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mardi 22 septembre 2015

♫ Pass through the fire to the light ♫

Depuis que j'ai décidé de me séparer de E. en novembre dernier, ma vie sentimentale et sexuelle est égale à zéro (juste une nuit avec l'Écrivain et des petits câlins avec le charmant charmeur chilien). Il va me falloir du temps je crois. En attendant je lui écris des lettres que je ne lui envoie pas.

Printemps 2015. Sortie des classes, nous marchons et discutons de choses et d’autres quand soudain mademoiselle A. s’exclame, comme si elle redécouvrait la cachette d'un trésor : « Maman, tu te souviens de E. ?! Tu crois qu’il va venir dans la nouvelle maison ? ». Je ne sais plus quel était le sujet de la discussion qui précédait. J’aimerais connaître son cheminement, par quelle association d’idées elle en est venue à penser à toi, qu’elle n’a pas vu depuis plusieurs mois et dont je ne lui parle jamais.

Très souvent dans la rue, surtout dans le quartier latin, mais pas seulement, un peu partout, je crois te voir. Un grand mince coupé court, une silhouette qui pourrait être la tienne de loin. Mais non. Ce garçon avec un casque sur un Vélib, tendant d’abord son bras à droite pour tourner rue de la Sorbonne, puis à gauche pour indiquer qu’il va se garer, c’est toi ?

2 juillet 2015. Je n’ai pas pu m’empêcher de regarder autour de moi dans la fosse et en haut au balcon, même s’il était très peu probable que tu sois dans l’assistance. Je cherchais comment tourner le SMS que je t’enverrai après, je voulais te dire que Matthew E. White avait fait un cover du Velvet juste au moment où j’entrais dans la salle et qu’Andrew Bird était parfait. Je me suis sentie mal, j’ai dû sortir un peu avant la fin, j’ai raté le rappel que j’ai suivi depuis l’écran du bar. Après la deuxième bière j’ai oublié le SMS.

11 juillet 2015. J’ai vomi dans une voiture le 31 décembre et à une soirée d’anniversaire le 17 janvier (B. m’en parle encore). Depuis je fais très attention à ma consommation d’alcool. La soirée se passe bien, je commence au rosé-pamplemousse, j’enchaîne avec du vin rouge et je mange. Il y a ce garçon qui reste au fond près de la bibliothèque, il parle avec la maîtresse de maison, il semble ne connaître personne à part elle. Il ne danse pas vraiment, sauf au refrain où il se met à sautiller la main en l’air. Il est beau. Je sais qu’il me regarde de temps en temps. Il y a beaucoup de monde entre nous mais le rapprochement va avoir lieu sous peu. On se frôle, on s’emmêle, on s’excuse autour du buffet (il se sert du fromage, moi de la salade de fruit). Je sais qu’au prochain round on entamera la conversation. J’entrevois les possibles. Mais je m’enfuis comme une voleuse, tout me paraît trop compliqué, il est probablement un peu plus jeune que moi, probablement sans enfant, pourquoi je pense à ça, le simple fait de faire connaissance me paraît insurmontable. Je rentre seule par le dernier métro.
Évidemment je rêve de toi. Une sorte de compétition sportive, avec des épreuves successives. Il y a un contact physique entre nous, on se serre l’un contre l’autre, un moment très tendre, une douce chaleur qui persiste après le réveil. Le rêve s’achève sur l’image d’un train par lequel tu pars.

20 juillet 2015. J'ai pris quelques kilos depuis que j'ai arrêté de fumer en décembre dernier. Je décide de ne plus prendre le bus pour faire un minimum d’exercice. Comme chaque fois que j’emprunte la rue Adolphe Adam je me souviens de ce soir d'été où tu avais pissé à l’abri d’une des alvéoles.

Juillet 2015. Les premières pages de Standard de Nina Bouraoui me font penser à toi. Tu ne trouverais pas ça flatteur. Le personnage est handicapé avec les femmes et il n'aime pas leur odeur. Il ne te ressemble pas spécialement mais souvent il suffit d'un détail. Même les programmes télévisés peuvent me ramener à toi. Une diffusion de Paris Texas, un match de rugby. Il y a une émission sur les volcans samedi prochain sur Arte, je me demande si tu le sais et si ça t'a fait penser à moi.

28 juillet 2015. Rêve de fin de nuit transcrit au réveil. Tu es torse nu. Il y a un petit animal dans les parages, sans doute un chat : c'est pourquoi je te serre dans mes bras, je te dis « ne t'inquiète pas ». Tu me serres en retour pour me montrer que tu ne t'inquiètes pas et que tu t'excuses d'avoir pu paraître inquiet. Tu enfiles une chemise grise et pendant que tu ajustes le col, je peux lire sur un morceau de papier qui te sert de pense-bête « déposer chèque Espagne à son père ». Je comprends que cet été tu pars en vacances en Espagne, cela m'attriste.
Puis je te cherche, dans le noir, je ne parviens pas à allumer les lumières. Lorsque tu réapparais je te dis que je croyais qu'il n'y avait plus d'électricité. Je pensais qu'on déjeunerait à la maison mais, malgré le crustacé en train de cuire, on va au restaurant, probablement pour marquer le fait qu'on ne va pas se voir pendant longtemps. On se serre à nouveau. Beaucoup de monde au restaurant, on se dit que c'est l'heure de pointe.
Brève auto-analyse. Comme souvent dans mes rêves le chat représente mon désir, pas seulement sexuel. Mon inconscient me dit que ce que je voulais être et faire avec toi n'avait rien d'effrayant ni de monstrueux. Toujours cette interrogation : qu'est-ce que j'ai fait de mal. Réponse rassurante : rien. La symbolique « je vis dans les ténèbres lorsque tu n'es pas là » me fait rire autant qu'elle me désole, j'ai du mal avec ce qui a été interrompu, je ne trouve pas les interrupteurs, je veux rallumer la flamme...pff si j'en suis réellement là, la route est encore longue. Plusieurs éléments (chemise, pense-bête, restaurant) me font penser qu'il est aussi question de mon père dans ce rêve. Pour finir, quid de ce crustacé (beaucoup de pattes, une sorte d'araignée de mer) ?

4 août 2015. Un rêve dont il ne me reste qu'une impression un peu floue. Un sexe en érection qui pourrait être le tien. Jusqu'à quand vas-tu imprégner les personnages d'homme dont je rêve ?

Ma mère repart en Sicile en septembre. Elle aurait besoin du guide que tu avais prêté à ma sœur. Malaise quand elle se rend compte qu'il n'était pas à moi et que je n'y ai plus accès. Alors même qu'on n'a jamais vraiment parlé de toi, tu deviens un sujet tabou.

Août 2015. Je rêve de toi un jour sur deux en moyenne : tu me dis que tu m'aimes, nous avons un rapport sexuel, tu m'appelles ma puce (pour celui-là je pense que c'est lié au fait que mademoiselle A. a chopé des poux). Quand cesseras-tu de me hanter ? Je me pose cette question dans la caravane où je passe quelques jours. Et je me rends compte, en écrivant ces lignes à la rentrée, que je me la posais déjà avant de partir en vacances. On dirait bien que je stagne.

22 août 2015. Le message que tu m'as envoyé pour mon anniversaire à propos de ma nouvelle adresse : je te reconnais bien là, dans cette manie de stalker les gens. Je crois que si tu n'avais rien envoyé, j'aurais été déçue. Je prends un plaisir mauvais à ne pas te répondre. Je pleure longtemps avant de m'endormir.

9 septembre 2015. Je suis étonnée qu'il y ait autant de monde au concert de Sufjan Stevens, j'en oublie de penser à ta présence éventuelle. La nuit je rêve de ton sexe qui grossit dans ma main.

12 septembre 2015. Je pense beaucoup à ton anniversaire la semaine qui précède mais bizarrement, le jour même c'est Facebook qui me le rappelle puisque c'est aussi celui de G. Je ne t'envoie pas de message, ça ne me paraît pas avoir de sens. C'est aussi pour me prémunir contre l'espoir, plus ou moins inconscient, de renouer une quelconque forme de relation. Je sais que même un échange banal de SMS peut relancer ma machine qui a bien trop tourné à vide avant que je ne finisse par dire stop.
La nuit je rêve, pour changer, qu'on se retrouve. Je te demande : Alors quoi de neuf depuis le mois de...et on achève en cœur (en cœur ! Ah ah)...novembre. Tu réponds que tu as une voiture. Comme souvent dans ces rêves de retrouvailles, l'étreinte est douce et apaisante. Quel soulag ! Au réveil la sensation persiste et je mets un moment à prendre conscience que ce n'était qu'un rêve. Le soulag se transforme en déception jusqu'à ce que je me souvienne que l'histoire ne fonctionnait pas. Je trouve complètement dingue qu'il me faille, encore et encore, refaire ce cheminement, me convaincre, encore et encore, que ce n'était pas possible entre nous. Mais c'est dur parce que même si de façon rationnelle je pouvais voir tout ce qui n'allait pas et qui ne changerait probablement jamais, au fond de moi je n'avais tellement pas envie que ça s'arrête que j'ai dû me faire violence. Et d'une certaine façon je suis encore sous le choc. Merde alors.

22 septembre 2015. Je rêve de toi encore. Mais cette fois c'est différent, c'est un règlement de compte. J'énumère les faits, je veux comprendre, tu n'as pas été sincère et je finis par te traiter de connard. Au réveil je suis bien. Probablement parce que ce rêve m'a permis de te dire que je ne suis pas dupe, que tu m'as prise pour une conne mais que c'est toi le connard. Ah ah. On dit que la colère est une phase du deuil. J'espère.

mercredi 11 juin 2014

♫ They can give me pills or let me drink my fill, the heart want to explode far away where nobody knows ♫

Bon allez viens, que je t'explique un peu.

