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mercredi 11 juin 2008

♫ Love is easy (zizi), love is not true (trou) ♫

(Je t'ai mis la prononciation entre parenthèses des fois que ça t'échappe)

Hier soir j'ai vu Bashung en concert, pour la troisième fois de ma vie et j'espère que ce sera pas la dernière si tu vois ce que je veux dire...Magnifique comme d'hab. Ouverture sur Comme un lego, fermeture sur Night in white satin où tout le monde dit I love you. Dans l'intervalle que du bonheur. Très émotionnant vraiment, comment te dire, je suis encore dedans à l'heure où je te parle. Gros couac tout de même : la première partie qui chante faux, pousse des cris suraigus à t'en faire saigner les oreilles et se fait copieusement siffler et huer par une partie de la salle. Tu vois le barde dans Astérix ? Pire. Elle part énervée sur un Ouais on sait que vous avez voté Sarko hors sujet. Eh ben figure-toi qu'il s'agit de madame Bashung en personne...Je sais pas si l'amour est aveugle mais sourd oui.

J'étais accompagnée, entre autres, par un couple d'amis dont je t'ai causé ici par exemple (je republie cette note pour l'occasion. Je remettrai en ligne, dans un avenir plus ou moins proche, la totalité des archives. Hein t'es content ?)

Un soir ce couple d'amis a débarqué à la maison, tout joyeux, en annonçant Ça y est, on a acheté un appartement ! Youhou. Et ils commencent à nous en faire la description. Et puis monamour s'en mêle : Et l'entrée elle est comme ça. Et la chambre elle est là, juste à côté la cuisine...Et eux : ben oui, comment tu sais ??? Et lui : c'est au numéro tant de telle rue...Oui !!! Mais...??

Eh ben en fait monamour a vécu en colocation dans cet appart pendant ces années étudiantes. Ils l'ignoraient au moment de l'achat évidemment, car ce ne sont pas les amis de monamour mais les miens. Dingue non ? Bon par contre il va pas le reconnaître l'appart quand ils nous convieront à la crémaillère, vu qu'ils ont tout cassé et tout reconstruit ; ça va lui faire comme dans l'émission de télé où les gars en une journée ils te refont les peintures, les sols, les rideaux et même la salle de bain, enfin les trucs que toi il te faut toute une vie pour pas les finir et après t'arrives, t'attends qu'elle dise 3 pour ouvrir les yeux et tu dis Mais c'est pas chez moi ici...Je pense que ça va lui faire ça, à la différence près que ce sera effectivement pas chez lui puisque ce sera chez eux.

Alors cet appart, après de longs mois de travaux (eh oui ils ont fait ça avec leurs blanches mains, pas avec l'émission de télé, d'où les délais), est enfin devenu vivable, ce qui a donné lieu à un déménagement en bonne et due forme pas plus tard que le week-end dernier. Autant te dire que chaque fois qu'on se voit, avec ces amis, on s'extasie devant les coïncidences de la vie, c'est un leitmotiv dont on ne se lasse pas. Ça n'a pas manqué, une fois de plus, lors du déménagement.

Et puis, tandis que je descendais l'escalier, chargée d'un des nombreux cartons qui firent le sel de notre journée, voilà-t-y pas que je m'entends interpeler ainsi : Bonjour Ada. Et qui vois-je en me retournant d'un geste pas très élégant ni très souple mais je te rappelle que j'avais dans les bras un carton qui entravait ma liberté de mouvement. Qui vois-je donc ? Nul autre que mon directeur, qui fut, jusqu'à ce jour précis et à l'insu de tous, le voisin de ce même couple d'amis. Là ça devient cosmique. Et je dis avec Bashung ♫ c'est l'heure où je glisse dans les interstices ♫

lundi 12 novembre 2007

Putain c'qu'il est pas blême, mon pas HLM

Victoire ! Alléluia ! Hosanna ! Je dirais même plus : Eurêka ! Nous avons trouvé !

Comme tu as pu le constater, on a mis le temps. Faut dire aussi qu'on avait des exigences, tu crois quoi ? Déjà, une vraie cuisine, pas un truc à l'américaine, que certes, ça te fait un très joli comptoir avec les tabourets de bar ♫ garçon y a marée basse, remets voir la p'tite soeur ♫, certes, mais en même temps ça te bouffe l'espace dans le salon, et au final ça s'appelle plus un deux-pièces l'affaire. Pas trop au sud, pas trop rive gauche si tu préfères, mais pas rive droite non plus (du moins au sens défiguré du terme) vu que les XVIè et XVIIè arrondissements moi ça me fout la trouille, et ça tombe bien j'ai dans l'idée que c'est réciproque. Pas trop au sud donc, mais donnant plein sud de préférence rapport à la luminosité de notre grise capitale. Une baignoire c'est mieux, à tous points de vue, que ce soit pour la sex-thalasso ou pour éviter la douche, multi-jets peut-être, mais dans un placard. Chauffage et eau chaude centralisés, histoire de passer l'hiver au chaud sans avoir le compteur qui démarre dans la tête dès que t'allumes un radiateur (non parce franchement, à 84 ans j'estime que j'ai passé l'âge d'empiler les couches de fringues à cause d'un chauffage électrique pourri qui te laisse, de toutes façons, le bout du nez tout froid) (si encore j'avais une truffe, je dis pas, mais on n'est pas des chiens merde). Des placards intégrés pour optimiser l'agencement. Et puis, petite cerise sur le gâteau, pas loin du canal. Eh bien, ces critères étant réunis, nous avons eu l'honneur de nous installer ce week-end. Ouais.

