mardi 31 juillet 2012

♫ I wanna love and treat, love and treat you right ♫

(Ouais ben mon chef est en congés et quand mon chef est en congés, c'est moi le chef)(et faire le boulot du chef en plus du mien, c'est très fatigant)(mais je suis quand même là pour le bilan d'étape, tu pourras pas dire que je suis pas sympa)

L'homme-au-nyme fait ramadan. Le reste de l'année il ne pratique que très peu, une prière le vendredi quand il y pense, quand il a le temps. Il fume, il boit, et cætera. C'est la première fois que j'ai une relation avec un homme croyant. Je pense que c'est un obstacle à une entente de longue durée dans la mesure où je crois au contraire qu'il n'y a pas de dieu. Je pense aussi que je ne pourrais pas former un couple avec une personne qui vote à droite ou qui est en faveur de la peine de mort (mais en fait je sais pas hein). L'homme-au-nyme se rachète pendant ramadan. Alors bien sûr parfois il me fait l'amour jusqu'à 5h du mat passées et c'est foutu pour la journée qui suit (très élégamment, à ceux de mes amis qui lui demandent pourquoi il ne jeûne pas, il répond Pour des raisons personnelles). L'homme-au-nyme va à la mosquée pour la prière de 14h et pour celle de 18h30. Ensuite il vient passer un moment avec moi et mademoiselle A. Il m'embrasse sur le front et ressort pour couper le jeûne, assister à la dernière prière et éventuellement veiller toute la nuit à base de lectures du Coran, méditation et bonne bouffe.

Fort bien. Sauf que je l'héberge. Et se faire réveiller toutes les nuits vers 5h, quand il te reste peu de temps de sommeil et que donc, forcément, tu te rendors pas, ça finit par te taper sur le système. Par ailleurs au bout de deux mois de dépannage, je souhaite aborder avec lui le sujet de ses projets pour la rentrée car je n'ai pas l'intention de l'héberger indéfiniment. Aussi je profite d'une veillée particulièrement tardive pour remettre les pendules à l'heure :
1) à partir d'une certaine heure, pour ne pas perturber mon sommeil, il ne rentre pas chez moi, il se débrouille
2) pendant mes vacances en août je ne vois aucun inconvénient à ce qu'il occupe mon appartement, mais à mon retour en septembre je souhaite qu'il ait trouvé une autre solution.

Il accueille le point 1 avec compréhension, il reste coi sur le point deux et je sens qu'il accuse le coup d'un dur retour au réel : même si nous nous entendons bien, même si nous nous aimons bien, cette situation ne peut durer qu'un temps, je n'ai pas envie de vivre avec lui (je ne sais même pas si j'ai envie d'une véritable histoire avec lui et, par dessus tout, j'ai envie de recevoir qui je veux chez moi, notamment des hommes).

Le lendemain il annonce qu'il va veiller et qu'il rentrera vers 7h du mat, heure à laquelle habituellement je me réveille et passe sous la douche.
Fort bien. Sauf qu'il arrive à 6h14...

Alors le soir ça clashe. Une fois de plus je lui signale qu'il ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Il vit chez moi, ce n'est pas à moi de m'adapter à son rythme. Explosion de colère : puisque c'est comme ça, je me casse ! Je trouve ça puéril et ridicule mais je ne le retiens pas, j'aurais préféré que le départ se fasse plus en douceur, mais l'objectif est atteint quoi qu'il en soit. Il met très longtemps à emballer des affaires qui le sont déjà. Je le lui fais remarquer, lui rappelle que j'étais prête à l'héberger jusqu'à la rentrée. Ton appart tu peux te le metttre au cul ! Je reste avec mademoiselle A dans sa chambre, porte fermée, pour la protéger de cette violence verbale. Mais il faut que je fasse accélérer le mouvement pour qu'enfin il soit sur le palier. Je claque la porte, je l'entends crier à plusieurs reprises dans le couloir Je comprends pourquoi le père de ta fille t'a quittée ! 

Je prends mademoiselle A dans mes bras, je lui dit On s'est disputé, elle penche sa tête contre la mienne en signe de compassion-réconciliation. Quand elle est au lit quelques minutes plus tard, je fume un gros spliff qui ne me fait ni chaud ni froid. Nous avons vécu une histoire en accéléré, fusion, lassitude progressive, vie décalée mais attachement réciproque, séparation de vieux couple. Je me dis qu'il va me manquer sexuellement putain.

Deux jours après, à savoir dimanche, le réveil sonne à 7h40.
À 7h52 j'avale les deux cachets.
Les premiers saignements arrivent à 12h02.
IVG médicamenteuse à domicile et en solo.

Le soir l'homme-au-nyme appelle pour prendre des nouvelles, les choses se passent comme indiquées par le gynéco, nous nous parlons avec douceur, nous devons nous voir ce soir.


Avec E. et S. nous sommes allés boire des coups le 14 juillet. Mais à 2h du mat chacun est rentré chez soi (et ce jour-là, j'étais bien contente de retrouver l'homme-au-nyme s'apprêtant à mater un film sur mon ordi (tu te doutes que je l'ai fait changer de programme)).

Mercredi dernier E. propose un pique-nique et un cinéma en plein air mais je préfère voir enfin, après tellement de rendez-vous reportés pour cause de logistique compliquée (on ne peut aller ni chez lui, ni chez moi), le charmant charmeur chilien exceptionnellement disponible à domicile.

E. tente pourtant de m'amadouer.

Mercredi 25 juillet
17h16 J'ai 4 tranches de rôti, 3 litres de smoothie, 12 canettes et 2 kg de prunes !!
20h51 J'attaque le rôti
20h54 Moi je suis au champagne...(le charmant charmeur chilien sait recevoir) mais j'avoue que je suis assez tentée par les prunes (je n'exclue pas à ce moment-là de les rejoindre à la Villette)
21h07 Allumeuse (il n'a pas tort car finalement je déclare forfait)

Jeudi 26 juillet
17h01 Hier soir je me suis dit "Les prunes comptent pas pour les brunes"
20h51 C'est sûr que les prunes c'est pas le dessert que sert l'abominable homme des neiges, mais ne crois pas que j'y sois indifférente, loin de là (saisit-il mes messages à double sens ?)

Demain soir, E. et S. viennent prendre l'apéro dans mon jardin.

lundi 25 juin 2012

♫ Ma femme s'est fait mettre un but par l'arrière-droit du Racing, j'aurais préféré le PUC, faut que j'en cause à Justine ♫

Dans un bar de Belleville, tandis qu'un groupe de Chinois se crêpe les nattes et qu'une sourde-muette communique en langue des signes et en visioconférence, on est tranquille, à quatre, à enchaîner les tournées. Comme dans la cour de récré, je suis passée par S. pour atteindre E., j'avais dans l'idée d'aller boire des coups, S. m'a expliqué le programme, j'ai accepté. Plus tard E. a passé une tête dans mon bureau : Alors , tu viens au foot ce soir ? Les deux écrans se font face, très ergonomique et convivial, nul besoin de se retourner pour suivre le match. Bien sûr je me fais charrier, à base de Tu sais qui joue ? Tu sais qui c'est le mec au milieu qui n'a pas le même maillot que les autres ? Tu veux qu'on parle tout de suite du hors jeu ? Chaque fois qu'un joueur frappe pour marquer, E. dit Boum !

Dans le salon, tandis que mademoiselle A émet ses derniers gazouillis avant endormissement (Tu do' ! Tu do' ! dit-elle à son bébé antillais) et que la pizza est au four, on est tranquille, tous les deux, sur mon canapé. L’homme-au-nyme fait tourner le bédo et m'explique la règle du hors jeu, que je crois comprendre sur le moment, mais vu ce qu'il m'en reste aujourd'hui : sinon c'est trop facile de marquer, je ne suis pas sûre d'avoir bien bien mémorisé. C'est le problème avec la fumette, tout devient passionnant et puis pschtt. Quand on était petit avec mon frère, on se blessait souvent au foot, et ma mère elle nous voyait, tout cassés, vautrés sur le canapé, elle disait Mais quand je vois le foot à la télé, ils ont une bombe pour les soigner, ils tombent, un coup de bombe, et ils se relèvent pour courir. Ramenez-moi une bombe de foot, elle disait ma mère. Chaque fois qu'un joueur frappe pour marquer, l'homme-au-nyme dit Bim !

Au petit déjeuner E. prend du thé dans le mug offert par notre employeur commun. Au vu de la météo, il annule le match de tennis programmé l'après-midi. Une balle jaune traîne dans son salon.

Au petit déjeuner l'homme-au-nyme prend du thé dans le mug offert par mon employeur. Au vu de la météo, il ne se risquera pas à l'extérieur, il enchaîne les mouvements (je comprends mieux ses muscles si bien dessinés) dont 3 séries de 15 pompes dans mon salon.

C'est mercredi soir, mademoiselle A est chez son père comme tous les mercredis et samedis soir désormais, je suis chez E., avec S., dans la cuisine. Nous grignotons un peu, nous buvons beaucoup. Soudain il est 2h, S. s'en va. J'ai ôté mes sandales depuis longtemps. Nous nous allongeons, nous nous caressons, nous nous endormons.

Parenthèse sexe.

L'homme-au-nyme
Pénétration vaginale : au moins une fois par jour, en moyenne deux (je l'héberge et nous nous voyons donc quotidiennement).
Sodomie : deux (en tout).
Cunnilingus : à peu près autant que de pénétration vaginale.
Fellation : deux (en tout).

E.
Cunnilingus : un (chez moi)
69 : un (chez lui).
Et basta, pas de pénétration au sens fort du terme. Je m'interroge...Alors bon c'est vrai que nous étions, les deux fois où nous nous somme trouvés en position d'agir, dans des états très alcoolisés, que je n'étais pas forcément hyper accueillante, voire un peu déshydratée, mais tout de même, je m'interroge...Tu t'interrogerais pas, toi ?

Reprenons.

Quelques heures après je suis réveillée par les caresses de E., c'est doux. Puis il se lève, il range, il lave, je comate. Il revient s'étendre près de moi, on parle, on rit. Mais je suis malade, moi qui d'ordinaire encaisse les cuites sans problème, j'ai la tête qui tourne, la nausée...je n'ai rien pu vomir dans son lavabo, son pain m'a fait du bien, il est midi. Il m'accompagne à l'arrêt, il attend que le bus arrive, nous nous faisons la bise. Lunettes noires, tête calée contre la vitre, je téléphone à l'homme-au-nyme, je ne suis pas sûre de supporter le trajet, j'ai peur de vomir dans le bus. Rappelle-moi si ça ne va pas, je viendrai te chercher en scooter, sinon on se retrouve chez toi , je suis dans ton quartier. Après avoir fait une razzia de Coca au supermarché du coin, l'homme-au-nyme me rejoint chez moi, nous passons directement au lit, et c'est pendant la sieste post-coïtale que je reçois le SMS de E.

Jeudi 21 juin
14h29 Bus 60, conduite souple ?
14h38 Failli m'endormir sur l'épaule d'une mamie. Bus 60, conduite exemplaire.

lundi 18 juin 2012

Fragments de discours pas spécialement amoureux

E. ou le caustique ironique (nique-nique, tu parles, que dalle oui)

Alors tu as bridgé un peu avec tous ces ponts ? Ah non c'était pas des vacances moi, j'ai fait de la peinture, j'ai décollé du papier peint, j'ai mal partout en fait. Alors toi t'envoies des SMS en pleine réunion...comment ça tu dois partir à 17h ? Quelles obligations ? Tu dois prendre ton goûter ?

Un happening où ils plantent des sondes dans du fumier, c'est une coloscopie non ?

Alors Machine demande sa mut' ? Ils la poussent un peu vers la sortie ? oh la pauvre...Remarque une fois elle m'avait donné les clés de la salle de réunion. Et sinon elle remets des chips dans les assiettes quand y a des pots. Ah si quand même hein.

