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mercredi 11 juin 2014

♫ They can give me pills or let me drink my fill, the heart want to explode far away where nobody knows ♫

Bon allez viens, que je t'explique un peu.

Il se trouve qu'avec E. on s'est séparé. Encore. Ouais. J'avais eu l'outrecuidance de mettre sur la table les projets pour les vacances d'été. Après une longue stratégie d'évitement, où on se voyait un jour sur deux, chez moi le plus souvent mais aussi chez lui, sans que jamais il n'aborde le sujet, j'ai mis les pieds dans le plat (que j'avais mis sur la table) et on s'est séparé. Ça m'a soulagée. Au début. L'après-midi même, je suis allée voir Les chiens errants (au cinéma), 3 heures, 4 plans fixes (j'exagère à peine), exactement ce qu'il me fallait (j'exagère pas du tout, j'ai adoré).

Le soir même : Bonsoir Ada, comment vas-tu ? SMS de Titus, t'y crois à ça ? Pas de nouvelles depuis plus d'un an et bim, le jour où ça clashe avec E., il se manifeste. On se voit la semaine qui suit, il est célibataire. Bien bien bien. Sauf que j'ai pas envie. Car E. occupe toujours mes pensées. Titus me recontacte assez vite, je ne donne pas suite. C'est con, je me dis, cette fois, avec Titus, on est synchro, on est dispo, il est toujours aussi motivé...Mais je peux pas, je veux pas, j'y arrive pas. Ben ouais, c'est con.

Je pose une semaine de congés pour déconnecter de toute cette merde et profiter du soleil du sud. Je suis tout de même obligée de consulter ma messagerie professionnelle pour des raisons qui ne t'intéressent absolument pas et j'y trouve, notamment, un mail de E. qui dit : Désolé d'interférer ainsi dans ce qui semble être une semaine de vacances, mais il est urgent que tu reviennes mettre un peu de etc etc...Évidemment en bonne férue de psychanalyse sauvage et apprivoisée, seule me saute aux yeux la locution IL EST URGENT QUE TU REVIENNES (sauf que c'est plutôt lui qui m'a quittée, je précise).

Au cours de ces vacances, mademoiselle A. (mon enfant, tu te souviens ? 3 ans et toutes ses dents de lait) se surpasse en vocabulaire et autres trouvailles (maman, t'as oublié de mettre ta ceinturité avant de démarrer ; maman, est-ce que ça leur fait mal leurs bosses aux chameaux ? ; maman, moi aussi je voudrais avoir des poils ; maman, j'enlève ma culotte, je préfère rester en sexe).

Un soir tard, SMS de E. : Heureux et soulagé pour toi ! J'espère pouvoir trinquer bientôt en ta compagnie. C'est ainsi que j'apprends que j'ai obtenu ma mutation, ce que je vérifie dès le lendemain par des voies plus officielles. Lors de notre séparation, E. m'avait proposé qu'on fasse un break plus ou moins long avant de se retrouver dans une relation, je cite, désexualisée. J'avais dit non. Il avait compris, bien que trouvant ça complètement dingue (genre lui il reste ami avec ses ex, tu vois, quel homme fort et intelligent) (eh ben moi non), mais ça lui était déjà arrivé et il comprenait. Et voilà que j'ai ma mutation, que nous ne travaillerons bientôt plus ensemble, que le lien va définitivement se rompre et qu'il reprend contact ! Il comprend rien ou quoi ? Il fait exprès ? Il tente le passage en force ? Je zappe et tente d'oublier en dansant et en buvant du punch vanille dans la petite ville où je suis en villégiature.

De retour à Paris, un colis m'attend à la Poste, c'est un livre accompagné d'un mot de E. qui dit : Bla bla bla et REVIENS-NOUS souriante et bla bla bla. Le jour où je reprends le taff, E. se pointe opportunément au moment d'un départ groupé vers la cantine et on se retrouve à la même table, il rit à mes blagues, nos bras se frôlent, c'est électrique mais on prend l'air de rien, il annonce à la cantonade qu'il a fait un rêve, ouh là là, mais qu'il me racontera, à moi, juste à moi, non il n'en dira pas plus là tout de suite maintenant, pas la peine d'insister fait-il comprendre aux collègues intrigués. Le soir, mademoiselle A. étant chez son père, je me fais un ciné. Lorsque j'en sors, mon téléphone affiche une proposition d'apéro dont l'auteur n'est autre que...E. Je réponds juste : Je sors du ciné...histoire de justifier le délai de réponse. Qu'à cela ne tienne, il est encore dispo. Autant te dire que j'hésite, que je fume ma clope nerveusement, que je me dis que je ne sais pas quoi faire, avant de finalement accepter. Allez, d'accord, il a gagné, on va le boire ce verre en l'honneur de ma mutation, je peux même jouer la fille parfaitement détachée. Tu connais, je suis sûre, ce genre de situation : tu sais que c'est une connerie mais tu peux pas t'empêcher de la faire...(histoire de ma vie). Bref, on se retrouve au bar, on se raconte des choses très intimes sur nos fonctionnements personnels et on finit dans mon lit. Le lendemain je me dis que c'est un accident, on était soul.