Alors bon, pour l'instant, à la nuit tombée nous vivons dans une ambiance très tamisée, sous la lumière douce de petites lampes de chevet, car les plafonniers sont absents des deux pièces principales ; on dort sur le clic-clac du salon, vu que dans la chambre le sommier attend d'être garni d'un matelas ; le matin c'est à qui atteindra l'unique casserole le premier, qui pour faire chauffer son lait, qui pour faire chauffer sa soupe (à 84 ans, j'estime que j'ai le droit de manger de la soupe le matin), oui tu as bien entendu, l'unique casserole, on ne sait pas s'il y en a d'autres dans les cartons encore fermés ou si les esprits frappeurs du déménagement nous ont joué des tours...Par contre on a trois poeles, y a quand même une justice. Pour finir, j'ai pris conscience, à mon grand désarroi, qu'en deux mois d'errance de plan B en plan C d'apparts vides amicalement prêtés, durant ces deux petits mois de rien du tout, j'ai eu le temps d'accumuler un volume impressionnant de volumes, au point qu'il faut, non mais c'est dingue (c'est d'autant plus dingue, j'insiste, que je n'ai pas cessé de me dire : c'est pas le moment d'accumuler les livres, tu vas bientôt déménager, ça va t'emcombrer), au point qu'il faut, disais-je, une bibliothèque supplémentaire pour les caser. Ce qui m'amène à la seconde partie de cette note, à savoir les livres de la quinzaine (enfin je crois, j'ai pas compté les jours).

Sujet Angot, de Christine Angot, je poursuis mon exploration du couple dans tous ses états, éclaté en l'occurrence. Qu'est-ce que tu veux que je te dise, j'aime Christine Angot, et qu'on vienne pas lui parler (ni à moi non plus) d'auto-fiction ok ?

Hannibal Lecter : les origines du mal, de Thomas Harris, bon ben je te le présente pas celui-ci, je crois que vous vous êtes déjà rencontrés. Écoute, ça fait passer le temps hein, genre à la laverie, ou quand tu fais la queue pour rentrer dans le musée (non mais je serais toi, j'achèterais un billet coupe-file, je dis ça pour ton bien, moi je paye pas).

Père-fille : une histoire de regard, de Didier Lauru, mouais, c'est pas pour dire mais il enfonce un peu des portes ouvertes le coco. Après c'est pas forcément des conneries, juste si tu vois à quoi correspond le complexe d'Oedipe au féminin, tu peux te l'épargner. Monamour, qui l'a lu de son côté et qui, je me dois de le préciser, dédaigne généralement toute littérature psychologisante, a appris des trucs lui, il va même jusqu'à dire que maintenant, sous ce nouvel éclairage, il arrive à deviner le père derrière la fille. Enfin bon, c'est toi qui vois.
L'élégance du hérisson, de Muriel Barbery. Je suppose que t'en as entendu parler, en ce moment tout le monde le lit, j'en vois plein dans le métro. La petite fille surdouée et la concierge autodidacte cultivée, non ? ça te dit rien ? C'est ce que Gavalda pourrait faire si elle travaillait son style. La philosophie en plus. Bref, ça m'a ni transcendée ni dégoûtée. Moyen quoi.

Les travers du docteur Porc : une enquête du docteur Porc, de Tran-Nhut, ah là là quelles délices ! Le docteur Porc vit au Dai-Viet, au XVIIè siècle, il est obèse, il pue de la gueule mais il a un visage magnifique et il mène l'enquête. Vas-y voir, franchement.

Chirac et les 40 menteurs...de Jean Montaldo, en lecture à voix haute avec monamour. J'ai pas lu celui sur Mitterrand (et les 40 voleurs). Là on se fade les mécanismes complexes des marchés truqués d'Ile-de-France, mais c'est intéressant, même si très redondant vu qu'il recoupe les témoignages pour les besoins de la démonstration. Montaldo a une plume très fleurie, ce qui ne gâche rien. Quant à savoir si c'est un extrêmiste de droite...?

Le choix de Sophie, de William Styron. Comment te dire ? je me suis laissée embarquer et je dévore. Pas vu le film, jamais rien lu de Styron et là, paf ! J'en suis à la moitié, je trouve ça parfois (rarement pour être exacte, mais quand même) mièvre, je ne saurais qualifier le style, pas foncièrement original à mon goût, mais je suis scotchée, va comprendre...J'oublie de dire que, malgré le sujet, c'est drôle. Non parce qu'un gars qui te cause camp d'extermination, esclavage et sudistes américains, et aliénation, et racisme - bon et amour ok c'est vrai - a priori tu te dis, ça va pas être drôle. Eh ben si.

Tu nous en veux pas, on a laissé Keynes de côté pour l'instant, ce qui fait de lui, en l'état actuel des choses, un adolescent attardé. Mais je te tiens au courant, comme promis.

mardi 9 octobre 2007

♫ Le ciel était couleur de pomme et l'on mâchait le même chewing-gum ♫

Ouais ben je taffe, qu'est-ce que tu crois ? Vu que tout était redevenu ordre et régularité, luxe, calme et studiosité, dans le bureau où je me retrouvais seule, j'ai pu travailler à loisir, travailler et mourir, au pays qui te ressemble (ça me fait penser que je partirai bien en voyage moi, je mérite quelques vacances je trouve). Taff à donf donc. Et y a de quoi faire mon coco, ouh la, je m'ennuie pas. D'autant qu'elle est (déjà) revenue de son arrêt maladie. Et je sais pas si je me méfie à outrance mais j'ai l'impression que ça sent l'alcool...M'est avis qu'on n'est pas sorti de l'aubergine (à prendre au sens défiguré évidemment). Mais bon, je viens te faire un petit coucou mon loulou, t'es content ?

Alors moi, du côté vie personnelle, j'en suis toujours à la case SDF, parce que, comme de fait exprès, monamour enchaîne les missions ultra-secrètes d'agent ultra-secret (et à vrai dire nous nous en réjouissons, car pour un agent secret, tu t'en doutes, c'est pas facile facile de faire son trou, ça serait même plutôt la loi de la jungle...alors si on veut bien de lui, nous on est content...sans compter que c'est en forgeant qu'on devient forgeron). Ce qui ne nous empêche pas de nous aimer avec fougue et passion, voire de comater toute la journée au lit quand on se refile (tendrement bien sûr) la crève à tour de rôle (eh mais dis donc, tu l'as pas eu le rhume toi hein ? allez tiens, prends ça, le ciment du couple c'est le partage). Non mais j'exagère. En tant que super-héros, monamour n'est jamais malade. Sans être informaticien, il teste de nouveaux virus, c'est pas pareil. Et en plus il a une résistance à toute épreuve qui lui permet toujours de missionner. Même la gueule de bois, il n'en fait qu'une bouchée. Par contre visiter des apparts, pas tout de suite...à moins que les agences immobilières aient la bonne idée d'étendre leurs amplitudes horaires genre nuit blanche.