Non mais les musées c'est jamais à taille humaine. Moi au bout de quatre heures tu me retrouves endormi sur une banquette. Ah les musées ça peut me faire du mal tu sais.

Ah j'ai été très déçu par cette réunion, ils avaient pas l'air en forme tous les deux, elle elle a changé de coiffure, ça va pas, je l'ai trouvé vraiment fatiguée et lui il avait les cheveux longs là, avec des plis dans le cou, alors que l'année dernière il avait ouvert avec une brosse courte, c'était quand même autre chose

Eh oui mais avec la courgette on est souvent déçu. Sous des dehors avenants la courgette est fourbe en fait.


L'homme-au-nyme ou le conteur bateleur (et de le connaître j'ai l'heur)

Ce matin je suis allé aux impôts, y avait plein de monde, normal c'est le dernier jour. Je me suis mis dans la queue mais au bout de cinq minutes ça m'a énervé, j'en avais marre tu vois. Alors je suis allé voir le mec je lui ai dit Moi je viens pas pour faire un dossier ou pour discuter avec quelqu'un, je viens juste pour déposer ça. Alors le mec a dit Ah mais oui donnez-le moi, je le mettrai dans la boîte aux lettres là. Et puis il a dit tout fort Qui vient juste pour déposer ça ? Et moi j'avais fini, j'étais en train de partir mais j'ai vu plein de gens sortir de la queue et se diriger vers lui. J'ai débloqué plein de monde en fait.

Tu sais ma mère elle faisait des ménages pour une grande entreprise et je l'avais remplacée pendant deux mois parce qu'elle était partie au pays. Eh ben ils m'ont demandé un acte de naissance et le bulletin n°2 de mon casier judiciaire. Pour faire des ménages ! c'est un truc de ouf. Et tu vois je bossais tôt le matin, à 6h, mais j'avais fini vachement avant la fin, alors j'ouvrais la grande baie vitrée et je fumais mon joint en matant leurs cassettes et leurs films. Et après des fois je voyais des pubs à la télé, j'disais Eh mais je l'ai déjà vue cette pub au boulot ! trop fort. Et y avait un gars sur son bureau il avait deux cendriers trop beaux, en pierre sculptée là, je les kiffais trop ces cendriers. Et j'ai fini par lui voler bien sûr et tu vois je les ai encore ces cendriers. Quand on s'est séparé avec la mère de mes enfants, je lui ai tout laissé, Tu peux tout garder, j'ai dit, je te laisse l'appart, tout, même mes CD, garde-les pour les filles ; Mais elles s'en foutent de tes CD, les filles elle m'a dit ; Si si, garde, y a une bonne culture musicale là, tu peux tout garder j'ai dit tout sauf les cendriers, ça je les prends. Et depuis chaque fois que je bouge d'endroit, je prends mes cendriers, ils me quittent jamais.

Moi j'ai frôlé la prison deux fois dans ma vie. La première fois, eux ils appellent ça agression, mais pour moi c'est plutôt que je me suis défendu t'vois c'que j'veux dire ? Cétait une fille qui me parlait et qui me poussait comme ça, une meuf qu'avait pas peur des mecs quoi, mais moi je répondais pas, je voulais pas me taper avec une meuf tu vois. Et puis son frère s'est approché alors là je lui ai dit Toi par contre tu me touches pas, et il a voulu se la jouer devant sa soeur, mais il me faisait pas peur, il était vachement moins impressionnant qu'elle. Eh ben en fait il s'est pas passé grand chose, je lui ai mis un coup de boule, il a eu le nez fracturé et après ils ont porté plainte et j'ai été jugé pour ça.

La deuxième fois c'était pour une carte American Express, j'ai dit comme ça à mon pote On a trouvé la poule aux oeufs d'or là parce que tu vois avec une carte American Express y a besoin que d'une signature, et la signature elle était trop facile à imiter. On était dans sa voiture et je lui ai dit comme ça Tu sais ce qu'on va faire mon pote ? On va se rouler chacun un gros joint, on va mettre de l'essence dans la voiture, on va s'acheter de la sape et on va se casser en Belgique, parce qu'à l'époque on bougeait souvent comme ça sur un coup de tête, juste pour aller en boîte des fois. Alors on démarre et à ce moment y a une caisse qui se met juste devant. Mais recule ! on lui dit Tu vois pas qu'on bouge, il est con lui ! Mais ça bougeait pas et plein phare en plus. Et y a deux mecs qui descendent comme ça et qui viennent vers nous. Alors je dis à mon pote Bon F. c'est la merde, va encore falloir se taper là. On sort, genre Y a quoi là  et là un des mecs sort sa carte : Police. Et moi tu vois j'te jure juste avant dans la voiture je pensais à mettre la carte dans ma chaussure mais j'ai pas eu le temps. Et le flic a regardé mes papiers, il a regardé la carte, il l'a retournée, comme ça il a fait comme ça, et puis il a vu qu'elle était pas à mon nom. Mais moi je l'avais trouvée cette carte ! c'est ce que je lui ai dit, à Porte de Bagnolet, en sortant du bus, y avait plein de gens, je me suis même pas caché, je l'ai ramassé comme ça tu vois. Alors il m'a dit Viens on va en discuter dans la voiture, je te mets même pas les menottes tu vois, viens t'asseoir. Et puis je suis parti en garde en vue, 4 heures, puis 8 heures. Heureusement la procureur elle a voulu me voir tout de suite. Et en fait la carte elle appartenanit à un mec qui s'était fait tirer sa caisse, alors ils ont voulu me mettre ça sur le dos, le casse de la caisse, mais ils ont pas pu parce que je l'avais pas la voiture moi ! Et ils m'ont mis 8 ou 9 mois de sursis pour ça.

Et tu vois quand j'était plus jeune j'avais un traumatisme par rapport aux éboueurs. Parce que j'avais remarqué que c'était pas trop des blancs blancs qui faisaient ça. En plus c'était pas comme maintenant, les poubelles c'était des grosses bennes en fer, je sais pas si tu te souviens, des trucs hyper lourds, fallait les soulever à la force du poignet et les renverser après, alors en une matinée ça faisait des tonnes à soulever. Tandis que maintenant c'est des trucs en plastique tout léger, tu les poses, t'appuies sur un bouton et hop ! ça se renverse tout seul, c'est pas dur comme avant, c'est pour ça maintenant y a plein de gens qui veulent faire ça, ils appellent ça rippeur maintenant t'as vu, c'est comme technicienne de surface. Et mon père il me disait Tu veux pas travailler à l'école ? Très bien. Mais regarde les gens qui viennent enlever les poubelles, même le dimanche ils travaillent, ils peuvent pas faire la grasse matinée, ils sont obligés de faire ce travail pour nourrir leur famille et ils ont pas le choix parce qu'ils peuvent rien faire d'autre, rien du tout. Mon père des fois il arrivait, il nous disait Bon vous avez quinze jours pour refaire le salon, ou la cuisine, ou même sa chambre des fois, il nous donnait de l'argent pour qu'on achète le matériel et après on travaillait comme on voulait mais il fallait que ce soit fini dans le temps qu'il avait dit. Et si on le faisait pas alors là il s'énervait vraiment, et il parle très bien français mon père, on pouvait pas lui faire à l'envers. C'est pour ça je sais poser de la moquette maintenant. Et ma mère elle disait Bon c'est pas parce que vous avez des soeurs qu'elles vont travailler pour vous hein les garçons, alors toi tu vas faire la vaisselle, toi tu vas faire le repassage...Et tu vois je lui ai dit récemment à ma mère, que je regrette pas, que c'est bien, parce que maintenant je sais m'occuper de ma maison.

Viens te reposer chou, ça se voit que t'es fatiguée, t'es quelqu'un d'enjoué et de souriant toi, t'es deuspi d'habitude, j'aime bien. Tu sais j'aimerais bien venir te faire l'amour dans les recoins de ton lieu de travail. Tu me fais des frissons partout, viens par là (...). Bonne nuit ma chérie.

Je t'ai pas encore fait un bisou ce matin toi, je voudrais te serrer dans mes bras. Tu passes une bonne journée, tu te portes bien, à tout à l'heure.

mercredi 6 juin 2012

♫ "Mus" à gauche, "tang" à droite, et à gauche à droite ♫

En route pour le taff en ce lendemain d'Ascension et surlendemain de la nuit blanche qui nous a réunis nus dans mon lit, qui donc trouvé-je sur mon chemin pour la toute première fois depuis plusieurs mois que j'emprunte ce trajet ? E. lui-même. Hasard, coïncidence ou stratégie ? Sa grande taille me permet de le voir de loin et de ne pas être prise au dépourvu. Il finit une discussion au coin de la rue et m'emboîte le pas. Chacun mange sa viennoiserie, on se demande si on a bien dormi, je lui dis que j'ai finalement fait appel au père de mademoiselle A l'après-midi, n'en pouvant plus de fatigue ; de son côté il a déplacé des meubles et fait un match de tennis (après une nuit blanche, oui, c'est moi qui suis vieille ou bien ?). Nous franchissons ensemble la porte de notre lieu de travail sans que n'ait été prononcé le moindre mot sur les activités auxquelles nous n'avons pas réellement eu le temps de nous adonner.

En milieu d'après-midi j'envoie un SMS : Quand est-ce qu'on continue le débat...?
Avant de poursuivre ta lecture, merci de bien vouloir interpréter, au moins mentalement, ce SMS : si tu reçois pareil message, comment le comprends-tu (avec le contexte d'échange de mails ici présenté) ? C'est fait ? Bon.
E. répond : Le débat je ne sais pas, mais un petit gorgeon de fin de semaine au Miroir est jouable. Sur place à 18h15
Même exercice si tu veux bien. Que crois-tu qu'il veuille dire par là ?
Je réponds : Mes contraintes n'ont pas changé, à part le samedi mademoiselle A est chez moi.
Il conclue par : Let's keep in touch alors

Vendredi 25 mai 1h34 Salut Ada, excuse-moi de te déranger, si tu dors pas tu peux m'appeler s'il te plaît, merci
Je dormais mais le bip du SMS m'a réveillée. L'homme-au-nyme est à la rue depuis que le pote qui l'héberge lui a fait savoir sans préavis qu'il était invité à quitter les lieux illico presto (les fumeurs de crack sont des gens assez inconséquents, sais-tu ?). Il arrive chez moi à 2h, me raconte rapidement ses mésaventures avant de me faire fumer un spliff comme j'en avais émis le vœu la veille et de m'honorer plusieurs heures durant. Tandis que nous sombrons peu à peu il me glisse J'espère que j'aurai le temps de te faire l'amour demain matin avant de partir. Eh bien non figure-toi, après deux heures de sommeil et une mademoiselle A fiévreuse, tu n'es pas hyper porté sur la bagatelle. L'homme-au-nyme revient le soir même, les problèmes de logement étant ce qu'ils sont et la bagatelle plus éveillée...Nous passons une partie du samedi ensemble, à traînasser avec mademoiselle A et sa rhinopharyngite, passant du pieu au canapé au gré des moments d'éveil de l'enfant qui l'appelle toujours papa avec un malin plaisir et malgré nos dénégations assidues. Nous nous séparons en milieu de journée, il passera la nuit chez son frère en banlieue tandis que je chasserai une chair fraîche, longiligne et androgyne sur la piste de danse (performance honorable mais ses Je ne te fais pas mal ? inquiets et un je ne sais quoi qui ne s'explique pas ne lui feront pas passer le cap du one shot).

