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lundi 9 février 2009

♫ Encore une belle journée ♫

Comment tu veux que j'y arrive si tout se ligue contre moi ? (si vis pacem paranoïa)

Je lutte pour me lever tôt, c'est pas nouveau, regarde ici ou si tu veux. Mais là tu m'aurais vue...

Trois jours avant j'y pense et j'y repense, l'angoisse monte, la peur de pas réussir tu comprends. Alors la veille...non mais tu m'aurais vue (j'insiste). Je mets le couvert avant que monamour n'arrive, genre soir de fête où tout il est prêt pour recevoir les invités, sauf que y a ni convives ni petit plat mijoté (mais des crêpes quand même oh), oui donc je dresse la table en avance pour gagner du temps. Mais du temps sur quoi ? va savoir.

A 21h30 dents brossées, je suis sous la couette comme si le fait de se coucher tôt allongeait le temps de sommeil, mon dieu quel naïf tu fais. Quand t'as l'habitude de t'endormir passé minuit, je vois pas bien comment tu pourrais ronfler à 22h tapantes. Je suis sous la couette, la la la, comme on est bien sous sa couette à 21h30 et tout.

Bon et maintenant qu'est-ce qu'on fait ? Eh ben on continue la mission. Surtout, ne pas lire, malheureux, ça tient éveillé, c'est contraire à l'objectif. Regarde plutôt une belle merde à la télé. Les infos allez, en plus y a le président qui a parlé, voyons ce qu'ils en disent. Eh mais hé, ils en disent rien...Attends je change de chaîne...hé mais eux non plus ils disent rien. Au bout de la troisième chaîne d'infos en continu (perso j'appellerais plutôt ça des chaînes d'info en boucle mais bon), ça me revient, c'est pas aujourd'hui qu'il doit parler, c'est demain. Pour te dire que je suis pas en possession de tous mes moyens.

Zapping sur une émission présentée non pas par Nikos Kokaïnos (alias je parle du nez) mais l'autre là, Gendre-Luc Idéal (mâchoires serrées pour les intimes, mais tu fais ce que tu veux de tes sinus mon garçon). Un truc sur le développement durable si j'ai bien compris. Y avait un gars, il venait chez toi et il te disait : alors pour bien faire, vous prenez plus l'avion hein, une fois par an c'est trop, ça suffit les vacances, et puis vous faites vos yahourts vous-mêmes, ça fait moins d'emballage d'accord ? (mais bien sûr que je vais faire mes yahourts, bien sûr. J'en mange pas des yahourts, qu'est-ce que tu m'emmerdes !?)

Idéal comme somnifère.

Ne te réjouis pas trop vite quand même parce qu'en ce genre de circonstances je me réveille toutes les heures, au bas mot. Attends ce serait pas l'heure de se lever ? Ah non c'est vrai je viens à peine de m'endormir. Etc etc. Très reposant comme nuit. Un sommeil vraiment réparateur. Même pas le temps de rêver...

Et là c'est le drame. Au énième réveil intempestif, je regarde l'heure sur le téléphone portable : 11h36. Alors d'abord ça te fait comme un gros blanc dans la tête. Après tu te redresses dans le lit et tu hurles : Putain il est 11h36 !!! Monamour est toujours là, à côté, lui aussi il s'est fait avoir par le complot mondial de la bourre mâtiné de grasse matinée, mon dieu la menace s'étend, chaque jour de nouvelles victimes, jusqu'à quand pourra-t-on tenir ? la fin est-elle proche ? En même temps tu sais pas à quelle heure il était censé se lever lui, autant le laisser dormir, surtout qu'il a pas l'air de s'en faire, il sera bien temps de lui apprendre la triste vérité, préservons-le encore un peu, ce pauvre innocent qui ne se doute pas de l'ampleur du désastre.

Bon on se calme, cherchons confirmation sur un autre appareil, la boîte à Internet par exemple. Alors voyons voir what time it is, je suis curieuse de le savoir, quel suspens et tout. Mais sans trop se presser hein parce que foutu pour foutu...Tiens donc la boîte à Internet affiche 6h02. Eh ben je vais te dire, vu qu'il fait nuit (indice que, dans ta panique, tu as négligé. Tu pourrais faire preuve d'un peu plus de réflexion quand t'es réveillé comme ça au milieu de la nuit, c'est pourtant pas compliqué) j'aurais plutôt tendance à lui faire confiance. Bon alors il est 6h02, c'est cool, encore trois quarts d'heure à dormir, ouh la la comme c'est cool...Si ce n'est que l'affolement t'a complètement réveillé, pauvre de toi, tu danserais presque la java dis donc...

Non mais non hein, vas-y, profite du peu de temps qu'il te reste. Allez, rendors-toi. Rendors-toi je te dis. RENDORS-TOI BON SANG !!! Tu penses bien que si tu le prends sur ce ton, ça marche pas. Attends, vérifie d'abord que le portable est reparti du bon pied. Oui c'est bon, il est 6h30, il fonctionne, toi tu te lèves et t'es même en avance alors de quoi tu te plains ?

mardi 6 janvier 2009

♫ Turn around, I'm by the window where the light is ♫




Y a tous les amis, les meilleurs et les autres, qui me payent des coups, qui m'écoutent parler ou me taire.

Y a ceux qui téléphonent matin et soir, alors que parfois on s'est vu dans la journée, pour voir comment ça va depuis tout à l'heure, ah t'as une meilleure voix, allez t'inquiète pas, vas-y pleure un bon coup ça fait du bien, je te rappelle, bisous. Ça dure quoi, deux à trois minutes, juste pour dire on est là, et puis aussi parce qu'ils s'inquiètent. Je les aime bien ceux-là, je les aime bien, vraiment hein.

Mais bon. Quand ils appellent à midi et que je me suis couchée pas longtemps avant, comment te dire, non seulement j'ai la voix éraillée clopes-whisky mais en plus il faut faire genre que j'ai pas la gueule de bois, sinon, je viens de te le dire, ils s'inquiètent. Alors ça va bien maintenant d'accord ? on se calme et on me laisse dormir.

Y a le charmant charmeur chilien, qui se manifeste à pic avec des cadeaux ferroviaires et qui susurre dans un demi-sommeil oh pauvre marmotte mais je serai toujours là moi, ce qui déjà, permets-moi de te le faire remarquer, est faux. Ben oui l'éternité, tout ça, on va pas y revenir. Mais j'aime beaucoup. Après il dessine des nuages sur les murs de mon nouveau quartier, un ici, et un autre juste là, je les vois tous les jours si je veux, mais des fois j'oublie et ça me fait comme une surprise.

