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vendredi 29 avril 2011

♫ Je ne voudrais pas refaire le chemin à l'envers ♫

Un bébé, ça s'éveille chaque jour un peu plus et c'est tout à fait charmant. Après être tombée en amour du paravent de la chambre parentale (alias son confident le paravent), des spots du salon (alias ses potes les spots) et des jeux d'ombre et de lumière sur la paroi de son landau (alias mais qu'est-ce qu'elle peut bien mater avec ce regard extatique ??), mademoiselle A gratifie maintenant ses parents de grands sourires édentés.

Quand je dis "ça s'éveille", c'est aussi au sens littéral, ce qui laisse beaucoup moins de temps en journée pour vaquer. Là par exemple j'avais bien envie d'être un peu tranquille mais elle avait décidé que je devais la prendre dans mes bras tout en me déplaçant (ah ben oui, des fois tu crois que tu vas pouvoir la bercer gentiment en lisant le journal sur Internet, eh ben non, tu te bouges les fesses ok ?). Alors musique maestro je me dis tant qu'à faire. Je commence à lui chanter Du côté de chez Swann (je ne sais pas pourquoi il ne me vient que de la variété préhistorique dans ces cas-là) et réalisant que je ne connais que le refrain et que ça risque d'être un peu court jeune homme, j'envoie Deezer en suivant les paroles sur un site quelconque (karaoké fait maison). Et puis une chose en entraînant une autre, on se retrouve, moi à vocaliser sur Vanina ah ah ah, ah ah ah ah...et elle à excessivement kiffer (elle n'a apparemment pas l'oreille absolue) (ou elle aime vraiment beaucoup sa mère) (ou elle a des goûts de chiottes), du coup je me dis attends, on peut pas en rester là, on va s'envoyer du bon à un moment quand même, c'est parti pour Je t'emmène au vent. Je me donne à fond et là elle s'endort, va comprendre. Donc je la remise dans sa chambre et normalement on dispose d'une demi-heure, estimation basse.

Alors évidemment au moment où j'écris ça, je l'entends protester, j'enfourne la tétine pour faire taire la charmante enfant (qui va me laisser terminer cet article maintenant que j'ai commencé nom de dieu) et elle fait les yeux doux à son tour de lit (je crois qu'il y a quelque chose entre elle et le petit chien dans la voiture rouge).

Si tu veux bien on va parler un peu de moi maintenant. Parce que moi camarade, figure-toi que suite à la fabrication suivie de l'expulsion de mademoiselle A, je fais de la rééducation périnéale, parfaitement. Avec un représentant de la première entreprise de France, qui loin d'utiliser une sonde préfère travailler manuellement : nos séances commencent généralement par un Bonjour, ça va ? après quoi je m'allonge et sans plus de manière, l'artisan en question m'introduit deux doigts qu'il bouge avec dextérité, forcément, par ici ou bien par là selon le côté du muscle qu'il entend solliciter. Au début on se sent pas hyper à l'aise mais à force on s'habitue et finalement on y prend goût (ça t'excite hein) (alors tu te calmes parce que c'est une femme je te signale) (j'étais sûre que ça t'exciterait encore plus). C'est surtout que si je peux éviter de me pisser dessus dans quelques années, j'aime autant (la ménopause suffira, on va pas en rajouter).

L'autre jour j'en sortais en sifflotant, un peu de soulagement, un peu parce qu'il faisait beau, et je répétais dans ma tête les exercices qu'il faudrait réaliser à la maison (les portes battantes, dites aussi côté-côté, la pince de fête foraine et le pont-levis) (c'est très sexuel comme tu vois), tout en pénétrant dans le supermarché devant lequel s'activaient nos amis du samu, aux prises avec la victime d'un arrêt cardiaque. De la foule des badauds je surpris une voix pleine de regrets C'est madame Machin, on l'a bien connue, enfin on la connaît bien, ce qui laissait entendre à la fois que l'espoir de survie était mince et qu'on l'enterrait un peu vite. Plus tard, tandis que je composais mon code à l'abri des regards, la caissière se lamentait Vous vous rendez compte, elle est passée à ma caisse y a pas une demi-heure, elle était là, à votre place, ce qui cette fois me fit penser qu'aussi incroyable que ça puisse paraître, juste avant de mourir on est encore vivant. J'ai contracté le périnée pour m'en assurer. Tout allait bien.

vendredi 21 août 2009

...