Venons-en à l'interprétation des échanges avec E. Quand je lui demande si on continue le débat, le mot clé c'est continuer, d'où les points de suspension. Débat est une sorte d'image, en rappel de sa première invitation par mail. Ça pourrait aussi être un jeu de mots sur ébats, mais involontaire total. En clair je lui demande Quand est-ce qu'on baise ? Quand il répond Le débat je ne sais pas, je comprends : Ben en fait on continue pas, on baise pas, par contre on peut aller boire des coups. Je suis convaincue que E. ne peut plus ignorer que je ne suis disponible que le samedi et que me proposer de sortir le vendredi est assez faux-cul. J'oublie que je lui ai dit, le matin même, avoir fait appel au père de mademoiselle A au débotté pour prendre le relais. Bref j'en tire la conclusion suivante : c'est mort, il me fait le coup du On peut rester amis. Je réponds donc, intérieurement dépitée : Ça marche, bon Miroir

E. prend le large, l'homme-au-nyme se rapproche. Effet d'optique ? trompe-l’œil ? myopie congénitale ? Simple réalité.

lundi 4 juin 2012

Titus - Les inédits #3

Une conversation à caractère gastronomique car il faut bien manger pour vivre, avant de mourir.

Jeudi 3 mai

13h07 Bonjour Ada, une belle pensée pour toi à l'heure de ta pause. Moi je ne vais pas tarder à aller au travail.

13h12 Bonjour Titus, la matinée [sur mon lieu de travail] a été particulièrement pénible (relecture d'un cahier des clauses techniques particulières totalement abscons suivie de la visite trimestrielle des locaux), heureusement le soleil est au rendez-vous pour la pause. Bon voyage en vélib !

13h15 Exact il y a une petite éclaircie, je l'avais commandée spécialement pour toi. J'espère que ton après-midi sera bien meilleur (pas vraiment non, d'autant que la journée d'activité s'est clos sur une visite chez le pédiatre avec mademoiselle A)

13h19 Merci pour cette délicate attention, bonne journée à toi

13h25 Merci, je t'envoie plein de petits baisers par le prochain nuage

19h44 Je reçois tout juste ton nuage de baisers (trop mignon !), il faut croire que les voies aériennes étaient encombrées et les vents peu favorables, d'ailleurs cette journée n'a été qu'un tourbillon. Je t'embrasse

20h15 Profites-en pour te poser un peu si mademoiselle A ne joue pas les terreurs. Je sors d'un moment un peu agité moi-même mais ça se remet en place et je vais pouvoir déguster tranquillement mes lasagnes au poulet et champignons Picard (c'est le genre de plat que je n'achète jamais chez Picard. Autant les pizzas, tartes salées en tous genres, dérivés de la pomme de terre, voire poisson, ça y va et ça me sauve la vie (littéralement) autant les lasagnes non. Je devrais peut-être tenter)

20h55 Je vois que tu opères un retour vers le surgelé canal historique et que la lasagne, en bonne pâte, se décline à toutes les sauces. (il avait mangé des lasagnes la veille) (cet homme ne se nourrirait-il que de lasagnes ? Je savais bien qu'il n'était pas clair) Moi j'ai mangé un fromage au poivre qui chirdé sa reumda (pecorino pepato) (mes fromages favoris sont ceux au lait de brebis)

21h05 Exactement, et accompagnées de sa part de flan règlementaire. Un fromage au poivre, tu as viré végétarienne ?
21h05 Ma relève est arrivée, il était temps, je suis vanné !
21h06 Vivement ce week-end bien mérité !

21h12 Moi aussi je suis morte (mais pas encore végétarienne non)

21h24 Je ne t'ai encore jamais vu manger un morceau de viande, même si tu as déjà essayé de me dévorer après m'avoir lacéré le cuir avec tes griffes (je suis assez orale finalement faut croire)

21h28 J'allais dire : tu ne m'as jamais vue manger, mais en fait si. Fut un temps je fréquentais beaucoup Le bœuf couronné dont la clientèle est largement carnivore (leur viande est très bonne, très bien cuite, très (trop) copieuse. Je conseille aussi le baba au rhum que tu arroses toi-même avec la bouteille à disposition)

21h34 Ah oui ? J'y suis allé une fois, les serveurs sont assez flippants, on dirait des vampires tellement ils sont livides (ils doivent être privés de viande) (je n'ai pas noté cela, j'ai le souvenir d'un accueil chaleureux mais il faut dire que nous étions des habitués)
21h35 Et ma chair n'est pas très fraîche mais encore assez tendre à ton goût ?
21h36 Oui je t'ai vu dévorer un activia (la seule fois où il a réellement dormi chez moi, je ne lui ai pas proposé de petit déjeuner mais enchevêtrés sur le canapé nous avions mangé un yahourt chacun) et aussi quelques frites (le samedi soir au bar, une assiette de frites me tient souvent lieu de dîner)
21h37 Et puis des mezzés au restaurant grec (le seul vrai repas que nous ayons partagé, souvenir très agréable)

21h38 Oui j'y allais assez souvent le week-end, notamment parce qu'ils servent très tard et qu'on pouvait débarquer après un long prime time arrosé

21h39 Demain c'est la cérémonie pour le bébé dont je t'ai parlé, je ne pourrai pas y aller mais je vais écrire une petite carte pour la maman
21h40 Ah oui je vois bien, et maintenant tu préfères rester sur le liquide

21h40 Ta chair est à point, cuite à cœur (je le pensais sur le moment ; avec le recul je dois reconnaître qu'elle n'est pas dans le haut du classement)

21h52 Merci ! j'adore la tienne aussi, douce tendre et ferme à la fois

22h05 La dernière fois que j'ai écrit mes condoléances, c'était pour un père dont la fille s'est suicidée. C'était plus facile que dans ton cas il me semble, parce que j'avais connu sa fille et j'ai pu lui écrire tous les bons souvenirs que je garde d'elle. Bon courage donc pour trouver les mots

22h08 Oui je crois que je vais faire simple...
22h25 Je te remercie et je t'embrasse. Je te souhaite une bonne fin de soirée et une douce nuit. Te savoir dans les parages me rend cette ville plus familière et sympathique

22h30 Repose-toi bien, je t'embrasse

mercredi 30 mai 2012

♫ I feel fine and I feel good, I'm feeling like I never should ♫

J'aimerais m'essayer à un travail façon Vies parallèles des hommes illustres, avec deux hommes dont la notoriété est quasi nulle mais y a pas marqué Plutarque non plus hein. Je ne sais pas ce que cela donnera dans la durée car les protagonistes peuvent disparaître du jour au lendemain et les relations tourner court. Mais tentons l'expérience.

D'une part l'homme-au-nyme ; d'autre part...d'autre part je ne sais pas comment le désigner, ça commence mal et c'est symptomatique je crois d'un trouble autre que purement sexuel (confer Titus)...d'autre part donc E. (voilà que j'inaugure l'usage de l'initiale) (ben merde alors).

Le portrait de l'homme-au-nyme a été brossé ici.

Quant à E., il a le même âge que moi, il est blanc, grand et mince, il me plaît physiquement et intellectuellement, semble célibataire, n'a pas d'enfant et beaucoup d'humour. Il fait du tennis. Il présente un mélange intéressant d'assurance et de réserve (l'homme-au-nyme s'est plus livré en quelques jours que E. en plusieurs mois). Il travaille au même endroit que moi mais dans un département différent. Mes fonctions transverses (rappelle-moi de caser les termes mutualisation et fluidification du suivi) nous amènent à échanger des mails dans lesquels nous prenons soin de doser l'humour et la taquinerie (dont une allusion sexuelle de sa part, reprise en fil rouge depuis).

Plus récemment une situation perturbée et génératrice d'informations contradictoires nous a amenés à croiser nos sources pour évaluer les scénarios envisageables de sortie de crise. Accélération de la cadence des échanges électroniques et virage négocié un après-midi de mai :
Ada : J'attends...
E. : Je suis passé mais tu étais avec ton boss, c'était gênant. Mais je te propose d'en débattre, si tu le peux, dès 18h au troquet.
Ada : Quel troquet ? Avec qui ? Vous voulez pas venir boire des coups chez moi plutôt ? (je pense à ce moment-là qu'il me convie à un after work déjà planifié)
E. : Le troquet c'est le Miroir (par exemple). Vous ? euh, ben c'est moi (on peut se dire tu) (alors qu'en fait non, il m'invitait moi) (et il est drôle n'est-ce pas ?). Maybe S. comme c'est parfois le cas le mercredi mais y a rien de signé.
Ada : Ok on se dit tu, c'est plus simple. Tu veux pas venir boire des coups chez moi plutôt ? Avec S. si tu veux. Je suis coincée avec ma fille.

C'est ainsi que S. et E. débarquèrent chez moi aux alentours de 19h, que la soirée fila si vite que bientôt il fit jour, que S. alors s'en alla tandis que E. et moi nous retrouvâmes nus dans mon lit à nous caresser de diverses manières sans que n'ait lieu la moindre pénétration car mademoiselle A réclamant son lait de 7h du mat interrompit le même-pas-encore coït. Passons sur cette journée épuisante...un jeudi de l'Ascension mémorable...Après une nuit blanche alcoolisée et pas mal érotisée, je te déconseille d'avoir à t'occuper d'un enfant en pleine forme, tu en garderais des séquelles importantes. Attardons-nous plutôt sur ce qui s'est passé dans le lit. Je n'ai aucun souvenir de la façon dont nous nous y sommes retrouvés, après le départ de S. (merci l'alcool (j'avais sorti le rhum, fatalement...)), je me souviens parfaitement en revanche avoir été tout au long de la soirée, et proportionnellement au taux d'alcoolémie, très proche de E. et très tactile avec lui. Il reçut le message cinq sur cinq semble-t-il et il est gênant, encore aujourd'hui, d'avoir subitement sur mon lieu de travail des flashes de sa tête entre mes jambes. Au niveau de la performance, le plaisir a été de pouvoir le toucher enfin. Les gestes étaient retenus, presque timides de part et d'autre, l'excitation plus cérébrale que sensuelle. L'alcool et la fatigue nous anesthésiaient sans doute un peu. Je suis toujours en possession, jusqu'à nouvel ordre, du tee-shirt lui appartenant et qu'il m'a prêté lorsque dans un brouillard migraineux je me suis levée pour la préparation du biberon, il n'a pas voulu que je l'ôte au moment de son départ (ce tee-shirt sent terriblement bon (son déo, son gel douche ou je ne sais quoi) même après un passage dans mon propre lave-linge).

Troisième rendez-vous, à mon initiative, avec l'homme-au-nyme, en semaine cette fois. Il arrive en scooter, nous prenons un long apéro dans le jardin, mangeons une pizza, nous racontons nos vies, nous touchons et nous embrassons beaucoup. Bière pour moi, rhum pour lui. Cigarettes légales et rien d'autre. Je sais qu'il bédave très régulièrement et lui dis mon envie de fumer avec lui pour l'effet aphrodisiaque que cela me procure. Nous passons au lit pour quelques heures de baise sportive et douce à la fois, il réitère sa joie de me connaître, nous refaisons classiquement le film de notre rencontre et de nos perceptions premières réciproques. Il dit Je peux te dire un truc sans que tu te vexes ? Oh là là tu me stresses là, je réponds, mais vas-y, je m'attends au pire, il dit Je trouve que t'as un cul et des seins super, je les adore, tu m'en veux pas de te dire ça ? Il dit Tu m'excuseras si je te tourne le dos quand je dors. Il dit Oh là là je suis trop bien avec toi, je suis content que tu m'aies invité ce soir, merci vraiment. Et comme je lui fais remarquer que le plaisir est partagé et qu'il doit cesser de s'excuser d'être là comme s'il dérangeait parce que je kiffe moi aussi, il dit Oh là là, tu me fais rougir là, il désamorce Tu sais pas ce que c'est qu'un noir qui rougit hein, il réamorce Mais je manque de confiance en moi tu sais. Lui aussi est fait d'un alliage curieux d'aplomb et de retenue. Après 3 petites heures de sommeil, nous buvons un thé sur le canapé tandis que mademoiselle A, sur mes genoux, biberonne. Je te déconseille de niquer toute la nuit à la veille de mener une série d'entretiens de recrutement, tu aurais, face à des candidats concentrés à l'extrême, des images mentales intempestives et des contractions involontaires de diverses parties de ton anatomie (sans parler des courbatures).