Quelques jours plus tard, il me propose un concert, il devait y aller avec un pote mais finalement il est seul, il a une place, ça me dit ? Le concert, c'est une demoiselle que j'aime beaucoup, j'avais même hésiter à prendre une place mais je voulais pas croiser E. Et puis moi, ce soir-là j'ai rendez-vous avec le charmant charmeur chilien, qui me fait bien sentir son érection contre ma cuisse au comptoir et qui m'accompagne ensuite à pied, en cherchant tous les porches, tous les halls, tous les recoins qui nous permettent d'échanger des baisers et des caresses...le charmant charmeur chilien qui m'accompagne, donc, jusque dans le quartier où a lieu le concert (car à l'heure fatidique où je devais donner une réponse à E. avant qu'il ne propose la place à quelqu'un d'autre, j'ai dit : oui) (toutes les conneries elles sont pour moi, je te dis, j'en rate pas une). On finit chez E. et il propose qu'on organise un apéro avec les collègues la semaine d'après pour fêter nos mutations (oui, E. aussi va changer d'établissement). Et allez, je dis : oui.

L'apéro avec les collègues se passe bien, ils s'en vont, on se retrouve E. et moi, le patron paye son coup et on va se coucher (dans le même lit) (c'est plus vraiment un accident là, si ?) (remarque, on était soul). Le surlendemain, E. me propose un autre concert qui a lieu deux semaines après (genre on planifie, ta ta tan). Je dis : oui (y a plus de suspens).

Samedi dernier, je décide que j'ai plus l'âge de jouer la fille détachée et je lui demande s'il est dispo le soir. A priori non, il a un anniversaire l'après-midi, qui risque de durer, il m'en dit plus à 16h. À 16h, il confirme, c'est mort pour le soir. Je me retrouve sur la terrasse de la piste de danse, au soleil, avec Titus qui va a un concert vers 21h, il a deux places, ça me dirait de l'accompagner ? (mais qu'est-ce qu'ils ont tous, avec les concerts ?) Je réserve ma réponse, j'aviserai au dernier moment. 19h, SMS de E. qui est finalement libéré de ses obligations et qui m'invite chez lui. Je dis : OUI.

Je soupire, moi aussi, tu sais, je soupire...

Je passe sur le fait qu'un soir tard (au petit matin plus précisément) j'ai dormi sur le canapé-lit d'un pote, en compagnie de l'Écrivain (caresses très chastes, mais caresses...).

Tout cela ne mène à rien.

mercredi 16 juillet 2008

♫ Hear me when I come baby ♫

Un apéro en terrasse avec l'Écrivain, c'est jamais décevant. On a beau se voir quasiment jamais, on reprend la discussion comme si c'était hier. On arrive à parler de la "relation", l'"histoire", bref le truc qu'on a vécu ensemble...ouais c'est assez nouveau ça, et même on en rit. Non mais attends on l'a échappé belle je te signale et crois-moi qu'on est ravi d'avoir préservé cette amitié. On s'aime et on se le dit avec des mots. Contrairement au charmant charmeur chilien avec qui on se le dit plus avec les corps tu vois.

J'étais tranquillement à tanguer (j'avais mangé toutes les chips mais ça éponge pas vraiment) sur un Vélib, autour de minuit, après cet apéro avec l'Écrivain, quand arrive un SMS du charmant. Bon ben je fais demi-tour du coup. Oui oh je sais, je sais. Il faut te dire, au cas où tu l'aurais pas compris, que j'étais déjà bien attaquée. Et donc (enfin je suppose, y a pas forcément lien de cause à effet) le premier parachute, je le sens pas du tout. Ah non je t'assure hein, juste les vapeurs de l'alcool se dissipent de plus en plus mais à part ça je ne vois rien venir. Le charmant m'en propose donc un second. Qui fait son gros effet.

