Affichage des articles dont le libellé est Vacances. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Vacances. Afficher tous les articles

mercredi 26 septembre 2012

♫ Trempez-la dans l'huile, trempez-là dans l'eau, ça fera un escargot tout chaud ♫

Je viens de prendre conscience que c’est la rentrée. Faut dire aussi que je n’ai pas tellement pris conscience que c’était les vacances (même si je fais partie de cette clique de privilégiés qui se payent le luxe de partir, pas forcément loin de chez eux, mais au moins ailleurs et longtemps).


De façon classique ça a commencé dans un train, mademoiselle A sur mes genoux, côté couloir ; côté fenêtre une dame âgée accompagnée de son chien Furoncle. Aux alentours de longtemps avant d’arriver, mademoiselle A s’est mise à vomir sans préavis (la gerbe sans signe extérieur apparent de malaise est une des caractéristiques des enfants de son âge qui ne laisse pas de m’étonner). Impression soudaine que des litres de liquide malodorant se répandent en cascade dans le wagon. Mais c’est pas qu’une impression dis donc.  La maîtresse de Furoncle, que jusqu’alors je trouvais sympathique car elle ne se formalisait nullement que mademoiselle A, prise d’enthousiasme juvénile et de curiosité débordante pour son environnement, lui envoyât parfois de bons coups de pieds dans les cuisses, la maîtresse de Furoncle n’aurait pas dû dire Il ne faut pas trop nourrir les enfants avant un voyage, ça ne m’a pas aidé. Je veux dire dans ces cas-là, le mieux, à défaut de participer au nettoyage, c’est de fermer sa gueule.

Nous nous sommes finalement installées dans le sas, devant la porte des chiottes, mademoiselle A nouvellement équipée de linge frais et confortable (pas forcément coordonné parce que pioché à l’aveuglette dans la valise), l’estomac bien purgé  et toute joyeuse de voyager dans sa poussette, et moi, le pantalon raidi des fluides corporels parfumés de mon bébé d’amour qu’il est trop mignon tout plein mais putain de merde tu fais vraiment vraiment chier là, surtout que tu as poussé l’élégance, la putain de ta race maudite, jusqu’à m’en mettre entre les doigts de pieds qu’habillent une paire de sandales qui vaut une fortune, t’as intérêt à ce que ça se nettoie bien bordel.

Voilà, c’est à peu près là que la tentation de l’exfiltration m’a saisie.
Et c’était que le début.

Le soir mademoiselle A fut mise à la diète, selon le principe du Dans le doute, abstiens-toi (plus un peu de vengeance personnelle, évidemment, tiens ça te fera les pieds, les miens c’est déjà fait merci), ce qu’elle me fit payer, tu t’en doutes, en passant le restant des vacances, à savoir la totalité donc si tu suis, à se précipiter sur le moindre élément d’apparence comestible en geignant de façon fort convaincante et convaincue À man-yer…à man-yer…avec ce petit accent roumain qui n’aurait pas dénoté dans une rame de métro. Et là, dans le même esprit que pour  la maîtresse de Furoncle, je ne saurais trop de te conseiller d’éviter les réflexions du type Eh ben alors ! tu ne la nourris pas cette enfant ! (rires) ou encore Il vaut mieux ça que le contraire, qui certes n’ont rien d’agressif ou de dérangeant en soi mais qui, comment dire, lassent oui c’est ça lassent mortellement à force, un peu comme le leitmotiv affamé de la chair de ma chair (mange ta main et garde l’autre pour demain, disait mon grand-père ce grand sage). Par exemple après une nuit entière de séparation au cours de laquelle elle n’avait pas vu sa chère mère (alias sa raison de vivre, son centre du monde), Mademoiselle A ne disait pas Bonjour maman chérie mais bien plutôt À man-yer…à man-yer…C’était sa première contribution vocale le matin.

Alors le matin, tiens, parlons-en. À Paris, en période d’activité normale, mademoiselle A s’éveille comme une fleur autour de 7h. Là elle s’était programmée pour réclamer sa pitance (pour mémoire : À man-yer…à man-yer…) autour de 6h, histoire de profiter à fond des vacances. Et c’est vrai que dans cette petite commune du sud-est de la France, y avait des tonnes de trucs à faire à l’heure où même les insomniaques dorment. Mais au moins vous profitez de la fraîcheur. Ben oui, sacrée consolation dis donc. Mademoiselle A est à l’âge où elle ne peut pas encore vraiment s’occuper seule (non parce qu’à un moment ça advient quand même ? rassure-moi) et où, surtout, on ne peut pas la laisser sans surveillance. Vigilance est le maître mot. Attentifs ensemble, avec toi dans le rôle du méchant flic (pas les mains dans la poubelle, pas les chaussures sur le lit, pas les doigts dans la prise, pas d’acrobaties sur le balcon…) et elle dans le rôle du sauvageon (ah ouais ok, puisque c’est comme ça, je vide toutes les étagères de la bibliothèque, je claque les portes des placards jusqu’à ce que mort s’ensuive, je bois l’eau de mon bain y compris quand j’ai pissé dedans). Tu as l’impression d’être Big Brother, mais d’où t’es son frère ? d’où ? toi t’es sa mère on t’a dit. Les joies du dressage. Ou comment tu dis déjà ? Ouais, de l’éducation.

Oh bien sûr il y a ces moments magnifiques d’émotions partagées, d’amour et de communion, bien sûr, je ne peux pas le nier, juste je cherche un exemple. Ah ben tiens, par exemple à midi, quand tout le monde a faim et qu’on chante en chœur À man-yer…à man-yer...Quelle expérience inoubliable ! Se lever tôt, très tôt. Avoir envie de tuer tout le monde ou de mourir (selon que tu te sens pas trop bien ou très mal), ou au moins de disparaître dans une dimension parallèle où il n’y aurait pas d’enfants, pas de famille, pas d’êtres humains, un monde civilisé quoi merde. Se dire que c’est les vacances et qu’on est bien plus fatigué que quand on bosse.

Autant te dire que je suis hyper contente que ce soit la rentrée. 

jeudi 24 septembre 2009

♫ Bleu bleu le ciel de Provence, blanc blanc blanc le goéland, le bateau blanc qui danse ♫

Je sais, Marcel Amont c'est pas de ton temps. Ça tombe bien, je vais pas non plus te parler de la Provence.

