'acceptation d'un hommage à votre aménité, je l'atteste par la présente.

Au lieu de quoi j'ai eu droit à : Vous êtes trop charmante, j'te jure.

samedi 18 avril 2009

Sex, drug and rock'n'roll

D'abord un peu de sexe : Il existe deux possibilités pour un fonctionnaire d'entrer dans un autre corps que le sien : le détachement (...), ou l'intégration (avec perte du lien avec le corps d'origine). On conçoit aisément la souplesse ainsi introduite...

Puis un peu de drogue :

Et pour finir, un peu de rock'n roll

mercredi 25 mars 2009

♫ If you got bad news, you wanna kick them blues...She don't lie, she don't lie, she don't lie ♫

C'est le piège classique tu me diras. Quand le moral est moyen, t'as tendance à avoir des idées moyennement bonnes. Là c'était le printemps, Bashung venait d'être enterré et un ami du charmant charmeur chilien aussi. Ça faisait trois prétextes pour faire une incursion dans mon ancien quartier. Grosso modo de 20h à 5h, avec point trop d'alcool mais beaucoup de chemins de fer. Dans le taxi je piquais du nez et une fois sous la couette j'ai trouvé le sommeil sans problème. Le lendemain, hormis une fatigue somme toute normale, rien à signaler. Enfin si, bien sûr, le nez qui coule, les lèvres gercées et les cheveux brillants (la coke me rend le poil soyeux qu'est-ce que j'y peux). Mais tout allait bien. Pas de gros bad, pas de déprime, non rien de tout ça.

Ah ben dis donc, elle devait être bonne pour que la descente se fasse aussi discrète. Ouais peut-être. Peut-être qu'elle était bonne, je sais pas, j'y connais rien. Certes elle ne m'a pas empêchée de dormir, elle ne m'a pas soumis à des problèmes digestifs d'ordres divers, elle ne m'a pas coupé l'appétit trop longtemps, elle n'a pas glacé mes sens, elle ne m'a pas fait serrer les mâchoires, j'ai kiffé. On peut donc en déduire qu'elle était bonne je suppose. Mais alors quand elle est bonne, ça veut dire aussi que la descente se fait à retardement. Et là ça rigole moins. Parce que telle que tu ne me vois pas, ça fait cinq jours que je descends. Ah ben oui, carrément. Cinq jours. Cinq jours que je me mouche (toujours de la même narine, avec un peu de sang en bonus mais pas toujours). Cinq jours que je me traîne sans pour autant atteindre le stade de la loque vautrée dans un semi-coma . Comme si j'évoluais dans un environnement gluant sans que ça m'empêche de bosser, juste ça rend la moindre activité pénible et laborieuse.

Le pire c'est que j'oublie les raisons d'un tel état. Hier dans le lit, alors que défilait sous mes yeux, dans sa quasi-intégralité, une émission de toute beauté, encore inédite pour moi. Les chapitres m'ont fascinée : de Ma femme m'insupporte (bon, pas très original) à Mon mec me néglige, il préfère ses tortues (attends, ton mec m'intéresse), en passant par Ma mère veut s'exhiber dans un bain de lait d'ânesse (une relation incestueuse magistralement interprétée par les protagonistes). Et donc de fil en aiguille je m'interroge : comment se fait-il que je tombe si bas, ça me rappelle certains moments de mon adolescence où le joint tournait du matin au soir, où la démotivation et l'inaction régnaient en maîtres. Et là par association d'idée, ça me revient : mais c'est bien sûr, tu t'en es mis plein les narines vendredi (ceci est la suite du morceau qui commence par "Hier dans le lit" et qui finit par un point mais qui n'est pas une phrase) (c'est bien de se relire mais ça sert pas à grand chose quand comme moi t'as la flemme de corriger et que tu préfères alourdir un style déjà en surpoids par des précisions dont tout le monde se fout) (cette façon d'écrire est toutefois, me semble-t-il, un bon plaidoyer contre la drogue).

mercredi 18 mars 2009

♫ Une rose de Picardie ♫

- Par la porte entrebâillée je te vois rêver...tu l'auras toujours ta belle gueule, dis-je à Monamour qui se pomponne dans la salle de bain, tu l'auras ta superbe...T'aimes tant qu'on t'aime, que tous les autochtones sortent leur totem.
- J'veux pas qu'on m'aime mais je veux quand même, répond-il.
- T'as mis des diams sur ta veste Hillbilly ?
- Ouais, j'suis comme un pape au volant de sa caisse (le garçon que j'aime fait peur à mes voisins). Je suis le roi des scélérats, à qui sourit la vie. Mais s'il suffisait de se faire une beauté pour retrouver grâce à tes yeux, ça se saurait hein.
- Aujourd'hui nos regards sont suspendus. Dans quoi tu te mires, dans quel étang ? je repars.
- Ben quoi ? Mes yeux sont dans le miroir où j'les ai laissés. Prends-moi dans tes bras.
Et mes doigts de palper, palper là cet épiderme. Comme de bien entendu, nous sommes interrompus par la sonnette :
- J'ai les mains prises, chérie va ouvrir, qu'il dit (mais c'est pas grave parce que tout au long de la soirée, nos corps ont joué, tellement joué à se toucher, à s'effleurer, personne n'a rien vu).

Ben oui, je t'ai pas dit mais c'est son anniversaire, donc on fait la teuf. Pour une occase, c'est une occase. À la centrale y a carnaval. Alors on convie les amis, on les invite à venir prendre un verre, ils disent d'accord. Rendez-vous sur la lande, à l'endroit où l'on s'est épris (dans l'appart de ses parents quoi, parce que c'est plus grand).

Moi, les anniversaires j'ai l'air dans la lune. Au self les elfes me sollicitent (buffet libanais (cuisine-moi kitsch et net, il avait dit Monamour) c'est fourré à quoi ces petits machins appétissants ? eh ben goûte tu verras bien) (ça se voit pas trop que j'en sais rien ?). Des érudits m'abreuvent de leurs fioles. Comment tu trouves mon calva ? Tu sais ce que c'est, on se noie dans des murmures. La fermer, se taire, l'ouvrir, ça va sans dire : est-ce que vous en avez ? du réseau, des rougeurs, des nerfs d'acier ? Si c'est pas malheureux notre monde qui part en brioche ouh la. Et puis les pluies acides décharnent les sapins. Sans aucun doute, l'homme de demain sera hors norme. Mais je me tue à te dire qu'on ne va pas mourir. Qu'en dit le héron ? Il en sait long. Et toi sais-tu qu'en Écosse des gosses écossent des chimères en chair et en os ? Et les mouettes se délectent de nos anecdotes (tous nos échanges coulaient de source).

Allez, tous à l'assaut de l'euphorie. Les fruits à portée de main, et les délices divers. Pommes d'or, pêches de diamant (ah zut, j'ai encore un bout d'paille dans l'nez)

Attends, remets l'champ' dans la glace, j'ai une question à te poser. Oui vas-y, je t'écoute. Hein quoi ? ah ok, fond du couloir troisième porte à droite (on aurait dû flécher).

À un moment c'est l'heure du gâteau...(alors c'est pas compliqué, pour la tarte aux pommes, deux ou trois goldens, un p'tit verre de rhum, un bâton de cannelle). L'heure du speech de monamour aussi : Les années immaculées circulent dans mes veines, mais sait-on où passent-elles ? Je veux quand même me souvenir de tout (pauvre caribou) (le blues il sent bon dans ta voix, je lui dirai en aparté).

Et puis alors que paisiblement j'plantais mes olives dans une pizza chaude, vlà que le musicien s'approche.
- Tu sais, j'ai des doutes sur la notion de longévité, ah la la, où l'acheter le courage...la vie d'artiste n'est pas rose, n'est pas sans tache...mais y a pas d'quoi faire un drame, sur l'prospectus ça disait provisoire.
C'est quoi cette histoire, ça cache quekchose, que je me dis, perspicace. Il se passe quoi, dis-moi.
- Tonamour m'a demandé de t'annoncer ça avec précaution alors voilà, sais-tu qu'la musique s'est tue ? finit-il par accoucher.
- Mais comment t'es au courant toi ? que je réponds, un peu sous le choc.
- Ah il sait tout mon petit doigt.
- Attends, y a oune dé ké pipé là...
Mais bon qu'est-ce que tu veux, l'heure c'est l'heure, on n'est pas d'humeur à verser des pleurs. Qu'on me presse une orange.

C'est pas tout ça mais
j'ai des faims de loop de loop, de shalala chaloupés, on va dans[er] sous des pluies diluviennes, même si les danses d'ici se différencient des danses du ventre. C'est fou c'que j'ai la banane, j'fais la noce avec Yasmina, à découvert le ventre à l'air, ça sent le cramé sous les projos. Y en a même qui en viennent aux choses sérieuses, genre Je veux te dominer aux dominos, je te veux nue sur l'avenue à chaud (la nuit draguait un vieux parfum de furie). Et mon corps de se vouer à des lunes surdouées. C'est l'heure où je glisse dans les interstices, où il vaut mieux balanc[er] les jumelles pour ne garder que le flou. Des heures, des heures de voltige à plusieurs, des kilomètres de vie en rose.

Après cinq babies, c'est l'heure de me zoner, mes circuits sont niqués, puis y a un truc qui fait masse. Où veux-tu qu'j'te dépose ? se demandent-ils mutuellement. Heureusement qu'on rentre à pied parce qu'à l'analyse il ressortirait que j'suis pas d'équerre, yé n'en pé plou. Dans les faubourgs je décante. En moi gronde une ville, grouille la foule dessaoulée. Oh tu sais, les capitales sont toutes les mêmes devenues (voyez-vous ces êtres vivants ?)

Après la colline j'y suis (chez moi). Éteins une à une les lumières que je dis à Monamour, j'ai fait un songe, une hypothèse, un projet de baise. Mais avant, glissé le carbone plus papier dans la machine et au travail, c'est ça oui c'est ça (j'écris un mot sur le blog quoi). Parce que quand même, j'sens comme un vide, remets-moi Johnny Kid. Alors bien sûr ses congénères crient au génie, évidemment. Putain les grands voyageurs laissent dans le coeur des ardoises.

Tout est redevenu étrangement calme, les fakirs traversent dans les clous (pour te dire). Oui, tout est si calme ce soir, puis-je être ému ?

[Il va de soi que seuls les textes en italiques sont de moi]

dimanche 15 mars 2009

Bashung est mort, les enfants (qui tombent du balcon). Je suis touchée

vendredi 20 février 2009

♫ Y a plus qu'à espérer qu'on n'arrache pas tous mes pieds ♫

Enfant, jadis ou naguère selon ta conception du temps, je chérissais un livre entre tous, d'une part parce qu'il me venait de l'institutrice (avec une dédicace À une petite élève bien sage, plus fière que moi tu mourais) mais aussi tout simplement parce qu'il était bon. Ce livre s'intitule Tistou les pouces verts.

Je sais pas toi mais moi ça marche jamais ces histoires. J'essaye pourtant. Je fais de mon mieux. Je prends exemple sur monamour qui s'en sort très bien lui. Une fois (disons jadis) il avait planté des carottes sur son balcon. Bon je dis pas qu'elles avaient le goût du terroir, mais le goût de carotte oui un peu quand même et on leur en demandait pas plus. Et plus récemment (naguère quoi) il a planté un noyau d'avocat. Déjà faut avoir l'idée. T'es là avec ta petite cuillère, tu kiffes ton avocat et tu te dis Tiens je vais planter le noyau. Mais admettons. Admettons que l'idée te traverse l'esprit. Après il faut la réaliser. À savoir : se procurer un pot, du terreau...Bref je ne te cache pas que rien que la deuxième étape pour moi c'est hors d'atteinte.

Et cet avocatier il prospère figure-toi. Oui parce qu'il faut te préciser qu'au début il était sur un balcon (le même que pour les carottes), et au bout de deux mois d'hiver rigoureux, monamour s'est dit que peut-être il se caillait les miches (ah bon ? mais qu'est-ce qui te fait penser ça ? il fait que moins 6 hein) et il l'a ramené chez nous. Au vu de ses feuilles noircies et de son allure générale de grand dépressif, je misais sur une espérance de vie plutôt très courte et j'avoue même avoir supputé qu'il était déjà mort, non mais tu te rends pas compte, c'est une plante tropicale ce truc, aucune chance de survivre au climat parisien, il a dû geler en plus, c'est foutu (je suis d'un naturel optimiste oui). Laissons-lui une chance, rétorqua monamour, grand humaniste (les plantes sont des hommes comme les autres). Eh ben il a ressuscité dis donc, ça tient du miracle.

Depuis, chaque jour, monamour l'arrose. Et attends, parfois il lui met de l'eau minérale et même, encore plus fort, les fonds de verres de jus de fruit, et du café et que sais-je encore, j'exagère à peine (à un moment j'ai failli proposer l'engrais naturel tant qu'à faire mais un je ne sais quoi m'a retenue) (la peur que cela lui agrée je pense). Ainsi donc l'avocatier croît et s'épanouit. Très bien.

Mais moi aussi je peux faire pousser des trucs si je veux, me disais-je en tripotant le petit sachet de graines qu'un sympathique agent de la Ratp venait de m'offrir. Oui alors je sais pas pourquoi, il devait sûrement y avoir une raison à cette action promotionnelle, toujours est-il que l'année dernière y avait retour vers la nature...enfin bon pas la jungle non plus hein, il s'agissait juste d'une dizaine de graines de marguerites. Situation idéale : même pas besoin de trouver l'idée puisque la bonne parole m'était apportée de l'extérieur ; quant à la réalisation rien de plus simple, j'avais tout sous la main : l'avocatier ayant été rempoté par monamour suite à son expansion fulgurante, je n'avais qu'à prendre l'ancien pot et le reste de terreau. En plus, continuais-je à me dire, c'est vachement mieux les marguerites parce qu'au moins ça fleurit, pas comme ce con d'avocatier qui fait rien qu'à étendre ses grandes feuilles vertes et qui est pas près de produire des avocats hein feignant ?

Pendant longtemps il ne s'est rien passé. J'arrosais consciencieusement. Monamour me rappelait à l'ordre en cas de relâchement. Je commençais à en avoir plus rien à foutre (je suis d'un naturel patient) quand sont apparues de petites pousses. Quelle émotion. Et puis y en a une, de ces pousses, qui s'est mise à se développer démesurément. Je trouvais ça bizarre mais monamour me rassurait T'inquiète tout va bien. J'insistais en lui disant que quand même ça ressemblait pas trop à des marguerites c't'affaire. Tu me diras : qu'est-ce que tu y connais en marguerites toi ? Rien, d'accord. Et c'est aussi ce que disait monamour Attend que ça fleurisse.

J'attends encore.

Et maintenant tu verrais la gueule que ça tire. T'en trouves dans ton jardin, tu l'arraches direct. Autrement dit, loin d'effeuiller la marguerite, je n'ai donné naissance qu'à de la mauvaise herbe. Ah ben bravo. Cela étant posé, tu peux m'expliquer pourquoi c'est toujours à moi qu'on demande d'arroser ses plantes quand on part en vacances ? Je sais pas arroser les plantes bon sang c'est pas compliqué, jusqu'ici c'est moi la belle plante qu'on arrose, faudrait voir à pas inverser les rôles.

Post scriptum : Que Tistou fasse pousser des fleurs à l'hôpital, sur les barreaux de la prison et autour des canons vendus par Monsieur Père, c'est symbolique, poétique, allégorique. Quand je te raconte que j'ai pas la main verte, c'est moins poétique mais je me rends compte à la relecture que le symbole de la copie qu'on forme est transparent, dès le premier mot.

lundi 9 février 2009

♫ Encore une belle journée ♫

Comment tu veux que j'y arrive si tout se ligue contre moi ? (si vis pacem paranoïa)

Je lutte pour me lever tôt, c'est pas nouveau, regarde ici ou si tu veux. Mais là tu m'aurais vue...

Trois jours avant j'y pense et j'y repense, l'angoisse monte, la peur de pas réussir tu comprends. Alors la veille...non mais tu m'aurais vue (j'insiste). Je mets le couvert avant que monamour n'arrive, genre soir de fête où tout il est prêt pour recevoir les invités, sauf que y a ni convives ni petit plat mijoté (mais des crêpes quand même oh), oui donc je dresse la table en avance pour gagner du temps. Mais du temps sur quoi ? va savoir.

A 21h30 dents brossées, je suis sous la couette comme si le fait de se coucher tôt allongeait le temps de sommeil, mon dieu quel naïf tu fais. Quand t'as l'habitude de t'endormir passé minuit, je vois pas bien comment tu pourrais ronfler à 22h tapantes. Je suis sous la couette, la la la, comme on est bien sous sa couette à 21h30 et tout.

Bon et maintenant qu'est-ce qu'on fait ? Eh ben on continue la mission. Surtout, ne pas lire, malheureux, ça tient éveillé, c'est contraire à l'objectif. Regarde plutôt une belle merde à la télé. Les infos allez, en plus y a le président qui a parlé, voyons ce qu'ils en disent. Eh mais hé, ils en disent rien...Attends je change de chaîne...hé mais eux non plus ils disent rien. Au bout de la troisième chaîne d'infos en continu (perso j'appellerais plutôt ça des chaînes d'info en boucle mais bon), ça me revient, c'est pas aujourd'hui qu'il doit parler, c'est demain. Pour te dire que je suis pas en possession de tous mes moyens.

Zapping sur une émission présentée non pas par Nikos Kokaïnos (alias je parle du nez) mais l'autre là, Gendre-Luc Idéal (mâchoires serrées pour les intimes, mais tu fais ce que tu veux de tes sinus mon garçon). Un truc sur le développement durable si j'ai bien compris. Y avait un gars, il venait chez toi et il te disait : alors pour bien faire, vous prenez plus l'avion hein, une fois par an c'est trop, ça suffit les vacances, et puis vous faites vos yahourts vous-mêmes, ça fait moins d'emballage d'accord ? (mais bien sûr que je vais faire mes yahourts, bien sûr. J'en mange pas des yahourts, qu'est-ce que tu m'emmerdes !?)

Idéal comme somnifère.

Ne te réjouis pas trop vite quand même parce qu'en ce genre de circonstances je me réveille toutes les heures, au bas mot. Attends ce serait pas l'heure de se lever ? Ah non c'est vrai je viens à peine de m'endormir. Etc etc. Très reposant comme nuit. Un sommeil vraiment réparateur. Même pas le temps de rêver...

Et là c'est le drame. Au énième réveil intempestif, je regarde l'heure sur le téléphone portable : 11h36. Alors d'abord ça te fait comme un gros blanc dans la tête. Après tu te redresses dans le lit et tu hurles : Putain il est 11h36 !!! Monamour est toujours là, à côté, lui aussi il s'est fait avoir par le complot mondial de la bourre mâtiné de grasse matinée, mon dieu la menace s'étend, chaque jour de nouvelles victimes, jusqu'à quand pourra-t-on tenir ? la fin est-elle proche ? En même temps tu sais pas à quelle heure il était censé se lever lui, autant le laisser dormir, surtout qu'il a pas l'air de s'en faire, il sera bien temps de lui apprendre la triste vérité, préservons-le encore un peu, ce pauvre innocent qui ne se doute pas de l'ampleur du désastre.

Bon on se calme, cherchons confirmation sur un autre appareil, la boîte à Internet par exemple. Alors voyons voir what time it is, je suis curieuse de le savoir, quel suspens et tout. Mais sans trop se presser hein parce que foutu pour foutu...Tiens donc la boîte à Internet affiche 6h02. Eh ben je vais te dire, vu qu'il fait nuit (indice que, dans ta panique, tu as négligé. Tu pourrais faire preuve d'un peu plus de réflexion quand t'es réveillé comme ça au milieu de la nuit, c'est pourtant pas compliqué) j'aurais plutôt tendance à lui faire confiance. Bon alors il est 6h02, c'est cool, encore trois quarts d'heure à dormir, ouh la la comme c'est cool...Si ce n'est que l'affolement t'a complètement réveillé, pauvre de toi, tu danserais presque la java dis donc...

Non mais non hein, vas-y, profite du peu de temps qu'il te reste. Allez, rendors-toi. Rendors-toi je te dis. RENDORS-TOI BON SANG !!! Tu penses bien que si tu le prends sur ce ton, ça marche pas. Attends, vérifie d'abord que le portable est reparti du bon pied. Oui c'est bon, il est 6h30, il fonctionne, toi tu te lèves et t'es même en avance alors de quoi tu te plains ?

mercredi 28 janvier 2009

♫ I am the eye in the sky, looking at yououou...♫

Rions un peu pendant la dépression (oui oh écoute j'exagère si je veux. J'aurais pu dire déprime mais il aurait manqué un pied au décasyllabe).

Le charmant charmeur chilien et moi on échange des mails parfois, par le biais d'un site de réseau social. Hier il annonçait dans ses humeurs : Le charmant charmeur chilien a mal à l'oeil.

Alors je lui écris : Tu connais le remède le plus agréable quand on a mal à l'oeil ? Il faut se rincer l'oeil (ah ah ah)

Il répond : pppffff...mééééé ! tjrs aussi drôle tuuuuaa ! :) j'ai vraiment mal, ça ressemble à une conjonctivite, c'est relou ! :( Jdois aller voir le médecin.

Entre temps ses humeurs changent et il affiche : Le charmant charmeur chilien get blind !

Je renchéris : Oui c'est courageux d'aller voir le médecin, tu n'as pas froid aux yeux toi hein (hi hi hi). Mais bon, si tu deviens vraiment aveugle, j'espère que pour autant on ne se perdra pas de vue (ouh ouh ouh)

Aujourd'hui je pense lui envoyer un truc du style : j'espère que ça va mieux et qu'il t'a soigné en un clin d'oeil (uh uh uh).

Je me demande combien de temps je peux tenir

(Faut-il déduire de ces facéties que ça va mieux ou que ça se dégrade ? J'hésite.)

vendredi 16 janvier 2009

Bon ben ça va être long c't'affaire...

Je pensais benoîtement que ça passerait comme c'était venu, vite. Qu'avec le temps ça diminuerait. Et c'est le cas en partie. Mais ça revient au moment où je m'y attends pas, en pleine nuit. Des rêves dont je me souviens même pas en plus, j'enrage, mais qui me laissent dans un état que je croyais dépassé. Ou en plein jour. Quand je me sens d'un seul coup tellement vide et indifférente à tout.

Ah on s'marre qu'est-ce que tu crois.

Mais ce n'est pas anodin ce que tu vis là, me dis-je en moi-même, tu as subi des pertes dont on ne se remet pas facilement (ah ben je constate en effet) et il n'est ni stupide ni honteux de prendre le temps d'en faire le deuil. Oui je me dis tout ça parce que dans ces cas-là, on a tendance à culpabiliser, à s'en vouloir de se laisser aller, à marteler des "reprends-toi" aussi inefficaces que dépréciatifs.

Paul Auster l'a dit hier à la télé.

Au journaliste qui lui demandait pourquoi, systématiquement, ses personnages perdaient un enfant, ou une femme, ou les deux, mais pourquoi ? hein pourquoi ?, il a répondu que la perte était selon lui la pire expérience que pouvait vivre un être humain. Ouais. Pire que de pas manger à sa faim tu vois. Enfin ça il l'a pas dit mais on peut imaginer. Donc moi là telle que tu ne me vois pas, je vis la pire expérience possible according to mister Auster. Qui parle bien français soit dit en passant. Mais ne change pas de sujet veux-tu.

Il a dit aussi que parfois ça va pas et il arrive pas à écrire. Et dans ces cas-là, il boit et fume beaucoup. Comme moi. Et il regarde plein de films et il lit plein de livres. Mais là, à mon avis, c'est le stade où ça commence à aller moins mal. Ou je dis ça pour me rassurer ? Non parce que je me remets doucement à lire, une histoire de la Guadeloupe, une histoire de l'empire romain et puis hier j'ai acheté le dernier Dennis Lehane ; il m'a l'air fichtrement bien foutu. J'ai vu, au théâtre, la Trilogia della Villeggiatura, trois heures qui passent comme l'éclair, tout en italien surtitré en français mais on s'en sort.J'ai fini par aller voir le film des frères Coen, pour faire contrepoids léger à Hunger, qui pourrait, ceteris paribus, invalider ce que j'ai dit sur la faim juste avant non ? (tu vois ce que c'est ? parce que sinon tu dois rien comprendre)

D'ailleurs tu te souviens de ce bouquin d'Auster, L'art de la faim ?

Un jeune homme arrive dans une ville. Il n'a pas de nom, pas de domicile, pas de travail. Il est venu dans cette ville pour écrire. Il écrit. Ou, plus exactement, il n'écrit pas. Il se laisse mourir de faim. (Dixit Paul Auster dans L'art de la faim sur La faim de Knut Hamsun)

Comme quoi hein, y en a qui cumulent.

mardi 6 janvier 2009

♫ Turn around, I'm by the window where the light is ♫




Y a tous les amis, les meilleurs et les autres, qui me payent des coups, qui m'écoutent parler ou me taire.

Y a ceux qui téléphonent matin et soir, alors que parfois on s'est vu dans la journée, pour voir comment ça va depuis tout à l'heure, ah t'as une meilleure voix, allez t'inquiète pas, vas-y pleure un bon coup ça fait du bien, je te rappelle, bisous. Ça dure quoi, deux à trois minutes, juste pour dire on est là, et puis aussi parce qu'ils s'inquiètent. Je les aime bien ceux-là, je les aime bien, vraiment hein.

Mais bon. Quand ils appellent à midi et que je me suis couchée pas longtemps avant, comment te dire, non seulement j'ai la voix éraillée clopes-whisky mais en plus il faut faire genre que j'ai pas la gueule de bois, sinon, je viens de te le dire, ils s'inquiètent. Alors ça va bien maintenant d'accord ? on se calme et on me laisse dormir.

Y a le charmant charmeur chilien, qui se manifeste à pic avec des cadeaux ferroviaires et qui susurre dans un demi-sommeil oh pauvre marmotte mais je serai toujours là moi, ce qui déjà, permets-moi de te le faire remarquer, est faux. Ben oui l'éternité, tout ça, on va pas y revenir. Mais j'aime beaucoup. Après il dessine des nuages sur les murs de mon nouveau quartier, un ici, et un autre juste là, je les vois tous les jours si je veux, mais des fois j'oublie et ça me fait comme une surprise.

Y a mon ami de mail, qui me raconte un peu sa vie et je lui raconte un peu la mienne, on se marre bien même quand c'est pas trop drôle, car mon ami de mail est profondément drôle (et drôlement profond, ça n'empêche pas).

Et puis y a ceux qui viennent ici, autant dire toi quoi, c'est bien aimable et réconfortant.

Comme tu vois je suis bien entourée, ce qui fait que globalement ça va.

Dans le détail je lutte un peu. T'as qu'à voir cette note, franchement c'est flagrant que je lutte. Et il en va de même au taff. Le problème majeur étant de m'extraire du lit le matin. C'est pas nouveau mais là j'atteins des sommets, je suis trop fatiguée tout le temps.

Alors je te vois venir évidemment. Entre l'un qu'on couche dans une fosse, et moi qui fais une fausse couche, y a de quoi avoir du mal à se lever. Certes. Cependant, comme je n'ai pas l'intention de prendre un congé maladie ni des vacances (en tout cas pas tout de suite), il va bien falloir trouver une solution. D'aucuns pourraient pernicieusement insinuer que je bosse déjà à mi-temps vu mes horaires d'arrivée. Mais ceux-là je les emmerde, comme à l'accoutumée. Et je n'ai pas non plus l'intention de réellement passer à temps partiel, même avec un enfant, pour te dire que là y a vraiment aucune raison. Donc pas d'autre possibilité que de se lever le matin, on est bien d'accord.

Alors hier soir je rentre sous la neige, humeur très médiocre, un petit coup d'oeil au nuage dans le recoin, fugace sourire intérieur, attente de l'ascenseur trop longue pour éviter la discussion de bonne année avec la voisine, entrée dans l'appartement. J'hésite à me coucher direct. Ben oui hein, on peut toujours tenter le couchage anticipé. Finalement j'entame une guerre contre les Mongols, ça défoule, ça vide la tête...

Au moment où je me dis que j'ai la flemme de faire chauffer la bonne soupe de légumes bio (surgelée, attends, tu crois quand même pas que je la fais moi-même ?) mais que bon, va bien falloir, arrive Monamour. Pleine d'espoir sur la possibilité, pas d'une île puisque les vacances : voir plus haut, mais d'échapper à la corvée, je m'enquiers :
- T'as acheté quelque chose à manger ?
- J'avais envie qu'on tire les rois alors j'ai acheté une galette...(il est d'une logique implacable)
- ... (j'ai comme l'impression qu'on ne pourra pas échapper à la soupe)
- ...et du champagne et du foie gras
- Ah cool ! Mais pourquoi ?
- Parce que la galette ça se mange avec du champagne, et que le champagne ça se boit avec du foie gras (eh ouais o-bli-gé, c'est mathématique)

Forcément d'un coup la soirée prend une autre tournure, surtout qu'il m'a choisie comme reine, tu te rends compte ? quelle surprise totalement inattendue ! Mais avant il dit Hey mange pas tout le foie gras, il faut qu'il en reste un peu pour demain. Pour demain ? Et en quel honneur ? Comme ça tu pourras en prendre pour ton petit déjeuner. Cet homme sait trouver les mots pour me faire sortir du lit.

vendredi 19 décembre 2008

Un quasi conte de no hell. Oui au début ça pourrait. Bon quand je sors du taff dimanche soir pour me précipiter à l'hôpital suite au décès de l'être cher, ça paraît pas si évident tout de suite car quand la mort frappe, tu restes un peu comme un con. Soit dit en passant, tu remarques qu'une fois de plus on profite que je ne suis pas disponible pour lâchement décéder. Quand je te dis que les morts ont pas trop de savoir-vivre.

Alors on est là, autout du lit, et il est tellement maigre que tu devines à peine son corps sous les draps. On est là à regarder nos pieds, personne ne pleure, bientôt on aura même faim. Et puis finalement, si tu réfléchis bien, mieux vaut la délivrance que la souffrance. Hein.

Et puis la vie continue dans un relais sans fin, comme c'est beau. La preuve, quelques semaines avant, j'ai acheté un bleu clair, qui devient rose quand tu lui pisses dessus (encore une histoire de parité je présume), bon j'avais des indices je te signale, même si les seins en expansion ça peut être aussi un symptôme contraire. Et donc le test s'avère positif. Là tu sautilles de joie et déjà tu dégaines les félicitations en commentaire mais calme-toi.

Le no hell, tu oublies, c'est ni la vie, ni le paradis, c'est la mort (le monde des bisounours, on n'y est pas, je te préviendrai, t'inquiète t'as le temps). Parce qu'en fait, ce dimanche où je taffe, il commence à se passer des choses qui devraient pas. Je suis évidemment inquiète des réactions de mon corps mais je ne peux m'y attarder, souviens-toi que je suis à l'hôpital et qu'on organise des obsèques. J'attends le lendemain pour consulter et le diagnostic est pessimiste. Je te passe les détails pour en arriver à la conclusion que la copie qu'on forme elle est partie avec l'eau du bain.

Oui il faut rire de tout. Par contre je nuancerais en donnant un exemple : il s'agit de choisir si on laisse le mort en chaussettes ou si on lui met ses chaussures. Et là, on me glisse à l'oreille Il lui faut des chaussures s'il veut marcher (rires). Alors d'accord qu'il faut rire de tout, à condition que ce soit drôle hein, les blagues à deux balles j'ai un blog pour ça (non mais tu pourrais démentir merde, je te fais du jeu de mots de qualité depuis le début oh). Après chacun décompresse comme il peut, je dis pas. Pendant la cérémonie, j'ai beaucoup pleuré, c'était assez troublant, un petit mélange de vrai chagrin et d'auto-apitoiement, de là à dire que je pleurais deux morts en même temps, non quand même pas, mais un double deuil oui.

Mais ça va, détends-toi (sauf si t'es à la bourre pour tes cadeaux de no hell, auquel cas crois bien que j'en ai rien à foutre. Je suis a-mère)

vendredi 12 décembre 2008

"Je suis l'ombre longue et lente..."

Mon cousin d'Amérique a débarqué, ça faisait bien vingt ans qu'on ne s'était ni vu ni parlé. Eh ben on s'est reconnu dis donc. En même temps on avait rendez-vous.

En entrée il a voulu tenter la salade landaise à base de canard ou de poulet, qu'importe, et comme il s'étonnait de la gueule du volatile, je lui ai expliqué qu'en fait ce qu'il mangeait, c'était l'inside de la bête (oui ben maintenant je sais dire gésier en anglais, merci), du coup la salade landaise, elle a fini dans mon assiette. Ce qui, franchement, est pas très très rationnel vu que juste avant il disait hum very good. Ces Américains j'te jure.

Après moultes supplications comme quoi il était totalement ridicule qu'il restât à l'hôtel alors que je lui offrais si volontiers l'hospitalité, il a fini par m'honorer de sa présence, le lendemain de ce dîner mémorable où le filet de panga, pourtant sans arête et que tu aurais donné à ton enfant sans crainte qu'il n'étouffât, le filet de panga, disais-je, lui est resté en travers de la gorge. Je commandai une bête pizza quatre fromages et il se régala.