Comme l'année dernière, avant de te raconter mes vacances, une petite pause musicale :

mercredi 18 mars 2009

♫ Une rose de Picardie ♫

- Par la porte entrebâillée je te vois rêver...tu l'auras toujours ta belle gueule, dis-je à Monamour qui se pomponne dans la salle de bain, tu l'auras ta superbe...T'aimes tant qu'on t'aime, que tous les autochtones sortent leur totem.
- J'veux pas qu'on m'aime mais je veux quand même, répond-il.
- T'as mis des diams sur ta veste Hillbilly ?
- Ouais, j'suis comme un pape au volant de sa caisse (le garçon que j'aime fait peur à mes voisins). Je suis le roi des scélérats, à qui sourit la vie. Mais s'il suffisait de se faire une beauté pour retrouver grâce à tes yeux, ça se saurait hein.
- Aujourd'hui nos regards sont suspendus. Dans quoi tu te mires, dans quel étang ? je repars.
- Ben quoi ? Mes yeux sont dans le miroir où j'les ai laissés. Prends-moi dans tes bras.
Et mes doigts de palper, palper là cet épiderme. Comme de bien entendu, nous sommes interrompus par la sonnette :
- J'ai les mains prises, chérie va ouvrir, qu'il dit (mais c'est pas grave parce que tout au long de la soirée, nos corps ont joué, tellement joué à se toucher, à s'effleurer, personne n'a rien vu).

Ben oui, je t'ai pas dit mais c'est son anniversaire, donc on fait la teuf. Pour une occase, c'est une occase. À la centrale y a carnaval. Alors on convie les amis, on les invite à venir prendre un verre, ils disent d'accord. Rendez-vous sur la lande, à l'endroit où l'on s'est épris (dans l'appart de ses parents quoi, parce que c'est plus grand).

Moi, les anniversaires j'ai l'air dans la lune. Au self les elfes me sollicitent (buffet libanais (cuisine-moi kitsch et net, il avait dit Monamour) c'est fourré à quoi ces petits machins appétissants ? eh ben goûte tu verras bien) (ça se voit pas trop que j'en sais rien ?). Des érudits m'abreuvent de leurs fioles. Comment tu trouves mon calva ? Tu sais ce que c'est, on se noie dans des murmures. La fermer, se taire, l'ouvrir, ça va sans dire : est-ce que vous en avez ? du réseau, des rougeurs, des nerfs d'acier ? Si c'est pas malheureux notre monde qui part en brioche ouh la. Et puis les pluies acides décharnent les sapins. Sans aucun doute, l'homme de demain sera hors norme. Mais je me tue à te dire qu'on ne va pas mourir. Qu'en dit le héron ? Il en sait long. Et toi sais-tu qu'en Écosse des gosses écossent des chimères en chair et en os ? Et les mouettes se délectent de nos anecdotes (tous nos échanges coulaient de source).

Allez, tous à l'assaut de l'euphorie. Les fruits à portée de main, et les délices divers. Pommes d'or, pêches de diamant (ah zut, j'ai encore un bout d'paille dans l'nez)

Attends, remets l'champ' dans la glace, j'ai une question à te poser. Oui vas-y, je t'écoute. Hein quoi ? ah ok, fond du couloir troisième porte à droite (on aurait dû flécher).

À un moment c'est l'heure du gâteau...(alors c'est pas compliqué, pour la tarte aux pommes, deux ou trois goldens, un p'tit verre de rhum, un bâton de cannelle). L'heure du speech de monamour aussi : Les années immaculées circulent dans mes veines, mais sait-on où passent-elles ? Je veux quand même me souvenir de tout (pauvre caribou) (le blues il sent bon dans ta voix, je lui dirai en aparté).

Et puis alors que paisiblement j'plantais mes olives dans une pizza chaude, vlà que le musicien s'approche.
- Tu sais, j'ai des doutes sur la notion de longévité, ah la la, où l'acheter le courage...la vie d'artiste n'est pas rose, n'est pas sans tache...mais y a pas d'quoi faire un drame, sur l'prospectus ça disait provisoire.
C'est quoi cette histoire, ça cache quekchose, que je me dis, perspicace. Il se passe quoi, dis-moi.
- Tonamour m'a demandé de t'annoncer ça avec précaution alors voilà, sais-tu qu'la musique s'est tue ? finit-il par accoucher.
- Mais comment t'es au courant toi ? que je réponds, un peu sous le choc.
- Ah il sait tout mon petit doigt.
- Attends, y a oune dé ké pipé là...
Mais bon qu'est-ce que tu veux, l'heure c'est l'heure, on n'est pas d'humeur à verser des pleurs. Qu'on me presse une orange.