Le truc sympa avec Héphaïstos, c'est ses bons plans. Déjà la maison cubique blanchie à la chaux
elle te rend quasi fou de joie et tu veux plus la quitter. J'ai envie de dire ♫ Que la montagne est belle ♫. Tu te prends pour un botaniste à force de reconnaître les figuiers, le jasmin et la vigne du premier coup d'oeil (ouais ben eh). Tu croises pas grand monde, à part au bar-restaurant, coeur et unique organe social du village, et quand un soir, de retour d'ici ou là, te prend l'envie d'immortaliser ce paysage, tu luttes longtemps pour ouvrir la portière de la voiture à cause d'un vent violent. Au péril de ta vie tu te perches au bord du ravin et tu prends de misérables photos en bougeant au rythme des rafales, tandis que tout le monde (à savoir personne + tonamour) voit ta petite culotte.

(Sauras-tu retrouver la maison cubique parmi les maisons cubiques ?)

Mais Héphaïstos, ce n'est pas que la montagne. Héphaïstos, c'est aussi l'hôpital. Le matin où monamour se réveille avec les boules là, et qu'il lui demande l'adresse d'un médecin, Héphaïstos le prend par l'épaule et nous emmène à l'hôpital. Attends gars, qu'il lui dit monamour, moi je veux juste un rencard chez le médecin, j'ai pas de temps à perdre hein. Rien à faire, on va à l'hôpital. Et là c'est miraculeux : tu arrives aux urgences, tu dis que tu as mal à la gorge, personne ne rit de toi, personne ne te conseille de te jeter d'abord du troisième étage pour que le physio à l'entrée te prenne en considération. Non, on inscrit ton prénom sur un bout de papier (on ne te demande ni ton nom, ni ton adresse, ni ton matricule), tu attends, allez, 10 minutes dans un couloir, on t'ausculte, tu payes pas et tu vas acheter des médocs pour la gorge. Tu rêves pas.

Héphaïstos, c'est encore la mer. Précisons que ce voyage n'était pas prévu de longue date (autrement dit organisation zéro, free style impro) et que lorsque le susnommé nous proposa un séjour mi-montagne, mi-mer, nous acceptâmes avec soulagement afin de s'éviter la galère du vrai routard. Ainsi donc la mer.

Une petite crique très peu, voire pas, fréquentée. Où j'ai lu des livres et bien bronzé. Où une crevette (ou était-ce un petit poisson ?) venait nous mordiller les parties charnues. Où il s'est avéré que monamour est bien meilleur que moi en ricochets (c'est nul t'façon les ricochets).

Héphaïstos enfin, c'est le bon pote. Celui qui t'amène à son QG à la tombée de la nuit, petite plage de sable fin, parasol et lumière tamisée. Qui te dit Tu es ici chez toi, on va passer du bon temps ensemble. Qui te présente ses potes qui viennent s'attabler aussi. Qui raconte sa vie et qui te fait marrer. Qui aligne les pintes en veux-tu en voilà, non non non you're my guests, à tel point que le lendemain, que crois-tu ? Ben oui, t'es obligé d'y retourner pour mettre la tienne.

mercredi 2 septembre 2009

♫ Mais y a pas d'soupe ! Rien n'est parfait ♫

La base du régime crétois, c'est l'huile d'olive, tu savais pas ? T'inquiète, Héphaïstos nous a tout bien expliqué.

La première partie du séjour, on habitait dans une maison cubique sur la montagne dans un village pittoresque, à savoir en ruines.

Pourquoi donc en ruines ? Bonne question. Ce village très ancien, au temps de sa prospérité, abritait de nombreux cultivateurs d'oliviers. Mais voilà que l'olive, de nos jours mon bon monsieur, ça rapporte plus des masses. Parce que bon déjà faut les abreuver les arbres. Eh oui mais dans ces contrées où l'eau pousse pas sous le sabot d'un cheval, c'est compliqué parce que t'es aussi obligé d'arroser le monsieur qui ouvre le robinet sinon il te donne ta ration, basta, et tes oliviers mon pauvre c'est pas demain qu'ils te donnent des olives (par exemple lui Héphaïstos, il a 180 oliviers, qu'il ne traite pas au pschitt-pschitt, autant dire bio, ce qui engendre un fort taux de perte. Eh ben avec ses 180 oliviers, il obtient 80 litres d'huile par an). Bon mais admettons que t'aies de quoi arroser le monsieur. Tu sais combien tu le vends ton litre d'huile aux grossistes italiens qui après te mélangent tout ça comme des barbares ? 80 centimes mon petit, au moins 100 fois moins que le prix de revente dans ton supermarché. Si c'est pas l'arnaque. Alors dans ce village à un moment ils se sont dit faut arrêter de nous prendre pour des cons, on descend vers la mer louer des maisons aux touristes, on leur fait à manger et puis ça va bien. D'où les ruines.

Cela dit on a bien mangé.

Des tomates.

Du poulpe.

Mais pas de poisson. Ah non, le poisson au mois d'août, cherche pas, y en a pas. Ou plutôt il est accaparé par les grandes chaînes d'hôtels et de restaurants de la côte nord (la côte nord c'est le Saint Trop' de la Crète, c'est pourquoi nous étions au sud-est), que même si tu t'appelles Héphaïstos, ton poissonnier il te dit Désolé gars, reviens dans un mois, là c'est mort. Ou alors ça coûte très cher.

Le régime crétois, non mais laisse-moi rire. Et si je te disais que les Crétois sont obèses hein, ça te calmerait ? T'as beau te nourrir de greek salad ultra-diététique comprenant tomates-concombre-poivron (jusqu'ici c'est comme si t'avais rien bouffé hein) plus de la féta que quand même va falloir survivre, tu crois vraiment que ça intéresserait quelqu'un si ça baignait pas dans l'huile d'olive ? Et la moussaka ? faudrait pas que ça accroche au fond hé dis. Quant aux aubergines (je veux encore des aubergines frites, je veux encore de la salade d'aubergines, encore encore encore), c'est bien connu, c'est très absorbant, et ça se fait pas cuire à l'eau dis donc. Alors hein bon tu m'as compris. En plus chaque fois que tu commandes un apéro, ils t'amènent trois petites assiettes de trucs bons qui comptent pas t'sais (putain on a l'air de quoi avec nos cacahuètes rassises et nos pop-corn écorcheurs de gencives ?). Pour finir, et c'est là qu'on voit qu'il fait bon vivre dans ce pays, la pinte de bière est à 2 euros et le paquet de clopes à 3.

mercredi 26 août 2009

♫ Robinson Crusoe n'a plus un vendredi d'libre ♫

Alors cette année on est parti en Crète. Pendant le voyage aller j'ai découvert un nouvel aspect de monamour tout à fait étonnant : cet homme est anxio-extra-lucide.