Voilà donc pourquoi nous résidons présentement dans l'appartement de monsieur, ce qui, je ne te le cache pas, est assez éprouvant matériellement parlant. Mais pourquoi ? t'interroges-tu. Eh bien tout simplement parce que nous sommes passés, sans transition, d'une grande surface (gracieusement fournie par un camarade) à une épicerie de quartier, euh non, à un petit studio qu'il est vraiment mignon tellement il est minus. Ce qui, tu en conviendras, n'est pas des plus confortable, surtout pour moi. Oui mais pourquoi surtout pour toi ? t'interroges-tu derechef. Eh bien pour la raison toute conne que ce n'est pas chez moi. Car, vois-tu, lorsque monamour squattait dans mon studio à moi que j'avais dans mon quartier à moi, ce n'était certes pas plus grand, mais c'était chez moi. Que là non. Et ça change tout. Non mais bon, va pas croire non plus...il me met très à l'aise (je ne relèverai pas)...juste ça ira mieux quand on sera chez nous (ne serait-ce que parce qu'on aura (au moins) deux fois plus d'espace vital).

Et puis ça n'a pas que des inconvénients. Déjà on est revenu à la civilisation, non pas que le XVème arrondissement parisien soit peuplé de hordes barbares mais disons que nous sommes maintenant dans un lieu plus central et moins ravitaillé par les corbeaux, sans vouloir critiquer outre mesure. Enfin, monamour a déclaré, et je te jure que j'ai regretté de pas avoir le magnéto avec la touche record enclenchée, il a dit, écoute bien : c'est vrai que c'est pas des conditions idéales, mais c'est pas grave puisqu'on est ensemble. Et ça, fidèle lecteur, ça doit te parler, non ? Eh ben alors t'es pas un fidèle lecteur et puis c'est tout. Non mais souviens-toi...fut un temps, alors que je me désespérais de jamais m'en sortir avec un gars pareil, au point que je me distrayais par monts et par vaux, parce que quitte à être seule, autant être mal accompagnée...on se voyait occasionnellement, monamour et moi (ex-monamour, devrais-je dire) et ça se passait très bien, très très bien, à tous point de vue, sauf que, à chaque rencontre, invariablement, il psalmodiait : certes on a passé du bon temps, mais n'oublie pas : on n'est pas ensemble. Et je m'en allais en faisant la meilleure figure possible, mais le coeur gros.

Il semble que ce temps soit bel et bien révolu, youpi ! Et comme je trouve cette conclusion tout à fait foireuse, laisse-moi te dire qu'Alberto Giacometti portait la canne (moyen mnémotechnique pour ne pas laisser perdre cette information de première importance : Grand corps malade, la béquille - Giacometti la canne, les deux commencent par un G, ne me remercie pas, c'est tout naturel), Giacometti portait la canne, disais-je, tandis que Jean-Paul Sartre ne portait pas le chapeau. Dingue ! Par contre il détestait les tomates.

mercredi 5 septembre 2007

"Mon grand appartement"

Les cartons faits, normalement tu peux déménager. Sauf que là tout de suite, de par les fonctions d'agent secret de monamour...bon tu le répètes pas mais ouais, monamour il est agent secret, et franchement le commun des mortels se rend pas compte de ce que ça représente. Enfin moi, en tant que mortelle assez commune, si, hein, je vois à peu près. Disons qu'au niveau de la disponibilité, c'est plutôt flexible. D'ailleurs faudrait peut-être que je me demande pourquoi je m'attache toujours à des gars dans ce genre (oui ben ça va hein, j'ai des pistes, pas la peine de faire ton malin). Tu vois, le gars qui rentre du bureau tous les soirs à 19h30, qui s'installe avec un whisky devant le JT, qui prend un bain moussant d'une durée approximative longue, qui décide de confectionner des lasagnes ricotta-épinards en écoutant un concert de Pau Casals ? Eh ben pas du tout ce genre-là. Non, flexibilité je te dis. Le gars souple quoi (pour ta plus grande satisfaction, soit dit en passant). Qui peut jamais prévoir de quoi demain sera fait, car qui le peut hein ? qui ? Non parce que, je sais pas si t'es au courant, mais les lasagnes aux légumes du soleil, si t'as pas un peu anticipé l'achat des ingrédients, c'est pas à minuit que tu vas trouver une épicerie ouverte, surtout si on est lundi. Alors y a des fois oui, y a des fois non. Et là où c'est original c'est qu'il est même pas normand, tu vas pas le croire, il est antillais. Mais ça n'a rien à voir. Toujours est-il que ça facilite pas la recherche d'un logement.

Ah oui, enfin je veux dire ah non, on n'a pas perdu de vue l'objectif qui est, je te le rappelle, vivre ensemble dans un petit nid d'amour douillet. Mais là les circonstances sont pas favorables au niveau du dégagement de temps en vue de visitation (sache que trouver un logement, c'est mystique). Alors, puisque c'est ainsi, tes cartons, tu les mets dans un garde-meubles. Et après tu squattes un appartement dont le propriétaire est en vacances. Personnellement dans l'idéal, j'aurais choisi un autre quartier, car l'ouest parisien, je sais pas j'aime pas (lien de cause à effet, car finalement, à l'usage, c'est pas si mal, plus je connais, plus j'apprécie, à part les bars, qui laissent tellement à désirer que je les fréquente pas. Enfin bon, c'est pas dans ces quartiers qu'on fait la teuf, je ne t'apprends rien). Et puis quand on te propose, temporairement soit, mais t'en connais beaucoup des choses éternelles toi peut-être ? à part les neiges, et encore, on se foutrait de notre gueule que ça m'étonnerait pas...quand on te propose un appartement libre d'une superficie de 100 mètres carré juste pour toi et tonamour, tu dis oui. Ou alors tu te démerdes. On a dit oui. Et c'est pas désagréable la vue sur la tour Eiffel (dans cet immeuble, les étages ont deux chiffres, enfin sauf les premiers, sois pas stupide, et celui où je loge commence par un 2...), regarde elle a la tête dans les nuages, ah elle clignote, oh elle s'éteint. Et tous ces endroits spécifiquement dédiés à des activités particulières (redondance lourde afin que tu comprennes bien que y a l'endroit où tu cuisines, celui où tu manges, celui où tu dors, celui où tu lis, celui où tu bois l'apéro...Ouais ben j'ai pas l'habitude moi), sans parler de la diversité du décor pour les jeux sexuels en tous genres, ni des méga-teufs que tu peux organiser là-dedans...Autant te dire qu'on s'habitue vite à cette débauche (non d'accord je sais, ça c'est pas nouveau, laisse-moi finir quand même) de luxe (merci).