Il se trouve qu'avec E. on s'est séparé. Encore. Ouais. J'avais eu l'outrecuidance de mettre sur la table les projets pour les vacances d'été. Après une longue stratégie d'évitement, où on se voyait un jour sur deux, chez moi le plus souvent mais aussi chez lui, sans que jamais il n'aborde le sujet, j'ai mis les pieds dans le plat (que j'avais mis sur la table) et on s'est séparé. Ça m'a soulagée. Au début. L'après-midi même, je suis allée voir Les chiens errants (au cinéma), 3 heures, 4 plans fixes (j'exagère à peine), exactement ce qu'il me fallait (j'exagère pas du tout, j'ai adoré).

Le soir même : Bonsoir Ada, comment vas-tu ? SMS de Titus, t'y crois à ça ? Pas de nouvelles depuis plus d'un an et bim, le jour où ça clashe avec E., il se manifeste. On se voit la semaine qui suit, il est célibataire. Bien bien bien. Sauf que j'ai pas envie. Car E. occupe toujours mes pensées. Titus me recontacte assez vite, je ne donne pas suite. C'est con, je me dis, cette fois, avec Titus, on est synchro, on est dispo, il est toujours aussi motivé...Mais je peux pas, je veux pas, j'y arrive pas. Ben ouais, c'est con.

Je pose une semaine de congés pour déconnecter de toute cette merde et profiter du soleil du sud. Je suis tout de même obligée de consulter ma messagerie professionnelle pour des raisons qui ne t'intéressent absolument pas et j'y trouve, notamment, un mail de E. qui dit : Désolé d'interférer ainsi dans ce qui semble être une semaine de vacances, mais il est urgent que tu reviennes mettre un peu de etc etc...Évidemment en bonne férue de psychanalyse sauvage et apprivoisée, seule me saute aux yeux la locution IL EST URGENT QUE TU REVIENNES (sauf que c'est plutôt lui qui m'a quittée, je précise).

Au cours de ces vacances, mademoiselle A. (mon enfant, tu te souviens ? 3 ans et toutes ses dents de lait) se surpasse en vocabulaire et autres trouvailles (maman, t'as oublié de mettre ta ceinturité avant de démarrer ; maman, est-ce que ça leur fait mal leurs bosses aux chameaux ? ; maman, moi aussi je voudrais avoir des poils ; maman, j'enlève ma culotte, je préfère rester en sexe).

Un soir tard, SMS de E. : Heureux et soulagé pour toi ! J'espère pouvoir trinquer bientôt en ta compagnie. C'est ainsi que j'apprends que j'ai obtenu ma mutation, ce que je vérifie dès le lendemain par des voies plus officielles. Lors de notre séparation, E. m'avait proposé qu'on fasse un break plus ou moins long avant de se retrouver dans une relation, je cite, désexualisée. J'avais dit non. Il avait compris, bien que trouvant ça complètement dingue (genre lui il reste ami avec ses ex, tu vois, quel homme fort et intelligent) (eh ben moi non), mais ça lui était déjà arrivé et il comprenait. Et voilà que j'ai ma mutation, que nous ne travaillerons bientôt plus ensemble, que le lien va définitivement se rompre et qu'il reprend contact ! Il comprend rien ou quoi ? Il fait exprès ? Il tente le passage en force ? Je zappe et tente d'oublier en dansant et en buvant du punch vanille dans la petite ville où je suis en villégiature.

De retour à Paris, un colis m'attend à la Poste, c'est un livre accompagné d'un mot de E. qui dit : Bla bla bla et REVIENS-NOUS souriante et bla bla bla. Le jour où je reprends le taff, E. se pointe opportunément au moment d'un départ groupé vers la cantine et on se retrouve à la même table, il rit à mes blagues, nos bras se frôlent, c'est électrique mais on prend l'air de rien, il annonce à la cantonade qu'il a fait un rêve, ouh là là, mais qu'il me racontera, à moi, juste à moi, non il n'en dira pas plus là tout de suite maintenant, pas la peine d'insister fait-il comprendre aux collègues intrigués. Le soir, mademoiselle A. étant chez son père, je me fais un ciné. Lorsque j'en sors, mon téléphone affiche une proposition d'apéro dont l'auteur n'est autre que...E. Je réponds juste : Je sors du ciné...histoire de justifier le délai de réponse. Qu'à cela ne tienne, il est encore dispo. Autant te dire que j'hésite, que je fume ma clope nerveusement, que je me dis que je ne sais pas quoi faire, avant de finalement accepter. Allez, d'accord, il a gagné, on va le boire ce verre en l'honneur de ma mutation, je peux même jouer la fille parfaitement détachée. Tu connais, je suis sûre, ce genre de situation : tu sais que c'est une connerie mais tu peux pas t'empêcher de la faire...(histoire de ma vie). Bref, on se retrouve au bar, on se raconte des choses très intimes sur nos fonctionnements personnels et on finit dans mon lit. Le lendemain je me dis que c'est un accident, on était soul.

Quelques jours plus tard, il me propose un concert, il devait y aller avec un pote mais finalement il est seul, il a une place, ça me dit ? Le concert, c'est une demoiselle que j'aime beaucoup, j'avais même hésiter à prendre une place mais je voulais pas croiser E. Et puis moi, ce soir-là j'ai rendez-vous avec le charmant charmeur chilien, qui me fait bien sentir son érection contre ma cuisse au comptoir et qui m'accompagne ensuite à pied, en cherchant tous les porches, tous les halls, tous les recoins qui nous permettent d'échanger des baisers et des caresses...le charmant charmeur chilien qui m'accompagne, donc, jusque dans le quartier où a lieu le concert (car à l'heure fatidique où je devais donner une réponse à E. avant qu'il ne propose la place à quelqu'un d'autre, j'ai dit : oui) (toutes les conneries elles sont pour moi, je te dis, j'en rate pas une). On finit chez E. et il propose qu'on organise un apéro avec les collègues la semaine d'après pour fêter nos mutations (oui, E. aussi va changer d'établissement). Et allez, je dis : oui.

L'apéro avec les collègues se passe bien, ils s'en vont, on se retrouve E. et moi, le patron paye son coup et on va se coucher (dans le même lit) (c'est plus vraiment un accident là, si ?) (remarque, on était soul). Le surlendemain, E. me propose un autre concert qui a lieu deux semaines après (genre on planifie, ta ta tan). Je dis : oui (y a plus de suspens).

Samedi dernier, je décide que j'ai plus l'âge de jouer la fille détachée et je lui demande s'il est dispo le soir. A priori non, il a un anniversaire l'après-midi, qui risque de durer, il m'en dit plus à 16h. À 16h, il confirme, c'est mort pour le soir. Je me retrouve sur la terrasse de la piste de danse, au soleil, avec Titus qui va a un concert vers 21h, il a deux places, ça me dirait de l'accompagner ? (mais qu'est-ce qu'ils ont tous, avec les concerts ?) Je réserve ma réponse, j'aviserai au dernier moment. 19h, SMS de E. qui est finalement libéré de ses obligations et qui m'invite chez lui. Je dis : OUI.

Je soupire, moi aussi, tu sais, je soupire...

Je passe sur le fait qu'un soir tard (au petit matin plus précisément) j'ai dormi sur le canapé-lit d'un pote, en compagnie de l'Écrivain (caresses très chastes, mais caresses...).

Tout cela ne mène à rien.

mercredi 26 septembre 2012

♫ Trempez-la dans l'huile, trempez-là dans l'eau, ça fera un escargot tout chaud ♫

Je viens de prendre conscience que c’est la rentrée. Faut dire aussi que je n’ai pas tellement pris conscience que c’était les vacances (même si je fais partie de cette clique de privilégiés qui se payent le luxe de partir, pas forcément loin de chez eux, mais au moins ailleurs et longtemps).


De façon classique ça a commencé dans un train, mademoiselle A sur mes genoux, côté couloir ; côté fenêtre une dame âgée accompagnée de son chien Furoncle. Aux alentours de longtemps avant d’arriver, mademoiselle A s’est mise à vomir sans préavis (la gerbe sans signe extérieur apparent de malaise est une des caractéristiques des enfants de son âge qui ne laisse pas de m’étonner). Impression soudaine que des litres de liquide malodorant se répandent en cascade dans le wagon. Mais c’est pas qu’une impression dis donc.  La maîtresse de Furoncle, que jusqu’alors je trouvais sympathique car elle ne se formalisait nullement que mademoiselle A, prise d’enthousiasme juvénile et de curiosité débordante pour son environnement, lui envoyât parfois de bons coups de pieds dans les cuisses, la maîtresse de Furoncle n’aurait pas dû dire Il ne faut pas trop nourrir les enfants avant un voyage, ça ne m’a pas aidé. Je veux dire dans ces cas-là, le mieux, à défaut de participer au nettoyage, c’est de fermer sa gueule.

Nous nous sommes finalement installées dans le sas, devant la porte des chiottes, mademoiselle A nouvellement équipée de linge frais et confortable (pas forcément coordonné parce que pioché à l’aveuglette dans la valise), l’estomac bien purgé  et toute joyeuse de voyager dans sa poussette, et moi, le pantalon raidi des fluides corporels parfumés de mon bébé d’amour qu’il est trop mignon tout plein mais putain de merde tu fais vraiment vraiment chier là, surtout que tu as poussé l’élégance, la putain de ta race maudite, jusqu’à m’en mettre entre les doigts de pieds qu’habillent une paire de sandales qui vaut une fortune, t’as intérêt à ce que ça se nettoie bien bordel.

