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vendredi 31 juillet 2009

♫ Des heures des heures de voltige à plusieurs ♫

Ça m'était arrivé une fois, le coup de l'ascenseur, mais pas à ce point-là quand même. Je te vois déjà imaginer tout de go qu'un beau gosse a appuyé sur le bouton d'arrêt d'urgence afin que nous nous livrions à des activités étroites et profondes. Eh bien non. Pourtant y avait tout ce qu'il fallait.

La première fois, lorsque je monte à bord, la directrice générale s'y trouve déjà. Nous échangeons des salutations polies et nous ne parlons pas. Cependant elle garde les yeux fixés sur, semble-t-il, la poche de mon jean. Sur le badge quoi. Où apparaît mon identité qu'elle tente, c'est ce qu'on peut supposer naïvement, de mémoriser afin de m'appeler par mon nom à notre prochaine rencontre, comme une bonne gestionnaire de petit personnel. Puis elle sort, je reste. Un je ne sais quoi me pousse à baisser les yeux. Et là...oh ça va hein ça arrive à tout le monde je te signale...j'ai la braguette ouverte.

La seconde fois (j'espère de tout coeur qu'il n'y en aura pas une troisième, si on pouvait m'épargner, merci d'avance), tout récemment, je suis seule dans l'ascenseur qui marque l'arrêt au premier étage. Monte une sous-chef pas fute-fute que j'aime pas mais c'est pas grave, c'est la fin de la journée, il fait beau, je vais bientôt me détendre en terrasse, la vie est belle. La sous-chef arbore un grand sourire à mon intention et se lance dans un discours de félicitation à propos du concours (la nouvelle n'est plus très fraîche mais elle connecte lentement). Je lui souris en retour et la remercie pour ses louanges tout en farfouillant à tâtons dans mon sac pour y pécho la bonne clope de la libération. Au moment où elle balance une expression dont elle ne maîtrise pas le sens , à savoir Dis donc Ada, depuis ton arrivée ici, t'as grimpé au cocotier* !, je me rends compte que j'exhibe dans la main gauche, en lieu et place du paquet de clopes, la boîte de douze préservatifs...J'aurais aimé lui dire que dans le contexte on dit plutôt grimper aux rideaux.

* D'après le Larousse, grimper au cocotier signifie se mettre rapidement en colère.

lundi 13 août 2007

♫ Ah je trouve ça beau (de ch'val), génial, admirable (de lapin) ♫

Bon par exemple admettons t'es invité au mariage du cousin de tonamour. Tu fais quoi ?

Moi déjà je râle. Non mais c'est vrai quoi, c'est loin, ça te bouffe un week-end comme si t'avais que ça à faire dans la vie et puis ça me soule ces réunions de famille, sérieux, est-ce que j'ai une famille moi ? Alors.

Acte manqué I. Tu sais qu'en ce moment j'ai une voiture (et si tu sais pas je peux pas te renvoyer aux archives, merci à toi de faire comme si t'avais compris en hochant la tête avec un fin sourire). Du coup ben on décide d'y aller en voiture. Les beaux-parents à l'arrière (mon dieu, les beaux-parents, j'ai écrit les beaux-parents, tu te rends compte un peu ?) monamour en co-pilote et Ada au volant. Ouais. Sortie du garage : nickel. Arrêt à la station-service, remplissage du réservoir : nickel. Redémarrage : problème. Tu croyais quand même pas que ça allait être si simple ? Chacun y va de son diagnostic : t'es sûre que t'as mis le bon carburant ? (tout le monde) moi je suis sûre que c'est l'huile (belle-maman) regardons la notice de démarrage (monamour) c'est quoi ce bouton qui clignote ? Mais bien sûr que oui j'ai mis du SP95, bien sûr, et non c'est pas l'huile, mais si vous continuez à me gueuler dans les oreilles, ça va tourner au vinaigre. Au bout de très longtemps d'infructueux essais et d'appels téléphoniques à de supposés experts (ah c'est le démarreur ça ma p'tite, tu donnes un bon coup sur le moteur et ça repart. Euh...t'es sûr ? Non parce que c'est pas ma caisse hein, et puis le moteur le moteur, c'est bien gentil mais qu'est-ce que t'entends exactement par moteur ?), monamour et moi partons en quête d'un garagiste. On laisse les vieux dans la voiture mais t'inquiète, ils avaient de l'eau et les vitres ouvertes, et même des bonbons à la menthe au cas où ils auraient la gerbe, à l'arrêt oui, mais bon à c't'âge-là on sait jamais comment ça va réagir, t'as qu'à voir moi, 83 ans, bientôt 84, et quand j'ai pas envie, faut pas me forcer, sous peine de s'exposer aux représailles de mon inconscient et ce mariage tu vois bien que je veux pas y aller, sinon je ferais pas d'aussi splendides actes manqués.