Par ailleurs monamour (ah oui au fait on se sépare plus) et moi nous l'interrogeâmes sur son pays et quand je lui demandai comment faisaient les pauvres pour se loger, il répondit qu'ils louaient des apparts dans le genre du mien. À l'analyse il se pourrait que sa vision biaisée des pauvres soit la conséquence du montant de son salaire mensuel net, assieds-toi sur un truc solide genre en acier voilà, si si j'insiste assieds-toi, merci : il gagne dix mille dollars par mois. Bien qu'il ne l'ait pas dit, la France a dû lui apparaître comme une sorte de Roumanie façon URSS où les gens roulent dans des voitures qui ont plus de trois ans (délire !) et n'ont pas une salle de bain par chambre (ben en fait si car souvent ils n'ont qu'une chambre). Pour alimenter le cliché, figure-toi qu'il fait du surf et du snowboard et qu'il se sent plus à l'aise dans un avion que dans un train.

Mais sinon je l'aime et j'oublie pas que c'est ensemble que nous connûmes nos premiers émois sexuels, vers 6-7 ans, sur un lit de camp bancal, en plein après-midi mais on avait fermé les volets rapport à la canicule. Dans cette pénombre propice on jouait comme des enfants au papa et à la maman. Je te conseille d'ailleurs d'aller voir Sombreros de Philippe Découflé, c'est spectaculaire et en plus y a le président de Groland.

lundi 1 décembre 2008

♫ But I just keep on laughing ♫

Je viens de vivre un de mes plus beaux fous rire. Dans une réunion du genre table ronde mais avec pas beaucoup de chevaliers quand même. Disons qu'on était une douzaine. Que du passionnant, comme d'habitude.

Pour te donner une idée, des fois on parle de la mise en place d'un groupe de travail sur la gouvernance de la maison, du fait qu'on n'a pas trop la culture du séminaire par chez nous, ni de véritables instances de réflexion, et l'usage vertical de la messagerie électronique, c'est franchement critiquable. D'autres fois on rappelle que les fauteuils roulants ne peuvent pas accéder aux loges, que c'est Machin qui assure l'intérim pour les parasites et les champignons mais que par contre les mites et les souris on sait pas qui s'en occupe et t'avoueras que ça peut être préoccupant. Heureusement que le dîner des mécènes a rapporté pas loin de 300 000 euros, tu me rassures. Bref on s'éclate à Dallas.

À la fin le chef rituellement demande Vous avez d'autres points à voir ? et aujourd'hui la collègue hystérique, dont j'ai déjà dû te causer, pose une question con comme elle en pose à longueur de journée mais en général ça sort pas du bureau, ce qui fait qu'il y a encore des gens pour ignorer à quel point elle est conne mais c'est un autre débat. Le chef fronce les sourcils en signe de désarroi, je croise le regard de la collègue kabyle et là c'est parti.

Bon tu as sans doute remarqué que les fous rires n'ont pas forcément pour origine des choses drôlissimes, c'est pourquoi je ne te dirai rien de la question en question, car d'une part tu n'en connais pas la réponse et ça te ferait te sentir con et donc pas rire, et d'autre part ça n'a aucun intérêt. Tu as sans doute aussi remarqué que le fou rire, c'est communicatif et que moins t'as le droit, plus t'as envie. Par conséquent, de deux que nous étions, nous passons rapidement à quatre, qui en camouflant ses hoquets derrière une toux de saison, qui en regardant ses pieds, qui en se prenant la tête dans les mains dans l'attitude de l'intense concentration. Tout cela ne sert strictement à rien puisque les bides et les torses continuent à tressauter.

Au bout d'un moment je décide de focaliser sur le chef, qui a pris son ton le plus grave et sa gueule de méchant. Et là je me rends compte que lui aussi il est contaminé, il durcit encore ses traits mais je croise son oeil qui frise et pour moi ça repart de plus belle. Cette fois je ne regarde plus personne, trop dangereux. Et trop bon évidemment. À la sortie le chef dit qu'il va distribuer des mauvais points si ça continue, mais allez avoue, t'as kiffé petit coquin.

Ça ne vaut pas cette expo de peintres amateurs (attention, j'ai rien contre les peintres amateurs) (mais plutôt contre certaines de leurs oeuvres, ça j'ai quand même le droit) où j'étais face à un abîme de perplexité et à une toile qui, à mon sens, ne pouvait représenter qu'un trou noir...Une tâche noire étalée de façon concentrique dans un geste fougueux d'artiste inspiré, j'avais beau réfléchir, je ne voyais que le trou noir. Et la galeriste amateur, guidant quelques égarés, de dire : Oui ça lui vient comme ça, d'un coup, elle sort ça de sa tête. J'ai été obligée de sortir.

Je t'ai gardé le meilleur pour la fin. Autour de minuit, à l'époque où les communications nationales revenaient cher à certaines heures de la journée, le téléphone sonne, je sors du lit où je faisais la lecture à un cher et tendre et je décroche. Au bout du fil, un très bon ami. Fauché donc et je dirais même fauché comme...Bref tu verras. Le haut-parleur branché on s'engage dans une discussion à trois, jusqu'au moment où il demande ce que nous faisions avant qu'il appelle. Et là le cher et tendre s'écrie "Elle me lisait Quand germe le blé !" Celui-ci je peux encore en rire longtemps juste en y pensant.

Alors bon je suis d'accord, un fou rire ça ne se raconte pas, c'est visuel, ça se vit. Par contre sachant que je lisais André Gide, tu peux trouver le bon titre.

mardi 25 novembre 2008

♫ Then love, love will tear us apart again ♫

Bon tu n'aimes pas Cali, soit. Mais moi non plus tu sais. Sauf cette chanson que j'écoutais sur les routes du sud. Le reste m'a beaucoup déçue. Peu importe. Ce que je voulais te dire par là, c'est que monamour et moi avons résolu notre désaccord de fond en décidant, d'un commun accord, de nous séparer.

Affliction, détresse et désolation. Une matinée au lit, à tourner le problème dans tous les sens. Misère, douleur et chagrin. Aucune issue viable. Tourment, désespoir et déchirement. Une seule solution, la séparation.

C'est une décision logique, rationnelle, prise de sang froid. Une date est même fixée pour la fin de la cohabitation. L'après-midi de ce jour marqué du sceau de l'atrocité (bon ça va aller les synonymes là ?), chacun va pleurer de son côté dans des bras hospitaliers et bienveillants.

Vient le soir, un soir genre sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille, un soir de fusion amoureuse pour oublier qu'on va en chier sévère.

Un soir comme tous les soirs suivants. Comme si de rien n'était. On convient quand même qu'il va falloir en reparler un de ces quatre. Oui bien sûr, un de ces quatre. En attendant, comme si de rien n'était je te dis.

Alors du coup je sais pas. Ou plutôt si, je ne sais que deux choses, c'est que je ne sais rien et qu'on veut pas se séparer.

mardi 18 novembre 2008

Je n'arrive pas à écrire, il me faut un peu de distance. Pareil pour les commentaires, je te prie de m'en excuser. En attendant, une petite chanson qui résume la situation. Je te mets pas le texte, t'as qu'à l'écouter pour une fois.


Découvrez Cali!

mercredi 5 novembre 2008

Je vais mal, ne t'en fais pas

Ah t'as vu comme ça dramatise dès le titre...Ben oui écoute, tu m'as rien demandé mais je te le dis quand même. Et je t'aime pas particulièrement en ce moment, je suis pas en phase. Ça n'a rien à voir avec le charmant charmeur chilien qui, à l'heure où je te cause, arpente nu-pieds la terre de ses ancêtres. Non faut plutôt chercher du côté de monamour. On a un (ou plusieurs si ça se trouve mais j'en ai surtout un en tête) désaccord de fond qui m'embrume le cerveau. J'en suis pas encore à pas me lever le matin, quand même pas, mais c'est bien parce que je me noie dans le travail (symptôme dépressif manifeste). Si j'arrête je pleure, du coup j'arrête pas. Tu me diras fut un temps je me serais noyée dans des liquides plus liquoreux, y a de l'évolution. Ça n'empêche pas que c'est le bordel à l'intérieur, je suis comme dans un chapitre du Da Vinci Claude tu vois. Je dirais même plus, j'suis dans un état proche de l'Ohio. C'est de circonstance, certes. Mais j'en ai malgré tout pas grand chose à faire. Non parce que les élections américaines, c'est bien gentil mais ils avaient le choix entre deux mecs de droite hein je te signale, blanc bonnet et bonnet blanc...Oui bon d'accord y en a un qu'est noir, d'accord. Y en a même qui pensent qu'avec l'élection qui casse la baraque les choses vont aller mieux dans le monde. On peut croire en dieu aussi dans le genre, c'est pas mal non plus. Et puis on se laisse prendre au jeu, on mise sur un canasson, ça court vite les Éthiopiens à ce qui paraît, ah non il est kényan, au temps pour moi, non mais je comprends, c'est prenant ce genre de grand spectacle, on se passionne ! Tiens quand t'auras fini, si t'es en manque, tu peux toujours aller à la Mutualité demain, y a Olivier qui s'appliquera à t'insuffler une nouvelle passion. Non mais laisse tomber va, c'est la dépression.

dimanche 26 octobre 2008

Annule et remplace le précédent

T'avoueras que je suis dévouée comme fille. Ce que je ferais pas pour toi quand même. Toujours plus loin dans l'expérimentation de l'extrême et de ses conséquences sur l'ego.

Bon, maintenant que nous savons qu'il ne faut pas s'épancher quand on n'est pas étanche, car d'une part c'est pas très intéressant et d'autre part après tu regrettes, nous voilà bien avancés n'est-ce pas ?

En plus t'es mignon mais qu'est-ce que tu m'as fait, là, exactement ? Je croyais que tu venais pas trop le week-end...t'as eu un pressentiment ou quoi ? Je ne peux donc pas te le faire à l'envers, genre ni vu ni connu je t'embrouille : tout le monde l'a lu c'est malin (les stats sont formelles). Je suis bien obligée d'assumer du coup. Hum. Je l'efface pas. Et je te présente mes excuses pour le dérangement.

Par contre je ne développerai pas hein, tu comprendras aisément que je ne peux pas tout te dire. La maison ne recule devant aucun sacrifice, soit, mais faudrait voir à pas trop déconner non plus.

samedi 25 octobre 2008

"Et le Temps m'engloutit minute par minute "


Découvrez Alain Bashung!


En exclusivité pour toi, "hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère !" (oh c'est bon j'en sais rien si t'es hypocrite en fait, à toi de voir), ma première note sous substance psychoactive. Ouais...ça va pas être bien brillant je présume. D'autant que j'ai rien à te dire de spécial si tu réfléchis bien. Bon vu mon état je pourrais me laisser aller à quelque confidence, de celles qu'on ne livre qu'en fin de soirée, quand on n'a plus rien à perdre. Eh ben justement tiens, puisqu'on parle de loose, crois-tu qu'on peut perdre ce qu'on n'a jamais eu ? Moi oui. En tout cas ce soir. Demain je dis pas. Difficile de se résigner, mais j'y travaille et ça me met au bord des larmes. Pas là tout de suite. En général.

Si j'assume cette note quand j'y verrai plus clair, je détaillerai. Sinon t'as qu'à te faire un film.

Mais à part ça, ça va hein.

lundi 20 octobre 2008

♫ For sticking two together ♫


Découvrez OutKast!


Je poursuis avec le réparateur.

Le réparateur ça fait des années et des années que je le croise car nous travaillons au même endroit. Au début, quand je me trouvais encore tout en bas de l'échelle de l'ascension sociale, il arrivait souvent que je fasse appel à l'équipe des réparateurs, pour cause de matos assez capricieux (pour ne pas dire défectueux, complètement pourri et comment tu veux bosser dans ces conditions). En pratique ça donnait : Oui bonjour je suis à tel endroit de tel secteur et le machin il est tout bloqué. Et hop tu voyais débarquer un réparateur qui, en général, donnait un grand coup de pied dans le machin et ça repartait pour quelque temps (une à deux heures les jours de chance). Bon au bout d'un moment j'avais compris l'astuce et je n'appelais que quand mon teng kong ce chuai avait échoué. Et des fois c'était pas le réparateur dont je vais te causer. Mais parfois oui. Ça dépendait quoi.

Le réparateur, à cette époque, j'avais bien constaté qu'il me regardait pas comme il regardait les autres, tu vois très bien ce que je veux dire, toi même tu le fais, en partie inconsciemment. Mais ma communication non verbale ne l'encourageait nullement dans sa voie de douceur admirativement intéressée. À savoir : j'ai compris que tu trouves que je suis bonne mais je vais faire comme si que non parce que je ne suis pas disponible. Quant à la communication verbale, elle se limitait à Bonjour, merci, au revoir car vois-tu, moi j'étais à flux tendus et lui il avait plein de coups de pied à distribuer pour débloquer le bordel.

Depuis que j'ai grimpé les échelons (bon t'inquiète j'ai pas encore le vertige hein) je ne travaille plus avec ce matériel de merde et par conséquent je n'ai plus besoin des réparateurs. Si tu ajoutes à ça, outre les dimensions considérables de notre lieu de travail, le fait que mon bureau est à l'étage alors que sa zone d'intervention est en sous-sol, tu en arrives tout naturellement à la conclusion que nous ne nous croisons plus que rarement. Mais là dernièrement il s'est passé des trucs.

Ma perception de ce réparateur a changé, un beau jour, dans la file sandwiches de la cantine. Il passait sa commande, une ou deux personnes nous séparaient, il ne me voyait pas. Je l'entendais draguer gentiment la serveuse, tu sais, comme on fait pour la beauté du geste, sans que ça prête à conséquence mais si ça marche on dira pas non. Et j'ai bien aimé. Sa voix souriante, son entrain, ses plaisanteries. Bon. Et puis on s'est croisé, comme d'hab, à intervalles aléatoires ; il m'a fait, comme d'hab, des sourires appuyés ; j'ai, comme d'hab, eu l'air de rien.

Tout récemment les choses se sont accélérées. Et de battre mon coeur s'est arrêté. Mais non oh. Simplement nous nous croisons, il me sort le sourire numéro trois bis et je me surprend à y répondre spontanément et sans calcul, pas sur le même mode, n'exagérons rien, mais avec une amplitude et un regard plus accueillant que jamais. Autrement dit, quand par ses attitudes il émet (et il m'émeut, car évidemment que je suis flattée) : Oh vous ici, mais quelle joie ! j'en frétille !, alors que normalement je m'en tiens à une courtoisie de convenance du style : tiens je croise un être humain, je dis bonjour, voilà-ty pas qu'en la circonstance je donne plutôt à voir un : Hey salut, je te reconnais, je te dis bonjour plus chaleureusement, tu n'es pas un simple quidam (même si pour l'instant j'ignore toujours son prénom). Tu notes l'évolution.

Puis nouvelle scène à la cantine (qui est, comme chacun sait depuis la cafèt d'Hélène et ses potes, le lieu où ça se passe). Je passe donc, avec mon plateau chargé, devant lui qui est attablé avec ses collègues réparateurs. À nouveau bonjour chaleureux mais raisonnable. Je pose mon plateau et je repasse pour remplir le pichet d'eau. Tout le long du chemin je le sens qui me regarde et j'ai même l'intuition qu'il a mon fessier pour point de mire, alors que si ça se trouve il dit juste passe-moi le sel au gars à côté, mais oh ça va laisse-moi rêver deux minutes. Au retour connexion visuelle, lui un peu par en-dessous, n'oublions pas qu'il est assis et en train de manger, moi un peu par en-dessus, genre je cherche ma place mais je te vois quand même et je te regarde gentiment. Tu sens comme ici tout se concentre ?

Mais là où ça se précipite, là où on passe un cap, c'est un après-midi, alors que je regagne mon bureau après une pause-clope au fond du couloir. Il est là, à mon étage, devant la machine à café. Et il n'a rien à faire là, rien du tout. Des machines à café y en a à foison dans cette maison, pourquoi irait-il s'abreuver aussi loin de son territoire ? Pourquoi si ce n'est pour provoquer la rencontre ?

Seigneur délivrez-moi du mâle, une midinette s'est emparée de moi.

vendredi 17 octobre 2008

♫ Ouh ouh ouh ouh ouh ouh ouh ah ha ♫


Découvrez Bryan Ferry!


(Ah oui essaye d'attendre la fin de la chanson sinon tu comprendras pas le titre)

Bon je commence par lequel ?

Disons le formateur allez.

Je me suis mise au premier rang, sans arrière-pensée à la base puisque t'avoueras quand même que je pouvais pas prévoir. Je regardais autour de moi les gens du groupe, ceux que je connaissais (tiens y a la femme de mon chef d'ailleurs), les autres...distraitement pour tout te dire. Le grand organisateur des formations nous faisait son discours introductif, rien de très intéressant. Et puis il est parti pour laisser les rênes et la parole au formateur.

Jusque là rien ne m'avait encore frappée. Je ne sais pas comment c'est venu d'ailleurs. Mais d'un seul coup je focalise sur la personne de ce formateur et je tombe sous le charme. De sa voix, de sa coupe de cheveux, de son costume, de sa cicatrice là, de son sourire et de son humour doucement ironique. Ah ben vlà aut' chose. J'ai même des pensées pas trop racontables. Direct. Ouh dis donc selon toute apparence je suis en rut moi, que je me dis, allez arrête de fixer là-dessus, concentre-toi ma fille.

Pas moyen.

Ça s'aggrave même quand je pars dans des spéculations frénétiques, genre de toute façon il est trop vieux, à vue de nez comme ça il doit bien avoir dix ans de plus que moi (un quasi centenaire quoi), mais remarque fut un temps ça te dérangeait pas trop la différence d'âge hein souviens-toi, ils avaient tous quinze ans de plus les gars, oui c'est vrai mais oh y a quand même le droit de résoudre son Oedipe à un moment si tu permets, et puis dix ans c'est pas énorme non plus, non mais arrête il doit être marié, obligé, tiens au fait est-ce qu'il a une alliance ? merde je vois pas sa main gauche, attends fais voir, oh mais on dirait qu'il a un système pileux juste comme j'aime, ni trop ni trop peu, pile poil aha, elle lui va bien cette chemise, c'est quoi comme matière ? ah attention la main gauche, la main gauche...PAS D'ALLIANCE (si, je t'assure, parfois (spéciale dédicace à quelqu'un qui croit que je porte des ponchos et je lui en veux même pas) parfois je pense en majuscule dans ma tête) putain pas d'alliance, ouais mais bon ça veut rien dire hein, on se marie plus de nos jours, enfin quoique, et si ça se trouve il est homosexuel, ouais c'est ça j'en suis sûre, voilà j'ai trouvé, il est gay, il aime les hommes et il doit avoir trop de succès en plus vu qu'il a toutes les caractéristiques de l'hétéro viril tendre...

Non mais t'imagines comme il est difficile de bosser dans ses conditions ?

À la fin il a dit Eh bien à bientôt pour la prochaine séance, ce sera avec grand plaisir et j'ai pas répondu Oh oui grand fou oui, j'ai juste dit au revoir.

mercredi 8 octobre 2008

"Tu écriras sur le bonheur"

J'ai peur de l'ennuyer l'analyste. Avec ma vie qui va bien, mes sublimations de bonne élève, mes dérapages contrôlés. Je vis avec un homme, "et que j'aime, et qui m'aime" ; mon métier m'intéresse et j'essaye d'évoluer encore ; je suis quasi fidèle, je me drogue avec modération. C'est chiant non ?

Pourtant, à entendre ses silences, j'ai aussi l'impression qu'il kiffe. Comme si ce travail qu'on fait ensemble (mais moi plus d'abord), ce travail d'analyse, c'était une bonne chose qu'il débouche là-dessus, la monogamie sans frustration, l'alcool sans gueule de bois, et là il en manque un pour rester dans le ternaire mais oh je fais ce que je veux ok ? je casse le rythme et puis c'est tout.

Mais je veux pas casser l'ambiance hein. Même si j'ai l'air de l'exprimer sur le mode du manque, du "sans", du quelque chose en moins...presque de la perte quoi, j'en sors gagnante. Et c'est probablement le lot de tous les analysants de réduire les passages à l'acte quand commence à grandir leur désir. Ben ouais, quand j'ai l'impression qu'il kiffe en se taisant c'est ma satisfaction que j'entends. Si j'en suis arrivée là, c'est bien que je l'ai voulu non ? Oui c'est vachement bien.

Mais attends je t'arrête tout de suite, on n'est pas au bout. Ni du jour, ni de la nuit, ni même de l'enfer. Et même, pourquoi pas, on a juste posé des bases un peu solides et on va pouvoir enfin commencer. Si ça se trouve.

"Tu pourras, dans tes livres, tuer, voler, convoiter la femme d'autrui, mépriser le jour du Seigneur ; en échange tu respecteras cet unique commandement : Tu écriras sur le bonheur." Oui donc là tout de suite ça se complique.

vendredi 26 septembre 2008

Bon.

Je sais pas trop quoi te dire moi.

J'ai pas vraiment envie de te raconter l'anniversaire d'hier, ni celui de la semaine dernière, pas plus que le brunch de dimanche. Le cours d'histoire de l'art non plus dis donc, même si la porte d'Ishtar c'est beau (j'enrichis mon vocabulaire de l'esthétisme t'as vu). Et pourtant tout cela est fort intéressant et/ou festif.

Quant à la symbolique des oeufs brouillés, je pense que tu trouveras tout seul. Et là je pourrais ajouter : la brouillade de tomates c'est bon (car j'enrichis aussi mon vocabulaire culinaire). D'ailleurs, tiens voilà, y a quelque chose qui me vient, autant que je l'écrive hein, la meilleure brouillade de tous les temps je l'ai mangée sur un balcon, pas trop en forêt, plutôt à proximité d'une autoroute, par un beau jour d'été je crois, j'avais quatre ans normal voire quatre ans et demi (oui j'ai été jeune, je sais que tu as du mal à le concevoir). Nous étions trois sur ce balcon et évidemment aujourd'hui il ne reste que moi.

Non mais bon chiale pas va, tu vois comme t'es, j'essaye de trouver un truc à te raconter et tu supportes pas. Je disais pas ça pour te faire de la peine, c'est un de mes meilleurs souvenirs en plus.

Y a eu la fête de l'Huma aussi hein. J'y suis allée que pour Bashung. Et Bashung c'est bel et bon (comme tu peux le constater, je développe mon esprit de synthèse et je t'impressionne).

Je peux te la faire façon logico-mathématique genre :

sachant que

porte d'Ishtar = beau

brouillade de tomates = bon

Bashung = bel et bon

alors

Bashung = porte d'Ishtar + brouillade de tomates

Ada, un point de vue sur le monde.

Mais tu sais, autant te l'avouer, ce que je veux surtout c'est du soleil et ça tombe bien y en a.

jeudi 11 septembre 2008

♫ J'allume un éclaireur ou j'me paye un scout ? ♫


Découvrez Alain Bashung!


Des fois je trouve que, non mais c'est vrai sérieux, parce que bon je voudrais pas dire mais quand même, si ça se trouve hein, si ça se trouve on sait pas en fait, alors franchement sans déconner c'est bien joli tout ça mais bon enfin tu vois voilà quoi...

jeudi 4 septembre 2008

Best hier

Il faut te dire aussi que le bled où on logeait, il apparaît pas sur la carte, même quand tu zoomes très gros, c'est un peu la jungle le truc, mais façon champs de tournesols tu vois. Ce qui fait que certains ont réussi à ne pas sortir de tout le séjour, préférant profiter de notre domaine vaste mais clos (sauf le soir où on est allé au resto gastronomique, ah là tout de suite c'est motivant), tandis que d'autres (dont j'étais) ne perdaient pas une occasion d'explorer la région, tels des aventuriers sans peur et sans reproche.

La première sortie je l'ai faite en solitaire, de bon matin (séquelles de chemins de fer perturbateurs de sommeil). Le village le plus proche, à savoir celui où tu trouves autre chose qu'une église (un ou deux commerces par exemple) (mais pas trois) et donc celui où tu peux te ravitailler, se trouvait à deux kilomètres. Une promenade de santé hein. Sauf que la côte elle était comme ça (ouais comme ça) alors autant te dire que jamais de la vie j'y suis allée en vélo.

Pourtant y avait des obstacles en la personne de chiens de garde, de bons gros molosses qui rendaient superflue toute pancarte informative sur leur degré de méchanceté. Pour ne jamais se trouver du côté où ça aboie, ça nécessitait des ruses de sioux. T'aurais dit une poivrote qui zigzaguait alors que pas du tout, j'évitais les pièges en faisant semblant que même pas peur.

Après y avait les vaches, et là tu te dis c'est tout cool une vache. Oui c'est tout paisible. Mais quand tu croises son regard bovin et placide, tu peux pas t'empêcher de penser : Eh ben ? c'est tout ce que je t'inspire ? Pas facile à admettre mais il faut bien s'y résoudre : la vache, c'est pas hyper narcissisant.

Suite à ce parcours digne du combattant, tu arrivais au village accueillie par une brochette de vieillards en attente de l'ouverture du PMU. Oui alors va savoir pourquoi le PMU il faisait sa feignasse. Par contre les vieillards ils étaient déjà bourrés.

Et puis tu redescendais (c'est l'avantage des côtes) les bras chargés de viennoiseries et de kilos de pain.

Sinon y avait les marchés comme activité de plein air. Un peu traître sur les bords quand même, vu que t'avais beau changer de villages, les stands et les marchands restaient les mêmes, ce qui fait qu'à force on se connaissait bien. Je te conseille fortement la courgette-trompette et la tomate coeur-de-boeuf qui essayent de se camoufler pour faire croire qu'elles sont pas trop comestibles mais en fait c'est une tuerie au sens propre : après tu peux plus manger de légumes sans goût (qui pourtant se ramassent à la pelle) et sachant que t'es censé en consommer au moins cinq par jour t'es mal barré.

Tu l'auras noté, on est sorti, certes, mais fallait que ça soit lié à la sainte triade du B dont je t'ai déjà causé. Là je t'ai fait, en partie, la bouffe. Le boire ben ça pouvait se faire aussi sur les marchés et je te prie de croire que la dégustation d'armagnac à 10 du mat, ça laisse des souvenirs indélébiles. Ou alors la soirée disco quand y avait la teuf au village, on y est allé entre filles et le patron du PMU voulait nous offrir un coup. Bon très franchement on n'a pas entendu beaucoup de disco. Mais on a dansé quand même parce que la bière était pas chère (si si y a un rapport).

Quant à la baise, elle a bien failli n'avoir jamais lieu. C'eût été dommage n'est-il pas ? Mais viens que je t'explique : le soir où je suis allée chercher monamour à la gare, en voiture, vers minuit-une heure (monamour a toujours le bon goût de faciliter les choses par un esprit pratique très développé, par exemple une arrivée au milieu de la nuit alors que je te rappelle qu'on avait acheté une caisse d'armagnac sur le dernier marché), tandis que je devisais gaiement avec la mère de Bienvenue (qui avait eu l'amabilité de m'accompagner dans ce périple pendant que d'autres prenaient un bain de minuit dans la piscine illuminée, tu vois l'esprit de solidarité), voilà ty pas qu'une biche me passe devant sans crier gare. Tu visualises le panneau ?





eh ben exactement pareil. J'en ai eu quelques palpitations. Heureusement nous avons, elle comme moi, évité la collision (moi en écrasant la pédale de frein, elle en continuant sur sa lancée comme si de rien n'était, même pas un remerciement pour lui avoir cédé le passage, ces animaux sont pas très urbains je trouve).

Mais attends c'est pas fini. La biche, qu'elle arrive sans crier gare, ça paraît plutôt normal. Par contre une ville dont les panneaux t'indiquent le centre, même pas ville, mais médical, tous les dix mètres, sans jamais te donner le moindre indice de l'emplacement approximatif de la gare, excuse-moi ça agace un peu. On a donc bien repéré le centre médical, pas de souci, pour le reste il a fallu consulter un plan municipal. Bon jusque là passe encore.

Mais quand tu te rends compte que la gare se trouve en fait dans la ville d'après mais qu'elle porte le nom de la ville d'avant...oui oui je t'assure, c'est un peu comme si tu étais à la gare de Marseille mais dans la ville de Toulon (toutes choses égales par ailleurs)...eh ben je te prie de croire que tu te demandes si tu fais pas un delirium tremens où les éléphants roses se travestiraient en biche.

mercredi 27 août 2008

♫ And I say it's all right ♫

Comment savoir que tu es arrivé à destination ? C'est bien simple : à un moment tu vois un attroupement en maillot de bain qui te fait des grands signes au milieu de la route. C'est la première fournée dis donc, ceux qui sont partis en train (ceux qui m'aiment, oui, bien vu). T'en sacrifies un au hasard, c'est-à-dire que tu lui colles Bienvenue dans les bras, et pendant qu'il reste à l'ombre, hop tout le monde dans la piscine. Plutôt grand le bassin, vu qu'à dix t'as encore la place de taquiner le ballon, de nager et même de faire la planche (ma spécialité). De même la maison et le jardin sont fort spacieux, et encore heureux matthieu, car si nous sommes une dizaine de permanents, nous en attendons quelques autres pour de courts séjours. On se la joue vacances communautaires, certes, mais confortables. Oui à la convivialité, non à la promiscuité (mais promis qu'on va se cuiter ah ah).

Par contre la perfection n'est pas de ce monde au cas où tu en douterais encore (ou alors t'es très amoureux, et là, excuse-moi de te le dire, mais ça va pas durer) (ta vision du monde j'entends, pas ton amour, je sais bien qu'il est éternel, pas artificiel) (enfin bon), il faut bien que quelque chose laisse à désirer (tu crois pas si bien dire) : on entend tout. Et pas seulement le parquet qui craque. Par exemple il m'est arrivé d'entendre Bienvenue soupirer à travers la cloison (pas pleurer non, Bienvenue ne pleure jamais, Bienvenue sourit tout le temps, sauf quand elle te mord le petit doigt de sa bouche édentée) et Bienvenue, je te le rappelle au cas où tu lis pas les parenthèses (ce en quoi tu aurais grand tort, c'est un peu la substantifique moelle de ce blog), c'est un bébé. Ça fait pas des gros soupirs un bébé t'avoueras. Eh ben pourtant je l'entendais.

Alors je te laisse imaginer les précautions qu'on a prises, quand monamour est venu la deuxième semaine, pour soupirer encore moins fort qu'un bébé. En fait le seul moyen, je te file l'astuce, ne me remercie pas, c'est de pas soupirer du tout. Et pas soupirer du tout, comme je te disais, ça laisse à désirer. Toutefois mieux vaut l'image sans le son que l'inverse, surtout qu'on était en rut avec tout ce soleil.

Bon et alors on a sacrifié à la sainte triade du B, à savoir Baiser, Boire et Bouffer (sauf une amie qui me disait Non, baiser on peut pas ici, t'es folle, je lui ai donné le petit truc du non-soupir, eh ben je te prie de croire qu'elle était plus épanouie à la fin qu'au début).

La triade ça tombait bien, je lisais les trois mousquetaires. Qui sont quatre oui oh ça va. En plus on faisait quatre repas par jour avec le goûter (y avait des enfants en pleine croissance et des adultes en pleine régression) alors tu vois tout se tient. Sans surprise on était pas du tout organisé mais étonnamment ça n'a pas été le bordel au niveau des tâches ménagères (et dieu sait qu'avec notre grand nombre, on en a fait des taches) (quand je te dis que la parenthèse c'est un peu le nectar de ce blog), et puis avec l'électroménager moderne (oui pléonasme oui. Tu me cherches toi), faut reconnaître qu'on n'avait pas grand-chose à faire à part allumer le barbecue (et là normalement y a un truc avec le feu au cul mais bon)


Découvrez Nina Simone!
(à suivre encore)

jeudi 21 août 2008

Transports en commun


Découvrez Serge Gainsbourg!

Commençons, si tu le veux bien, par mon hymne pas-trop-mystique, mon hymne n'ass-ional car aujourd'hui je te parle des vacances.

Le rendez-vous était fixé à potron-minet. 6h30 pour ne rien te cacher. Et 6h30 à l'autre bout de la ville. Joie dans mon coeur. En bonne organisée, la veille je m'en vais voir les horaires à l'arrêt de bus dont la ligne mène directement à destination. Alors un dimanche au mois d'août, je te le dis tout net, ne songe même pas à prendre un bus de bon matin, c'est bien simple : y en a pas. Qu'à cela ne tienne, va pour le métro. Pas direct le métro quand même hein. Un changement. Bon. En plus j'ai le sac à roulettes. Même pas peur.

Arrivée au point de rassemblement on m'annonce par téléphone qu'on aura un peu de retard. Et c'est maintenant que vous le dites ? Heureusement que j'ai eu la riche idée de différer jusqu'ici la lecture du dernier Vargas, ça occupe. Page 53 la voiture arrive. Pas trop tôt. Et alors une angoisse nous étreint tous : où caser le magnifique sac à roulettes que même pas peur dans le métro mais dans la caisse oui un peu ?

Ben oui parce qu'entre la poussette de Bienvenue, le lit de Bienvenue, les couches de Bienvenue, le siège-auto de Bienvenue, les bouteilles d'eau de Bienvenue...j'te jure, ça mesure 60 cm et ça prend toute la place (pas le sac à roulettes non). Hop hop hop, faut que ça rentre, alors ça rentre. Y avait pas de trucs fragiles là-dessous ? non je parle au passé parce que c'est trop tard maintenant hein...Allez roule mimile.

Je ne te cache pas que dans la minute qui suit je plonge dans un sommeil profond. Ah ben oui attends, soit je conduis, soit je dors, pas de moyen terme. Plus tard quand c'est mon tour de prendre le volant, je dors encore dis donc, obligée de mettre Michael Jackson à fond pour assurer. À ma décharge, c'était soirée mescal la veille, retour de Mexique. Franchement les gens qui voyagent c'est fatiguant.