Y a mon ami de mail, qui me raconte un peu sa vie et je lui raconte un peu la mienne, on se marre bien même quand c'est pas trop drôle, car mon ami de mail est profondément drôle (et drôlement profond, ça n'empêche pas).

Et puis y a ceux qui viennent ici, autant dire toi quoi, c'est bien aimable et réconfortant.

Comme tu vois je suis bien entourée, ce qui fait que globalement ça va.

Dans le détail je lutte un peu. T'as qu'à voir cette note, franchement c'est flagrant que je lutte. Et il en va de même au taff. Le problème majeur étant de m'extraire du lit le matin. C'est pas nouveau mais là j'atteins des sommets, je suis trop fatiguée tout le temps.

Alors je te vois venir évidemment. Entre l'un qu'on couche dans une fosse, et moi qui fais une fausse couche, y a de quoi avoir du mal à se lever. Certes. Cependant, comme je n'ai pas l'intention de prendre un congé maladie ni des vacances (en tout cas pas tout de suite), il va bien falloir trouver une solution. D'aucuns pourraient pernicieusement insinuer que je bosse déjà à mi-temps vu mes horaires d'arrivée. Mais ceux-là je les emmerde, comme à l'accoutumée. Et je n'ai pas non plus l'intention de réellement passer à temps partiel, même avec un enfant, pour te dire que là y a vraiment aucune raison. Donc pas d'autre possibilité que de se lever le matin, on est bien d'accord.

Alors hier soir je rentre sous la neige, humeur très médiocre, un petit coup d'oeil au nuage dans le recoin, fugace sourire intérieur, attente de l'ascenseur trop longue pour éviter la discussion de bonne année avec la voisine, entrée dans l'appartement. J'hésite à me coucher direct. Ben oui hein, on peut toujours tenter le couchage anticipé. Finalement j'entame une guerre contre les Mongols, ça défoule, ça vide la tête...

Au moment où je me dis que j'ai la flemme de faire chauffer la bonne soupe de légumes bio (surgelée, attends, tu crois quand même pas que je la fais moi-même ?) mais que bon, va bien falloir, arrive Monamour. Pleine d'espoir sur la possibilité, pas d'une île puisque les vacances : voir plus haut, mais d'échapper à la corvée, je m'enquiers :
- T'as acheté quelque chose à manger ?
- J'avais envie qu'on tire les rois alors j'ai acheté une galette...(il est d'une logique implacable)
- ... (j'ai comme l'impression qu'on ne pourra pas échapper à la soupe)
- ...et du champagne et du foie gras
- Ah cool ! Mais pourquoi ?
- Parce que la galette ça se mange avec du champagne, et que le champagne ça se boit avec du foie gras (eh ouais o-bli-gé, c'est mathématique)

Forcément d'un coup la soirée prend une autre tournure, surtout qu'il m'a choisie comme reine, tu te rends compte ? quelle surprise totalement inattendue ! Mais avant il dit Hey mange pas tout le foie gras, il faut qu'il en reste un peu pour demain. Pour demain ? Et en quel honneur ? Comme ça tu pourras en prendre pour ton petit déjeuner. Cet homme sait trouver les mots pour me faire sortir du lit.

mercredi 21 novembre 2007

♫ Tu portes un tee-shirt tour Eiffel et tu rêves de Paris ♫

Les journées pourries, elles commencent tôt en général.

Je vais pas non plus te faire croire que je me lève aux aurores. Non bien sûr. En tout cas je me suis retrouvée dans la cuisine avec une grosse fatigue due à l'absorption de moult verres d'un excellent vin rouge, sans sulfite et donc sans mal de crâne consécutif, ce qui est déjà pas mal - mais la fatigue si : j'allume une plaque et je pose la casserole sur l'autre pendant que le voisin décide de percer des trous (plutôt gros les trous, à vue d'oreille). Résultat : la soupe est pas chaude et la migraine guette. Monamour gémit sous la couette à cause du rhum. T'as beau boire du vin sans sulfite, si tu mélanges hein, tu sais où ça mène. Mais si tu penses que j'ai le temps d'aller le câliner par imposition des mains, pff tu rêves. Parce qu'à ce moment-là, y a tout qui disjoncte. À force d'empirisme, il s'avère que le problème vient des plaques chauffantes, bon très bien, organisons un périmètre de sécurité en déroulant les banderoles jaunes Crime scene (hors réunion : après entretien téléphonique avec un camarade calé en la matière, il ne s'agirait pas d'un décès de fusible, car sinon les plaques ne fonctionneraient plus du tout, or si, mais 30 secondes maximum et après ça disjoncte. Diagnostic : y a un court-jus quelque part). Bref. Je vais pas me résigner à boire du jus de pommes quand même merde...c'est bon pour la femme enceinte qui nous rend parfois visite mais y a des limites : je sors les vieilles plaques de dépannage, au son exaspérant de la perceuse en folie. Monamour a enfoui sa tête sous plusieurs oreillers. En contribution positiviste je fais valoir que le voisin a le bon goût de s'activer un jour de semaine, à l'heure où la France laborieuse est en route pour gagner sa pitance.

Parlons-en tiens, vu qu'il est grand temps de se fringuer. En ces périodes de longue marche, je chausse les baskets (sac au dos garni des autres). La bonne idée que voilà. Y a pas à dire, je suis tellement sportive que les chaussures de sport, elles m'ont fait une ampoule à force de jamais les porter. Évidemment ce matin-là il n'y a plus de pansements. Puis la rue. Ah là là, la rue les jours de grève (que je soutiens soit dit en passant). Tu sais que souvent le Parisien est incapable de se repérer dans sa propre ville ? qu'il l'arpente plan en main en demandant sa route toutes les trois rues ? Tu sais que les flics font la circulation pour réguler le trafic piéton dans le métro ? Et comme ils ferment certaines sorties, dans quel objectif, va savoir, j'ai pas pris le temps de m'en informer...tu sais que t'as l'air d'un con à piétiner au sein du troupeau dans l'espoir de sortir de la ligne 14 ?