Disons que je suis passée d'un état à un autre sans transition. Je me souviens avoir été très étonnée de voir mon visage dans la salle de bain, enfin non bien sûr je m'attendais à voir apparaître un visage dans le miroir au-dessus du lavabo mais je me trouvais bizarre. Tu me diras j'avais sans doute pas tort.

Je me souviens que plus tard, ou plus tôt, j'avais les yeux fixes et écarquillés et je disais au charmant J'ai peur-j'ai peur-j'ai peur, mais c'était une sorte de peur en dent de scie, presque agréable parfois, et le charmant disait avec sa voix toute douceRegarde-moi, t'es en train de faire un bad trip là, j'ai déjà vu des gens faire un bad trip, t'es en train de faire un bad trip, regarde-moi, ça va aller, et oui ça allait, je voyais son visage tout pixellisé, très joli, j'avais plus peur.

Je me souviens avoir fumé une clope assise sur le rebord de la fenêtre et j'avais l'impression d'être dans le corps d'une poule. Oui, une poule.

Je me souviens pas le moment où j'étais toute nue et toute seule sur le futon, les jambes en l'air et l'air d'aller très bien. Devine qui m'a raconté ?

Par contre je me souviens des caresses, celles que je faisais au charmant et celles que je me faisais à moi-même.

Et aussi du charmant qui me disait qu'en fait on est frère et soeur lui et moi.

Le lendemain on se réveille tard et pendant que le charmant mange une salade, j'ai des remontées bien puissantes, je peux juste grignoter une crevette et un tout petit peu d'avocat.

Puis je retrouve monamour, qui est un homme exceptionnel, je ne le dirai jamais assez...je veux dire, j'ai "découché", non découché j'aime pas, mais bon c'est bien ça que j'ai fait en même temps, j'ai découché trois fois en une dizaine de jours et on se retrouve, comme si de rien n'était, il est content de me voir et moi je suis love, un peu en chaleur aussi, mais surtout love love love.

Je me demande quand je vais prendre l'atterrissage en pleine gueule, j'anticipe le mal, d'autant que le lendemain on part à Londres, s'agit d'être en forme quand même, pas se la jouer vieille loque en descente, assurer quoi merde. Alors, cette douleur physique et mentale, elle vient quand ? Eh ben crois-le, crois-le pas, elle est pas venue. Je sais pas ce qui s'est passé, rien à voir avec la première fois, même pas mal.

Cela dit (après ces quelques jours à Londres, où j'espérais pas trop me mettre au vert (vu que c'est une ville bien festive) mais les idées en place oui), j'ai repris le taff. La première chose que j'ai fait en arrivant ce matin, c'est ranger mon bureau. Ce soir j'attaque la chambre et après je crois qu'on est bon.

mardi 8 juillet 2008

♫ Sur fond de rock'n'roll s'égare mon Alice ♫

Bon ça y est je reviens. Non parce que j'étais partie un peu loin quand même.

Alors oui le charmant charmeur chilien m'a apporté un petit goûter alcoolisé et après on a pris les chemins de fer et les petits câlins sont devenus gros gros gros. Au petit matin je suis rentrée en Vélib pour la deuxième fois.

Et qui donc a dit Jamais deux sans trois ? Reconnaissons qu'il n'avait pas tout à fait tort.

Sauf que la troisième fois a légèrement différé des précédentes. Oui messieurs-dames. Et pourquoi donc hein ? Pour la simple et bonne raison que j'ai fait du parachute.

Dit comme ça, évidemment tu ne vois pas, je m'en doute bien. Pour de plus amples informations il te suffira de taper, sur ton encyclopédie libre, les lettres m, puis d, puis m, puis a et d'aller à la rubrique "Jargon". Je t'en prie.

Alors le parachute, au début tu dis, enfin moi je dis, en bonne trouillarde : non mais arrêêêêête ça fait trop peur !!! Le charmant te rassure, tu fais comme tu veux, mais là y a presque rien, tu vas rien sentir. Bon du coup tu testes.

Effectivement tu sens rien. Jusqu'au moment où tu te mets à voir en saccadé, les mouvements sont décomposés, comme ta caméra quand elle est pas très performante, un peu au ralenti quoi. Tiens d'ailleurs en parlant de ralenti, niveau perception du temps, c'est carrément l'effet inverse des chemins de fer. À savoir : avec les chemins de fer, le temps passe à la vitesse de la lumière (blanche), une nuit égale environ une heure ; avec le parachute, tout le contraire, quand tu jurerais qu'il est 6h du mat, il est à peine 23h...