Non parce que moi non, cette année je voyage pas. Pas loin en tout cas, eu égard aux soucis de vie mortelle qui continuent encore et encore (non mais tu vas te décider à crever oui ou merde à la fin !?) (détends-toi, je rigole) (jaune), eu égard à ces soucis donc, je ne peux me permettre de partir au bout du monde, un retour anticipé étant toujours à prévoir (en plus je sais pas si t'as remarqué, les gens ont la sale manie de mourir quand je suis en vacances, ils veulent me faire culpabiliser ou quoi ?) (cependant il n'est pas faux de dire que s'offrir des vacances pendant que d'autres agonisent peu ou prou, c'est un droit mais ça empêche pas de se sentir un peu fautif) Donc vacances dans une de nos belles régions de France.

À l'arrière Bienvenue roupille ou biberonne (franchement ça sert à rien les bébés), sa mère (une amie) idem. À l'avant à la place du mort (faut pas exagérer non plus, je veux bien qu'on se sente fautif mais on allait quand même pas l'emmener, ça te plombe une ambiance en deux deux les gens malades), à la place du mort, un ami (mais pas père de Bienvenue), propriétaire de la voiture. Et puis Ada au volant qui chante à tue-tête ♫ Annie are you ok, so Annie are you ok, are you ok Annie ♫ Pour que tu te représentes mieux (je savais déjà que y a pas d'heure pour la musique, mais maintenant que j'ai découvert que 10 heures c'est pas mal, je te prie de croire que tu vas en souper) :


Découvrez Michael Jackson!

samedi 16 août 2008

J'avais oublié de te dire que je partais en vacances. Et maintenant je suis revenue. Je te raconte plus tard. Allez musique.

vendredi 25 juillet 2008

♫ I can tell you, darling, that it's sexual healing ♫

Ah ben tu vois tout va bien, j'ai fait ma petite angine annuelle, nickel chrome (pour plus d'information concernant mes pathologies traditionnelles, je republie cette note, dès fois que ça t'intéresse).

Fièvre et courbatures, quelques frissons, quatre jours sous la couette en plein mois de juillet. Faudra quand même qu'on m'explique pourquoi, alors que tu ne peux pas déglutir sans hurler à la mort, on te file, en guise de thérapie, des médocs gros comme des soucoupes que même pas ça se dilue ces bestiaux. Traiter le mal par le mal, elle est belle la médecine.

Non mais je me marre. Si si. Parce que tout le monde me dit (enfin tout le monde, j'ai pas fait une annonce publique non plus...tout le monde, c'est comme qui dirait des amis que je consulte à une terrasse ou à une autre) : Faut surtout pas culpabiliser. Tu sais, le coup du Ton corps t'appartient, on a tous droit à son jardin secret, y a pas de mal à se faire du bien. Certes. En plus ça s'appelle pas vraiment tromper puisque monamour n'est pas dupe. Oh moi ça me va hein, je suis pas du genre à culpabiliser de toute façon.

J'ai eu un petit moment de flottement parce que c'est fort mine de rien avec le charmant charmeur chilien. On a des gros coups de passion. Et des souvenirs aussi. Mais j'ai retrouvé mes esprits. On est quand même là pour rigoler non ? Et puis c'est sympa de varier les plaisirs pour mieux entretenir le désir, autant pour le partenaire habituel que pour l'occasionnel d'ailleurs.

Mais alors bon, maintenant qu'on est d'accord que nous sommes des êtres libres et libérés, du genre je me prends pas la tête, je me fais pas des cheveux, parce que je le vaux bien...une fois cette chose acquise, je voudrais bien comprendre pourquoi je tombe malade juste après. Systématiquement. Je le sais, j'ai fait l'historique depuis 2005.

L'année du référendum sur la constitution européenne, et même pour être tout à fait précise le soir des résultats que nous écoutions à la radio monamour et moi, paf angine. Et juste avant j'avais fait quoi ? Couché avec l'Écrivain.

2006 printemps, je vais chercher monamour à la gare en province du sud. Paf angine. Et juste avant ? Couché avec le gosse beau.

2007, soir du débat télévisé de l'entre deux tours des présidentielles, paf angine. Et juste avant ? Me souviens pas. Mais obligé que j'avais fricoté, obligé sinon ça fout ma théorie en l'air, pas question (c'est quand même pas les soirées électorales qui me filent des angines, arrête).

2008 juillet, paf angine. Et juste avant ? J'étais chez le charmant.

Alors hein ? t'as une idée toi de pourquoi ma santé en prend un coup à chaque fois ?

T'inquiète, j'ai la réponse. C'est pas de la culpabilité. Mais non, n'importe quoi. Je ne me punis pas d'avoir fauté en tombant malade. Point du tout. C'est juste que tous ces hommes là, eh ben ♫ ils m'ont mis la fièvre pendant des heures ♫

mercredi 16 juillet 2008

♫ Hear me when I come baby ♫

Un apéro en terrasse avec l'Écrivain, c'est jamais décevant. On a beau se voir quasiment jamais, on reprend la discussion comme si c'était hier. On arrive à parler de la "relation", l'"histoire", bref le truc qu'on a vécu ensemble...ouais c'est assez nouveau ça, et même on en rit. Non mais attends on l'a échappé belle je te signale et crois-moi qu'on est ravi d'avoir préservé cette amitié. On s'aime et on se le dit avec des mots. Contrairement au charmant charmeur chilien avec qui on se le dit plus avec les corps tu vois.

J'étais tranquillement à tanguer (j'avais mangé toutes les chips mais ça éponge pas vraiment) sur un Vélib, autour de minuit, après cet apéro avec l'Écrivain, quand arrive un SMS du charmant. Bon ben je fais demi-tour du coup. Oui oh je sais, je sais. Il faut te dire, au cas où tu l'aurais pas compris, que j'étais déjà bien attaquée. Et donc (enfin je suppose, y a pas forcément lien de cause à effet) le premier parachute, je le sens pas du tout. Ah non je t'assure hein, juste les vapeurs de l'alcool se dissipent de plus en plus mais à part ça je ne vois rien venir. Le charmant m'en propose donc un second. Qui fait son gros effet.

Disons que je suis passée d'un état à un autre sans transition. Je me souviens avoir été très étonnée de voir mon visage dans la salle de bain, enfin non bien sûr je m'attendais à voir apparaître un visage dans le miroir au-dessus du lavabo mais je me trouvais bizarre. Tu me diras j'avais sans doute pas tort.

Je me souviens que plus tard, ou plus tôt, j'avais les yeux fixes et écarquillés et je disais au charmant J'ai peur-j'ai peur-j'ai peur, mais c'était une sorte de peur en dent de scie, presque agréable parfois, et le charmant disait avec sa voix toute douceRegarde-moi, t'es en train de faire un bad trip là, j'ai déjà vu des gens faire un bad trip, t'es en train de faire un bad trip, regarde-moi, ça va aller, et oui ça allait, je voyais son visage tout pixellisé, très joli, j'avais plus peur.

Je me souviens avoir fumé une clope assise sur le rebord de la fenêtre et j'avais l'impression d'être dans le corps d'une poule. Oui, une poule.

Je me souviens pas le moment où j'étais toute nue et toute seule sur le futon, les jambes en l'air et l'air d'aller très bien. Devine qui m'a raconté ?

Par contre je me souviens des caresses, celles que je faisais au charmant et celles que je me faisais à moi-même.

Et aussi du charmant qui me disait qu'en fait on est frère et soeur lui et moi.

Le lendemain on se réveille tard et pendant que le charmant mange une salade, j'ai des remontées bien puissantes, je peux juste grignoter une crevette et un tout petit peu d'avocat.

Puis je retrouve monamour, qui est un homme exceptionnel, je ne le dirai jamais assez...je veux dire, j'ai "découché", non découché j'aime pas, mais bon c'est bien ça que j'ai fait en même temps, j'ai découché trois fois en une dizaine de jours et on se retrouve, comme si de rien n'était, il est content de me voir et moi je suis love, un peu en chaleur aussi, mais surtout love love love.

Je me demande quand je vais prendre l'atterrissage en pleine gueule, j'anticipe le mal, d'autant que le lendemain on part à Londres, s'agit d'être en forme quand même, pas se la jouer vieille loque en descente, assurer quoi merde. Alors, cette douleur physique et mentale, elle vient quand ? Eh ben crois-le, crois-le pas, elle est pas venue. Je sais pas ce qui s'est passé, rien à voir avec la première fois, même pas mal.

Cela dit (après ces quelques jours à Londres, où j'espérais pas trop me mettre au vert (vu que c'est une ville bien festive) mais les idées en place oui), j'ai repris le taff. La première chose que j'ai fait en arrivant ce matin, c'est ranger mon bureau. Ce soir j'attaque la chambre et après je crois qu'on est bon.

mardi 8 juillet 2008

♫ Sur fond de rock'n'roll s'égare mon Alice ♫

Bon ça y est je reviens. Non parce que j'étais partie un peu loin quand même.

Alors oui le charmant charmeur chilien m'a apporté un petit goûter alcoolisé et après on a pris les chemins de fer et les petits câlins sont devenus gros gros gros. Au petit matin je suis rentrée en Vélib pour la deuxième fois.

Et qui donc a dit Jamais deux sans trois ? Reconnaissons qu'il n'avait pas tout à fait tort.

Sauf que la troisième fois a légèrement différé des précédentes. Oui messieurs-dames. Et pourquoi donc hein ? Pour la simple et bonne raison que j'ai fait du parachute.

Dit comme ça, évidemment tu ne vois pas, je m'en doute bien. Pour de plus amples informations il te suffira de taper, sur ton encyclopédie libre, les lettres m, puis d, puis m, puis a et d'aller à la rubrique "Jargon". Je t'en prie.

Alors le parachute, au début tu dis, enfin moi je dis, en bonne trouillarde : non mais arrêêêêête ça fait trop peur !!! Le charmant te rassure, tu fais comme tu veux, mais là y a presque rien, tu vas rien sentir. Bon du coup tu testes.

Effectivement tu sens rien. Jusqu'au moment où tu te mets à voir en saccadé, les mouvements sont décomposés, comme ta caméra quand elle est pas très performante, un peu au ralenti quoi. Tiens d'ailleurs en parlant de ralenti, niveau perception du temps, c'est carrément l'effet inverse des chemins de fer. À savoir : avec les chemins de fer, le temps passe à la vitesse de la lumière (blanche), une nuit égale environ une heure ; avec le parachute, tout le contraire, quand tu jurerais qu'il est 6h du mat, il est à peine 23h...

Le grand sourire plein de dents scotché sur ta face te rappelle tes premières expériences de jeune fumeuse en herbe (en herbe dans tous les sens du terme, tu avais compris). Oui c'est un peu pareil, tu te mets à rire pour rien et tu pousses des cris de joie, ah tu vois rien que d'y penser j'en veux encore.

Et puis alors, va savoir comment, toi qui refuses ce genre d'activité depuis que tu es en capacité de faire ta toilette seule, voilà que non seulement tu te retrouves à prendre un bain mais en plus tu kiffes...

Bon il va de soi que tout cela est agrémenté de caresses en tout genre car tu as littéralement le feu partout partout PARTOUT.

Vient le moment où ça retombe, forcément, et là le coup de barre est terrible. Le charmant sort alors les chemins de fer et, aah, ça va mieux. Allez au lit. Il est 4h. Tu règles ton réveil à 5. À 5, tu le règles à 6. À 6 tu envoies un texto et tu dors sur place.

Vers 10h tu es dans le métro, et franchement tu ignorais qu'ils étaient si nombreux à se déplacer si tôt le dimanche. En plus ils braquent leur regard sur toi, mais non voyons, pas parce que tu es irrésistible, juste parce que tu portes tes lunettes de soleil, les néons te font trop maaaaaal.

Et monamour qui t'attend comme un petit pain au chocolat bien chaud sous la couette te dit : Tu veux pas enlever tes lunettes de cocaïnomane avant de te coucher ? Tu ne relèves pas car il n'est pas si loin de la vérité et surtout tu es épuisée, à bout de forces, tu calcules que tu n'as presque rien mangé depuis 48 heures, tu constates que malgré cela tu n'as pas faim, il ne te reste plus qu'à dormir.

Autant te dire qu'après tu es déprimée un peu beaucoup. C'est le prix à payer, dit le charmant. Eh ben c'est cher. Enfin bon toujours est-il que je suis revenue et ça c'est pas mal. J'ai même mangé un cheeseburger, non, pas là où tu crois, dans un bon resto. Et bien sûr, avant que j'aie le temps de me poser cinq minutes, je reçois : Hello chère amie que diriez-vous de prendre un verre prochainement ? ça fait longtemps ! C'est l'Écrivain.

mercredi 2 juillet 2008

♫ And I find you spinning round in my brain like the bubbles in a glass of champagne ♫

Ainsi donc j'ai passé le week-end déprimée et cafardeuse au possible. Après trois heures de sommeil je me disais bon c'est normal, conséquence logique d'une nuit en chemins de fer, t'inquiète ça va passer. Mais vlà-ty pas que samedi soir, pendant que monamour fait la fiesta de son côté (chacun son tour, les équilibres sont respectés), samedi tard dans la nuit même, je dors toujours pas. Allez, mettons ça à nouveau sur le compte des chemins de fer et arrête un peu de penser au charmant charmeur chilien maintenant. Dimanche ça continue. Ciel. Un gros coup de blues. Et la lutte pour pas envoyer de SMS. Lundi retour au taff, pas d'amélioration notable, le noeud dans la gorge est bien installé. Mais c'est quoi ce bordel ? Et puis mardi, alors que ça se desserre très légèrement :

Bonjour vous ! Jéspère ke ton retour n'a pas été trop dur ?! (terrible le retour, terrible terrible terrible) Je n'ozé pas te recontacter (ah tiens toi ton non plus ?) mé jarèt pas de penser a toi...(ah tiens toi aussi ?) Cé malin ! (ouais, je dirais même plus : nous vlà bien) Bizoudoux (oui doux doux doux les bisous) (quand je te dis que c'est le bordel)

Puis : Cété une belle soirée...(c'est bien ça le problème, si on avait passé une soirée pourrie, on n'en serait pas là)

Je réponds : Oh si, l'atterrissage a été très dur, je suis toute déprimée...Et moi aussi je pense à toi...

Moi oshiii jsuis tout déprimé é jaréte pas dpenser a toi...(ouais ben ouais, ça fait deux fois que tu le dis là) (mais vas-y, dis-le encore !) Tu taf ojourd'hui ? (oui. Je me suis fait violence mais oui) On pe sprendre un verre a ta sortie ?! Dis ouiii !

Ah la la, mais c'est terrible. Mais c'est bien en même temps. Mais c'est terrible. Je peux pas ce soir, aaargh, mais peut-être demain, pas sûr, pff, au secours ! (tu sens la fille bien perturbée là non ? Oui mais non mais oui mais non...) Je suis toute perdue. (oui je crois qu'on a compris le principe) T'es comme une drogue toi ! Bon je sais pas. (ça c'est de la détermination, ouah) (non mais comprends-moi aussi, on avait dit fidèle hein) Si je peux je t'appelle demain (fidèle ouais, laisse-moi rire)

Ouiii ! Toi ossi té kom une drogue. Jsuis en mank de toaaa !

Aujourd'hui, tandis que je mange un bo bun en terrasse (fort bon ce bo bun, soit dit en passant) : Jpense fort a toaaa...(Ça faisait longtemps que tu l'avais pas dit) (je me disais même, mais dis donc quand est-ce qu'il va le dire) Dis moi kon svoaaa ?!! (ah mais c'est pas si simple. Enfin c'est pas compliqué non plus mais si quand même...aaah ça recommence)

Excuse j'étais en train de déjeuner. Je sais toujours pas pour ce soir, ça dépend de XXX, (XXX qui part en vacances demain et que je suis vaguement censée voir ce soir) je t'appelle quand je sais (eh, là ça fait la fille posée, tu trouves pas ? genre je vais prendre une décision et je t'en informerai dès que possible)

Dis lui ke cé une kestion de vie ou de mort ! (au minimum hein) Elle comprendra...(euh t'es sûr ?) Je demande ke kelkes minutes avec toaaa...

Je vais essayer de passer un petit moment (là ça fléchit légèrement, tu sens ?) mais je peux rien promettre, je t'appelle vers 19

Jpe t'attendre a la sortie stv ?! Jpe même tamener ton gouter ! A tout a lheure jespère ?! Bizoudoux

Oui d'accord mais tu vas être tout mouillé ! Je prends 1 bière pour le goûter. Et je sors à 19 (ça s'appelle fixer un rencard ça non ou j'ai rêvé ?)

Ouiii ! Je serai là ! A tte taleur ! :)

Tiens ça me rappelle un truc...

lundi 30 juin 2008

♫ Je suis heureux de vivre auprès de toi jusqu'à la fin du monde ♫

Allez viens il s'est passé des trucs.

Je suis retournée dans mon ancien quartier.

Et c'est ainsi que je peux te donner des nouvelles de celui qui fit les beaux jours de ce blog, souviens-toi, les jours où tous les jours j'avais quelque chose à te raconter sur l'homme le plus fort du monde, j'ai nommé le charmant charmeur chilien.

Eh bien il va bien, même si moi je le trouve un peu triste, et il se pourrait même que tu l'aies vu de tes yeux sur les pages d'un magazine ou deux.

Neige la neige

Un bras sur mon épaule

Ben oui hein, les chemins de fer étaient là aussi. Ce qui fait que je me suis retrouvée bien déprimée quand chez moi je suis rentrée, à l'heure où Paris s'éveille et que les camions des marchés squattent les pistes cyclables, non mais j'te jure, c'était déjà pas facile de pédaler droit, si en plus ils mettent des obstacles...

La plus mauvaise descente à ski de ma vie. Entre le charmant et les chemins de fer, je sais pas quelle est la meilleure drogue. Ça rend trop nostalgique ce genre de tender night, surtout quand on la passe à refaire l'histoire. Alors j'ai mis mon tee-shirt Watata et j'ai erré comme une âme en peine en fumant des clopes. Et puis j'aime toujours sa peau douce. J'en voulais encore des petits câlins. J'ai passé le week-end à résister à l'envie d'envoyer un SMS. Mais pour quoi faire ? J'ai choisi une autre vie non ?

Au coeur de ce corps

Je n'ai trouvé que moi-même

Assise sur mon passé

Monamour, qui sent les choses (moi j'avais rien raconté), est venu s'asseoir au bord du lit et il a dit Ma fidèle Ada (oui fidèle, oui, on a fait que des petits câlins je te rappelle) je mesure la chance que j'ai de t'avoir à mes côtés. Ça remonte un peu le moral.

Les citations en couleur sont tirées du cadeau intitulé Va dire au lac de patienter par Jean-Louis Bory.

mercredi 18 juin 2008

♫ Des tristesses surannées, des malheurs qu'on oublie, des ongles un peu noircis ♫

J'ai reçu un SMS cette nuit à 3h :

Avec moi tu as cessé de te ronger les ongles, tu es devenue XXX (censuré, disons que j'ai progressé professionnellement) et tu as commencé une analyse. Pourkoi m'avoir jeté me répétant ke tu n'avais plus rien à me dire ? crois tu ke les otres oublient tes saloperies ossi vite ke toi ?

C'est signé d'un ex très jaloux auquel je faisais une allusion rapide entre parenthèses dans cette note (c'est marrant, elle fait très exactement suite à celle que j'ai republiée la dernière fois). Alors j'ai eu envie de répondre ça :

"Je n'oublie pas. Avec toi j'étais sans les autres. Sans toi je suis heureuse." C'est le texto que j'ai failli envoyer impulsivement à réception du tien. Et puis je me suis dit que c'était un peu court. Des concours j'en ai passés et réussis avant de te rencontrer. Et je compte en passer d'autres. Le divan, j'y songeais depuis longtemps et c'est sans doute parce que je me sentais si mal dans ma vie au moment où je la partageais avec toi que j'ai franchi le cap. Je n'oublie pas non. Surtout pas que tout le temps de notre relation, je n'avais pas d'autre choix que de me fondre en toi, de disparaître, de couper tous les liens qui me rattachaient aux autres, notamment mes amis que tu n'as jamais aimés. Heureusement ce sont de vrais amis et je ne les ai pas perdus, ils ont su rester patients. Je n'oublie pas que mes moindres faits et gestes étaient suspects à tes yeux, que le moindre coup de fil de "l'extérieur" était soumis à la question. Que tu m'inventais sans cesse des lorgnades dans la rue à tel point que je finissais par ne regarder que mes pieds. Et même ce qu'on pourrait appeler les bons souvenirs, ces rituels amoureux où on se blottissait et toi tu disais Je veux qu'on reste toujours comme ça [alors qu'aujourd'hui je me dis Mais plus jamais ça, plus jamais, cet enfermement névrotique, plus jamais], même ces soi-disant bons souvenirs ne me font pas du bien quand j'y repense [j'en parlais pas plus tard que y a pas longtemps avec monamour : les ex de ma vie, je les revois en général pas mais j'éprouve encore pour eux une petite pointe d'affection. Si je les croisais par hasard, je m'informerais volontiers de ce qu'ils deviennent. Eh ben le Jaloux là, non, c'est l'exception qui confirme la règle, je n'éprouverais que déplaisir]. Je t'ai trompé oui [une seule fois, à peine croyable a posteriori...quelle bouffée d'air pur ! un début de libération dis donc] mais c'est aussi moi que je trompais quand je m'aveuglais au point de croire que notre histoire était viable. Je sais bien que cette réponse te donnera du grain à moudre et l'occasion de me faire part à nouveau de tes aigreurs. Je crois cependant que je n'y répondrai plus.

Voilà le mail que je n'ai finalement pas envoyé. Parce que à quoi bon non ? En plus je continue à me ronger les ongles, mais je fais ça proprement et ça se voit pas alors hein.

mercredi 11 juin 2008

♫ Love is easy (zizi), love is not true (trou) ♫

(Je t'ai mis la prononciation entre parenthèses des fois que ça t'échappe)

Hier soir j'ai vu Bashung en concert, pour la troisième fois de ma vie et j'espère que ce sera pas la dernière si tu vois ce que je veux dire...Magnifique comme d'hab. Ouverture sur Comme un lego, fermeture sur Night in white satin où tout le monde dit I love you. Dans l'intervalle que du bonheur. Très émotionnant vraiment, comment te dire, je suis encore dedans à l'heure où je te parle. Gros couac tout de même : la première partie qui chante faux, pousse des cris suraigus à t'en faire saigner les oreilles et se fait copieusement siffler et huer par une partie de la salle. Tu vois le barde dans Astérix ? Pire. Elle part énervée sur un Ouais on sait que vous avez voté Sarko hors sujet. Eh ben figure-toi qu'il s'agit de madame Bashung en personne...Je sais pas si l'amour est aveugle mais sourd oui.

J'étais accompagnée, entre autres, par un couple d'amis dont je t'ai causé ici par exemple (je republie cette note pour l'occasion. Je remettrai en ligne, dans un avenir plus ou moins proche, la totalité des archives. Hein t'es content ?)

Un soir ce couple d'amis a débarqué à la maison, tout joyeux, en annonçant Ça y est, on a acheté un appartement ! Youhou. Et ils commencent à nous en faire la description. Et puis monamour s'en mêle : Et l'entrée elle est comme ça. Et la chambre elle est là, juste à côté la cuisine...Et eux : ben oui, comment tu sais ??? Et lui : c'est au numéro tant de telle rue...Oui !!! Mais...??

Eh ben en fait monamour a vécu en colocation dans cet appart pendant ces années étudiantes. Ils l'ignoraient au moment de l'achat évidemment, car ce ne sont pas les amis de monamour mais les miens. Dingue non ? Bon par contre il va pas le reconnaître l'appart quand ils nous convieront à la crémaillère, vu qu'ils ont tout cassé et tout reconstruit ; ça va lui faire comme dans l'émission de télé où les gars en une journée ils te refont les peintures, les sols, les rideaux et même la salle de bain, enfin les trucs que toi il te faut toute une vie pour pas les finir et après t'arrives, t'attends qu'elle dise 3 pour ouvrir les yeux et tu dis Mais c'est pas chez moi ici...Je pense que ça va lui faire ça, à la différence près que ce sera effectivement pas chez lui puisque ce sera chez eux.

Alors cet appart, après de longs mois de travaux (eh oui ils ont fait ça avec leurs blanches mains, pas avec l'émission de télé, d'où les délais), est enfin devenu vivable, ce qui a donné lieu à un déménagement en bonne et due forme pas plus tard que le week-end dernier. Autant te dire que chaque fois qu'on se voit, avec ces amis, on s'extasie devant les coïncidences de la vie, c'est un leitmotiv dont on ne se lasse pas. Ça n'a pas manqué, une fois de plus, lors du déménagement.

Et puis, tandis que je descendais l'escalier, chargée d'un des nombreux cartons qui firent le sel de notre journée, voilà-t-y pas que je m'entends interpeler ainsi : Bonjour Ada. Et qui vois-je en me retournant d'un geste pas très élégant ni très souple mais je te rappelle que j'avais dans les bras un carton qui entravait ma liberté de mouvement. Qui vois-je donc ? Nul autre que mon directeur, qui fut, jusqu'à ce jour précis et à l'insu de tous, le voisin de ce même couple d'amis. Là ça devient cosmique. Et je dis avec Bashung ♫ c'est l'heure où je glisse dans les interstices ♫

dimanche 1 juin 2008

Des livres (du mâle) et moi

Je l'avais vu en salle au moment de sa sortie, il y a un an de ça je crois. Et j'avais bien aimé, surtout l'envoûtante Asia Argento. Mais l'idée ne m'était pas venue de lire le bouquin. Éternel débat : la vie est-elle dissociable de l'oeuvre ? ou pas ? En bonne khâgneuse nourrie au lait du Contre Sainte-Beuve, j'ai tendance à dire oui, oui oui, un scélérat peut parfaitement pondre un chef d'oeuvre, confer le voyage au bout de la nuit pour n'en citer qu'un. Bien.

Mais alors je n'aurais pas dû avoir de préventions particulières envers l'auteur qui avait inspiré le film de Catherine Breillat, surnommé le "connétable des lettres" certes, mais, car il y a un mais, aux forts penchants pour l'Ancien régime et, n'ayons pas peur des mots, carrément réactionnaire. Foin du biographisme hein. Mais voilà je ne le lus point.

Et puis, un soir, monamour l'a posé, ce bouquin que je n'avais pas lu, sur la table de nuit. Comme ça. Comme il fait si souvent. Par exemple le mercredi il dit Tiens je t'ai amené le Canard. Et moi j'y lis d'abord le journal de Carla B comme une midinette (eh ouais) avant de passer aux films qu'on peut voir, de rigoler sur les dessins, puis, quand même, je passe aux articles de fond, quand y en a, non parce que là je voudrais pas dire, le dernier en date de Canard, y avait pas grand chose à se mettre sous la dent. Mais bref.

Autre exemple : si on se retrouve à faire 50 bornes à vélo (j'exagère pas) un dimanche ensoleillé, paf, le lendemain il ramène un bouquin sur le canal de l'Ourcq.

Bon et alors ce jour-là, il pose le livre que je n'avais point lu hop. Et même pas parce qu'il était en cours de lecture. Non, lui il l'avait déjà lu. Mais peut-être, va savoir, il lui avait tenu compagnie le temps de quelques pages dans le métro...que sais-je...monamour aime relire par petits bouts, c'est un concept. Moi je dis juste Ah ben tiens j'ai vu le film. Et j'y pense plus.

Les semaines passent. Et le livre reste sur la table de nuit, avec ses camarades qui forment de hautes piles (oui on a une grande table de nuit) car sache pour ta gouverne que monamour aime à sortir de la bibliothèque toutes sortes de volumes qu'il entasse sur cette maintenant fameuse table de nuit, afin d'y picorer à son gré.

Ce jour où il posa le livre eut lieu peu de temps après que je me sois tapé l'intégralité des mémoires de Simone de Beauvoir, il est important de le préciser. Je ne sais pas pourquoi je m'étais lancée dans cette lecture de longue haleine, rien de spécial ne m'y avait poussé, si ce n'est un souvenir d'adolescence vague et plaisant autour des Mémoires d'une jeune fille rangée. Là pour le coup, la vie et l'oeuvre ne font qu'un, pas de souci, même s'il y a beaucoup à dire sur le pacte autobiographique. En tout cas quelle ne fut pas ma surprise d'apprendre juste après qu'on célébrait cette année le centenaire de cette même Simone ! Bon j'exagère évidemment mais je trouvais que pour une coïncidence hein bon...

Et là, y a trois jours, temporairement lassée de Civilization (je dis bien temporairement, j'ai quand même une guerre sur le feu, et pas à l'époque de la guerre du feu hein, bientôt je sors les missiles), je pioche dans la pile le bouquin vu au cinéma mais point lu et je feuillette la préface, où je tombe sur un extrait de la correspondance de l'auteur : Mon amour ressemblait à de l'ivrognerie, écrivait-il à je ne sais plus qui. Déjà c'est un alexandrin. Mais surtout ça me rappelle tellement de gens et tellement d'histoires, à moi arrivées ou à d'autres...comme la madeleine de l'auteur du Contre Sainte-Beuve si tu suis. Alors je me dis allez, je vais le lire.

Si tu n'as pas deviné, je te livre maintenant titre et auteur : Une vieille maîtresse de Jules Barbey d'Aurevilly. Oui c'est pas mal, j'arrive à la fin et je n'ai pas lâché, y a du bon et du très bon là dedans, même si parfois trop exalté à mon goût. Mais là où je suis à nouveau toute bouleversée de ces coïncidences de la vie (en d'autres termes, sur le cul), c'est que j'apprend aujourd'hui, depuis mon taff où je lis le journal, que cette année nous célébrons le bicentenaire de la naissance de Jules...Dingue ! Je sais pas quel grand écrivain nous a fait l'honneur de sa naissance en 1708 mais qu'il se tienne paré à toute éventualité.

mercredi 28 mai 2008

Mot mot motus

Si ça se trouve la semaine prochaine je passe dans le quartier. Pour l'instant j'ai pas le temps.

Acheter des pompes déjà. Les miennes sont plus étanches et vu comment c'est barré dans les couches supérieures, c'est pas demain la veille que je me balade en tongs. Je signale que si le soleil fait pas un effort, mon bronzage s'en ressentira. J'ai pas le temps météorologique donc.

Mais j'ai pas le temps chronologique non plus. Depuis des éternités le Chanteur veut qu'on refasse un Scrabble. Je cite texto : Coucou...Alors et mon SCRABL...?! Si tu veux, la bonne excuse ce serait Ouais mais si c'est pour me ridiculiser une fois de plus (champion du monde le gars) (oui d'accord, champion de mon petit monde, mais je te signale que c'est suffisant pour perdre), si c'est pour me ridiculiser une fois de plus (non parce que quand même je me défends en jeu de mots, et lui il est loin devant, comme quoi c'est un champion je te dis) autant boire une pinte et on n'en parle plus. Même une pinte j'ai pas le temps.

Pourtant je pourrais faire d'une pierre deux coups (et pas que deux coups à boire, on va pas revenir sur la polysémie du terme) (tu me l'enlèves de la bouche) (à mots couverts n'est-ce pas pour rester tout à fait safe) (et ne me fais pas dire ce que j'ai pas dit) et ce en passant voir le charmant charmeur chilien qui s'est mis à lire le livre qu'il veut m'offrir. Je cite texto toujours : Coucou ! Jme suis mis a lire ton kdo ojourd'hui. Kan éskonsvoa ke je te le donne ?! Tu te rends compte qu'un cadeau plein de mots m'attend et que je suis pas foutue d'aller le chercher ?

Mais voilà je suis en pleine guerre contre les barbares et ça n'a pas été simple hier d'affronter tous ces archers montés retranchés dans la Mecque. Sans compter que le peuple se révoltait et voulait à tout prix que je lui construise un colisée. Non mais je te jure. Alors que franchement fallait avant tout que je protège mes mines de fer et mes chevaux pour continuer l'armement. Attends un peu qu'on sorte de l'Antiquité et tu vas voir les fusiliers que je vais produire. Je voudrais pas dire mais c'est toute une civilisation qui est en jeu là, et je pèse mes mots.

lundi 19 mai 2008

"Soufffe qu'à mes transports je m'abandonne en proie"

Donc je fuis.

Le week-end aurait pu bien mal commencer. Par ma faute en plus. Disons que c'était pas une bonne idée de dégainer le téléphone vibrant à l'arrière du scooter. Et quand il m'a échappé des mains et que j'ai crié "mon portaaaaaable !", j'ai pas pris conscience tout de suite qu'au lieu de finir sur la chaussée, il aurait pu exploser le pare-brise du véhicule qui nous suivait, provoquer un carambolage, des morts et du sang. Non, sur le moment, je l'ai juste imaginé écrabouillé par les pneus impitoyables de la circulation parisienne. Comme quoi je pense d'abord à ma gueule. Et y a de la chance que pour les crapules : il était intact et opérationnel. Sur ce la loi du karma s'est emmêlé les chakras : 24 heures plus tard, monamour dépose un message vocal dans le rescapé pour m'annoncer le décès du sien...Va comprendre.

Ensuite nous sommes passés dans un véhicule à quatre roues, tellement tout confort que t'as l'impression d'être allongé même quand t'es assis. À part le déluge qui s'est abattu sur nous aux environs de je ne sais où, nous obligeant à faire du 50 à l'heure sur l'autoroute, tout s'est bien passé jusqu'à ce qu'on entre dans ce bled et que deux flics juvéniles nous demandent de nous ranger. Non mais même là ça s'est bien passé en fait. Ils ont demandé au conducteur s'il avait consommé de l'alcool. Celui-ci répondant par la négative, ils ont insisté : Sûr sûr ? Certain. Alors vous pouvez y aller. Les flics sont pas contrariants de nos jours. Bon il se trouve que le conducteur était effectivement en règle mais tu peux me dire à quoi ça sert de poser la question ? Soit tu vérifies, soit tu vérifies pas, c'est tout.