Toute bonne chose ayant une fin (alors les neiges, hein, qu'on arrête cinq minutes), le propriétaire va revenir, un jour ou l'autre mais prochainement. Cela dit, on a un plan B, dont je te parlerai en temps et en heure. Afin que je puisse conclure de façon originale et tellement drôle, il te suffit pour l'instant de savoir que ce sera un autre appartement squatté. Bien. Allons-y. Attention les yeux (la réverbération, ça je veux bien, ok. Mais déjà faut du soleil, et le soleil ça fait fondre les neiges si tu vois ce que je veux dire...). Je suis donc sans domicile fixe, on est bien d'accord ? Alors bon, comment dire, vous auriez pas un petit deux-pièces, m'sieurs-dames ? c'est pour vivre.

mercredi 29 août 2007

À la recherche du carton qui cartonne

Tu n'es pas sans savoir que l'élément de base pour déménager, c'est le carton. Un appartement où habiter aussi, oui, bien sûr, mais commence pas à m'énerver. Chaque chose en son temps. Donc le carton si tu permets. (Oui je fais des phrases courtes. Quand on commence à m'énerver, je fais des phrases courtes, sache-le). Et le carton figure-toi que ça se trouve dans le commerce. Non mais va pas croire non plus que j'ai acheté des cartons. N'importe quoi. Dans le commerce ok, mais gratuit.

1) Supermarché où je vais jamais.

- Bonjour, c'est possible de récupérer des cartons ?

- Ah c'est vous la dame qui déménage ? Vous êtes venue la semaine dernière c'est ça ?

Bon alors toi tu commences fort. Je veux bien que t'aies 15 ans à tout casser et que tu fasses ton premier petit boulot mais c'est pas une raison pour me traiter de dame hein, je viens tout juste d'avoir 84 ans. Pour la peine je vais dire oui, tiens, allez, je sais très bien que c'est pas moi la dame qui déménage, vu que je suis pas une dame, mais juste pour rigoler...

- Oui oui je déménage (non mais pour rire on te dit, je comptais pas la spolier de ses cartons la dame en question)

- Maman ! C'est la dame qui déménage.

Ouh toi...il te reste plus qu'une vie. Tu répètes encore une fois que je suis une dame et c'est game over.

- Mais non c'est pas elle.

Ben non c'est pas moi. Est-ce que j'ai une gueule de dame franchement ?

2) Supermarché où je vais parfois.

- Bonjour, c'est possible de récupérer des cartons ?

- Ah pas aujourd'hui, le lundi on a rien. Mais bon...

- Et vous êtes livrés quand ?

- Le mardi et le vendredi.

- Ah ben je peux repasser demain alors ?

- Oui...si vous voulez...mais bon...

Mais bon quoi exactement ? Mais bon quoi ? on peut savoir ? J'te jure les gens qui finissent pas leurs phrases, ça me...enfin bref. (Quoi ?)

- Vous pouvez les mettre de côté pour moi ?

- Oh mais vous savez y aura pas grand-chose hein. Mais bon...

Ok on sent que t'as vachement envie de rendre service toi, c'est sympa.

3) Supermarché où je vais souvent. - Bonjour, c'est possible de récupérer des cartons ?

- Mais bien sûr, y en a là, y en a là aussi, servez-vous, choisissez ceux qui vous plaisent !

Eh ben euh...du moment que c'est des cartons, ils me plaisent hein, je suis pas raciste. Mais bon (comme dirait l'autre), si tu y tiens, ceux des lessives sentent bon, disons que j'ai une préférence pour ceux-là.

- Vous voulez que je vous garde ceux de demain ?

J'en ai déduit que mieux vaut s'adresser aux commerces que tu fréquentes. En même temps, cette nana si avenante, c'était la première fois qu'on se voyait.

L'étape suivante c'est mettre en forme tous ces jolis cartons. Avec du gros scotch marron. Très sympa le gros scotch marron, j'adore, en plus j'ai le dévidoir qui dévide trop bien et qui coupe net que même pas t'as besoin de ciseaux. Bon ben là j'en suis à peu près à 200 mètres de gros scotch marron pour te donner une idée de comment je kiffe.

Puis tu remplis. Allègrement. Un fond sonore bérurier sur lequel tu chantes à tue-tête renforce l'efficacité et l'énergie. ♫ Allez allez les tribus du Vietnam ! Allez les Iroquois du macadam ! Géronimo ! GÉ-RO-NI-MO ! oh oh ! Apache ! Apache ! ♫ Allègrement les cartons tu remplis, te dis-je. Mais attention pas avec n'importe quoi. Il te faut de l'application et de la stratégie. Parce que le carton est fourbe, il a vite fait de devenir hyper lourd et après tes amis te maudissent (non parce que toi, déconne pas hein, le jour du déménagement, tu les portes pas les cartons, ben non, toi t'es posté dans l'appart et tu les agences, tu dis Ah ça c'est des livres, pose-le dans le salon...Ça ça doit être le four, la cuisine est par là...Etc, etc...Ça se passe bien comme ça un déménagement non ?)