Voilà, c’est à peu près là que la tentation de l’exfiltration m’a saisie.
Et c’était que le début.

Le soir mademoiselle A fut mise à la diète, selon le principe du Dans le doute, abstiens-toi (plus un peu de vengeance personnelle, évidemment, tiens ça te fera les pieds, les miens c’est déjà fait merci), ce qu’elle me fit payer, tu t’en doutes, en passant le restant des vacances, à savoir la totalité donc si tu suis, à se précipiter sur le moindre élément d’apparence comestible en geignant de façon fort convaincante et convaincue À man-yer…à man-yer…avec ce petit accent roumain qui n’aurait pas dénoté dans une rame de métro. Et là, dans le même esprit que pour  la maîtresse de Furoncle, je ne saurais trop de te conseiller d’éviter les réflexions du type Eh ben alors ! tu ne la nourris pas cette enfant ! (rires) ou encore Il vaut mieux ça que le contraire, qui certes n’ont rien d’agressif ou de dérangeant en soi mais qui, comment dire, lassent oui c’est ça lassent mortellement à force, un peu comme le leitmotiv affamé de la chair de ma chair (mange ta main et garde l’autre pour demain, disait mon grand-père ce grand sage). Par exemple après une nuit entière de séparation au cours de laquelle elle n’avait pas vu sa chère mère (alias sa raison de vivre, son centre du monde), Mademoiselle A ne disait pas Bonjour maman chérie mais bien plutôt À man-yer…à man-yer…C’était sa première contribution vocale le matin.

Alors le matin, tiens, parlons-en. À Paris, en période d’activité normale, mademoiselle A s’éveille comme une fleur autour de 7h. Là elle s’était programmée pour réclamer sa pitance (pour mémoire : À man-yer…à man-yer…) autour de 6h, histoire de profiter à fond des vacances. Et c’est vrai que dans cette petite commune du sud-est de la France, y avait des tonnes de trucs à faire à l’heure où même les insomniaques dorment. Mais au moins vous profitez de la fraîcheur. Ben oui, sacrée consolation dis donc. Mademoiselle A est à l’âge où elle ne peut pas encore vraiment s’occuper seule (non parce qu’à un moment ça advient quand même ? rassure-moi) et où, surtout, on ne peut pas la laisser sans surveillance. Vigilance est le maître mot. Attentifs ensemble, avec toi dans le rôle du méchant flic (pas les mains dans la poubelle, pas les chaussures sur le lit, pas les doigts dans la prise, pas d’acrobaties sur le balcon…) et elle dans le rôle du sauvageon (ah ouais ok, puisque c’est comme ça, je vide toutes les étagères de la bibliothèque, je claque les portes des placards jusqu’à ce que mort s’ensuive, je bois l’eau de mon bain y compris quand j’ai pissé dedans). Tu as l’impression d’être Big Brother, mais d’où t’es son frère ? d’où ? toi t’es sa mère on t’a dit. Les joies du dressage. Ou comment tu dis déjà ? Ouais, de l’éducation.

Oh bien sûr il y a ces moments magnifiques d’émotions partagées, d’amour et de communion, bien sûr, je ne peux pas le nier, juste je cherche un exemple. Ah ben tiens, par exemple à midi, quand tout le monde a faim et qu’on chante en chœur À man-yer…à man-yer...Quelle expérience inoubliable ! Se lever tôt, très tôt. Avoir envie de tuer tout le monde ou de mourir (selon que tu te sens pas trop bien ou très mal), ou au moins de disparaître dans une dimension parallèle où il n’y aurait pas d’enfants, pas de famille, pas d’êtres humains, un monde civilisé quoi merde. Se dire que c’est les vacances et qu’on est bien plus fatigué que quand on bosse.

Autant te dire que je suis hyper contente que ce soit la rentrée. 

mardi 31 juillet 2012

♫ I wanna love and treat, love and treat you right ♫

(Ouais ben mon chef est en congés et quand mon chef est en congés, c'est moi le chef)(et faire le boulot du chef en plus du mien, c'est très fatigant)(mais je suis quand même là pour le bilan d'étape, tu pourras pas dire que je suis pas sympa)

L'homme-au-nyme fait ramadan. Le reste de l'année il ne pratique que très peu, une prière le vendredi quand il y pense, quand il a le temps. Il fume, il boit, et cætera. C'est la première fois que j'ai une relation avec un homme croyant. Je pense que c'est un obstacle à une entente de longue durée dans la mesure où je crois au contraire qu'il n'y a pas de dieu. Je pense aussi que je ne pourrais pas former un couple avec une personne qui vote à droite ou qui est en faveur de la peine de mort (mais en fait je sais pas hein). L'homme-au-nyme se rachète pendant ramadan. Alors bien sûr parfois il me fait l'amour jusqu'à 5h du mat passées et c'est foutu pour la journée qui suit (très élégamment, à ceux de mes amis qui lui demandent pourquoi il ne jeûne pas, il répond Pour des raisons personnelles). L'homme-au-nyme va à la mosquée pour la prière de 14h et pour celle de 18h30. Ensuite il vient passer un moment avec moi et mademoiselle A. Il m'embrasse sur le front et ressort pour couper le jeûne, assister à la dernière prière et éventuellement veiller toute la nuit à base de lectures du Coran, méditation et bonne bouffe.

Fort bien. Sauf que je l'héberge. Et se faire réveiller toutes les nuits vers 5h, quand il te reste peu de temps de sommeil et que donc, forcément, tu te rendors pas, ça finit par te taper sur le système. Par ailleurs au bout de deux mois de dépannage, je souhaite aborder avec lui le sujet de ses projets pour la rentrée car je n'ai pas l'intention de l'héberger indéfiniment. Aussi je profite d'une veillée particulièrement tardive pour remettre les pendules à l'heure :
1) à partir d'une certaine heure, pour ne pas perturber mon sommeil, il ne rentre pas chez moi, il se débrouille
2) pendant mes vacances en août je ne vois aucun inconvénient à ce qu'il occupe mon appartement, mais à mon retour en septembre je souhaite qu'il ait trouvé une autre solution.

Il accueille le point 1 avec compréhension, il reste coi sur le point deux et je sens qu'il accuse le coup d'un dur retour au réel : même si nous nous entendons bien, même si nous nous aimons bien, cette situation ne peut durer qu'un temps, je n'ai pas envie de vivre avec lui (je ne sais même pas si j'ai envie d'une véritable histoire avec lui et, par dessus tout, j'ai envie de recevoir qui je veux chez moi, notamment des hommes).

Le lendemain il annonce qu'il va veiller et qu'il rentrera vers 7h du mat, heure à laquelle habituellement je me réveille et passe sous la douche.
Fort bien. Sauf qu'il arrive à 6h14...

Alors le soir ça clashe. Une fois de plus je lui signale qu'il ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Il vit chez moi, ce n'est pas à moi de m'adapter à son rythme. Explosion de colère : puisque c'est comme ça, je me casse ! Je trouve ça puéril et ridicule mais je ne le retiens pas, j'aurais préféré que le départ se fasse plus en douceur, mais l'objectif est atteint quoi qu'il en soit. Il met très longtemps à emballer des affaires qui le sont déjà. Je le lui fais remarquer, lui rappelle que j'étais prête à l'héberger jusqu'à la rentrée. Ton appart tu peux te le metttre au cul ! Je reste avec mademoiselle A dans sa chambre, porte fermée, pour la protéger de cette violence verbale. Mais il faut que je fasse accélérer le mouvement pour qu'enfin il soit sur le palier. Je claque la porte, je l'entends crier à plusieurs reprises dans le couloir Je comprends pourquoi le père de ta fille t'a quittée ! 

Je prends mademoiselle A dans mes bras, je lui dit On s'est disputé, elle penche sa tête contre la mienne en signe de compassion-réconciliation. Quand elle est au lit quelques minutes plus tard, je fume un gros spliff qui ne me fait ni chaud ni froid. Nous avons vécu une histoire en accéléré, fusion, lassitude progressive, vie décalée mais attachement réciproque, séparation de vieux couple. Je me dis qu'il va me manquer sexuellement putain.

Deux jours après, à savoir dimanche, le réveil sonne à 7h40.
À 7h52 j'avale les deux cachets.
Les premiers saignements arrivent à 12h02.
IVG médicamenteuse à domicile et en solo.

Le soir l'homme-au-nyme appelle pour prendre des nouvelles, les choses se passent comme indiquées par le gynéco, nous nous parlons avec douceur, nous devons nous voir ce soir.


Avec E. et S. nous sommes allés boire des coups le 14 juillet. Mais à 2h du mat chacun est rentré chez soi (et ce jour-là, j'étais bien contente de retrouver l'homme-au-nyme s'apprêtant à mater un film sur mon ordi (tu te doutes que je l'ai fait changer de programme)).

Mercredi dernier E. propose un pique-nique et un cinéma en plein air mais je préfère voir enfin, après tellement de rendez-vous reportés pour cause de logistique compliquée (on ne peut aller ni chez lui, ni chez moi), le charmant charmeur chilien exceptionnellement disponible à domicile.