Première transe anxieuse : qu'on reluque son passeport de trop près. Faut dire aussi qu'il a recollé lui même la photo qui ne tenait plus qu'à un fil (à Londres, contrairement à Madrid où ils s'en contrefoutent, ça rigole pas avec les photos décollées, ils te font la leçon tellement méchamment que t'es presque volontaire pour faire demi-tour). Eh ben crois-le, crois-le pas, ça passe beaucoup mieux comme ça. On pourrait donc supposer qu'il est préférable d'avoir de faux papiers pimpants que de vrais abîmés.

Transe anxieuse numéro deux : qu'on rate la correspondance à Athènes à cause du retard du premier vol. On a beau courir dans la galerie duty free, on arrive en avance pour l'embarquement du second vol, lui aussi en retard (ils font bien les choses faut reconnaître).

Et là, comme on commence à être un peu trop tranquille, à survoler de charmants paysages,


il active l'anxiété numéro trois : et les bagages ? seront-ils bien orientés ? va-t-on les retrouver entiers à destination ? Je le rassure en faisant valoir qu'au pire on ira dans un camp de nudistes et puis le tour est joué, tiens bois une bière.

Cependant à Héraklion, une fois qu'il a eu récupéré son sac, que tous les autres passagers ont eux-mêmes récupéré leurs sacs, que la dame de la compagnie m'a dit d'aller voir le tapis roulant d'à côté et que je n'ai toujours rien vu venir, la perspective du camp nudiste ne m'a plus beaucoup fait rire.

Oui mais bon eh oh, respect à monamour je te signale, dont l'anxio-extra-lucidité frappe là où ça fait le moins mal. Ben ouais regarde, si son passeport était retoqué, on partait pas ; si on ratait la correspondance, on perdait de l'argent. Là on perd mon sac : pff une broutille, on va retrouver les vraies valeurs contemplatives, loin du monde consumériste, pas un bouquin à lire, rien (je veux dire à part les siens de livres, mais moi La Grèce pré-classique j'avais pas trop envie). Franchement il assure.

C'est aussi à ce moment que j'ai pris conscience qu'il allait falloir gérer en anglais. Pas de problème puisque pour commencer elle me montre des photos de sacs et je dois sélectionner celui qui ressemble le plus au mien. Après elle ouvre l'armoire derrière, et là dans ton petit cerveau traumatisé qui fait un déni de réalité, tu te dis que obligé elle va en sortir l'objet du désir...mais non, elle prend juste un rouleau de PQ pour s'essuyer les mains. Ensuite elle dit : Well, when I'll have news, I'll send you an SMS, sorry, bye. Attends. Attends, tu vas pas me laisser comme ça en plein désarroi ? tu vas pas m'abandonner ? tu vas le retrouver mon sac hein dis ? I'll send you an SMS. Mais je m'en fous de ton SMS, je veux mon sac.

Bref on sort de l'aéroport et on tombe sur un monsieur qui tient une pancarte "Monamour", c'est le loueur de voiture. Je fume deux clopes d'affilée le temps de lui raconter la mésaventure et là, je ne sais pas comment il fait, mais avec deux trois mots genre Take it easy, you're on holidays, il me décontracte tout en douceur. Je prends le volant, en route pour le sud-est. Deux heures plus tard, on retrouve Héphaïstos, le propriétaire de la maison sur la montagne. Il nous amène chez son pote l'épicier qu'il a fait veiller (round midnight) exprès pour nous et là encore le simple fait d'acheter brosses à dents, dentifrice et gel douche (parce que qui porte la trousse de toilettes ? La fille, é-vi-dem-ment) me décontracte un peu plus (je suis rien qu'une petite bourgeoise).

Le lendemain je téléphone et la dame dit qu'ils ont retrouvé mon sac (et mon SMS ? il est où mon SMS s'il te plaît ?). En attendant qu'il arrive jusqu'à la montagne (you know, the taxi-driver has 4 bags to deliver in different places of the island...Mais t'as pas honte ? t'as pas honte d'en avoir perdu 4 des sacs ?), je me baigne en sous-vêtements, à la guerre comme à la guerre. Ils ont heureusement le bon goût d'être en coton noir, sans frou-frou ni trou-trou. Tu veux qu'j'te dise ? Vivent les culottes de mémère.

jeudi 4 septembre 2008

Best hier

Il faut te dire aussi que le bled où on logeait, il apparaît pas sur la carte, même quand tu zoomes très gros, c'est un peu la jungle le truc, mais façon champs de tournesols tu vois. Ce qui fait que certains ont réussi à ne pas sortir de tout le séjour, préférant profiter de notre domaine vaste mais clos (sauf le soir où on est allé au resto gastronomique, ah là tout de suite c'est motivant), tandis que d'autres (dont j'étais) ne perdaient pas une occasion d'explorer la région, tels des aventuriers sans peur et sans reproche.

La première sortie je l'ai faite en solitaire, de bon matin (séquelles de chemins de fer perturbateurs de sommeil). Le village le plus proche, à savoir celui où tu trouves autre chose qu'une église (un ou deux commerces par exemple) (mais pas trois) et donc celui où tu peux te ravitailler, se trouvait à deux kilomètres. Une promenade de santé hein. Sauf que la côte elle était comme ça (ouais comme ça) alors autant te dire que jamais de la vie j'y suis allée en vélo.

Pourtant y avait des obstacles en la personne de chiens de garde, de bons gros molosses qui rendaient superflue toute pancarte informative sur leur degré de méchanceté. Pour ne jamais se trouver du côté où ça aboie, ça nécessitait des ruses de sioux. T'aurais dit une poivrote qui zigzaguait alors que pas du tout, j'évitais les pièges en faisant semblant que même pas peur.

Après y avait les vaches, et là tu te dis c'est tout cool une vache. Oui c'est tout paisible. Mais quand tu croises son regard bovin et placide, tu peux pas t'empêcher de penser : Eh ben ? c'est tout ce que je t'inspire ? Pas facile à admettre mais il faut bien s'y résoudre : la vache, c'est pas hyper narcissisant.

Suite à ce parcours digne du combattant, tu arrivais au village accueillie par une brochette de vieillards en attente de l'ouverture du PMU. Oui alors va savoir pourquoi le PMU il faisait sa feignasse. Par contre les vieillards ils étaient déjà bourrés.

