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mercredi 11 juin 2014

♫ They can give me pills or let me drink my fill, the heart want to explode far away where nobody knows ♫

Bon allez viens, que je t'explique un peu.

Il se trouve qu'avec E. on s'est séparé. Encore. Ouais. J'avais eu l'outrecuidance de mettre sur la table les projets pour les vacances d'été. Après une longue stratégie d'évitement, où on se voyait un jour sur deux, chez moi le plus souvent mais aussi chez lui, sans que jamais il n'aborde le sujet, j'ai mis les pieds dans le plat (que j'avais mis sur la table) et on s'est séparé. Ça m'a soulagée. Au début. L'après-midi même, je suis allée voir Les chiens errants (au cinéma), 3 heures, 4 plans fixes (j'exagère à peine), exactement ce qu'il me fallait (j'exagère pas du tout, j'ai adoré).

Le soir même : Bonsoir Ada, comment vas-tu ? SMS de Titus, t'y crois à ça ? Pas de nouvelles depuis plus d'un an et bim, le jour où ça clashe avec E., il se manifeste. On se voit la semaine qui suit, il est célibataire. Bien bien bien. Sauf que j'ai pas envie. Car E. occupe toujours mes pensées. Titus me recontacte assez vite, je ne donne pas suite. C'est con, je me dis, cette fois, avec Titus, on est synchro, on est dispo, il est toujours aussi motivé...Mais je peux pas, je veux pas, j'y arrive pas. Ben ouais, c'est con.

Je pose une semaine de congés pour déconnecter de toute cette merde et profiter du soleil du sud. Je suis tout de même obligée de consulter ma messagerie professionnelle pour des raisons qui ne t'intéressent absolument pas et j'y trouve, notamment, un mail de E. qui dit : Désolé d'interférer ainsi dans ce qui semble être une semaine de vacances, mais il est urgent que tu reviennes mettre un peu de etc etc...Évidemment en bonne férue de psychanalyse sauvage et apprivoisée, seule me saute aux yeux la locution IL EST URGENT QUE TU REVIENNES (sauf que c'est plutôt lui qui m'a quittée, je précise).

Au cours de ces vacances, mademoiselle A. (mon enfant, tu te souviens ? 3 ans et toutes ses dents de lait) se surpasse en vocabulaire et autres trouvailles (maman, t'as oublié de mettre ta ceinturité avant de démarrer ; maman, est-ce que ça leur fait mal leurs bosses aux chameaux ? ; maman, moi aussi je voudrais avoir des poils ; maman, j'enlève ma culotte, je préfère rester en sexe).

Un soir tard, SMS de E. : Heureux et soulagé pour toi ! J'espère pouvoir trinquer bientôt en ta compagnie. C'est ainsi que j'apprends que j'ai obtenu ma mutation, ce que je vérifie dès le lendemain par des voies plus officielles. Lors de notre séparation, E. m'avait proposé qu'on fasse un break plus ou moins long avant de se retrouver dans une relation, je cite, désexualisée. J'avais dit non. Il avait compris, bien que trouvant ça complètement dingue (genre lui il reste ami avec ses ex, tu vois, quel homme fort et intelligent) (eh ben moi non), mais ça lui était déjà arrivé et il comprenait. Et voilà que j'ai ma mutation, que nous ne travaillerons bientôt plus ensemble, que le lien va définitivement se rompre et qu'il reprend contact ! Il comprend rien ou quoi ? Il fait exprès ? Il tente le passage en force ? Je zappe et tente d'oublier en dansant et en buvant du punch vanille dans la petite ville où je suis en villégiature.

De retour à Paris, un colis m'attend à la Poste, c'est un livre accompagné d'un mot de E. qui dit : Bla bla bla et REVIENS-NOUS souriante et bla bla bla. Le jour où je reprends le taff, E. se pointe opportunément au moment d'un départ groupé vers la cantine et on se retrouve à la même table, il rit à mes blagues, nos bras se frôlent, c'est électrique mais on prend l'air de rien, il annonce à la cantonade qu'il a fait un rêve, ouh là là, mais qu'il me racontera, à moi, juste à moi, non il n'en dira pas plus là tout de suite maintenant, pas la peine d'insister fait-il comprendre aux collègues intrigués. Le soir, mademoiselle A. étant chez son père, je me fais un ciné. Lorsque j'en sors, mon téléphone affiche une proposition d'apéro dont l'auteur n'est autre que...E. Je réponds juste : Je sors du ciné...histoire de justifier le délai de réponse. Qu'à cela ne tienne, il est encore dispo. Autant te dire que j'hésite, que je fume ma clope nerveusement, que je me dis que je ne sais pas quoi faire, avant de finalement accepter. Allez, d'accord, il a gagné, on va le boire ce verre en l'honneur de ma mutation, je peux même jouer la fille parfaitement détachée. Tu connais, je suis sûre, ce genre de situation : tu sais que c'est une connerie mais tu peux pas t'empêcher de la faire...(histoire de ma vie). Bref, on se retrouve au bar, on se raconte des choses très intimes sur nos fonctionnements personnels et on finit dans mon lit. Le lendemain je me dis que c'est un accident, on était soul.

Quelques jours plus tard, il me propose un concert, il devait y aller avec un pote mais finalement il est seul, il a une place, ça me dit ? Le concert, c'est une demoiselle que j'aime beaucoup, j'avais même hésiter à prendre une place mais je voulais pas croiser E. Et puis moi, ce soir-là j'ai rendez-vous avec le charmant charmeur chilien, qui me fait bien sentir son érection contre ma cuisse au comptoir et qui m'accompagne ensuite à pied, en cherchant tous les porches, tous les halls, tous les recoins qui nous permettent d'échanger des baisers et des caresses...le charmant charmeur chilien qui m'accompagne, donc, jusque dans le quartier où a lieu le concert (car à l'heure fatidique où je devais donner une réponse à E. avant qu'il ne propose la place à quelqu'un d'autre, j'ai dit : oui) (toutes les conneries elles sont pour moi, je te dis, j'en rate pas une). On finit chez E. et il propose qu'on organise un apéro avec les collègues la semaine d'après pour fêter nos mutations (oui, E. aussi va changer d'établissement). Et allez, je dis : oui.

L'apéro avec les collègues se passe bien, ils s'en vont, on se retrouve E. et moi, le patron paye son coup et on va se coucher (dans le même lit) (c'est plus vraiment un accident là, si ?) (remarque, on était soul). Le surlendemain, E. me propose un autre concert qui a lieu deux semaines après (genre on planifie, ta ta tan). Je dis : oui (y a plus de suspens).

Samedi dernier, je décide que j'ai plus l'âge de jouer la fille détachée et je lui demande s'il est dispo le soir. A priori non, il a un anniversaire l'après-midi, qui risque de durer, il m'en dit plus à 16h. À 16h, il confirme, c'est mort pour le soir. Je me retrouve sur la terrasse de la piste de danse, au soleil, avec Titus qui va a un concert vers 21h, il a deux places, ça me dirait de l'accompagner ? (mais qu'est-ce qu'ils ont tous, avec les concerts ?) Je réserve ma réponse, j'aviserai au dernier moment. 19h, SMS de E. qui est finalement libéré de ses obligations et qui m'invite chez lui. Je dis : OUI.

Je soupire, moi aussi, tu sais, je soupire...

Je passe sur le fait qu'un soir tard (au petit matin plus précisément) j'ai dormi sur le canapé-lit d'un pote, en compagnie de l'Écrivain (caresses très chastes, mais caresses...).

Tout cela ne mène à rien.

jeudi 18 octobre 2012

♫ Bet you don't remember how we met, that's okay it hasn't happened yet ♫

E. m’a à nouveau invitée à dîner chez lui. Je suis arrivée agacée par la pluie, le bus bondé, la circulation encombrée. Nous avons commencé par le whisky que j’avais amené. Nous étions dans la cuisine, il préparait une tartiflette, je fumais beaucoup. Nous avons dîné au whisky en terminant par les framboises et les mûres que j’avais achetées. Honnêtement je ne sais plus trop quels ont été nos sujets de conversation ni comment nous nous sommes abordés une fois dans son lit. C’était pourtant il y a moins d’une semaine. J’en garde une impression d’ensemble douce, en vol plané cotonneux.


À la lecture du mail de Titus, mon cœur de battre s’était un court instant arrêté, j’avais senti monter la bouffée d’adrénaline et mis une main sur ma bouche. L’émotion était au rendez-vous. Lorsque j’avais répondu, quelques 48 heures plus tard, j’étais restée sobre et concise en donnant mon accord de principe pour renouer le contact. Avait suivi une petite correspondance électronique à caractère informatif de mon côté, avec petit crescendo du sien. À la suite de quelques SMS d’approche (Salut Ada, comment ça va en ce samedi pluvieux ? Ça me ferait plaisir de te voir ce soir), je lui proposai de me rejoindre chez moi où je recevais quelques amis, très bienvenus en la circonstance. Je suis peut-être en train de faire une connerie mais au moins vous êtes là, leur avais-je dit. Je voulais me protéger de toute retombée sentimentale, je ne voulais pas me faire mal à nouveau. Je ne savais pas s’il me plairait encore, ne serait-ce que physiquement (sache qu’il est toujours aussi beau). Une fois mes amis partis, vers 2h, c’est sans dire un mot ou presque que nous sommes passés au lit. J’ai senti tout de suite que nous ne pourrions pas revivre ce qui avait été. Dès qu’il m’a touchée, j’ai pensé à E.