Il était minuit quand on est arrivé à la maison de campagne près de l'église et du cimetière. On a choisi chacun sa chambre. Ça donnait envie qu'un meurtre soit commis, comme dans le Cluedo tu sais, mais comme on n'était que trois, l'assassin était grillé d'avance, dommage.

Le lendemain, on the road again, des champs à perte de vue. Du vert, du plat et des vaches. Et puis soudain à l'horizon tu vois surgir une belle bouse. Mais énorme la bouse. Une bouse pour le livre des records genre, qui aurait nécessité la contribution de tous les ruminants de la région. Énorme et vachement pointue. Eh ben c'est le Mont Saint Michel dis donc. Les mouches à merde sont bien là, camouflées en boutiques à touristes, mais sinon ça va.

Alors manger des huîtres à Cancale et mourir parce qu'elles sont pas fraîches ? Non. Manger des galettes à Saint-Malo et marcher sur la plage parce que le tombeau de Chateaubriand est inaccessible, marée haute oblige.

Pour le dernier jour on a décidé d'aller se balader dans les champs autour de la maison. Histoire de se crotter un peu quoi. Et là, comme on voulait pas non plus faire le grand tour, on a traversé la voie ferrée, à l'aller et au retour. Et la vieille conne qui habite ce qui fut le logement du garde-barrière quand il existait nous a pas loupé. D'abord elle nous dévisage de loin comme si on était un truc nuisible tu vois. Nous ça nous énerve. Du coup on dit Bonjour. Bon j'avoue, peut-être on aurait pas dû. Parce que ça lui a fait comme un déclic à la mégère : Et alors ? c'est les Champs-Élysées ? (je veux bien qu'on fasse pas trop couleur locale mais de là à nous cataloguer Parisiens direct, ça s'appelle du délit de sale gueule hein mamie) C'est interdit de marcher là (ouais ben on sait, on n'est pas que con) et si j'appellais les flics hein ? (attends j'ai peur). C'est pas l'envie qui nous a manqué de lui répliquer qu'on nous avait signalé une vieille conne sur la voie et qu'on venait constater. Mais bon. Moi ce week-end m'a transportée et c'est déjà pas mal.

mardi 13 mai 2008

Gratuit sans obligation d'achat

T'es déjà allé au Parc des expositions ? Très sympa, vraiment.

Déjà le chemin est verdoyant. Coincé dans le RER entre deux valises destinées à une quelconque soute en partance pour le bout du monde, pas besoin d'être jaloux, il fait beau, tu te croirais en route pour une partie de campagne. À l'arrivée tu es très bien accueilli par les panneaux d'orientation, faudrait quand même pas que tu planches (d'anatomie) sur le concours des premières années de médecine, ils te prendraient pour le cobaye à disséquer avec tes 84 ans. Oublie pas que t'es venu ton Gaffiot sous le bras.

Alors le hall 3, il est, comment te dire, grand oui. Grand et glacial. T'as beau être 3 millions là-dedans, ça réchauffe pas. Les minettes qui, par le soleil alléchées, arborent sandalettes et mini-jupettes, je t'assure qu'elles regrettent. On se pèle le cul quoi merde. Principe de la sélection naturelle. Si tu peux te concentrer dans un frigidaire, alors t'as tes chances.

Enfin bon, t'as tes chances c'est vite dit. Moi par exemple, sans vouloir m'abriter derrière des soucis de vie mortelle (ce qui, tu me l'accorderas néanmoins, est une excellente raison pour n'avoir pas eu le coeur à potasser), Pline le Jeune, tu vois, qui nous causait comme quoi sa meuf elle déchire, ben ça m'a pas bien inspirée. C't'-à-dire aussi que par moment j'avais des doutes sur mon rosa-rosa-rosam, alors j'étais pas rendue hein.

Quand vient la pause déjeuner, tu seras bien avisé d'aller aux toilettes en période creuse, sinon t'auras pas trop le temps de manger. Non mais t'inquiète, je me suis posée au soleil, j'ai bronzé tranquillou et puis back to hall three.

Au programme de l'après-midi : note de synthèse. Ça c'est gentil de leur part. Délicate attention. Ben ouais, parce que la note de synthèse tu peux débarquer les mains dans les poches, les pieds sous la table, tout est fourni. Y a qu'à piocher par-ci par-là pour construire un truc qui se tient à peu près. Censure et pornographie, vlà le thème. On a vu pire.

Après tu rentres chez toi et j'espère pour toi que tu partages un bon dîner avec tonamour et que vous parvenez à parler de ces soucis de vie mortelle dans le calme, le soutien et la tendresse (ouais ben au début c'était pas gagné, on progresse).

Et puis le lendemain rebelote. Ah oui ça demande une certaine endurance c't'affaire. Clou du spectacle : la composition. T'as cinq heures devant toi pour étaler ta culture. Générale si possible. Ben voilà, j'en suis là actuellement, en plein dedans. Et laisse-moi te dire que je les fais flipper, mes concurrents, à gratter mes feuilles de brouillon comme si le feu sacré de l'inspiration s'était saisi de moi en une transe passionnée. Alors qu'en fait, mais ils l'ignorent, si ça se trouve je vais rendre copie blanche.

jeudi 24 avril 2008

♫ J'ai des doutes sur la notion de longévité...sur la remise à flot de la crème renversée ♫

Mais jusqu'où irais-je ? jusqu'où ?

Vlà t-y pas que je fais du footing maintenant...Des choses à évacuer peut-être mmmh ?

Ouais. Principalement du goudron en plaques j'imagine, avec ardent volontariat pour une ablation immédiate des poumons. Disons qu'au moment où je m'arrête, ça donne à peu près Hé bé hh hh hh (onomatopées de l'essoufflement) si j'en cof cof cof (onomatopées de la toux) si j'en avais hh hh pas autant cof cof besoin arrrgrr (onomatopée du raclement de gorge) cof cof cof cof de ces hh hh hh putains de poumons arrrgrr j'm'en séhhparerais volontiers cof cof grr...

Sinon les cuisses ça va hein, je fais les étirements comme il faut, même pas mal.

Tours de lac...ben oui c'est la règle, je tourne autour du lac...en rond, c'est pas faux. En plus ça te permet de te repérer de façon spatio-temporelle. Par exemple : si tu croises le mec en short rouge toujours devant le saule pleureur et si t'as l'impression que le mec en short rouge court vite, alors tu cours au même rythme que le mec en short rouge et donc tu cours vite. Sauf si le mec en short rouge ne court pas vite. Auquel cas toi non plus. Mais il se peut aussi que le mec en short rouge courre vraiment très très vite et que toi tu sois immobile, c'est possible.

Eh oui c'est pas facile tous les jours. Comme dirait je sais plus qui, la vie c'est dur et puis tu meurs. Alors quoi l'éternité ? T'imagines un peu : la vie c'est dur et puis tu meurs pas ? Pitié. Plutôt crever ah aha.

Non mais à part entretenir la machine et se défouler de toutes ces choses qui t'encombrent pas que les poumons, y a quand même, faut pas se mentir, la peur. Memento mori hein. Et en attendant faut bien vivre. Voire mieux : vivre bien. Mais le mieux est l'ennemi du bien, je sais pas trop comment on va s'en sortir...

Comme dit Michel (là je sais que c'est Michel, c'est pourquoi je le précise) Un poète mort n'écrit plus. D'où l'importance de rester vivant. Mais bon je m'égare non ? Vu que si t'es pas poète, ça marche pas son truc. Disons que ça n'a pas d'importance, poète ou mousquetaire de la distribution, on s'en fout, la seule importance, la vraie, c'est rester vivant. Je dis ça parce que souvent quand les gens meurent, bon déjà c'est pas très sympa de leur part je trouve, surtout quand ils mettent longtemps, c'est assez fatigant, en plus ça te met face à tes ambivalences, à savoir : oh non je veux pas qu'il meure...mais oh là là quand est-ce qu'il se décide à mourir, ça devient lourd là cette agonie qui n'en finit plus...C'est ça l'ambivalence tu vois, vouloir un truc et son contraire. Et quand ton ambivalence elle te porte à souhaiter la mort de quelqu'un, ben c'est...normal. Eh oui. Par contre ça se gère assez difficilement.

Et là je sais plus du tout où j'en suis...

Ouais, rester vivant, c'est ça. Mais pas tellement les autres hein. Surtout toi. Disons que quand quelqu'un meurt, ça fait de la peine, c'est sûr (le pire advenant quelques mois après la mort, quand tu prends conscience du manque. Je pense que je ne t'apprends rien), ça te fait de la peine mais aussi, et c'est là que je voulais en venir, ça te fait peur, parce que, à force, tu te dis que la mort ça n'arrive pas qu'aux autres.

Du coup tu fais du footing. Enfin je crois.



À propos de prisons, tu as quartier libre jusqu'au 13 mai. Eh ouais. C'est la mer allée avec le soleil (attention, ici il ne s'agit pas de Michel, mais d'Arthur, poète mort de son état). T'inquiète je reviendrai bronzée.

mardi 15 avril 2008

Fuck off

Collègue 1 : Ah Ada, tu es de retour, tu nous as manqué hier.

Comment se fait-il que, tandis que je lui souris gentiment, je pense très fort : EH BEN C'EST PAS RÉCIPROQUE.

Collègue 2 : Ah Ada, t'es bien coiffée aujourd'hui.

Comment se fait-il que, tandis que je lui souris gentiment, je pense très fort : COMMENT ÇA AUJOURD'HUI ?

Collègue 3 : Dis Ada, tu ferais quoi, perchée sur l'Himalaya, par rapport au cannibalisme ?

Comment se fait-il que, tandis que je lui souris gentiment en faisant semblant de m'intéresser à la question, je pense très fort : OH TOI J'AURAIS AUCUN SCRUPULE À TE BOUFFER, MEME VIVANTE ?

Collègue 1 est hystérique, égocentrique, logorrhéique. Ça ne se voit pas forcément dans l'exemple choisi mais méfie-toi, il s'agit simplement d'une feinte pour se répandre voluptueusement dans le récit de tout ce que j'ai raté en ne venant pas la veille.

Collègue 2 est alcoolique. Et soule au moment où elle tourne si joliment son compliment.

Collègue 3 est raciste. Enfin, je voudrais pas trop m'avancer, mais quand je l'entends dire : moi ma fille, tout ce qu'elle veut mais qu'elle me ramène pas un Noir...ben j'en déduis qu'elle est raciste. Mais je juge peut-être hâtivement hein...

Quand tu sais qu'actuellement ces trois spécimens rares d'une humanité à devenir chèvre sont dans MON bureau...la question du comment se fait-ce devient tout de suite assez superflue.

La vraie question c'est : jusqu'à quand vais-je contenir ce que j'ai vraiment envie de leur répliquer, sans souci de la diplomatie ni de l'entente cordiale ?

Car s'il n'y avait que ça...

Mais non, il faut encore qu'une lente et douloureuse agonie (d'un être cher tant qu'à faire, on est quand même là pour rigoler) engendre quelques dégâts collatéraux au sein de mon couple.

Autant te dire que des vacances j'en prendrais bien là tout de suite.

En attendant, je vais me procurer un substitut et ce, dès ce soir : champagne et foie gras. Que la fête commence !


lundi 7 avril 2008

♫ Et Dieu créa la flemme ♫

Pendant que la flamme olympique traverse le sud de la capitale française, je me demande si j'ai pas perdu la mienne de flamme. À moins que ce soit juste de la flemme, faut voir...

Bon ben tu dis si ça fonctionne ou pas hein, n'hésite pas, ça changera rien, ah aha.

Donc là pour faire genre actualité engagée, normalement t'as un petit extrait d'une chanson sur le Tibet, par nos amis de LSD.

Paroles :

Là-bas tu peux voir des moines à cheval

Qui descendent la rue pricipale

Et tous les voyous de l'Amdo

Qui jouent au billard dans la boue

Ils en veulent pas après tes sous

Car tout c'qu'ils veulent, c'est qu'tu leur donnes

Des photos du Dalaï-Lama, leur chef incontesté

Y a des pays comme ça où les gens ont appris

À faire flotter très haut d'invisibles drapeaux

Flotter très haut d'invisibles drapeaux

Et même quand leurs grands monastères sont réduits en poussière

Ils continuent à faire tourner leurs moulins à prières

Car ils savent que tôt ou tard la victoire c'est pour eux

Extrait.

Et puis de l'image animée en la personne d 'un clip des mêmes, avec des couleurs trop belles et de l'effet spécial à gogo. Attention les mirettes !



jeudi 27 mars 2008

Et maintenant ?

Tu vois quoi ? T'entends quoi ?

mardi 25 mars 2008

Veni sed nihil vidi

Bon les enfants on se recentre.

C'est quoi cette histoire de vidéo invisible ?

Je vous propose qu'on mène l'enquête comme dans les films américains, en mettant une ardoise au mur pour lister toutes les hypothèses et avancer dans la réflexion.

Alors voilà, je pose l'ardoise et j'inscris à titre indicatif : "Affaire de la vidéo que personne il peut la voir".

Le premier témoin, j'ai nommé Aurélia, a déclaré : "Je n'arrive pas à voir la première vidéo, il y a un truc qui cloche au niveau du plugin. Je vais me petitsuissider."

Ce à quoi The Dekk ajoute : "Ha ben pareil".

Au-delà du fait que je sais pas ce que c'est qu'un pudding, ce qui me renvoie à mon grand âge de mamie pas en phase avec son temps, je m'inquiète de cette vague de petitsuisside qui pourrait toucher mes lecteurs, déjà qu'il y a pas foule hein.

Pour finir Yelka renchérit : "Tout pareil la même chose...Je visionne pas la preum's..."

Non mais s'il vous plaît, allez pas tous mourir.

Se dégage de ces dépositions un consensus certain que je note au tableau : on n'arrive pas à voir la première vidéo.

Et ça, ça va pas parce que ça sert à quoi que je me décarcasse si vous en profitez pas ?

Mais poursuivons gaiement les investigations. Il est à noter que nos témoins parlent d'une première vidéo. J'entoure le mot première au feutre rouge. Et là il va falloir s'entendre sur les termes. Deux possibilités non exclusives se présentent (je fais deux flèches)

--> Soit le terme première est employé dans le sens "grande première", inauguration de la modernité.

--> Soit il est employé dans le sens ordre dans une suite, à savoir : on voit pas la première mais on voit la deuxième.

Alors de deux choses l'une (je fais une accolade {), il s'agit de la première vidéo que je poste sur ce blog (et vu la réussite ça pourrait bien être la dernière hein) certes, mais, attention pause dramatique, on retient son souffle : il s'agit aussi de la seule, l'unique, zi only ouane. Eh ouais.

Déduction : il y a un truc qui cloche (tu me diras, à Pâques...).

Conclusion : mais je vois pas lequel. Ben oui oh c'est ça le problème on te dit. Sauf que moi je la vois (et même je l'entends, la vidéo). Mais c'est une expression je vois pas, tu vois quoi.

Bon, qu'on me donne la recette du pudding.

mercredi 19 mars 2008

♫ It's not really work, it's just the power to charm, I'm still standing in the wind, but I never wave bye bye ♫

Non mais tu sais pas quoi ? Je me suis vue dans le film. Dingue !

Ouais bon tu vas encore dire que je retarde de trois guerres, faudrait changer de disque un peu et puis oublie pas que j'ai 84 ans mon petit. Je veux dire y a pas si longtemps j'avais pas le téléphone (ni fixe ni pas fixe) et le jour où j'ai découvert le répondeur, mes amis étaient tellement sous le choc qu'ils laissaient pas de message ou alors : ................(long silence de surprise) (puis) oh mais t'as un répondeur ? (et hop ça raccrochait) Mes amis sont cons qu'est-ce que tu veux, à chacun selon son mérite. Mais attends, ça fait un bail hein, au moins six-sept ans...Depuis je me suis mise à la carte bancaire et tout. Un bond dans la modernité tu crois quoi.

Et là, y en a un qui sort son APN (appareil photo numérique) (oui ben quoi, quand on est un peu dur de la feuille, on a vite fait de confondre avec le test là pour voir si t'as tes papiers). Alors je te préviens, quand l'APN fait son apparition, y en a déjà au moins la moitié qui se met direct en apnée pour faire bonne mesure. Et vas-y que ça se défile dans les coins. Pas moi non, vu que je sais pas ce que c'est.

Après tu passes à la séance visionnage. Bon là ça fait très très peur. Comme les films d'horreur. Tu mets tes mains devant tes yeux et tu regardes à travers tes doigts...Bon ben faut que je te dise que la voix, ça va pas du tout. Je sais pas qui m'a doublée mais franchement d'où qu'elle sort cette voix de fillette ? Comment ça toi tu la reconnais très bien ma voix ? Par contre c'est qui la beauté fatale là ? (je caricature, t'affole pas), oui elle, elle a l'air vachement sympa c'te fille...Ah elle s'appelle Narcisse ? t'es sûr ? Mais c'est que je me plairais presque dis donc j'en reviens pas...L'analyste a dit : il ne faut pas avoir peur de le dire. Et ben voilà, c'est dit, je remonte dans mon estime.

Alors pour fêter ça de façon moderne, je te mets les Modern Lovers et leur Roadrunner, en image fixe certes mais avec du son.

jeudi 6 mars 2008

"Émoi, émoi, émoi" dixit Miss. Tic

Oui bon d'accord c'est vrai, ça faisait un bout de temps que j'en avais pas vu des bébés. Du coup j'ai été surprise, à la maternité, en souhaitant la bienvenue à Bienvenue (non, évidemment elle s'appelle pas Bienvenue. Pourtant dans la quête effrénée du prénom pas courant (tu sais cette quête qui fait que les historiens du futur croiront qu'à notre époque tous les garçons s'appelaient Oscar. Ou Enzo), sans être spécialiste, Bienvenue ça se pose là), j'ai été surprise de constater à quel point c'est petit ces jeunes mammifères. Ça te tient dans la main dis donc. Et pas lourd avec ça. (Eh oui je découvre la vie).

Je pouvais donc penser à bon droit Ça, c'est fait (non bien sûr, je suis pas la maman de Bienvenue...Non mais enfin tu crois pas que je t'aurais prévenu si j'attendais un enfant ? Et viens pas me demander quand est-ce que je me décide parce que j'en sais rien)...ça c'est fait, passons à autre chose, allons par exemple dîner au resto corse. Cependant, alors que j'hésite entre la planche de fromage-confiture de figues et les trucs à la brousse, voilà ty pas qu'on me fait un enfant dans le dos (non, monamour n'a pas adopté un poisson rouge) : on me refile un bébé. Autrement dit on m'a taguée (Eh oui j'enrichis mon vocabulaire)

C'est à la demande de Yelka (il est important de le signaler) que je vais donc t'exposer le règlement de l'affaire (pourquoi pas en trois fois sans frais...Sans frais de recherche de sujet à exploiter, je veux dire. Parce que si j'étale ça sur trois posts, ça alimente le blog à bon compte, ben oui qu'est-ce que tu crois, tactique trop stratégique. Mais Aurélia le fait déjà très bien (eh oh c'est elle qui l'a dit hein, je critique pas, j'adore les chiens) (à la vapeur), règlement qui stipule aussi que je dois mentionner six choses / habitudes / tics non importants sur moi-même (déjà ça commence mal, je comprends rien : c'est six choses plus six habitudes plus six tics ? auquel cas ça nous fait 18 mentions. Ou c'est au choix ? On peut faire un panachage ? Oui je fais exprès. Mais quand même, sans alourdir outre mesure, six choses hein, c'est vague...Et faudrait voir à pas confondre tic et habitude. Et puis pas importantes, aux yeux de qui ?). Ensuite je dois à mon tour taguer six personnes à la fin de mon billet en mettant leurs liens (ça n'est rien d'autre qu'une vaste opération publicitaire, mon pauvre ami, on est bien peu de chose). Pour finir j'irai avertir les personnes concernées par une petite interpellation sur leurs blogs.

Quand je pense qu'au départ j'avais dans l'idée de te raconter la meilleure façon de faire l'amour discrètement quand tu héberges quelqu'un dans ton salon...Tant pis hein.

Je tombe la veste dans les rames de métro. Toujours. Même, et d'autant plus, si c'est opération sardines, car il y fait encore plus chaud. Je ne comprends pas qu'on reste avec ses gants, son écharpe et tout le bataclan, surtout s'il fait froid dehors, c'est le meilleur moyen d'attraper la crève en sortant. Et pour deux stations ? sachant que le temps de se dévêtir, il est déjà l'heure de se rhabiller ? Non, là non. Et tu sais pourquoi ? Parce que je ne prends pas le métro pour deux stations (si seule une cloison relativement mince te sépare de ton hôte, il convient de procéder à un strip-tease lascif, après avoir convenu d'un thème musical que chacun des deux partenaires fredonnera dans sa tête).

Dans l'ascenseur, si je suis seule, je vérifie ma coiffure dans le miroir. Si je suis avec monamour, je pose ma tête sur son épaule, il penche sa tête sur ma tête et nous faisons au miroir un sourire béat d'imbéciles heureux en essayant de ne pas éclater de rire. Si je suis avec la gardienne je dis Le fond de l'air est frais (pour un plaisir des yeux loin des oreilles indiscrètes, on pourra alors contempler la nudité de son partenaire).

J'utilise le même shampooing aux herbes depuis le début de mon adolescence (non en fait j'en ai racheté depuis) (ah aha que d'humour, c'est pas croyable), car un jour un dermato m'a dit que c'était le meilleur et je l'ai cru (un massage réciproque et des caresses a gogo sont maintenant de circonstance).

J'achète mes cigarettes en paquets souples. Au départ parce que ça rentrait mieux dans la poche arrière du jean. Aujourd'hui parce que ça rentre parfaitement dans l'étui (oui rentrer dans l'étui...Quelle abondance de double sens nous présente la langue française, si c'est pas merveilleux. En outre souplesse est le maître-mot de ces ébats, car un coup de pied malencontreux dans la lampe de chevet pourrait éveiller l'attention de l'hôte qui a depuis longtemps fini de se brosser les dents).

Je prépare soigneusement l'argent pour l'analyste en le mettant dans la poche de ma veste ou de mon pantalon, je n'aime pas farfouiller dans mon portefeuille à la fin de la séance. Est-ce à dire qu'après avoir vidé mon sac sur le divan, je préfère payer avec de l'argent de poche ? (bon là je t'avoue que je vois pas bien le lien que je pourrais faire avec la scène de sexe, vu que c'est un acte on ne peut plus gratuit, on t'a déjà dit que les bébés c'est pas maintenant. Ou alors un truc avec la langue dans la poche...Ouais enfin en l'état actuel des choses, il vaut mieux mettre ses doigts dans la bouche de son partenaire, ça l'empêchera d'exprimer sa joie de façon trop publique).

J'arrive en retard au boulot. Des fois de pas grand-chose, des fois d'une demi-journée. Mais bizarrement (sauf exception exceptionnelle) il n'y a qu'au taf que j'arrive à la bourre (oui bon, point trop de vulgarité je te prie, en plus fais gaffe je crois que le sommier a grincé).

À présent je demande les contributions de The Dekk (je sais pas s'il a encore mangé un yahourt périmé ou quoi...), Nono (bon là je sais que je rêve, et alors ? l'espoir fait vivre), Bob (qui a récemment eu un sursaut)...si ça peut contribuer à remettre la machine en branle, tout le plaisir serait pour moi. Mais aussi celles de Dragibus (il me met des mauvaises notes en m'en faisant écouter de belles), l'Amazone (qui fait du ski en Russie) et pour finir Lui dont je ne connais pas le nom (et qu'on ne me dise pas qu'il l'a déjà fait, c'est pas le même d'abord).

Si tu entends ton hôte tousser, t'affole pas, tu vois comment t'es, tout de suite tu dramatises, si ça se trouve il a juste un chat dans la gorge.

lundi 25 février 2008

♫ J'ai bu la tasse tchin tchin ♫

Bon ça y est, j'ai cinq minutes. Viens par là que je te cause.

Tout a commencé un pas beau jour (et sûrement pas une nuit vu que les magasins sont fermés), de l'an de disgrâce 2006. Quelques temps après que monamour m'ait livré le fruit de sa réflexion consécutive à une semaine de break. À savoir : "Je veux qu'on continue à pas se voir". Ce qui est pas mal original comme formulation de rupture, le divan de l'analyste en a fait ses choux gras, je te prie de me croire.

Et donc, suite à ce cataclysme sentimental que quand même j'en ai pas mal souffert hein (parce qu'en plus à l'époque je savais pas que ça se finirait bien et qu'on vivrait heureux dans le futur et tout ça, j'avais oublié de lire mon horoscope), eh ben je me sentais comme qui dirait moche. À vrai dire, y avait pas que moi que je trouvais moche. Rien ne trouvait grâce à mes yeux, la vie elle était trop pourrie, insipide et sans aucun sens.

Alors c'est vrai qu'au bout d'un moment, j'avais fini par émerger du terrier où je me cachais pour panser mes plaies comme un animal blessé que j'étais, et même j'avais recommencé à sortir, à tel point que j'avais comme qui dirait un amant, non parce que l'amour je te rappelle que ça valait plus grand chose mais le sexe bon pourquoi pas...Ainsi j'avais un amant (Canada Dry de son surnom), ce qui contribue un peu à se sentir moins moche, mais pas trop non plus.

Dans l'optique de poursuivre cette entreprise de reprise du poil de bête, un jour plutôt moche, et sûrement pas une nuit je te répète, je me suis dit bon ma fille c'est pas tout ça, faut se remuer, le show il must go on, achète-toi un maillot de piscine.

Et un bonnet tant qu'à faire. Comme ça t'auras la panoplie complète pour t'intégrer à l'équipe de copines sportives et tu prendras soin de ton corps, et tu t'aimeras plus mieux. Oui, naïve que j'étais, je faisais confiance aux copines, et elles, les pauvres, elles me faisaient confiance...On croyait à l'esprit d'émulation, on se disait que sur trois que nous étions, ce serait bien le diable s'il ne s'en trouvait pas toujours une pour remuer les autres.

Eh bien ce fut le diable. Le diable de la flemme. Le diable de ouais mais bon y a apéro chez Machin. Le diable de non mais attends, faut ab-so-lu-ment que j'aille à la laverie, j'ai plus rien à me mettre. Le diable de ah non je peux pas, je suis pas épilée pile-poil -ah aha...Si tu veux bien compter, cela faisait donc deux ans que le maillot, il traînait en bas du placard, avec le ticket de caisse dans le sac plastique.

Sauf qu'entretemps, c'était plus le même placard parce que j'ai déménagé, eh oui, j'ai déménagé pour emménager avec monamour qui plus est, que la vie est belle, que tout le monde il est beau et il est gentil, et moi aussi.

Eh ben pourtant maintenant je vais à la piscine. Faut pas chercher.

mercredi 20 février 2008

"Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?"

Je ne sais pas si t'es un peu creusé la cervelle à propos des SMS du charmant charmeur chilien mais moi oui. Genre tapoter sur Google pour voir s'il s'agissait pas d'une citation connue, j'avoue j'ai fait et ça n'a rien donné. Et ma culture livresque n'a pas suffi à deviner. Heureusement le fin mot de l'histoire est arrivé en la personne d'un nouveau SMS que je te livre sans plus de détour.

Coucou ! Ø fait le texte ke jtavais env en 3 parties était de Kafka extrait d'un ptit bouquin ke je compte t'offrir. J'attendais une réaction...Ah ben voilà, ça paraît évident une fois qu'on sait hein ? Mais je te rappelle qu'on connaît toujours pas le titre du bouquin...Les lettres à Milena peut-être ? Quel suspens j'te jure...

Jvoi kjté loupé hier...O fèt jmet plus lé pieds o nouveau bar. Jprendrai toi et un verre avec plaisir ! Oui car la veille j'étais de passage dans le quartier, avec mon pote et ma copine du quartier. Et même le gars à la guitare a fait une apparition inopinée et non désirée (par moi du moins) qui a heureusement eu le mérite d'être courte...apparition que j'aurais bien troquée contre celle du charmant, mais non. Bon. Là où je voulais en venir c'est : non mais putain t'as vu comment il est stylé ce SMS ? "Je prendrais toi et un verre", tu sais que c'est carrément une figure de style le truc ? et tu sais comment ça s'appelle comme figure de style ? Un zeugma. Y en qui te diront que c'est plutôt une anacoluthe, moi je te dis que c'est un zeugma et puis c'est tout. Tu peux applaudir bien fort le charmant pour la beauté du geste, et moi pour l'analyse du texte, et si tu veux t'entraîner à reconnaître les figures stylées de notre riche rhétorique, je te conseille la pub, c'est pas mal, parce que ah que veux-tu, tout le monde n'a pas la chance d'avoir un charmant charmeur chilien qui lui envoie des SMS, et toi t'en as pas, dommaaaaaage...

Oh ça va hein, on peut rigoler. En plus t'as vu, je suis sympa quand même, je partage. Alors la suite. Alohaaa ! On pe svoir ojourd'hui stv ?! C'est à partir de ce SMS que j'ai commencé à répondre. Comme je ne conserve pas les miens propres (oui bon tu m'as très bien compris. Tu vois comment t'es ? j'essaye d'éviter les lourdeurs afférentes aux répétitions et toi, tout de suite, tu t'engouffres dans la brèche), je ne peux pas te les citer texto. De mémoire il était question d'impossibilité pour cause, entre autres, de crève, mais que cela dit, malgré sa sombreur (si, ça existe), Kakfa est un auteur que j'aime beaucoup (oui ben quoi ? je suis pas hyper calée en SMS moi, je fais dans l'informatif).

Jété sur ktaller aimer ! Jé très envie dte voir ! Sors té microbes ö soleil ! Oui mais là non pas tout de suite, étant donné que je m'étais chopé une bonne fièvre suite, je pense, à un voyage en scooter (non je conduisais pas), sous des températures négatives peu compatibles avec un taux d'alcoolémie plutôt positif...Au réveil t'hésites entre la crève et la gueule de bois mais la fièvre t'ôte d'un doute. Donc non, pas de sortie, je suis une limace souffrante à la température ardente. Mais je lui dis quand même que je lui fais avec les mains ce que je peux pas lui faire avec la bouche pour pas le contaminer (des bisous quoi oh). Hummm...répond-il. Bip moi déktutsens mieux ! Jte fais pleins dbizoux doux avec ma bouche moi ! Deux SMS c'est fatigant quand t'as 39, alors je me rendors et je fais des rêves érotiques, c'est malin.

Le lendemain : Tchaö kö ! Alors, te sens tu prête à partager tes ptis microbes ?! J'ai pas répondu parce que j'avais piscine. Non mais piscine piscine. En vrai. Je vais à la piscine en vrai. Je répète parce que t'as pas l'air de te rendre compte. Bon bref je te raconterai quand j'aurais cinq minutes.

Et aujourd'hui : Coucou ! Komen allez vous toi & té ptis microbes ?! A défö d'être "l'homme de ta vie", jéspère être celui dtes envies ! Là ça a fait tilt. Doublement tilt même. D'abord, je pense que tu seras d'accord avec moi pour dire qu'il s'agit d'une paronomase. L'homme de ta vie, celui de tes envies. Paronomase. Évidemment. Le second tilt c'est pour les guillemets. Par cette citation, il fait visiblement allusion à quelque chose que j'aurais dit quelque part, tu suis ? Et moi depuis quelques temps, je m'interrogeais sur la provenance d'un certain visiteur à la requête identiquement répétée, tu suis toujours ? D'où ma réponse : Hey ! c'est toi qui tapes "charmant charmeur chilien" sur Google !?

Et lui : Oui chéé moaaa ! Alors onsvoa ?!

lundi 11 février 2008

"Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ?"

De temps en temps, à intervalles irréguliers, le charmant charmeur chilien prend des nouvelles. Jpense a toi...Et ö ptit pingouin, jespère ke vous allez bien...Je lui réponds. Ou pas. Ça dépend. Mais c'est agréable, ce fil ténu qui nous lie, nous relie, oh le joli fil entre nos coeurs passé (c'est la fête à Alain en ce moment hein). Non parce que bon, les ex on a dit non mais ça empêche pas de s'intéresser à leur sort (oui je sais, je m'enfonce, je dis plus rien) (tiens d'ailleurs figure-toi que j'ai bu des coups avec l'Écrivain récemment) (mais là c'est pas pareil, je le considère pas comme un ex lui, ça n'a rien à voir). Bref. En général ça se limite à quelques mots tels l'exemple ci-dessus cité. Tu vois quoi, rien de bien méchant. Au contraire.

Et puis la semaine dernière, vlà ty pas que je reçois pas moins de trois SMS à la queue leu leu, oui trois, parfaitement, ci-après numérotés de 1 à 3 afin que les choses soient claires. Et nettes.

1)...Abandonnés, nous le sommes, certes, comme des enfants égarés dans la forêt. Alors comme ça, d'entrée de jeu, ça fait penser au Petit Poucet, le fameux conte de Charles Perrault. Ben oui hein, perdus dans la forêt, a priori, dans la culture un peu commune et quasi universelle, t'associes au Petit Poucet...Tu vas quand même pas me dire que tu penses d'abord au Blair Witch Project ? Ah j'te jure...Bon, poursuivons dans l'analyse. Tonalité sombre, t'admettras. La forêt c'est toujours menaçant comme symbole, le lieu de tous les dangers, où la lumière est absente, au même titre que l'espoir. Sans oublier la notion centrale : à savoir le fait d'être complètement paumé, genre mais dans quel monde on vit ? et où tout cela va-t-il nous mener, dépourvus que nous sommes du moindre repère ? Pour synthétiser c'est pas la teuf (oui je sais, j'ai un esprit de synthèse très développé).

