(Je t'ai mis la prononciation entre parenthèses des fois que ça t'échappe)
Hier soir j'ai vu Bashung en concert, pour la troisième fois de ma vie et j'espère que ce sera pas la dernière si tu vois ce que je veux dire...Magnifique comme d'hab. Ouverture sur Comme un lego, fermeture sur Night in white satin où tout le monde dit I love you. Dans l'intervalle que du bonheur. Très émotionnant vraiment, comment te dire, je suis encore dedans à l'heure où je te parle. Gros couac tout de même : la première partie qui chante faux, pousse des cris suraigus à t'en faire saigner les oreilles et se fait copieusement siffler et huer par une partie de la salle. Tu vois le barde dans Astérix ? Pire. Elle part énervée sur un Ouais on sait que vous avez voté Sarko hors sujet. Eh ben figure-toi qu'il s'agit de madame Bashung en personne...Je sais pas si l'amour est aveugle mais sourd oui.
J'étais accompagnée, entre autres, par un couple d'amis dont je t'ai causé ici par exemple (je republie cette note pour l'occasion. Je remettrai en ligne, dans un avenir plus ou moins proche, la totalité des archives. Hein t'es content ?)
Un soir ce couple d'amis a débarqué à la maison, tout joyeux, en annonçant Ça y est, on a acheté un appartement ! Youhou. Et ils commencent à nous en faire la description. Et puis monamour s'en mêle : Et l'entrée elle est comme ça. Et la chambre elle est là, juste à côté la cuisine...Et eux : ben oui, comment tu sais ??? Et lui : c'est au numéro tant de telle rue...Oui !!! Mais...??
Eh ben en fait monamour a vécu en colocation dans cet appart pendant ces années étudiantes. Ils l'ignoraient au moment de l'achat évidemment, car ce ne sont pas les amis de monamour mais les miens. Dingue non ? Bon par contre il va pas le reconnaître l'appart quand ils nous convieront à la crémaillère, vu qu'ils ont tout cassé et tout reconstruit ; ça va lui faire comme dans l'émission de télé où les gars en une journée ils te refont les peintures, les sols, les rideaux et même la salle de bain, enfin les trucs que toi il te faut toute une vie pour pas les finir et après t'arrives, t'attends qu'elle dise 3 pour ouvrir les yeux et tu dis Mais c'est pas chez moi ici...Je pense que ça va lui faire ça, à la différence près que ce sera effectivement pas chez lui puisque ce sera chez eux.
Alors cet appart, après de longs mois de travaux (eh oui ils ont fait ça avec leurs blanches mains, pas avec l'émission de télé, d'où les délais), est enfin devenu vivable, ce qui a donné lieu à un déménagement en bonne et due forme pas plus tard que le week-end dernier. Autant te dire que chaque fois qu'on se voit, avec ces amis, on s'extasie devant les coïncidences de la vie, c'est un leitmotiv dont on ne se lasse pas. Ça n'a pas manqué, une fois de plus, lors du déménagement.
Et puis, tandis que je descendais l'escalier, chargée d'un des nombreux cartons qui firent le sel de notre journée, voilà-t-y pas que je m'entends interpeler ainsi : Bonjour Ada. Et qui vois-je en me retournant d'un geste pas très élégant ni très souple mais je te rappelle que j'avais dans les bras un carton qui entravait ma liberté de mouvement. Qui vois-je donc ? Nul autre que mon directeur, qui fut, jusqu'à ce jour précis et à l'insu de tous, le voisin de ce même couple d'amis. Là ça devient cosmique. Et je dis avec Bashung ♫ c'est l'heure où je glisse dans les interstices ♫