Chez E. au premier réveil, vers 9h, nous avons débriefé pour la première fois. Pas sur ce qu’on pouvait ressentir l’un pour l’autre, attends, chaque chose en son temps, sur ce qu’on avait fait sexuellement. Il commençait ses phrases par Hier quand on faisait l’amour, tu as…j’ai…j’aime bien…Il a décidé qu’il n’irait pas à la séance de cinéma de 11h où il devait rejoindre S. et où j’étais également bienvenue. On a refait l’amour avant de se rendormir avant de refaire l’amour avant de se rendormir avant de se réveiller et finalement prendre une douche et un petit déjeuner en écoutant France Inter. C’était bien.

Titus a envoyé des SMS les jours qui ont suivi nos retrouvailles, beaucoup (j’ai répondu, de loin en loin, sans m’engager à rien...), puis de moins en moins (...pas même à le revoir), puis plus du tout. Il y a eu une soirée parenthèse Charmant charmeur chilien et chemins de fer mais ça c’est pas pareil, tu sais bien. Titus, je ne veux pas le garder au chaud pour les traversées du désert. Hier j’ai préféré rester seule plutôt que de voir le Charmant. Je ne sais ni l'écrire, ni le raconter, je ne peux pas analyser tout de suite. Je suis amoureuse de E. et je n’ai rien d’autre à déclarer.

mardi 31 juillet 2012

♫ I wanna love and treat, love and treat you right ♫

(Ouais ben mon chef est en congés et quand mon chef est en congés, c'est moi le chef)(et faire le boulot du chef en plus du mien, c'est très fatigant)(mais je suis quand même là pour le bilan d'étape, tu pourras pas dire que je suis pas sympa)

L'homme-au-nyme fait ramadan. Le reste de l'année il ne pratique que très peu, une prière le vendredi quand il y pense, quand il a le temps. Il fume, il boit, et cætera. C'est la première fois que j'ai une relation avec un homme croyant. Je pense que c'est un obstacle à une entente de longue durée dans la mesure où je crois au contraire qu'il n'y a pas de dieu. Je pense aussi que je ne pourrais pas former un couple avec une personne qui vote à droite ou qui est en faveur de la peine de mort (mais en fait je sais pas hein). L'homme-au-nyme se rachète pendant ramadan. Alors bien sûr parfois il me fait l'amour jusqu'à 5h du mat passées et c'est foutu pour la journée qui suit (très élégamment, à ceux de mes amis qui lui demandent pourquoi il ne jeûne pas, il répond Pour des raisons personnelles). L'homme-au-nyme va à la mosquée pour la prière de 14h et pour celle de 18h30. Ensuite il vient passer un moment avec moi et mademoiselle A. Il m'embrasse sur le front et ressort pour couper le jeûne, assister à la dernière prière et éventuellement veiller toute la nuit à base de lectures du Coran, méditation et bonne bouffe.

Fort bien. Sauf que je l'héberge. Et se faire réveiller toutes les nuits vers 5h, quand il te reste peu de temps de sommeil et que donc, forcément, tu te rendors pas, ça finit par te taper sur le système. Par ailleurs au bout de deux mois de dépannage, je souhaite aborder avec lui le sujet de ses projets pour la rentrée car je n'ai pas l'intention de l'héberger indéfiniment. Aussi je profite d'une veillée particulièrement tardive pour remettre les pendules à l'heure :
1) à partir d'une certaine heure, pour ne pas perturber mon sommeil, il ne rentre pas chez moi, il se débrouille
2) pendant mes vacances en août je ne vois aucun inconvénient à ce qu'il occupe mon appartement, mais à mon retour en septembre je souhaite qu'il ait trouvé une autre solution.

Il accueille le point 1 avec compréhension, il reste coi sur le point deux et je sens qu'il accuse le coup d'un dur retour au réel : même si nous nous entendons bien, même si nous nous aimons bien, cette situation ne peut durer qu'un temps, je n'ai pas envie de vivre avec lui (je ne sais même pas si j'ai envie d'une véritable histoire avec lui et, par dessus tout, j'ai envie de recevoir qui je veux chez moi, notamment des hommes).

Le lendemain il annonce qu'il va veiller et qu'il rentrera vers 7h du mat, heure à laquelle habituellement je me réveille et passe sous la douche.
Fort bien. Sauf qu'il arrive à 6h14...

Alors le soir ça clashe. Une fois de plus je lui signale qu'il ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Il vit chez moi, ce n'est pas à moi de m'adapter à son rythme. Explosion de colère : puisque c'est comme ça, je me casse ! Je trouve ça puéril et ridicule mais je ne le retiens pas, j'aurais préféré que le départ se fasse plus en douceur, mais l'objectif est atteint quoi qu'il en soit. Il met très longtemps à emballer des affaires qui le sont déjà. Je le lui fais remarquer, lui rappelle que j'étais prête à l'héberger jusqu'à la rentrée. Ton appart tu peux te le metttre au cul ! Je reste avec mademoiselle A dans sa chambre, porte fermée, pour la protéger de cette violence verbale. Mais il faut que je fasse accélérer le mouvement pour qu'enfin il soit sur le palier. Je claque la porte, je l'entends crier à plusieurs reprises dans le couloir Je comprends pourquoi le père de ta fille t'a quittée ! 

Je prends mademoiselle A dans mes bras, je lui dit On s'est disputé, elle penche sa tête contre la mienne en signe de compassion-réconciliation. Quand elle est au lit quelques minutes plus tard, je fume un gros spliff qui ne me fait ni chaud ni froid. Nous avons vécu une histoire en accéléré, fusion, lassitude progressive, vie décalée mais attachement réciproque, séparation de vieux couple. Je me dis qu'il va me manquer sexuellement putain.

Deux jours après, à savoir dimanche, le réveil sonne à 7h40.
À 7h52 j'avale les deux cachets.
Les premiers saignements arrivent à 12h02.
IVG médicamenteuse à domicile et en solo.

Le soir l'homme-au-nyme appelle pour prendre des nouvelles, les choses se passent comme indiquées par le gynéco, nous nous parlons avec douceur, nous devons nous voir ce soir.


Avec E. et S. nous sommes allés boire des coups le 14 juillet. Mais à 2h du mat chacun est rentré chez soi (et ce jour-là, j'étais bien contente de retrouver l'homme-au-nyme s'apprêtant à mater un film sur mon ordi (tu te doutes que je l'ai fait changer de programme)).

Mercredi dernier E. propose un pique-nique et un cinéma en plein air mais je préfère voir enfin, après tellement de rendez-vous reportés pour cause de logistique compliquée (on ne peut aller ni chez lui, ni chez moi), le charmant charmeur chilien exceptionnellement disponible à domicile.

E. tente pourtant de m'amadouer.

Mercredi 25 juillet
17h16 J'ai 4 tranches de rôti, 3 litres de smoothie, 12 canettes et 2 kg de prunes !!
20h51 J'attaque le rôti
20h54 Moi je suis au champagne...(le charmant charmeur chilien sait recevoir) mais j'avoue que je suis assez tentée par les prunes (je n'exclue pas à ce moment-là de les rejoindre à la Villette)
21h07 Allumeuse (il n'a pas tort car finalement je déclare forfait)

Jeudi 26 juillet
17h01 Hier soir je me suis dit "Les prunes comptent pas pour les brunes"
20h51 C'est sûr que les prunes c'est pas le dessert que sert l'abominable homme des neiges, mais ne crois pas que j'y sois indifférente, loin de là (saisit-il mes messages à double sens ?)

Demain soir, E. et S. viennent prendre l'apéro dans mon jardin.

samedi 8 août 2009

♫ Put on your red shoes and dance the blues ♫

Je suis sûre que dans ta petite tête tu associes certains moments de ta vie à une bande sonore particulière. Par exemple moi, la bamba (♫ para bailar la bamba, se necesita una poca de gracia ♫ tu vois) c'est la Californie. Bon mais c'est pas de ça que je veux te parler. Là il s'agit plutôt de savoir comment allier son état d'esprit à la danse de circonstance. Tout en conservant la grâce nécessaire (cf la bamba). Faut-il comme Robert Smith adopter la technique du déhanché enfantin qui consiste, si tu veux bien te donner la peine d'appuyer sur play, à faire semblant de jouer à la marelle en fixant le sol pour pas se tromper de case ?