2) Quand tu es devant moi et que tu me regardes, que sais-tu des souffrances qui sont en moi et que sais-je des tiennes ? Ah tu vois, qu'est-ce que je te disais ? Souffrance, maintenant. Et interrogation métaphysique. Car finalement, hein, que peut-on vraiment connaître de l'autre ? Sous-entendu : rien. Mais c'est vrai que c'est pas en se dévisageant qu'on risque d'y arriver, vu que l'habit ne fait pas le moine je te rappelle.

3) Et si je me jetais à tes pieds, si je pleurais et si je racontais, saurais-tu plus de choses de moi que de l'enfer, quand quelqu'un te raconte qu'il est très chaud et terrible ? Et voici venir le grand thème de l'incompréhension réciproque, de l'incommunicabilité, du partage impossible, de l'isolement. Car si tomber le masque ne suffit pas, si même la parole n'est pas un langage commun, si seule l'expérience personnellement vécue dans sa chair a un sens...alors, synthétiquement encore une fois, on est mal barré.

Je t'avoue qu'à tout cela je n'ai dit mot. Parce que répondre laconiquement 1) certes, 2) pas grand-chose, 3) non...je sais pas pourquoi, je l'ai pas senti. Dans l'hypothèse où ces SMS sont tirés d'un texte préexistant (ce qui n'est pas démontré, bien que je ne reconnaisse absolument pas le style du charmant charmeur chilien), j'aurais pu envoyer à mon tour une citation, baudelairienne tant qu'à faire, genre "Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau !". Mais non.

Et puis ce matin, un SMS se faufile sur l'écran : Un lundi peut en cacher un autre...Sache qu'un train t'attend trj. Ça me ferait plaisir de refaire un voyage avec toi...Là je dis oui. Enfin non, me fais pas dire ce que j'ai pas dit. Simplement là je le reconnais le charmant, dans toute sa splendeur. Parce que c'est beau quand même hein. Mais bon, même si on dirait bien que le malin Petit Poucet a tracé des lignes dans la forêt pour se remettre dans les rails...t'emballe pas trop quand même : à vue de nez ça parle surtout de chemin de fer.

jeudi 7 février 2008

♫ Je sais bien qu'un ex amour n'a pas de chance ou si peu ♫

Je t'ai déjà dit ce que je pensais des ex. Que du mal voilà.

Non mais bon tu m'as compris. Faut avancer dans la vie, c'est une évidence, et vu qu'on n'a pas assez d'essence pour faire la route dans l'autre sens, eh ben on avance. On n'est pas des foules sentimentales non plus, oh !, sois un homme merde. J'ai toujours dit que pour moi ça relevait de la régression, les phases "je revois mon ex de temps en temps", je le clame haut et fort, les ex il ne faut pas...et le fait que l'homme qui partage ma vie soit aussi un ex, étant donné qu'on s'est séparé un moment, le fait que (je m'en rends bien compte) j'ai pas du tout l'air crédible, là, à faire le contraire de ce que je dis, disons que c'est juste l'exception qui confirme la règle. Oui oh eh ça va hein.

Mais quand monamour reçoit un coup de fil d'une vieille copine qui l'invite à l'anniversaire d'une autre vieille copine qui se trouve être son ex à lui, monamour...à ce moment très précis, qu'est-ce que tu fais de tes belles théories ? Tu le laisses parler. Et lui il dit : tu voudras venir ? Non parce que j'ai peur que tu t'ennuies, ça risque de tourner à la réunion d'anciens combattants...Là par exemple je pourrais le couper d'un petit ton acide : ah ouais tu préfèrerais y aller seul à ce que je vois, on se demande bien pourquoi...Mais je te rappelle que je suis pas jalouse, j'ai beau faire, c'est pas mon truc, je manque de repartie à ce niveau-là. D'autant qu'il me laisse pas le temps :...mais ça me ferait hyper plaisir que tu viennes, et eux aussi, ils seraient contents de te rencontrer.

Après j'apprends que le mec de l'ex en question s'est récemment fait la malle, ce qui fait de lui l'ex de l'ex de ex-ex-monamour, n'est-ce pas, mais on s'en fout, n'est-ce pas bis, enfin pas complètement non plus, surtout que ça lui a fait de la peine à l'ex de monamour, normal hein, elle avait quand même envie de faire sa vie avec le père de ses enfants...

Bon je sais pas si tu suis, je me méfie avec toi maintenant. Simplifions : monamour est invité à l'anniversaire de son ex et elle est célibataire depuis peu, avec deux enfants en bas âge et une grande maison à la campagne, qui n'attend qu'un homme pour compléter le tableau. Non mais même pas en rêve que tu vas récupérer monamour, wha la stratégie à deux balles, ouh comment c'est trop nul. Bien évidemment c'est mon inconscient qui parle ici, et comme l'inconscient a pour principale caractéristique de s'écrire comme il se prononce (pour toute réclamation lacanienne je me déclare incompétente), à savoir qu'il n'est pas conscient, en toute logique tu peux jamais être sûr de ton inconscient. Sauf des fois. Mais pas là vu que j'invente. Je suis pas jalouse, combien de fois faudra que je te le dise ?

Je suis pas jalouse mais faut pas trop me chercher non plus. Alors quand une amie commune à monamour et moi nous déclare : ah oui je me souviens d'elle, elle avait un putain de gros cul...oui bon là faut agir. Non parce que moi j'ai pas un gros cul tu vois, j'aurais même plutôt un petit cul, pour ne rien te cacher. Mais attention, le style de petit cul qui peut faire dire J'aime bien ton p'tit cul, un petit cul bien de sa personne hein, je suis une femme à l'aise dans son corps, à l'aise dans sa tête, et mon cul il est très bien comme il est ok ?! On peut peut-être changer de sujet maintenant ? Merci. Cependant quand y a des gros culs dans les parages, je préfère être là, on sait jamais.

Bref j'arrête de te raconter des conneries, je me décide à aller à cette soirée, avec une porte de sortie assez accessible, j'entends par là non pas que j'étais assise à côté de l'issue de secours, mais que ça se passait dans un bar, donc pas en milieu fermé, ce qui est plus facile pour s'esquiver sans que tout le monde fasse Ooooooooooh noooooooooon tu vas pas DÉJÀ partiiiiiiiiiir...Avec une porte de sortie accessible mais aussi une légère appréhension. Même si, bon, y a pas d'enjeu...c'est toujours un moment particulier que de rencontrer les amis d'enfance-adolescence de l'homme de sa vie actuelle (vas-y, touche du bois. Moi je précise "actuelle" sinon ça me paraît un peu pompeux, et puis à mon âge c'est comme si j'avais eu plusieurs vie, tu sais bien, mais dans ma tête je dis "de ma vie" tout court et j'ai presque envie de dire je t'emmerde, mais c'est pas mon genre).

Bon ben voilà c'est fait. Évidemment, dans ce genre de soirée statique autour de plusieurs tables alignées, tu rencontres pas grand-monde à part tes voisins immédiats. Si t'es fumeur, t'as un peu plus de chance d'élargir ton champ. Monamour m'a malaxé le mollet du début à la fin quasiment (et là si j'étais jalouse, j'aurais pu lui sortir : ouais c'est ça, si t'essayes de me rassurer, c'est qu'y a des raisons de s'inquiéter non ? C'est pas mal ça comme scène de jalousie hein ? Mais ça me vient toujours trop tard...avec un peu d'entraînement je vais peut-être y arriver un jour, qui sait ? Non laisse tomber va).

Elle, l'ex, elle m'a fait plutôt bonne impression comme on dit, même si elle a limité ses échanges avec moi à une espèce d'entretien d'embauche, genre que fais-tu dans la vie ? bon jusque-là, que veux-tu ? elle est pas la seule à s'intéresser au faire avant de s'intéresser à l'être, et puis faut bien engager la discussion d'une façon ou d'une autre...Là où elle m'a plus surprise, c'est quand elle a demandé : et quelles sont tes perspectives d'évolution ? Mais sinon ça a été. En plus, y avait aucune raison de se faire du mauvais sang : elle a pas mal maigri à ce qu'il paraît et du coup elle a plus trop un gros cul.

lundi 4 février 2008

Imperius curse

Je me suis fait avoir. Comme une bleue. Là dernièrement.

J'étais en congé. Mais en congé sérieux attention. Parce que oui je...hum...enfin comment dire...je...prépare...un...concours...oui voilà...Je prépare un concours. Eh ben quoi ? rien de plus normal hein. Investir dans quelque chose qui va à peu près certainement rater, d'autres l'ont fait avant moi, je vois pas pourquoi je me priverais, si on va par là on sortirait plus de chez soi...Alors justement c'était le programme. Pas sortir de chez moi, une fois approvisionnée en documents divers, variés et surtout remarquables par l'intérêt qu'ils suscitent. Par exemple : La décentralisation. Ou bien Une histoire des médias. Voire Histoire des idées politiques en France au XIXè siècle. Oui je sais, c'est très excitant, ça fait soupirer de plaisir, t'as les yeux qui brillent. Et encore je te montre pas le reste de la biblio, j'ai peur que rien que d'écrire les titres ça te fasse fuir.

Alors bon je me rends justice quand même, j'ai bien respecté le "pas sortir de chez soi", à part pour une soirée par-ci par-là (mais ça compte pas les soirées hein), un concert à la Guinguette, qui s'appelle plus la Guinguette je te ferai dire, une velléité de prendre les chemins de fer (oui une envie dingue de m'en mettre plein le nez et puis finalement c'est passé, je crois que ça vaut mieux), à la place on s'est fait une balade en vélo avec monamour, ce dimanche où il a fait si beau, 50 bornes en tout, oui monsieur et même pas de courbatures. À part ça donc, j'ai pas bougé de chez moi, je te jure, bien calée sur les gros oreillers, et j'ai pas arrêté de lire. Tu me diras : eh ben c'est bien. Je te dirais : oh putain oui que c'est bien, mais c'est pas vraiment ce que tu crois.

Là où ça a un peu foiré c'est que la biblio, je l'ai pas hyper bossée. Ben non. En fait, dans mon élan de motivation insensée, j'ai aussi emprunté un bouquin en anglais. Oui parce que bon, y a une épreuve en anglais je te signale. Ça partait d'une bonne intention tu noteras. Mais au lieu de prendre, je sais pas moi, mettons un Jane Austen, ou un Dickens, j'ai pris Harry Potter and the Philosopher's stone. Forcément j'ai été obligée d'acheter Harry Potter and the Chamber of secrets. Et puis une chose en entraînant une autre, après The prisoner of Azkaban, il a fallu passer au Goblet of fire...Là j'en suis à la fin de Harry Potter and the Order of the Phoenix. J'ai évidemment déjà acheté le suivant. Et je sais d'avance que je ne pourrai pas attendre que le dernier sorte en poche, c'est foutu d'avance...Depuis 10 jours je suis plongée là-dedans, j'arrive pas à émerger. Bon l'avantage c'est que monamour et moi nous communiquons en anglais. Et j'aime bien dire Her-my-o-nee avec l'accent. Enfin bon tu vois quoi, des trucs essentiels.

Cependant une angoisse m'étreint : je suis presque au bout là, bientôt c'est la fin...Non mais tu comprends pas ? Quand tout sera lu, qu'est-ce que je vais faire dans la vie moi ? Voir les films peut-être...

jeudi 3 janvier 2008

♫ Give me your eyes that I might see the blind man kissing my hands ♫

Oui oh je sais bien, ça devient n'importe quoi, moi-même par moment je me dis à quoi bon ? Sérieux hein, déjà que c'est pas facile facile de fidéliser la clientèle, si en plus je fais ça par-dessus la jambe...Et toi t'es encore là, prêt à foutre le souk et tout ça...Non mais bon tu m'épates quand même à pas lâcher l'affaire comme ça, franchement chapeau. Alors bonne année va, tu l'as bien mérité. Et puis à l'année prochaine hein, allez, salut.

Mais non oh ça va attends, maintenant qu'on est là comme deux cons à se regarder dans le blanc des yeux, ben je vais te parler des miens tiens, que tu sois pas venu pour rien. D'abord, une fois n'est pas coutume, on commence par le chiant. Mais pas n'importe quel chiant : le chiant vu de mes yeux vu (mais pas le film sur Watteau et les femmes là, que oui je l'ai vu mais c'est pas spécialement chiant même si pas spécialement réussi non plus) (mais Testud oui, là je dis oui, toujours). Le chiant de mes yeux lu en fait, car ouais hein, tu sais que soi-disant je prépare un concours.

Alors pour la mise en bouche, deux grands classiques de la chiantitude, j'ai nommé Méthodologie de la dissertation : culture générale, droit public, économie, questions internationales, de Bruno Bachini et Jean Gonié (que l'on peut grossièrement résumer à un mot : ar-ti-cu-le gros malin, sinon on comprend rien)...et La note des synthèse : principes de base, démontage du dossier, montage de la note, dossiers commentés, de Michel Deyra (ne dirait-on pas un manuel pour changer ta roue sur les chemins vicinaux ?). L'Europe de la culture : histoire(s) et enjeux, d'Anne-Marie Autissier, ma foi pas désagréable au cours des cinq premières minutes, reconnaissons-lui une chiantitude légèrement différée, contrairement à La déclinaison et la conjugaison latines où là, pas de doute, tu plonges direct au coeur de la chiantitude extrême, même le Cujus-cujus-cujus (à prononcer couillousse évidemment) (non mais bon tout le monde n'a pas la chance d'être latiniste), même le cujus-cujus-cujus donc, qui a fait les beaux jours de tes années-collège te laisse aujourd'hui de marbre...Mais console-toi, c'est gravé dedans faut croire, vu la vitesse à laquelle reviennent les automatismes. Pour équilibrer, faut lire le Times et son supplément. Ouais parce que si à l'écrit j'ai pris latin, à l'oral (l'espoir fait vivre), j'ai pris anglais. Une histoire de la physique et de la chimie : de Thalès à Einstein, de Jean Rosmorduc, faut bien se cultiver que veux-tu. Pour finir : Le siècle des intellectuels de Michel Winock, alors ça pour le coup c'est plutôt sympatoche tu vois, comparé au reste je veux dire.

Et tout ça sans lunettes mon ami. Et oui parce que normalement je porte des lunettes, à 84 ans c'est normal hein. Voilà pourquoi c'est si chiant ces lectures, t'as tout compris, j'y vois que dalle ah aha ha...Ouais bon. Figure-toi que depuis peu je me suis mise aux lentilles. Oh la la comme ça change tout. Au début c'est la lutte, parce que va essayer de te mettre le doigt dans l'oeil sans le fermer et on en reparle. Mais après, une fois que t'as atteint le temps optimal de 15 secondes par oeil, j'écarquille, je pose, hop au suivant, à partir de ce moment-là disais-je, ta vie elle est belle et sans angle mort au niveau de la vision latérale...Cela dit, je me suis aussi offert une nouvelle paire de lunettes, que je porte très très rarement du coup, et je trouve qu'avec ça sur le nez je ressemble à l'intello dans Scoubidou (pas celle du film, celle du dessin animé) mais monamour dit que non, ça fait plutôt présentatrice télé. Bref on s'en fout vu que maintenant c'est lentilles. L'appréhension que j'avais, au départ, c'était de perdre mon sex-appeal...t'imagines la catastrophe ? Hors de question. Mais ça va au final, les lentilles ça reste comestible et digeste, je continue à me faire draguer dans la rue...et ça vois-tu c'est primordial, en dehors du bronzage évidemment...j'ai songé un moment à te faire une chute hyper relou, hyper hyper relou, une chute qui fout la honte à son auteur, à moi donc oui, une chute qui dirait en substance : fini le temps de la femme à lunettes, place à la femme à lentilles mais rassure-toi, à lentilles et saucisses. Mais non quand même, on a sa dignité.

lundi 10 décembre 2007

♫ And we'll keep on fighting till the end ♫

Malgré mon âgé avancé, figure-toi que je porte des jeans et que je fréquente des djeuns.

Des jeunes quoi. Mais pas des jeunes relativement à moi, non, des jeunes dans l'absolu, des vrais de vrais, des qui vont encore à l'école et/ou qui ont des boutons. Tu me diras, y a des profs acnéiques. Ouais, t'en encore décidé de faire ta mauvaise tête. Quand je dis je les fréquente, pour te donner un exemple, ils m'invitent chez eux. Forcément j'appréhende, vu que le conflit des générations c'est écrit dans les livres je te signale. Mais j'y vais.

Ah oui parce que les jeunes des fois ça a un chez-soi. Pas toujours hein attention, bien souvent ça vit chez ses vieux un jeune. Ou alors en cité U, ce qui n'a rien à voir avec les supermarchés. Quoique. Cependant y a aussi les adeptes de la colocation, plus on est de fous moins on paye, voire les couples de djeuns qui vivent à la colle (alors ça, autant te dire que ça me dépasse : tu sais bien que j'ai attendu 84 ans avant de m'y mettre...Ouais eh ben je suis pas précoce, un problème ?) (non mais en vrai j'ai vécu avec d'autres hommes que monamour, je t'en parlerai peut-être un jour). Là c'était pendaison de crémaillère. En l'occurrence, ces djeuns, par je ne sais quel hasard, s'étaient équipés du sol au plafond dans un magasin suédois, mon dieu quelle faute de goût, ça sait pas vivre un djeun, toujours à faire des économies de bouts de chandelle, alors que se fournir chez les antiquaires, je voudrais pas dire mais c'est quand même autre chose. Moi par exemple je rêve de la table basse très originale que j'ai vu aux puces ce week-end (bon je sais pas encore par quels moyens je vais me la faire offrir mais là n'est pas la question) (tiens à ce propos, je trouve scandaleux qu'Arte ne diffuse pas les films en VO (ça fait bien intello de gauche, ça, comme remarque non ?). Alors oui, tu vas dire ça n'a rien à voir, mais si je précise que mon fantasme sexuel numéro 1, c'est de braquer une banque (bien sûr que si c'est sexuel) (surtout Al Pacino), tu peux deviner ce que j'ai maté hier soir à la télé). Enfin bon, faut croire que le djeun est globalement pauvre, le pauvre.

Ce qui ne l'empêche pas de te convier à de sympathiques agapes, car le djeun, non content d'être généreux, est un fêtard. Ouais ben facile de faire la fête quand on n'a pas de rhumatismes. Facile de faire la fête quand on peut enchaîner les nuits blanches sans fatiguer. Facile de faire la fête quand on n'a rien de mieux à faire, à part ses études mais bon hein hum. Non crois-moi, le djeun a beau être sacrément noceur, il a aucun mérite.

Laisse-moi maintenant t'introduire la bande de djeuns en présence : un centralien (et non pas un centriste, surtout que je suis pas sûre qu'il ait le droit de vote pour l'instant) (oui on m'apprendrait qu'il a sauté toute l'école primaire que ça m'étonnerait pas), deux polytechniciens (non, pas genre qui savent déboucher une bouteille de vin ET décapsuler une canette de bière, des vrais polytechniciens de l'X) (mais peut-être encore puceaux, c'est pas incompatible), un de l'école des Mines (à ne pas confondre avec un mineur, même si sans aucun doute une belle carrière s'ouvre à lui), deux agrégés de Physique et une agrégée de Lettres Classiques dont un normalien (quoi de plus normal ? à ce stade des présentations, rien ne t'affole).

J'te jure, y a plus de jeunesse.

Là où ça coince pas mais où, au contraire, ça coïncide, c'est que vlà peu de temps, je me suis inscrite à un concours. Ouais je sais, je fais des trucs de ouf parfois. Pour l'instant, dans ma longue vie professionnelle, j'en ai réussi 3 (arrête, tu vas me faire rougir), dont le dernier qui m'a fait faire un gros bond en avant niveau intérêt du travail et rémunération. Non parce que quand tu vois les perspectives d'évolution, tu te dis bon ben va pour le concours, ça ira plus vite...Et là, il m'en reste un à passer, un que j'ai jamais tenté, un qui me mènerait au faîte du sommet tu vois. Mais attention hein, quand tu sais que t'as autant de chance de réussir un concours que de gagner au loto...oui j'exagère oh ça va, en fait t'as plus de chance de gagner au loto (on peut s'apitoyer un peu merde...), puis je te signale que les postes offerts se réduisent comme peau de Balzac pour rester poli. Alors, n'étant pas née de la dernière pluie, je garde présent à l'esprit ce moyen mnémotechnique pour garder les pieds sur terre : dans concours, y a plantigrade, et dans plantigrade, y a se planter, se vautrer, se ramasser...Surtout que celui-là il est dur dur dur et que je suis loin d'être prête. L'idéal serait d'être opérationnelle pour cette session ; en pratique ce sera le cas au plus tôt pour celle d'après.

Endurance mon amie, viens m'habiter pour les mois et années à venir...Et autorise-moi au moins, en guise de distraction, les bals des grandes écoles...

jeudi 29 novembre 2007

♫ It was just to see, just to see...all the things you knew I've written about you ♫

Chhhhhhh...commence pas à te faire remarquer, je crois qu'on nous observe. Discret je te dis. Vas-y viens, planque-toi un peu mieux que ça, tu vas nous faire repérer, sans rire on voit que toi. Bon laisse tomber c'est mort. Ah je te jure ça va pas être simple. À vrai dire, ça pourrait même s'avérer impossible. J'y arrive déjà pas, t'as qu'à voir.

J'ai passé une soirée apéritive avec le charmant charmeur chilien de passage dans mon quartier professionnel pour une séance photo. Attends je reprends mon souffle. C'était très sympa. Non mais voilà ! Tu vois ? tu vois où ça mène ? c'était très sympa...Et pourquoi pas c'était chouette, tant qu'on y est ? Ouais enfin bon, comment te faire comprendre que d'habitude les ex, j'ai pas envie de les revoir ? Et donc, je les revois pas, logique. Ça me paraît plus sain, bien que la salubrité et moi, hein (ouais oh ça va, confonds pas hygiène et salubrité)...La vie communautaire, on est tous des frères, tiens je te présente ton successeur (id est celui qui a eu plus de succès que toi), quelle grande famille...non sincèrement j'y tiens pas. Alors certes, me dira-t-on, pourquoi couper tout lien avec des gens qu'on a aimés ? Eh ben parce qu'on les aime plus banane. Mais comment mais comment, s'indignera-t-on, l'amour est éternel, même s'il change de registre, il n'en demeure pas moins qu'il demeure (oui, j'ai choisi un contradicteur redondant, question de faire-valoir), et une fois passées la haine et la rancune éprouvées lors de certaines séparations, ou une fois passée une période de deuil indispensable, l'amour est toujours là, purifié et éclatant d'altruisme sans désir. T'emballe pas. Je suis désolée mais non. Tu fais ce que tu veux avec tes ex, moi je les revois pas. J'ai jamais transformé des liens d'amour en lien d'amitié, c'est pas demain la veille que ça va changer.

Sauf que là ça m'a fait plaisir. Mais je répète : t'emballe pas, c'est exceptionnel, je ferai pas ça tous les jours (et c'est tant mieux, vu que j'ai pas de tablier de ménagère) (si la référence t'échappe, eu égard à ton jeune âge...ben je sais pas moi, grandis un peu merde) (ou cultive-toi). Bref on passe une bonne soirée bien qu'on galère pour rejoindre le quartier et on finit au fond du bar en bas, là où y a l'ordi, il tape charmant charmeur chilien et sur quoi qu'il tombe ? Eh oui, t'as tout compris. Ah il est fier de lui. Grillée la fille. En même temps, n'étant plus un des sujets principaux de ce blog, il peut lire hein. Mais franchement j'aurais peut-être mieux fait d'accepter de monter chez lui non ?

En plus c'est pas fini. Dans la même lignée, mais pas tout à fait, vu qu'on a été ami avant d'être amant, j'ai revu l'Écrivain. Je t'en ai déjà parlé (ah tiens à ce propos, il se pourrait que je mette à nouveau à ta disposition les archives dissimulées, ce qui m'éviterait de contextualiser à tout propos) : on a cru pouvoir s'entendre à tous les niveaux alors que pas du tout, du coup y a eu comme qui dirait rupture, et pour le coup (je pèse mes mots) rupture à tous les niveaux. Et puis là, il m'envoie un SMS, on va boire des coups (ah, celui-ci est involontaire par contre), on parle de nos couples respectifs, des livres qu'on a lus...

J'insère ici, oh je sais que ça n'intéresse pas grand monde, je fais ça pour mémoire plus que pour t'inciter à lire, te casse pas va...j'insère ici, car je suis chez moi ok ? la rubrique "dernièrement en lecture chez Ada" : Les coulisses de la grande distribution, de Christian Jacquiau qui date un peu, mais point trop non plus, et qui m'en a appris de belles (et de très moches surtout) ainsi que L'interprétation des meurtres, de Jed Rubenfeld, polar psychanalytique où Freud en personne mène l'enquête.

On parle donc, de tout ça, et surtout d'écriture. Et là, crois-le ou non, je lui confie, dans le plus grand secret (il a dit que jamais au grand jamais il ne divulguerait cette information. Et je le crois. Car j'ai une infinie confiance en l'Écrivain), l'existence de ce blog, sans toutefois lui en révéler l'adresse ni aucun moyen d'y parvenir. Mais qu'est-ce qui m'a pris, tu peux me dire ?

mercredi 21 novembre 2007

♫ Tu portes un tee-shirt tour Eiffel et tu rêves de Paris ♫

Les journées pourries, elles commencent tôt en général.

Je vais pas non plus te faire croire que je me lève aux aurores. Non bien sûr. En tout cas je me suis retrouvée dans la cuisine avec une grosse fatigue due à l'absorption de moult verres d'un excellent vin rouge, sans sulfite et donc sans mal de crâne consécutif, ce qui est déjà pas mal - mais la fatigue si : j'allume une plaque et je pose la casserole sur l'autre pendant que le voisin décide de percer des trous (plutôt gros les trous, à vue d'oreille). Résultat : la soupe est pas chaude et la migraine guette. Monamour gémit sous la couette à cause du rhum. T'as beau boire du vin sans sulfite, si tu mélanges hein, tu sais où ça mène. Mais si tu penses que j'ai le temps d'aller le câliner par imposition des mains, pff tu rêves. Parce qu'à ce moment-là, y a tout qui disjoncte. À force d'empirisme, il s'avère que le problème vient des plaques chauffantes, bon très bien, organisons un périmètre de sécurité en déroulant les banderoles jaunes Crime scene (hors réunion : après entretien téléphonique avec un camarade calé en la matière, il ne s'agirait pas d'un décès de fusible, car sinon les plaques ne fonctionneraient plus du tout, or si, mais 30 secondes maximum et après ça disjoncte. Diagnostic : y a un court-jus quelque part). Bref. Je vais pas me résigner à boire du jus de pommes quand même merde...c'est bon pour la femme enceinte qui nous rend parfois visite mais y a des limites : je sors les vieilles plaques de dépannage, au son exaspérant de la perceuse en folie. Monamour a enfoui sa tête sous plusieurs oreillers. En contribution positiviste je fais valoir que le voisin a le bon goût de s'activer un jour de semaine, à l'heure où la France laborieuse est en route pour gagner sa pitance.

Parlons-en tiens, vu qu'il est grand temps de se fringuer. En ces périodes de longue marche, je chausse les baskets (sac au dos garni des autres). La bonne idée que voilà. Y a pas à dire, je suis tellement sportive que les chaussures de sport, elles m'ont fait une ampoule à force de jamais les porter. Évidemment ce matin-là il n'y a plus de pansements. Puis la rue. Ah là là, la rue les jours de grève (que je soutiens soit dit en passant). Tu sais que souvent le Parisien est incapable de se repérer dans sa propre ville ? qu'il l'arpente plan en main en demandant sa route toutes les trois rues ? Tu sais que les flics font la circulation pour réguler le trafic piéton dans le métro ? Et comme ils ferment certaines sorties, dans quel objectif, va savoir, j'ai pas pris le temps de m'en informer...tu sais que t'as l'air d'un con à piétiner au sein du troupeau dans l'espoir de sortir de la ligne 14 ?

Il te reste le Vélib, certes, mais le Vélib éclopé. N'imagine pas une seule seconde qu'aux heures de pointe il pourra te revenir autre chose qu'un truc sans frein ou qui roule sur la jante. À moins bien sûr de faire comme mon collègue, à savoir, tandis que la ville dort encore, se lever aux aurores. Mais on t'a déjà dit que non.

lundi 12 novembre 2007

Putain c'qu'il est pas blême, mon pas HLM

Victoire ! Alléluia ! Hosanna ! Je dirais même plus : Eurêka ! Nous avons trouvé !

Comme tu as pu le constater, on a mis le temps. Faut dire aussi qu'on avait des exigences, tu crois quoi ? Déjà, une vraie cuisine, pas un truc à l'américaine, que certes, ça te fait un très joli comptoir avec les tabourets de bar ♫ garçon y a marée basse, remets voir la p'tite soeur ♫, certes, mais en même temps ça te bouffe l'espace dans le salon, et au final ça s'appelle plus un deux-pièces l'affaire. Pas trop au sud, pas trop rive gauche si tu préfères, mais pas rive droite non plus (du moins au sens défiguré du terme) vu que les XVIè et XVIIè arrondissements moi ça me fout la trouille, et ça tombe bien j'ai dans l'idée que c'est réciproque. Pas trop au sud donc, mais donnant plein sud de préférence rapport à la luminosité de notre grise capitale. Une baignoire c'est mieux, à tous points de vue, que ce soit pour la sex-thalasso ou pour éviter la douche, multi-jets peut-être, mais dans un placard. Chauffage et eau chaude centralisés, histoire de passer l'hiver au chaud sans avoir le compteur qui démarre dans la tête dès que t'allumes un radiateur (non parce franchement, à 84 ans j'estime que j'ai passé l'âge d'empiler les couches de fringues à cause d'un chauffage électrique pourri qui te laisse, de toutes façons, le bout du nez tout froid) (si encore j'avais une truffe, je dis pas, mais on n'est pas des chiens merde). Des placards intégrés pour optimiser l'agencement. Et puis, petite cerise sur le gâteau, pas loin du canal. Eh bien, ces critères étant réunis, nous avons eu l'honneur de nous installer ce week-end. Ouais.

Alors bon, pour l'instant, à la nuit tombée nous vivons dans une ambiance très tamisée, sous la lumière douce de petites lampes de chevet, car les plafonniers sont absents des deux pièces principales ; on dort sur le clic-clac du salon, vu que dans la chambre le sommier attend d'être garni d'un matelas ; le matin c'est à qui atteindra l'unique casserole le premier, qui pour faire chauffer son lait, qui pour faire chauffer sa soupe (à 84 ans, j'estime que j'ai le droit de manger de la soupe le matin), oui tu as bien entendu, l'unique casserole, on ne sait pas s'il y en a d'autres dans les cartons encore fermés ou si les esprits frappeurs du déménagement nous ont joué des tours...Par contre on a trois poeles, y a quand même une justice. Pour finir, j'ai pris conscience, à mon grand désarroi, qu'en deux mois d'errance de plan B en plan C d'apparts vides amicalement prêtés, durant ces deux petits mois de rien du tout, j'ai eu le temps d'accumuler un volume impressionnant de volumes, au point qu'il faut, non mais c'est dingue (c'est d'autant plus dingue, j'insiste, que je n'ai pas cessé de me dire : c'est pas le moment d'accumuler les livres, tu vas bientôt déménager, ça va t'emcombrer), au point qu'il faut, disais-je, une bibliothèque supplémentaire pour les caser. Ce qui m'amène à la seconde partie de cette note, à savoir les livres de la quinzaine (enfin je crois, j'ai pas compté les jours).

Sujet Angot, de Christine Angot, je poursuis mon exploration du couple dans tous ses états, éclaté en l'occurrence. Qu'est-ce que tu veux que je te dise, j'aime Christine Angot, et qu'on vienne pas lui parler (ni à moi non plus) d'auto-fiction ok ?

Hannibal Lecter : les origines du mal, de Thomas Harris, bon ben je te le présente pas celui-ci, je crois que vous vous êtes déjà rencontrés. Écoute, ça fait passer le temps hein, genre à la laverie, ou quand tu fais la queue pour rentrer dans le musée (non mais je serais toi, j'achèterais un billet coupe-file, je dis ça pour ton bien, moi je paye pas).

Père-fille : une histoire de regard, de Didier Lauru, mouais, c'est pas pour dire mais il enfonce un peu des portes ouvertes le coco. Après c'est pas forcément des conneries, juste si tu vois à quoi correspond le complexe d'Oedipe au féminin, tu peux te l'épargner. Monamour, qui l'a lu de son côté et qui, je me dois de le préciser, dédaigne généralement toute littérature psychologisante, a appris des trucs lui, il va même jusqu'à dire que maintenant, sous ce nouvel éclairage, il arrive à deviner le père derrière la fille. Enfin bon, c'est toi qui vois.
L'élégance du hérisson, de Muriel Barbery. Je suppose que t'en as entendu parler, en ce moment tout le monde le lit, j'en vois plein dans le métro. La petite fille surdouée et la concierge autodidacte cultivée, non ? ça te dit rien ? C'est ce que Gavalda pourrait faire si elle travaillait son style. La philosophie en plus. Bref, ça m'a ni transcendée ni dégoûtée. Moyen quoi.

Les travers du docteur Porc : une enquête du docteur Porc, de Tran-Nhut, ah là là quelles délices ! Le docteur Porc vit au Dai-Viet, au XVIIè siècle, il est obèse, il pue de la gueule mais il a un visage magnifique et il mène l'enquête. Vas-y voir, franchement.