Pour te donner un exemple, y en un j'ai mis cinq dicos plus la Bible plus la biographie de Mathusalem et, pour équilibrer avec un tant soit peu de légèreté, ce petit mot retrouvé au hasard du bordel ambiant : Paris, le 2 août 2005. Nous soussignés Ada, monamour, pote-de-monamour et nana-de-pote-de-monamour, nous engageons à partir vendredi 5 août 2005 à Vir(e) , en train, dos d'âne, de chèvre ou de Coco de Paris (cochon d'Inde alors en pension chez moi pou cause de vacances de ses maîtres), ou tout moyen de locomotion que nous jugerons bon. Fait pour servir et valoir ce que de droit. Nous nous réservons la possibilité de partir jeudi 4 août 2005, sous réserve que mademoiselle Ada soit libérée de sa mission de service public auprès de l'État français.

Maintenant que j'y pense, j'aurais dû conserver la caisse de whisky qu'on a descendue cette nuit-là, ça aurait pu servir...

vendredi 17 août 2007

À la recherche d'un appartement pas trop perdu

- Bonjour monsieur, je vous appelle à propos d'une annonce parue sur sefaireniquer.com.
- Ah oui oui bien sûr.
- Peut-on prendre rendez-vous pour une visite ?
- Ah oui oui bien sûr.
- Demain par exemple ?
- Ah oui oui bien sûr.
- ...À quelle heure ?
- Eh bien (oh dis donc c'est pas une machine, c'est un vrai gars), quelle heure vous arrangerait ? (un gars arrangeant en plus)
- Dans la mesure où je travaille, l'idéal pour moi serait en fin d'après-midi.
- Quelle heure vous arrangerait ? (un gars un peu métissé avec une machine quand même)
- 18h30, 19h...
- Alors voyons voir, étant donné que j'ai plusieurs rendez-vous, je vais consulter mon agenda (oui très bonne idée). Ah, j'ai un rendez-vous à 15h30...Alors 18h30 ça fait un peu tard...
- ...
- Et si on se voyait entre midi et deux ? À 13h30 par exemple ?
- (ben à part que ça m'arrange pas du tout, vu que je taffe, comme je viens de te le dire...) disons 13h30 alors...

En sortant du métro je consulte le plan, je mémorise droite-droite-droite, facile. Mais ça paraissait pas aussi long sur le plan, si ? Oh puis après tout, c'est peut-être une question d'échelle hein, c'est vrai ça, on pense jamais à regarder les échelles et c'est comme ça que les accidents arrivent parce qu'après on te dit Attention je la retire, et toi tu regardes jamais alors bon. Bref. De toutes façons je me suis plantée, c'était gauche-droite-droite, eh ouais, j'étais pas rendue. Heureusement (je te rassure tout de suite avant que t'imagines que j'ai raté l'appart du siècle en errant comme une âme en peine), heureusement à un moment j'arrive devant le Sacré-Coeur et je me dis Tiens, ça c'est un indice duquel je peux déduire que je suis pas du tout dans la bonne direction. Allez demi-tour.

Heureusement bis (non parce que je te sens un peu inquiet pour moi là), heureusement bis j'avais prévu un petit quart d'heure de battement, histoire de faire le tour du quartier tu vois, genre où sont les bars, les restos, les trucs festifs et vitaux quoi...enfin ça c'est pour la version officielle. Sinon pour la version réelle, c'était plus pour avoir le temps de me paumer tranquillement et t'as vu...ça a parfaitement réussi. Connais-toi toi-même, ça c'est du conseil je te le dis.

Finalement j'arrive à l'heure. Ah vous êtes mademoiselle Ada ? Allons-y. Eh ben en fait non, enfin si, je suis bien mademoiselle Ada mais il faut qu'on attende monamour. Ah ben ça alors, figurez-vous que la jeune fille là-bas attend aussi son ami. Aujourd'hui c'est les dames qui sont à l'heure tandis que les messieurs se font attendre, c'est drôle ah ah ah. Oui ça me fait trop marrer, arrête...Heureusement ter, monamour descend élégamment du bus quelques secondes plus tard. Nous montons.

Il faut que je te dise que 35 mètres carré, ça fait pas grand. Je veux dire quand tu veux vivre avec un gars qui mesure 1m92, faut quand même un peu d'espace. Et puis la soufflerie façon hélicoptère qui se déclenche dès que t'allumes la lumière dans la cuisine et dans la salle-de-bain...bon ben faut croire que les proprios ils veulent chasser les mauvaises odeurs. Et puis t'es sûr qu'on fait rentrer un lit dans ce qu'ils appellent la chambre ? Ou il faudra choisir entre un lit et une armoire ? Non parce que le truc là, le placard oui admettons, euh comment dire, j'ai pas le compas dans l'oeil ni rien mais à mon humble avis, les étagères, en largeur (d'ailleurs je me demande si pour ce genre de dimension on peut encore parler de largeur ou de profondeur, doit y avoir un terme plus précis non ?) elles font 10 centimètres. Maximum hein...

Bien. Avec ces nombreuses qualités soulevant notre enthousiasme, que crois-tu que nous fîmes ? Eh ben on laisse un dossier au monsieur bien sûr.

vendredi 22 juin 2007

♫ Désormais vous êtes invités à laisser l'État dans les WC où vous l'avez trouvé en entrant ♫

Je suis fatiguée fatiguée fatiguée et c'est pas spécialement le gars psychopathe de mon taff qui dit jamais bonjour et qui ce matin m'a doublé sur le trottoir en faisant des sauts de cabri (pas parce qu'il était pressé, juste histoire de me passer devant puis de ralentir tout à son aise, les gens sont cons qu'est-ce que j'y peux, on fera pas leur bonheur malgré eux), en plus il arrêtait pas de se gratter la cheville ou de remonter sa chaussette je sais pas, et en montant les marches il s'est retourné furtivement, genre j'ai l'impression d'être suivi, ben oui ducon, on travaille au même endroit, à la fin j'en ai même ri...bref c'est pas ce psychopathe ni les crêpes de gerbe de nos joyeux congénères fêtards de la musique mais malades qui m'ont mis la pêche.