E. tente pourtant de m'amadouer.

Mercredi 25 juillet
17h16 J'ai 4 tranches de rôti, 3 litres de smoothie, 12 canettes et 2 kg de prunes !!
20h51 J'attaque le rôti
20h54 Moi je suis au champagne...(le charmant charmeur chilien sait recevoir) mais j'avoue que je suis assez tentée par les prunes (je n'exclue pas à ce moment-là de les rejoindre à la Villette)
21h07 Allumeuse (il n'a pas tort car finalement je déclare forfait)

Jeudi 26 juillet
17h01 Hier soir je me suis dit "Les prunes comptent pas pour les brunes"
20h51 C'est sûr que les prunes c'est pas le dessert que sert l'abominable homme des neiges, mais ne crois pas que j'y sois indifférente, loin de là (saisit-il mes messages à double sens ?)

Demain soir, E. et S. viennent prendre l'apéro dans mon jardin.

lundi 25 juin 2012

♫ Ma femme s'est fait mettre un but par l'arrière-droit du Racing, j'aurais préféré le PUC, faut que j'en cause à Justine ♫

Dans un bar de Belleville, tandis qu'un groupe de Chinois se crêpe les nattes et qu'une sourde-muette communique en langue des signes et en visioconférence, on est tranquille, à quatre, à enchaîner les tournées. Comme dans la cour de récré, je suis passée par S. pour atteindre E., j'avais dans l'idée d'aller boire des coups, S. m'a expliqué le programme, j'ai accepté. Plus tard E. a passé une tête dans mon bureau : Alors , tu viens au foot ce soir ? Les deux écrans se font face, très ergonomique et convivial, nul besoin de se retourner pour suivre le match. Bien sûr je me fais charrier, à base de Tu sais qui joue ? Tu sais qui c'est le mec au milieu qui n'a pas le même maillot que les autres ? Tu veux qu'on parle tout de suite du hors jeu ? Chaque fois qu'un joueur frappe pour marquer, E. dit Boum !

Dans le salon, tandis que mademoiselle A émet ses derniers gazouillis avant endormissement (Tu do' ! Tu do' ! dit-elle à son bébé antillais) et que la pizza est au four, on est tranquille, tous les deux, sur mon canapé. L’homme-au-nyme fait tourner le bédo et m'explique la règle du hors jeu, que je crois comprendre sur le moment, mais vu ce qu'il m'en reste aujourd'hui : sinon c'est trop facile de marquer, je ne suis pas sûre d'avoir bien bien mémorisé. C'est le problème avec la fumette, tout devient passionnant et puis pschtt. Quand on était petit avec mon frère, on se blessait souvent au foot, et ma mère elle nous voyait, tout cassés, vautrés sur le canapé, elle disait Mais quand je vois le foot à la télé, ils ont une bombe pour les soigner, ils tombent, un coup de bombe, et ils se relèvent pour courir. Ramenez-moi une bombe de foot, elle disait ma mère. Chaque fois qu'un joueur frappe pour marquer, l'homme-au-nyme dit Bim !

Au petit déjeuner E. prend du thé dans le mug offert par notre employeur commun. Au vu de la météo, il annule le match de tennis programmé l'après-midi. Une balle jaune traîne dans son salon.

Au petit déjeuner l'homme-au-nyme prend du thé dans le mug offert par mon employeur. Au vu de la météo, il ne se risquera pas à l'extérieur, il enchaîne les mouvements (je comprends mieux ses muscles si bien dessinés) dont 3 séries de 15 pompes dans mon salon.

C'est mercredi soir, mademoiselle A est chez son père comme tous les mercredis et samedis soir désormais, je suis chez E., avec S., dans la cuisine. Nous grignotons un peu, nous buvons beaucoup. Soudain il est 2h, S. s'en va. J'ai ôté mes sandales depuis longtemps. Nous nous allongeons, nous nous caressons, nous nous endormons.

Parenthèse sexe.

L'homme-au-nyme
Pénétration vaginale : au moins une fois par jour, en moyenne deux (je l'héberge et nous nous voyons donc quotidiennement).
Sodomie : deux (en tout).
Cunnilingus : à peu près autant que de pénétration vaginale.
Fellation : deux (en tout).

E.
Cunnilingus : un (chez moi)
69 : un (chez lui).
Et basta, pas de pénétration au sens fort du terme. Je m'interroge...Alors bon c'est vrai que nous étions, les deux fois où nous nous somme trouvés en position d'agir, dans des états très alcoolisés, que je n'étais pas forcément hyper accueillante, voire un peu déshydratée, mais tout de même, je m'interroge...Tu t'interrogerais pas, toi ?

Reprenons.

Quelques heures après je suis réveillée par les caresses de E., c'est doux. Puis il se lève, il range, il lave, je comate. Il revient s'étendre près de moi, on parle, on rit. Mais je suis malade, moi qui d'ordinaire encaisse les cuites sans problème, j'ai la tête qui tourne, la nausée...je n'ai rien pu vomir dans son lavabo, son pain m'a fait du bien, il est midi. Il m'accompagne à l'arrêt, il attend que le bus arrive, nous nous faisons la bise. Lunettes noires, tête calée contre la vitre, je téléphone à l'homme-au-nyme, je ne suis pas sûre de supporter le trajet, j'ai peur de vomir dans le bus. Rappelle-moi si ça ne va pas, je viendrai te chercher en scooter, sinon on se retrouve chez toi , je suis dans ton quartier. Après avoir fait une razzia de Coca au supermarché du coin, l'homme-au-nyme me rejoint chez moi, nous passons directement au lit, et c'est pendant la sieste post-coïtale que je reçois le SMS de E.

Jeudi 21 juin
14h29 Bus 60, conduite souple ?
14h38 Failli m'endormir sur l'épaule d'une mamie. Bus 60, conduite exemplaire.

mercredi 30 mai 2012

♫ I feel fine and I feel good, I'm feeling like I never should ♫

J'aimerais m'essayer à un travail façon Vies parallèles des hommes illustres, avec deux hommes dont la notoriété est quasi nulle mais y a pas marqué Plutarque non plus hein. Je ne sais pas ce que cela donnera dans la durée car les protagonistes peuvent disparaître du jour au lendemain et les relations tourner court. Mais tentons l'expérience.

D'une part l'homme-au-nyme ; d'autre part...d'autre part je ne sais pas comment le désigner, ça commence mal et c'est symptomatique je crois d'un trouble autre que purement sexuel (confer Titus)...d'autre part donc E. (voilà que j'inaugure l'usage de l'initiale) (ben merde alors).

Le portrait de l'homme-au-nyme a été brossé ici.

Quant à E., il a le même âge que moi, il est blanc, grand et mince, il me plaît physiquement et intellectuellement, semble célibataire, n'a pas d'enfant et beaucoup d'humour. Il fait du tennis. Il présente un mélange intéressant d'assurance et de réserve (l'homme-au-nyme s'est plus livré en quelques jours que E. en plusieurs mois). Il travaille au même endroit que moi mais dans un département différent. Mes fonctions transverses (rappelle-moi de caser les termes mutualisation et fluidification du suivi) nous amènent à échanger des mails dans lesquels nous prenons soin de doser l'humour et la taquinerie (dont une allusion sexuelle de sa part, reprise en fil rouge depuis).

Plus récemment une situation perturbée et génératrice d'informations contradictoires nous a amenés à croiser nos sources pour évaluer les scénarios envisageables de sortie de crise. Accélération de la cadence des échanges électroniques et virage négocié un après-midi de mai :
Ada : J'attends...
E. : Je suis passé mais tu étais avec ton boss, c'était gênant. Mais je te propose d'en débattre, si tu le peux, dès 18h au troquet.
Ada : Quel troquet ? Avec qui ? Vous voulez pas venir boire des coups chez moi plutôt ? (je pense à ce moment-là qu'il me convie à un after work déjà planifié)
E. : Le troquet c'est le Miroir (par exemple). Vous ? euh, ben c'est moi (on peut se dire tu) (alors qu'en fait non, il m'invitait moi) (et il est drôle n'est-ce pas ?). Maybe S. comme c'est parfois le cas le mercredi mais y a rien de signé.
Ada : Ok on se dit tu, c'est plus simple. Tu veux pas venir boire des coups chez moi plutôt ? Avec S. si tu veux. Je suis coincée avec ma fille.

C'est ainsi que S. et E. débarquèrent chez moi aux alentours de 19h, que la soirée fila si vite que bientôt il fit jour, que S. alors s'en alla tandis que E. et moi nous retrouvâmes nus dans mon lit à nous caresser de diverses manières sans que n'ait lieu la moindre pénétration car mademoiselle A réclamant son lait de 7h du mat interrompit le même-pas-encore coït. Passons sur cette journée épuisante...un jeudi de l'Ascension mémorable...Après une nuit blanche alcoolisée et pas mal érotisée, je te déconseille d'avoir à t'occuper d'un enfant en pleine forme, tu en garderais des séquelles importantes. Attardons-nous plutôt sur ce qui s'est passé dans le lit. Je n'ai aucun souvenir de la façon dont nous nous y sommes retrouvés, après le départ de S. (merci l'alcool (j'avais sorti le rhum, fatalement...)), je me souviens parfaitement en revanche avoir été tout au long de la soirée, et proportionnellement au taux d'alcoolémie, très proche de E. et très tactile avec lui. Il reçut le message cinq sur cinq semble-t-il et il est gênant, encore aujourd'hui, d'avoir subitement sur mon lieu de travail des flashes de sa tête entre mes jambes. Au niveau de la performance, le plaisir a été de pouvoir le toucher enfin. Les gestes étaient retenus, presque timides de part et d'autre, l'excitation plus cérébrale que sensuelle. L'alcool et la fatigue nous anesthésiaient sans doute un peu. Je suis toujours en possession, jusqu'à nouvel ordre, du tee-shirt lui appartenant et qu'il m'a prêté lorsque dans un brouillard migraineux je me suis levée pour la préparation du biberon, il n'a pas voulu que je l'ôte au moment de son départ (ce tee-shirt sent terriblement bon (son déo, son gel douche ou je ne sais quoi) même après un passage dans mon propre lave-linge).