Il y a quelques semaines, j'étais dans un taxi, en conversation téléphonique avec un ami (truc de ouf), je retrouvais le charmant charmeur chilien qui devait se produire en sound system un peu plus loin. Comme de bien entendu nous y allâmes en chemins de fer, et j'eus beau consommer moult champagne tout en relançant dans des toilettes qui fermaient pas à clé (prise de risque, risque d'être prise), tandis que le charmant tenait le micro et les platines, je ne parvins pas à me dandiner mollement au rythme du reggae sous un nuage de fumée de spliff. C'est bien là le problème, me disais-je, si tu t'étais étourdie aux végétaux, t'aurais été dans le move tandis qu'en l'occurrence t'as plutôt envie de faire des bonds survoltés. Mauvaise coordination (à noter que le charmant lui n'en était nullement gêné, tu dois apprendre à gérer tes montées, dit-il, ainsi que tes descentes. Ouais don Juan (pas Molière hein s'il te plaît, l'autre), mais moi sur la voie du guerrier j'en suis qu'au niveau 1) .

A contrario, une soirée sur l'Embarcation-close bien préparée en voies ferrées et voilà que tu ne quittes plus la piste électro-électrique.

L'exception qui confirme la règle : à la Nouba, il ne t'aura fallu que deux mojitos pour t'enflammer sur une musique de merde. Comme au bon vieux temps (qui précéda de peu l'époque des bières préparatoires au pogo bérurier), quand après un verre de Coca pur, tu te laissais enlacer par...qui déjà ?, au son langoureux du Careless whisper de George Michael.

La question qui se pose aujourd'hui, veille de mon départ en vacances : que faut-il prendre pour danser le pentozalis ?

lundi 27 juillet 2009

VSD

Vendredi. Nourrir le chat pour la dernière fois, marcher tranquillement jusqu'au bar où on a rencard avec sonamour. Être en avance. Longer le quai pour visiter les aménagements de Paris-plage, s'arrêter devant le cours de salsa, hésiter à y participer, regarder l'heure. Être à la bourre. Le retrouver en terrasse devant une bière, comparer les mérites respectifs de Houellebecq, Mérot et Jaenada. Marcher tranquillement jusqu'à la table réservée dans le resto berbère, bien boire et bien manger. Rentrer à pied, faire l'amour, dormir.

Samedi. Manger un rouleau de printemps sur le quai en regardant les boulistes. Aller au cinéma. Marcher tranquillement jusqu'au bar où on a rencard avec son pote. Lui raconter des trucs de ouf. Trois bières plus tard, marcher tranquillement jusqu'au bar où on a rencard avec le charmant charmeur chilien. Faire les trois bars du quartier en se déplaçant par voie de chemins de fer. Se faire accueillir par le grand sourire du barman qui se souvient de la dernière fois. Rejoindre l'Embarcation-close, danser, relancer les chemins de fer dans les chiottes étroits, en traçant de belles lignes sur le bouquin récemment reçu. Se faire complimenter pour le blog par une lectrice insoupçonnée. Monter et descendre trop souvent et trop vite. Prendre un taxi dans une sorte de bad raide et électrique.

Dimanche. Se faire réveiller par un texto, sourire, se rendormir tranquillement jusqu'à une heure avancée de l'après-midi. Retrouver son amie chez elle pour un apéro espagnol. Lui raconter des trucs de ouf. Apprendre par téléphone qu'il ne faut pas s'étonner en rentrant de trouver deux inconnus dans son salon. Rentrer, boire du tit punch avec les cousins inconnus. S'exprimer en anglais car y a pas le choix. Se moucher trop souvent. À la question Tiou a une rhub ?, répondre : Oh but you speak french !

vendredi 12 juin 2009

♫ Ce sont des trucs qui ne s'expliquent pas, ces jolies choses qu'on se dit tout bas ♫

Tu veux que j'te dise ? La bonne nouvelle, c'est que j'ai réussi un concours. Eh oui, encore, ah la la, ça devient une habitude (cela dit en toute modestie, sans la moindre fierté ni prétention, je suis pas du genre à me mettre en avant ou à faire remarquer combien je suis brillante, non non non) (la preuve). Mais attends, comment ça déchire !

Et alors du coup faut fêter. Ben oui. Tout en passant des entretiens avec monsieur le directeur, madame la directrice et le saint esprit. Parce que c'est pas tout de réussir, après faut faire des voeux d'affectation, et pour que le choix soit parfaitement éclairé, faut aller sur le terrain, à savoir des bureaux où tu dois arriver bien coiffée, bien sapée (j'te raconte pas le boulot), faire la fille enthousiaste aux compétences tellement variées que bien sûr que c'est moi qu'il vous faut, tu rigoles. Mais bon, comme je te disais, faut fêter aussi, très important de fêter. Et donc, réfléchis deux minutes, ça paraît pas vraiment compatible.

Notamment quand, aux alentours de 5-6 heures du mat, tu décides d'enlever tes lentilles et que le charmant charmeur chilien te garantit que le flacon marqué d'idéogrammes est bien du nettoyant pour lentilles. Écoute je veux pas chipoter, mais après ça, mes yeux ont pleuré quarante-huit heures (et bien bien plus que ninety-six tears) (dis donc, ninety-six c'est le double de quarante-huit, c'est dingue) (et ne me dis pas que tu connais pas Question mark, je te l'avais mis en video). J'étais un peu énervée.

Surtout quand je suis arrivée chez monsieur le directeur, avec des yeux de lapin, les lèvres gercées et le nez qui pèle (bon d'accord on ne peut pas tout mettre sur le dos de ce nettoyant. Reconnaissons que d'autres produits du genre ferroviaire avaient fait leur oeuvre) et qu'il a fallu exposer mes motivations (alors écoute, gars, c'est bien simple, là moi je rêve que d'une chose, c'est de me recoucher, et éventuellement, ce soir, ressortir le champagne et ce qui va avec). Eh ben en fait nous avons établi un contact très satisfaisant et si ça se trouve, c'est là-bas mon nouveau boulot. Mais si ça se trouve, c'est pas là-bas, quel suspens...

Enfin toujours est-il que ça a sacrément déconné ces derniers temps. Quand le charmant susnommé demandait : Est-ce que vous m'aimez ? il fallait répondre : Oui je vous pépé, et quand monamour, de retour de vacances, disait : Tu m'as manqué, y avait juste à savourer. Pour te dire qu'on a atteint des sommets.

mercredi 28 janvier 2009

♫ I am the eye in the sky, looking at yououou...♫

Rions un peu pendant la dépression (oui oh écoute j'exagère si je veux. J'aurais pu dire déprime mais il aurait manqué un pied au décasyllabe).

Le charmant charmeur chilien et moi on échange des mails parfois, par le biais d'un site de réseau social. Hier il annonçait dans ses humeurs : Le charmant charmeur chilien a mal à l'oeil.

Alors je lui écris : Tu connais le remède le plus agréable quand on a mal à l'oeil ? Il faut se rincer l'oeil (ah ah ah)

Il répond : pppffff...mééééé ! tjrs aussi drôle tuuuuaa ! :) j'ai vraiment mal, ça ressemble à une conjonctivite, c'est relou ! :( Jdois aller voir le médecin.

Entre temps ses humeurs changent et il affiche : Le charmant charmeur chilien get blind !

Je renchéris : Oui c'est courageux d'aller voir le médecin, tu n'as pas froid aux yeux toi hein (hi hi hi). Mais bon, si tu deviens vraiment aveugle, j'espère que pour autant on ne se perdra pas de vue (ouh ouh ouh)

Aujourd'hui je pense lui envoyer un truc du style : j'espère que ça va mieux et qu'il t'a soigné en un clin d'oeil (uh uh uh).

Je me demande combien de temps je peux tenir

(Faut-il déduire de ces facéties que ça va mieux ou que ça se dégrade ? J'hésite.)

mardi 6 janvier 2009

♫ Turn around, I'm by the window where the light is ♫




Y a tous les amis, les meilleurs et les autres, qui me payent des coups, qui m'écoutent parler ou me taire.

Y a ceux qui téléphonent matin et soir, alors que parfois on s'est vu dans la journée, pour voir comment ça va depuis tout à l'heure, ah t'as une meilleure voix, allez t'inquiète pas, vas-y pleure un bon coup ça fait du bien, je te rappelle, bisous. Ça dure quoi, deux à trois minutes, juste pour dire on est là, et puis aussi parce qu'ils s'inquiètent. Je les aime bien ceux-là, je les aime bien, vraiment hein.

Mais bon. Quand ils appellent à midi et que je me suis couchée pas longtemps avant, comment te dire, non seulement j'ai la voix éraillée clopes-whisky mais en plus il faut faire genre que j'ai pas la gueule de bois, sinon, je viens de te le dire, ils s'inquiètent. Alors ça va bien maintenant d'accord ? on se calme et on me laisse dormir.

Y a le charmant charmeur chilien, qui se manifeste à pic avec des cadeaux ferroviaires et qui susurre dans un demi-sommeil oh pauvre marmotte mais je serai toujours là moi, ce qui déjà, permets-moi de te le faire remarquer, est faux. Ben oui l'éternité, tout ça, on va pas y revenir. Mais j'aime beaucoup. Après il dessine des nuages sur les murs de mon nouveau quartier, un ici, et un autre juste là, je les vois tous les jours si je veux, mais des fois j'oublie et ça me fait comme une surprise.