Il te reste le Vélib, certes, mais le Vélib éclopé. N'imagine pas une seule seconde qu'aux heures de pointe il pourra te revenir autre chose qu'un truc sans frein ou qui roule sur la jante. À moins bien sûr de faire comme mon collègue, à savoir, tandis que la ville dort encore, se lever aux aurores. Mais on t'a déjà dit que non.

vendredi 18 mai 2007

♫ Everyone loves the fun, everyone comes by ♫

J'ai tout fait comme tu m'as dit parce que, au cas où t'aurais pas compris, je pense que tu es de bon conseil et que tu as bien raison (je profite que tu fasses le pont, que tu prennes pas la grosse tête).

D'abord j'ai cru être sauvée et me passer de ton aide. Bonjour vous ! En absence de réponse de votre part, je tiens à savoir si vous souhaitez me revoir un jour ?! Excellente question, merci de l'avoir posée, la réponse est non (bon en fait j'en sais rien, enfin si, je suis pas contre, mais vu la conjoncture, vaut mieux s'abstenir que j'me dis, laissons du temps au temps, ça veut rien dire et en attendant le temps passe).

En fait, on a toujours besoin d'un plus petit que soi, ou d'un plus gros, ou d'un plus moche, c'est un truc exprès pour se consoler d'avoir besoin d'un autre, du coup tu lui trouves des défauts et t'as l'air moins con. Mais je parle pas forcément de toi hein, commence pas ta parano, après je sais plus où j'en suis, déjà que je vais avoir du mal à te raconter là...Donc j'en suis qu'à ce stade où la réponse cash est donnée, normalement ça devrait s'arrêter.

Si tu as froid jte réchaufferais, viens ! Mais il est bouché ou quoi ? Et sans transition. À aucun moment je n'ai parlé de température, je te promets, à aucun moment. Ou alors il est fou. Voilà, ça y est, je comprends tout, cet homme est fou. Il ne faut pas entrer dans son jeu, je fais comme si j'avais rien entendu et comme tu as été plusieurs à le suggérer. Silence radio.

Jé tjrs envie dte voir. Oui je crois que j'ai bien compris le message. Silence radio.

Mon envie de te voir passera, ne tinkiète pas...Avec le temps va tout s'en va...Prend soin dtoa ! Ah ben tu vois, ça marche comme sur des roulettes ta méthode de faire le mort, le gars a l'air de s'auto-réguler, il se fait une raison, c'est nickel chrome. Continuons à ne rien dire, je crois que c'est bon là.

Je suis avec ma ptite nièce, elle adore kan jlui dit Potchô ! Potchô ! Ça me fait penser à toi...Ça me passera...Oui bon, pour les besoins de la démonstration, je suis dans l'obligation de te dévoiler de grands pans de mon intimité mais on va pas s'attarder cent ans sur le fait que je fasse des risettes comme un nourrisson quand on me dit Potchô potchô. Merci bien. Non mais allez, arrête maintenant, t'es relou. Je reprends. Notons ici une petite rechute bien maîtrisée. C'est comme arrêter de fumer, plus on essaye, plus on a de chance d'y arriver. Il est sur la bonne voie. Je garde le silence.

Dans le métro qui me conduit chez l'analyste, il appelle. Je dis (comme tu peux le constater, je décroche. Je t'explique : je compte passer à la deuxième phase, celle du dialogue. C'est pas hyper logique, je sais, mais comprends-moi aussi, y a eu dialogue et prise de décision, puis il fait comme si de rien n'était (en me recontactant), alors moi aussi (en me taisant), mais au bout d'un moment faut revenir au dialogue, je vois pas tellement d'autres solutions, je vais pas le zapper à l'infini, faut qu'il arrête, et puis c'est toi qui me l'a conseillé je te rappelle), je dis : je ne t'entends pas, je suis dans le métro. Il dit : ok je te rappelle. Un dialogue de sourd un peu, en effet, ça se tient. En sortant de chez l'analyste je trouve sur mon répondeur une chanson ♫ Do you believe she said that, I said I hate myself and I want to die ♫, Cat Power pour ne pas la nommer, évidemment une chanson qu'on n'a pas du tout kiffée ensemble (il aurait choisi la danse des canards par exemple, l'effet n'aurait pas été le même. Bizarrement). Un SMS aussi : Jtinvite à boire une bière parce qu'il pleut et ça mouille ! Passons sur la relation de cause à effet, l'heure est aux explications dans le blanc des yeux.

Au bar en bas, devant une bière, je dis que c'est fini. C'est fini. On n'est plus ensemble. C'est fini. Comme on avait décidé. C'est fini. Voilà. Il dit qu'on peut rester amis. Ah mais oui, tout à fait, seulement est-il bien sûr que ce soit possible ? Moi je ne suis pas sûre. Il soupire. Au bout de plein de bières il dit : bon on y va ? en désignant son chez-lui. Je sais que je suis lourde mais je veux être claire. Oui oui, c'est bon, allez, tous en chemins de fer, et puis on va chez Diego quand y en a plus, et puis on retourne chez le charmant et moi je veux pas qu'on passe au pieu. Parce que je veux être fidèle (j'embraye en phase 3, dite du plan d'urgence) et que j'ai pas envie en plus, ça fait deux bonnes raisons. Et maintenant je rentre chez moi (il est 3 heures du mat, j'aurais jamais le temps de finir mon bouquin avec tout ça).

Si tu voulais me refaire mal, c'est fait. Non je voulais pas, mais personne veut faire du mal, personne, on n'est pas des sadiques. Seulement c'est comme ça. J'en reviens à la bonne vieille politique de l'autruche.

Si t'arrives à dormir, moi pas...Si tu m'envoies des SMS toute la nuit, c'est sûr que ça va pas être facile. Mais bon, je fais semblant.

Puis il appelle, comme quoi il aurait dû m'empêcher de partir et je suis tellement défoncée que je commets une erreur en disant : écoute maintenant on dort, on discutera demain. Mais il n'a pas l'air de relever, il s'énerve et il me raccroche au nez.

Tu na pas damour pr moi...Contrairement à moi. Tout ce ke ta cé ta me donner peur daimer ! Oui bon, n'oublie pas qu'il est très tard et qu'on est bien attaqué. Néanmoins le sens global m'apparaît et je m'endors vers 5 heures, très pratique pour arriver à l'heure au taff.

Le lendemain ça continue, y a pas de raison : Passe me voir en sortant du taf stp? Jve pas rester sur un goût amer avant de partir ! Jpars demain matin. Je réponds ok, mais je pourrais pas rester longtemps. Dans ma tête on se dit deux trois mots vite fait pour aplanir et fignoler le truc et tout le monde il est content.