Réaction de mademoiselle A à la présence d'un inconnu au moment du petit déjeuner où rituellement sa mère se consacre toute à elle alors que là vachement moins hein.
Avec E. : elle lui fait un bisou sonore sur la bouche et il s'en émeut.
Avec l'homme-au-nyme : elle le montre du doigt en criant Papa, papa ! et il s'en émeut.

Réaction personnelle globale : tiens tiens un triangle.

lundi 28 mai 2012

Titus - Les inédits #2

Mercredi 2 mai

20h19 Salut Titus ! [Mon collègue] (qui est devenu un bon pote depuis qu'il m'a tenu la tête alors que je gerbais dans les chiottes d'un bar, à l'époque critique de la séparation avec le père de mademoiselle A) s'est bien foutu de ma gueule pour la perte du téléphone, il a dit, je cite : ah les ravages de l'alcool. Je crois qu'il fait partie de la triade du faux Cambodgien. (le taximan donc, alias le Chinois de Hong Kong dans d'autres fantasmagories partagées avec Titus) À qui se fier de nos jours...J'espère que ton moral, contrairement à la météo, reste au beau fixe et que ta journée de travail s'achève tranquillement

20h23 Bonsoir Ada ! ça se confirme le faux Cambodgien avait un complice infiltré auprès de toi, les ramifications remontent très haut, il va falloir être très prudent...
20h25 La journée a encore été très tranquille, le moral est étrange je dirais, l'ambiance est légère bizarrement mais plombée tout de même par la perte du bébé de son amie (où l'on comprend que moral remplace l'expression tabou de crise conjugale. Décloisonnement partiel dont je suis aussi responsable que Titus)
20h26 Enfin bref c'est un peu le flou artistique (ici il faut lire (je t'explique car tu n'as pas cette connaissance, que j'ai acquise à l'usage, de sa façon de louvoyer avec le langage) : en fait on n'est pas vraiment séparé)
20h28 Tu n'as pas fait de rêve étrange avec toutes mes histoires ? (les scénarios plus ou moins gore qu'il a échafaudés la veille, à base de bébé tueur et mère psychopathe)

20h30 J'ai rêvé que Virginie Despentes s'était suicidée en faisant du saut à l'élastique (véridique) (mais, j'ose espérer, pas prémonitoire)

20h36 Ah ah ah ! Merde alors ! Je l'imagine sautant du pont (dans mon rêve elle s'était jetée d'une falaise) accrochée à l'élastique de son string et se faisant littéralement couper en deux morceaux !

20h38 Et moi je faisais visiter le lieu du drame (au père de mademoiselle A), en guide touristique

20h39 Toi tu fais des rêves tordus et moi c'est pire, c'est éveillé que je délire
20h39 Je me demande quelle peut être la signification profonde de ton rêve (pas hyper envie de le savoir à vrai dire) (que l'inconscient fasse son boulot et les névroses seront bien gardées, sans blague)

20h41 Une petite séance sur le divan m'en dirait plus. Mais je peux aussi faire ça en auto-analyse

20h48 Ah ah ! C'est une invitation ? (non ce n'était pas une phrase à double sens. Je parlais vraiment du divan de l'analyste (d'autant que Titus sait que j'y ai passé sept années) et des exercices d'auto-interprétation auxquels je me livre parfois. J'ai songé récemment à m'en repayer une petite tranche, je pense avoir franchi un cap dans la libération de la parole qui pourrait donner des choses intéressantes. Mon emploi du temps de mère célibataire me l'interdit actuellement, sauf réorganisation de la garde, que je vais mettre à l'ordre du jour car je n'ai pas assez de temps libre, c'est une évidence. Mais ne nous leurrons pas, si le père de mademoiselle A la prend en charge un peu plus, j'en profiterai très certainement pour aller boire un peu plus de coups...) Je suis un peu psy tu sais, et j'ai développé une méthode très personnelle, des histoires de chakras et de transfert, de la body-hypnose en quelque sorte
20h50 C'est un peu expérimental et ça sera gratuit pour toi

20h53 Tu es bien entendu le bienvenu sur mon divan pour toute méthode que tu jugeras utile à l'avancée de la science

Titus va alors dérouler les compliments dans une espèce de monologue qui me laisse sans voix. A posteriori j'ai constaté qu'il employait souvent cette méthode de l'avalanche de mots doux lorsqu'il y avait réchauffement dans son couple. Peut-être pour s'en excuser. Peut-être parce que ça le rendait tout guilleret et ouvert au désir en général. Peut-être pour d'autres raisons que je n'appréhende pas.

21h04 Je sens que tu es prête pour recevoir ma thérapie. Je te ferai savoir quand je serai en pleine possession de mes moyens, c'est important
21h07 Ce soir je vais essayer de passer une soirée calme, discuter un peu, il y a un grand débat à ce qu'il paraît (négociations conjugales de son côté ; du mien, débat de l'entre-deux-tours que je suis en train de regarder/commenter vautrée sur mon canapé avec ma sœur)
21h09 Mais j'apprécie vraiment ton sens du dévouement
21h10 Et je suis pressé de te revoir en tête à tête et dans un état qui me permette de garder quelques belles images en mémoire
21h14 Il m'en faut toujours plus pour ma bibliothèque mentale et celles qui y sont déjà stockées me mettent dans de drôles d'états...

21h16 Moi aussi j'ai envie de te voir (service minimum, droit au but)

21h19 Tous les moments passés avec toi sont délicieux
21h23 Tu es toujours adorable
21h24 Je te souhaite une bonne soirée et te dit à plus tard. Je t'embrasse tendrement

21h26 Bonne soirée à toi, je t'embrasse et je pense à toi

jeudi 24 mai 2012

♫ Half of it is innocent, the other half is wise ♫

Appelons-le l'homme-au-nyme car nous portons le même prénom (ce qui donne des choses cocasses par SMS :  Salut Ada, c'est Ada) (ben si, c'est vachement cocasse attends). Il porte très exactement trois prénoms (je ne sais pas selon quels critères il se présente plutôt sous l'un ou l'autre), il préfère que je l'appelle par celui que nous avons en commun (car c'est cocasse tu vois bien, je suis pas la seule à le dire) ou du moins son diminutif. Bref. Lui m'appelle p'tite fleur, bébé, p'tit bout, mon amour, chou, ma chérie d'amour, et Ada aussi un peu.

Il mesure 1m80, est d'origine ivoirienne, séparé depuis deux ans de la mère de ses deux filles, a 40 ans, la peau noire et très douce, un corps magnifique, un phrasé sensuel. Il fait preuve d'une habileté certaine en matière de sexe.

Comme tu as pu le lire ici, nous nous sommes rencontrés sur la piste de danse, un lieu où il ne paye pas ses coups (pour services rendus) mais qu'il ne fréquente plus que très rarement. Il traverse une période qu'on pourrait qualifier de galère (licenciement certes négocié mais entraînant une colocation forcée). Pour arrondir les angles, il deale, je sais quoi mais pas en quelle quantité (je dirais petite). Il a un téléphone mais ni forfait ni crédit.

Samedi je l'invite à me rejoindre en deuxième partie de soirée dans un bar de Ménilmontant pour un anniversaire entre amis. Nous nous éclipsons assez rapidement chez moi.

Depuis la séparation avec le père de mademoiselle A, j'ai baisé avec 6 hommes nouveaux + 2 amants plus anciens. Chacun a sa façon de faire des petits compliments, je te livre ici le top 3 des remarques courtoises : en tête Tu as la peau douce, ce que je vais finir par croire car ils sont unanimes, suivi de Tu sens bon, puis, plus surprenant, Tu es propre. Et là je ne sais pas...je m'interroge...ont-ils rencontré tant de filles négligées qu'il vaille la peine de noter le contraire ? Moi je n'ai pas le souvenir d'une rencontre gâchée par l'hygiène douteuse du partenaire. Peut-être propre signifie-t-il autre chose ? mais quoi ? Non vraiment je ne vois pas.

L'homme-au-nyme dit qu'il se sent bien avec moi, que je le mets à l'aise, qu'il n'a pas besoin d'être un autre et qu'il a peur que je ne veuille plus le voir, il me regarde pendant que je m'active autour de la table basse. J'y dépose du thé, du miel, du citron (j'ai mal à la gorge), je pousse le billet de 20 euros qui a servi de paille dans la nuit très peu blanche finalement (une toute petite trace prélevée sur ce dont il m'a fait cadeau, lui-même n'en consomme plus), j'ajoute une baguette tradition rescapée de la veille, du beurre, de la confiture aux fruits de la passion ramenée de Martinique, un couteau, des petites cuillères, des biscuits fourrés à la fraise. C'est la première fois depuis la séparation avec le père de mademoiselle A que je propose un petit déjeuner après une nuit de baise entrecoupée de courts moments de sommeil. Il me rejoint sur le canapé, me parle de ses lectures, on mange, on rit à nouveau pour toutes sortes de bêtises, on retourne au lit. Il se lève vers 15h, prend une douche, me demande s'il peut utiliser mes crèmes, bien sûr, s'il me reste des clopes et s'il peut m'en taxer, bien sûr, je lui donne un paquet non entamé, je reste au lit et comate pendant qu'il vaque et s'en va.

Puis je me lève et tout bascule.

16h29 Dis homme-au-nyme, y avait un billet de 20 euros sur la table quand t'as rangé, si c'est toi qui l'a pris, je trouve ça vraiment pas cool

Je me suis levée, j'ai constaté qu'il avait débarrassé le petit déj, nickel chrome, les objets et denrées sont un peu en vrac dans la cuisine mais il a remis le beurre au frais, la table basse est toute propre. Juste il manque 20 euros. J'ai regardé autour, par terre, sur les bibliothèques, la grande table, pensant qu'il l'a déplacé pour passer un coup d'éponge, ou qu'il l'a fait tomber sans faire attention. Je ne le trouve pas. Je ne veux pas y croire et en même temps je n'ai pas d'autre choix, moins je le trouve et plus je me dis Mais arrête de chercher, tu le trouveras pas, qu'est-ce que tu crois. Je me sens trahie, je me refais le film, ses galères de tunes, le deal, tout ce contexte apparent. J'envoie le SMS, je me remets au lit, amère. Je me dis Fais chier quoi, il me plaisait bien. Amère et déçue. Mais fatiguée. Je m'endors.

Je suis tirée de mon sommeil par une voix qui appelle : Ada ! Ada ! Ce n'est pas dans mes rêves, c'est lui, sous ma fenêtre, il n'a pas le code, il est revenu, il ne partira pas tant qu'on n'aura pas retrouvé ce billet, il était où ce billet d'abord ? parce que lui il a pris du sopalin, le rouleau qui était là tu vois, 3 feuilles j'ai pris et j'ai mis dedans tout ce qui traînait, les miettes, les capotes, y en avait partout des capotes, là et même sous la table, près du lit, et jusque là aussi, et je sais que tout à l'heure y a le père de ta fille qui va arriver avec elle, alors voilà je voulais ranger, et tiens, je te rends ton paquet de clopes, je ne peux plus le garder maintenant, et je vais fouiller dans la poubelle puisqu'il n'est nulle part ce billet, je vais mettre mes mains dans la poubelle, regarde.