Parce que oui, quand le garagiste examine le truc, il me regarde, il dit : elle est pas à vous la voiture hein ? Alors je réponds : Ben non je l'ai volée, vu que bon, oublie pas que je suis trop drôle. Et lui il appuie sur le petit bouton et hop ça démarre. Le coup de l'alarme là. Si c'est pas réussi comme acte manqué. Sauf que quand même je suis persuadée que le propriétaire de la voiture m'avait pas expliqué l'astuce (cependant je décline toute responsabilité quant à la mauvaise foi de mon inconscient) (oh mais si, j'assume, j'assume, en bonne analysante, ça te va comme ça ?). Rions en coeur.

Soulagement général et remerciements chaleureux au garagiste qui nous fait rien payer, même pas son déplacement, il y a encore des hommes bons sur cette planète (et des souris oui peut-être), on part avec deux heures de retard mais on part, on sort ♫ se joindre à l'affluence ♫, pile poil dans les bouchons hein étant donné que c'est le jour des départs en vacances, pourquoi se priver. Et quand on finit par arriver, on met trois plombes à trouver l'hôtel. Normal. "Alors ? on vient visiter le Puy du Fou ?", nous accueille le réceptionniste (quand je te dis que ça me disait rien ce plan).

Non monsieur, non, on vient pour un mariage et figurez-vous qu'il y a des gens qui ont l'idée de se marier à Cholet (sans vouloir trop préjuger, du peu que j'en ai vu, ça porte bien son nom comme ville, il fait chaud et c'est laid) (ah oui je suis hyper calée en étymologie), oui ça existe (pas Cholet non - encore que...moi j'ai découvert son existence y a peu finalement - les gens qui s'y marient je veux dire...et même maintenant que j'y pense, le truc de ouf, y a des gens qui y vivent) (tu me diras y a bien des gens qui vivent à Paris) (et je te dirais : truc de ouf !) (remarque, à la réflexion, on s'en fout, les gens vivent où ils veulent, tant qu'ils vivent, c'est déjà pas mal) (c'est vrai quoi, on se contente de peu de nos jours. Prends la météo. On est en plein mois d'août, tu vois qu'il fait gris mais qu'il pleut pas, eh ben t'es content).

Acte manqué II. Le lendemain je suis réveillée par les lamentations de monamour : oooooooh nooooooooon...non, non, nooooooooooooon, c'est pas vrai, mais quel con, quel con c'est pas possible ! Que se passe-t-il de si bon matin ? je me suis transformée en mur ou quoi ? Mais non t'es con, il se passe qu'il a oublié ses chaussures à Paris. Eh bien je vois que je suis pas la seule à y aller à reculons à ce mariage...Commençons la journée par un bon fou rire puis rationalisons : il est 9h30, on a rencard à 10h30 à la mairie, d'ici là on va dégoter une boutique de pompes, ce serait bien le diable. Sauf que faut déjà trouver le centre-ville dans ce bled. Des ronds-points, ça oui, y en a à la pelle, ce qui aide vachement à se repérer (j'ai l'impression d'être déjà passé par là...Dis on n'est pas en train de tourner en rond par hasard ? Ben c'est un peu le principe du rond-point...Ah j'te jure, c'est d'un pratique). On tombe sur un magasin de costards, on entre pour se renseigner (on se croirait pas trop dans l'émission du gars qui a disparu, tu sais, le truc au trésor là ?) et monamour en ressort avec une chemise. Logique hein, on cherche des chaussures, il achète une chemise, tout va bien, il nous reste 22 minutes, pas de souci. Il fait 30 degrés à l'ombre, c'est mieux pour courir.