Le grand sourire plein de dents scotché sur ta face te rappelle tes premières expériences de jeune fumeuse en herbe (en herbe dans tous les sens du terme, tu avais compris). Oui c'est un peu pareil, tu te mets à rire pour rien et tu pousses des cris de joie, ah tu vois rien que d'y penser j'en veux encore.

Et puis alors, va savoir comment, toi qui refuses ce genre d'activité depuis que tu es en capacité de faire ta toilette seule, voilà que non seulement tu te retrouves à prendre un bain mais en plus tu kiffes...

Bon il va de soi que tout cela est agrémenté de caresses en tout genre car tu as littéralement le feu partout partout PARTOUT.

Vient le moment où ça retombe, forcément, et là le coup de barre est terrible. Le charmant sort alors les chemins de fer et, aah, ça va mieux. Allez au lit. Il est 4h. Tu règles ton réveil à 5. À 5, tu le règles à 6. À 6 tu envoies un texto et tu dors sur place.

Vers 10h tu es dans le métro, et franchement tu ignorais qu'ils étaient si nombreux à se déplacer si tôt le dimanche. En plus ils braquent leur regard sur toi, mais non voyons, pas parce que tu es irrésistible, juste parce que tu portes tes lunettes de soleil, les néons te font trop maaaaaal.

Et monamour qui t'attend comme un petit pain au chocolat bien chaud sous la couette te dit : Tu veux pas enlever tes lunettes de cocaïnomane avant de te coucher ? Tu ne relèves pas car il n'est pas si loin de la vérité et surtout tu es épuisée, à bout de forces, tu calcules que tu n'as presque rien mangé depuis 48 heures, tu constates que malgré cela tu n'as pas faim, il ne te reste plus qu'à dormir.

Autant te dire qu'après tu es déprimée un peu beaucoup. C'est le prix à payer, dit le charmant. Eh ben c'est cher. Enfin bon toujours est-il que je suis revenue et ça c'est pas mal. J'ai même mangé un cheeseburger, non, pas là où tu crois, dans un bon resto. Et bien sûr, avant que j'aie le temps de me poser cinq minutes, je reçois : Hello chère amie que diriez-vous de prendre un verre prochainement ? ça fait longtemps ! C'est l'Écrivain.

jeudi 29 novembre 2007

♫ It was just to see, just to see...all the things you knew I've written about you ♫

Chhhhhhh...commence pas à te faire remarquer, je crois qu'on nous observe. Discret je te dis. Vas-y viens, planque-toi un peu mieux que ça, tu vas nous faire repérer, sans rire on voit que toi. Bon laisse tomber c'est mort. Ah je te jure ça va pas être simple. À vrai dire, ça pourrait même s'avérer impossible. J'y arrive déjà pas, t'as qu'à voir.

J'ai passé une soirée apéritive avec le charmant charmeur chilien de passage dans mon quartier professionnel pour une séance photo. Attends je reprends mon souffle. C'était très sympa. Non mais voilà ! Tu vois ? tu vois où ça mène ? c'était très sympa...Et pourquoi pas c'était chouette, tant qu'on y est ? Ouais enfin bon, comment te faire comprendre que d'habitude les ex, j'ai pas envie de les revoir ? Et donc, je les revois pas, logique. Ça me paraît plus sain, bien que la salubrité et moi, hein (ouais oh ça va, confonds pas hygiène et salubrité)...La vie communautaire, on est tous des frères, tiens je te présente ton successeur (id est celui qui a eu plus de succès que toi), quelle grande famille...non sincèrement j'y tiens pas. Alors certes, me dira-t-on, pourquoi couper tout lien avec des gens qu'on a aimés ? Eh ben parce qu'on les aime plus banane. Mais comment mais comment, s'indignera-t-on, l'amour est éternel, même s'il change de registre, il n'en demeure pas moins qu'il demeure (oui, j'ai choisi un contradicteur redondant, question de faire-valoir), et une fois passées la haine et la rancune éprouvées lors de certaines séparations, ou une fois passée une période de deuil indispensable, l'amour est toujours là, purifié et éclatant d'altruisme sans désir. T'emballe pas. Je suis désolée mais non. Tu fais ce que tu veux avec tes ex, moi je les revois pas. J'ai jamais transformé des liens d'amour en lien d'amitié, c'est pas demain la veille que ça va changer.