Il en ressort le billet toujours roulé en paille et c'est moi qui ai l'air d'une pauvre conne, je suis vraiment désolée, excuse-moi, j'ai pensé à tout sauf à la poubelle. Putain je suis en nage, il dit, il fait trop chaud dehors, dès que j'ai vu ton SMS j'ai fait demi-tour, je suis revenu, c'était pas possible, tu m'as trop mis en nage. Il enlève son tee-shirt, il est très beau torse nu, il me serre dans ses bras. Mais je ne peux pas me détendre comme ça moi, ça va trop vite, je passe de l'innocente abusée à l'imbécile aux préjugés, j'ai honte de moi, je me déteste, je m'en veux. Moi je ne t'en veux pas, il dit, et c'est bien que tu m'aies envoyé le SMS tout de suite plutôt que d'attendre et de ruminer, c'est de ma faute de toute façon, j'ai mis ta tune à la poubelle faut le faire quand même (il rit), je ne t'en veux pas du tout, c'est bon, c'est fini (il ne rit plus, il me regarde, il baisse la voix), viens maintenant j'ai encore envie de toi.

mardi 22 mai 2012

Titus - Les inédits #1

Mardi 1er mai

11h43 Bonne fête du travail amie prolétaire
11h43 PS : il n'y a pas de brin de muguet en stock sur l'iPhone, je vais adresser une lettre de réclamation à Apple !

 (...)

19h57 Cette journée a-t-elle tenu ses promesses ? t'a-t-elle permis de finir Nord par exemple ? (un dimanche après-midi, peu après le réveil, nous étions vautrés sur mon canapé à observer les nuages. Son regard s'est attardé sur une des bibliothèques et a attrapé les Céline. Il a dit Ça fait au moins trois mois que j'ai commencé Nord, c'est plus dur que le Voyage, mais j'ai lu d'autres livres entre temps, et je suis pas pressé, c'est pas non plus un truc à suspens, on sait qui gagne à la fin. Et j'ai trouvé ça drôle bien sûr) Et toi, comment vas-tu ?

20h00 Oui très tranquille. J'ai fini un policier qu'un collègue m'a prêté, d'un certain Andrea Camilleri auteur sicilien à succès, assez léger et distrayant, sans plus. Sinon à part ça le moral peut aller même si je me pose des questions car plein de choses restent à régler. (allusion à sa crise conjugale comme tu l'auras deviné) Et toi, ton après-midi ?

20h14 Camilleri, j'en ai lu un et pareil, sans plus. Mais ça ouvre l'appétit non ? C'est pas son flic qui passe son temps à déguster de bons petits plats ? J'ai passé l'aprés-midi avec Mina, un bébé de 5 mois, et ses parents, ça m'a fait bien plaisir de les voir (ça faisait longtemps...En fait je préfère voir mes amis sans leurs enfants (un peu comme je préfère voir mes amis sans leurs conjoints) car nous sommes tous trop accaparés, soit parce que la reproduction est récente et la maman a du mal à lâcher prise, soit parce que l'enfant est en pleine découverte de la mobilité, marche à pied, cascades en tous genres et bordel sans nom dans la maison) (vivement l'adolescence qu'ils soient tous bien foncedé au shit, ça nous fera des vacances)

20h23 Oui très bonne mémoire encore une fois. C'est un épicurien et il nous fait la revue des bons plats siciliens, ça donne faim, d'ailleurs j'ai mangé des lasagnes (Findus !)
20h25 Content pour toi, et ta fille s'est fait une copine ?

20h26 Ah, une petite infidélité à monsieur Picard

20h27 Oui j'avoue, mais ne lui dis surtout pas, 600 grammes de bonheur et une pomme pour digérer

20h29 Mademoiselle A a passé l'aprèm a mettre ses doigts dans les oreilles et le nez de Mina, c'est peut-être l'équivalent du pacte de sang chez les bébés (mademoiselle A dit Nez et elle enfonce profondément ses doigts dans ses narines avant de redire Nez et de les enfoncer dans les tiennes, charmante enfant)
20h30 Ah ouais , ça déchire tant que ça Findus ?

20h33 Oui ! ou alors elle voulait juste voir ce qu'il y a dedans, un futur chirurgien peut-être
20h34 Pas trop mal les lasagnes à la bolognese, ça fait illusion surtout quand tu as très faim

20h35 Je le note

20h35 Avec un scalpel en main ça aurait été plus facile pour mademoiselle A
20h36 Tu y penseras pour son anniversaire, un kit de chirurgien
20h36 La version gore du jeu du docteur !
20h37 Tu peux me faire confiance, je suis un spécialiste du surgelé

20h40 Ah oui, excellente idée le jeu du docteur, d'autant que Mina aime beaucoup s'amuser à tousser, juste pour le fun, ses parents appellent ça le jeu du cancer, il y a quelque chose à creuser

20h44 Une ablation des poumons s'impose, ça lui apprendra à faire la maligne !

20h45 Ça marche, je mets mademoiselle A sur le coup

Ici commence une espèce de logorrhée à tendance fantasmatique et délirante à laquelle Titus s'adonnait parfois sans que j'aie jamais bien compris ce que ça révélait de son état présent ni quel message il entendait faire passer (me faire rire sans doute)

20h47 Et après tu les feras cuire au beurre avec un verre de délicieux chianti !
20h48 La fille cachée d'Hannibal Lecter !
20h48 Mieux, sa réincarnation fidèle...
20h50 La terreur des pouponnières ! Je vois d'ici les grands titres
20h50 Une idée de scénario pour un film gore, le couple diabolique mère-fille

20h53 Et mon témoignage dans Voici : "J'ai engendré un monstre..."
20h54 "...et j'en suis fière car je suis moi-même serial killer à [mon lieu de travail]" (previously on the story)

20h57 Ah oui pas mal, on pourrait embrayer pour la suite sur les origines, la [censurée] dérangée qui collectionne les cadavres et se sert de leur peau pour réécrire son roman préféré (...) (je coupe car c'est en effet un véritable scénario qu'il échafaude en un rien de temps)

20h59 C'est vrai que ça a l'air d'être une bonne défonce Findus

21h03 Faut que je me fasse interner d'urgence moi !

21h03
21h04 Ah il était beau ce SMS tout vide

21h05 Oui belle tentative, ton brand new phone te fait des siennes (de retour de la piste de danse, au petit matin, nous rentrions chez moi en taxi et je crois que c'est à ce moment que mon téléphone s'est sournoisement carapaté, en tout cas je ne l'ai plus jamais revu. Je m'en suis procuré un autre dont la maîtrise reste à acquérir...) (perdre ce téléphone c'était aussi perdre les SMS de Titus) (j'ai perdu tellement de choses pendant cette période : une veste, un porte-monnaie...Je ne sais trop quel symbole il faut y voir)

21h06 Soit l'internement, soit la création, ce sont les deux seules alternatives de la condition humaine
21h08 Mais grave ! Il recèle encore tellement de mystères, si tu savais

21h09 Ça se défend comme point de vue, les psychopathes et les fous sont des artistes dans leur genre
21h09 Oui j'imagine, tu as franchi un cap technologique

21h15 Je ne sais même pas s'il daignera faire office de réveil demain, on s'apprivoise tout doucement, j'essaye de ne pas le brusquer

21h17 Sinon mademoiselle A te tirera de ton sommeil par ses cris affamés
21h18 Ça y est la relève vient d'arriver, je vais partir à la quête d'un vélib fougueux

21h20 Oui je ne m'inquiète pas trop, surtout qu'en ce moment je bats des records, je suis passée en dessous de la barre des 5h par nuit, la grande classe (oui, je perdais vraiment tout, y compris l'appétit et le sommeil)
21h21 Va preux chevalier de [ton lieu de travail]

21h22 Ma quête a été vaine aujourd'hui mais I'll be back !
21h25 J'en ai trouvé un qui fera l'affaire, rien de pornographique je précise

21h25 Je ne juge pas

21h32 Je sais que tu as pu être perturbée par certaines images aperçues dans un certain sex shop ! (il y a déjà de longues années, j'accompagnais quelqu'un qui n'osait pas rentrer seul dans un sex shop. Ce quelqu'un ne voulait cependant pas que je voie ce qu'il achetait. En l'attendant donc, je me calai devant le mur de cassettes vidéo et c'est ainsi que je découvris l'existence de l'émétophilie, une véritable révélation sur la nature humaine)
21h33 Une série sur les obsédés de mobilier urbain, un sujet à creuser encore (il enchaîne sur les vélibs et la pornographie)

21h35 J'aurais plutôt vu un remake de Crash version écolo

21h36 Façon bêtisier des débuts de l'aviation alors, une série humoristique

21h38 Heureusement que je suis seule chez moi parce que j'ai un peu l'air con à rire comme ça

21h41 Oui je te confirme (j'ai truffé ton appart de caméras pendant ton sommeil, rire sardonique)
21h43 Tu vas vraiment me prendre pour un psychopathe !
21h44 Mais les filles aiment les psychopathes non ?

21h43 Ah cette fois c'est du James Bond, on aura balayé tous les genres
21h48 En général les filles aiment les mecs compliqués, donc c'est peut-être bien elles les psychopathes. Ce qui revient à dire que ce sont les mecs qui aiment les psychopathes ah ah (je pense que c'est ici que s'origine l'expression qu'il a employé dans son mail)

21h48 Manque tout de même la comédie romantique avec Hugh Grant
21h51 Demain j'irai filmer un couple de canards au parc, comme ça d'une pierre deux coups, on a aussi un docu animalier et avec quelques incrustations on a aussi le film d'animation
21h52 Les femmes psychopathes ce n'est pas une redondance ça ?
21h52 Beau raisonnement en tout cas !

21h55 Ah le couple de canards, j'ai. Sur la place du Panthéon, y a deux égarés, genre gros nullos de Pékin express qui ont pas été foutus de trouver le jardin du Luxembourg
21h56 En figure de style on dit pléonasme

21h57 Oui c'est ça le terme exact, merci
21h58 Ça sert d'avoir une linguiste sous la main quand on a des trous de mémoire comme moi !

21h58 De rien, tu sais ce que c'est les psychopathes, toujours le souci du détail

22h01 Oui tu es une perfectionniste, tu ne sabotes pas le travail au moins ! Tes victimes devraient te remercier au lieu de gémir stupidement, ils ne comprennent rien à l'art, quel gâchis

22h04 Je suis un poète maudit

22h06 Ton oeuvre sera reconnue lorsque l'humanité sera prête, tu es un peu en avance c'est tout
22h18 Regarderais-tu Beijing Express ?
22h19 Ça se passe où cette année ?
22h20 La Corée ! (difficile à dire à partir d'écrits mais il semble totalement hystérique, il fait les questions et les réponses)

22h22 Même pas...la semaine dernière j'ai vu le début dans le métro coréen mais ce soir je me suis abstenue

22h23 Sinon il y a Jackie Chan à Hong Kong sur la 8, les amoureux de l'Asie sont servis ce soir !
22h24 Je vais demander à Jackie de retrouver et de s'occuper de notre taximan (le taxi où j'ai, semble-t-il, perdu mon téléphone, donc et dont le chauffeur était cambodgien mais ressemblait plutôt à un Chinois, ce dont il a convenu sans peine lorsque je le lui ai fait remarquer)
22h24 Il ne pourra pas se terrer indéfiniment, il paiera pour son infamie !
22h25 Et hop le film de karaté dans l'escarcelle !

22h25 Tu fais partie des gens qui disent Beijing et Mao Zedong, j'en prends bonne note

22h26 J'aime bien ce mot Beijing et c'est plein de pékins !

22h27 C'est la grande forme ce soir !

22h27 On dirait !
22h33 Et Rush Hour 2 avec Jackie et toujours à HK, sur la 14 !

22h35 C'est le péril jaune

22h37 Oui et ça fait très peur dans les chaumières
22h39 Je vais te laisser pour ce soir, je te souhaite une bonne nuit et je t'embrasse fort. Et merci pour cette conversation un peu farfelue
22h39 Nous reprendrons le cours normal de nos émissions ultérieurement
22h39 Enfin normal...