Finalement on trouve, on n'est même pas en retard et on s'amuse en plus, vraiment hein la vie est pleine de surprises. Je te passe les cérémonies bien chiantes, en plus à l'église j'arrive jamais à chanter, le temps que je mémorise l'air, on passe au psaume d'après, c'est pas hyper convivial je trouve. Juste à un moment le curé nous fait une page de pub en brandissant le dernier opus de Benoît XVI...ça s'est vachement modernisé l'Église hein...Ça commence à devenir intéressant à partir du vin d'honneur, à part la boisson rouge qui pétille comme un kir royal mais ça n'en est pas (et je dois dire qu'on sait toujours pas). Plus tard, au resto, je suis à côté d'un gars qui a soigné la maîtresse d'un ancien ministre. Eh ben, j'en apprends de belles...mais point trop non plus, secret professionnel et psychiatrique oblige. Oh la la, merde, un psychiatre...va-t-il déceler ma névrose à l'oeil nu ? En tout cas il fait comme si de rien n'était. Et puis faut quand même préciser que je fais pas si folle que ça à côté de sa femme, toute en paillettes que tu croirais que c'est elle la mariée mais non pas du tout, elle aime juste se faire remarquer et quand je lui dis que le marié ressemble à un Jean-Luc Delarue noir, elle répond : oh ben la mariée je la trouve un peu froide. Mais elle ressemble à une jument et moi j'aime les animaux. Allez hue, circule.

vendredi 12 janvier 2007

♫ It doesn't matter if we all die ♫

Le charmant charmeur chilien ne se sert de son téléphone portable que pour envoyer des SMS ; d'ailleurs il a acquis une certaine expérience dans l'art de l'expression phonétique. Mais, tiens-toi bien, voilà t-y pas que je reçois, de sa part, et deux jours consécutifs qui plus est, des messages vocaux...

La première fois je sors du cinéma. Ada c'est moi (...) Appelle-moi quand t'as le message, appelle-moi d'accord ? Ben non pas d'accord, j'ai rendez-vous avec monamour. Je l'informe donc par texto que je le contacte le lendemain.

Le lendemain, superbe acte manqué : j'oublie mon téléphone chez moi. Quand je rentre, j'ai son second message : Bonjour mademoiselle, c'est pour un sondage (bon là il faut que je te dise que chaque fois que je l'appelais, systématiquement, à tous les coups, je commençais par Bonjour Monsieur, c'est pour un sondage, et lui il répondait Oh oui mademoiselle, sondez-moi, sondez-moi)...je voudrais savoir ce que vous faites ce soir. Sachez que mon portable reste en attente d'un éventuel appel de votre part. Il est tard, je renvoie donc un texto explicatif en promettant que j'appelle le lendemain, cette fois de façon certaine.

Le lendemain du lendemain (surlendemain, oui je sais). Quand je compose son numéro, ça sonne trois fois puis répondeur. Ne sachant s'il me zappe ou si c'est un bug de la machine, je lui dis que je vais boire un verre avec mon pote au nouveau bar. Là-bas monamour appelle. Nous prenons rendez-vous pour finir la soirée ensemble. Et donc je rappelle le charmant : je vais pas rester, on pourra pas se voir. Mais répondeur toujours. deux secondes après, SMS : J'ariv o nouveau bar.

Ah. Merde alors. Bon. Il arrive, avec quelques centilitres d'avance sur nous et annonce qu'il a perdu un être cher, comme on dit et comme ça m'est arrivé y a quelques mois mais c'est pas le même tu t'en doutes. On trinque à la santé des disparus, je culpabilise un brin de ne pas être disponible très longtemps, alors je diffère mon départ au maximum. Mais faut y aller. Mes priorités ont changé. Il me dit Vas-y, t'inquiète pas, vis tes amours.

Le lendemain du lendemain du lendemain (ah tu fais moins ton malin là), SMS : Le pingouin me mank bocou...Prends bien soin de lui. Nourris le bien et fé lui une toilette ! je l'embrasse fort.

M'est avis qu'il va faire deux deuils en un (remarque, ça vaut aussi pour moi)...C'est la chienne de vie.