La fête de la musique en fait c'est un barbecue géant et si tu te poses dans un bar, t'es obligé de gueuler comme dans une boîte de nuit, avec queue pour accéder aux chiottes en option. À ce propos, suite à quelques tâtonnements empiriques, j'ai mis au point une technique pour pisser en toute sécurité, notamment dans le bar où la porte ferme pas à clé, je te la livre dès fois que ça t'arrive (si tu es un homme, ça te concerne beaucoup moins, bien que je ne connaisse pas ta position préférée en la matière) (et après ça tu pourras pas dire que la vie est simple) :

Alors avant toute chose tu prends quelques feuilles de PQ, c'est important de pas oublier, ça peut tout compromettre. Ensuite tu procèdes au déshabillage de la partie basse de ton corps, dans un premier temps en tournant le dos à la porte, pour ce qui concerne la phase dégrafage de braguette, ainsi en cas d'ouverture intempestive de la porte, ton intimité est préservée. Tu opères ensuite un retournement assez inattendu et très rapide où d'un geste sûr tu saisis, disons de la main gauche, la poignée de la porte, tandis que ta main droite (celle-là même qui tient les feuilles de PQ, oui) s'occupe de baisser ton pantalon et ta petite culotte. Bien, à ce stade tu es au comble de la fragilité, alors je te conseille de faire vite. Je ne sais pas si tu visualises bien la scène : tu es actuellement accroupi (non pas assis, les filles ne s'assoient pas sur les chiottes, sauf chez elles et chez les gens qu'elles aiment beaucoup), une main sur la poignée et, détail qui tue, sur la pointe des pieds, car étant donné la salubrité du lieu au fur et à mesure de l'avancée de la soirée, si tu te la joues pas danseuse, ça trempe dedans...eh oui c'est crado. Après c'est facile tu fais tout pareil mais dans l'autre sens, en lâchant la poignée de la porte le plus tard possible. Variante moins discrète : crier à tue-tête pendant toute la session CÉTOKUPÉ, CÉTOKUPÉ, CÉTOKUPÉ. Et puis si t'es pas satisfait, t'es pas remboursé, vu que l'efficacité du système dépend un peu (ne nous leurrons pas, nous visons ni plus ni moins à limiter les dégâts) de ta capacité à résister en cas d'attaque et de forte poussée de l'autre côté. T'es un sportif ou bien. Et si tu portes une jupe, je te conseille plutôt de demander à ta copine de te tenir la porte comme au bon vieux temps. Et puis tu te laves les mains, t'es gentil, ou alors t'arrêtes de bouffer les cacahuètes.

Franchement t'as vu, j'ai de quoi être crevée. En plus, avec monamour, on a tout bien fait, on s'est inscrit partout, on a activé des alertes, comme quoi ils nous préviennent trop vite, à n'importe quel moment du jour et de la nuit, direct ça s'affiche et ça clignote, ils t'envoient un mail qui fait sonner ton portable, c'est moderne, je crois même qu'on est en lien direct avec le commissariat, ou la maison blanche, je sais plus trop, et ils te disent : ah tiens y a un taudis minuscule et hors de prix, ça rentre peut-être dans vos critères. Enfin toujours est-il que hier c'était notre première visite d'un deux-pièces, on était trop mimi avec nos petits dossiers sous le bras et le paquets de photocopies nécessaires, on arrive devant le bon numéro et là y a la queue dans tout l'escalier, on estime l'attente à environ la moitié de la nuit et on se casse direct. C'est prometteur moi j'dis.

Bref je suis cuite et je vais de ce pas passer quelques jours au soleil, pour un repos bien mérité oui tu peux le dire. Tu as donc quartier libre jusqu'au 2 juillet.

mardi 29 mai 2007

"Un break par rapport à quoi Elisabeth ?"

Ah ben ça fait du bien une petite pause comme ça, tranquille pépère, franchement je te conseille.

Au départ je me suis demandée si j'allais pas réaliser ces trucs de ouf pour lesquels je manque toujours de temps, genre faire un ménage de printemps dans la cuisine, ou classer tous les papiers qui s'empilent sur le bureau, voire (carrément dingue) trier des fringues. Au final force est de constater que c'est pas de temps que je manque mais d'envie. Au diable les trucs de ouf, allez, n'écoutant que mon courage, j'ai décidé de rien faire. Carrément.

Eh ben crois-le ou pas, j'y suis pas arrivée. Qu'est-ce que tu veux, je suis hyper active moi, l'oisiveté c'est pas mon truc, je tiens pas en place, faut toujours que je m'agite, que je travaille, que je me rende utile...c'est plus fort que moi. Alors là, ça a été 1 ciné par jour, 1 livre par jour, 1 terrasse par jour, 1 resto par jour, 1 grasse matinée par jour, 1 sieste par jour. Tu vois le programme, pas trop un truc de feignasse quand même.

Je suis tombée là-dessus (je te le mets en italique des fois que tu sois pressé, tu peux zapper) : On pourrait l'accuser de lâcheté, bien sûr, mais on pourrait tout aussi bien le décrire comme un homme en plein conflit. Peut-être n'était-il pas tout à fait sûr de vouloir épouser Saint John. Peut-être n'était-il pas prêt à renoncer à O'Fallon. Peut-être se sentait-il déchiré entre les deux femmes, ayant besoin de l'une et de l'autre. Le remords peut entraîner quelqu'un à agir contre son intérêt, mais le désir aussi peut faire cela, et quand remords et désir se mêlent à parts égales dans le coeur d'un homme, celui-ci est susceptible de se conduire de façon étrange. Bon, point de vue style, c'est pas l'extase ok, mais quand même hein, j'aime bien quand on me dit que non, je suis pas lâche, je suis juste étrange. Oui donc oui. Oui oui oui. Je développe pas, je pense que tu vois à peu près.