Pour finir, c'est du grand n'importe quoi, c'est signé Ada. J'aurais peut-être pas dû y aller, j'en sais rien. Mais devant mon jus de tomates, toujours au bar en bas, je le regarde et j'ai un retour (pas du refoulé, non. Quoique...), un retour de quoi d'ailleurs ? De culpabilité de le laisser tomber mêlée de désir ? Bref ça s'embrase tu sais, comme ce bonze qui s'est immolé par le feu, là-bas, et dont le coeur est resté intact malgré tout, regarde bien : je m'allonge sur le futon (en sacrifice ?), c'est très réussi, et après je m'en vais retrouver monamour.

mercredi 16 mai 2007

♫ People are strange ♫

Je te fais un compte-rendu de mise au point avec le charmant charmeur chilien dès que possible, on laisse tiédir un peu, c'est meilleur pour la digestion. En attendant, tu serais bien aimable, si possible, de me raconter la fin du dernier Joseph Connolly L'amour est une chose étrange (ah oui tiens, il croit pas si bien dire, vraiment c'est de circonstance, le titre qui tombe à pic), qui est bien drôle mais quand même pas pareil que les précédents (j'adore quand il fait dire à ses personnages Passe moi le truc là s'il te plaît. Ça ? Non, juste à côté. Ah, ça ? Mais non, ça là-bas...Mais là il la fait pas cette blague, et puis il raconte mieux quand même), ce qui n'est pas une critique négative, va pas croire. Bon alors j'en suis à la page 371, quand Annette se fait aborder par un quadragénaire et qu'elle lui demande s'il vient souvent ici et lui il répond Oh mais c'est plutôt à moi de vous poser la question (bas de page 371, pour être tout à fait précis).

Car oui, ça devait bien arriver un jour, je m'y attendais, mais tu sais ce que c'est, on ne se prépare jamais assez au pire : hier j'avais pas prévu de sortir, je me voyais déjà sous la couette en train d'ouvrir le bouquin (à la page 371 donc), mais le destin en a décidé autrement, du coup ce matin je me réveille non seulement tard, mais sans avoir fini la "nouveauté". Tu te souviens, je t'ai déjà parlé de cette appellation bizarre. Le livre en question est sorti en janvier, y a bientôt cinq mois si tu sais compter. Eh ben c'est une nouveauté. Bon. Ils ont pas l'air d'être au courant du nombre de nouveaux titres par semaine. Ou alors, ils appellent nouveautés leurs nouvelles acquisitions, et là c'est carrément de la publicité mensongère. À ce compte-là, on achète Les Regrets de du Bellay et on dit que c'est une nouveauté. Ou la bible tant qu'à faire, allez hop, tout nouveau tout beau hein oh, ça va pas mieux non ?

Toujours est-il que si je le rendais pas ce matin le livre (oui parce que ce soir, vu l'heure à laquelle je vais sortir du taff, il est inutile d'envisager une visite à la bibliothèque qui, soit dit en passant, ouvre pile poil quand tout le monde est au taff, c'est d'un pratique), si je le rendais pas ce matin, fallait casquer. Les amendes là tu sais. Les pénalités de retard. Et ça vois-tu c'est hors de question. Donner quinze euros au Trésor public (non mais je rêve) en guise de punition, je me préfère encore me payer une vraie nouveauté. Donc voilà où j'en suis : je connais pas la fin. Et c'est insupportable ; autant quand tu rates le début, bon, tu t'en remets...autant pas avoir la fin c'est frustrant.

J'te jure...ma vie est pas simple. En plus ils ont le culot de s'afficher comme les chantres de la lecture publique...On se foutrait de notre gueule que ça m'étonnerait pas, parce qu'en l'occurrence, c'est plutôt privée de lecture il me semble.

vendredi 22 décembre 2006

Dans Paris tender is the night

Et voilà, c'est toujours pareil, y a pas moyen de s'absenter deux minutes sans rater plein de trucs trop intéressants.

Par exemple je mets le réveil à sonner à 8h. Le truc de ouf un peu, oui t'as raison. Mais en ce moment je suis obligée (t'imagines quand même pas que la folie ronge mon cerveau au point que je me lève tôt volontairement ? rassure-moi), forcée, contrainte de gratter sur mon temps de sommeil si je veux accomplir toutes les jolies choses qui, mises bout à bout, donnent ce qu'il est convenu d'appeler ma vie (mais t'inquiète, j'arrive toujours à la bourre au taff, pas de souci).

Et donc je mets le nez à la fenêtre et là...non mais c'est pas possible, je me suis plantée dans le réglage de la machine, attends dis-moi que je rêve, j'ai oublié d'ouvrir les yeux ou quoi ? : il fait nuit ! Ouais bon, tu peux faire genre t'es pas surpris, vas-y...Toujours est-il que moi je savais pas. En cette saison, à 8h du mat, il fait nuit. Tu m'en diras tant. Eh ben on en apprend tous les jours...

Tu peux en déduire perspicacement que ça fait un certain temps que mes matinées sont grasses. Ouais. Et ça va continuer, qu'on se le tienne pour dit. Si même le soleil dort,je vois pas du tout pourquoi je devrais le précéder. Le monde à l'envers. N'importe quoi.

Autre exemple. Hier soir je retrouve le charmant charmeur chilien au nouveau bar. Alors déjà le patron me fait des sourires que j'interprète complices...Il se pourrait que ce soit tout simplement une manifestation de ma parano galopante ou, plus prosaïquement, l'effet d'une culpabilité mal placée. Non mais bon, tu vois ce que je veux dire, le patron il m'a quand même vue, en alternance évidemment, avec les trois hommes dont je fréquente le lit. Eh bien figure-toi qu'il a à coeur de ne pas trahir le secret professionnel (en même temps je lui amène des clients hein, chacun y trouve son compte). Il me fait des sourires. Bon. Et le charmant, qu'est-ce qu'il me raconte ?

Il m'annonce qu'il a rencontré Romain Duris, dans le carré VIP d'une soirée où il (le charmant) faisait de la promo pour un machin. Tu te rends compte un peu ? Mais paraît-il qu'il s'est pris un vent au bout d'un quart d'heure, vu que Romain il avait un peu autre chose à faire. Non mais t'as même pas pris son numéro de portable ? Pfff...j'te jure...