Et puis tu redescendais (c'est l'avantage des côtes) les bras chargés de viennoiseries et de kilos de pain.

Sinon y avait les marchés comme activité de plein air. Un peu traître sur les bords quand même, vu que t'avais beau changer de villages, les stands et les marchands restaient les mêmes, ce qui fait qu'à force on se connaissait bien. Je te conseille fortement la courgette-trompette et la tomate coeur-de-boeuf qui essayent de se camoufler pour faire croire qu'elles sont pas trop comestibles mais en fait c'est une tuerie au sens propre : après tu peux plus manger de légumes sans goût (qui pourtant se ramassent à la pelle) et sachant que t'es censé en consommer au moins cinq par jour t'es mal barré.

Tu l'auras noté, on est sorti, certes, mais fallait que ça soit lié à la sainte triade du B dont je t'ai déjà causé. Là je t'ai fait, en partie, la bouffe. Le boire ben ça pouvait se faire aussi sur les marchés et je te prie de croire que la dégustation d'armagnac à 10 du mat, ça laisse des souvenirs indélébiles. Ou alors la soirée disco quand y avait la teuf au village, on y est allé entre filles et le patron du PMU voulait nous offrir un coup. Bon très franchement on n'a pas entendu beaucoup de disco. Mais on a dansé quand même parce que la bière était pas chère (si si y a un rapport).

Quant à la baise, elle a bien failli n'avoir jamais lieu. C'eût été dommage n'est-il pas ? Mais viens que je t'explique : le soir où je suis allée chercher monamour à la gare, en voiture, vers minuit-une heure (monamour a toujours le bon goût de faciliter les choses par un esprit pratique très développé, par exemple une arrivée au milieu de la nuit alors que je te rappelle qu'on avait acheté une caisse d'armagnac sur le dernier marché), tandis que je devisais gaiement avec la mère de Bienvenue (qui avait eu l'amabilité de m'accompagner dans ce périple pendant que d'autres prenaient un bain de minuit dans la piscine illuminée, tu vois l'esprit de solidarité), voilà ty pas qu'une biche me passe devant sans crier gare. Tu visualises le panneau ?





eh ben exactement pareil. J'en ai eu quelques palpitations. Heureusement nous avons, elle comme moi, évité la collision (moi en écrasant la pédale de frein, elle en continuant sur sa lancée comme si de rien n'était, même pas un remerciement pour lui avoir cédé le passage, ces animaux sont pas très urbains je trouve).

Mais attends c'est pas fini. La biche, qu'elle arrive sans crier gare, ça paraît plutôt normal. Par contre une ville dont les panneaux t'indiquent le centre, même pas ville, mais médical, tous les dix mètres, sans jamais te donner le moindre indice de l'emplacement approximatif de la gare, excuse-moi ça agace un peu. On a donc bien repéré le centre médical, pas de souci, pour le reste il a fallu consulter un plan municipal. Bon jusque là passe encore.

Mais quand tu te rends compte que la gare se trouve en fait dans la ville d'après mais qu'elle porte le nom de la ville d'avant...oui oui je t'assure, c'est un peu comme si tu étais à la gare de Marseille mais dans la ville de Toulon (toutes choses égales par ailleurs)...eh ben je te prie de croire que tu te demandes si tu fais pas un delirium tremens où les éléphants roses se travestiraient en biche.

mercredi 27 août 2008

♫ And I say it's all right ♫

Comment savoir que tu es arrivé à destination ? C'est bien simple : à un moment tu vois un attroupement en maillot de bain qui te fait des grands signes au milieu de la route. C'est la première fournée dis donc, ceux qui sont partis en train (ceux qui m'aiment, oui, bien vu). T'en sacrifies un au hasard, c'est-à-dire que tu lui colles Bienvenue dans les bras, et pendant qu'il reste à l'ombre, hop tout le monde dans la piscine. Plutôt grand le bassin, vu qu'à dix t'as encore la place de taquiner le ballon, de nager et même de faire la planche (ma spécialité). De même la maison et le jardin sont fort spacieux, et encore heureux matthieu, car si nous sommes une dizaine de permanents, nous en attendons quelques autres pour de courts séjours. On se la joue vacances communautaires, certes, mais confortables. Oui à la convivialité, non à la promiscuité (mais promis qu'on va se cuiter ah ah).

Par contre la perfection n'est pas de ce monde au cas où tu en douterais encore (ou alors t'es très amoureux, et là, excuse-moi de te le dire, mais ça va pas durer) (ta vision du monde j'entends, pas ton amour, je sais bien qu'il est éternel, pas artificiel) (enfin bon), il faut bien que quelque chose laisse à désirer (tu crois pas si bien dire) : on entend tout. Et pas seulement le parquet qui craque. Par exemple il m'est arrivé d'entendre Bienvenue soupirer à travers la cloison (pas pleurer non, Bienvenue ne pleure jamais, Bienvenue sourit tout le temps, sauf quand elle te mord le petit doigt de sa bouche édentée) et Bienvenue, je te le rappelle au cas où tu lis pas les parenthèses (ce en quoi tu aurais grand tort, c'est un peu la substantifique moelle de ce blog), c'est un bébé. Ça fait pas des gros soupirs un bébé t'avoueras. Eh ben pourtant je l'entendais.

Alors je te laisse imaginer les précautions qu'on a prises, quand monamour est venu la deuxième semaine, pour soupirer encore moins fort qu'un bébé. En fait le seul moyen, je te file l'astuce, ne me remercie pas, c'est de pas soupirer du tout. Et pas soupirer du tout, comme je te disais, ça laisse à désirer. Toutefois mieux vaut l'image sans le son que l'inverse, surtout qu'on était en rut avec tout ce soleil.

Bon et alors on a sacrifié à la sainte triade du B, à savoir Baiser, Boire et Bouffer (sauf une amie qui me disait Non, baiser on peut pas ici, t'es folle, je lui ai donné le petit truc du non-soupir, eh ben je te prie de croire qu'elle était plus épanouie à la fin qu'au début).