Sauf que là ça m'a fait plaisir. Mais je répète : t'emballe pas, c'est exceptionnel, je ferai pas ça tous les jours (et c'est tant mieux, vu que j'ai pas de tablier de ménagère) (si la référence t'échappe, eu égard à ton jeune âge...ben je sais pas moi, grandis un peu merde) (ou cultive-toi). Bref on passe une bonne soirée bien qu'on galère pour rejoindre le quartier et on finit au fond du bar en bas, là où y a l'ordi, il tape charmant charmeur chilien et sur quoi qu'il tombe ? Eh oui, t'as tout compris. Ah il est fier de lui. Grillée la fille. En même temps, n'étant plus un des sujets principaux de ce blog, il peut lire hein. Mais franchement j'aurais peut-être mieux fait d'accepter de monter chez lui non ?

En plus c'est pas fini. Dans la même lignée, mais pas tout à fait, vu qu'on a été ami avant d'être amant, j'ai revu l'Écrivain. Je t'en ai déjà parlé (ah tiens à ce propos, il se pourrait que je mette à nouveau à ta disposition les archives dissimulées, ce qui m'éviterait de contextualiser à tout propos) : on a cru pouvoir s'entendre à tous les niveaux alors que pas du tout, du coup y a eu comme qui dirait rupture, et pour le coup (je pèse mes mots) rupture à tous les niveaux. Et puis là, il m'envoie un SMS, on va boire des coups (ah, celui-ci est involontaire par contre), on parle de nos couples respectifs, des livres qu'on a lus...

J'insère ici, oh je sais que ça n'intéresse pas grand monde, je fais ça pour mémoire plus que pour t'inciter à lire, te casse pas va...j'insère ici, car je suis chez moi ok ? la rubrique "dernièrement en lecture chez Ada" : Les coulisses de la grande distribution, de Christian Jacquiau qui date un peu, mais point trop non plus, et qui m'en a appris de belles (et de très moches surtout) ainsi que L'interprétation des meurtres, de Jed Rubenfeld, polar psychanalytique où Freud en personne mène l'enquête.

On parle donc, de tout ça, et surtout d'écriture. Et là, crois-le ou non, je lui confie, dans le plus grand secret (il a dit que jamais au grand jamais il ne divulguerait cette information. Et je le crois. Car j'ai une infinie confiance en l'Écrivain), l'existence de ce blog, sans toutefois lui en révéler l'adresse ni aucun moyen d'y parvenir. Mais qu'est-ce qui m'a pris, tu peux me dire ?

mardi 10 avril 2007

♫ La terre n'est pas assez ronde ♫

Forcément on n'a pas 83 ans impunément, pourrait-on penser (et avec tout ce qu'on pense de nos jours...Tiens par exemple tout à l'heure, sur mon lieu de travail, j'ai entendu dire Les gens ont la nostalgie de la dictature...déjà que je me réveille en sursaut au milieu de la nuit en proie aux affres du doute sur la nature du bulletin que je vais glisser dans l'urne, j'te jure...) Mais en fait je te le dis, c'est n'importe quoi.

Parce que bon, ok je me lève le matin, je passe sous la douche, je fais des séries d'abdos (non mais tu m'as bien regardée ? tu vois bien que j'en ai pas besoin) je commence à manger un yahourt (ouais je sais, je suis sur une pente savonneuse, j'intègre progressivement le concept de petit déj, avec des aliments sucrés qui plus est, les jours travaillés. Faudra pas s'étonner que je sois encore plus à la bourre). Et au bout de la troisième cuillerée environ, ça part en vrille et je suis obligée de me recoucher. Complètement stone mamie Ada. Deux jours consécutifs, rien que ça.

Alors je réfléchis à ce que j'ai bien pu faire pour en arriver là : trop boire ? non, pas assez dormir ? non plus, mal manger ? toujours pas. Pas d'explication rationnelle au phénomène ? Je me tape une chute de tension simplement parce que c'est de mon âge ? Allez arrête tes conneries. Le malaise vagal je veux bien ; le vague à l'âme je préfère. Moi aussi je peux fixer des vertiges si je veux.