M'en fous, j'ai le même à la maison. En moins poilu. Je préfère.

mardi 19 décembre 2006

"Un coup de dés jamais n'abolira le hasard"

Je crois que tu l'as échappé belle. Selon toutes apparences, la dure loi (sed lex) de la sélection naturelle a fait son oeuvre d'élimination. Je te laisse deviner lequel de mes partenaires s'est vu forcé de quitter la scène, et en attendant je te raconte mon week-end (mais te réjouis pas trop vite quand même, on sait jamais).

Vendredi soir au nouveau bar, y a un concert que je veux pas rater. J'y retrouve mon pote et sa belle, ainsi que pas mal de connaissances du quartier. Ex-monamour téléphone, on se file rencard chez moi. Seulement, les artistes sont sacrément à la bourre, de sorte que le concert débute à peine que je me vois dans l'obligation de lever le camp. Hors de question.

Je dégaine mon portable : ex-monamour est déjà devant ma porte (cet homme qui n'a jamais eu moins d'une demi-heure de retard au temps où nous formions un couple (harmonieux le couple d'ailleurs, étant donné ma propre ponctualité défaillante), cet homme donc, aujourd'hui que nous ne sommes plus ensemble, est systématiquement en avance. Je ne sais pas comment analyser ce constat). Je lui explique l'affaire et il vient me rejoindre au nouveau bar. Eh oui, tu as bien lu, au nouveau bar. On abat les cloisons pour y voir plus clair. Il ne passe pas inaperçu, pour diverses raisons, notamment sa grande taille et sa plastique remarquable, mais surtout parce qu'il est avec moi qui d'habitude suis avec le charmant charmeur chilien. Ma copine la serveuse, assez au fait de mes péripéties sentimentalo-sexuelles, lui sert des whisky en me faisant des sourires. Puis on rentre.

Samedi, déménagement. Mon amie bascule dans la cohabitation avec son chéri. Ex-monamour est convoqué tôt le matin pour le chargement, tandis que je ne participe qu'au déchargement. Pour apporter les deux bons petits diables (si pratique) gentiment prêtés par l'épicier et le boucher, je me coltine, avec le chéri, un trajet Barbès-La Chapelle à pied (ouais c'est à côté, mais il pleuvait je te signale).

L'après-midi, séance Légo, laisse parler ta créativité, défonce-toi les doigts à coups de marteau : j'aide mon amie à monter des meubles suédois, sans les notices qu'elle a depuis longtemps égarées, et dans une pénombre grandissante vu qu'ils ont pas encore inventé la lumière. Le soir, sur sa proposition, je retrouve ex-monamour chez l'Italien, le resto où, fut un temps, on allait comater le dimanche soir après la nuit blanche du samedi...

Dimanche, déménagement suite et fin. Cette fois on s'occupe des affaires du chéri. Il en a beaucoup plus et elles sont bien plus lourdes. L'équipe a par conséquent été renforcée et renouvelée. Y a que moi qui ai été conviée sur les deux jours...tu vois où ça mène les amis, je te conseille pas. Cependant à 15h tout est bouclé et nous voilà au bar, les pressions défilent, tu peux pas imaginer. Au point qu'à 19h on a l'impression qu'il est 6h du mat et on migre jusqu'à l'Indien pour éponger.

C'est le moment que choisissent le charmant charmeur chilien et le gars à la guitare pour se manifester par SMS. Ils se font éconduire. Puis ex-monamour appelle et à lui je dis oui.

Lundi. Je reste au lit avec lui jusqu'au milieu de l'après-midi. Le soir y a mon taff qui fête son anniversaire. Bon comment te dire ? C'est à peu près tout pareil que d'habitude, sauf que tout le monde est bourré. Sur la piste de danse (oui je dansen parce qu'à un moment faut bien s'occuper et surtout dépenser son trop-plein d'énergie), au rythme endiablé de la Mano Negra, je m'aperçois que la personne qui danse à côté n'est autre que mon directeur. Alors il me fait un grand sourire comme quoi on serait un peu frère. À toi je peux le dire, il danse pas super bien, un peu coincé du cul, ce qui aide pas en la circonstance. Mais ça doit faire partie du boulot.

Ça (tout ce qui précède), c'est ce que j'aurais pu te dire hier vers 22h. Mais après y a eu échange de SMS avec celui que soi-disant il est éliminé et que tu dois deviné. Bref, je le retrouve au nouveau bar. Et c'est toi qui est à nouveau mal barré vu que la nuit a été bonne.

vendredi 18 août 2006

Midnight express (sans sucre)

Y a des matins, j'te jure, tu ferais mieux de rester au lit.

Ce matin par exemple. J'étais de corvée. Bon pas non plus un truc complètement machin hein, mais quand même. Je t'explique la problématique : il m'incombait de réceptionner une clé, dans une gare, de la part d'une personne débarquant d'un coin lointain (par rapport à ici, tu vois bien ce que je veux dire), un coin (je dis un coin mais ça s'apparente plus à un continent) où ils ont 8 heures de décalage horaire pour te donner une idée.

Cette personne vit, durant l'année, en banlieue parisienne. Mais là elle n'était qu'en transit. Elle sautait d'un vol international pour monter dans un train grandes lignes (je fréquente que des aventuriers, tu crois quoi). Et cette personne savait que dans sa boîte aux lettres se trouve un courrier de la plus haute importance. Tu saisis ?

Regarde ce plan infaillible : on se serre la main, sur le quai, elle me glisse sa clé, ni vu ni connu, et je file en banlieue, en m'assurant de ne pas être suivie (mais j'avais tout prévu : un scooter m'attendait un peu plus tard, et tu sais bien, les scooters c'est ce qu'il y a de mieux pour semer d'éventuels poursuivants)...Je file donc, j'ouvre la boîte après avoir enfilé une cagoule (sur le casque, oui, on n'est jamais trop prudrent), puis je réexpédie le courrier à l'adresse provisoire de la personne. Un jeu d'enfants.

Faut dire aussi que ça faisait des mois qu'on bossait comme des chameaux (tu l'as vu celui ci ou je mets des guirlandes qui clignotent autour ?), on avait relevé l'emplacement des caméras, on savait comment désamorcer les systèmes d'alarme (non mais ça c'est pas le plus dur, il suffit de débrancher, c'est simple comme un coup de fil. Bon après faut sprinter) (quand tu sais pas, tu m'demandes hein, n'hésite pas), on avait pris des boulots de fabricants de cacahuètes comme couverture...creuser un souterrain à la petite cuillère pas de problème, l'évadé d'Alcatraz nous avait ouvert la voie, tout ça quoi, on était paré.