Troisième rendez-vous, à mon initiative, avec l'homme-au-nyme, en semaine cette fois. Il arrive en scooter, nous prenons un long apéro dans le jardin, mangeons une pizza, nous racontons nos vies, nous touchons et nous embrassons beaucoup. Bière pour moi, rhum pour lui. Cigarettes légales et rien d'autre. Je sais qu'il bédave très régulièrement et lui dis mon envie de fumer avec lui pour l'effet aphrodisiaque que cela me procure. Nous passons au lit pour quelques heures de baise sportive et douce à la fois, il réitère sa joie de me connaître, nous refaisons classiquement le film de notre rencontre et de nos perceptions premières réciproques. Il dit Je peux te dire un truc sans que tu te vexes ? Oh là là tu me stresses là, je réponds, mais vas-y, je m'attends au pire, il dit Je trouve que t'as un cul et des seins super, je les adore, tu m'en veux pas de te dire ça ? Il dit Tu m'excuseras si je te tourne le dos quand je dors. Il dit Oh là là je suis trop bien avec toi, je suis content que tu m'aies invité ce soir, merci vraiment. Et comme je lui fais remarquer que le plaisir est partagé et qu'il doit cesser de s'excuser d'être là comme s'il dérangeait parce que je kiffe moi aussi, il dit Oh là là, tu me fais rougir là, il désamorce Tu sais pas ce que c'est qu'un noir qui rougit hein, il réamorce Mais je manque de confiance en moi tu sais. Lui aussi est fait d'un alliage curieux d'aplomb et de retenue. Après 3 petites heures de sommeil, nous buvons un thé sur le canapé tandis que mademoiselle A, sur mes genoux, biberonne. Je te déconseille de niquer toute la nuit à la veille de mener une série d'entretiens de recrutement, tu aurais, face à des candidats concentrés à l'extrême, des images mentales intempestives et des contractions involontaires de diverses parties de ton anatomie (sans parler des courbatures).

Réaction de mademoiselle A à la présence d'un inconnu au moment du petit déjeuner où rituellement sa mère se consacre toute à elle alors que là vachement moins hein.
Avec E. : elle lui fait un bisou sonore sur la bouche et il s'en émeut.
Avec l'homme-au-nyme : elle le montre du doigt en criant Papa, papa ! et il s'en émeut.

Réaction personnelle globale : tiens tiens un triangle.

vendredi 30 mars 2012

♫ And your life you like it well, but surely your time will come, as in heaven, as in hell ♫

Après un silence radio total lundi (le lundi, c'est reprise, le lundi tu dégrises, le lundi ça défrise), je relance mardi entre midi et deux.

Mardi 27 mars  
12h43 Je me suis fait squeezer ma pause déjeuner au soleil (sur laquelle je fantasmais pourtant depuis longtemps bordel) pour cause de réunion de crise, trop injuste ! J'en suis réduite à manger un sandwich en 10 mn avant la suite des réjouissances...(j'ai une malédiction avec les programmes. Par exemple si je prévois d"aller au cinéma le matin de ma nocturne mensuelle, bim mademoiselle A tombe malade et au lieu de la confier à l'assistante maternelle et d'avoir du vrai temps libre avant le taff, je suis coincée toute la journée avec elle. Et si, admettons, mademoiselle A y met un peu de bonne volonté, bim c'est le cumulus qui déconne et je passe la matinée à attendre le plombier) Des pensées pour toi, en espérant que les up chassent les down (cf un précédent épisode). Je t'embrasse.
12h51 Bonjour toi, merci pour ces pensées et du coup je me demande quel genre de crise peut secouer [ton lieu de travail] poussiéreux, (c'est sûr qu'on n'en est pas à désamorcer des bombes, on donne plutôt dans la relecture de documents de communication externe, avec prise de tête sur les nuances et le choix du vocabulaire, en évitant si possible la langue de bois et la publicité mensongère tout en s'autorisant quelques flous artistiques) tu me raconteras. J'essaie de ne plus me laisser avoir par les up and down, je suis pas un lofteur après tout. Bonne journée tout de même et bon courage pour la réu. Je suis chez ma grand-mère pour le déj (tu sais que ça m'attendrit qu'il ait une grand-mère et qu'il aille manger chez elle ?) (moi aussi j'ai une grand-mère) (mais elle est pas libre) et je travaille cette nuit. À bientôt et bonne chance pour retrouver la référence culturelle cachée dans ce message.(j'ai bien compris que ça avait un rapport avec le loft mais pas plus) Je t'embrasse aussi

Après une journée de travail pour moi et de récup, j'imagine, pour lui, il relance à son tour.

Mercredi 28 mars 
18h13 Coucou toi, une petite pensée avant d'aller m'enfermer dans la salle de sport souterraine (il pratique un art martial dont j'ignorais l'existence), profite bien de ce super temps et passe une bonne soirée, je t'embrasse 
20h25 Salut Titus ! (oh là là, ça va pas ce pseudo, t'as pas une idée toi ?) soirée un peu difficile avec ma fille (mademoiselle A veut vider la terre des carrés de plantations, mademoiselle A veut manger les gravillons de l'allée centrale, mademoiselle A dépouille les enfants de leurs jouets car je ne pense jamais à lui en amener pour la sortie vespérale (méthode infaillible une fois que mademoiselle A s'est attribuée d'autorité un objet ou l'autre : non mademoiselle A, laisse ce ballon, il est à la petite fille, allez tu lui rends, c'est son jouet, toi t'en as pas des jouets (oh ça va on peut rigoler quand même) et hop la maman à sa petite fille : laisse ton ballon au bébé, allez tu lui prêtes) mademoiselle A veut marcher seule sur le pont au risque de tomber à l'eau, mademoiselle A n'a pas envie de prendre son bain, mademoiselle A rit et pleure en même temps, mademoiselle A est fatiguée (sa mère, n'en parlons pas)) mais ça y est elle dort et j'ai enfin un peu de temps pour moi (je vais manger japonais quoi). J'espère que la séance de sport a été bonne ! Je te souhaite une bonne soirée et je t'embrasse. 
20h30 Très bonne séance même si j'étais un peu en jet lag (tu m'étonnes, après une nuit de taff, enchaîner sur un sport de combat...), surtout les pompes sur les doigts (c'est pour que j'imagine son corps musclé tu crois ?)(je sais pas je demande, des fois qu'il y ait moyen d'orienter le débat) c'est pas top. Repose-toi maintenant, demain est un autre jour. Je t'embrasse, bonne nuit.

D'où il ressort qu'on pense pas mal l'un à l'autre en s'embrassant beaucoup. On me disait pas plus tard que samedi Celui-là il va tomber amoureux de toi. Je suis sans opinion sur ses éventuels sentiments. Mais quoi qu'il en soit, la montée se fait un peu en faux plat quand même, tu trouves pas ?

lundi 12 mars 2012

♫ Pour faire des vieux os, faut y aller mollo ♫

J'avais oublié la sensation de totale liberté que tu vis au quotidien sans en avoir forcément conscience si tu es un adulte dont personne ne dépend. Pas la petite interruption des programmes pendant la sieste de bébé mais bien 24 heures consécutives sans mademoiselle A. Ce n'était pas arrivé depuis plus d'un an (et je ne compte pas la période in utero). L'homme qui sent bon étant de passage à la maison vendredi pour nos affaires de chemins de fer, il a fait la connaissance de la chère enfant à sa sortie du bain.

L'homme qui sent bon : Alors ? tu vas dormir chez ton papa demain ? (il entame le dialogue du point de vue de ses intérêts propres, ça paraît logique)
Mademoiselle A : Papa ! Papa ! Papa ! (mademoiselle A fait des bonds dès qu'il s'agit de son père, le manque crée l'envie)

C'est ainsi que nous nous retrouvâmes le lendemain, dans mon lit et non à l'hôtel, victoire. Les chemins de fer provoquent parfois des descentes un peu abruptes mais l'homme qui sent bon te serre dans ses bras et fait diversion : Quel est ton réalisateur préféré ? Moi c'est Tarantino. Quel est ton chanteur préféré ? Et devine quelle est mon équipe de foot préférée ? Trop facile, Manchester. L'homme qui sent bon est content, non seulement que je me souvienne de ses goûts footballistiques mais surtout que nous discutions car il me reproche parfois de ne m'en tenir qu'au sexe. Parti vers 14h, il me restait 4 bonnes heures avant le retour de mademoiselle A, temps que j'ai mis à profit non pas pour faire toutes les choses que je n'ai jamais le temps de faire mais bien au contraire pour ne rien faire du tout. Rien. Ni plier les bodies (sous-vêtements pour bébé, avec trois pressions à l'entrejambe permettant un changement de couche facile), ni préparer la soupe de légumes, ni nettoyer le biberon, ni empiler les cubes, ni m'occuper de mon hygiène (ma principale activité d'intérieur extra-mademoiselle A), non, rien de rien de rien.