Y a mon ami de mail, qui me raconte un peu sa vie et je lui raconte un peu la mienne, on se marre bien même quand c'est pas trop drôle, car mon ami de mail est profondément drôle (et drôlement profond, ça n'empêche pas).

Et puis y a ceux qui viennent ici, autant dire toi quoi, c'est bien aimable et réconfortant.

Comme tu vois je suis bien entourée, ce qui fait que globalement ça va.

Dans le détail je lutte un peu. T'as qu'à voir cette note, franchement c'est flagrant que je lutte. Et il en va de même au taff. Le problème majeur étant de m'extraire du lit le matin. C'est pas nouveau mais là j'atteins des sommets, je suis trop fatiguée tout le temps.

Alors je te vois venir évidemment. Entre l'un qu'on couche dans une fosse, et moi qui fais une fausse couche, y a de quoi avoir du mal à se lever. Certes. Cependant, comme je n'ai pas l'intention de prendre un congé maladie ni des vacances (en tout cas pas tout de suite), il va bien falloir trouver une solution. D'aucuns pourraient pernicieusement insinuer que je bosse déjà à mi-temps vu mes horaires d'arrivée. Mais ceux-là je les emmerde, comme à l'accoutumée. Et je n'ai pas non plus l'intention de réellement passer à temps partiel, même avec un enfant, pour te dire que là y a vraiment aucune raison. Donc pas d'autre possibilité que de se lever le matin, on est bien d'accord.

Alors hier soir je rentre sous la neige, humeur très médiocre, un petit coup d'oeil au nuage dans le recoin, fugace sourire intérieur, attente de l'ascenseur trop longue pour éviter la discussion de bonne année avec la voisine, entrée dans l'appartement. J'hésite à me coucher direct. Ben oui hein, on peut toujours tenter le couchage anticipé. Finalement j'entame une guerre contre les Mongols, ça défoule, ça vide la tête...

Au moment où je me dis que j'ai la flemme de faire chauffer la bonne soupe de légumes bio (surgelée, attends, tu crois quand même pas que je la fais moi-même ?) mais que bon, va bien falloir, arrive Monamour. Pleine d'espoir sur la possibilité, pas d'une île puisque les vacances : voir plus haut, mais d'échapper à la corvée, je m'enquiers :
- T'as acheté quelque chose à manger ?
- J'avais envie qu'on tire les rois alors j'ai acheté une galette...(il est d'une logique implacable)
- ... (j'ai comme l'impression qu'on ne pourra pas échapper à la soupe)
- ...et du champagne et du foie gras
- Ah cool ! Mais pourquoi ?
- Parce que la galette ça se mange avec du champagne, et que le champagne ça se boit avec du foie gras (eh ouais o-bli-gé, c'est mathématique)

Forcément d'un coup la soirée prend une autre tournure, surtout qu'il m'a choisie comme reine, tu te rends compte ? quelle surprise totalement inattendue ! Mais avant il dit Hey mange pas tout le foie gras, il faut qu'il en reste un peu pour demain. Pour demain ? Et en quel honneur ? Comme ça tu pourras en prendre pour ton petit déjeuner. Cet homme sait trouver les mots pour me faire sortir du lit.

mercredi 16 juillet 2008

♫ Hear me when I come baby ♫

Un apéro en terrasse avec l'Écrivain, c'est jamais décevant. On a beau se voir quasiment jamais, on reprend la discussion comme si c'était hier. On arrive à parler de la "relation", l'"histoire", bref le truc qu'on a vécu ensemble...ouais c'est assez nouveau ça, et même on en rit. Non mais attends on l'a échappé belle je te signale et crois-moi qu'on est ravi d'avoir préservé cette amitié. On s'aime et on se le dit avec des mots. Contrairement au charmant charmeur chilien avec qui on se le dit plus avec les corps tu vois.

J'étais tranquillement à tanguer (j'avais mangé toutes les chips mais ça éponge pas vraiment) sur un Vélib, autour de minuit, après cet apéro avec l'Écrivain, quand arrive un SMS du charmant. Bon ben je fais demi-tour du coup. Oui oh je sais, je sais. Il faut te dire, au cas où tu l'aurais pas compris, que j'étais déjà bien attaquée. Et donc (enfin je suppose, y a pas forcément lien de cause à effet) le premier parachute, je le sens pas du tout. Ah non je t'assure hein, juste les vapeurs de l'alcool se dissipent de plus en plus mais à part ça je ne vois rien venir. Le charmant m'en propose donc un second. Qui fait son gros effet.

Disons que je suis passée d'un état à un autre sans transition. Je me souviens avoir été très étonnée de voir mon visage dans la salle de bain, enfin non bien sûr je m'attendais à voir apparaître un visage dans le miroir au-dessus du lavabo mais je me trouvais bizarre. Tu me diras j'avais sans doute pas tort.

Je me souviens que plus tard, ou plus tôt, j'avais les yeux fixes et écarquillés et je disais au charmant J'ai peur-j'ai peur-j'ai peur, mais c'était une sorte de peur en dent de scie, presque agréable parfois, et le charmant disait avec sa voix toute douceRegarde-moi, t'es en train de faire un bad trip là, j'ai déjà vu des gens faire un bad trip, t'es en train de faire un bad trip, regarde-moi, ça va aller, et oui ça allait, je voyais son visage tout pixellisé, très joli, j'avais plus peur.

Je me souviens avoir fumé une clope assise sur le rebord de la fenêtre et j'avais l'impression d'être dans le corps d'une poule. Oui, une poule.

Je me souviens pas le moment où j'étais toute nue et toute seule sur le futon, les jambes en l'air et l'air d'aller très bien. Devine qui m'a raconté ?

Par contre je me souviens des caresses, celles que je faisais au charmant et celles que je me faisais à moi-même.

Et aussi du charmant qui me disait qu'en fait on est frère et soeur lui et moi.

Le lendemain on se réveille tard et pendant que le charmant mange une salade, j'ai des remontées bien puissantes, je peux juste grignoter une crevette et un tout petit peu d'avocat.

Puis je retrouve monamour, qui est un homme exceptionnel, je ne le dirai jamais assez...je veux dire, j'ai "découché", non découché j'aime pas, mais bon c'est bien ça que j'ai fait en même temps, j'ai découché trois fois en une dizaine de jours et on se retrouve, comme si de rien n'était, il est content de me voir et moi je suis love, un peu en chaleur aussi, mais surtout love love love.

Je me demande quand je vais prendre l'atterrissage en pleine gueule, j'anticipe le mal, d'autant que le lendemain on part à Londres, s'agit d'être en forme quand même, pas se la jouer vieille loque en descente, assurer quoi merde. Alors, cette douleur physique et mentale, elle vient quand ? Eh ben crois-le, crois-le pas, elle est pas venue. Je sais pas ce qui s'est passé, rien à voir avec la première fois, même pas mal.

Cela dit (après ces quelques jours à Londres, où j'espérais pas trop me mettre au vert (vu que c'est une ville bien festive) mais les idées en place oui), j'ai repris le taff. La première chose que j'ai fait en arrivant ce matin, c'est ranger mon bureau. Ce soir j'attaque la chambre et après je crois qu'on est bon.

mardi 8 juillet 2008

♫ Sur fond de rock'n'roll s'égare mon Alice ♫

Bon ça y est je reviens. Non parce que j'étais partie un peu loin quand même.

Alors oui le charmant charmeur chilien m'a apporté un petit goûter alcoolisé et après on a pris les chemins de fer et les petits câlins sont devenus gros gros gros. Au petit matin je suis rentrée en Vélib pour la deuxième fois.

Et qui donc a dit Jamais deux sans trois ? Reconnaissons qu'il n'avait pas tout à fait tort.

Sauf que la troisième fois a légèrement différé des précédentes. Oui messieurs-dames. Et pourquoi donc hein ? Pour la simple et bonne raison que j'ai fait du parachute.

Dit comme ça, évidemment tu ne vois pas, je m'en doute bien. Pour de plus amples informations il te suffira de taper, sur ton encyclopédie libre, les lettres m, puis d, puis m, puis a et d'aller à la rubrique "Jargon". Je t'en prie.

Alors le parachute, au début tu dis, enfin moi je dis, en bonne trouillarde : non mais arrêêêêête ça fait trop peur !!! Le charmant te rassure, tu fais comme tu veux, mais là y a presque rien, tu vas rien sentir. Bon du coup tu testes.

Effectivement tu sens rien. Jusqu'au moment où tu te mets à voir en saccadé, les mouvements sont décomposés, comme ta caméra quand elle est pas très performante, un peu au ralenti quoi. Tiens d'ailleurs en parlant de ralenti, niveau perception du temps, c'est carrément l'effet inverse des chemins de fer. À savoir : avec les chemins de fer, le temps passe à la vitesse de la lumière (blanche), une nuit égale environ une heure ; avec le parachute, tout le contraire, quand tu jurerais qu'il est 6h du mat, il est à peine 23h...