Le seul obtacle que je voyais à cette mission tout à fait possible, c'était l'heure à laquelle je devais faire sonner mon réveil : 7h. Du matin. Au début j'ai failli refuser (tu vois, je ne te cache rien). Moi, Ada, me lever à 7h ? du matin ? même pas en rêve (attends, je connais mes limites). Mais, après m'être concertée avec moi-même et ma paresse, j'ai finalement accepté, parce que cette personne je l'aime. Et elle m'aime. Et donc on devrait vivre heureux et faire beucoup d'enfants. Mais en fait c'est une fille, ça complique vu qu'on n'est pas lesbienne.

Alors ? Alors, après une nuit où je me suis réveillée toutes les heures, histoire d'être sûre de pas être à la bourre...mon portable a sonné, je me suis levée tel le zombie en phase terminale de métamorphose, etc etc...et j'allais sortir quand cette personne, que j'aime, je te le rappelle, m'a appelée pour me dire : on laisse tout tomber, la CIA est au jus, y a une taupe parmi nous, je vais me mettre au vert, fais comme si tu m'avais pas vue.

Tu l'auras compris, c'est du langage codé et ça signifie : je suis dans le RER, je crois que je vais rater mon train, mais en même temps c'est pas sûr, alors je vais courir, mais si je cours je pourrai pas te filer la clé. Ben ouais. On s'était pas entraîné au jeter de clé, elle avec 30 kilos de bagages sur le dos, et moi avec les yeux fermés (ah non, ils sont ouverts, mais ça se voit pas), on est con des fois hein, on pense à tout sauf à l'essentiel.

Que crois-tu qu'il advint ? D'une, elle a raté son train (mais ça, si elle avait lue le post d'hier...Madame Soleil c'est pas seulement parce que je suis bronzée). De deux, je vais quand même recevoir sa clé, par la poste, et me coltiner un aller-retour Paris-banlieue. De trois je me suis pas rendormie. Mais je l'aime (je dis ça pour mémoire).

Heureusement, alors que je commençais à me dire que cette journée s'annonçait on ne peut plus pourrie, j'ai reçu, par SMS, de la part de quelqu'un que tu reconnaîtras sans peine, ceci, qui ouvre des perspectives assez intéressantes :

Bip (non n'est pas ça le truc intéressant)

Je réponds : Ouiii ? C'est à quel sujet ?

Vous avez gagné un esclave sexuel pr le we !

jeudi 6 juillet 2006

♫ Tiiiime is on my side, oh yes it is ♫

Il était une fois une faille spatio-temporelle qui faisait rien qu'à m'embêter en m'empêchant d'arriver à l'heure au travail ; alors que bon hein c'est pas du tout mon style. J'étais à deux doigts de déclarer forfait, mais je suis une battante moi, que diable. Je m'en vais donc vous livrer la méthode. Comment mater en deux-deux une faille spatio-temporelle-complot-mondialiste-de-la-bourre ? Comment ?

Tout d'abord, pour tromper l'ennemi, passer la soirée chez des potes, soi-disant pour voir un match de foot. Il s'avère que quand la France joue pas tout le monde s'en fout. Boire du rosé. Manger de l'ananas et du melon. Prendre les chemins de fer. Faire des bonds. Jouer aux dames chinoises. Prendre les chemins de fer. Admirer les éclairs dans le ciel. Prendre les chemins de fer. Brouter de l'herbe. Rapidement il est 8h du mat. À ce stade la faille ricane dans sa barbe, elle croit, naïvement, que c'est dans la poche. C'est mal me connaître.

Je poursuis. Hésiter à aller taffer, étant donné sa brillante forme physique...Renoncer. Et vlan. Première faille temporelle matée : quand on va pas au boulot, par définition on n'est pas en retard. Alors ? on rigole moins là hein ? Quant à l'objection qui consiste à bayer aux corneilles que : à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire...eh bien à cette objection je lui dis : attends la suite, tu vas voir.

La suite. Se lever à 18h après une bonne journée de sommeil. Boire de la tisane (et alors ?). Descendre au bar en bas pour l'apéro (et alors ?). La faille pense que sa revanche sera terrible. Même pas peur. Regarder le match en terrasse, debout sur une chaise (mais déchaussée quand même), avec le charmant charmeur chilien qui chauffe la salle. Manger une salade de la mort chez un pote. Puis des frites sur un banc à la fraîche. Se coucher vers 1h du mat. Léger handicap pour la faille : le décalage horaire est maîtrisé à la perfection.

En bon stratège, feinter : ne pas mettre le réveil en se disant qu'on se lèvera quand on se lèvera, faut pas déconner avec la fatigue. Alors là, la faille, autant vous dire qu'elle jubile. Sourire radieux sur sa face. Sur la mienne aussi, parce que, je sais pas pour vous, mais chez moi en ce moment c'est plutôt carrément sympa.

Être réveillée à 7h18 par un SMS : Allez allez ! Courage ! Ta bien dormi ? jé lu un peu é plouf jme suis endormi. Si tu ve jtacompagne pr te donner du courage !? (Le charmant charmeur chilien culpabilise parce que j'ai fait l'école buissonnière. Du coup il se transforme en coach). Répondre : Oui !!! 7h20 : Ok jariv ! T prete ? Répondre : Non !!! 7h24 : Tu ve un truc pr le pti déj ? jte rejoins chez toi stv ? Sinon dis moi ds combien de temps en bas.

La faille, bien que dépitée, y croit encore un peu. Parce qu'un petit déj au lit, on sait que ça peut dériver. Mais non. Garder l'avantage et se contenter de faire la route avec le charmant charmeur chilien en se disant des mots d'amour. Arriver au taff à 8h40. Deuxième faille temporelle KO debout. Eh eh.

lundi 3 juillet 2006

C'est arrivé près de chez vous...(♫ ouais presque sous ton nez ☺4

Mettons-nous en situation.

Un soir (par exemple celui de vendredi). Vous êtes sur un quai de métro. Seul. Vient à passer un gars qui chaloupe comme le Titanic en phase terminale. Il se vautre dans les escaliers. Vous lui portez secours, toujours seul, à la force du poignet et de vos bras, certes petits mais pas costauds. Résultat : 48 heures après mes muscles s'en souviennent.