22h40 Ça commence par un faux Cambodgien escamoteur de téléphone et on sait où ça mène...
22h41 Bonne interruption des programmes
22h41 Je t'embrasse aussi

22h42 Je pense qu'il nous a drogué avec quelque substance volatile à notre insu
22h43 Peut-être nous a-t-il emmené dans un local secret pour m'extirper des secrets sur [mon lieu de travail]

22h45 Je ne vois pas d'autre explication, [ton lieu de travail] est l'objet de tant de convoitises !

22h47 Tu m'étonnes  ! mais ils ont commis l'erreur d'égarer ton téléphone ce qui a réactivé des pans de notre mémoire
22h47 On les aura

22h48 Tu peux compter sur moi

22h48 Bonne nuit et fais de beaux rêves

22h48 Toi aussi !

22h49 Bye !

lundi 14 mai 2012

♫ Tu n'es pas dans l'angle, pas dans le triangle ♫

Mes premières impressions suite au point final mis à l'histoire Titus : un gros soulagement, une sortie d'apnée, le genre de respiration que tu prends après une longue vie de couple pesante, jonchée de prises de tête et de conflits plus ou moins latents.

Étonnant car l'épisode a été court, entre deux et trois mois, et jamais nous ne nous sommes affrontés, sur aucun sujet, même les plus futiles, nous étions toujours d'accord. Une sensation de liberté retrouvée alors que nous n'étions pas en couple, que nous nous voyions assez peu, de façon aléatoire, distendue, improvisée...

Mais logique aussi. Mon collègue-pote m'a régulièrement fait remarquer que Titus lui semblait très possessif, très attentif à qui m'approchait sur la piste de danse, sans arrêt collé à moi même lorsque nous discutions séparément (Titus a par erreur flatté la croupe de ce pote-collègue au comptoir de la piste de danse). Je crois qu'il reproduisait, toutes choses égales par ailleurs, le couple qu'il forme avec sa compagne, très fusionnel, sans réelle vie sociale ou amicale, où chacun est tout pour l'autre. Nous nous sommes envoyés plusieurs dizaines de SMS par jour pour combler nos vides respectifs.

De mon côté j'ai projeté sur son couple celui que je formais avec le père de mademoiselle A, en endossant cette fois le rôle de la maîtresse perturbatrice du fleuve déjà en crue et largement sorti de son lit. Je me suis lancée à corps perdu dans cette fusion, le temps d'oublier quelques temps que je suis seule, intrinsèquement et fondamentalement, mais aussi amoureusement. J'ai voulu nier la rupture avec le père de mademoiselle A. Un déni de réalité. Le chagrin que j'ai ressenti au moment où j'ai verbalisé la prise de distance (d'abord par texto puis par mail, donc à l'écrit, mais la figure était imposée), ce chagrin n'était rien d'autre qu'une étape de plus dans le processus de deuil d'une vie de couple classique avec enfant et barbecue le dimanche.

Comme le dit Titus dans son dernier mail, se recaser tout de suite serait une bêtise, pour lui comme pour moi. En plus ça valide ma théorie selon laquelle celui qui vient juste après une histoire importante n'est pas le bon. Et je ne te cache pas que j'adore voir mes théories confirmées.

Samedi soir je suis allée sur la piste de danse et j'en suis repartie avec du sang neuf et beaucoup de légèreté. La moyenne d'âge m'a parue bien basse par rapport à d'habitude et je me demandais : Mais où sont les hommes ? Je n'avais aucune intention particulière, je ne me sentais ni belle ni moche, je pensais rentrer seule. Et puis il dansait pas très loin, je le trouvais largement au dessus du lot plastiquement et virilement parlant. Il s'est approché, il m'a dit Ça fait un moment que je te regarde, tu bouges bien. On a échangé très rapidement les informations de base : origines, âges, professions, lieux de vie, nombre d'enfants. On s'est embrassé au comptoir, whisky pour lui, gin tonic pour moi. Chez moi, en préambule aux préliminaires chacun a montré à l'autre des photos de sa progéniture. Il a dit Mais qu'est-ce que tu mets sur ta peau pour qu'elle soit si douce ? Rien, j'ai répondu. J'en étais sûr, il a dit. On a ri pour des bêtises. J'ai aimé qu'il dise T'as un joli corps en allongeant les syllabes puis, le troisième préservatif dûment rempli, Je te veux encore.

Dimanche 13 mai Salut p'tite fleur, je suis bien arrivé. Je suis ravi d'avoir fait ta connaissance, t'es quelqu'un de très agréable. J'espère te revoir dès mon retour. Sur ce, repose-toi bien, je crois que je vais faire de même. Gros bisou à ta fille. Big kiss. À bientôt

samedi 12 mai 2012

♫ And I know it's over - still I cling ♫

Le soir du lapin, je prends la résolution de ne plus voir Titus, trop faux et manipulateur pour continuer l'aventure. Je sais que cette résolution est aussi fausse que lui. La semaine passe avec quelques SMS par-ci par-là (j'ai perdu mon téléphone récemment, je ne peux donc pas les retranscrire, t'es content hein ?), le cœur n'y est plus vraiment de mon côté, même quand il écrit  je cogite pas mal en ce moment et j'avoue que tu surgis parfois, souvent, dans mes cogitations, ce qui a pour effet de les perturber un peu, beaucoup...J'ai envie de le voir et pour ne point trop me faire mal, je n'ai d'autre choix que le rétrograder au rang de simple plan cul, place qu'il n'aurait jamais dû quitter en tant qu'homme en couple (erreur de (pourtant pas) débutante, faute d'inattention, fragilité). Je sais que la rétrogradation est vouée à l'échec, il y a bien plus, depuis le début. Vendredi 27 avril au soir il m'indique que le week-end risque d'être un peu compromis mais qu'il fera au mieux. Je ne cherche pas à comprendre ses sous-entendus et je lui souhaite un bon week-end, point final mental, trop compliqué. Mais voilà que le lendemain un SMS m'annonce son ultime (je souligne car il souligne) prise de tête, son programme immédiat (aller manger des tacos sur le canal) et me demande ce que je fais de beau. Comme je suis une merde (si si), je lui propose de nous retrouver, moi et mes amis, après son dîner, dans un bar du canal. Il s'empresse. C'est très très bon de se revoir après deux semaines d'absence physique. Il dort chez moi et dit je t'aime quand on baise (mais j'ai rien entendu bien sûr).

Lundi 30 avril

19h29 Bonsoir Ada, je pense que tu es en train de t'occuper de ta fille. Après ma sieste j'ai eu une discussion avec ma compagne ou mon ex-compagne devrais-je dire, elle m'a répété qu'elle mettait fin à notre relation, ce qui doit être une bonne chose même si j'en repoussais l'arrivée. Là je pars pour mon cours d'[art martial], la séance de 20h

J'accuse réception, sans plus. Je commence à comprendre comment il fonctionne, la rupture est loin d'être consommée mais il tient à m'informer des avancées de sa crise conjugale. Je ne sais pas pourquoi j'aime foncer dans les murs dès lors qu'un mur se présente.

Les SMS repartent de plus belle, il dit que je l'obsède, moi aussi il m'obsède et nous nous engouffrons joyeusement dans un épisode des plus névrotique.

Mercredi  9 mai 2012

21h03 Le moral est pas terrible en fait, elle a mis à profit le pont de ce week-end pour un rapprochement et j'ai finalement craqué mais je le sens mal, c'est une relation sado-maso en fait (...) j'ai été faible et je m'en veux mais tout est si confus en ce moment

(...)

 21h45 Je ne sais pas ce que tu entends par spéciale, tu me dis souvent ça. Moi aussi je m'attache à toi et je me dis qu'il faut que je me détache assez vite vu le contexte.

Ensuite ça se termine comme ça a commencé, par mail

Bonsoir Ada ,
je t'écris ce message pour te dire qu'effectivement ma rencontre avec toi perturbe quelque peu mon jugement , ce qui n' est pas une mauvaise chose en soi car cela me pousse à me poser des questions et à me remettre en cause. Je sais qu'on se connaît à peine même si l'alchimie est vraiment très bonne, qu' on ne se promet rien bien que l'on prenne beaucoup de plaisir à être ensemble, à discuter. Tu m'as permis de ressentir des choses que je savais être en moi par ta douceur et ta simplicité et ta confiance, je crois que je ne serai plus le même car cela remue des choses en moi, déjà que j'étais en pleine remise en question avant que de te connaître. Comme tu l'as dit le timing n' est pas favorable, bien que la rencontre soit vraiment belle, mais peut-être que le hasard fait bien les choses. Je dois me recentrer et régler ma vie et faire des choix et les assumer, je dois sûrement prendre du recul. Je t' apprécie énormément , j'adore ton côté psychopathe et ta douceur mêlée. Ce n'est peut être qu' une question de peu temps mais je dois le faire par respect pour tout le monde.
J'aimerais que l' on garde le contact car j'aime parler avec toi bien que je comprenne que tu préfères rester à l'écart .
Je t' embrasse fort et je te souhaite une bonne soirée (la mienne risque d' être intéressante sur bien des plans, voire épique étant donné que je vais répondre à une lettre qu'elle m'a laissée et qui mérite de nombreux éclaircissements et mises au point)

Salut Titus,
j'ai un peu de mal à comprendre où tu veux en venir avec ce mail que je trouve assez opaque. Je ne sais pas si c'est toi qui n'es pas clair ou si c'est moi qui n'y vois pas clair...mais bon, je tente quand même une interprétation en forme de synthèse :
Tu as besoin de faire le point sur pas mal de choses, crucialement ton couple, et ma présence (qui est à la fois une conséquence de votre crise et un catalyseur) n'aide pas. Tu veux prendre du recul ce qui implique qu'on arrête de se voir, tout en continuant nos échanges de sms (?? sur la dernière partie, j'ai un gros doute, je ne sais pas ce que tu entends par garder le contact pour parler)
Si j'ai bon sur le principe, ma réponse est : c'est con j'espérais te voir ce week-end.
Non pardon, on la refait : oui bien sûr, je comprends tout à fait. Égoïstement ça ne m'arrange pas, pour les raisons qu'on connaît tous les deux...mais je me dis qu'avec le temps, soit tout s'en va, soit on se reverra dans un futur meilleur (attention blind tests inside).
Je suis un peu surprise par la tournure que prennent les choses de mon côté. Il m'arrive de sortir avec des mecs pas disponibles mais je me paramètre pour ne pas outrepasser les limites du plan cul distrayant. Je pensais rester sur cette ligne avec toi mais depuis le début les choses ne se passent pas du tout comme prévu...ce qui me plonge dans un certain désarroi.
Je t'embrasse
Ada 

Bonsoir Ada, je pense que mon mail n'était pas très clair mais tu en as fais une bonne synthèse, pas clair car ma situation de couple est bancale et aussi parce que tu me fais beaucoup d' effet et que tu m'obsèdes un peu et que je dois prendre du recul, de plus ma compagne semble ne plus vouloir jouer donc voilà je vais réfléchir un peu de mon côté et prendrai des décisions. J apprécie énormément ton univers et ta personnalité et on a passé des moments à la fois intenses et doux de quoi me perturber tout comme toi. Même si je décidais de quitter ma compagne, ce ne serait pas pour me recaser de suite ce serait vraiment une bêtise mais je serais plus serein pour me reconstruire et apprendre à  me connaître, pour un futur meilleur va savoir ( je dirais bb cambodgienne de mon métro et après l'[art martial] du vendredi). Je vais donc voir un peu de mon côté comment je vais gérer tout ça, je sais que tu n'as pas besoin d'un ami de plus donc peut-être que garder le contact est inutile, je ne sais pas je ferais au feeling si cela me paraît nécessaire. Je vais te laisser pour le moment, hier je n' ai pas vraiment pu mettre les choses au clair donc je vais voir comment gérer ma vie au feeling, je n' ai plus envie de faire le gentil garçon alors ça risque de clasher vite. Je t' embrasse et te souhaite un bon week end (ça va me manquer) et te dis à je ne sais quand ni comment. Prends soin de toi. 
ps: je ne suis pas sûr d' être très clair encore

End of the story. Ça picote un peu mais ça va aller (pas le choix)

lundi 7 mai 2012

Autopsie d'un lapin

Vendredi 20 avril

17h30 Bonjour Ada ! Je te souhaite un bon week-end, pluvieux et heureux. Moi ce soir j'ai [art martial] mais à la maison, discussion en vue. Je t'embrasse fort
17h52 Vivement demain, ça fait trop longtemps...