Le grand sourire plein de dents scotché sur ta face te rappelle tes premières expériences de jeune fumeuse en herbe (en herbe dans tous les sens du terme, tu avais compris). Oui c'est un peu pareil, tu te mets à rire pour rien et tu pousses des cris de joie, ah tu vois rien que d'y penser j'en veux encore.

Et puis alors, va savoir comment, toi qui refuses ce genre d'activité depuis que tu es en capacité de faire ta toilette seule, voilà que non seulement tu te retrouves à prendre un bain mais en plus tu kiffes...

Bon il va de soi que tout cela est agrémenté de caresses en tout genre car tu as littéralement le feu partout partout PARTOUT.

Vient le moment où ça retombe, forcément, et là le coup de barre est terrible. Le charmant sort alors les chemins de fer et, aah, ça va mieux. Allez au lit. Il est 4h. Tu règles ton réveil à 5. À 5, tu le règles à 6. À 6 tu envoies un texto et tu dors sur place.

Vers 10h tu es dans le métro, et franchement tu ignorais qu'ils étaient si nombreux à se déplacer si tôt le dimanche. En plus ils braquent leur regard sur toi, mais non voyons, pas parce que tu es irrésistible, juste parce que tu portes tes lunettes de soleil, les néons te font trop maaaaaal.

Et monamour qui t'attend comme un petit pain au chocolat bien chaud sous la couette te dit : Tu veux pas enlever tes lunettes de cocaïnomane avant de te coucher ? Tu ne relèves pas car il n'est pas si loin de la vérité et surtout tu es épuisée, à bout de forces, tu calcules que tu n'as presque rien mangé depuis 48 heures, tu constates que malgré cela tu n'as pas faim, il ne te reste plus qu'à dormir.

Autant te dire qu'après tu es déprimée un peu beaucoup. C'est le prix à payer, dit le charmant. Eh ben c'est cher. Enfin bon toujours est-il que je suis revenue et ça c'est pas mal. J'ai même mangé un cheeseburger, non, pas là où tu crois, dans un bon resto. Et bien sûr, avant que j'aie le temps de me poser cinq minutes, je reçois : Hello chère amie que diriez-vous de prendre un verre prochainement ? ça fait longtemps ! C'est l'Écrivain.

mercredi 2 juillet 2008

♫ And I find you spinning round in my brain like the bubbles in a glass of champagne ♫

Ainsi donc j'ai passé le week-end déprimée et cafardeuse au possible. Après trois heures de sommeil je me disais bon c'est normal, conséquence logique d'une nuit en chemins de fer, t'inquiète ça va passer. Mais vlà-ty pas que samedi soir, pendant que monamour fait la fiesta de son côté (chacun son tour, les équilibres sont respectés), samedi tard dans la nuit même, je dors toujours pas. Allez, mettons ça à nouveau sur le compte des chemins de fer et arrête un peu de penser au charmant charmeur chilien maintenant. Dimanche ça continue. Ciel. Un gros coup de blues. Et la lutte pour pas envoyer de SMS. Lundi retour au taff, pas d'amélioration notable, le noeud dans la gorge est bien installé. Mais c'est quoi ce bordel ? Et puis mardi, alors que ça se desserre très légèrement :

Bonjour vous ! Jéspère ke ton retour n'a pas été trop dur ?! (terrible le retour, terrible terrible terrible) Je n'ozé pas te recontacter (ah tiens toi ton non plus ?) mé jarèt pas de penser a toi...(ah tiens toi aussi ?) Cé malin ! (ouais, je dirais même plus : nous vlà bien) Bizoudoux (oui doux doux doux les bisous) (quand je te dis que c'est le bordel)

Puis : Cété une belle soirée...(c'est bien ça le problème, si on avait passé une soirée pourrie, on n'en serait pas là)

Je réponds : Oh si, l'atterrissage a été très dur, je suis toute déprimée...Et moi aussi je pense à toi...

Moi oshiii jsuis tout déprimé é jaréte pas dpenser a toi...(ouais ben ouais, ça fait deux fois que tu le dis là) (mais vas-y, dis-le encore !) Tu taf ojourd'hui ? (oui. Je me suis fait violence mais oui) On pe sprendre un verre a ta sortie ?! Dis ouiii !

Ah la la, mais c'est terrible. Mais c'est bien en même temps. Mais c'est terrible. Je peux pas ce soir, aaargh, mais peut-être demain, pas sûr, pff, au secours ! (tu sens la fille bien perturbée là non ? Oui mais non mais oui mais non...) Je suis toute perdue. (oui je crois qu'on a compris le principe) T'es comme une drogue toi ! Bon je sais pas. (ça c'est de la détermination, ouah) (non mais comprends-moi aussi, on avait dit fidèle hein) Si je peux je t'appelle demain (fidèle ouais, laisse-moi rire)

Ouiii ! Toi ossi té kom une drogue. Jsuis en mank de toaaa !

Aujourd'hui, tandis que je mange un bo bun en terrasse (fort bon ce bo bun, soit dit en passant) : Jpense fort a toaaa...(Ça faisait longtemps que tu l'avais pas dit) (je me disais même, mais dis donc quand est-ce qu'il va le dire) Dis moi kon svoaaa ?!! (ah mais c'est pas si simple. Enfin c'est pas compliqué non plus mais si quand même...aaah ça recommence)

Excuse j'étais en train de déjeuner. Je sais toujours pas pour ce soir, ça dépend de XXX, (XXX qui part en vacances demain et que je suis vaguement censée voir ce soir) je t'appelle quand je sais (eh, là ça fait la fille posée, tu trouves pas ? genre je vais prendre une décision et je t'en informerai dès que possible)

Dis lui ke cé une kestion de vie ou de mort ! (au minimum hein) Elle comprendra...(euh t'es sûr ?) Je demande ke kelkes minutes avec toaaa...

Je vais essayer de passer un petit moment (là ça fléchit légèrement, tu sens ?) mais je peux rien promettre, je t'appelle vers 19

Jpe t'attendre a la sortie stv ?! Jpe même tamener ton gouter ! A tout a lheure jespère ?! Bizoudoux

Oui d'accord mais tu vas être tout mouillé ! Je prends 1 bière pour le goûter. Et je sors à 19 (ça s'appelle fixer un rencard ça non ou j'ai rêvé ?)

Ouiii ! Je serai là ! A tte taleur ! :)

Tiens ça me rappelle un truc...

lundi 30 juin 2008

♫ Je suis heureux de vivre auprès de toi jusqu'à la fin du monde ♫

Allez viens il s'est passé des trucs.

Je suis retournée dans mon ancien quartier.

Et c'est ainsi que je peux te donner des nouvelles de celui qui fit les beaux jours de ce blog, souviens-toi, les jours où tous les jours j'avais quelque chose à te raconter sur l'homme le plus fort du monde, j'ai nommé le charmant charmeur chilien.

Eh bien il va bien, même si moi je le trouve un peu triste, et il se pourrait même que tu l'aies vu de tes yeux sur les pages d'un magazine ou deux.

Neige la neige

Un bras sur mon épaule

Ben oui hein, les chemins de fer étaient là aussi. Ce qui fait que je me suis retrouvée bien déprimée quand chez moi je suis rentrée, à l'heure où Paris s'éveille et que les camions des marchés squattent les pistes cyclables, non mais j'te jure, c'était déjà pas facile de pédaler droit, si en plus ils mettent des obstacles...

La plus mauvaise descente à ski de ma vie. Entre le charmant et les chemins de fer, je sais pas quelle est la meilleure drogue. Ça rend trop nostalgique ce genre de tender night, surtout quand on la passe à refaire l'histoire. Alors j'ai mis mon tee-shirt Watata et j'ai erré comme une âme en peine en fumant des clopes. Et puis j'aime toujours sa peau douce. J'en voulais encore des petits câlins. J'ai passé le week-end à résister à l'envie d'envoyer un SMS. Mais pour quoi faire ? J'ai choisi une autre vie non ?

Au coeur de ce corps

Je n'ai trouvé que moi-même

Assise sur mon passé

Monamour, qui sent les choses (moi j'avais rien raconté), est venu s'asseoir au bord du lit et il a dit Ma fidèle Ada (oui fidèle, oui, on a fait que des petits câlins je te rappelle) je mesure la chance que j'ai de t'avoir à mes côtés. Ça remonte un peu le moral.

Les citations en couleur sont tirées du cadeau intitulé Va dire au lac de patienter par Jean-Louis Bory.

mercredi 28 mai 2008

Mot mot motus

Si ça se trouve la semaine prochaine je passe dans le quartier. Pour l'instant j'ai pas le temps.

Acheter des pompes déjà. Les miennes sont plus étanches et vu comment c'est barré dans les couches supérieures, c'est pas demain la veille que je me balade en tongs. Je signale que si le soleil fait pas un effort, mon bronzage s'en ressentira. J'ai pas le temps météorologique donc.