Par exemple, la copine de l'Écrivain...tu sais, celui avec qui j'ai trompé monamour (y a longtemps) on pensait qu'on pouvait transposer notre entente intellectuelle au pieu, alors que c'était une erreur, on n'avait rien à faire sexuellement ensemble, mais on pouvait pas savoir avant, on a été élevé comme ça que veux-tu : avant de dire que t'aimes pas, tu goûtes. Sa nouvelle copine donc (et crois-moi que ça a été un véritable soulagement qu'il rencontre une nana après, vu qu'à un moment il était bien amoureux) (mais moi les purs esprits tu m'excuses hein) elle veut qu'on fasse copines. Non mais je comprends bien, je suis quelqu'un de tellement sympathique (et modeste). Qu'elle soit au courant du rôle que j'ai pu jouer dans la vie de son cher et tendre, je n'en suis pas certaine, mais franchement c'est possible. Elle m'abreuve de compliments, comme quoi mes fringues elles sont trop belles, et elle se soucie de ma vie. Elle espère peut-être neutraliser ainsi ce qu'elle considère (à tort, elle a rien à craindre) comme l'ennemi (en la personne de moi-même). Sauf que c'est pas vraiment possible l'amitié entre nous. Déjà parce que l'Écrivain il veut malgré tout garder quelques distances. Et surtout j'ai pas envie. Elle a beau être gentille et tout (et plus encore, oublie pas que c'est la copine de l'Écrivain, ça nécessite quelques qualités quand même) ce truc-là me paraît pas sain.

Après y a l'ex de monamour, celle avec qui il est sorti pendant le court intermède où on a réussi à pas se voir du tout (car monamour est fidèle, lui) (bon ben ça va oh, chacun ses particularités. Nos différence font la richesse du monde je te rappelle) qui traîne pas mal dans un des lieux où on va danser. Alors elle, elle essaye pas de faire copine avec moi. Elle drague plutôt un pote de monamour. Et ça marche. Non mais là, je sais pas si tu mesures l'ampleur de l'affaire. Je pense pas, non. Ce pote de monamour, je le voyais un peu comme un modèle de jeune homme qui fait tout bien dans l'ordre : avoir du travail mais continuer à vivre chez ses parents le temps de trouver un appartement pas cher et bien situé, l'aménager, vivre en célibataire mais pas déconner, se coucher tôt en semaine et pas trop tard le week-end, puis prendre une copine bien lisse. Enfin tu vois, typiquement le gars funky quoi. Alors moi je pensais que la fidélité, si y en avait un pour la représenter dignement, c'était lui. Tu parles...Et même après il s'est plaint que c'était un mauvais plan parce qu'elle est trop poilue. J'te jure, je le reconnais plus. Elle, par contre, pour soigner ses chagrins, elle a des méthodes thérapeutiques pour le moins discutables.

Je te mettrais tout ça sur le divan moi, ça traînerait pas...Non mais tout de suite, c'est pas la peine de me parler d'hôpital et encore moins de charité, ça me coûte assez cher comme ça. Enfin c'est le prix à payer à ce qu'il paraît.

Je fais abstraction (oui abstraction, tiens, pourquoi abstraction, ça c'est une bonne question) des voeux de monamour qu'on se trouve un appart avec vue dégagée, sur le canal par exemple. Mais quand même, j'avoue, je kiffe.

Sur ce le charmant charmeur chilien prend des nouvelles du pingouin. Le temps passe, les rancoeurs osso. Jé bocou pensé o pingouin aujourd'hui, j'espèr kil va bien...je t'invite à prendre un verre syl veut.

Tu m'étonnes que j'ai la tête qui tourne.

samedi 24 février 2007

Sic transit gloria mundi

Comme prévu je t'en parle pas tout de suite. En attendant faut bien reconnaître que tout le monde me fait la fête en frétillant de la queue (couché j'ai dit) (en chien de fusil, si tu veux).

Avant de partir mon agenda était blindé par les amis à qui je voulais dire au revoir. Maintenant que je suis revenue, il est blindé par les mêmes qui veulent que je leur raconte. Et puis y a mon pote qui remet sur le tapis l'idée selon laquelle pour le même prix on aurait un appart beaucoup plus grand et ec serait chez nous. Une coloc, t'as tout compris. Ben moi je suis d'accord. Après, la semaine passe et figure-toi que monamour squatte chez moi tous les jours. Tu m'en vois ravie.

J'ai comme l'impression que le retour, je me le suis pris en pleine face lors de la soirée d'hier. Au nouveau bar y a un concert, ils ont augmenté le prix des consos pour l'occasion (sauf pour les habitués, attends, tu crois quand même pas que je vais payer cinq euros la pinte de bière ? et puis quoi encore ? déjà qu'y avait pas de cacahuètes...) (tu me reconnais là ? Bon j'ai pas trop changé non plus) et j'entends Tiens une revenante !...Ah t'es de retour ! Et le patron : Alors la vacancière, le pays va bien ? En moins de temps qu'il n'en faut pour changer un fût, je suis légèrement pompette vu que j'ai plus l'habitude.

À côté de moi sur la banquette, monamour. En face mon pote. Et là la prise de conscience est sans appel. La relation que j'entretiens avec monamour aujourd'hui n'est pas transposable dans une coloc. J'ai pas envie d'imposer ça à mon pote ; j'ai pas non plus envie de me contraindre vis-à-vis de monamour. Bon ben m'est avis que c'est pas demain la veille que je quitte le quartier.