Glander sur mon canapé, seule, mais c'est ça le bonheur putain. J'avais oublié.

mercredi 7 mars 2012

♫ Aux adieux qui quelquefois se passent un peu trop bien ♫

Mademoiselle A a récemment pris son goûter chez son père, je crois qu'on progresse. Pendant qu'elle avalait les cuillerées de compote à la myrtille qu'il lui tendait, la radio diffusait un vieux machin de Joe Dassin ♫ On s'est aimé comme on se quitte ♫ Ça m'a fait sourire. Prochaine étape : une nuit complète pendant que maman s'envoie en l'air à domicile ? Vous le saurez en lisant la suite de nos palpitantes aventures.

L'homme qui sent bon a judicieusement commenté : quand on pourra aller chez toi, on investira l'argent de la chambre dans les chemins de fer (en effet une nuit à l'hôtel équivaut à un gramme de cocaïne). Pendant que la télévision diffusait le clip d'un tube d'Adele - ♫ Someone like you ♫ - et qu'il me faisait part de son goût prononcé pour cette chanson (nous baisons en musique et ça sert de source lumineuse tamisée, tu sauras tout), je me concentrais sur nos corps et sur ce qu'ils se faisaient l'un à l'autre pour n'associer cette musique qu'à un moment de sexe et ne surtout pas y trouver de résonances plus personnelles genre rupture sentimentale tu vois (ça a très bien marché). Cette fois-là nous n'avions pas de chemins de fer et quasiment pas bu d'alcool. Après le premier round nous avons partagé une cigarette avant de se pelotonner sous les draps en se caressant gentiment jusqu'à endormissement. Un peu comme un vieux couple...Ne serait-il donc pas temps d'explorer chair plus fraîche ? Ça tombe bien, l'éphèbe à la peau mate envoie du SMS.

Salut Ada, c'est l'éphèbe à la peau mate, j'espère que tu vas bien. J'ai hâte de te revoir, donc si t'as un moment durant la soirée, envoie-moi un SMS et je passerai te voir.(nous avons assez peu parlé avec ce jeune homme, il ne connaît pas encore l'existence de mademoiselle A) Je te fais plein de bisous.
Salut éphèbe à la peau mate, en semaine c'est chaud pour se voir mais je vais sûrement passer sur la piste de danse samedi, je t'embrasse. 
Ce week-end je pense pas aller sur la piste de danse. Mais ce que je souhaite c'est passer une soirée en tête-à-tête avec toi, et quand je te vois sur la piste de danse, tu te sauves toujours à la moitié de la soirée.(c'est vrai, en général je m'esquive avec l'homme qui sent bon et le jour où ce dernier était absent, pas de pot, je n'étais moi-même pas au mieux de ma forme et j'ai préféré rentrer seule)
On peut se voir en tête-à-tête mais je ne peux que le samedi. 
Ok, bah réserve-moi ta soirée entière car je pense qu'on a plein de choses à se dire et moi j'ai plein de choses à te faire. (un peu prétentieux le jeune homme non ?) Bisous partout ma beauté. 
Salut Ada, c'est l'éphèbe à la peau mate de la piste de danse (mais pourquoi ce besoin permanent de contextualiser ? c'est bon je t'ai bien repéré maintenant) J'espère que tout se passe bien et que tu es toujours aussi jolie (bon alors là évidemment ça fait plaisir mais c'est toujours quand j'ai une image de moi plutôt dégradée (post-partum l'animal est mal en point quand même) que j'attire ce genre de compliments. Par exemple l'homme qui sent bon ne cesse de dire J'adore ton corps, va comprendre)  La première fois qu'on s'est vu, tu as fait le premier pas, tu m'as attiré et pris mon numéro (alors là non, pas exactement, rétablissons la vérité historique : sur la piste de danse un jeune homme s'avance vers moi : Mon frère te trouve très belle (comme dans la cour de récréation). Réaction mentale : qui ça, le bébé là ? (sans déconner j'ai l'impression qu'il est mineur) Réaction visible : je vais danser plus près de lui et oui, au final je prends son numéro) Et maintenant à moi de faire le deuxième (l'éphèbe à la peau mate construit ses sms en 2 parties, très scolairement, c'est beau) C'est quand que je dodo en ta compagnie ? car j'en ai grave envie et je pense que toi aussi.(mais qu'est-ce qu'ils ont tous à vouloir dormir ?)

lundi 16 janvier 2012

♫ La femme des uns sous le corps des autres a des soupirs de volupté ♫

L'homme qui sent bon a peur qu'on s'attache.

Le week-end dernier, pour la première fois depuis que le père de mademoiselle A et moi somme séparés, je n'ai pas ressenti la nécessité urgente de me (et me faire) défoncer. Drogue et baise étaient devenues mes seules activités de loisir mais je savais que ce n'était qu'un passage destiné à supporter la douleur. Il semble que ça fasse un peu moins mal. Or donc j'avais décidé de passer l'intégralité de mon repos de fin de semaine en tête-à-tête avec mademoiselle A. Nous vaquâmes chacune à nos occupations (à savoir : moi je lis ; elle, elle retourne méthodiquement l'appart) et nous retrouvâmes par moments autour d'une compote de pommes ou d'un jeu développant la motricité fine, voire devant le clip top délire de la mère Michel qui a perdu son chat.

Le soir je reçus un message de l'homme qui sent bon, m'informant qu'il était de sortie et disponible. Message auquel je ne répondis pas et qui fut suivi, dès le lendemain, d'un autre : Ada, c'est l'homme qui sent bon, je sais que je t'ai soulée mais j'ai envie de te voir, tu me manques, voilà, j'ai envie de te voir, dis-moi quel jour on pourra se voir. Passant sur l'interprétation hâtive de mon silence, je me dis en souriant que tout de même, ces mecs, qu'est-ce qu'ils vont pas inventer quand ils ont envie de baiser...Je répondis alors, magnanime (ah ben si, je trouve) que je tenterai une sortie le samedi suivant, à quoi il rétorqua : Je serai là pour toi Ada.

Le soir venu, on se retrouve vite fait sur la piste de danse et on s'esquive à l'hôtel car mine de rien un mois s'est écoulé depuis la dernière rencontre et on est content de se retrouver. Et là entre deux trucs et trois machins, il me dit comme ça qu'il a peur qu'on s'attache. Plus tard, chez moi, après avoir croisé le regard curieux et un peu inquiet du père de mademoiselle A (alors avant de le plaindre, le pauvre homme qui voit son ex revenir d'une nuit de baise torride, avant de le plaindre, dis-toi bien qu'il a une copine, lui, et calme-toi tout de suite) alors que je suis au fond de mon lit, tentant de grapiller une ou deux heures de sommeil après cette nuit blanche, je l'entends qui prépare mademoiselle A pour la promenade. Précisons que celle-ci a reçu pour Noël une magnifique combinaison qui tient chaud des pieds à la tête. Dialogue :
Mademoiselle A : ...
Son père : Oui tu as l'air perplexe...
Mademoiselle A : Babababa dadada
Son père : Mais moi aussi je sais bien te l'enfiler.
Mademoiselle A : ...
Son père : Moi aussi je vais bien te la mettre.
Je ne sais pourquoi j'ai eu l'impression que ces paroles n'étaient rien d'autre que l'expression d'une puissance virile à moi adressée. J'ai ainsi constaté que je ramenais tout au cul, un peu à la façon dont j'ai rassuré l'homme qui sent bon en lui rappelant quel avait été mon soulagement d'apprendre qu'il était marié, si ça c'est pas la preuve quand même.

lundi 10 octobre 2011

♫ Now I'm ready to feel your hands and lose my heart on the burning sands ♫

Le couple survit-il à l'enfant ? J'ai d'autant moins de réponse qu'actuellement nous sommes en plein work in progress (WIP), formule bien commode pour faire passer une crise conjugale en sujet artistico-littéraire de blog, magie de l'Internet. Méfie-toi tout de même de ce faux ami car de progrès en tant que tel je n'en vois guère venir. Si le couple reste ouvert pendant les travaux, le WIP n'en risque pas moins de muter en RIP, ce serait la fin et donc le début. Mais de quoi ? (quel teasing de folie)

(et si tu te dis que j'emploie trop d'expressions et sigles anglos-saxons, tu te fourvoies, RIP doit s'entendre comme Requiescat in pace, alors tu vois bien)

L'enfant, non content de modifier radicalement ta représentation du monde, ton rapport à la vie, à la mort et à la lecture pour ne citer que l'essentiel (tu noteras que je ne parle même pas du sommeil), l'enfant, dont la venue et le développement redistribuent la part de l'important et du dérisoire (au bénéfice de ce dernier), l'enfant, qu'il ne faudrait donc pas non plus accuser de tous les maux, présente l'insigne avantage d'empêcher le couple d'avoir des activités de loisir communes. Ce qui n'est pas du tout avantageux si ton compagnon est aussi ton binôme à la contrée. Ce qui l'est beaucoup plus si tu aimes à sortir entre amis et plus si affinités.