Mais j'ai pas le temps chronologique non plus. Depuis des éternités le Chanteur veut qu'on refasse un Scrabble. Je cite texto : Coucou...Alors et mon SCRABL...?! Si tu veux, la bonne excuse ce serait Ouais mais si c'est pour me ridiculiser une fois de plus (champion du monde le gars) (oui d'accord, champion de mon petit monde, mais je te signale que c'est suffisant pour perdre), si c'est pour me ridiculiser une fois de plus (non parce que quand même je me défends en jeu de mots, et lui il est loin devant, comme quoi c'est un champion je te dis) autant boire une pinte et on n'en parle plus. Même une pinte j'ai pas le temps.

Pourtant je pourrais faire d'une pierre deux coups (et pas que deux coups à boire, on va pas revenir sur la polysémie du terme) (tu me l'enlèves de la bouche) (à mots couverts n'est-ce pas pour rester tout à fait safe) (et ne me fais pas dire ce que j'ai pas dit) et ce en passant voir le charmant charmeur chilien qui s'est mis à lire le livre qu'il veut m'offrir. Je cite texto toujours : Coucou ! Jme suis mis a lire ton kdo ojourd'hui. Kan éskonsvoa ke je te le donne ?! Tu te rends compte qu'un cadeau plein de mots m'attend et que je suis pas foutue d'aller le chercher ?

Mais voilà je suis en pleine guerre contre les barbares et ça n'a pas été simple hier d'affronter tous ces archers montés retranchés dans la Mecque. Sans compter que le peuple se révoltait et voulait à tout prix que je lui construise un colisée. Non mais je te jure. Alors que franchement fallait avant tout que je protège mes mines de fer et mes chevaux pour continuer l'armement. Attends un peu qu'on sorte de l'Antiquité et tu vas voir les fusiliers que je vais produire. Je voudrais pas dire mais c'est toute une civilisation qui est en jeu là, et je pèse mes mots.

mercredi 20 février 2008

"Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?"

Je ne sais pas si t'es un peu creusé la cervelle à propos des SMS du charmant charmeur chilien mais moi oui. Genre tapoter sur Google pour voir s'il s'agissait pas d'une citation connue, j'avoue j'ai fait et ça n'a rien donné. Et ma culture livresque n'a pas suffi à deviner. Heureusement le fin mot de l'histoire est arrivé en la personne d'un nouveau SMS que je te livre sans plus de détour.

Coucou ! Ø fait le texte ke jtavais env en 3 parties était de Kafka extrait d'un ptit bouquin ke je compte t'offrir. J'attendais une réaction...Ah ben voilà, ça paraît évident une fois qu'on sait hein ? Mais je te rappelle qu'on connaît toujours pas le titre du bouquin...Les lettres à Milena peut-être ? Quel suspens j'te jure...

Jvoi kjté loupé hier...O fèt jmet plus lé pieds o nouveau bar. Jprendrai toi et un verre avec plaisir ! Oui car la veille j'étais de passage dans le quartier, avec mon pote et ma copine du quartier. Et même le gars à la guitare a fait une apparition inopinée et non désirée (par moi du moins) qui a heureusement eu le mérite d'être courte...apparition que j'aurais bien troquée contre celle du charmant, mais non. Bon. Là où je voulais en venir c'est : non mais putain t'as vu comment il est stylé ce SMS ? "Je prendrais toi et un verre", tu sais que c'est carrément une figure de style le truc ? et tu sais comment ça s'appelle comme figure de style ? Un zeugma. Y en qui te diront que c'est plutôt une anacoluthe, moi je te dis que c'est un zeugma et puis c'est tout. Tu peux applaudir bien fort le charmant pour la beauté du geste, et moi pour l'analyse du texte, et si tu veux t'entraîner à reconnaître les figures stylées de notre riche rhétorique, je te conseille la pub, c'est pas mal, parce que ah que veux-tu, tout le monde n'a pas la chance d'avoir un charmant charmeur chilien qui lui envoie des SMS, et toi t'en as pas, dommaaaaaage...

Oh ça va hein, on peut rigoler. En plus t'as vu, je suis sympa quand même, je partage. Alors la suite. Alohaaa ! On pe svoir ojourd'hui stv ?! C'est à partir de ce SMS que j'ai commencé à répondre. Comme je ne conserve pas les miens propres (oui bon tu m'as très bien compris. Tu vois comment t'es ? j'essaye d'éviter les lourdeurs afférentes aux répétitions et toi, tout de suite, tu t'engouffres dans la brèche), je ne peux pas te les citer texto. De mémoire il était question d'impossibilité pour cause, entre autres, de crève, mais que cela dit, malgré sa sombreur (si, ça existe), Kakfa est un auteur que j'aime beaucoup (oui ben quoi ? je suis pas hyper calée en SMS moi, je fais dans l'informatif).

Jété sur ktaller aimer ! Jé très envie dte voir ! Sors té microbes ö soleil ! Oui mais là non pas tout de suite, étant donné que je m'étais chopé une bonne fièvre suite, je pense, à un voyage en scooter (non je conduisais pas), sous des températures négatives peu compatibles avec un taux d'alcoolémie plutôt positif...Au réveil t'hésites entre la crève et la gueule de bois mais la fièvre t'ôte d'un doute. Donc non, pas de sortie, je suis une limace souffrante à la température ardente. Mais je lui dis quand même que je lui fais avec les mains ce que je peux pas lui faire avec la bouche pour pas le contaminer (des bisous quoi oh). Hummm...répond-il. Bip moi déktutsens mieux ! Jte fais pleins dbizoux doux avec ma bouche moi ! Deux SMS c'est fatigant quand t'as 39, alors je me rendors et je fais des rêves érotiques, c'est malin.

Le lendemain : Tchaö kö ! Alors, te sens tu prête à partager tes ptis microbes ?! J'ai pas répondu parce que j'avais piscine. Non mais piscine piscine. En vrai. Je vais à la piscine en vrai. Je répète parce que t'as pas l'air de te rendre compte. Bon bref je te raconterai quand j'aurais cinq minutes.

Et aujourd'hui : Coucou ! Komen allez vous toi & té ptis microbes ?! A défö d'être "l'homme de ta vie", jéspère être celui dtes envies ! Là ça a fait tilt. Doublement tilt même. D'abord, je pense que tu seras d'accord avec moi pour dire qu'il s'agit d'une paronomase. L'homme de ta vie, celui de tes envies. Paronomase. Évidemment. Le second tilt c'est pour les guillemets. Par cette citation, il fait visiblement allusion à quelque chose que j'aurais dit quelque part, tu suis ? Et moi depuis quelques temps, je m'interrogeais sur la provenance d'un certain visiteur à la requête identiquement répétée, tu suis toujours ? D'où ma réponse : Hey ! c'est toi qui tapes "charmant charmeur chilien" sur Google !?

Et lui : Oui chéé moaaa ! Alors onsvoa ?!

lundi 11 février 2008

"Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ?"

De temps en temps, à intervalles irréguliers, le charmant charmeur chilien prend des nouvelles. Jpense a toi...Et ö ptit pingouin, jespère ke vous allez bien...Je lui réponds. Ou pas. Ça dépend. Mais c'est agréable, ce fil ténu qui nous lie, nous relie, oh le joli fil entre nos coeurs passé (c'est la fête à Alain en ce moment hein). Non parce que bon, les ex on a dit non mais ça empêche pas de s'intéresser à leur sort (oui je sais, je m'enfonce, je dis plus rien) (tiens d'ailleurs figure-toi que j'ai bu des coups avec l'Écrivain récemment) (mais là c'est pas pareil, je le considère pas comme un ex lui, ça n'a rien à voir). Bref. En général ça se limite à quelques mots tels l'exemple ci-dessus cité. Tu vois quoi, rien de bien méchant. Au contraire.

Et puis la semaine dernière, vlà ty pas que je reçois pas moins de trois SMS à la queue leu leu, oui trois, parfaitement, ci-après numérotés de 1 à 3 afin que les choses soient claires. Et nettes.

1)...Abandonnés, nous le sommes, certes, comme des enfants égarés dans la forêt. Alors comme ça, d'entrée de jeu, ça fait penser au Petit Poucet, le fameux conte de Charles Perrault. Ben oui hein, perdus dans la forêt, a priori, dans la culture un peu commune et quasi universelle, t'associes au Petit Poucet...Tu vas quand même pas me dire que tu penses d'abord au Blair Witch Project ? Ah j'te jure...Bon, poursuivons dans l'analyse. Tonalité sombre, t'admettras. La forêt c'est toujours menaçant comme symbole, le lieu de tous les dangers, où la lumière est absente, au même titre que l'espoir. Sans oublier la notion centrale : à savoir le fait d'être complètement paumé, genre mais dans quel monde on vit ? et où tout cela va-t-il nous mener, dépourvus que nous sommes du moindre repère ? Pour synthétiser c'est pas la teuf (oui je sais, j'ai un esprit de synthèse très développé).

2) Quand tu es devant moi et que tu me regardes, que sais-tu des souffrances qui sont en moi et que sais-je des tiennes ? Ah tu vois, qu'est-ce que je te disais ? Souffrance, maintenant. Et interrogation métaphysique. Car finalement, hein, que peut-on vraiment connaître de l'autre ? Sous-entendu : rien. Mais c'est vrai que c'est pas en se dévisageant qu'on risque d'y arriver, vu que l'habit ne fait pas le moine je te rappelle.