Puis je reçois un SMS de l'Écrivain qui a des choses à me faire lire. Ça tu vois c'est une excellente nouvelle (d'accord j'en sais rien je l'ai pas encore lue). Et des SMS du Chanteur. Pas celui sur scène non, celui dans la salle, celui-là même qui gère la programmation musicale du lieu, celui que son groupe il est bon, celui que la première fois qu'on s'est vu nos regards se sont bien entendus, celui qui me fait de l'oeil depuis un peu longtemps mais toujours dans le respect des forces en présence. Et ce soir il balance du SMS : Si je te regarde...c'est juste parce que j'aime te regarder...Alors je réponds un truc comme quoi moi je vais peut-être arrêter de soutenir son regard, avec un jeu de mot trop drôle où je case le nom de son groupe. Ah non, j'hésitais même à te demander de me kidnapper, alors n'arrête pas Puis : Je vais me mettre en évidence

Eh non. Une inspiration comme ça, du plomb dans la tête, que sais-je...je pense qu'il vaut mieux que j'évite de me disperser. Devenir raisonnable, cette idée folle me semble bonne. C'est ce moment que choisit le charmant charmeur chilien pour débarquer. Sur la terre de mes ancêtres, après un message pour fêter Valentin, j'avais reçu : Kan eske tu rentres !? Tu me mank !!! J'avais pas répondu. Depuis mon retour je sais bien qu'on va se croiser un jour ou l'autre, que c'est pas correct ce silence radio...En même temps je me vois mal envoyer un message du style : je suis rentrée mais je veux pas te voir. Je veux pas non plus téléphoner (peur du dérapage ?). Bref, Ada dans toute la splendeur de sa lâcheté. Et là, tandis que je bizoute monamour, il débarque, nous salue, se pose au comptoir et m'envoie : Té akompagnée, jvé pas tembété. Bonne soirée ! Jsuis heureux de t'avoir croizé.

À 8h29 ce matin, je ne réponds pas au numéro privé. Mais j'écoute le message. C'est l'extrait d'une chanson qu'on kiffe tous les deux, ça dit ♫ sometimes I feel so happy...sometimes I feel so sad...sometimes I feel so happy, but mostly you just make me mad, baby you just make me mad ♫

Imagine deux secondes la situation inverse. Tu crois que j'aurais aimé ? Tu crois que j'aurais eu cette réaction ? J'en sais rien...Mais j'ai beau me chercher des excuses, j'en trouve pas. et c'est pas glorieux, on est bien d'accord.

mardi 21 novembre 2006

"C'était hier l'été ; voici l'automne ! Ce bruit mystérieux sonne comme un départ"

Hum. Mmm. Ouais ouais ouais...Ah t'es là toi ? je t'ai pas vu arriver. Bon ben puisque t'es venu...On y va, on y va, t'impatiente pas. Allez c'est parti (je te préviens : ça va être chiant).

Samedi soir je me fais une longue soirée en tête à tête avec mon pote. Ça faisait longtemps. On chante comme des malades sur les Bérus ♫ tu cherches le dragon perdu, oh petite Vietnamienne je suis eurasien de coeur...Viêt Nam, Laos, Cambodge ! Nhan quyen oh nhan quyen ! ♫, on tise, on se marre, comme d'hab quoi.

À un moment on en arrive à parler d'ex-monamour qui dernièrement a littéralement harcelé quelques amis qu'on a en commun à propos d'une question qui le taraude : que s'est-il passé avec l'Écrivain ? et comment ? et pourquoi ? et où ? Pour synthétiser : Ada l'a-t-elle ou ne l'a-t-elle pas trompé avec l'Écrivain ?

T'en dis quoi toi ? à ton avis ?

Oui. T'es content ? Oui je l'ai trompé avec l'Écrivain, évidemment que je l'ai trompé avec l'Écrivain, tu me prends pour qui ? pour la Fidélité incarnée ? Poh poh poh...

Y a ceux qui savent et ceux qui savent pas. Ceux qui savent pas ils ferment leur gueule. Et ceux qui savent, ils ferment leur gueule aussi et ils lui disent que le mieux c'est de me demander à moi hein, après tout je suis la mieux informée. Mais lui il insiste (qu'est-ce qu'il les a soulés les pauvres), ils peuvent bien lui dire, ça n'a plus tellement d'importance maintenant, c'est passé.