Je commençais à penser que j'allais refiler la rhinopharyngite héritée de mademoiselle A (oxymore ?) à un nombre conséquent de personnes de sexe masculin, à force de baisers mouillés (oui ben mon couple est en crise, je suis fragile, j'ai besoin de réconfort), quand il est apparu en bordure de piste. Avec son sourire canaille et son regard grivois, comme cette première fois où le temps n'avait rien permis. Il m'ouvrait les bras, sûr qu'un élan naturel me porterait vers lui et j'ai pu vérifier qu'il n'avait heureusement pas changé d'eau de toilette. Il a dit Danse avec moi, on va exciter tout le monde. J'ai voulu ajouter Nous les premiers mais j'étais trop occupée à le renifler discrètement (et à penser que comme entrée en matière c'était vachement mieux que celui qui avait annoncé tout de go Je voulais passer le concours d'éboueur mais c'est trop difficile) (pas de rhino pour la peine) ( j'entends par là : si t'es pas hyper canon, essaye de mettre en valeur ton intelligence tant qu'à faire). Il a dit J'ai une femme. J'ai répondu Tu ne peux pas savoir comme ça me rassure. Il a dit des choses qui m'ont fait rire et d'autres que la pudeur me force à taire (et que j'ai oubliées oui bon ok ça va). Magie de l'alcool. C'était sensuel et animal. Il a dit Je t'appelle alors ?

Ça a l'air si simple. Mais j'ai envie de dire c'est quand qu'on va où ? Il ne t'a sans doute pas échappé qu'à la trentaine bien tassée, après la période adulescente de célibat et avant le divorce de la seconde moitié de vie, la tendance est à la vie en couple. C'est mon cas (jusqu'à preuve du contraire), c'est le cas de mes amants. Et ça n'est pas sans poser, de façon récurrente, des problèmes logistiques, étant entendu que les relations extra-conjugales doivent avoir lieu ailleurs que sous le toît commun. Du coup je m'interroge : la décohabitation serait-elle la solution ?

Du suspens encore et toujours.

lundi 26 septembre 2011

♫ And if you have a minute why don't we go talk about it somewhere only we know ♫

Un peu comme tout le monde et plus particulièrement comme le silex, monamour est biface.

Éclatant de rire en pleine lecture silencieuse, il répondra à ton regard interrogateur : Non rien c'est Epictète qui me fait marrer (tu me diras moi c'est Proust, chacun son genre). Par ailleurs il est capable de jugement aussi réducteur que : Finalement Le combat ordinaire (chef d'oeuvre de Manu Larcenet, ndlr), c'est rien d'autre que l'histoire d'un angoissé de la classe moyenne.

En même temps tu peux pas reprocher aux gens d'aimer les choses pour de mauvaises raisons (cf mademoiselle A qui, à la tête d'un vaste troupeau constitué notamment d'un chameau de Tamanrasset, d'un livre-tortue et d'une grosse vache, s'intéresse avant tout à leurs étiquettes de lavage).

Tu peux même pas reprocher aux gens de ne pas aimer, car ça ne se commande pas ces choses-là (cf Fred Vargas, Critique de l'anxiété pure, le passage sur les bleus, les rouges et les violets).

Alors monamour, dans son trip Janus, dit d'une part :
Je veux vieillir avec toi
et d'autre part :
Je veux qu'on décohabite.

Le suspens est à son comble.

vendredi 29 avril 2011

♫ Je ne voudrais pas refaire le chemin à l'envers ♫

Un bébé, ça s'éveille chaque jour un peu plus et c'est tout à fait charmant. Après être tombée en amour du paravent de la chambre parentale (alias son confident le paravent), des spots du salon (alias ses potes les spots) et des jeux d'ombre et de lumière sur la paroi de son landau (alias mais qu'est-ce qu'elle peut bien mater avec ce regard extatique ??), mademoiselle A gratifie maintenant ses parents de grands sourires édentés.

Quand je dis "ça s'éveille", c'est aussi au sens littéral, ce qui laisse beaucoup moins de temps en journée pour vaquer. Là par exemple j'avais bien envie d'être un peu tranquille mais elle avait décidé que je devais la prendre dans mes bras tout en me déplaçant (ah ben oui, des fois tu crois que tu vas pouvoir la bercer gentiment en lisant le journal sur Internet, eh ben non, tu te bouges les fesses ok ?). Alors musique maestro je me dis tant qu'à faire. Je commence à lui chanter Du côté de chez Swann (je ne sais pas pourquoi il ne me vient que de la variété préhistorique dans ces cas-là) et réalisant que je ne connais que le refrain et que ça risque d'être un peu court jeune homme, j'envoie Deezer en suivant les paroles sur un site quelconque (karaoké fait maison). Et puis une chose en entraînant une autre, on se retrouve, moi à vocaliser sur Vanina ah ah ah, ah ah ah ah...et elle à excessivement kiffer (elle n'a apparemment pas l'oreille absolue) (ou elle aime vraiment beaucoup sa mère) (ou elle a des goûts de chiottes), du coup je me dis attends, on peut pas en rester là, on va s'envoyer du bon à un moment quand même, c'est parti pour Je t'emmène au vent. Je me donne à fond et là elle s'endort, va comprendre. Donc je la remise dans sa chambre et normalement on dispose d'une demi-heure, estimation basse.

Alors évidemment au moment où j'écris ça, je l'entends protester, j'enfourne la tétine pour faire taire la charmante enfant (qui va me laisser terminer cet article maintenant que j'ai commencé nom de dieu) et elle fait les yeux doux à son tour de lit (je crois qu'il y a quelque chose entre elle et le petit chien dans la voiture rouge).

Si tu veux bien on va parler un peu de moi maintenant. Parce que moi camarade, figure-toi que suite à la fabrication suivie de l'expulsion de mademoiselle A, je fais de la rééducation périnéale, parfaitement. Avec un représentant de la première entreprise de France, qui loin d'utiliser une sonde préfère travailler manuellement : nos séances commencent généralement par un Bonjour, ça va ? après quoi je m'allonge et sans plus de manière, l'artisan en question m'introduit deux doigts qu'il bouge avec dextérité, forcément, par ici ou bien par là selon le côté du muscle qu'il entend solliciter. Au début on se sent pas hyper à l'aise mais à force on s'habitue et finalement on y prend goût (ça t'excite hein) (alors tu te calmes parce que c'est une femme je te signale) (j'étais sûre que ça t'exciterait encore plus). C'est surtout que si je peux éviter de me pisser dessus dans quelques années, j'aime autant (la ménopause suffira, on va pas en rajouter).

L'autre jour j'en sortais en sifflotant, un peu de soulagement, un peu parce qu'il faisait beau, et je répétais dans ma tête les exercices qu'il faudrait réaliser à la maison (les portes battantes, dites aussi côté-côté, la pince de fête foraine et le pont-levis) (c'est très sexuel comme tu vois), tout en pénétrant dans le supermarché devant lequel s'activaient nos amis du samu, aux prises avec la victime d'un arrêt cardiaque. De la foule des badauds je surpris une voix pleine de regrets C'est madame Machin, on l'a bien connue, enfin on la connaît bien, ce qui laissait entendre à la fois que l'espoir de survie était mince et qu'on l'enterrait un peu vite. Plus tard, tandis que je composais mon code à l'abri des regards, la caissière se lamentait Vous vous rendez compte, elle est passée à ma caisse y a pas une demi-heure, elle était là, à votre place, ce qui cette fois me fit penser qu'aussi incroyable que ça puisse paraître, juste avant de mourir on est encore vivant. J'ai contracté le périnée pour m'en assurer. Tout allait bien.

mardi 5 avril 2011

Inactivité de plein air

Lundi 21 mars, dans un parc de l'Est parisien. Je pousse le landau quand un monsieur d'un âge certain se penche vers mademoiselle A. J'ai l'habitude. Autant quand tu prends le soleil en tenue légère, un des jeunes de la bande d'à côté vient te proposer une bière ou te demande ce que tu lis de beau, autant quand tu promènes bébé les vieux te parlent...Ce monsieur d'un âge certain équipé d'une prothèse auditive se penche donc sur le landau, classiquement le trouve si mignon (pas le landau hein) (quoique, il est pas mal dans son genre) et demande si c'est un garçon ou une fille. Puis son âge. Il s'extasie à nouveau sur le petit mammifère : Oh mais elle est encore toute petite alors ! et il termine par : Et maintenant je vous dis Mazel tov ! Je suis sûr que vous ne savez pas ce que ça veut dire Mazel tov. C'est là que l'expérience joue à plein car, pour lui faire plaisir, je feins d'ignorer le sens de cette expression qu'il se fait une joie de traduire avant que chacun poursuive sa route de son côté.

Ouvrons ici, si tu le veux bien, une parenthèse (et intitulons-la Observation du vieux en milieu urbain arboré, espace vert et paysage lacustre. Le vieux est en effet un sujet d'actualité (tu méditeras le paradoxe). Sache tout d'abord que le vieux est plus souvent une vieille, lois de l'espérance de vie obligent. Elle se déplace lentement parce qu'elle est usée, qu'elle a tout son temps et surtout parce qu'elle est à la recherche d'un banc non pas vide (ce en quoi vos aspirations divergent) mais le plus occupé possible. Attention toutefois : alors même que son chemin est jonché de bancs investis par des troupeaux de vieux, sa prédilection ira toujours vers les générations intermédiaires (à savoir toi, trop la chance) promesses d'un peu de fraîcheur dans la monotonie ambiante. La vieille se plante un moment devant toi (elle jauge ton potentiel) (tu es accompagné d'un enfant ? Ton score est multiplié par dix) avant de s'installer tout près sans respecter les distances de sécurité. Et là, contrairement aux chiens quand tu veux leur faire croire que t'as pas peur afin qu'ils oublient de te mordre, il ne faut surtout pas la regarder dans les yeux sinon c'est foutu, te voilà harponné pour une durée indéterminée, au point que tu en viens à envoyer des signaux télépathiques à mademoiselle A, qu'elle fasse diversion en se mettant à chouiner par exemple, mais tu parles, merci la collaboration. Il est hélas assez mal vu de ne pas répondre ou d'esquiver vite fait car, c'est bien connu, si tu es au parc en plein après-midi avec un enfant, c'est que tu n'as rien de mieux à foutre que de créer du lien social avec les troisième et quatrième âges. Tu devrais même t'estimer heureux et rester poli s'il te plaît. Par exemple lorsqu'une vieille dame s'exclame, tournée vers mademoiselle A : Mais qu'il est joli ce bébé ! Il est mignon tout plein tout plein ce joli bébé ! Puis vers toi : Il doit se demander qui c'est cette vieille folle qui lui parle, il est déconseillé de répondre : A vrai dire, y a pas que le bébé qui se demande. Mais fermons la parenthèse)