La triade ça tombait bien, je lisais les trois mousquetaires. Qui sont quatre oui oh ça va. En plus on faisait quatre repas par jour avec le goûter (y avait des enfants en pleine croissance et des adultes en pleine régression) alors tu vois tout se tient. Sans surprise on était pas du tout organisé mais étonnamment ça n'a pas été le bordel au niveau des tâches ménagères (et dieu sait qu'avec notre grand nombre, on en a fait des taches) (quand je te dis que la parenthèse c'est un peu le nectar de ce blog), et puis avec l'électroménager moderne (oui pléonasme oui. Tu me cherches toi), faut reconnaître qu'on n'avait pas grand-chose à faire à part allumer le barbecue (et là normalement y a un truc avec le feu au cul mais bon)


Découvrez Nina Simone!
(à suivre encore)

jeudi 21 août 2008

Commençons, si tu le veux bien, par mon hymne pas-trop-mystique, mon hymne n'ass-ional car aujourd'hui je te parle des vacances.

Le rendez-vous était fixé à potron-minet. 6h30 pour ne rien te cacher. Et 6h30 à l'autre bout de la ville. Joie dans mon coeur. En bonne organisée, la veille je m'en vais voir les horaires à l'arrêt de bus dont la ligne mène directement à destination. Alors un dimanche au mois d'août, je te le dis tout net, ne songe même pas à prendre un bus de bon matin, c'est bien simple : y en a pas. Qu'à cela ne tienne, va pour le métro. Pas direct le métro quand même hein. Un changement. Bon. En plus j'ai le sac à roulettes. Même pas peur.

Arrivée au point de rassemblement on m'annonce par téléphone qu'on aura un peu de retard. Et c'est maintenant que vous le dites ? Heureusement que j'ai eu la riche idée de différer jusqu'ici la lecture du dernier Vargas, ça occupe. Page 53 la voiture arrive. Pas trop tôt. Et alors une angoisse nous étreint tous : où caser le magnifique sac à roulettes que même pas peur dans le métro mais dans la caisse oui un peu ?

Ben oui parce qu'entre la poussette de Bienvenue, le lit de Bienvenue, les couches de Bienvenue, le siège-auto de Bienvenue, les bouteilles d'eau de Bienvenue...j'te jure, ça mesure 60 cm et ça prend toute la place (pas le sac à roulettes non). Hop hop hop, faut que ça rentre, alors ça rentre. Y avait pas de trucs fragiles là-dessous ? non je parle au passé parce que c'est trop tard maintenant hein...Allez roule mimile.

Je ne te cache pas que dans la minute qui suit je plonge dans un sommeil profond. Ah ben oui attends, soit je conduis, soit je dors, pas de moyen terme. Plus tard quand c'est mon tour de prendre le volant, je dors encore dis donc, obligée de mettre Michael Jackson à fond pour assurer. À ma décharge, c'était soirée mescal la veille, retour de Mexique. Franchement les gens qui voyagent c'est fatiguant.

Non parce que moi non, cette année je voyage pas. Pas loin en tout cas, eu égard aux soucis de vie mortelle qui continuent encore et encore (non mais tu vas te décider à crever oui ou merde à la fin !?) (détends-toi, je rigole) (jaune), eu égard à ces soucis donc, je ne peux me permettre de partir au bout du monde, un retour anticipé étant toujours à prévoir (en plus je sais pas si t'as remarqué, les gens ont la sale manie de mourir quand je suis en vacances, ils veulent me faire culpabiliser ou quoi ?) (cependant il n'est pas faux de dire que s'offrir des vacances pendant que d'autres agonisent peu ou prou, c'est un droit mais ça empêche pas de se sentir un peu fautif) Donc vacances dans une de nos belles régions de France.

À l'arrière Bienvenue roupille ou biberonne (franchement ça sert à rien les bébés), sa mère (une amie) idem. À l'avant à la place du mort (faut pas exagérer non plus, je veux bien qu'on se sente fautif mais on allait quand même pas l'emmener, ça te plombe une ambiance en deux deux les gens malades), à la place du mort, un ami (mais pas père de Bienvenue), propriétaire de la voiture. Et puis Ada au volant qui chante à tue-tête ♫ Annie are you ok, so Annie are you ok, are you ok Annie ♫ Pour que tu te représentes mieux (je savais déjà que y a pas d'heure pour la musique, mais maintenant que j'ai découvert que 10 heures c'est pas mal, je te prie de croire que tu vas en souper) :

mercredi 16 juillet 2008

♫ Hear me when I come baby ♫

Un apéro en terrasse avec l'Écrivain, c'est jamais décevant. On a beau se voir quasiment jamais, on reprend la discussion comme si c'était hier. On arrive à parler de la "relation", l'"histoire", bref le truc qu'on a vécu ensemble...ouais c'est assez nouveau ça, et même on en rit. Non mais attends on l'a échappé belle je te signale et crois-moi qu'on est ravi d'avoir préservé cette amitié. On s'aime et on se le dit avec des mots. Contrairement au charmant charmeur chilien avec qui on se le dit plus avec les corps tu vois.

J'étais tranquillement à tanguer (j'avais mangé toutes les chips mais ça éponge pas vraiment) sur un Vélib, autour de minuit, après cet apéro avec l'Écrivain, quand arrive un SMS du charmant. Bon ben je fais demi-tour du coup. Oui oh je sais, je sais. Il faut te dire, au cas où tu l'aurais pas compris, que j'étais déjà bien attaquée. Et donc (enfin je suppose, y a pas forcément lien de cause à effet) le premier parachute, je le sens pas du tout. Ah non je t'assure hein, juste les vapeurs de l'alcool se dissipent de plus en plus mais à part ça je ne vois rien venir. Le charmant m'en propose donc un second. Qui fait son gros effet.

Disons que je suis passée d'un état à un autre sans transition. Je me souviens avoir été très étonnée de voir mon visage dans la salle de bain, enfin non bien sûr je m'attendais à voir apparaître un visage dans le miroir au-dessus du lavabo mais je me trouvais bizarre. Tu me diras j'avais sans doute pas tort.

Je me souviens que plus tard, ou plus tôt, j'avais les yeux fixes et écarquillés et je disais au charmant J'ai peur-j'ai peur-j'ai peur, mais c'était une sorte de peur en dent de scie, presque agréable parfois, et le charmant disait avec sa voix toute douceRegarde-moi, t'es en train de faire un bad trip là, j'ai déjà vu des gens faire un bad trip, t'es en train de faire un bad trip, regarde-moi, ça va aller, et oui ça allait, je voyais son visage tout pixellisé, très joli, j'avais plus peur.

Je me souviens avoir fumé une clope assise sur le rebord de la fenêtre et j'avais l'impression d'être dans le corps d'une poule. Oui, une poule.

Je me souviens pas le moment où j'étais toute nue et toute seule sur le futon, les jambes en l'air et l'air d'aller très bien. Devine qui m'a raconté ?