18h13 (Réactivité lente car ce sont des moments consacrés à mademoiselle A) Salut Titus et merci ! ce week-end est vraiment le bienvenu. (après une semaine de folie au taff et un temps de sommeil minuscule) Si en plus on se voit demain, il prend une tournure très sympathique. Je t'embrasse

Mais on ne se voit pas le lendemain car Titus me pose un lapin monumental. À ce stade ce n'est même plus un lièvre, ça relève carrément du kangourou.

Samedi 21 avril

19h45 (mademoiselle A est chez son père, suspension temporaire de l'aliénation) Salut Titus ! comment vas-tu ? [Ton lieu de travail] se porte-t-[il] bien ?

19h54 Bonsoir Ada, ça va bien pour l'instant. Et toi, enfin en week-end ? Que fais-tu de beau ?

19h55 Eh bien pas grand chose en fait, tout le monde est en vacances
20h00 Très exactement je bois une bière et je fume une clope dans le jardin

20h02 Ils t'ont lâchement abandonnée !

20h03 Mais oui ! C'est la loose

20h05 Moi je travaille encore une heure et quart !

20h07 Dernière ligne droite, courage !

20h08 J'ai très envie de te voir ce soir, je te tiens au courant (évidemment a posteriori on peut lire ça comme Je te tiens au courant si on se voit ou pas mais dans le contexte, tu m'excuseras, j'ai plutôt compris Je te tiens au courant de mon arrivée)
20h10 On a une bouteille de vin à déguster...
20h13 Et tu dois être punie pour ton usage erronée des smileys (il annonce le programme en plus)

20h14 Moi aussi j'ai grave envie de te voir, viiiiite, dépêche-toi (je suis motivée, quoi)

20h18 Ton langage se relâche beaucoup je trouve ! C'est le week-end mais tout de même
20h20 Mais je trouve ça charmant...
20h25 Tu me manques grave aussi

20h28 Il va falloir me châtier pour mon langage qui ne l'est pas, je ne vois pas d'autre solution (as-tu remarqué que dans SMS il y a SM ?)

20h30 C'est certain, il ne faut pas laisser passer quelque chose comme ça, c'est une très mauvaise habitude

20h33 C'est pas de gaîté de coeur hein, tu t'en doutes, mais c'est la loi, la dure loi, tant pis

20h38 Oui tôt ou tard (tard, donc, hein, à la relecture, et même : pas du tout en fait. Je trouve ça encore plus pervers maintenant, pourquoi ne dit-il pas qu'il ne viendra pas ?) tu recevras la punition que tu mérites. Et tu devras être obéissante pour obtenir un peu de ma clémence
20h43 Mais j'ai bien peur que douée comme tu es, tu parviennes à amadouer le bourreau

20h48 Que faut-il faire pour amadouer le bourreau ? (question désintéressée, ça va de soi)

20h52 Il faut être exquise et pleine d'attentions, douce et passionnée comme tu sais l'être, le bourreau a un faible pour toi tu sais bien (allez, passe un peu de pommade)
21h20 Je ne suis pas encore sûr de pouvoir venir ce soir (mais pourquoi cette annonce si tardive ? Je ne comprends pas) (et toi ?) (on en reparle), on a été invité à une soirée et elle tient à ce que je vienne

21h30 Bon. Ce qui serait bien quand même c'est que tu me dises assez vite ce que tu décides de faire

21h40 Oui je suis désolé, je rentre chez moi et on va en parler. C'est très tendu en ce moment, même si je pensais qu'on était d'accord, elle devait y aller seule. Mais je ne veux pas t'embêter avec ça (c'est pourtant exactement ce qu'il fait), ni que tu te sentes à ma disposition
21h41 Le mieux que je puisse te dire là c'est que je te dirais ce qu'il en est dès que c'est décidé (merci, ça c'est de l'info)
22h42 Désolé, si je sors ce n'est pas tout de suite, ne m'attends pas

Je ne l'attends plus depuis longtemps puisque j'ai activé le plan B en la personne de l'éphèbe à la peau mate (c'était son jour de chance) qui arrive trempé par l'averse et avec une érection massive. Contre toute attente il s'avère bien plus fonctionnel pour l'élargissement du champs que le grand moustachu qui s'est rasé. C'est un beau bébé d'origine capverdienne (14 ans de moins que moi quand même), tout en légèreté, ce qui contraste très heureusement avec la quasi demande en mariage du précédent. Il me retient gentiment lorque je veux me préparer pour rejoindre la piste de danse. Nous allons ensemble jusqu'au métro et je constate qu'il connaît la bande de djeuns qui tient les murs de mon quartier.


Dimanche 22 avril 

1h29 Message debrief de l'éphèbe à la peau mate Ça m'a fait plaisir de t'avoir vu, chou. Amuse-toi bien et prends soin de toi. Gros bisou 

Sur la piste, après deux rencontres intéressantes auxquelles je ne donne pas de suite immédiate (le sosie de Samy Naceri et un homme aux verres fumés et au délicieux accent espagnol), je choisis finalement une valeur sûre en la personne de l'homme qui sent bon, parce que je suis tout de même un peu triste et que j'ai besoin de réconfort (et de chemins de fer).

Coupons momentanément le fil du récit pour une tentative d'interprétation du comportement de Titus. Je pars du principe qu'il avait l'intention sincère de me voir samedi soir. Alors 2 hypothèses :
1) il sait depuis le vendredi, suite à sa discussion conjugale, que sortir seul va être source de conflit et qu'il choisira très probablement la paix du ménage mais il simule un malentendu de dernière minute
2) au contraire il pense que c'est arrangé entre eux, sauf qu'un retournement a réellement lieu en fin de journée du samedi, alors même que nous sommes en train de communiquer par SMS, ce qui le contraint à changer ses plans quasiment en direct.

La seconde hypothèse explique de façon plus claire et moins manipulatrice l'annonce tardive du lapin. Malheureusement je pense que c'est la première qui est juste. Cela lui permet d'une part de me garder au chaud, sait-on jamais, si une fenêtre de tir venait à s'ouvrir (cf le SMS de 22h42 si je ne sors pas ce soir, rien n'est assuré. À le lire c'est encore ouvert, genre il pourrait débarquer...Et ? donc ? je suis censée me tenir à carreau dans cette expectative ? Enfin tu vois, ça va loin là quand même). Cela lui permet d'autre part de soi-disant me faire patienter en me laissant croire que pour des raisons indépendantes de sa volonté, etc etc...Je crois en effet que s'il diffère tant, s'il ne détrompe mon attente qu'au tout dernier moment, c'est parce qu'il craint de déplacer le conflit et que je ne me mette à lui reprocher sa disponibilité trop rare. Ce qu'il semble ignorer c'est que cette stratégie est totalement contre-productive (mais très efficace pour un détachement express de ma part), sans compter qu'elle me donne de lui l'image d'une personne fuyante et qui ne sait pas faire face (on dit aussi chiffe molle).

Sans surprise, il se manifeste en début d'après-midi pour de longues et plates excuses

14h40 Bonjour Ada, je suis vraiment désolé pour hier soir. J'espère que tu vas bien et que je n'ai pas gâché ta soirée et que tu ne m'en voudras pas trop. J'aurais vraiment aimé passer encore un très bon moment avec toi, tu es spéciale (tu crois qu'il me la joue ♫ you're so fucking special...but I'm a creep ♫ ?) et je t'apprécie beaucoup
14h46 Ma vie est compliquée (mais ta vie, chéri, elle est, en grande partie, ce que tu en fais) et je sais que tu es aussi attachée à moi (eh oui c'est le problème), même si tu m'as dit que tu n'attendais rien (c'est la base : ne rien attendre des hommes qui ne sont pas disponibles, question de survie) et je ne veux pas jouer avec toi (j'ai pourtant bien l'impression que c'est ce qu'il a fait) et te rendre malheureuse (n'exagérons rien non plus) (je veux dire je me suis séparée de la personne avec qui j'ai fait un enfant, non pas que ce soit rare mais la maternité célibataire ne faisait pas spécialement partie de mon idéal de vie, alors question malheur, va falloir y aller pour rivaliser) (même si je ne regrette rien, d'autant que je commence à ressentir les bénéfices de cette situation nouvelle)
15h01 Notre rencontre a été inattendue et j'avoue ne pas avoir encore trop pensé aux conséquences, tu me fais du bien et cela reste léger. Avec ma compagne la situation est critique, on avait refait le point vendredi, elle a une telle emprise sur moi que c'était soit on se sépare même si on reste en contact pour évoluer chacun de son côté, soit on se laisse des libertés, ce dont j'ai besoin. De son côté cela ne lui a rien apporté. Hier elle a très mal pris mon envie de sortir seul, j'espère qu'elle ne va pas retomber dans ses travers de tout contrôler et décider. (ou comment faire passer sa femme pour une mégère) (c'est élégant, bravo) Pour moi elle a utilisé son joker et sûrement pense-t-elle la même de son côté. Cela me désole de te faire subir cela en quelque sorte, même si tu es prévenue. J'aimerais savoir ce que tu en penses et je comprendrais que tu sois déçue (déçue non mais un peu soulée oui quand même)

15h04 Salut Titus, finalement ce qui me gêne le plus dans ce genre de faux plan, c'est la mise en scène qu'il y a autour. Tu n'as pas à te justifier de ne pas être disponible, tu as une femme, c'est juste normal. (traduction : arrête de me raconter tes scènes de ménage, merci, bisous) En revanche me laisser entendre qu'on va se voir pour me planter au dernier moment, c'est moyen effectivement 
15h07 Je ne t'en veux pas et ma soirée n'a pas été gâchée même si elle a pris une autre coloration. J'ai finalement eu de la visite et puis la piste de danse est toujours accueillante pour les âmes en peine. Je te souhaite bon courage pour cette journée de travail, je sais que ça peut être dur d'aller au taff quand on a des soucis. Parfois ça permet aussi de se changer les idées 

15h27 Merci de ta réponse et encore désolé. Et pour la mise en scène, tu as raison, j'en fais trop. C'est un peu confus pour le moment et c'est un de mes nombreux défauts de perdre parfois le sens des réalités, mais bon tu connais bien les poissons...(Ni lui ni moi n'accordons d'importance aux signes astrologiques mais la coïncidence nous avait tout de même frappés : le père de mademoiselle A est poisson comme lui et sa femme est lion comme moi)

15h41 Et si j'en fais trop, c'est que ton amitié compte pour moi et que je regrette de t'avoir plantée (ah ben oui mais c'est fait maintenant hein)
15h45 Merci et effectivement aller au travail surtout le dimanche, où sauf catastrophe c'est tranquille, me permet de prendre du recul et de me calmer un peu. Passe un bon après-midi. Je t'embrasse 

15h53 Je m'apprête à missionner sous la pluie pour aller voter à côté + voter à Louis Blanc pour un ami qui est en vacances. Je t'embrasse aussi 

15h55 Bonne chance entre deux averses !

jeudi 3 mai 2012

♫ Singing my life with his words ♫

Troisième et dernière nuit de travail pour Titus (allez courage, bientôt un peu d'action)

Jeudi 19 avril

22h18 Bonsoir Ada, comment vas-tu ? Pas trop dure ta journée dans la peau du boss ?