3) Et si je me jetais à tes pieds, si je pleurais et si je racontais, saurais-tu plus de choses de moi que de l'enfer, quand quelqu'un te raconte qu'il est très chaud et terrible ? Et voici venir le grand thème de l'incompréhension réciproque, de l'incommunicabilité, du partage impossible, de l'isolement. Car si tomber le masque ne suffit pas, si même la parole n'est pas un langage commun, si seule l'expérience personnellement vécue dans sa chair a un sens...alors, synthétiquement encore une fois, on est mal barré.

Je t'avoue qu'à tout cela je n'ai dit mot. Parce que répondre laconiquement 1) certes, 2) pas grand-chose, 3) non...je sais pas pourquoi, je l'ai pas senti. Dans l'hypothèse où ces SMS sont tirés d'un texte préexistant (ce qui n'est pas démontré, bien que je ne reconnaisse absolument pas le style du charmant charmeur chilien), j'aurais pu envoyer à mon tour une citation, baudelairienne tant qu'à faire, genre "Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau !". Mais non.

Et puis ce matin, un SMS se faufile sur l'écran : Un lundi peut en cacher un autre...Sache qu'un train t'attend trj. Ça me ferait plaisir de refaire un voyage avec toi...Là je dis oui. Enfin non, me fais pas dire ce que j'ai pas dit. Simplement là je le reconnais le charmant, dans toute sa splendeur. Parce que c'est beau quand même hein. Mais bon, même si on dirait bien que le malin Petit Poucet a tracé des lignes dans la forêt pour se remettre dans les rails...t'emballe pas trop quand même : à vue de nez ça parle surtout de chemin de fer.

jeudi 29 novembre 2007

♫ It was just to see, just to see...all the things you knew I've written about you ♫

Chhhhhhh...commence pas à te faire remarquer, je crois qu'on nous observe. Discret je te dis. Vas-y viens, planque-toi un peu mieux que ça, tu vas nous faire repérer, sans rire on voit que toi. Bon laisse tomber c'est mort. Ah je te jure ça va pas être simple. À vrai dire, ça pourrait même s'avérer impossible. J'y arrive déjà pas, t'as qu'à voir.

J'ai passé une soirée apéritive avec le charmant charmeur chilien de passage dans mon quartier professionnel pour une séance photo. Attends je reprends mon souffle. C'était très sympa. Non mais voilà ! Tu vois ? tu vois où ça mène ? c'était très sympa...Et pourquoi pas c'était chouette, tant qu'on y est ? Ouais enfin bon, comment te faire comprendre que d'habitude les ex, j'ai pas envie de les revoir ? Et donc, je les revois pas, logique. Ça me paraît plus sain, bien que la salubrité et moi, hein (ouais oh ça va, confonds pas hygiène et salubrité)...La vie communautaire, on est tous des frères, tiens je te présente ton successeur (id est celui qui a eu plus de succès que toi), quelle grande famille...non sincèrement j'y tiens pas. Alors certes, me dira-t-on, pourquoi couper tout lien avec des gens qu'on a aimés ? Eh ben parce qu'on les aime plus banane. Mais comment mais comment, s'indignera-t-on, l'amour est éternel, même s'il change de registre, il n'en demeure pas moins qu'il demeure (oui, j'ai choisi un contradicteur redondant, question de faire-valoir), et une fois passées la haine et la rancune éprouvées lors de certaines séparations, ou une fois passée une période de deuil indispensable, l'amour est toujours là, purifié et éclatant d'altruisme sans désir. T'emballe pas. Je suis désolée mais non. Tu fais ce que tu veux avec tes ex, moi je les revois pas. J'ai jamais transformé des liens d'amour en lien d'amitié, c'est pas demain la veille que ça va changer.

Sauf que là ça m'a fait plaisir. Mais je répète : t'emballe pas, c'est exceptionnel, je ferai pas ça tous les jours (et c'est tant mieux, vu que j'ai pas de tablier de ménagère) (si la référence t'échappe, eu égard à ton jeune âge...ben je sais pas moi, grandis un peu merde) (ou cultive-toi). Bref on passe une bonne soirée bien qu'on galère pour rejoindre le quartier et on finit au fond du bar en bas, là où y a l'ordi, il tape charmant charmeur chilien et sur quoi qu'il tombe ? Eh oui, t'as tout compris. Ah il est fier de lui. Grillée la fille. En même temps, n'étant plus un des sujets principaux de ce blog, il peut lire hein. Mais franchement j'aurais peut-être mieux fait d'accepter de monter chez lui non ?

En plus c'est pas fini. Dans la même lignée, mais pas tout à fait, vu qu'on a été ami avant d'être amant, j'ai revu l'Écrivain. Je t'en ai déjà parlé (ah tiens à ce propos, il se pourrait que je mette à nouveau à ta disposition les archives dissimulées, ce qui m'éviterait de contextualiser à tout propos) : on a cru pouvoir s'entendre à tous les niveaux alors que pas du tout, du coup y a eu comme qui dirait rupture, et pour le coup (je pèse mes mots) rupture à tous les niveaux. Et puis là, il m'envoie un SMS, on va boire des coups (ah, celui-ci est involontaire par contre), on parle de nos couples respectifs, des livres qu'on a lus...

J'insère ici, oh je sais que ça n'intéresse pas grand monde, je fais ça pour mémoire plus que pour t'inciter à lire, te casse pas va...j'insère ici, car je suis chez moi ok ? la rubrique "dernièrement en lecture chez Ada" : Les coulisses de la grande distribution, de Christian Jacquiau qui date un peu, mais point trop non plus, et qui m'en a appris de belles (et de très moches surtout) ainsi que L'interprétation des meurtres, de Jed Rubenfeld, polar psychanalytique où Freud en personne mène l'enquête.

On parle donc, de tout ça, et surtout d'écriture. Et là, crois-le ou non, je lui confie, dans le plus grand secret (il a dit que jamais au grand jamais il ne divulguerait cette information. Et je le crois. Car j'ai une infinie confiance en l'Écrivain), l'existence de ce blog, sans toutefois lui en révéler l'adresse ni aucun moyen d'y parvenir. Mais qu'est-ce qui m'a pris, tu peux me dire ?

lundi 24 septembre 2007

Homme, sweet homme

Je suis revenue dans mon quartier.

Non mais pas définitivement hein. Hélas. Enfin je tiens pas spécialement à y habiter à nouveau. Juste, à défaut de les regagner, si je pouvais en avoir, des pénates, ben tu vois, je dirais pas non. Mais c'est une autre histoire dont tu sauras le fin mot en temps et en heure.

Là samedi, je me dirige tranquillement vers le nouveau bar. Je marche sur l'allée centrale du boulevard, comme avant. Au niveau du bar en bas, j'ai une pensée pour tu sais qui mais je regarde droit devant. Je sens qu'on court derrière moi tandis que le téléphone vibre dans ma poche et que je franchis le seuil du tabac. Tout en décrochant je tourne la tête : le charmant charmeur chilien coureur m'attend dehors, ce qui me fait rire dans le téléphone où mon pote s'inquiète de l'heure du rencard et du coup je montre deux doigts au commerçant, qui me fournit aussi sec deux paquets de ma marque favorite. Ah c'est bien, le quartier, on n'a pas besoin de parler pour se comprendre.

Le charmant et moi, on est content de cet heureux hasard, du coup on danse une ronde de la joie ; il dit que ça lui manque de plus entendre mes conneries (oui, je suis très forte en conneries diverses et variées) (mais lui aussi) ; et puis qu'on s'était promis une nuit d'amour mais que je fais rien qu'à dire non ou à pas répondre, alors quand est-ce qu'on se voit ? Ben voilà on s'est vu, que je dis (championne du monde de la connerie crois-moi). Non mais pas comme ça. Ouais mais là je vais au nouveau bar, c'est l'anniversaire du Chanteur et il joue avec son groupe, ça va déchirer. Oui, il sait mais il peut pas y aller, il mixe sur une péniche ce soir. Alors on verra bien ce que la vie nous réserve, je conclue. En tout cas moi je me réserve, qu'il ajoute. Mais viens avec moi, avant qu'on boive un verre, j'ai laissé ma porte ouverte...Ah ah ah, je suis pas analyste mais je me marre.

Au nouveau bar c'est la joie et le bonheur. Y a même la grande dame. On chante et on danse. Le patron paye des coups. Et à la fin on se sustente d'une excellente chorba que c'est pas parce qu'on fait pas ramadan qu'il faut se priver.

lundi 27 août 2007

Saison 1, épisode 102/102

Normalement je devrais pas. Selon les nouvelles règles, je devrais pas. Disons que ce sera l'exception qui les confirme. Parce que là ça ressemble trop à l'épilogue d'une série TV pour que je ne m'autorise pas une petite entorse au règlement, en plus ça parle de fracture.