Par contre je me souviens des caresses, celles que je faisais au charmant et celles que je me faisais à moi-même.

Et aussi du charmant qui me disait qu'en fait on est frère et soeur lui et moi.

Le lendemain on se réveille tard et pendant que le charmant mange une salade, j'ai des remontées bien puissantes, je peux juste grignoter une crevette et un tout petit peu d'avocat.

Puis je retrouve monamour, qui est un homme exceptionnel, je ne le dirai jamais assez...je veux dire, j'ai "découché", non découché j'aime pas, mais bon c'est bien ça que j'ai fait en même temps, j'ai découché trois fois en une dizaine de jours et on se retrouve, comme si de rien n'était, il est content de me voir et moi je suis love, un peu en chaleur aussi, mais surtout love love love.

Je me demande quand je vais prendre l'atterrissage en pleine gueule, j'anticipe le mal, d'autant que le lendemain on part à Londres, s'agit d'être en forme quand même, pas se la jouer vieille loque en descente, assurer quoi merde. Alors, cette douleur physique et mentale, elle vient quand ? Eh ben crois-le, crois-le pas, elle est pas venue. Je sais pas ce qui s'est passé, rien à voir avec la première fois, même pas mal.

Cela dit (après ces quelques jours à Londres, où j'espérais pas trop me mettre au vert (vu que c'est une ville bien festive) mais les idées en place oui), j'ai repris le taff. La première chose que j'ai fait en arrivant ce matin, c'est ranger mon bureau. Ce soir j'attaque la chambre et après je crois qu'on est bon.

lundi 19 mai 2008

"Soufffe qu'à mes transports je m'abandonne en proie"

Donc je fuis.

Le week-end aurait pu bien mal commencer. Par ma faute en plus. Disons que c'était pas une bonne idée de dégainer le téléphone vibrant à l'arrière du scooter. Et quand il m'a échappé des mains et que j'ai crié "mon portaaaaaable !", j'ai pas pris conscience tout de suite qu'au lieu de finir sur la chaussée, il aurait pu exploser le pare-brise du véhicule qui nous suivait, provoquer un carambolage, des morts et du sang. Non, sur le moment, je l'ai juste imaginé écrabouillé par les pneus impitoyables de la circulation parisienne. Comme quoi je pense d'abord à ma gueule. Et y a de la chance que pour les crapules : il était intact et opérationnel. Sur ce la loi du karma s'est emmêlé les chakras : 24 heures plus tard, monamour dépose un message vocal dans le rescapé pour m'annoncer le décès du sien...Va comprendre.

Ensuite nous sommes passés dans un véhicule à quatre roues, tellement tout confort que t'as l'impression d'être allongé même quand t'es assis. À part le déluge qui s'est abattu sur nous aux environs de je ne sais où, nous obligeant à faire du 50 à l'heure sur l'autoroute, tout s'est bien passé jusqu'à ce qu'on entre dans ce bled et que deux flics juvéniles nous demandent de nous ranger. Non mais même là ça s'est bien passé en fait. Ils ont demandé au conducteur s'il avait consommé de l'alcool. Celui-ci répondant par la négative, ils ont insisté : Sûr sûr ? Certain. Alors vous pouvez y aller. Les flics sont pas contrariants de nos jours. Bon il se trouve que le conducteur était effectivement en règle mais tu peux me dire à quoi ça sert de poser la question ? Soit tu vérifies, soit tu vérifies pas, c'est tout.

Il était minuit quand on est arrivé à la maison de campagne près de l'église et du cimetière. On a choisi chacun sa chambre. Ça donnait envie qu'un meurtre soit commis, comme dans le Cluedo tu sais, mais comme on n'était que trois, l'assassin était grillé d'avance, dommage.

Le lendemain, on the road again, des champs à perte de vue. Du vert, du plat et des vaches. Et puis soudain à l'horizon tu vois surgir une belle bouse. Mais énorme la bouse. Une bouse pour le livre des records genre, qui aurait nécessité la contribution de tous les ruminants de la région. Énorme et vachement pointue. Eh ben c'est le Mont Saint Michel dis donc. Les mouches à merde sont bien là, camouflées en boutiques à touristes, mais sinon ça va.

Alors manger des huîtres à Cancale et mourir parce qu'elles sont pas fraîches ? Non. Manger des galettes à Saint-Malo et marcher sur la plage parce que le tombeau de Chateaubriand est inaccessible, marée haute oblige.

Pour le dernier jour on a décidé d'aller se balader dans les champs autour de la maison. Histoire de se crotter un peu quoi. Et là, comme on voulait pas non plus faire le grand tour, on a traversé la voie ferrée, à l'aller et au retour. Et la vieille conne qui habite ce qui fut le logement du garde-barrière quand il existait nous a pas loupé. D'abord elle nous dévisage de loin comme si on était un truc nuisible tu vois. Nous ça nous énerve. Du coup on dit Bonjour. Bon j'avoue, peut-être on aurait pas dû. Parce que ça lui a fait comme un déclic à la mégère : Et alors ? c'est les Champs-Élysées ? (je veux bien qu'on fasse pas trop couleur locale mais de là à nous cataloguer Parisiens direct, ça s'appelle du délit de sale gueule hein mamie) C'est interdit de marcher là (ouais ben on sait, on n'est pas que con) et si j'appellais les flics hein ? (attends j'ai peur). C'est pas l'envie qui nous a manqué de lui répliquer qu'on nous avait signalé une vieille conne sur la voie et qu'on venait constater. Mais bon. Moi ce week-end m'a transportée et c'est déjà pas mal.

jeudi 24 avril 2008

♫ J'ai des doutes sur la notion de longévité...sur la remise à flot de la crème renversée ♫

Mais jusqu'où irais-je ? jusqu'où ?

Vlà t-y pas que je fais du footing maintenant...Des choses à évacuer peut-être mmmh ?

Ouais. Principalement du goudron en plaques j'imagine, avec ardent volontariat pour une ablation immédiate des poumons. Disons qu'au moment où je m'arrête, ça donne à peu près Hé bé hh hh hh (onomatopées de l'essoufflement) si j'en cof cof cof (onomatopées de la toux) si j'en avais hh hh pas autant cof cof besoin arrrgrr (onomatopée du raclement de gorge) cof cof cof cof de ces hh hh hh putains de poumons arrrgrr j'm'en séhhparerais volontiers cof cof grr...

Sinon les cuisses ça va hein, je fais les étirements comme il faut, même pas mal.