Chirac et les 40 menteurs...de Jean Montaldo, en lecture à voix haute avec monamour. J'ai pas lu celui sur Mitterrand (et les 40 voleurs). Là on se fade les mécanismes complexes des marchés truqués d'Ile-de-France, mais c'est intéressant, même si très redondant vu qu'il recoupe les témoignages pour les besoins de la démonstration. Montaldo a une plume très fleurie, ce qui ne gâche rien. Quant à savoir si c'est un extrêmiste de droite...?

Le choix de Sophie, de William Styron. Comment te dire ? je me suis laissée embarquer et je dévore. Pas vu le film, jamais rien lu de Styron et là, paf ! J'en suis à la moitié, je trouve ça parfois (rarement pour être exacte, mais quand même) mièvre, je ne saurais qualifier le style, pas foncièrement original à mon goût, mais je suis scotchée, va comprendre...J'oublie de dire que, malgré le sujet, c'est drôle. Non parce qu'un gars qui te cause camp d'extermination, esclavage et sudistes américains, et aliénation, et racisme - bon et amour ok c'est vrai - a priori tu te dis, ça va pas être drôle. Eh ben si.

Tu nous en veux pas, on a laissé Keynes de côté pour l'instant, ce qui fait de lui, en l'état actuel des choses, un adolescent attardé. Mais je te tiens au courant, comme promis.

vendredi 26 octobre 2007

Livres de la semaine

En entrée, En cas de bonheur de David Foenkinos, parce que bon hein, on l'aura compris, aujourd'hui, le couple, moi aussi ça me concerne. Et puis ce petit jeune qui monte, faut bien voir ce qu'il propose quand même à un moment, à force de voir les piles dans les librairies. Eh bien oui, oui, ça se lit. Et vite. Trop peut-être vu qu'il en reste pas grand chose après. Divertissant quoi.
En plat de résistance, Rendez-vous de Christine Angot. Parce que l'amour ça nous concerne tous, ben oui. Alors je sais ce que tu vas dire, c'est bon, pas la peine, t'as le droit de cracher dessus, tu seras pas le premier, quant à moi je dis respect, je me prosterne et je fais tchin tchin Bouddha.

En dessert, Camisoles de Martin Winckler, parce que le polar c'est bon pour la santé. Mais bon, je te le dis en confidence, j'ai préféré Mort in vitro.

Au rayon si j'aurais su, j'aurais pas lu, Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part d'Anna Gavalda (ouais ben on n'est pas obligé de les lire dès qu'ils sortent hein, y a pas de date de péremption), parce que l'erreur est humaine. Non mais franchement ça me soule ce genre de littérature, tu peux pas imaginer. Limite Hélène et les garçons c'est mieux.

En diagonale, Fragments d'une analyse de Donald Woods Winnicott, parce que le divan, normalement ça se partage pas, alors par curiosité quoi, vas-y fais voir qu'est-ce qu'il raconte le monsieur là...Ben déjà il y allait souvent chez son analyste lui, presque tous les jours (moi deux fois par semaine, petite joueuse à côté). Et sinon, ça se confirme, une analyse ça se partage pas.

En cours, Tout compte fait de Simone de Beauvoir, parce que quitte à se taper les quatre premiers volumes de ses mémoires, autant lire aussi le dernier. Surtout que c'est vachement bien (la preuve, on y découvre les dégoûts alimentaires de Sartre) et bientôt, je crois, elle va parler de la guerre du Vietnam, alors hein, et de mai 68 si ça se trouve.

En cours également mais en lecture à haute voix avec monamour cette fois, Une sorte de diable, les vies de John Maynard Keynes d'Alain Minc, parce que paraîtrait que je suis keynesienne moi. Et ouais qu'est-ce que tu crois ? Enfin j'en sais rien, mais comme on me l'a dit, maintenant faut que je vérifie tu comprends ? Alors pour l'instant on en est que le jeune John, il se la pète un peu, comme quoi il est vachement intelligent et qu'il a fait des grandes écoles mais par contre il est pas trop discipliné vu qu'il est plus mieux que tout le monde et homosexuel accessoirement. Ce qui m'avance guère sur ses théories économiques, tu t'en doutes. Je te tiens au courant.

lundi 22 octobre 2007

Panem et circenses

Tu m'excuses, il fait tellement beau en ce moment que j'ai pas vraiment la tête à te raconter ma vie. Pas non plus que je me dore la pilule (disons que ça m'aide à la faire passer, vu qu'on est toujours dans le studio de monamour) (mais ensemble) (mais dans le studio riquiqui) (mais ensemble) (ad libitum) (oh non hé, on va quand même emménager quelque part un jour, dis). Non j'aurais bien du mal à bronzer va. Cependant je ne dédaigne pas, dûment casquée à l'arrière du scooter, traverser Paris de long en large, par les quais déserts et les boulevards lumineux, quand tout le monde il est devant le match. Ou alors juchée sur un tabouret du carré VIP du pub, le mater en buvant de la Kilkenny. Voire déguster une entrecôte au nouveau bar en se demandant si l'expo Courbet a démarré (la réponse est oui, ce qui m'empêchera pas d'y aller dans les tout derniers jours, histoire de presque la rater, procrastination oblige). Et retourner au nouveau bar, encore et encore, à croire que ce quartier, je le quitterai jamais tout à fait. En plus, quand je sors ailleurs, sur qui je tombe ? je te le donne en mille...Le gars à la guitare, qui se délocalise à l'impromptu. Si tu ne viens pas au quartier, le quartier viendra à toi. Comme quoi, tu vois, c'est pas la peine de lutter. Sans oublier de faire grève quand même hein. Bon.

La vie de couple, je sais pas trop trop, mais on dirait que ça commence à venir. Une intuition comme ça...Non parce que là maintenant, et ce depuis plusieurs semaines, monamour et moi on passe toutes nos nuits ensemble. Et pas mal de notre temps libre aussi. Après je dis pas...par-ci par-là, on voit des potes chacun de son côté, attends, c'est humain. Mais au bout d'un moment de cette vie commune hein, y a pas d'autres mots, ben tu te dis, enfin moi, je me demande, mais qu'est-ce qui fait qu'on a une vie de couple au final ? pas une vie de coloc, mais une vie de couple, ce truc de ouf là que j'y suis dedans en plein. Eh ben je crois avoir une piste. Nom de code : Tâche T Dupin.

Ça a commencé par l'interphone. Avant il faut que je te dise que nous habitons au sixième étage (sans ascenseur évidemment), voilà qui est fait. Et vlà-ty pas que ça sonne, que je me saisis de l'appareil et qu'au bout du fil, monamour énonce : c'est moi (oui alors ça aussi, à la réflexion, ça pourrait être un signe de vie de couple. Qui ça toi ? Ben moi, voyons, le seul, l'unique), t'as acheté du pain ?

Et ouais. Sans déconner. On se retrouve plus jamais à avoir trop ou pas assez de pain. Car, ainsi que tu le constates, nous synchronisons notre approvisionnement de manière optimale. Moi depuis, je te jure, c'est ma blague préférée. Quand je sors de la boulangerie, je me précipite sur le portable : eh, monamour, j'ai acheté du pain. Et je me marre. Je crois que je ne m'en lasserai jamais. À moins qu'on passe au stade supérieur (mais là je suis pas sûre d'avoir le niveau tout de suite, je préfère m'entraîner encore un peu) : ouais c'est moi, dis, avant que je me tape tous les étages, t'as pensé à récupérer le petit à la crèche ?

mardi 9 octobre 2007

♫ Le ciel était couleur de pomme et l'on mâchait le même chewing-gum ♫

Ouais ben je taffe, qu'est-ce que tu crois ? Vu que tout était redevenu ordre et régularité, luxe, calme et studiosité, dans le bureau où je me retrouvais seule, j'ai pu travailler à loisir, travailler et mourir, au pays qui te ressemble (ça me fait penser que je partirai bien en voyage moi, je mérite quelques vacances je trouve). Taff à donf donc. Et y a de quoi faire mon coco, ouh la, je m'ennuie pas. D'autant qu'elle est (déjà) revenue de son arrêt maladie. Et je sais pas si je me méfie à outrance mais j'ai l'impression que ça sent l'alcool...M'est avis qu'on n'est pas sorti de l'aubergine (à prendre au sens défiguré évidemment). Mais bon, je viens te faire un petit coucou mon loulou, t'es content ?

Alors moi, du côté vie personnelle, j'en suis toujours à la case SDF, parce que, comme de fait exprès, monamour enchaîne les missions ultra-secrètes d'agent ultra-secret (et à vrai dire nous nous en réjouissons, car pour un agent secret, tu t'en doutes, c'est pas facile facile de faire son trou, ça serait même plutôt la loi de la jungle...alors si on veut bien de lui, nous on est content...sans compter que c'est en forgeant qu'on devient forgeron). Ce qui ne nous empêche pas de nous aimer avec fougue et passion, voire de comater toute la journée au lit quand on se refile (tendrement bien sûr) la crève à tour de rôle (eh mais dis donc, tu l'as pas eu le rhume toi hein ? allez tiens, prends ça, le ciment du couple c'est le partage). Non mais j'exagère. En tant que super-héros, monamour n'est jamais malade. Sans être informaticien, il teste de nouveaux virus, c'est pas pareil. Et en plus il a une résistance à toute épreuve qui lui permet toujours de missionner. Même la gueule de bois, il n'en fait qu'une bouchée. Par contre visiter des apparts, pas tout de suite...à moins que les agences immobilières aient la bonne idée d'étendre leurs amplitudes horaires genre nuit blanche.

Voilà donc pourquoi nous résidons présentement dans l'appartement de monsieur, ce qui, je ne te le cache pas, est assez éprouvant matériellement parlant. Mais pourquoi ? t'interroges-tu. Eh bien tout simplement parce que nous sommes passés, sans transition, d'une grande surface (gracieusement fournie par un camarade) à une épicerie de quartier, euh non, à un petit studio qu'il est vraiment mignon tellement il est minus. Ce qui, tu en conviendras, n'est pas des plus confortable, surtout pour moi. Oui mais pourquoi surtout pour toi ? t'interroges-tu derechef. Eh bien pour la raison toute conne que ce n'est pas chez moi. Car, vois-tu, lorsque monamour squattait dans mon studio à moi que j'avais dans mon quartier à moi, ce n'était certes pas plus grand, mais c'était chez moi. Que là non. Et ça change tout. Non mais bon, va pas croire non plus...il me met très à l'aise (je ne relèverai pas)...juste ça ira mieux quand on sera chez nous (ne serait-ce que parce qu'on aura (au moins) deux fois plus d'espace vital).

Et puis ça n'a pas que des inconvénients. Déjà on est revenu à la civilisation, non pas que le XVème arrondissement parisien soit peuplé de hordes barbares mais disons que nous sommes maintenant dans un lieu plus central et moins ravitaillé par les corbeaux, sans vouloir critiquer outre mesure. Enfin, monamour a déclaré, et je te jure que j'ai regretté de pas avoir le magnéto avec la touche record enclenchée, il a dit, écoute bien : c'est vrai que c'est pas des conditions idéales, mais c'est pas grave puisqu'on est ensemble. Et ça, fidèle lecteur, ça doit te parler, non ? Eh ben alors t'es pas un fidèle lecteur et puis c'est tout. Non mais souviens-toi...fut un temps, alors que je me désespérais de jamais m'en sortir avec un gars pareil, au point que je me distrayais par monts et par vaux, parce que quitte à être seule, autant être mal accompagnée...on se voyait occasionnellement, monamour et moi (ex-monamour, devrais-je dire) et ça se passait très bien, très très bien, à tous point de vue, sauf que, à chaque rencontre, invariablement, il psalmodiait : certes on a passé du bon temps, mais n'oublie pas : on n'est pas ensemble. Et je m'en allais en faisant la meilleure figure possible, mais le coeur gros.

Il semble que ce temps soit bel et bien révolu, youpi ! Et comme je trouve cette conclusion tout à fait foireuse, laisse-moi te dire qu'Alberto Giacometti portait la canne (moyen mnémotechnique pour ne pas laisser perdre cette information de première importance : Grand corps malade, la béquille - Giacometti la canne, les deux commencent par un G, ne me remercie pas, c'est tout naturel), Giacometti portait la canne, disais-je, tandis que Jean-Paul Sartre ne portait pas le chapeau. Dingue ! Par contre il détestait les tomates.

vendredi 28 septembre 2007

Dernière station avant l'autoroute

Elle est scotchée à l'écran, ses yeux vitreux lui sortent de la tête qu'elle tient mollement d'une main et moi, pendant ce temps, je vais en profiter pour te lancer un SOS. Parce que là j'en peux plus.

Y a déjà pas mal de temps, j'ai failli publier ce qui précède. Mais évidemment j'ai été interrompue, comme d'habitude. Interrompue par des gémissements, des larmes, des cris et de la morve, non mais je sais pas mouche-toi dans ta manche au moins.

Je croyais même ne plus avoir de compassion. Je me suis blindée comme jamais. Dès qu'elle ouvrait la bouche, je fermais les oreilles. J'acquiesçais (putain il est pas facile à écrire celui-là) vaguement, mmm mmm, je fuyais du regard, j'avais juste envie de lui dire de la boucler.

Non parce qu'au début, c'est vrai, ça fait de la peine. T'arrives au taff, t'as ta collègue kabyle aux tendances suicidaires mondialement reconnues, bon t'essayes d'assurer. Déjà je lui ai sauvé la vie, si on peut dire. J'étais pas obligée je te signale. Je veux dire j'aurais pu choisir de culpabiliser jusqu'à la fin de mes jours. J'aurais très bien pu. Il se trouve que j'ai pas fait dans l'originalité. C'est mon choix. Par contre, là, y a peu, elle m'aurait dit je vais me suicider, j'aurais répondu Ah ben si t'as besoin d'un coup de main, tu peux compter sur moi. Pour te dire à quel point j'en étais arrivée.

Mais bon, au début, tu t'investis, tu racontes des blagues et tout. Quand ça commence à sentir l'alcool dans le bureau, t'as peine à y croire, Oh ben non tu te fais des films arrête...Alors tu te voiles la face, dis donc ils utilisent des détergents vachement parfumés les gens du ménage. Puis quand elle passe son temps à ronfler dans le placard, tu te marres ok, mais tu commences aussi à soupçonner l'embrouille. Soi-disant qu'elle a des migraines. Des gueules de bois ouais.

Après tu trouves des bouteilles de sky sur ta chaise, environ une fois par semaine. Cadeau. Hé, dis, elle essayerait pas d'acheter mon silence des fois ? En plus je les oublie systématiquement les bouteilles, elles sont toutes dans le grand tiroir du bas, à la limite on pourrait croire que c'est moi l'alcoolique.

Je te passe la phase maniaque où elle danse dans le bureau au son d'un raï endiablé, pour en arriver à la phase dépressive où elle trempe mon épaule de ses fluides corporels en hurlant qu'elle est un boulet pour l'humanité (un boulet, certes, mais un boulet lucide, faut reconnaître). Bon ben du coup, comment tu veux que je blogue moi dans ces conditions ? dès que j'ai cinq minutes, je taffe.

Hier, elle arrive vers moi de toute sa masse corporelle, le visage décomposé, les bras ouverts pour que je l'enserre d'une accolade rassurante selon le petit rituel du Non Jeff t'es pas tout seul...Mais va savoir ce qui me passe par la tête, l'envie de mettre un peu de piment dans notre atmosphère délétère, le souci de conserver propres mes cheveux fraîchement shampooinés (tu peux pas acheter des mouchoirs nom d'un chien !), que sais-je encore, toujours est-il que je me raidis tout en énonçant : Tu sais, collègue kabyle, il faudrait que tu arrêtes de boire, ça peut plus durer là...

Immédiatement, les larmes cessent de couler, elle est la stupéfaction incarnée (ou alors elle imite vachement bien) : Mais tu sais ?! comment tu sais ? et y en a d'autres que toi qui savent ? t'en as parlé ? à qui ? quand ? qu'est-ce qu'ils ont dit ? Ouh la, on se calme. Évidemment j'en ai parlé, eh oh tu crois que je fais quoi sur le divan, déjà tu m'empêches de bosser mais en plus tu parasites mon analyse, alors ça va bien hein. Et puis faut bien que je relâche, de temps en temps, que je m'épanche, auprès de personnes de confiance, que je vide mon sac, parce que t'es vraiment un boulet ma pauvre, t'es la première à le dire. Bon ça c'est ce que je pense in petto, et tu sais bien que la parole est beaucoup plus lente, heureusement...Du coup verbalement ça donne : Les gens sont pas bêtes...si je m'en suis aperçue, je suppose qu'eux également, parce que ça se voit, tout simplement. Leçon n°1 : montrer à l'alcoolique qu'on n'est pas dupe, que son manège dissimulateur ne trompe personne. Ceci afin de le confronter à la réalité et tenter (eh ben bon courage) de lui faire admettre le problème.

Réaction : elle appelle son alcoologue. Pas de réponse. Crise de larmes. Je propose de l'accompagner à l'infirmerie. Elle accepte. Mais l'alcoologue rappelle. Incapable de lui parler, elle me le passe. Euh bonjour euh ben je suis une collègue hein et bon (chuchotements) elle est complètement bourrée là, mais rétamée de chez rétamée (oui parce que, pendant la discussion elle a descendu son mug cul sec, et figure-toi que ça sentait plus la vodka-orange que le thé au jasmin) alors bon ben rappelez plus tard ok ? on fait comme ça ? allez au revoir. Coup de fil au mari pour lui avouer la rechute. Et c'est là que je me dis que c'est pas gagné, vu qu'elle annonce deux jours alors que ça fait bien deux mois qu'elle est dans cet état. M'est avis qu'elle est pas tout à fait prête à avancer pour de bon. Mais ça se débloque gentiment, allez on y croit. J'ai droit aussi au mari, vu qu'elle s'allonge par terre les bras en croix (la tête lui tourne à la choupinette) : ne t'inquiète pas mari, elle est pas en train de mettre fin à ses jours, all is under control, je l'emmène à l'infirmerie et je te tiens au courant.

Le trajet jusqu'à l'infirmerie a vraiment été une partie de rigolade, j'te jure, elle tanguait comme un bateau ivre, j'ai eu peur qu'elle gerbe dans les escaliers et on s'est arrêté dix fois pour qu'elle se mouche dans mon cou (ah bordel beurk). On aurait presque pu chanter des chansons paillardes. Elle est prise en charge par le corps médical. Et moi, enfin, je respire.

Je respire tellement bien que j'ai comme des bouffées d'amour pour elle. Ben oui, on s'est toujours bien entendu, elle a pas une histoire facile, elle est cultivée, engagée du côté que j'aime, intéressante, drôle, chaleureuse...C'est marrant comme le jugement se reforme dès qu'on est "débarrassé" des gens. Prends les morts. On en dit jamais du mal, t'as remarqué ?

lundi 24 septembre 2007

Homme, sweet homme

Je suis revenue dans mon quartier.

Non mais pas définitivement hein. Hélas. Enfin je tiens pas spécialement à y habiter à nouveau. Juste, à défaut de les regagner, si je pouvais en avoir, des pénates, ben tu vois, je dirais pas non. Mais c'est une autre histoire dont tu sauras le fin mot en temps et en heure.

Là samedi, je me dirige tranquillement vers le nouveau bar. Je marche sur l'allée centrale du boulevard, comme avant. Au niveau du bar en bas, j'ai une pensée pour tu sais qui mais je regarde droit devant. Je sens qu'on court derrière moi tandis que le téléphone vibre dans ma poche et que je franchis le seuil du tabac. Tout en décrochant je tourne la tête : le charmant charmeur chilien coureur m'attend dehors, ce qui me fait rire dans le téléphone où mon pote s'inquiète de l'heure du rencard et du coup je montre deux doigts au commerçant, qui me fournit aussi sec deux paquets de ma marque favorite. Ah c'est bien, le quartier, on n'a pas besoin de parler pour se comprendre.

Le charmant et moi, on est content de cet heureux hasard, du coup on danse une ronde de la joie ; il dit que ça lui manque de plus entendre mes conneries (oui, je suis très forte en conneries diverses et variées) (mais lui aussi) ; et puis qu'on s'était promis une nuit d'amour mais que je fais rien qu'à dire non ou à pas répondre, alors quand est-ce qu'on se voit ? Ben voilà on s'est vu, que je dis (championne du monde de la connerie crois-moi). Non mais pas comme ça. Ouais mais là je vais au nouveau bar, c'est l'anniversaire du Chanteur et il joue avec son groupe, ça va déchirer. Oui, il sait mais il peut pas y aller, il mixe sur une péniche ce soir. Alors on verra bien ce que la vie nous réserve, je conclue. En tout cas moi je me réserve, qu'il ajoute. Mais viens avec moi, avant qu'on boive un verre, j'ai laissé ma porte ouverte...Ah ah ah, je suis pas analyste mais je me marre.

Au nouveau bar c'est la joie et le bonheur. Y a même la grande dame. On chante et on danse. Le patron paye des coups. Et à la fin on se sustente d'une excellente chorba que c'est pas parce qu'on fait pas ramadan qu'il faut se priver.

lundi 17 septembre 2007

"Dans un mois, dans un an"

C'est dingue comme le temps passe vite. (Oui j'en ai plein comme ça) (attends, laisse-moi réfléchir, oui tiens : on serait mieux en vacances) (ou alors : mouais, ça va comme un lundi) (mon préféré : mais dans quel monde on vit ?) Bien entendu, si tu te trouves présentement en prison ou en maison de retraite, je suis pas sûre d'emporter ta conviction. Mais moi, du fait que je tiens ce blog depuis...ben en fait je sais pas combien vu que j'ai pas compté et que j'ai pas les archives sous la main pour vérifier...mais peu importe...eh bien disons que j'ai des repères temporels liés à cette activité n'est-ce pas ? Je crois que je suis pas claire du tout, c'est pas grave t'as qu'à lire en diagonale.

Parce que le blog, bon ça dépend ce que tu y mets évidemment, si t'exposes les photos de ton voyage au bout de la nuit ou tes mille et une recettes pour accommoder les restes de la semaine passée, non, là ça marche pas vraiment. En revanche, si tu racontes ta vie comme, au hasard, moi...alors là, tu traverses les saisons n'est-ce pas...et en principe, ça suit son cours cyclique, les saisons reviennent ainsi que les événements y afférents. Je dis bien en principe hein, parce que des fois...sans vouloir être vulgaire, avec ce putain d'été pourri là (t'y crois que je suis presque pas bronzée ?)...ouais bon, mauvais exemple les saisons ok. Faut faire gaffe t'as vu, y a des pièges. Le coup des tournois par exemple, méfie-toi mon ami. Le foot a fait place au rugby. Même le mois de Ramadan ça tombe jamais pareil. Ah c'est pas simple...Mais on va y arriver. Prends Noël, la teuf. Ça oui, ça revient tous les ans le même jour. Ou alors, plus simple, ton anniversaire. Bien.

Ce genre d'occasion permet de faire des bilans, de mesurer le chemin parcouru, tout ça. Et aujourd'hui vois-tu, je me revois parfaitement, l'année dernière à la même époque, te rendre compte d'un week-end particulier. J'ai du mal à réaliser tellement j'ai l'impression que c'est encore tout proche. Franchement l'évolution (non parce qu'on va quand même pas s'avancer au point de parler de progression) l'évolution, j'insiste, est flagrante. À l'époque, pas bien stabilisée sentimentalement parlant, je misais sur un charmant charmeur chilien en pensant que la voie monamour s'avèrerait sans issue...alors qu'aujourd'hui je me suis engagée...à rien, attention, commence pas à me stresser...je me suis engagée, à rien donc, mais avec (nuance) ce même monamour. Tu m'aurais demandé : mais ça fait combien de temps ce week-end particulier ? (enfin bon, t'as remarqué que tous mes week-ends sont particuliers bien sûr, c'est façon de parler), tu m'aurais demandé, mais jamais de la vie j'aurais estimé le temps écoulé à 1 an, jamais de la vie. Et pourtant si. Déjà 12 mois.

Enfin c'est pas tout ça, il est peut-être temps de te révéler c'est quoi donc que je te racontais l'année dernière, qui s'est renouvelé récemment et qui déclenche cette prise de conscience. C'est quoi donc donc ? Il s'agit, camarade, de la Fête de l'Huma (ah ben chacun ses repères, que veux-tu). Comme je voudrais pas en faire un marronnier, je ne t'en dirai pas grand-chose. Pour pas trop te souler, j'aimerais mieux, à la manière de Grand corps malade, "m'arrêter d'un coup sec", sauf que bien sûr j'ai pas son talent, excuse-moi par avance si je précise quand même que les Ogres de Barback m'ont enchantée sur toute la ligne, notamment la dernière, en reprenant, de nos chers Bérus, le Salut à toi.

mercredi 5 septembre 2007

"Mon grand appartement"

Les cartons faits, normalement tu peux déménager. Sauf que là tout de suite, de par les fonctions d'agent secret de monamour...bon tu le répètes pas mais ouais, monamour il est agent secret, et franchement le commun des mortels se rend pas compte de ce que ça représente. Enfin moi, en tant que mortelle assez commune, si, hein, je vois à peu près. Disons qu'au niveau de la disponibilité, c'est plutôt flexible. D'ailleurs faudrait peut-être que je me demande pourquoi je m'attache toujours à des gars dans ce genre (oui ben ça va hein, j'ai des pistes, pas la peine de faire ton malin). Tu vois, le gars qui rentre du bureau tous les soirs à 19h30, qui s'installe avec un whisky devant le JT, qui prend un bain moussant d'une durée approximative longue, qui décide de confectionner des lasagnes ricotta-épinards en écoutant un concert de Pau Casals ? Eh ben pas du tout ce genre-là. Non, flexibilité je te dis. Le gars souple quoi (pour ta plus grande satisfaction, soit dit en passant). Qui peut jamais prévoir de quoi demain sera fait, car qui le peut hein ? qui ? Non parce que, je sais pas si t'es au courant, mais les lasagnes aux légumes du soleil, si t'as pas un peu anticipé l'achat des ingrédients, c'est pas à minuit que tu vas trouver une épicerie ouverte, surtout si on est lundi. Alors y a des fois oui, y a des fois non. Et là où c'est original c'est qu'il est même pas normand, tu vas pas le croire, il est antillais. Mais ça n'a rien à voir. Toujours est-il que ça facilite pas la recherche d'un logement.

Ah oui, enfin je veux dire ah non, on n'a pas perdu de vue l'objectif qui est, je te le rappelle, vivre ensemble dans un petit nid d'amour douillet. Mais là les circonstances sont pas favorables au niveau du dégagement de temps en vue de visitation (sache que trouver un logement, c'est mystique). Alors, puisque c'est ainsi, tes cartons, tu les mets dans un garde-meubles. Et après tu squattes un appartement dont le propriétaire est en vacances. Personnellement dans l'idéal, j'aurais choisi un autre quartier, car l'ouest parisien, je sais pas j'aime pas (lien de cause à effet, car finalement, à l'usage, c'est pas si mal, plus je connais, plus j'apprécie, à part les bars, qui laissent tellement à désirer que je les fréquente pas. Enfin bon, c'est pas dans ces quartiers qu'on fait la teuf, je ne t'apprends rien). Et puis quand on te propose, temporairement soit, mais t'en connais beaucoup des choses éternelles toi peut-être ? à part les neiges, et encore, on se foutrait de notre gueule que ça m'étonnerait pas...quand on te propose un appartement libre d'une superficie de 100 mètres carré juste pour toi et tonamour, tu dis oui. Ou alors tu te démerdes. On a dit oui. Et c'est pas désagréable la vue sur la tour Eiffel (dans cet immeuble, les étages ont deux chiffres, enfin sauf les premiers, sois pas stupide, et celui où je loge commence par un 2...), regarde elle a la tête dans les nuages, ah elle clignote, oh elle s'éteint. Et tous ces endroits spécifiquement dédiés à des activités particulières (redondance lourde afin que tu comprennes bien que y a l'endroit où tu cuisines, celui où tu manges, celui où tu dors, celui où tu lis, celui où tu bois l'apéro...Ouais ben j'ai pas l'habitude moi), sans parler de la diversité du décor pour les jeux sexuels en tous genres, ni des méga-teufs que tu peux organiser là-dedans...Autant te dire qu'on s'habitue vite à cette débauche (non d'accord je sais, ça c'est pas nouveau, laisse-moi finir quand même) de luxe (merci).

Toute bonne chose ayant une fin (alors les neiges, hein, qu'on arrête cinq minutes), le propriétaire va revenir, un jour ou l'autre mais prochainement. Cela dit, on a un plan B, dont je te parlerai en temps et en heure. Afin que je puisse conclure de façon originale et tellement drôle, il te suffit pour l'instant de savoir que ce sera un autre appartement squatté. Bien. Allons-y. Attention les yeux (la réverbération, ça je veux bien, ok. Mais déjà faut du soleil, et le soleil ça fait fondre les neiges si tu vois ce que je veux dire...). Je suis donc sans domicile fixe, on est bien d'accord ? Alors bon, comment dire, vous auriez pas un petit deux-pièces, m'sieurs-dames ? c'est pour vivre.

mercredi 29 août 2007

À la recherche du carton qui cartonne

Tu n'es pas sans savoir que l'élément de base pour déménager, c'est le carton. Un appartement où habiter aussi, oui, bien sûr, mais commence pas à m'énerver. Chaque chose en son temps. Donc le carton si tu permets. (Oui je fais des phrases courtes. Quand on commence à m'énerver, je fais des phrases courtes, sache-le). Et le carton figure-toi que ça se trouve dans le commerce. Non mais va pas croire non plus que j'ai acheté des cartons. N'importe quoi. Dans le commerce ok, mais gratuit.

1) Supermarché où je vais jamais.

- Bonjour, c'est possible de récupérer des cartons ?

- Ah c'est vous la dame qui déménage ? Vous êtes venue la semaine dernière c'est ça ?

Bon alors toi tu commences fort. Je veux bien que t'aies 15 ans à tout casser et que tu fasses ton premier petit boulot mais c'est pas une raison pour me traiter de dame hein, je viens tout juste d'avoir 84 ans. Pour la peine je vais dire oui, tiens, allez, je sais très bien que c'est pas moi la dame qui déménage, vu que je suis pas une dame, mais juste pour rigoler...

- Oui oui je déménage (non mais pour rire on te dit, je comptais pas la spolier de ses cartons la dame en question)

- Maman ! C'est la dame qui déménage.

Ouh toi...il te reste plus qu'une vie. Tu répètes encore une fois que je suis une dame et c'est game over.

- Mais non c'est pas elle.

Ben non c'est pas moi. Est-ce que j'ai une gueule de dame franchement ?

2) Supermarché où je vais parfois.

- Bonjour, c'est possible de récupérer des cartons ?

- Ah pas aujourd'hui, le lundi on a rien. Mais bon...

- Et vous êtes livrés quand ?

- Le mardi et le vendredi.

- Ah ben je peux repasser demain alors ?

- Oui...si vous voulez...mais bon...

Mais bon quoi exactement ? Mais bon quoi ? on peut savoir ? J'te jure les gens qui finissent pas leurs phrases, ça me...enfin bref. (Quoi ?)

- Vous pouvez les mettre de côté pour moi ?

- Oh mais vous savez y aura pas grand-chose hein. Mais bon...

Ok on sent que t'as vachement envie de rendre service toi, c'est sympa.

3) Supermarché où je vais souvent. - Bonjour, c'est possible de récupérer des cartons ?

- Mais bien sûr, y en a là, y en a là aussi, servez-vous, choisissez ceux qui vous plaisent !

Eh ben euh...du moment que c'est des cartons, ils me plaisent hein, je suis pas raciste. Mais bon (comme dirait l'autre), si tu y tiens, ceux des lessives sentent bon, disons que j'ai une préférence pour ceux-là.

- Vous voulez que je vous garde ceux de demain ?

J'en ai déduit que mieux vaut s'adresser aux commerces que tu fréquentes. En même temps, cette nana si avenante, c'était la première fois qu'on se voyait.

L'étape suivante c'est mettre en forme tous ces jolis cartons. Avec du gros scotch marron. Très sympa le gros scotch marron, j'adore, en plus j'ai le dévidoir qui dévide trop bien et qui coupe net que même pas t'as besoin de ciseaux. Bon ben là j'en suis à peu près à 200 mètres de gros scotch marron pour te donner une idée de comment je kiffe.

Puis tu remplis. Allègrement. Un fond sonore bérurier sur lequel tu chantes à tue-tête renforce l'efficacité et l'énergie. ♫ Allez allez les tribus du Vietnam ! Allez les Iroquois du macadam ! Géronimo ! GÉ-RO-NI-MO ! oh oh ! Apache ! Apache ! ♫ Allègrement les cartons tu remplis, te dis-je. Mais attention pas avec n'importe quoi. Il te faut de l'application et de la stratégie. Parce que le carton est fourbe, il a vite fait de devenir hyper lourd et après tes amis te maudissent (non parce que toi, déconne pas hein, le jour du déménagement, tu les portes pas les cartons, ben non, toi t'es posté dans l'appart et tu les agences, tu dis Ah ça c'est des livres, pose-le dans le salon...Ça ça doit être le four, la cuisine est par là...Etc, etc...Ça se passe bien comme ça un déménagement non ?)

Pour te donner un exemple, y en un j'ai mis cinq dicos plus la Bible plus la biographie de Mathusalem et, pour équilibrer avec un tant soit peu de légèreté, ce petit mot retrouvé au hasard du bordel ambiant : Paris, le 2 août 2005. Nous soussignés Ada, monamour, pote-de-monamour et nana-de-pote-de-monamour, nous engageons à partir vendredi 5 août 2005 à Vir(e) , en train, dos d'âne, de chèvre ou de Coco de Paris (cochon d'Inde alors en pension chez moi pou cause de vacances de ses maîtres), ou tout moyen de locomotion que nous jugerons bon. Fait pour servir et valoir ce que de droit. Nous nous réservons la possibilité de partir jeudi 4 août 2005, sous réserve que mademoiselle Ada soit libérée de sa mission de service public auprès de l'État français.