Un matin (par exemple ce matin). Vous faites la queue devant le distributeur automatique de tickets de transport (car vous êtes un peu con, vous n'avez pas d'abonnement annuel, ce serait trop simple, non, vous préférez vivre à l'ancienne, eh oh faudrait quand même pas mettre la charrue avant les boeufs, les boeufs ils font la queue, point barre). Vous êtes même pas à la bourre. au bout de longtemps, la personne qui manipule l'appareil annonce que c'est en panne. La queue bascule vers le guichet. Vient à passer un gars avec la gueule en sang. La guichetière ferme son guichet pour s'occuper de lui. Résultat : non seulement j'ai été obligée de griller, mais en plus j'étais à la bourre, c'est malin.

Dans un bar (par exemple celui où vous regardez les matches de foot). Vient à passer un gars, ni bourré ni blessé, ça change, qui vous aborde : alors comment vas-tu ? Euh oui, c'est à quel sujet ? Tu te souviens de moi (sourire complice) ? Ben euh, désolée, non. Mais si, je m'appelle XXX. Ah oui bien sûr (enfin pas sûr et certain non plus), excuse-moi (mais c'est qui bordel ?). Je t'offre un verre ? Merci mais je suis avec un ami là. Et désolée hein, je suis vraiment distraite des fois (on va dire ça comme ça)...

Le charmant charmeur chilien observe la scène de loin et vous dit ensuite : alors, on se fait draguer ? Non non, c'est le copain d'une copine. Résultat : hum...

Dans un parc (par exemple je sais pas). Vous êtes allongé à l'ombre, avec un bon bouquin, vous grignotez des cerises pendant qu'une peau douce (et andine) caresse votre peau douce. De temps en temps, une bouche douce (et andine) se remplit d'eau fraîche et l'écoule, au compte-goutte, dans votre bouche. Résultat : ça s'appelle vivre d'amour et d'eau fraîche (et de cerises un peu aussi).

Dans un lit (par exemple celui du charmant charmeur chilien). Vient à passer un gars, charmant, charmeur et chilien. Il vous dit qu'il vous kiffe, qu'il y a une telle compicité entre vous, que c'est tellement fort, que vous avez le même humour. Résultat : j'ai rencard ce soir avec (ex)-monamour.

Ben oui. C'est typiquement le truc qui me fout la trouille. En plus, je vous l'ai déjà dit, le charmant charmeur chilien c'est pas possible de tomber amoureux de lui, il est trop infidèle (pas encore, mais c'est pas une raison) (moi non plus mais c'est pas pareil d'abord). Courage, fuyons.

jeudi 29 juin 2006

♫ Bac plus zinc et licence IV ♫

Y avait une terrasse, ouf...

Bon si vous comprenez pas, désolée mais j'ai la flemme de récapituler, vous avez qu'à être de fidèles lecteurs, tant pis (mais non, c'est pas vrai, même si tu es infidèle je t'aime bien, au contraire, ça nous rapproche).

J'y suis allée à reculons parce que moi les torticolis ça me fait pas peur et au final c'était une bonne teuf. Avec plein de monde que j'avais pas vu depuis longtemps. La question de mon cavalier s'est résolue d'elle-même (quand je vous dis que ça sert à rien de décider) puisqu'(ex)-monamour était indirectement invité. On a même mangé. J'ai rencontre un couple de gays très exotique, respectivement originaires d'un pays nordique et d'une petite île que t'aurais bien du mal à situer sur ta mappemonde. Évidemment on a fait la fermeture du bar avec une petite figue pour la route. Dodo platonique chez (ex)-monamour. Arrivée au taff tardive (début d'après-midi, ça devient n'importe quoi), mais rien que de très prévisible. Alors, de quoi tu te plains ?

Ben en fait le truc, c'est qu'en bonne chieuse que je suis, j'aurais préféré la présence du charmant charmeur chilien, surtout quand je reçois ça : ça mbrancheré dte rejoindre !? je mennuie mé jvé trouvé dkoa mokupé ! Bonne teuf ! Boi pa tro. Alors je réponds que oui mais non, les circonstances font qu'on va peut-être éviter, mais c'est trop horrible...Tinkiète pas, passe une bonne soirée ! Amuse toa bien !

Aujourd'hui je lui propose qu'on se voie ce soir. Il répond : Mouais. Si té pa tro crevé !? Bip moa. Ça me laisse un peu perplexe. Je ne sais guère comment interpréter ce oui du bout des lèvres. Est-ce à dire qu'il n'a pas envie de me voir ? m'en veut-il de l'avoir délaissé hier ? suppute-t-il des choses avec (ex)-monamour qui ne lui plairaient que moyennement (mais il arrête pas de me dire qu'il n'est pas jaloux. Alors...) ? se la joue-t-il pas dispo histoire de pas avoir l'air de me courir après ?

Que de questions sans réponse...Bon sinon on m'a dit hier que c'est sympa ce petit côté boute-en-train, mais qu'est-ce que ça cache, au final, dans les profondeurs de mon intérieur de fille un peu écorchée vive, tu vois, comme les trucs d'anatomie mais pas pareil ? (oui j'ai des discussions à haute teneur psychanalytique)

mercredi 28 juin 2006

♫ Désormais je me dore...à la poussière de météore ♫

Bon ça va comme ça, on sait ce qui s'est passé, la France exulte, tout ça pour ça. Pour c'que j'en ai à faire...D'autant que c'est pas non plus un exploit hein. Je veux dire, si encore c'était la finale, j'veux bien, mais là, oh, c'est pas la fête du slip que je sache. (Oui je soutenais l'Espagne, et alors ? C'est mon droit non ? Pas la peine de me traiter de mauvaise joueuse. En plus c'était par pur sacrifice, fallait bien qu'il y ait quelqu'un qui se dévoue dans cet appart, sinon l'ambiance est moins drôle). Et surtout, allez-y, distrayez-vous à base de victoires par procuration, divertissez-vous, ça profitera toujours à quelques-uns ce genre de crime, mais faudra pas venir se plaindre après. Tant que tu regardes les étoiles, tu vois pas que tu marches dans la merde (et paf ! non mais t'as vu, ça c'était bien envoyé).

Sinon on s'est bien amusé. Y avait des frites et de la bière, déjà ça commence bien. Oui parce que le sport sans la bière, très peu pour moi, j'aime faire les choses selon les règles. Et puis bon j'étais pas scotchée à l'écran non plus, y avait un balcon avec vue panoramique sur Paris, ici Montmartre, là la tour Eiffel, trop la classe...en bonus les bizoutages du charmant charmeur chilien.