Tours de lac...ben oui c'est la règle, je tourne autour du lac...en rond, c'est pas faux. En plus ça te permet de te repérer de façon spatio-temporelle. Par exemple : si tu croises le mec en short rouge toujours devant le saule pleureur et si t'as l'impression que le mec en short rouge court vite, alors tu cours au même rythme que le mec en short rouge et donc tu cours vite. Sauf si le mec en short rouge ne court pas vite. Auquel cas toi non plus. Mais il se peut aussi que le mec en short rouge courre vraiment très très vite et que toi tu sois immobile, c'est possible.

Eh oui c'est pas facile tous les jours. Comme dirait je sais plus qui, la vie c'est dur et puis tu meurs. Alors quoi l'éternité ? T'imagines un peu : la vie c'est dur et puis tu meurs pas ? Pitié. Plutôt crever ah aha.

Non mais à part entretenir la machine et se défouler de toutes ces choses qui t'encombrent pas que les poumons, y a quand même, faut pas se mentir, la peur. Memento mori hein. Et en attendant faut bien vivre. Voire mieux : vivre bien. Mais le mieux est l'ennemi du bien, je sais pas trop comment on va s'en sortir...

Comme dit Michel (là je sais que c'est Michel, c'est pourquoi je le précise) Un poète mort n'écrit plus. D'où l'importance de rester vivant. Mais bon je m'égare non ? Vu que si t'es pas poète, ça marche pas son truc. Disons que ça n'a pas d'importance, poète ou mousquetaire de la distribution, on s'en fout, la seule importance, la vraie, c'est rester vivant. Je dis ça parce que souvent quand les gens meurent, bon déjà c'est pas très sympa de leur part je trouve, surtout quand ils mettent longtemps, c'est assez fatigant, en plus ça te met face à tes ambivalences, à savoir : oh non je veux pas qu'il meure...mais oh là là quand est-ce qu'il se décide à mourir, ça devient lourd là cette agonie qui n'en finit plus...C'est ça l'ambivalence tu vois, vouloir un truc et son contraire. Et quand ton ambivalence elle te porte à souhaiter la mort de quelqu'un, ben c'est...normal. Eh oui. Par contre ça se gère assez difficilement.

Et là je sais plus du tout où j'en suis...

Ouais, rester vivant, c'est ça. Mais pas tellement les autres hein. Surtout toi. Disons que quand quelqu'un meurt, ça fait de la peine, c'est sûr (le pire advenant quelques mois après la mort, quand tu prends conscience du manque. Je pense que je ne t'apprends rien), ça te fait de la peine mais aussi, et c'est là que je voulais en venir, ça te fait peur, parce que, à force, tu te dis que la mort ça n'arrive pas qu'aux autres.

Du coup tu fais du footing. Enfin je crois.



À propos de prisons, tu as quartier libre jusqu'au 13 mai. Eh ouais. C'est la mer allée avec le soleil (attention, ici il ne s'agit pas de Michel, mais d'Arthur, poète mort de son état). T'inquiète je reviendrai bronzée.

mardi 29 mai 2007

"Un break par rapport à quoi Elisabeth ?"

Ah ben ça fait du bien une petite pause comme ça, tranquille pépère, franchement je te conseille.

Au départ je me suis demandée si j'allais pas réaliser ces trucs de ouf pour lesquels je manque toujours de temps, genre faire un ménage de printemps dans la cuisine, ou classer tous les papiers qui s'empilent sur le bureau, voire (carrément dingue) trier des fringues. Au final force est de constater que c'est pas de temps que je manque mais d'envie. Au diable les trucs de ouf, allez, n'écoutant que mon courage, j'ai décidé de rien faire. Carrément.

Eh ben crois-le ou pas, j'y suis pas arrivée. Qu'est-ce que tu veux, je suis hyper active moi, l'oisiveté c'est pas mon truc, je tiens pas en place, faut toujours que je m'agite, que je travaille, que je me rende utile...c'est plus fort que moi. Alors là, ça a été 1 ciné par jour, 1 livre par jour, 1 terrasse par jour, 1 resto par jour, 1 grasse matinée par jour, 1 sieste par jour. Tu vois le programme, pas trop un truc de feignasse quand même.

Je suis tombée là-dessus (je te le mets en italique des fois que tu sois pressé, tu peux zapper) : On pourrait l'accuser de lâcheté, bien sûr, mais on pourrait tout aussi bien le décrire comme un homme en plein conflit. Peut-être n'était-il pas tout à fait sûr de vouloir épouser Saint John. Peut-être n'était-il pas prêt à renoncer à O'Fallon. Peut-être se sentait-il déchiré entre les deux femmes, ayant besoin de l'une et de l'autre. Le remords peut entraîner quelqu'un à agir contre son intérêt, mais le désir aussi peut faire cela, et quand remords et désir se mêlent à parts égales dans le coeur d'un homme, celui-ci est susceptible de se conduire de façon étrange. Bon, point de vue style, c'est pas l'extase ok, mais quand même hein, j'aime bien quand on me dit que non, je suis pas lâche, je suis juste étrange. Oui donc oui. Oui oui oui. Je développe pas, je pense que tu vois à peu près.

Je suis aussi tombée (retombée est plus juste) (de sombrero) sur le facétieux charisme de Louis Garrel. Ah oui tiens, encore un triangle t'as vu ? (sinon tu peux y aller, c'est bien)

J'ai noté que le deuil, la mort, la perte sont des thèmes très à la mode en littérature et en cinéma d'aujourd'hui. Mais j'ai pas poussé l'analyse plus loin, attends, j'avais pas que ça à faire non plus, c'était l'heure de l'apéro.
.
Une semaine loin du taff. Une semaine loin de toi aussi, pauvre chou. Sept jours de réflexion. Et aujourd'hui j'ai informé mon propriétaire que dans trois mois..

mercredi 3 mai 2006

♫ Sea, sex and sun ♫

Ada revient et elle est pas contente.

D'abord, il s'est passé des trucs tristes de la vie, et surtout de la mort, pendant mes vacances. Ensuite je suis rentrée sous la grisaille pluvieuse de la capitale et comme accueil on fait mieux. Bon d'accord, depuis ça s'est arrangé mais c'est pas une raison pour pas râler. À la fin de la récré, on râle, par principe. Et n'oublions pas que j'ai un bronzage à entretenir. Alors soleil à tous les étages ou ça va barder. Ne parlons même pas de la reprise du taff. Non, n'en parlons pas. Parlons plutôt de choses légères et superficielles.