Maintenant que j'y pense, j'aurais dû conserver la caisse de whisky qu'on a descendue cette nuit-là, ça aurait pu servir...

lundi 27 août 2007

Saison 1, épisode 102/102

Normalement je devrais pas. Selon les nouvelles règles, je devrais pas. Disons que ce sera l'exception qui les confirme. Parce que là ça ressemble trop à l'épilogue d'une série TV pour que je ne m'autorise pas une petite entorse au règlement, en plus ça parle de fracture.

Samedi dans un bar du quartier, mais un où on va jamais, c'est l'anniversaire de ma copine ex-serveuse du nouveau bar. Mon pote et moi on arrive bien chaud, juste au moment de la bouffe. Nickel, la session apéritive ayant fait son office, je crève la dalle. Et puis le gars qui a mitonné tout ça a assuré, j'aurais bien repris une assiette à la place de la part de gâteau. Mais bon on s'adapte, buvons une bière.

Arrive le gars à la guitare. Pas invité. Par hasard. Depuis le voyage sur la terre de mes ancêtres, j'avais comme qui dirait pas donné suite. On s'était bien croisé sur le boulevard début juillet, et on avait bu des coups mais rien de plus. Et d'ailleurs, maintenant que j'y pense, ce même jour, en terrasse, était également venu s'attabler une personne avec qui j'avais fini la soirée, avec qui on en avait pas seulement bus, on en avait aussi tirés, tu suis ?

Bref ç'aurait pu me mettre la puce à l'oreille car voilà que quelques instants plus tard arrive, toujours pas invité, toujours par hasard, le charmant charmeur chilien. T'avoueras quand même que bon hein ça s'invente pas.

Je me retrouve donc sur la banquette, en face mon pote, de part et d'autre de moi-même, m'encadrant bien serrée, les deux susnommés, à gauche le charmant, à droite la guitare. Une situation comme on les aime, une position confortable, tavernier la même chose.

La gestion du gars à la guitare se fait tout en douceur, tu vas voir.

- Dis Ada, quand est-ce que tu me rends mon livre ? (Pirates et empereurs : le terrorisme international dans le monde actuel, Noam Chomsky)

- Ah oui c'est vrai, ben si tu veux je peux aller le chercher maintenant...

- Oh oui. Oui oui. Mais est-ce que ton nouveau fiancé va te laisser me le rendre ?

- ...Ben oui évidemment.

Là je me dis oh putain les nouvelles vont vite, car quelques jours auparavant, j'ai moi-même fêté mon anniversaire (85 ans) au nouveau bar, c'était aussi une espèce de soirée d'adieu au quartier et j'ai annoncé officiellement mon emménagement prochain avec monamour. Mais c'est pas de ça que me cause le gars à la guitare, j'y suis pas du tout. En fait il est persuadé que mon pote est le nouvel élu. Raté. Et que je l'invite à venir récupérer son livre dans mon pieu. Encore raté. Non mais je parle pas français ou quoi ?

- Dis Ada, tu voudrais pas me caresser la tête ?

- Non.

Précisons que pendant ce temps, de ma gauche, me parviennent des frôlements auxquels je ne réponds pas mais que je ne fais pas cesser.

- Dis Ada, tu voudrais pas me rouler un palot ?

- Non.

- Tu voudras plus jamais me rouler un palot ?

- Non, plus jamais.

Et voilà, exit le gars à la guitare.

Le côté gauche en profite pour se rapprocher encore plus si possible. Et de demander à mon pote : "Ça t'ennuie pas si on sort deux minutes Ada et moi, ça fait longtemps qu'on s'est pas vu, et j'ai une question à lui poser". Je me dis que c'est rapport au blog, vu que, selon son désir, je lui avais passé la plupart des notes le concernant. Il a trouvé ça vachement bien (tu m'étonnes, ça cause de lui, ça l'intéresse), vachement drôle, il a aimé les commentaires aussi et il veut que ça soit publié. Ben voyons. Mais c'est quoi la question ? Nous nous trouvons présentement dans l'encoignure d'une porte et tu te doute bien que y a pas de question hein évidemment y a pas de question, où ai-je la tête ? ah dans son cou t'es sûr ? Mais non, pas d'accord, pas d'accord du tout, que vient faire cette langue dans ma bouche ? je peux savoir ? Dans l'optique de nous offrir une session cage d'escalier, il tente un coup de poker en composant des numéros au hasard sur le digicode. Il va demander au serveur s'il connaît la combinaison. Non. Je préfère.

Quand on retourne dans le bar mon pote est sur le point de se barrer. Ça doit faire longtemps qu'on a disparu. Il reste boire des coups tandis que sous la table se déroulent des manoeuvres et manipulations à caractère excitatoire. Et puis je dis que je vais rentrer, que je vais pas les attendre. Alors le charmant sort du bar et attend que je dise au revoir à tout le monde. Je traîne. Il attend. Ça sert à rien, je suis déterminée à ce que ça serve à rien. Sur le chemin, je luis dis qu'on va pas passer notre vie à se dire au revoir. Oh ben lui il y verrait pas d'inconvénients hein. Mais moi si. Moi je déménage là, avec monamour. On se serre fort. Quand tu penses qu'il suffit d'une peau un peu trop douce pour basculer. Le charmant veut des bisous, des vrais. Mon dernier mot est Non. Et je remonte la rue.

Lui son dernier mot, c'était un SMS : Pötchõ pötchØ ?!

vendredi 17 août 2007

À la recherche d'un appartement pas trop perdu

- Bonjour monsieur, je vous appelle à propos d'une annonce parue sur sefaireniquer.com.
- Ah oui oui bien sûr.
- Peut-on prendre rendez-vous pour une visite ?
- Ah oui oui bien sûr.
- Demain par exemple ?
- Ah oui oui bien sûr.
- ...À quelle heure ?
- Eh bien (oh dis donc c'est pas une machine, c'est un vrai gars), quelle heure vous arrangerait ? (un gars arrangeant en plus)
- Dans la mesure où je travaille, l'idéal pour moi serait en fin d'après-midi.
- Quelle heure vous arrangerait ? (un gars un peu métissé avec une machine quand même)
- 18h30, 19h...
- Alors voyons voir, étant donné que j'ai plusieurs rendez-vous, je vais consulter mon agenda (oui très bonne idée). Ah, j'ai un rendez-vous à 15h30...Alors 18h30 ça fait un peu tard...
- ...
- Et si on se voyait entre midi et deux ? À 13h30 par exemple ?
- (ben à part que ça m'arrange pas du tout, vu que je taffe, comme je viens de te le dire...) disons 13h30 alors...

En sortant du métro je consulte le plan, je mémorise droite-droite-droite, facile. Mais ça paraissait pas aussi long sur le plan, si ? Oh puis après tout, c'est peut-être une question d'échelle hein, c'est vrai ça, on pense jamais à regarder les échelles et c'est comme ça que les accidents arrivent parce qu'après on te dit Attention je la retire, et toi tu regardes jamais alors bon. Bref. De toutes façons je me suis plantée, c'était gauche-droite-droite, eh ouais, j'étais pas rendue. Heureusement (je te rassure tout de suite avant que t'imagines que j'ai raté l'appart du siècle en errant comme une âme en peine), heureusement à un moment j'arrive devant le Sacré-Coeur et je me dis Tiens, ça c'est un indice duquel je peux déduire que je suis pas du tout dans la bonne direction. Allez demi-tour.

Heureusement bis (non parce que je te sens un peu inquiet pour moi là), heureusement bis j'avais prévu un petit quart d'heure de battement, histoire de faire le tour du quartier tu vois, genre où sont les bars, les restos, les trucs festifs et vitaux quoi...enfin ça c'est pour la version officielle. Sinon pour la version réelle, c'était plus pour avoir le temps de me paumer tranquillement et t'as vu...ça a parfaitement réussi. Connais-toi toi-même, ça c'est du conseil je te le dis.

Finalement j'arrive à l'heure. Ah vous êtes mademoiselle Ada ? Allons-y. Eh ben en fait non, enfin si, je suis bien mademoiselle Ada mais il faut qu'on attende monamour. Ah ben ça alors, figurez-vous que la jeune fille là-bas attend aussi son ami. Aujourd'hui c'est les dames qui sont à l'heure tandis que les messieurs se font attendre, c'est drôle ah ah ah. Oui ça me fait trop marrer, arrête...Heureusement ter, monamour descend élégamment du bus quelques secondes plus tard. Nous montons.

Il faut que je te dise que 35 mètres carré, ça fait pas grand. Je veux dire quand tu veux vivre avec un gars qui mesure 1m92, faut quand même un peu d'espace. Et puis la soufflerie façon hélicoptère qui se déclenche dès que t'allumes la lumière dans la cuisine et dans la salle-de-bain...bon ben faut croire que les proprios ils veulent chasser les mauvaises odeurs. Et puis t'es sûr qu'on fait rentrer un lit dans ce qu'ils appellent la chambre ? Ou il faudra choisir entre un lit et une armoire ? Non parce que le truc là, le placard oui admettons, euh comment dire, j'ai pas le compas dans l'oeil ni rien mais à mon humble avis, les étagères, en largeur (d'ailleurs je me demande si pour ce genre de dimension on peut encore parler de largeur ou de profondeur, doit y avoir un terme plus précis non ?) elles font 10 centimètres. Maximum hein...

Bien. Avec ces nombreuses qualités soulevant notre enthousiasme, que crois-tu que nous fîmes ? Eh ben on laisse un dossier au monsieur bien sûr.

lundi 13 août 2007

♫ Ah je trouve ça beau (de ch'val), génial, admirable (de lapin) ♫

Bon par exemple admettons t'es invité au mariage du cousin de tonamour. Tu fais quoi ?

Moi déjà je râle. Non mais c'est vrai quoi, c'est loin, ça te bouffe un week-end comme si t'avais que ça à faire dans la vie et puis ça me soule ces réunions de famille, sérieux, est-ce que j'ai une famille moi ? Alors.

Acte manqué I. Tu sais qu'en ce moment j'ai une voiture (et si tu sais pas je peux pas te renvoyer aux archives, merci à toi de faire comme si t'avais compris en hochant la tête avec un fin sourire). Du coup ben on décide d'y aller en voiture. Les beaux-parents à l'arrière (mon dieu, les beaux-parents, j'ai écrit les beaux-parents, tu te rends compte un peu ?) monamour en co-pilote et Ada au volant. Ouais. Sortie du garage : nickel. Arrêt à la station-service, remplissage du réservoir : nickel. Redémarrage : problème. Tu croyais quand même pas que ça allait être si simple ? Chacun y va de son diagnostic : t'es sûre que t'as mis le bon carburant ? (tout le monde) moi je suis sûre que c'est l'huile (belle-maman) regardons la notice de démarrage (monamour) c'est quoi ce bouton qui clignote ? Mais bien sûr que oui j'ai mis du SP95, bien sûr, et non c'est pas l'huile, mais si vous continuez à me gueuler dans les oreilles, ça va tourner au vinaigre. Au bout de très longtemps d'infructueux essais et d'appels téléphoniques à de supposés experts (ah c'est le démarreur ça ma p'tite, tu donnes un bon coup sur le moteur et ça repart. Euh...t'es sûr ? Non parce que c'est pas ma caisse hein, et puis le moteur le moteur, c'est bien gentil mais qu'est-ce que t'entends exactement par moteur ?), monamour et moi partons en quête d'un garagiste. On laisse les vieux dans la voiture mais t'inquiète, ils avaient de l'eau et les vitres ouvertes, et même des bonbons à la menthe au cas où ils auraient la gerbe, à l'arrêt oui, mais bon à c't'âge-là on sait jamais comment ça va réagir, t'as qu'à voir moi, 83 ans, bientôt 84, et quand j'ai pas envie, faut pas me forcer, sous peine de s'exposer aux représailles de mon inconscient et ce mariage tu vois bien que je veux pas y aller, sinon je ferais pas d'aussi splendides actes manqués.

Parce que oui, quand le garagiste examine le truc, il me regarde, il dit : elle est pas à vous la voiture hein ? Alors je réponds : Ben non je l'ai volée, vu que bon, oublie pas que je suis trop drôle. Et lui il appuie sur le petit bouton et hop ça démarre. Le coup de l'alarme là. Si c'est pas réussi comme acte manqué. Sauf que quand même je suis persuadée que le propriétaire de la voiture m'avait pas expliqué l'astuce (cependant je décline toute responsabilité quant à la mauvaise foi de mon inconscient) (oh mais si, j'assume, j'assume, en bonne analysante, ça te va comme ça ?). Rions en coeur.

Soulagement général et remerciements chaleureux au garagiste qui nous fait rien payer, même pas son déplacement, il y a encore des hommes bons sur cette planète (et des souris oui peut-être), on part avec deux heures de retard mais on part, on sort ♫ se joindre à l'affluence ♫, pile poil dans les bouchons hein étant donné que c'est le jour des départs en vacances, pourquoi se priver. Et quand on finit par arriver, on met trois plombes à trouver l'hôtel. Normal. "Alors ? on vient visiter le Puy du Fou ?", nous accueille le réceptionniste (quand je te dis que ça me disait rien ce plan).

Non monsieur, non, on vient pour un mariage et figurez-vous qu'il y a des gens qui ont l'idée de se marier à Cholet (sans vouloir trop préjuger, du peu que j'en ai vu, ça porte bien son nom comme ville, il fait chaud et c'est laid) (ah oui je suis hyper calée en étymologie), oui ça existe (pas Cholet non - encore que...moi j'ai découvert son existence y a peu finalement - les gens qui s'y marient je veux dire...et même maintenant que j'y pense, le truc de ouf, y a des gens qui y vivent) (tu me diras y a bien des gens qui vivent à Paris) (et je te dirais : truc de ouf !) (remarque, à la réflexion, on s'en fout, les gens vivent où ils veulent, tant qu'ils vivent, c'est déjà pas mal) (c'est vrai quoi, on se contente de peu de nos jours. Prends la météo. On est en plein mois d'août, tu vois qu'il fait gris mais qu'il pleut pas, eh ben t'es content).

Acte manqué II. Le lendemain je suis réveillée par les lamentations de monamour : oooooooh nooooooooon...non, non, nooooooooooooon, c'est pas vrai, mais quel con, quel con c'est pas possible ! Que se passe-t-il de si bon matin ? je me suis transformée en mur ou quoi ? Mais non t'es con, il se passe qu'il a oublié ses chaussures à Paris. Eh bien je vois que je suis pas la seule à y aller à reculons à ce mariage...Commençons la journée par un bon fou rire puis rationalisons : il est 9h30, on a rencard à 10h30 à la mairie, d'ici là on va dégoter une boutique de pompes, ce serait bien le diable. Sauf que faut déjà trouver le centre-ville dans ce bled. Des ronds-points, ça oui, y en a à la pelle, ce qui aide vachement à se repérer (j'ai l'impression d'être déjà passé par là...Dis on n'est pas en train de tourner en rond par hasard ? Ben c'est un peu le principe du rond-point...Ah j'te jure, c'est d'un pratique). On tombe sur un magasin de costards, on entre pour se renseigner (on se croirait pas trop dans l'émission du gars qui a disparu, tu sais, le truc au trésor là ?) et monamour en ressort avec une chemise. Logique hein, on cherche des chaussures, il achète une chemise, tout va bien, il nous reste 22 minutes, pas de souci. Il fait 30 degrés à l'ombre, c'est mieux pour courir.

Finalement on trouve, on n'est même pas en retard et on s'amuse en plus, vraiment hein la vie est pleine de surprises. Je te passe les cérémonies bien chiantes, en plus à l'église j'arrive jamais à chanter, le temps que je mémorise l'air, on passe au psaume d'après, c'est pas hyper convivial je trouve. Juste à un moment le curé nous fait une page de pub en brandissant le dernier opus de Benoît XVI...ça s'est vachement modernisé l'Église hein...Ça commence à devenir intéressant à partir du vin d'honneur, à part la boisson rouge qui pétille comme un kir royal mais ça n'en est pas (et je dois dire qu'on sait toujours pas). Plus tard, au resto, je suis à côté d'un gars qui a soigné la maîtresse d'un ancien ministre. Eh ben, j'en apprends de belles...mais point trop non plus, secret professionnel et psychiatrique oblige. Oh la la, merde, un psychiatre...va-t-il déceler ma névrose à l'oeil nu ? En tout cas il fait comme si de rien n'était. Et puis faut quand même préciser que je fais pas si folle que ça à côté de sa femme, toute en paillettes que tu croirais que c'est elle la mariée mais non pas du tout, elle aime juste se faire remarquer et quand je lui dis que le marié ressemble à un Jean-Luc Delarue noir, elle répond : oh ben la mariée je la trouve un peu froide. Mais elle ressemble à une jument et moi j'aime les animaux. Allez hue, circule.

mercredi 1 août 2007

Week-end à rhum

Oui. Je sais. Toi aussi tu m'as manqué. Mais bon tu connais les nouvelles règles.

Alors la question du jour, je te la livre directement sans transition et sans tourner autour du pot (de mousse) (oui c'est histoire que tu te perdes pas, vu que depuis l'effaçage des archives suite à tu sais quoi, sur ton moteur de recherche tu fais que taper "pot de mousse", même pas y a des trucs un peu drôles ou salaces, non tu veux du pot de mousse et rien que du pot de mousse. Eh ben t'en as) (eh ! tu sais quoi ? en tapotant sur mon clavier je me rends compte que je suis bien contente d'être là tranquillou avec toi qui va pas tarder, j'avais oublié comment c'est trop sympa, j'ai presque envie de t'embrasser dis donc), ah et puis ça faisait longtemps qu'on s'était pas paumé dans des parenthèses aussi, mon dieu que la vie est belle...Bien. La question du jour qui nous occupe aujourd'hui (quel hasard hein ! quand je te dis que c'est une journée particulière) : imaginons tu connais un jeune provincial qui vient fêter ses 30 ans à Paris, imaginons ; tu fais quoi ?

Moi, déjà, je sors du taff. Avec une idée fixe : faire le ménage. Ah non pardon, ça c'est toi. Bon disons que j'essaye de me motiver pour organiser un minimum le désordre. Sauf que, évidemment, au moment où je monte dans le métro, je tombe sur une copine du quartier. Alors on va se poser au nouveau bar, normal. Et là le temps passe fourbement jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un quart d'heure pour atteindre la gare où débarque le provincial trentenaire. Ah. Je cours donc. Tandis que je gravis les escalators, le comité d'accueil posté en bout de quai s'inquiète par téléphone interposé : Hey Ada tu fous quoi là ? le train entre en gare ! J'arrive j'arrive, c'est quel quai ? Je dis C'est quel quai ? Mais si y a du réseau, c'est ma respiration que t'entends, je suis essoufflée, je cours dans les escaliers je te signale, alors c'est quel quai ?! Le numéro du quai c'est quoi ? J'épelle Q.U.A.I. Non toujours pas ? Bon laisse tomber, on va faire autrement : vous êtes où bordel ?!? Eh ben voilà...Au final, gestion parfaite du timing, le provincial arrive avec sa valise en carton et deux autres provinciaux, nous les accueillons en fanfare comme il se doit et nous migrons tous au nouveau bar (en réalité ça donne : Bon on fait quoi ? Ben je sais pas. Vous avez mangé ? Oui. Non. Moi j'ai pas faim. Vous voulez peut-être vous débarrasser des bagages d'abord, non ? Oh pas obligatoirement non, qu'est-ce qui est le mieux ? C'est là qu'il faut pas laisser passer l'occase et dire: On a qu'à aller boire un coup au nouveau bar).

Vers minuit, quand on est plein de bière, tout le monde va se coucher. Tout le monde ? Non. Une alcoolique mondaine accompagnée de sonamour et de sa copine du quartier ne résistent encore et toujours pas à l'appel du dernier verre. Qui en appelle un dernier. Qui lui-même...etc etc (tu viendras pas te plaindre d'avoir mal à la tête demain). J'atteins mon lit assez tôt matinalement parlant.

Réveil (un samedi non travaillé, j'te jure c'qu'on fait pas par amour). Non seulement la nuit a été courte, mais en plus c'est le moment de faire un peu de rangement. Alors je t'explique, le rangement c'est pas compliqué, tu fais des tas, des tas de livres, des tas de fringues, des tas de papiers, des tas bien symétriques et hop on dirait que c'est rangé. Après je cours (thématique du week-end. Marathon woman c'était moi) jusqu'au parvis Beaubourg ousqu'on a rendez-vous à 11h (du matin hélas) vu que les provinciaux ils sont quand même là pour visiter, eux. J'ai vingt minutes de retard et une gueule de bois de l'enfer (non mais je me plains pas : je t'informe).

Tourisme donc. À pied. Tout à pied. Des Halles au jardin du Luxembourg, en passant par les quais (aaaaaah les transats de Paris-Plage, je voulais plus me lever) (et pourtant tu vois à la base, Paris-Plage, en bonne snob, ça m'enthousiasme pas des masses. Après quand tu tiens à peine debout, tu révises tes jugements), puis la pyramide du Louvre et finalement, un éclair de lucidité, on prend le bus (s'asseoir par pitié s'assoir) (cinq minutes. Avec ou sans toi. S'assoir, quel pied) jusqu'à Montmartre, on boit un coup chez Amélie la pouliche (rue Lepic) (en plus, c'est pas pour faire la rabat-joie (ou la re-snob) (ou genre je lis les Inrocks) mais franchement j'ai pas aimé le film, non j'ai pas aimé) mais si ça peut faire plaisir hein, moi tant que je suis assise, tout me va.

Ensuite chacun va prendre une douche, je fais une sieste de 17 minutes et tout le monde débarque chez moi (oh comme c'est bien rangé...Moi-même j'ai du mal à me repérer) pour l'apéro. Champagne ! Au bout de la deuxième flûte ça commence à aller très bien. Allez joyeux anniversaire ! Resto, fiesta et tout le tralala ! Et demain on aura tous la gueule de bois, pas que moi, ouais, youpi ! grasse matinée générale !

En plus il pleut, c'est pas la peine de se lever. Je pourrais te raconter l'expo à la Villette si t'étais pas déjà tellement soulé. Y a que les pintes de bière qui t'intéressent, oh allez je te connais va, et puis c'est humain. Et c'est pas les moules-frites qui suffisent à éponger. Oh que non. D'autant qu'après on change de crèmerie et là ça dégénère en Cuba libre, Margarita, Mojito, Whisky, faites vos jeux, rien ne va plus. Non parce qu'ils sont bien adorables les camarades provinciaux, mais moi je taffe demain hein, enfin aujourd'hui...disons tout à l'heure quoi, ah merde je suis bourrée ou je suis déjà à la bourre ?

En rampant j'y vais au taff. En rampant vite, mais en rampant. Et eux ils débarquent, frais (moyennement) et pimpants, après une deuxième grasse mat. Et c'est qui le guide qui leur fait visiter mon-lieu-de-travail ? Après ils prennent le train en sens inverse. On va pouvoir envisager de se reposer. Oh oui oui oui, du repos, du dodo. Enfin.

Non mais je leur en veux pas, je les aime. Surtout celui qui a dit : "Ils la changent pas souvent l'image autour de la Géode quand même".

mardi 10 juillet 2007

Voici un message qui m'a laissée perplexe assez longtemps :

La vie...L'amour...


7.7.7


~ ¿


Puis j'ai compris. Et toi ?

jeudi 5 juillet 2007

Un gars, une pute

J'avais pas prévu de revenir te voir si tôt, mais là attention, va pas croire qu'il se passe des trucs de ouf genre des événements notables que je brûlerais de te confier, non, pas du tout en fait. J'irai pas jusqu'à dire que ça suit son cours tranquillement (non quand même pas, j'ai pas trop envie de passer pour l'incarnation de la loose non plus, genre la routine et tout, ouh comme c'est vilain, attends, ma vie à moi elle trépide) mais bon, ce que je veux te dire, c'est que ce matin, sur le chemin du taff (et voilà, merci hein, franchement depuis le temps qu'on se connaît toi et moi, je te dis Ce matin sur le chemin du taff, et faut que j'insiste pour que tu percutes, bonjour les encouragements...Degré 3 sur l'échelle des arrivées, un peu de respect ok ?), je marchais sur une voie pavée et tu sais comment c'est, la vie elle trépide, comme convenu ci-dessus, et les pensées elles vagabondent (solitaires comme des clochards célestes) (ah ça nous rajeunit pas tout ça ouh la, c'était le temps où tu voulais gravir la Sainte-Victoire avec un paquet de cacahuètes en guise d'énergie et de la weed en pagaille) (et puis tu t'aperçois que ta montagne là franchement elle est naine et les cacahuètes quand t'es en pleine croissance c'est un peu léger, surtout quand y a pas de bière, mais n'empêche j'suis une beatnik dans ma tête)

Bon écoute si je vais pas à la ligne on s'en sortira pas. Ce matin donc j'ai pensé à quelqu'un à qui je pense jamais, le genre de personne dont tu te dis Ah oui c'est vrai qu'elle existe celle-ci et d'un seul coup, comme si j'avais trempé une tartine dégoulinante de confiture dans un chocolat fumant, tout s'est désencombray (je peux t'expliquer, à nouveau, mais après je te fais une bibliographie pour les vacances), et bim je te présente "La pute".

La pute, c'est son nom hein, pas sa profession, j'y suis pour rien, on m'a dit Elle c'est une pute, j'ai fait comme on m'a dit. Un petit chef. À l'époque où j'étais en relation hiérarchique avec elle, j'étais jeune, j'avais un boulot de merde (aujourd'hui t'imagines même pas comment j'ai évolué. Patronne du camping Ada, attends) mais j'avais une vie qui trépidait tu vois, comme d'hab, des hommes par milliers etc. Tandis que la pute, elle était déjà vieille et toute moche, et son mari aussi, en plus elle l'aimait plus, ça se voyait trop qu'elle en était au degré zéro de la vie. Et quand on en est là, on devient aigri, normal.

Bon moi au début elle m'aimait bien surtout qu'il y avait eu une grande grève et qu'on se retrouvait souvent au piquet, genre on est tous des frères en lutte tout ça tout ça. Ouais ouais. Juste elle gagnait trois fois plus que moi et y avait la lumière du jour dans son bureau, à elle. Et elle se la jouait condescendante, comme quoi elle était pas payée pour faire le sale boulot, contrairement à moi. Mais à part ça elle était solidaire. La pute.

Mon bureau du trente-sixième sous-sol, je le partageais avec un gars : délégué syndical à mi-temps, glandeur l'autre moitié (enfin si, il lisait la presse quand même). Bon. Il se trouve que le gars en question est tombé fou amoureux de moi. Un mec normal quoi. Jusqu'à ce que ça devienne relou de trouver des mots d'amour et de désespoir partout, on a réussi à bien s'entendre.

Un jour où j'étais seule, la pute débarque et commence à me reprocher un truc. Je te passe les détails mais sache que j'étais parfaitement innocente car je travaillais consciencieusement (non mais à l'époque j'avais un toxicomane à charge aussi, alors boulot de merde peut-être, mais boulot. Cosette m'a un peu copiée) (oh ça va détends-toi, je te rappelle juste à quel point ma vie trépide). D'habitude ces accès d'aigreur à la pute, ils me passaient largement au-dessus (bon sauf la fois où elle avait dit : oh là, moi je suis propriétaire mais jamais de la vie je louerai à des asiatiques, ça pue trop quand ils font à manger). Cette fois, j'étais mal lunée, j'en avais marre, va savoir, je me mets à gueuler plus fort qu'elle. Peu impressionnée par ma tentative de rebellion, elle renchérit c'te sale pute. Ben moi aussi, y a pas de raison. Je me disais même Dis donc Ada, de mémoire comme ça, il semble que tu n'aies jamais gueulé aussi fort. Mais ça me soulageait pas trop et ça la calmait même pas l'aut' vieille pute. Alors je suis passée au cran supérieur. J'ai été à deux doigts de la taper. Je t'assure. C'est à moi que ça a fait le plus peur mais comme elle était pas dans ma tête, elle pouvait pas deviner, elle s'est arrêté net.

Le lendemain elle organise une fouille de mon bureau (ah oui moi aussi j'ai halluciné) (non mais c'est ça les mal-baisés, quand y a un sens qui travaille plus, les autres se développent et niveau connerie elle cartonnait). Je suis fortement incitée à balancer le gars amoureux (bravo Hercule Poirot, tu avais trouvé le coupable, quelle perspicacité), mais chacun son taff hein, si t'as peur du délégué syndical, c'est pas mon problème, tu te démerdes, j'ai rien à déclarer, moi je suis au top sur le contexte géopolitique international grâce à lui, je vais pas me plaindre. Plus tard elle fait son mea culpa (tu noteras qu'à aucun moment elle n'a parlé de mes esquisses de menaces physiques) mais c'est bon, moi je m'arrache dans un service plus accueillant, parce qu'entre un gars amoureux et une pute, ça commence à faire trop pour moi. Aujourd'hui elle est à la retraite et peut-être elle a les oreilles qui sifflent mais c'est rien à côté de ce qu'elle a failli prendre.

lundi 2 juillet 2007

Secrets et mensonges, c'est trop bien comme film, alors je trouve que c'est pas mal comme titre, sauf que là, la vérité si je mens

Théoriquement, je te préviens, je suis contre ce genre de choses. Ada ne s'abaisse pas à tant de facilité. Ada vaut mieux que ça. Ada, c'est la création à l'état pur, l'inspiration toujours renouvelée, hors cadre et hors contrainte, de l'original en version intégrale. En pratique, Maud me refile sa chaîne, c'est la première fois que ça m'arrive...oui, une sorte de dépucelage. Et là, me connaissant, tu vois venir le truc : la virginité c'est pas ma pinte de blonde, donc bon hein, bien obligée.

Au début j'ai pensé te la faire façon septivium (trivium plus quadrivium) (le compte est bon) mais déjà que ça risque d'être chiant, je vais pas en rajouter tout de suite.

La paresse. Ouais bon c'est pas un scoop, je sais. Sauf que là je t'explique pourquoi. Longtemps je me suis levée de bonne heure. En fait, toute ma scolarité, et particulièrement en classe de cinquième (5° L) (non mais t'imagines combien y avait de classes dans mon bahut ?) car j'avais cours tous les jours, sauf le dimanche. Tous les jours je me levais à...bon je sais plus exactement, mais une chose est sûre, je devais impérativement partir de chez moi à 7h15 (ante meridiem) (oui ben je suis frustrée de mon septivium que je voulais même te le faire intégralement en latin, mais t'es pas drôle), 7h15 pour choper le ramassage scolaire. Cette année-là je me suis jurée que dès que je serai une femme libre et libérée, ça se passerait autrement, non mais oh. Je tiens parole, j'arrive à la bourre au taff. Équilibrons avec la vertu opposée, l'ardeur : Ada aime beaucoup Nabokov, n'en déplaise à Houellebecq (je sais, ça n'a rien à voir).

L'orgueil. J'ai longtemps été persuadée que je chantais juste, vu que y avait quelqu'une vachement douée dans mon entourage (comme quoi l'imprégnation du milieu ne joue pas sur moi). Même je trouvais que j'avais une belle voix. Encore aujourd'hui je me dis parfois qu'elle est pas dégueu. Mais y a aucune raison, vraiment aucune. Vertu opposée, l'humilité : en CM1 (oh putain j'ai l'impression d'être chez l'analyste, là. En plus tu dis rien), quand je me suis entendue sur le magnéto, j'ai cru que c'était un garçon. Et sur mon répondeur plus tard, t'aurais cru une fillette. Bon ben faudrait savoir hein. Du coup j'ai remplacé par une petite musique, mais c'est pas moi qui chante je te rassure. Après j'ai fumé plein de clopes et bu plein de whisky pour obtenir la raucité des femmes fatales. Faut juste pas se rater, on a vite fait de confondre avec un cancer de la gorge.

La gourmandise. Je crois que je suis vraiment alcoolique (non mais sans rire, on est sérieux là, je m'appelle Ada, bonjour Ada, j'ai 83 ans et je suis malade alcoolique abstinente depuis trois heures et douze minutes, bravo Ada), mondaine peut-être mais je vois pas ce que ça change. Vertu opposée, la modération : je ne mange pas d'aliments sucrés. Parce que j'aime pas ça. Les jeux sexuels avec moi, c'est plus mayonnaise que confiture, ah ben il en faut pour tous les goûts.

La luxure. Alors là si tu veux c'est un peu ma spécialité j'ai envie de dire. Je suis hantée, le rut le rut le rut le rut ! Tournée générale de mayonnaise ! Vertu opposée, la chasteté : j'aime aussi Mallarmé (si tu ne comprends pas, je peux t'expliquer).

L'avarice. Bon ben tu n'es pas sans savoir que c'est vachement lié au déroulement de ton stade anal hein...Vertu opposée, la générosité : je fais caca.

La colère. Dernièrement je m'en suis beaucoup voulu de publier des choses que je voudrais pas mettre entre toutes les mains. Faut quand même être con t'avoueras, la nana elle veut que ça reste un peu secret mais elle le dit à tout le monde. Vertu opposée, la joie (la tienne hein) : je continue (non mais de rien va).