Je suis aussi tombée (retombée est plus juste) (de sombrero) sur le facétieux charisme de Louis Garrel. Ah oui tiens, encore un triangle t'as vu ? (sinon tu peux y aller, c'est bien)

J'ai noté que le deuil, la mort, la perte sont des thèmes très à la mode en littérature et en cinéma d'aujourd'hui. Mais j'ai pas poussé l'analyse plus loin, attends, j'avais pas que ça à faire non plus, c'était l'heure de l'apéro.
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Une semaine loin du taff. Une semaine loin de toi aussi, pauvre chou. Sept jours de réflexion. Et aujourd'hui j'ai informé mon propriétaire que dans trois mois..

mardi 10 avril 2007

♫ La terre n'est pas assez ronde ♫

Forcément on n'a pas 83 ans impunément, pourrait-on penser (et avec tout ce qu'on pense de nos jours...Tiens par exemple tout à l'heure, sur mon lieu de travail, j'ai entendu dire Les gens ont la nostalgie de la dictature...déjà que je me réveille en sursaut au milieu de la nuit en proie aux affres du doute sur la nature du bulletin que je vais glisser dans l'urne, j'te jure...) Mais en fait je te le dis, c'est n'importe quoi.

Parce que bon, ok je me lève le matin, je passe sous la douche, je fais des séries d'abdos (non mais tu m'as bien regardée ? tu vois bien que j'en ai pas besoin) je commence à manger un yahourt (ouais je sais, je suis sur une pente savonneuse, j'intègre progressivement le concept de petit déj, avec des aliments sucrés qui plus est, les jours travaillés. Faudra pas s'étonner que je sois encore plus à la bourre). Et au bout de la troisième cuillerée environ, ça part en vrille et je suis obligée de me recoucher. Complètement stone mamie Ada. Deux jours consécutifs, rien que ça.

Alors je réfléchis à ce que j'ai bien pu faire pour en arriver là : trop boire ? non, pas assez dormir ? non plus, mal manger ? toujours pas. Pas d'explication rationnelle au phénomène ? Je me tape une chute de tension simplement parce que c'est de mon âge ? Allez arrête tes conneries. Le malaise vagal je veux bien ; le vague à l'âme je préfère. Moi aussi je peux fixer des vertiges si je veux.

Par exemple, la copine de l'Écrivain...tu sais, celui avec qui j'ai trompé monamour (y a longtemps) on pensait qu'on pouvait transposer notre entente intellectuelle au pieu, alors que c'était une erreur, on n'avait rien à faire sexuellement ensemble, mais on pouvait pas savoir avant, on a été élevé comme ça que veux-tu : avant de dire que t'aimes pas, tu goûtes. Sa nouvelle copine donc (et crois-moi que ça a été un véritable soulagement qu'il rencontre une nana après, vu qu'à un moment il était bien amoureux) (mais moi les purs esprits tu m'excuses hein) elle veut qu'on fasse copines. Non mais je comprends bien, je suis quelqu'un de tellement sympathique (et modeste). Qu'elle soit au courant du rôle que j'ai pu jouer dans la vie de son cher et tendre, je n'en suis pas certaine, mais franchement c'est possible. Elle m'abreuve de compliments, comme quoi mes fringues elles sont trop belles, et elle se soucie de ma vie. Elle espère peut-être neutraliser ainsi ce qu'elle considère (à tort, elle a rien à craindre) comme l'ennemi (en la personne de moi-même). Sauf que c'est pas vraiment possible l'amitié entre nous. Déjà parce que l'Écrivain il veut malgré tout garder quelques distances. Et surtout j'ai pas envie. Elle a beau être gentille et tout (et plus encore, oublie pas que c'est la copine de l'Écrivain, ça nécessite quelques qualités quand même) ce truc-là me paraît pas sain.

Après y a l'ex de monamour, celle avec qui il est sorti pendant le court intermède où on a réussi à pas se voir du tout (car monamour est fidèle, lui) (bon ben ça va oh, chacun ses particularités. Nos différence font la richesse du monde je te rappelle) qui traîne pas mal dans un des lieux où on va danser. Alors elle, elle essaye pas de faire copine avec moi. Elle drague plutôt un pote de monamour. Et ça marche. Non mais là, je sais pas si tu mesures l'ampleur de l'affaire. Je pense pas, non. Ce pote de monamour, je le voyais un peu comme un modèle de jeune homme qui fait tout bien dans l'ordre : avoir du travail mais continuer à vivre chez ses parents le temps de trouver un appartement pas cher et bien situé, l'aménager, vivre en célibataire mais pas déconner, se coucher tôt en semaine et pas trop tard le week-end, puis prendre une copine bien lisse. Enfin tu vois, typiquement le gars funky quoi. Alors moi je pensais que la fidélité, si y en avait un pour la représenter dignement, c'était lui. Tu parles...Et même après il s'est plaint que c'était un mauvais plan parce qu'elle est trop poilue. J'te jure, je le reconnais plus. Elle, par contre, pour soigner ses chagrins, elle a des méthodes thérapeutiques pour le moins discutables.

Je te mettrais tout ça sur le divan moi, ça traînerait pas...Non mais tout de suite, c'est pas la peine de me parler d'hôpital et encore moins de charité, ça me coûte assez cher comme ça. Enfin c'est le prix à payer à ce qu'il paraît.

Je fais abstraction (oui abstraction, tiens, pourquoi abstraction, ça c'est une bonne question) des voeux de monamour qu'on se trouve un appart avec vue dégagée, sur le canal par exemple. Mais quand même, j'avoue, je kiffe.

Sur ce le charmant charmeur chilien prend des nouvelles du pingouin. Le temps passe, les rancoeurs osso. Jé bocou pensé o pingouin aujourd'hui, j'espèr kil va bien...je t'invite à prendre un verre syl veut.

Tu m'étonnes que j'ai la tête qui tourne.

mardi 3 avril 2007

♫ Ah qu'est-ce que tu me fais, ma raie ! ♫

Samedi c'est l'anniversaire du nouveau bar. Tu penses qu'avec mon pote on veut pas rater l'événement. C'est un peu notre deuxième maison le nouveau bar je te rappelle, on est concerné au premier chef, parce que bon il vit grâce à qui ce lieu mmm ? Ils font les choses bien avec buffet (et même le patron nous file du rab tellement on est affamé) et boeuf musical qui assure. Comme d'habitude le Chanteur veut qu'on prenne date pour jouer au Scrabble et le patron pour manger une entrecôte.