(Devine ce que je mange ce soir ? Indice : monamour et moi sommes invités chez des amis communs)

jeudi 30 mars 2006

Madame Castafiore c'est moi

Hum...hum...brrr...grrr...Je m'éclaircis la voix car il s'agit de ne pas être confuse. Sachez qu'il y a une suite aux récentes et palpitantes péripéties.

De par son instinct grégaire et en accord avec sa cousine la loi des séries, le malheur optimise ses mouvements en se déplaçant en troupeau. Par conséquent, c'est bien connu, il n'arrive jamais seul.

Tandis que je défilais tranquillement mardi au cri de C ! comme chômage et P ! comme précaire et E ! comme en colère ! Retrait ! Retrait ! Retrait du CPE !, voilà ty pas que mon téléphone portable se met à vibrer au fond de ma poche, affichant le nom d'ex-monamour. Non mais oh, on s'était pourtant dit que cette bulle de régression ne serait qu'une parenthèse aussi vite ouverte que fermée, ne remettant en aucune façon en cause notre séparation. Alors ? c'est quoi c't'affaire ?

Bref je décroche, car je suis une faible femme parfois. Et j'apprends que j'ai oublié chez lui mes bijoux dimanche matin. Ah. (Non mais aussi, après 2 heures de sommeil, on n'est pas forcément au top de la présence d'esprit). Eh ben c'est pas grave, y a pas urgence, je les récupèrerai à l'occasion, par exemple la prochaine fois qu'on se verra par hasard...(oui bon, on fait ce qu'on peut) (parce qu'en fait je pensais plutôt : mais ex-monamour, j'arrive, je cours, je vole vers mes bijoux...et vers toi accessoirement). Ok ok, répond-il, je te rappelle dans la semaine.

Voilà une affaire rondement menée, n'est-il pas ? Ouais, c'est ce que vous croyez, car en fait...

Mais avant il faudrait peut-être que je contextualise un tant soit peu. Ex-monamour m'a quittée il y a deux mois. Ça n'a pas rigolé tous les jours, loin de là, mais depuis deux semaines, ça va mieux. Je commence à tourner la page. Donc...fini les conneries. Ce week-end on est passé à l'heure d'été, hop une petite régression par-ci, et hop les pendules sont à l'heure ! On-n'en-parle-plus. Sauf que, cruche comme je suis, je réalise un magnifique acte manqué dont on se serait bien passé (surtout moi).

Dès le lendemain (cet homme veut ma mort), ex-monamour rappelle : Salut ! et si on se voyait ce soir ou demain ?

Moi : Pour les bijoux ? Oh tu sais c'est pas pressé, et puis je ne sais pas encore ce que je fais ce soir (rien). Quant à demain c'est pas possible (ça c'est vrai. Demain, en l'occurrence aujourd'hui, j'ai une résolution à tenir. Je vous en dis plus tout à l'heure).

Lui : Eh ben alors ce soir ? ça me paraît bien ce soir (vous voyez bien qu'il est sadique).

Moi : En plus je sors tard du boulot, alors je ne sais pas trop...(résiste ma fille, résiste)

Lui : Appelle-moi quand tu sors du boulot d'accord ?

Moi : Bon, d'accord (mais dans quel nouveau merdier vais-je me fourrer ?).

20h. Fin de ma journée de travail. Que faire ? Rien. J'ai pas rappelé. Et je suis trop fière de moi ! Voyez-vous, y a des limites, on va pas repartir comme en quarante, car à quoi ça mène ? C'est fini, terminé, stop, no way, basta.

Je sens poindre une objection : ça ne résoud pas le problème des bijoux. C'est juste, je ne vous contredirai pas. Mais avouez que j'ai limité les dégâts. Oh si, quand même un peu, merde, j'ai été trop forte sur ce coup-là ! Restent deux options : faire une croix sur ces bijoux (dommage) ou les récupérer par l'intermédiaire d'une amie commune (mieux).

Quant à la résolution à tenir, il s'agit de m'adonner à une activité sportive pratiquée avec beaucoup de courage par une personne dont le nom commence par la première lettre de l'alphabet et finit par la lettre qu'elle est censée avoir en double dans le dos (ça c'est de la devinette ou je ne m'y connais pas). Grâce soit rendue à mon unique lectrice à ce jour (en même temps elle est viendue parce que je lui ai demandu, faut pas croire, surtout pas en Dieu, y a pas de miracles). Amen.