Lundi 4 avril. Hier quoi (non parce que du coup je suis plus trop sûre). Je pousse le landau dans ce fameux parc de l'Est parisien quand apparaît dans mon champ de vision le monsieur d'un âge certain équipé d'une prothèse auditive.
Lui : Qu'est-ce que c'est mignon les bébés ! C'est une fille ?
Moi : Oui c'est une fille.
Lui : Ah ! j'ai trouvé du premier coup !
Moi : (oui mais bon c'est un peu facile quand on sait déjà hein...) (mais admettons qu'il ait oublié) Bravo ! (il faut encourager le vieux et souligner ses réussites car trouvant satisfaction, il a tendance à te lâcher la grappe plus rapidement)
Lui : Elle a quel âge ?
Moi : (disons que la question est recevable dans la mesure où ça change tout le temps) Un peu plus d'un mois.
Lui : Oh mais elle est encore toute petite alors !
Moi : (légèrement moins que la dernière fois quoi) ...
Lui : Et maintenant je vous dis Mazel tov ! Je suis sûr que vous ne savez pas ce que ça veut dire Mazel tov.

Déjà que mes journées sont scandées par des tâches répétitives (changement de couche, tétée, mise au lit, changement de couche, tétée, tapis d'éveil, changement de couche, tétée, promenade, bain, tétée, mise au lit, j'en passe mais tu vois l'esprit), depuis ce dialogue pas vraiment inédit , je me demande si je suis pas Bill Murray dans Groundhog day...

mardi 29 mars 2011

♫ Time may change me but I can't trace time ♫

On m'avait dit : Tu ne peux pas comprendre, tu n'as pas encore d'enfant. On m'avait dit : Tu verras, quand tu auras un enfant plus rien ne sera comme avant. Avoir un enfant serait donc une expérience unique, qu'on ne peut partager qu'avec ceux qui sont passés par là, ceux qui savent (sourire entendu), un peu comme les camps de concentration ou la psychanalyse. Moi tu me connais j'ai tendance à dire non mais oh et puis quoi encore (ce qui signifie approximativement : c'est quand même pas un gosse qui va faire la loi). En réalité y a quand même deux trois trucs qui ont changé.

Le sommeil. Quoique ce soit légèrement biaisé car j'ai commencé à mal dormir, par tranches de 3-4 heures, deux bons mois avant l'accouchement. Selon une théorie d'origine inconnue la femme en fin de grossesse se prépare à morceler son temps de sommeil en vue de l'arrivée du nourrisson qui réclamera sa pitance à intervalles rapprochés. Franchement j'en sais rien. Les théories c'est pas hyper pratique. Ce que je sais en revanche c'est que depuis l'arrivée de mademoiselle A, quand je dors 6 heures d'affilée j'ai l'impression d'avoir fait la grasse mat. Et quand elle se met à dormir de minuit à 7 heures sans interruption (elle ne renouvèle pas encore l'exploit tous les jours mais crois-moi que je l'y encourage de toutes mes forces), quand donc elle fait une vraie nuit, je suis réveillée avant elle.
Pour mémoire je suis la fille qui arrivait au taff aux alentours de midi hein...

L'alcool. Là encore c'est biaisé car durant 9 mois la seule boisson alcoolisée que je me suis autorisée c'est le champagne à doses homéopathiques. Maintenant deux bières et une coupette et tu le crois que le lendemain je suis limite en gueule de bois ?
Pour mémoire je suis la fille qui passait sa vie au bar hein...

Le parc. Pas un jour sans que mademoiselle A et moi-même ne sortions en promenade au parc, elle en pleine sieste ou au contraire yeux grands ouverts, découvrant la sensation du soleil sur la peau et le chant des oiseaux (et accessoirement le bruit du marteau piqueur) (Paris est une fête, Paris est une fête, Paris est un chantier oui), et moi poussant le landau dans les côtes en guise d'exercice physique (crois-moi que c'est du sport avec tout l'attirail qu'il faut déplacer en même temps que le bébé pour parer à toute éventualité).
Pour mémoire je suis la fille dont la préoccupation majeure consistait à parfaire son bronzage dans ledit parc hein...

La lecture. Depuis que mademoiselle A est née, je suis toujours sur le même livre. Il est gros certes mais ça fait quand même un bon mois que je l'ai entamé. Pire (ça me coûte d'avouer une horreur pareille mais je te dois la vérité) : je ne lis pas tous les jours.
Pour mémoire je suis la fille qui lisait un livre par jour hein...

HEUREUSEMENT, dans ce monde en mutation, j'ai UN repère stable auquel me référer, un point d'attache qui n'a pas été balayé par l'arrivée de cet enfant bordel et auquel je m'accroche comme un machin à sa machine : enceinte jusqu'aux yeux ou jeune maman (jeune oui jeune, un problème ?), mon gynéco, ce brave homme (ah ça il sait y faire) continue de m'appeler, le ciel le lui rendra, ma petite demoiselle.
Et le fait que j'aille le voir pour des séances de rééducation périnéale n'a pas à être signalé hein.

mardi 22 mars 2011

♫ And I find it kind of funny, I find it kind of sad ♫

Lorsque l'enfant paraît, tout un tas de gens que tu apprécies plus ou moins trouve tout naturel de taper l'incrust. Bien sûr c'est réjouissant, le champagne coule à flots et tu es fier de présenter ta dernière création. Mais à la fin il faut passer l'aspirateur et faire la vaisselle. Sans compter les réflexions agréables qui, oui on sait, partent toujours de bonnes intentions (de celles dont l'enfer est pavé). Tous les exemples ci-après, positifs comme négatifs, sont tirés d'une expérience vécue, toute ressemblance avec la réalité n'est donc pas fortuite du tout.

J + 1 (à la maternité donc), tu as accouché il y a moins de 24 heures et tu n'as pas dormi depuis plus de 48 (tu as cru impressionner la sage-femme avec ce score mais, complètement blasée, elle s'est contenté de te signaler que toutes les parturientes enchaînent les heures de veille, ça n'a rien d'exceptionnel, tu peux remballer le Guinness World Records) : Eh bien maintenant il ne te reste plus qu'à retrouver la ligne. Car il faut savoir qu'une fois que tu as mis bas, tu as toujours l'air enceinte, merci de le souligner, on n'avait pas remarqué...A cette réflexion fort peu appropriée (à ce stade, ton corps tu t'en fous, tu n'as d'yeux que pour la merveille que tu as engendrée), on préfèrera le réconfortant : Tiens, je t'ai amené un demi-kilo de Jeff de Bruges, profite bien de ces douceurs chocolatées (pour une fois que c'est pas un cadeau pour le bébé, crois-moi que j'en profite oh que oui).

J + 3, retour à la maison, tu as l'enfant dans les bras et tu le couvres de baiser. Ah ben tu vas avoir du mal à reprendre le travail toi. Ici tu as le choix entre te laisser complètement aller (genre : mais pauvre conne je t'emmerde toi et ton travail, espèce de vieille dégénérée puante) (bon in petto ok) et te maîtriser complètement (genre faire comme si tu n'avais pas entendu). On préfèrera cent fois le débrouillard : Tu sais que tu as droit à un congé maladie post-natal qui peut durer jusqu'à un mois, tu devrais te renseigner, d'autant que tu n'as pas eu un accouchement facile.

J + je sais plus. L'enfant pleure fort, il vient d'être nourri, il est langé de frais, tu ne sais donc pas trop ce qu'il veut exprimer mais tu essayes tant bien que mal de le consoler. Il faut les laisser pleurer les bébés, ils en ont besoin, ça leur fait du bien (j'ai envie de dire : il faut les euthanasier les imbéciles comme toi, ça NOUS ferait du bien). On préfèrera mille fois le psychologue : Surtout n'écoute pas les conseils que chacun va s'empresser de te donner (oui parce que sous prétexte qu'ils se sont reproduits une ou plusieurs fois (y compris, et peut-être surtout, lorsque ça date de plus d'un quart de siècle), les gens se croient compétents et pensent que ça les autorise à te polluer avec leurs méthodes éducatives de pointe), la meilleure façon de faire c'est comme tu le sens toi.

Et très récemment : Mais c'est quoi ces couteaux, c'est des couteaux pour la viande ça, c'est pas adapté là (oui alors bon, déjà qu'on te nourrit, que si ça tenait qu'à moi, comment te dire, tu viendrais pas si souvent, parce que mine de rien ça fait déjà deux fois qu'on te voit cette semaine) (et puisque tu te manifestes hein, t'auras qu'à mettre le couvert la prochaine fois) (attends, j'ai dit prochaine fois moi ? non parce que c'est une erreur, entendons-nous bien) (connasse). On préfèrera ô combien le flatteur : Elles sont délicieuses ces lasagnes maison (t'entends connasse : maison, prends-en de la graine avec tes surgelés), je me resservirais volontiers.