Ce soir je suis invitée à un anniversaire. Alors déjà ça tombe pas hyper bien. Depuis le début de la semaine j'arrive au taff en fin de matinée...mais fin fin hein, juste avant midi quoi, comme personne ne peut me reprocher de pas être au taff le matin...C'est pas beau, c'est vilain, mais je peux pas faire mieux, je suis à fond là. Donc cet anniversaire, a priori, ne va pas améliorer mes performances de ponctualité. Ben non hein, ce serait étonnant. Et puis je sais pas avec qui j'ai envie d'y aller. C'est un léger problème quand on y réfléchit. Pour finir, ça se passe dans un bar. Alors, oui c'est vrai, je les fréquente les bars, inutile de le nier, mais je trouve, si je peux me permettre une opinion personnelle et tout à fait originale, que toute une soirée dans un bar où on n'est même pas sûr qu'ils fassent à manger, qui risque d'être blindé...ouais bof. S'il y a une terrasse on est sauvé. Sinon...

Bon ben sinon, puisque vous demandez des nouvelles, c'est un peu un mix de Ada en folie et de Ada en loose, un petit cocktail bien ordinaire finalement. Illustration datée du lundi 26 juin :

Coucou ! Jéspère kté pa tro crevé. Ne fume pas tro stp ! (ceci est 1 message de la protection des marmottes), ça te fera de économies é tu ora la peau douce ! Biz Avec le temps ♫ avec le temps va, tout s'en va ♫ Désolée c'est du réflexe pavlovien (non c'est pas un nouveau genre musical, abruti). Avec le temps il finira par ne plus me poser la question. Crevée la fille, oui, toujours pas reposée, non. Heureusement que je suis bronzée, c'est un bon camouflage. Quant aux clopes, au moment de ce SMS, j'étais en rade, ce qui ne veut pas dire que je ne m'en procurais pas par des moyens détournés (merci les collègues), attends tu crois quand même pas qu'il m'est possible actuellement de pas cloper comme un pompier ?)

Ooh...cé bientot fini ! (le taff. Eh non cher ami, vu mes horaires d'arrivée...je travaille quasiment en nocturne) Jsui content kté plus dclopes ! Jvé vers XXX dis moa si tu ve kje vienne te chercher a la sortie ? (euh non, j'ai autre chose à faire. Entre autres, une psychanalyse)

Jtenvoie pleins dbizous pr te donner du courage ! Jvé sk8ter san mon prt. Jtorè bien croizé ce soir. Mé si dotres trucs a fèr pa dpro é cé bien dfèr dé pauz. Voilà, je ne te le fais pas dire, c'est bien de faire des pauses, parce que là, c'est pas pour dire mais on se quitte plus, et moi ça parasite un peu ma réflexion, vu que ce mec est irrésistible, sans exagérer, c'est pas moi qui le dit, le sujet est fédérateur. Donc c'est la totale éclate, sans grande perspective d'avenir.

Je me répète mais c'est vrai, à force de regarder les étoiles, tu vois pas que tu marches dans la merde...Et là j'ai un peu la trouille d'être trop dans la lune.

vendredi 14 avril 2006

Tous les matins du monde

Figurez-vous que depuis quelques temps, chaque matin, une faille spatio-temporelle vient se caler pile poil chez moi. Je vous explique.

En général le réveil sonne à 8 heures. J'en vois qui m'envient, mais vous savez pas à quelle heure je me couche aussi. Et d'ailleurs, en particulier, le réveil sonne à 10 heures, voire midi. Mais on va rester sur le cas général, pour que cette démonstration physico-chimique à base de bulles de champagne ne puisse être contestée par aucune autorité scientifique. 8 heures, vibration sonnerie du téléphone portable. J'éteins. Je me rendors sur le mode sommeil léger jusqu'à 8h24, 8h28, ça dépend de la situation politique en Asie du Sud-Est, du cours de la betterave à Wall Street et de pleins d'autres trucs, mais là j'ai la flemme de chercher (ou comment expliquer la théorie de la relativité aux enfants) (pas de panique, j'en ai pas).

Faisons une moyenne : 8h26 je sors du lit. Brr, c'est qu'il fait frisquet (ah ne m'en parlez pas ma bonne dame, le fond de l'air est frais) (j'ai le droit de me faire la causette chez moi si j'veux). Je mets l'eau à bouillir pour le thé.

Retour au lit : 8h30 à tout casser. Allumage de radio. Je n'écoute pas encore, je repasse en mode sommeil léger léger.

8h40, le thé est infusé. Je le bois (ha, vous vous y attendiez pas à celle-ci, je sais, j'en ai surpris plus d'un, mais je suis comme ça moi, je fais du thé et après je le bois), en écoutant les infos, les yeux hagards dans le vide intersidéral, car j'ai trop la patate le matin, c'en est presque effrayant. Genre la fille qui, d'un geste souple et assuré, émerge de sous sa couette avec un sourire pétillant, bondit hors du lit, sautille jusqu'à la cuisine en sifflotant un air joyeux, ben c'est pas moi. 8h55 (et je dis ça pour être large, parce que ça relève plus de la tasse que du bol) le thé est bu. Je passe sous la douche. Sans lavage de cheveux, donc rapide (eh oh, des fois je me les lave les cheveux, mais on est dans le cas GÉNÉRAL j'ai dit). Habillage compris, je n'en ai pas pour plus de vingt minutes.

Nous pouvons donc affirmer sans crainte qu'à 9h15 je suis prête. Seulement voilà ce serait trop simple. Car c'est ce moment que choisit la perfide faille spatio-temporelle pour saboter ce timing digne d'un grand chef faisant cuire un oeuf mollet (coque et dur c'est facile, mais mollet ça se travaille). Je suis d'accord avec vous, si je ne larvais pas une demi-heure après la sonnerie du réveil, je gagnerais encore plus de temps. Ou, si je faisais sonner le réveil une demi-heure plus tard etc...Mais là n'est pas le problème. Car à partir du moment où le thé est prêt, j'enchaîne les activités sans perdre une seconde. Donc qui peut me dire pourquoi, alors qu'à 9h15 je suis opérationnelle, je ne sors pas de chez moi avant 9h45 ?Moi je vois qu'une explication : c'est encore un coup du complot mondial des extraterrestres. Chers ET, si vous pouviez me faire un mot d'excuse, comme nos amis du métro, ça serait bien sympathique de votre part. Parce que pour l'instant, au taff, ils veulent pas me croire.