L'envie. À 83 ans, bientôt 84, quand je vois toutes ces grands-mères là, je me dis que c'est pas juste, et moi alors ? Vertu opposée, la charité : je t'épargne le récit de ma mise en couple avec monamour (cf la colère) mais plus pour très longtemps vu que c'est un peu mon fond de commerce, alors tremble.

vendredi 22 juin 2007

♫ Désormais vous êtes invités à laisser l'État dans les WC où vous l'avez trouvé en entrant ♫

Je suis fatiguée fatiguée fatiguée et c'est pas spécialement le gars psychopathe de mon taff qui dit jamais bonjour et qui ce matin m'a doublé sur le trottoir en faisant des sauts de cabri (pas parce qu'il était pressé, juste histoire de me passer devant puis de ralentir tout à son aise, les gens sont cons qu'est-ce que j'y peux, on fera pas leur bonheur malgré eux), en plus il arrêtait pas de se gratter la cheville ou de remonter sa chaussette je sais pas, et en montant les marches il s'est retourné furtivement, genre j'ai l'impression d'être suivi, ben oui ducon, on travaille au même endroit, à la fin j'en ai même ri...bref c'est pas ce psychopathe ni les crêpes de gerbe de nos joyeux congénères fêtards de la musique mais malades qui m'ont mis la pêche.

La fête de la musique en fait c'est un barbecue géant et si tu te poses dans un bar, t'es obligé de gueuler comme dans une boîte de nuit, avec queue pour accéder aux chiottes en option. À ce propos, suite à quelques tâtonnements empiriques, j'ai mis au point une technique pour pisser en toute sécurité, notamment dans le bar où la porte ferme pas à clé, je te la livre dès fois que ça t'arrive (si tu es un homme, ça te concerne beaucoup moins, bien que je ne connaisse pas ta position préférée en la matière) (et après ça tu pourras pas dire que la vie est simple) :

Alors avant toute chose tu prends quelques feuilles de PQ, c'est important de pas oublier, ça peut tout compromettre. Ensuite tu procèdes au déshabillage de la partie basse de ton corps, dans un premier temps en tournant le dos à la porte, pour ce qui concerne la phase dégrafage de braguette, ainsi en cas d'ouverture intempestive de la porte, ton intimité est préservée. Tu opères ensuite un retournement assez inattendu et très rapide où d'un geste sûr tu saisis, disons de la main gauche, la poignée de la porte, tandis que ta main droite (celle-là même qui tient les feuilles de PQ, oui) s'occupe de baisser ton pantalon et ta petite culotte. Bien, à ce stade tu es au comble de la fragilité, alors je te conseille de faire vite. Je ne sais pas si tu visualises bien la scène : tu es actuellement accroupi (non pas assis, les filles ne s'assoient pas sur les chiottes, sauf chez elles et chez les gens qu'elles aiment beaucoup), une main sur la poignée et, détail qui tue, sur la pointe des pieds, car étant donné la salubrité du lieu au fur et à mesure de l'avancée de la soirée, si tu te la joues pas danseuse, ça trempe dedans...eh oui c'est crado. Après c'est facile tu fais tout pareil mais dans l'autre sens, en lâchant la poignée de la porte le plus tard possible. Variante moins discrète : crier à tue-tête pendant toute la session CÉTOKUPÉ, CÉTOKUPÉ, CÉTOKUPÉ. Et puis si t'es pas satisfait, t'es pas remboursé, vu que l'efficacité du système dépend un peu (ne nous leurrons pas, nous visons ni plus ni moins à limiter les dégâts) de ta capacité à résister en cas d'attaque et de forte poussée de l'autre côté. T'es un sportif ou bien. Et si tu portes une jupe, je te conseille plutôt de demander à ta copine de te tenir la porte comme au bon vieux temps. Et puis tu te laves les mains, t'es gentil, ou alors t'arrêtes de bouffer les cacahuètes.

Franchement t'as vu, j'ai de quoi être crevée. En plus, avec monamour, on a tout bien fait, on s'est inscrit partout, on a activé des alertes, comme quoi ils nous préviennent trop vite, à n'importe quel moment du jour et de la nuit, direct ça s'affiche et ça clignote, ils t'envoient un mail qui fait sonner ton portable, c'est moderne, je crois même qu'on est en lien direct avec le commissariat, ou la maison blanche, je sais plus trop, et ils te disent : ah tiens y a un taudis minuscule et hors de prix, ça rentre peut-être dans vos critères. Enfin toujours est-il que hier c'était notre première visite d'un deux-pièces, on était trop mimi avec nos petits dossiers sous le bras et le paquets de photocopies nécessaires, on arrive devant le bon numéro et là y a la queue dans tout l'escalier, on estime l'attente à environ la moitié de la nuit et on se casse direct. C'est prometteur moi j'dis.

Bref je suis cuite et je vais de ce pas passer quelques jours au soleil, pour un repos bien mérité oui tu peux le dire. Tu as donc quartier libre jusqu'au 2 juillet.

lundi 18 juin 2007

Tout est bien qui finit bien (sauf que ça commence)

Je te dois quand même quelques explications, c'est la moindre des choses. Comme dans les ruptures amoureuses quoi, sinon tu restes comme un con sans savoir pourquoi, sans un mot de réconfort, avec tes questions qui résonnent dans le vide, tu te heurtes à l'écho du silence, après t'es tout traumatisé et c'est pas comme ça que tu vas soigner ton angoisse d'abandon. Ben non. Alors je t'explique.

C'est une nuit où je suis tranquille chez moi et où je dors profondément. Tellement profondément que j'entends pas mon téléphone qui bipe et rebipe à qui mieux mieux. Au réveil j'ai 4 SMS et 1 appel en absence en provenance du charmant charmeur chilien : quelqu'un l'a reconnu dans un bar ! et comment ça j'ai un blog !? L'avantage de ce genre de message, c'est que ça réveille en deux-deux, monamour a pas encore posé le pied par terre que j'ai déjà pris une douche et son lait songe tout juste à frémir que me voilà dans le métro. Pour synthétiser : je suis en état d'urgence.

Je fais une arrivée au taff très remarquée. Sur l'échelle de mes arrivées au taff, y a le degré 1, entre 11h30 et 14h, le plus courant, ça n'étonne personne...y a le degré 2 entre 10h et 11h30, bel effort mais toujours à la bourre...puis y a le degré 3, avant 10h, sous les applaudissements. Tu t'en doutes, c'est degré 3, faudrait presque inventer un degré 4 pour ce jour-là. Face à l'écran, la touche "Supprimer ce blog" me tente. Mes tendances suicidaires sont pas assez fortes et puis je veux mettre deux trois petits mots d'adieu, alors je m'autodafe (oui ben maintenant ça existe puisque je l'invente).

Ensuite je réfléchis plus en profondeur. Je viens de parer au plus pressé. Et maintenant ? Est-ce qu'on en reste là ? Je prends

- mes renseignements à gauche à droite pour savoir ce qui s'est précisément passé.

- conscience que si les gens dont je parle sont reconnaissables, c'est parce que je fais en sorte qu'ils le soient.

- mes jambes à mon cou et non ce n'est pas pornographique.

Au plus profond de l'intérieur de moi j'ai pas trop envie d'arrêter. Comme toutes ces filles tu sais (ben oui, j'ai constaté ça chez les filles, j'en fais pas un théorème, ni au jasmin, c'est juste ce que j'ai vu), toutes ces filles qui écrivent plus dès qu'elles ont trouvé un amoureux...comme si le temps qu'elle consacrait au blog, maintenant c'est tout pour lui, bonjour la créativité, l'indépendance et tout le bazar...et si t'es une copine, estime-toi heureuse qu'elle veuille bien déjeuner vite fait avec toi une fois tous les 6 mois. Et elle s'est pas encore reproduite, t'as pas tout vu. Bon ben moi rien ne dit que j'ai trouvé l'amoureux hein, même si je t'accorde que le faisceau d'indices est assez probant. Non sérieux je vais être un peu plus originale que ça, merde.

En même temps, je ne peux plus écrire de la même façon, je vais être obligée de me censurer puisqu'il y a une probabilité, même faible, que je sois lue par quelqu'un qui me connaît. Me censurer ? Tu rigoles...Eh non, soit je fais ce compromis, soit je fais rien. La seule solution, c'est de ne plus parler de ce quelqu'un. Et puis ce beau SMS, reçu une fois les esprits calmés, fait pencher la balance : Je tiens à te dire que je ne t'en veux pas, j'étais sous le choc (...) Je ne veux pas t'empêcher de t'exprimer ni de partager. Je trouve même ça beau. Je sais à quel point les livres sont pour toi ce que sont les disques pour moi, je ne les apprécie que si je les partage.

Alors c'est décidé. Tu es sur un nouveau concept de blog, un blog dont la "première" note t'annonce que c'est la dernière, j'te jure on s'marre trop. Oh tu peux cacher ta joie, je sais que t'es content. Par contre t'es gentil, pour la sécurité de tous, si tu me croises dans la rue, fais comme si tu m'avais pas vue.

jeudi 7 juin 2007

Je ne t'en dis pas plus

Sois fort, il le faut, cette fois c'est vrai.
(Eh ! c'est pas la peine de télécharger 20 fois la page, y a pas d'erreur d'affichage. Je sais, tu as du mal à accepter la réalité, je sais)

vendredi 6 octobre 2006

♫ A long time ago we used to be friends but I haven't thought of you lately at all ♫

Un signe qui ne trompe pas chez moi, niveau loose bordélique : à un moment ça se répercute sur le physique. Ça y est j'ai la crève, tout va bien.

Sauf que c'est pas une angine et ça, c'est pas tout à fait normal. Mais je te rassure, si ça se manifestait au niveau de l'oreille, genre otite, je me poserais des questions, tandis que là ça ressemble à une trachéite, limite une pharyngite, donc tu vois, on sort pas du terrain balisé (comme dit l'analyste, y a quelque chose qui vous reste en travers de la gorge) (il est marrant l'analyste, tu trouves pas ? Si tu pouvais aussi trouver ce que j'ai en travers de la gorge, tu serais bien aimable)...alors je vais pas chez le médecin et je continue à fumer hein, faut pas déconner.

Et puis tant qu'on y est je vais taffer aussi. Avec de la fièvre c'est mieux. Pour te dire, hier j'étais en service public, aux prises avec une chieuse de première, une qui parle fort et qui dit des gros mots. Eh ben j'ai gardé le sourire et mon calme légendaire et à la fin je l'ai contaminée, elle s'est détendue. ♫ You give me fever...fever in the morning, fever all through the night ♫ C'est abrutissant la fièvre mais ça a le mérite de te faire prendre un peu de hauteur.

Donc t'imagines bien, le soir, c'est une soupe et au lit. Littéralement. Bon j'avoue, hier j'ai failli regardé Envoyé spécial, j'ai même enlevé la pile de fringues qui cachent l'écran et, encore plus fou, j'ai branché la télé. Mais en fait je me suis endormie. Puis j'ai été réveillée par une bonne vieille migraine, c'était cool (oui je me plains, j'ai le droit). Dans ce cas je m'autorise de l'aspirine, le psychosomatisme ça va cinq minutes, faut pas confondre avec le masochisme.

Et puis mon téléphone sonne. Numéro non répertorié. Je me méfie. Le mystérieux inconnu ami de Canada Dry a l'air d'avoir lâché l'affaire (si c'est lui, je raccroche direct). Mais y a un Charly qui m'appelle assez souvent ces derniers temps. Alors, avant que tu t'excites : avec Charly on s'est embrassé avec la langue, mais pas plus et c'était pour rire. Sauf qu'il aimerait passer aux choses sérieuses et j'ai eu beau lui expliquer que moi non, il insiste et à force je zappe. Cependant il est répertorié et il appelle toujours du même numéro. Donc je décroche.

Bonsoir, excusez-moi de vous déranger, je suis en train d'entrer mon agenda dans mon téléphone portable, je suis tombé sur ce numéro mais il n'y a pas de nom...

Oui ? c'est qui ?

Je m'appelle Mister Perché. Et toi, tu es qui ?

Mister Perché ? Moi c'est Ada !

Ada !

Mister Perché ou la passion foudroyante. Ah là là, les enfants, le truc de ouf.

Ça se passe au printemps, y a quelques années. Je viens de quitter mon cher et tendre. Mister Perché est muté dans mon taff et je suis chargée de le former. Premier jour : il est fort beau bien qu'un peu spécial. Il parle tout doucement, à la limite du chuchotement. Pour lui c'est un nouveau départ après plusieurs mois d'errance. Deuxième jour : il me dit qu'il a l'impression qu'on se connaît depuis longtemps et qu'on a été ami dans une autre vie, non ? Ah si. Si si. Absolument. Deuxième semaine : on va voir une expo ensemble. On achète une très bonne bouteille de whisky, il m'invite chez lui...j'y resterai jusqu'à ce qu'on se sépare quelques semaines après.

Avec Mister Perché c'est un peu l'amour fou, on peut rester enlacés à regarder le linge tourner dans le séchoir, on s'ennuie même pas. On mange des salades, à base de tomates, poulet les jours fastes, parce qu'on est grave en misère.

Bon évidemment on passe la majeure partie du temps à jouer au docteur. En général il commence par Oh mais qu'est-ce que vous avez là ? il faut que je vous examine. Et hop on grimpe sur sa mezzanine. Sinon : je vous prescris une séance d'aquathérapie. Et hop on file sous la douche. Et là, désolée d'alimenter un cliché, je dis la vérité crue, Mister Perché est issu d'un métissage breton-congolais et il a le plus énorme sexe que j'ai jamais vu...Impressionnant. À tel point que pour certaines pratiques, t'as tendance à hésiter, euh t'es sûr que...Mais l'élasticité du corps, qu'est-ce qu'on est bien foutu quand même. Voilà voilà.

Après, l'amour s'en va aussi vite qu'il est venu. Je t'épargne la séquence IVG (tous les préservatifs explosent). Je pars en vacances. Au retour il me fait la gueule, il ne veut plus me parler. Je ne comprends pas pourquoi mais comme j'ai d'autres chats à fouetter, qu'entretemps j'ai changé de service, que là où je bosse c'est un peu gigantesque, on ne se croise même plus et ainsi va la vie.

Mister Perché ? Mais tu as un téléphone portable ? Quelle évolution !

Oui ! Et demain j'ai une répèt à 10h30, mais avant il faut que j'aille à la piscine et après je dois aller bosser. (Mister Perché m'a tout l'air défoncé)

Ah c'est bien, tu fais de la zique alors ?

Oui. J'ai mon groupe. Tu as un stylo ?

Oui.

Tu as un papier ?

Oui.

Alors note : myspace.com...Le son est pas très bon mais y a des lyrics, tu iras voir ?

Oui bien sûr. Et comment tu vas ?

Ça va. Et puis tu sais, ça y est hein, c'est passé.

Ah ben tant mieux alors.

Il m'a fallu du temps...

T'inquiète pas, pas de problème.

Ok, alors je vais inscrire ton nom dans mon répertoire. Excuse-moi de t'avoir dérangée. À bientôt. Bonne nuit !

Renseignement pris, Mister Perché est dans une phase difficile. Il vient de quitter sa copine. Il s'est fait interner une journée à l'HP pour qu'on lui prescrive des médocs qui tuent, il se défonce, il vient au taff pas très souvent...mais on a signé la paix. Comme quoi patience et longueur de temps font que les choses finissent par s'apaiser, souvent à un moment où tu t'en fous, et alors ? c'est toujours ça de pris, je vais pas cracher dans la soupe, sinon qu'est-ce que je vais manger ce soir ?

vendredi 18 août 2006

Midnight express (sans sucre)

Y a des matins, j'te jure, tu ferais mieux de rester au lit.

Ce matin par exemple. J'étais de corvée. Bon pas non plus un truc complètement machin hein, mais quand même. Je t'explique la problématique : il m'incombait de réceptionner une clé, dans une gare, de la part d'une personne débarquant d'un coin lointain (par rapport à ici, tu vois bien ce que je veux dire), un coin (je dis un coin mais ça s'apparente plus à un continent) où ils ont 8 heures de décalage horaire pour te donner une idée.

Cette personne vit, durant l'année, en banlieue parisienne. Mais là elle n'était qu'en transit. Elle sautait d'un vol international pour monter dans un train grandes lignes (je fréquente que des aventuriers, tu crois quoi). Et cette personne savait que dans sa boîte aux lettres se trouve un courrier de la plus haute importance. Tu saisis ?

Regarde ce plan infaillible : on se serre la main, sur le quai, elle me glisse sa clé, ni vu ni connu, et je file en banlieue, en m'assurant de ne pas être suivie (mais j'avais tout prévu : un scooter m'attendait un peu plus tard, et tu sais bien, les scooters c'est ce qu'il y a de mieux pour semer d'éventuels poursuivants)...Je file donc, j'ouvre la boîte après avoir enfilé une cagoule (sur le casque, oui, on n'est jamais trop prudrent), puis je réexpédie le courrier à l'adresse provisoire de la personne. Un jeu d'enfants.

Faut dire aussi que ça faisait des mois qu'on bossait comme des chameaux (tu l'as vu celui ci ou je mets des guirlandes qui clignotent autour ?), on avait relevé l'emplacement des caméras, on savait comment désamorcer les systèmes d'alarme (non mais ça c'est pas le plus dur, il suffit de débrancher, c'est simple comme un coup de fil. Bon après faut sprinter) (quand tu sais pas, tu m'demandes hein, n'hésite pas), on avait pris des boulots de fabricants de cacahuètes comme couverture...creuser un souterrain à la petite cuillère pas de problème, l'évadé d'Alcatraz nous avait ouvert la voie, tout ça quoi, on était paré.

Le seul obtacle que je voyais à cette mission tout à fait possible, c'était l'heure à laquelle je devais faire sonner mon réveil : 7h. Du matin. Au début j'ai failli refuser (tu vois, je ne te cache rien). Moi, Ada, me lever à 7h ? du matin ? même pas en rêve (attends, je connais mes limites). Mais, après m'être concertée avec moi-même et ma paresse, j'ai finalement accepté, parce que cette personne je l'aime. Et elle m'aime. Et donc on devrait vivre heureux et faire beucoup d'enfants. Mais en fait c'est une fille, ça complique vu qu'on n'est pas lesbienne.

Alors ? Alors, après une nuit où je me suis réveillée toutes les heures, histoire d'être sûre de pas être à la bourre...mon portable a sonné, je me suis levée tel le zombie en phase terminale de métamorphose, etc etc...et j'allais sortir quand cette personne, que j'aime, je te le rappelle, m'a appelée pour me dire : on laisse tout tomber, la CIA est au jus, y a une taupe parmi nous, je vais me mettre au vert, fais comme si tu m'avais pas vue.

Tu l'auras compris, c'est du langage codé et ça signifie : je suis dans le RER, je crois que je vais rater mon train, mais en même temps c'est pas sûr, alors je vais courir, mais si je cours je pourrai pas te filer la clé. Ben ouais. On s'était pas entraîné au jeter de clé, elle avec 30 kilos de bagages sur le dos, et moi avec les yeux fermés (ah non, ils sont ouverts, mais ça se voit pas), on est con des fois hein, on pense à tout sauf à l'essentiel.

Que crois-tu qu'il advint ? D'une, elle a raté son train (mais ça, si elle avait lue le post d'hier...Madame Soleil c'est pas seulement parce que je suis bronzée). De deux, je vais quand même recevoir sa clé, par la poste, et me coltiner un aller-retour Paris-banlieue. De trois je me suis pas rendormie. Mais je l'aime (je dis ça pour mémoire).

Heureusement, alors que je commençais à me dire que cette journée s'annonçait on ne peut plus pourrie, j'ai reçu, par SMS, de la part de quelqu'un que tu reconnaîtras sans peine, ceci, qui ouvre des perspectives assez intéressantes :

Bip (non n'est pas ça le truc intéressant)

Je réponds : Ouiii ? C'est à quel sujet ?

Vous avez gagné un esclave sexuel pr le we !

jeudi 13 juillet 2006

♫ Should I stay or should I go now ? ♫

Bon ben je ne vous cacherai pas que ça m'a un peu calmée c't'affaire...

Sur le coup j'étais sous le choc, avec assistance respiratoire, massage cardio-vasculaire et tout et tout. Non allez, juste j'ai bu le premier verre de rosé relativement vite. Ensuite y a eu les explications du charmant sur le mode je suis désolé, c'est parce que j'étais pas à l'aise, je voulais pas te vexer...Mais tu m'as pas vexée, tu m'as scotchée, c'est pas pareil. Et maintenant je sais pas bien quoi en penser.

Disons que si c'est effectivement de la jalousie, ça va pas être possible. Non vraiment sans façon, j'ai côtisé hein, faut que ça tourne un peu (à titre d'exemple, si je m'avisais de regarder autre chose que mes pompes ou Ses yeux, à lui cet ex d'une autre vie, je me faisais accuser de mater les gars dans la rue. Erreur d'appréciation...j'étais jeune...et amoureuse surtout. Mon dieu comme tout cela est loin braves gens. Et puis en plus, depuis quand c'est interdit de mater les beaux gosses ?). Bon après tout, s'il est jaloux, il est jaloux hein, c'est pas moi qui vais le changer. Le cas échéant, no way.

Le truc, c'est qu'il s'en défend. Il annonce au contraire à tout bout de champ qu'il n'est PAS jaloux, qu'il n'est PAS fidèle. Libéré à fond quoi. Libre dans sa tête (et pourtant il s'appelle pas Diego. Ça aurait été pas mal n'empêche, Diego, j'aime bien), libre dans sa vie. Moi j'veux bien (d'autant que ça me ressemble assez) mais ça manque de cohérence au niveau de l'articulation discours-actes (et ton arthrose, ça va ?).

Si vous voulez mon analyse personnelle de la situation...oui ? non ? manifestez-vous hein...je pense que son attitude est due à un manque d'assurance. Il éprouve manifestement quelque chose d'assez fort pour moi, mais il ne sait pas si c'est réciproque et ça le met en état d'insécurité. Ce que je comprends bien...car moi-même je ne suis pas bien assurée de mes propres sentiments. Voilà quoi, en gros je ne tranche pas la question jalousie, je lui laisse le bénéfice du doute (bien que je doute du bénéfice. Mais faut savoir douter du doute, on vous a bien appris ça quand même).

Et donc je suis pas allée à l'apéro auquel on était invité hier soir. Non. Au début je me disais, allez, repos ce soir, parce que mine de rien la teuf m'a bien rétamée. C'était sans compter sur (ex)-monamour, qui m'a téléphoné et avec qui j'ai passé une très bonne nuit. Quoi ? Faut pas me chercher, c'est tout.

mercredi 12 juillet 2006

♫ I was feeling insecure, you might not love me anymore ♫

Ouais mais oh, j'vous vois venir hein, alors on se calme, faudrait voir à pas s'emballer. C'est pas parce que j'ai dit que je l'aime que tout de suite faut s'imaginer des trucs et des machins. D'accord je l'ai dit. Ok. Ce qui est dit est dit. Mais quand même. N'allez pas croire que ce soit si simple.

Hier, devinez où j'étais ? Exactement. En terrasse, au bar en bas de chez moi, avec un couple d'amis. On boit l'apéro et on décide d'aller manger à côté. Je me lève et qu'est-ce que je vois derrière la chaise ? Un skate. Forcément je regarde. Y a pas si longtemps, ça m'aurait fait ni chaud ni froid, mais là, un skate, attends, ça m'intéresse. D'autant plus qu'après examen minutieux de l'engin, je leur dis : mais je le connais ce skate ! Je mate autour, histoire de trouver le propriétaire. Personne. Intriguant...Le propriétaire est peut-être aux toilettes ? Non. Je dégaine mon téléphone : ben alors, je viens de rencontrer ton skate, tu fais quoi ? Je suis monté prendre une douche. Mais ça fait longtemps que t'étais derrière moi ? Ben oui, 20 bonnes minutes. Mais pourquoi t'es pas venu nous voir ? Parce que tu m'as pas vu. (???). Bon je descends là.

Je trouve ça un peu chelou mais j'attends de voir. Il descend, salue mes amis. Je lui redemande pourquoi il est pas venu dire bonjour. Et là, le truc de ouf, il me dit, plutôt froidement : ben voilà, je te dis bonjour. Et il me fait la bise. Oui tu as bien lu, la bise, sur les joues, en camarade quoi ! Genre on est des potes. Non mais il se passe quoi là ? J'ai raté un épisode ou bien ? Mais bon, y a mes amis, on va non plus y passer la nuit, je lui dis qu'on va dîner. Il me dit qu'il y a une teuf après. On trace chacun de son côté. Je suis légèrement perturbée, normal quoi.

Après le dîner je l'appelle. Il est tout content. Il me propose de le rejoindre, il est en train d'acheter des pizzas pour la teuf. Je lui glisse quand même que ouais mais y a un truc que j'ai pas capté. On va en reparler, répond-il. Tu m'étonnes Elton, un peu qu'on va en parler...La teuf. Sympa. Les potes du charmant charmeur chilien ont tous des balcons au 10ème étage, c'est une secte faut croire. Vue imprenable sur la lune rousse (enfin je sais pas trop s'il s'agissait bien d'une lune rousse, mais en tout cas on disposait d'une lune, de couleur plutôt rousse ok ?). Il y avait un rappeur fraîchement débarqué de sa contrée d'Amérique du Nord qui me regardait deloin au début, en me faisant des sourires. On s'est retrouvé sur le balcon. I spoke english all night long, avec ce grand gaillard hyper baraque mais tout en douceur veloutée. On a écouté sa zique, enfin sa voix surtout. Bizarrement on a longuement parlé de ma bad love story avec (ex)-monamour. Et de Jean-Paul Sartre, Michel Foucault, William Burroughs. Des pays d'où l'on vient. De ceux où on ira. Si on arrive à être synchro je lui ferai visiter mon lieu de travail. Bref y a eu un certain feeling.

En partant, le charmant charmeur chilien note : tu l'as trop fait kiffer le rappeur. Oui ok, mais si on revenait à nos moutons hein ? C'était quoi le problème ? Tu m'expliques ? Bon alors en fait, en arrivant au bar, il m'a vue avec cet ami, qu'il n'avait jamais rencontré, qu'il a trouvé très beau gosse (c'est vrai) et il a pensé qu'il s'agissait de mon ex. D'ailleurs c'est ça non ? c'est ton ex ? Non non (enfin si un peu, mais c'était il y a longtemps et on a choisi l'amitié plutôt que le sexe finalement, bon choix en l'occurrence), c'est juste un ami. Et je te rappelle qu'il était avec sa copine. Et après on dit que c'est moi qui vois pas...Oui mais il voulait se faire beau avant de venir nous voir, et puis il trouvait ça amusant d'être là incognito. Et le coup de la bise ? Ben pareil, vu qu'a priori c'était mon ex, et que j'avais l'air tellement "subjuguée" par notre conversation...Non mais j'te jure, où va-t-il chercher tout ça ? Il me rejoue le coup du "Jte biz" avec rendu de monnaie. Il s'est fait tout un trip jalousie à deux balles, sous couvert de "J'voulais pas déranger". Curieux quand même. Un peu énervant même. Mais mimi. C'est touchant de le voir touché. Tant que ça nous fait pas couler...

jeudi 6 juillet 2006

♫ Tiiiime is on my side, oh yes it is ♫

Il était une fois une faille spatio-temporelle qui faisait rien qu'à m'embêter en m'empêchant d'arriver à l'heure au travail ; alors que bon hein c'est pas du tout mon style. J'étais à deux doigts de déclarer forfait, mais je suis une battante moi, que diable. Je m'en vais donc vous livrer la méthode. Comment mater en deux-deux une faille spatio-temporelle-complot-mondialiste-de-la-bourre ? Comment ?

Tout d'abord, pour tromper l'ennemi, passer la soirée chez des potes, soi-disant pour voir un match de foot. Il s'avère que quand la France joue pas tout le monde s'en fout. Boire du rosé. Manger de l'ananas et du melon. Prendre les chemins de fer. Faire des bonds. Jouer aux dames chinoises. Prendre les chemins de fer. Admirer les éclairs dans le ciel. Prendre les chemins de fer. Brouter de l'herbe. Rapidement il est 8h du mat. À ce stade la faille ricane dans sa barbe, elle croit, naïvement, que c'est dans la poche. C'est mal me connaître.

Je poursuis. Hésiter à aller taffer, étant donné sa brillante forme physique...Renoncer. Et vlan. Première faille temporelle matée : quand on va pas au boulot, par définition on n'est pas en retard. Alors ? on rigole moins là hein ? Quant à l'objection qui consiste à bayer aux corneilles que : à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire...eh bien à cette objection je lui dis : attends la suite, tu vas voir.

La suite. Se lever à 18h après une bonne journée de sommeil. Boire de la tisane (et alors ?). Descendre au bar en bas pour l'apéro (et alors ?). La faille pense que sa revanche sera terrible. Même pas peur. Regarder le match en terrasse, debout sur une chaise (mais déchaussée quand même), avec le charmant charmeur chilien qui chauffe la salle. Manger une salade de la mort chez un pote. Puis des frites sur un banc à la fraîche. Se coucher vers 1h du mat. Léger handicap pour la faille : le décalage horaire est maîtrisé à la perfection.

En bon stratège, feinter : ne pas mettre le réveil en se disant qu'on se lèvera quand on se lèvera, faut pas déconner avec la fatigue. Alors là, la faille, autant vous dire qu'elle jubile. Sourire radieux sur sa face. Sur la mienne aussi, parce que, je sais pas pour vous, mais chez moi en ce moment c'est plutôt carrément sympa.

Être réveillée à 7h18 par un SMS : Allez allez ! Courage ! Ta bien dormi ? jé lu un peu é plouf jme suis endormi. Si tu ve jtacompagne pr te donner du courage !? (Le charmant charmeur chilien culpabilise parce que j'ai fait l'école buissonnière. Du coup il se transforme en coach). Répondre : Oui !!! 7h20 : Ok jariv ! T prete ? Répondre : Non !!! 7h24 : Tu ve un truc pr le pti déj ? jte rejoins chez toi stv ? Sinon dis moi ds combien de temps en bas.

La faille, bien que dépitée, y croit encore un peu. Parce qu'un petit déj au lit, on sait que ça peut dériver. Mais non. Garder l'avantage et se contenter de faire la route avec le charmant charmeur chilien en se disant des mots d'amour. Arriver au taff à 8h40. Deuxième faille temporelle KO debout. Eh eh.

vendredi 16 juin 2006

Des chiffres et des lettres

Quoi encore ? J'ai rien à dire là. Rien à déclarer. Circulez, y a rien à voir. Si l'homme était moins curieux, y aurait pas autant d'embouteillages sur les autoroutes accidentées et les couloirs du web deviendraient des boulevards pour le surf.

Non mais c'est bon, j'ai l'air d'être de mauvaise humeur mais c'est juste histoire de dire hein...Bientôt le week-end, on va quand même pas se laisser emmerder non mais. Y a juste que je dois pondre des statistiques, je cite, "en express svp". Y a une chanson qui dit ♫ Aucun express ne m'emmènera vers la félicité ♫, alors on se calme, y a pas le feu au lac.

Évidemment j'étais en congé-maladie (oui bon, j'y peux rien moi s'il faisait beau, ça a fait plaisir à tout le monde que je sache). Donc j'ai pas fait mes stats du mois de mai. Et encore, je suis pas la plus cancre. Y en a, ils ont pas rendu leurs stats depuis mars. Ouh les vilains pas beaux ! Sachant que ces chiffres qu'on nous demandent de fournir finissent dans des tableaux (d'accord, de superbes tableaux excel, que si tu fermes les volets (ou si tu les ouvres, j'sais plus), bon ok la lumière fait briller la poussière de ton parquet, mais surtout t'as les lignes qui défilent mais pas la première, celle-là elle reste bien en place pour t'indiquer de quoi elle te parle, tu vois quoi), des tableaux qui eux-mêmes finissent par disparaître, enfin moi en tout cas je les revois jamais, peut-être sont-ils biodégradables et donc plutôt écologiques au final...Mais surtout de quoi j'me mêle hein ? Je te demande moi de compter combien d'heures t'as passé à faire ci et combien à faire ça ? et combien de temps tu as donné à la sacro-sainte mission de service public...mais attention seulement du lundi au vendredi hein...les samedis et dimanches c'est pas dans la même case, d'ailleurs y a pas de case pour ça, non, le service public du week-end tu le mets dans la case "Récupération" s'il te plaît. Et les réunions tu les comptes en heures, pas en nombre de réunions. Et normalement dans la case "Autres" tu n'as rien à mettre parce que tout a été soigneusement répertorié, y a pas d'oubli a priori. Tu parles, moi dans la case "Autres", je mets le temps que je passe à faire mes stats. Na.

J'arrête de vous souler, c'est contagieux.

Alors bon, le divan c'est bien, et le mieux est l'ennemi du bien, mais le thon blanc c'est excellent...Cependant quand je reçois simultanément :

Salut Ada, tout se passe bien ? Moi j'ai passé une nuit horrible. J'ai veillé jusqu'à 5h30, lumière et TV allumées, trop nerveux pour dormir à l'idée de me retrouver seul, entre quatre murs inconnus, dans une ville inconnue. (...) Ce soir si je ne suis pas trop crevé, j'irai au théâtre. Et toi, quoi de prévu ? Je t'appelle avant le théâtre (...) (Vous l'aurez compris, c'est signé (ex)-monamour)

et :

Aloha ! Tu bosses bien à XXX ? Je sk8 (franchement si je ne savais pas qu'il fait du skate, j'aurais rien compris) ds le coin, jsré bien passé voir lé XXX et tattendre a ta sortie stv ?! (oui, c'est bien le charmant charmeur chilien)

qu'est-ce que je fais ? Je saute dans un TGV pour aller réconforter pauvre (ex)-monamour ? Ou je fais visiter mon prestigieux lieu de travail en me laissant bizouter comme une collégienne derrière les escaliers, là ousqu'on fume mais les pions disent rien ? Ou encore, troisième voie, je vais pisque-niquer avec les potes dans le parc de la Villette, comme nous en avions convenu antérieurement ?