Sur ces entrefaites le charmant charmeur chilien débarque. J'y suis préparée psychologiquement, je m'attends à tout, y compris au pire. Eh ben je suis pas déçue, il me dit bonjour de très loin avec un air crispé voire rancunier. Ok, gardons nos distances. Plus tard, quand je détourne le regard de la scène, je me rends compte qu'il est posté derrière la fenêtre, sa pinte de bière à la main, en train de m'observer depuis l'extérieur. Et dès qu'il voit que je vois, il s'éclipse. Que veux-tu que je te dise ? L'oeuvre a fait son temps et le temps fera son oeuvre.

Lundi c'est l'anniversaire d'un pote. On fête ça dans un bar où les chiottes ferment pas à clé, c'est plus pratique. En plus on boit de la bière, pour être sûr d'avoir besoin d'y aller souvent. La première fois je me fais donc surprendre pendant mon lavage de mains et quand je sors, le gars dit Ne vous inquiétez pas, ça arrive. Eh oui, se laver les mains, ça arrive...La seconde, une voix m'interroge derrière la porte : C'est qui ? C'est occupé, comme ça se prononce. J'te jure on se marre trop.

Bon on récapitule : vendredi, anniversaire de Phénix ; samedi, anniversaire du nouveau bar ; lundi, anniversaire d'un pote. Et dimanche ? me diras-tu.

Eh bien dimanche, monamour et moi on se fait part du fruit de nos réflexions au sujet de notre avenir. Il en ressort qu'on va vivre ensemble dans quelques mois et peut-être dans un endroit qu'on aura acheté (moi-même j'ai du mal à croire ce que je viens d'écrire). Je flippe pas du tout, je me sens bizarre, c'est pas pareil. On peut donc dire que ça deviendra la date anniversaire du jour où on s'est dit oui. Bon, ce qui me rassure c'est que ça tombe un premier avril.

mardi 19 décembre 2006

"Un coup de dés jamais n'abolira le hasard"

Je crois que tu l'as échappé belle. Selon toutes apparences, la dure loi (sed lex) de la sélection naturelle a fait son oeuvre d'élimination. Je te laisse deviner lequel de mes partenaires s'est vu forcé de quitter la scène, et en attendant je te raconte mon week-end (mais te réjouis pas trop vite quand même, on sait jamais).

Vendredi soir au nouveau bar, y a un concert que je veux pas rater. J'y retrouve mon pote et sa belle, ainsi que pas mal de connaissances du quartier. Ex-monamour téléphone, on se file rencard chez moi. Seulement, les artistes sont sacrément à la bourre, de sorte que le concert débute à peine que je me vois dans l'obligation de lever le camp. Hors de question.

Je dégaine mon portable : ex-monamour est déjà devant ma porte (cet homme qui n'a jamais eu moins d'une demi-heure de retard au temps où nous formions un couple (harmonieux le couple d'ailleurs, étant donné ma propre ponctualité défaillante), cet homme donc, aujourd'hui que nous ne sommes plus ensemble, est systématiquement en avance. Je ne sais pas comment analyser ce constat). Je lui explique l'affaire et il vient me rejoindre au nouveau bar. Eh oui, tu as bien lu, au nouveau bar. On abat les cloisons pour y voir plus clair. Il ne passe pas inaperçu, pour diverses raisons, notamment sa grande taille et sa plastique remarquable, mais surtout parce qu'il est avec moi qui d'habitude suis avec le charmant charmeur chilien. Ma copine la serveuse, assez au fait de mes péripéties sentimentalo-sexuelles, lui sert des whisky en me faisant des sourires. Puis on rentre.

Samedi, déménagement. Mon amie bascule dans la cohabitation avec son chéri. Ex-monamour est convoqué tôt le matin pour le chargement, tandis que je ne participe qu'au déchargement. Pour apporter les deux bons petits diables (si pratique) gentiment prêtés par l'épicier et le boucher, je me coltine, avec le chéri, un trajet Barbès-La Chapelle à pied (ouais c'est à côté, mais il pleuvait je te signale).

L'après-midi, séance Légo, laisse parler ta créativité, défonce-toi les doigts à coups de marteau : j'aide mon amie à monter des meubles suédois, sans les notices qu'elle a depuis longtemps égarées, et dans une pénombre grandissante vu qu'ils ont pas encore inventé la lumière. Le soir, sur sa proposition, je retrouve ex-monamour chez l'Italien, le resto où, fut un temps, on allait comater le dimanche soir après la nuit blanche du samedi...

Dimanche, déménagement suite et fin. Cette fois on s'occupe des affaires du chéri. Il en a beaucoup plus et elles sont bien plus lourdes. L'équipe a par conséquent été renforcée et renouvelée. Y a que moi qui ai été conviée sur les deux jours...tu vois où ça mène les amis, je te conseille pas. Cependant à 15h tout est bouclé et nous voilà au bar, les pressions défilent, tu peux pas imaginer. Au point qu'à 19h on a l'impression qu'il est 6h du mat et on migre jusqu'à l'Indien pour éponger.

C'est le moment que choisissent le charmant charmeur chilien et le gars à la guitare pour se manifester par SMS. Ils se font éconduire. Puis ex-monamour appelle et à lui je dis oui.

Lundi. Je reste au lit avec lui jusqu'au milieu de l'après-midi. Le soir y a mon taff qui fête son anniversaire. Bon comment te dire ? C'est à peu près tout pareil que d'habitude, sauf que tout le monde est bourré. Sur la piste de danse (oui je dansen parce qu'à un moment faut bien s'occuper et surtout dépenser son trop-plein d'énergie), au rythme endiablé de la Mano Negra, je m'aperçois que la personne qui danse à côté n'est autre que mon directeur. Alors il me fait un grand sourire comme quoi on serait un peu frère. À toi je peux le dire, il danse pas super bien, un peu coincé du cul, ce qui aide pas en la circonstance. Mais ça doit faire partie du boulot.

Ça (tout ce qui précède), c'est ce que j'aurais pu te dire hier vers 22h. Mais après y a eu échange de SMS avec celui que soi-disant il est éliminé et que tu dois deviné. Bref, je le retrouve au nouveau bar. Et c'est toi qui est à nouveau mal barré vu que la nuit a été bonne.