22h26 Salut Titus ! Une journée en enfer. En réunion de 9h à 17h (on est des fous nous, tu crois quoi) (une réunion improductive au possible, je reste persuadée que la durée d'une réunion est inversement proportionnelle à son efficacité) tout en étant interrompue au moins une fois par heure pour des problèmes plus ou moins complexes, dont le moindre n'a pas été de garder son sérieux au téléphone avec un mec de l'équipe qui me disait qu'il serait absent aujourd'hui parce que son chien est malade.(non mais je sais qu'on peu être très attaché à un animal, j'ai vu des amis porter le deuil de leur chien, je comprends tout à fait, je n'ai pas un cœur de pierre, juste j'aime me moquer, à défaut de pas me faire prendre pour une conne) (je veux dire j'ai pas demandé un mot du véto non plus) Et toi ? comment vas-tu ?

22h29 En effet tu as bien souffert à ce que je lis ! Moi ça va, tu n'as pas eu le temps de regarder dans ta boule de cristal ?

22h31 Ma crêpe beurre-citron-cristal (en fait ma garniture préférée pour les crêpes c'est chocolat chaud-amandes effilées) a cru discerner un petit [art martial] mais elle n'est pas formelle

22h37 Ah ah très fort, en effet un petit [art martial] bien sympa juste avant d'aller travailler 
22h39 Je suis inquiet pour le chien, je crois que je vais mal dormir moi !

22h40 Tu m'étonnes, [mon lieu de travail] est sous le choc tu sais

22h40 Tu lui feras rédiger un catalogue de bonnes excuses pour les prochaines fois, au tire au flanc
22h42 À part ça les Dandy Warhols c'est bien sympa !

22h45 Ah je suis contente que ça te plaise ! Très intelligemment influencés par le Velvet, ces Dandy

22h48 Oui j'ai lu ça dans la bio. Je connaissais quelques titres qui passaient en radio. Efficace et élégant, un peu dark et pêchu. Pas mal du tout
22h48 De quoi plaire aux filles
22h50 Ma part féminine a bien apprécié

22h51 Je vais en écouter une pour fêter ça

22h53 Tu as bien raison, et puis dodo tôt je suppose pour te remettre de toutes ces émotions ? Et mademoiselle A a été plus calme ce soir ? (il me demande souvent des nouvelles de mademoiselle A qu'il n'a pourtant entr'aperçue qu'une ou deux fois lorsqu'elle avait du mal à s'endormir)

22h53 Ce sera Every day should be a holiday, juste pour le titre

22h56 Bon programme ! Je vote pour eux !

22h56 Mademoiselle A a gerbé son goûter et passé une bonne partie de la soirée à grogner, la charmante enfant
22h58 Quant à dormir, je ne sais plus quoi en penser

22h58 C'est peut-être un marcassin, tu as bien regardé ? Comme pour les coucous, une femelle marcassin (on dit une laie, oui, décidément les animaux aujourd'hui c'est pas ça) aura déposé son petit à la place du tien
23h00 Trop fatiguée pour dormir ?

23h01 Peut-être bien. On sent le connaisseur

23h03 C'est un bon câlin qu'il te faudrait !

23h03 5 heures par nuit en moyenne depuis trop longtemps, j'attends la prochaine hibernation pour combler le déficit
23h05 Oh oui, un câlin, voilà, c'est exactement ça

23h06 Et après un grand dodo
23h11 Mets-toi tranquille au lit avec une musique cool et pense à de belles choses (il me tend une perche...)

23h12 Ça devrait être un peu plus calme demain, même si on n'est jamais à l'abri d'un chien malade
23h13 Oui je fais ça à peu près tous les soirs
23h14 Un exemple (pris totalement au hasard) je mets Syd Matters et je pense à toi (...je la saisis)
23h15 Eh ben ça me tient plutôt éveillée dis donc (puis retour...)

23h20 Il m'arrive la même chose quand je pense à toi, ça me tient éveillé aussi, c'est étrange (...dont il accuse réception)

23h28 Je vais tenter Daniel Darc en prélude à la mise au lit

23h31 Oui bonne résolution. Moi je discute (bonjour la discussion pas du tout hachée par l'envoi fréquent de SMS...) avec une pote collègue enceinte mais qui galère avec son homme et qui est déjà prête à être mère célibataire (putain mais ça va aller les couples en crise oui ?) (on me faisait remarquer l'autre jour T'en connais beaucoup des couples pas en crise, toi ? Effectivement la crise est peut-être inhérente au couple qui a dépassé sa période de formation et est sorti de son âge d'or. L'amour dure trois ans, dixit Beigbeder, il faut quand même reconnaître que c'est bien trouvé pour une fois)

23h32 Dur

23h35 En fait elle le prend plutôt bien, elle met son enfant avant tout et elle peut s'assumer

23h36 Tant mieux ! Mais ça sera dur quand même

23h37 Je suis pas trop inquiet pour elle, c'est une petite warrior dans son genre (et voilà, l'erreur commune...C'est justement les gens dont on pense qu'ils sont des warriors pour lesquels il faut s'inquiéter, parce que ceux-là ne demandent rien en général, ils font les beaux, les forts et en fait ça va pas du tout)

23h37 Et ça sera très bien aussi
23h38 Ça sera la vie quoi (belle platitude, la fatigue m'égare)

23h38 Enfin bref encore une petite histoire de la vie moderne
23h39 Oui tu en sais quelque chose
23h47 J'ai encore écouté Tambour et soleil, je vais bientôt le connaître par cœur

23h50 Moi aussi ! je l'ai écouté en partie ce matin. Mais je le connais déjà par cœur (pas facile de chanter en se brossant les dents, mais c'est l'intention qui compte)

23h52 Moi aussi dès le réveil !
23h54 Et enchaîné sur les Dandy
23h55 Puis du Dead can dance pour la sieste

23h57 Oh là là Dead can dance, ça fait trop longtemps que j'ai pas écouté, j'en ai même pas dans mon ordi
23h58 J'étais plus Bauhaus en fait

Vendredi 20 avril

00h00 C'est idéal pour se détendre et la sieste. Bauhaus je connais pas trop, encore un nouveau groupe à essayer demain !

00h06 "Pour se détendre et la sieste", c'est quasiment un zeugma comme figure de style
00h09 Fin de l'album de Darc, je vais passer en station horizontale

00h13 Le zeugma s'explique par la fatigue je pense, merci l'encyclopédie Larousse en ligne
00h15 Tu es quand même très calée en figures de style !

00h17 Disons que j'ai quelques notions (ça, ça pourrait être une litote)

00h17 Bipède à station horizontale ! (référence à Thiéfaine)
00h19 Attention ça fait limite obsessionnelle là (référence aux figures de style) (eh ben oui c'est mon obsession, voilà, j'avoue)
00h20 Tu as quand même retenu pas mal de choses entre deux canons à la fac (euh...trois pauvres figures de style ça fait pas lourd quand même)
00h22 Même si ça t'a pris un peu plus de temps, la faute aux pauses pipi, la bière c'est diurétique !

00h23 C'est à peu près vers cette époque que j'ai un peu lâché l'affaire Thiéfaine (à l'époque de la chanson à laquelle nous faisons référence. Après vérification, c'est faux car la chanson est sortie au moment où j'ai commencé à écouter Thiéfaine. Bizarrement je me suis surtout intéressée à ce qu'il avait fait avant, peu à ce qu'il faisait à l'époque et plus du tout à ce qu'il a fait par la suite)
00h24 Surtout la faute aux spliffs en fait

00h25 Pas bon pour la concentration (pas bon pour la motivation. Tout est compliqué quand tu fumes et tu n'as surtout pas envie de te prendre la tête, on est tellement bien là à rien faire), tu m'étonnes. Tu as eu une jeunesse folle ! (fumer des spliffs quand on est jeune me semble au contraire le signe d'un certain conformisme. Alors folle folle...Et encore il ne sait pas le quart du tiers de ce que j'ai fait)

00h25 La faute aussi à la vie qui était quand même bien plus intéressante que les cours en amphi (la vie, à savoir : traîner avec les punks à chien et les marginaux de la petite ville de province où j'habitais et dans d'autres où j'étais juste de passage...Les voyages forment la jeunesse, on t'avait pas dit ?)

00h29 Et tu as gardé ta fraîcheur et ça c'est cool !
00h30 On dirait une pub pour les chewing-gums lol de moi !

00h31 La vie c'est pas du bubble-gum et rien que le fait de respirer...(référence à Thiéfaine)
00h31 Oui très hollywoodien !

00h31 Moi j'étais plus sage tranquille dans mon bocal !
00h32 Ça me file des crampes dans le sternum ! (blind test réussi)

00h32 Oui bravo, Thiéfaine a un public de qualité
00h32 Tu es donc réellement un poisson (c'est son signe astrologique, ce qui lui avait permis de s'inventer une fête le 1er avril pour qu'on se voie)

00h33 Ben ouais quoi !
00h33 Un vrai de vrai !
00h34 Avec de la mémoire et tout ! À peine génétiquement modifié

00h34 Et que faisais-tu dans ce bocal ?

00h36 Je tournais en rond pardi !
00h36 Et je regardais ce qu'il se passait dehors

00h37 Contemplatif alors
00h38 C'est bien, c'est la voie de la sagesse

00h39 Oui plutôt, sinon une petite vie à peu près rangée, entre études, petits boulots divers et variés, sport, vacances avec les potes, on dirait une carte postale pour la grand-mère ! (je confirme)
00h39 Mais bon quand c'est les adultes qui sont un peu gamins, il faut bien compenser (je sais juste que ces deux parents sont des soixante-huitards (je ne mets rien de péjoratif derrière ce terme) et qu'ils ont au moins fumé la moquette au moment de lui trouver un prénom)

00h41 Oui je comprends, ça se sent encore aujourd'hui chez toi

00h41 Mais c'est vrai que je suis plutôt un animal solitaire si je me laisse aller

00h44 Je croyais que tu n'aimais pas être seul (il m'a dit avoir du mal à être seul chez lui, notamment quand il est en week-end décalé) (il m'a dit aussi aimer être en week-end décalé et voir les gens partir bosser alors qu'il chôme) (il est contradictoire) (je tire des conclusions très poussées de mes fines analyses tu vois)
00h48 Dans 6 heures le réveil, il va falloir que je me paramètre pour l'endormissement
00h49 Tu vas dormir un peu toi aussi non ?

00h51 Je suis plutôt sociable en effet (il répond à côté. On peut être sociable et ne pas supporter la solitude) mais j'ai du mal à vraiment me laisser aller et faire confiance car je me dit que tout peur (je laisse volontairement le lapsus calami (très exactement frapsus, mais j'aime tellement le latin))  s'arrêter comme ça sans prévenir. En fait quand je t'avais parlé de ma famille j'ai un peu simplifié le tableau, ma mère a divorcé deux fois et avec mes deux frères on a tous un père différent, et j'ai souvent déménagé aussi, enfin bref tout ça pour dire que je noue difficilement des relations durables en pure amitié (moi je traduis par : il n'a pas d'ami. Mauvais point)
00h52 Oui il est temps et moi aussi je suis mort, je vais dormir un peu aussi jusqu'à 4h si possible
00h54 Passe une bonne nuit et fais de beaux rêves avec des chiens, des poissons, des chewing-gums, des spliffs et des chansons (tentative de synthèse)

00h54 On en reparlera si tu veux. Essaye de te reposer

00h55 Pas de soucis, je réserve une place sur ton divan ! (mouais, je suis pas psy hein)

00h56 Je te fais des bisous tout tendres

00h56 Merci, ils me font du bien tu sais
00h56 Je t'embrasse fort et t'envoie plein de doux baisers
00h57 Bonne nuit