Samedi dans un bar du quartier, mais un où on va jamais, c'est l'anniversaire de ma copine ex-serveuse du nouveau bar. Mon pote et moi on arrive bien chaud, juste au moment de la bouffe. Nickel, la session apéritive ayant fait son office, je crève la dalle. Et puis le gars qui a mitonné tout ça a assuré, j'aurais bien repris une assiette à la place de la part de gâteau. Mais bon on s'adapte, buvons une bière.

Arrive le gars à la guitare. Pas invité. Par hasard. Depuis le voyage sur la terre de mes ancêtres, j'avais comme qui dirait pas donné suite. On s'était bien croisé sur le boulevard début juillet, et on avait bu des coups mais rien de plus. Et d'ailleurs, maintenant que j'y pense, ce même jour, en terrasse, était également venu s'attabler une personne avec qui j'avais fini la soirée, avec qui on en avait pas seulement bus, on en avait aussi tirés, tu suis ?

Bref ç'aurait pu me mettre la puce à l'oreille car voilà que quelques instants plus tard arrive, toujours pas invité, toujours par hasard, le charmant charmeur chilien. T'avoueras quand même que bon hein ça s'invente pas.

Je me retrouve donc sur la banquette, en face mon pote, de part et d'autre de moi-même, m'encadrant bien serrée, les deux susnommés, à gauche le charmant, à droite la guitare. Une situation comme on les aime, une position confortable, tavernier la même chose.

La gestion du gars à la guitare se fait tout en douceur, tu vas voir.

- Dis Ada, quand est-ce que tu me rends mon livre ? (Pirates et empereurs : le terrorisme international dans le monde actuel, Noam Chomsky)

- Ah oui c'est vrai, ben si tu veux je peux aller le chercher maintenant...

- Oh oui. Oui oui. Mais est-ce que ton nouveau fiancé va te laisser me le rendre ?

- ...Ben oui évidemment.

Là je me dis oh putain les nouvelles vont vite, car quelques jours auparavant, j'ai moi-même fêté mon anniversaire (85 ans) au nouveau bar, c'était aussi une espèce de soirée d'adieu au quartier et j'ai annoncé officiellement mon emménagement prochain avec monamour. Mais c'est pas de ça que me cause le gars à la guitare, j'y suis pas du tout. En fait il est persuadé que mon pote est le nouvel élu. Raté. Et que je l'invite à venir récupérer son livre dans mon pieu. Encore raté. Non mais je parle pas français ou quoi ?

- Dis Ada, tu voudrais pas me caresser la tête ?

- Non.

Précisons que pendant ce temps, de ma gauche, me parviennent des frôlements auxquels je ne réponds pas mais que je ne fais pas cesser.

- Dis Ada, tu voudrais pas me rouler un palot ?

- Non.

- Tu voudras plus jamais me rouler un palot ?

- Non, plus jamais.

Et voilà, exit le gars à la guitare.

Le côté gauche en profite pour se rapprocher encore plus si possible. Et de demander à mon pote : "Ça t'ennuie pas si on sort deux minutes Ada et moi, ça fait longtemps qu'on s'est pas vu, et j'ai une question à lui poser". Je me dis que c'est rapport au blog, vu que, selon son désir, je lui avais passé la plupart des notes le concernant. Il a trouvé ça vachement bien (tu m'étonnes, ça cause de lui, ça l'intéresse), vachement drôle, il a aimé les commentaires aussi et il veut que ça soit publié. Ben voyons. Mais c'est quoi la question ? Nous nous trouvons présentement dans l'encoignure d'une porte et tu te doute bien que y a pas de question hein évidemment y a pas de question, où ai-je la tête ? ah dans son cou t'es sûr ? Mais non, pas d'accord, pas d'accord du tout, que vient faire cette langue dans ma bouche ? je peux savoir ? Dans l'optique de nous offrir une session cage d'escalier, il tente un coup de poker en composant des numéros au hasard sur le digicode. Il va demander au serveur s'il connaît la combinaison. Non. Je préfère.

Quand on retourne dans le bar mon pote est sur le point de se barrer. Ça doit faire longtemps qu'on a disparu. Il reste boire des coups tandis que sous la table se déroulent des manoeuvres et manipulations à caractère excitatoire. Et puis je dis que je vais rentrer, que je vais pas les attendre. Alors le charmant sort du bar et attend que je dise au revoir à tout le monde. Je traîne. Il attend. Ça sert à rien, je suis déterminée à ce que ça serve à rien. Sur le chemin, je luis dis qu'on va pas passer notre vie à se dire au revoir. Oh ben lui il y verrait pas d'inconvénients hein. Mais moi si. Moi je déménage là, avec monamour. On se serre fort. Quand tu penses qu'il suffit d'une peau un peu trop douce pour basculer. Le charmant veut des bisous, des vrais. Mon dernier mot est Non. Et je remonte la rue.

Lui son dernier mot, c'était un SMS : Pötchõ pötchØ ?!

mardi 10 juillet 2007

Voici un message qui m'a laissée perplexe assez longtemps :

La vie...L'amour...


7.7.7


~ ¿


Puis j'ai compris. Et toi ?

lundi 18 juin 2007

Tout est bien qui finit bien (sauf que ça commence)

Je te dois quand même quelques explications, c'est la moindre des choses. Comme dans les ruptures amoureuses quoi, sinon tu restes comme un con sans savoir pourquoi, sans un mot de réconfort, avec tes questions qui résonnent dans le vide, tu te heurtes à l'écho du silence, après t'es tout traumatisé et c'est pas comme ça que tu vas soigner ton angoisse d'abandon. Ben non. Alors je t'explique.

C'est une nuit où je suis tranquille chez moi et où je dors profondément. Tellement profondément que j'entends pas mon téléphone qui bipe et rebipe à qui mieux mieux. Au réveil j'ai 4 SMS et 1 appel en absence en provenance du charmant charmeur chilien : quelqu'un l'a reconnu dans un bar ! et comment ça j'ai un blog !? L'avantage de ce genre de message, c'est que ça réveille en deux-deux, monamour a pas encore posé le pied par terre que j'ai déjà pris une douche et son lait songe tout juste à frémir que me voilà dans le métro. Pour synthétiser : je suis en état d'urgence.

Je fais une arrivée au taff très remarquée. Sur l'échelle de mes arrivées au taff, y a le degré 1, entre 11h30 et 14h, le plus courant, ça n'étonne personne...y a le degré 2 entre 10h et 11h30, bel effort mais toujours à la bourre...puis y a le degré 3, avant 10h, sous les applaudissements. Tu t'en doutes, c'est degré 3, faudrait presque inventer un degré 4 pour ce jour-là. Face à l'écran, la touche "Supprimer ce blog" me tente. Mes tendances suicidaires sont pas assez fortes et puis je veux mettre deux trois petits mots d'adieu, alors je m'autodafe (oui ben maintenant ça existe puisque je l'invente).

Ensuite je réfléchis plus en profondeur. Je viens de parer au plus pressé. Et maintenant ? Est-ce qu'on en reste là ? Je prends

- mes renseignements à gauche à droite pour savoir ce qui s'est précisément passé.

- conscience que si les gens dont je parle sont reconnaissables, c'est parce que je fais en sorte qu'ils le soient.

- mes jambes à mon cou et non ce n'est pas pornographique.

Au plus profond de l'intérieur de moi j'ai pas trop envie d'arrêter. Comme toutes ces filles tu sais (ben oui, j'ai constaté ça chez les filles, j'en fais pas un théorème, ni au jasmin, c'est juste ce que j'ai vu), toutes ces filles qui écrivent plus dès qu'elles ont trouvé un amoureux...comme si le temps qu'elle consacrait au blog, maintenant c'est tout pour lui, bonjour la créativité, l'indépendance et tout le bazar...et si t'es une copine, estime-toi heureuse qu'elle veuille bien déjeuner vite fait avec toi une fois tous les 6 mois. Et elle s'est pas encore reproduite, t'as pas tout vu. Bon ben moi rien ne dit que j'ai trouvé l'amoureux hein, même si je t'accorde que le faisceau d'indices est assez probant. Non sérieux je vais être un peu plus originale que ça, merde.

En même temps, je ne peux plus écrire de la même façon, je vais être obligée de me censurer puisqu'il y a une probabilité, même faible, que je sois lue par quelqu'un qui me connaît. Me censurer ? Tu rigoles...Eh non, soit je fais ce compromis, soit je fais rien. La seule solution, c'est de ne plus parler de ce quelqu'un. Et puis ce beau SMS, reçu une fois les esprits calmés, fait pencher la balance : Je tiens à te dire que je ne t'en veux pas, j'étais sous le choc (...) Je ne veux pas t'empêcher de t'exprimer ni de partager. Je trouve même ça beau. Je sais à quel point les livres sont pour toi ce que sont les disques pour moi, je ne les apprécie que si je les partage.

Alors c'est décidé. Tu es sur un nouveau concept de blog, un blog dont la "première" note t'annonce que c'est la dernière, j'te jure on s'marre trop. Oh tu peux cacher ta joie, je sais que t'es content. Par contre t'es gentil, pour la sécurité de tous, si tu me croises dans la rue, fais comme si tu m'avais pas vue.