Ouais, j'étais au courant de cette soirée règlement de compte par procuration. Alors qu'est-ce que j'en pense moi ? D'une part ex-monamour se garde bien de m'interroger, car il a déjà la réponse en son for intérieur et/ou il a trop peur que je confirme. D'autre part, si réellement ça ne lui faisait ni chaud ni froid, il ne poserait pas la question. Ça lui passera le jour où il rencontrera une nana, c'est tout ce que je lui souhaite, dis-je, magnanime.

Ah mais, réplique mon pote, ça c'est déjà fait.

Comment ça ? il a une copine ? et personne me dit rien ? pourquoi je suis la dernière au courant hein ? Et pourquoi en fait ça me remplit pas de bonheur pour mon prochain ? pourquoi, même, ça me fait un petit pincement au coeur ? est-ce de l'amour-propre ou de l'amour ?

Hier je sors de mon cours de chorale-langue vivante. Rendez-vous avec ex-monamour (un rendez-vous qu'on ne cesse de repousser à tour de rôle et puis hier, hop, on arrive à être synchro) (et tu crois au hasard toi ?). Raison officielle : restitution du dernier objet m'appartenant et traînant jusqu'alors chez lui. Raison officieuse : se voir, parler...

On atterrit dans un bar qu'on a beaucoup fréquenté ensemble. On papote, il me raconte que c'est plus ou moins déjà fini avec sa copine, que c'était pas sérieux ni constructif, on se remémore les bons souvenirs, etc...

Commence une soirée slam. Ah bon ? Ok. L'animateur fait un petit speech de présentation, il chauffe un peu la salle (pas très garnie) et, en nous désignant, ex-monamour et moi, il finit par : ah ! y a des amoureux ! on les applaudit bien fort ! Et le public de taper dans ses mains et moi de me dire : l'ironie de la vie, putain, c'est à n'y pas croire, mais crois-y, crois-y, t'y es en plein là, t'es soi-disant en train de mettre des points finaux et c'est à ce moment qu'on vous prend pour un couple, truc de ouf, attends je ris.

Après on se laisse aller à pas le faire mentir...On se bizoute comme au bon vieux temps, en écoutant les poètes. Puis ex-monamour me dit qu'il a bloqué sur la serveuse pendant deux semaines. Ah. Je comprends mieux la raison de notre présence ici. Mais non, pas du tout, justement s'il m'en parle c'est que c'est plus d'actualité. Pff tu parles. Franchement j'étais pas loin de basculer mais là je me remets d'équerre et je lui conseille de pas courir deux lièvres à la fois s'il veut parvenir à en pécho un. Mais je cours pas Ada. C'est une expression, ex-monamour, tu sais ? une locution imagée, comme quand on dit, je sais moi, tiens, au hasard, bâtir des châteaux en espagne, tu comprends ?...Bon laisse tomber (en vrai c'est pas une andouillen va pas croire quand même).

Je sais pas s'il court deux lièvres à la fois, toujours est-il qu'il fait d'une pierre deux coups. Ben ouais. Vis-à-vis de la serveuse, à laquelle il envoie un message du style : m'en fous de ton rateau, regarde, des meufs je peux en avoir. Et vis-à-vis de moi sur l'air du Si tu crois que tu es la seule, l'unique, t'as rêvé ma pauvre fille (en plus gentil mais bon). Je suis victime des apparences, se défend ex-monamour, cette soirée c'est avec toi Ada que je veux la passer, et je la vis à 200 %. Et mon fessier, c'est de la volaille ? (Non je dis pas ça, t'es con). Eh ben passons-la cette soirée, passons-la, mais on va ni chez lui ni chez moi, que ce soit bien clair, on la passe ici.

Je rentre chez le charmant charmeur chilien, tard il est vrai, mais sans rouge au front vu que, oui ex-monamour m'a embrassée et caressée mais il ne met de rouge ni à lèvres ni à ongles...alors ça compte pas vraiment...

Bien. Je ne te cache pas que tout ça m'a troublée. Et l'analyste ajoute qu'ex-monamour ne manque pas de finesse...Ouais faut savoir que l'analyste est très pro-ex-monamour. Très. Ou alors je projette ? je confonds ? ce serait moi qui serait très pro-...Oh je t'en prie, arrête, tu me prends la tête là.

Et alors si la vie c'est pas complètement n'importe quoi...figure-toi que ce soir, maintenant même, là, tout de suite, je suis conviée à un pot organisé par l'Écrivain. Je te jure (non mais j'y vais peut-être avec le charmant, commence pas à t'exciter).