Par exemple, comment, par une douce soirée printanière, je m'en allai (les poings dans mes poches crevées) (non messieurs-dames, car j'ai un certain standing, mes vêtements ne sont point troués...évidemment je n'ai pas le talent d'Arthur mais jusqu'à preuve du contraire je ne suis pas non plus cul-de-jatte) (oui j'exagère, je sais), je m'en allai en joyeuse compagnie boire le verre de l'amitié. Comme on est très très potes, on est obligé d'en boire plusieurs de verres, logique. Nous étions dans un bar chaleureux à la lumière tamisée et aux portions généreuses (pour les habitués) et il y avait un jeune homme que j'avais rencontré il y a de ça une bonne année, voire même 18 mois et plus si affinités.

Ce jeune homme étant de par sa personne l'ami de mes amis, j'avais eu, à l'époque et comme de bien entendu, un a priori positif à son égard, car, c'est mathématiquement postulé, les amis de mes amis sont mes amis...les ennemis de mes amis sont mes ennemis...et les ennemis de mes ennemis sont mes amis (et avec ce genre de formule, t'es trop une bête dans la manipulation des nombres négatifs). Lors de cette première rencontre, lâchons le mot, nous nous étions physiquement plus. Et avions passé une bonne nuit. Très bonne même. Et puis, en blaguant, car on est des farceurs, et pourtant on n'a même pas fait l'école du rire (le sens de l'humour, c'est inné oui ou merde ?), on s'était dit À bientôt, hi hi, sachant qu'avec tous ces kilomètres qui nous séparaient hein, on n'était pas près de se revoir. Pour plus de détails, je pourrais vous dire que l'endroit où il travaille, celui où je vis et celui où nous passons parfois pour les vacances (le seul lieu que nous ayons en commun si vous suivez) sont peut-être équidistants, c'est possible mais j'ai pas fini de mesurer, en tout cas, ce qui est sûr c'est qu'ils sont espacés de plusieurs centaines de kilomètres. Prenons un exemple pour imager notre propos : je travaille à Madrid, il travaille à Rome, nous passons nos vacances à Paris (eh oh je suis pas folle au point de passer mes vacances à Paris, j'y vis) (oui je sais c'est un exemple, je l'ai dit en preum's j'vous ferai dire). Enfin bon, avant de se paumer dans ce dédale de circonlocutions, disons que les probabilités d'une rencontre prochaine, eu égard à nos vies respectives, et toutes choses étant égales par ailleurs, étaient faibles (les probabilités).

Et là, dernièrement, pas plus tard que le week-end dernier, nous nous revoyîmes et nous nous plûmes à nouveau. Et je trouve ça troublant car, voyez-vous, quand je dis jeune homme ce n'est pas une figure de style...c'est un homme oui bon, mais surtout il est jeune. Très jeune. Beaucoup plus jeune que moi (qui suis pourtant excessivement jeune, 82 ans c'est vous dire). Il a 10 ans de moins que moi (donc 72, bravo les matheux). Et encore, je dis 10 ans, c'est peut-être 12, je ne sais plus exactement...Il se trouve qu'il est fort bien fait de sa personne, c'est indéniable ; cependant nous n'avons que peu échangé, je ne sais pratiquement rien de lui, ni lui de moi, je doute que nous ayons de réels centres d'intérêt communs, à part danser jusqu'au bout de la nuit en sirotant des boissons rafraîchissantes...

Et malgré tout, comment dirais-je, nous avons une compatibilité sexuelle époustouflante. En tant que femme libérée je mets un point d'honneur à clamer haut et fort que le désir et l'amour sont tout à fait dissociables, genre je peux aimer platoniquement et m'envoyer en l'air avec le premier venu juste pour le plaisir. Sauf que c'est à nuancer...(preuve que ce n'est pas si facile) (d'être une femme libérée...vous dormez ou quoi ?). Je sais pas pour vous, mais moi pour avoir envie de faire l'amour avec quelqu'un et surtout pour que ce soit réussi, il ne me suffit pas d'admirer plastiquement un beau gosse.

Ben là si.

Et alors mes aïeux, quel feu d'artifice ! Vous voyez le 14 juillet un jour de coupe de monde du foot, au moment de l'abolition de la peine de mort et de la chute du mur de Berlin, tandis qu'on célèbre le carnaval des agités au son joyeux des tambours et trompettes ? Et ben c'est rien à côté.

vendredi 21 avril 2006

"Pars vite et reviens tard"

Avertissement : ce qui suit pourrait heurter la sensibilité des jeunes spectateurs. Parents, éloignez-les des écrans (demandez-leur par exemple de faire la vaisselle, ça sera toujours ça en moins, puis les vitres, des fois que ça dure). Quant à vous je préfère vous prévenir, le choc sera rude.

Vous savez quoi ? Ce soir je suis en vacances. Oui, c'est vrai. Ce n'est pas une blague, j'ai des limites quand même, je ne plaisante pas avec les sujets graves. Donc il va falloir être fort, très fort, car je ne peux ignorer, je sais, je suis intimement convaincue par persuasion autosuggestive copyright mister Coué, que le temps, en mon absence, va vous paraître looooooooooong comme une perpétuité assortie d'une période de sûreté sans remise de peine. Oui je comprends votre désarroi.

J'en vois qui, déjà, s'empiffrent de chocos BN...

D'autres, en état de choc, les yeux exorbités, refusent encore la triste réalité...

Certains se disent que la vie ne vaut plus la peine d'être vécue.

Certes je m'envole vers des cieux plus sereins, certes j'espère revenir bronzée, certes j'ai déjà le bruit des vagues dans les oreilles...(je dis ça, c'est pas pour vous faire envie hein, non vraiment, loin de moi cette idée, je suis pas comme ça). Mais c'est juste pour une semaine. Qu'est-ce que c'est une semaine, hein ? Sept jours, voilà. Alors dans 7 dodos et des brouettes, je reviens. C'est pas trop cool ça ? Et puis ce qui est bien avec les séparations, c'est qu'après y a les retrouvailles. Si c'est pas merveilleux...

Séchez vos larmes les amis. Je pars en vacances, c'est un fait. Je reviendrai, c'en est un autre. D'ici là portez-vous bien. N'oubliez pas de faire vos exercices...On s'embrasse ? Bon allez, viens faire un câlin. Voilà, ça va aller...Maman revient, c'est promis.

(quoi ? y a un problème ?)