C'est pas tout ça mais
j'ai des faims de loop de loop, de shalala chaloupés, on va dans[er] sous des pluies diluviennes, même si les danses d'ici se différencient des danses du ventre. C'est fou c'que j'ai la banane, j'fais la noce avec Yasmina, à découvert le ventre à l'air, ça sent le cramé sous les projos. Y en a même qui en viennent aux choses sérieuses, genre Je veux te dominer aux dominos, je te veux nue sur l'avenue à chaud (la nuit draguait un vieux parfum de furie). Et mon corps de se vouer à des lunes surdouées. C'est l'heure où je glisse dans les interstices, où il vaut mieux balanc[er] les jumelles pour ne garder que le flou. Des heures, des heures de voltige à plusieurs, des kilomètres de vie en rose.

Après cinq babies, c'est l'heure de me zoner, mes circuits sont niqués, puis y a un truc qui fait masse. Où veux-tu qu'j'te dépose ? se demandent-ils mutuellement. Heureusement qu'on rentre à pied parce qu'à l'analyse il ressortirait que j'suis pas d'équerre, yé n'en pé plou. Dans les faubourgs je décante. En moi gronde une ville, grouille la foule dessaoulée. Oh tu sais, les capitales sont toutes les mêmes devenues (voyez-vous ces êtres vivants ?)

Après la colline j'y suis (chez moi). Éteins une à une les lumières que je dis à Monamour, j'ai fait un songe, une hypothèse, un projet de baise. Mais avant, glissé le carbone plus papier dans la machine et au travail, c'est ça oui c'est ça (j'écris un mot sur le blog quoi). Parce que quand même, j'sens comme un vide, remets-moi Johnny Kid. Alors bien sûr ses congénères crient au génie, évidemment. Putain les grands voyageurs laissent dans le coeur des ardoises.

Tout est redevenu étrangement calme, les fakirs traversent dans les clous (pour te dire). Oui, tout est si calme ce soir, puis-je être ému ?

[Il va de soi que seuls les textes en italiques sont de moi]

mardi 18 novembre 2008

Je n'arrive pas à écrire, il me faut un peu de distance. Pareil pour les commentaires, je te prie de m'en excuser. En attendant, une petite chanson qui résume la situation. Je te mets pas le texte, t'as qu'à l'écouter pour une fois.

Découvrez Cali!

samedi 16 août 2008

...

J'avais oublié de te dire que je partais en vacances. Et maintenant je suis revenue. Je te raconte plus tard. Allez musique.

mercredi 11 juin 2008

♫ Love is easy (zizi), love is not true (trou) ♫

(Je t'ai mis la prononciation entre parenthèses des fois que ça t'échappe)

Hier soir j'ai vu Bashung en concert, pour la troisième fois de ma vie et j'espère que ce sera pas la dernière si tu vois ce que je veux dire...Magnifique comme d'hab. Ouverture sur Comme un lego, fermeture sur Night in white satin où tout le monde dit I love you. Dans l'intervalle que du bonheur. Très émotionnant vraiment, comment te dire, je suis encore dedans à l'heure où je te parle. Gros couac tout de même : la première partie qui chante faux, pousse des cris suraigus à t'en faire saigner les oreilles et se fait copieusement siffler et huer par une partie de la salle. Tu vois le barde dans Astérix ? Pire. Elle part énervée sur un Ouais on sait que vous avez voté Sarko hors sujet. Eh ben figure-toi qu'il s'agit de madame Bashung en personne...Je sais pas si l'amour est aveugle mais sourd oui.

J'étais accompagnée, entre autres, par un couple d'amis dont je t'ai causé ici par exemple (je republie cette note pour l'occasion. Je remettrai en ligne, dans un avenir plus ou moins proche, la totalité des archives. Hein t'es content ?)

Un soir ce couple d'amis a débarqué à la maison, tout joyeux, en annonçant Ça y est, on a acheté un appartement ! Youhou. Et ils commencent à nous en faire la description. Et puis monamour s'en mêle : Et l'entrée elle est comme ça. Et la chambre elle est là, juste à côté la cuisine...Et eux : ben oui, comment tu sais ??? Et lui : c'est au numéro tant de telle rue...Oui !!! Mais...??

Eh ben en fait monamour a vécu en colocation dans cet appart pendant ces années étudiantes. Ils l'ignoraient au moment de l'achat évidemment, car ce ne sont pas les amis de monamour mais les miens. Dingue non ? Bon par contre il va pas le reconnaître l'appart quand ils nous convieront à la crémaillère, vu qu'ils ont tout cassé et tout reconstruit ; ça va lui faire comme dans l'émission de télé où les gars en une journée ils te refont les peintures, les sols, les rideaux et même la salle de bain, enfin les trucs que toi il te faut toute une vie pour pas les finir et après t'arrives, t'attends qu'elle dise 3 pour ouvrir les yeux et tu dis Mais c'est pas chez moi ici...Je pense que ça va lui faire ça, à la différence près que ce sera effectivement pas chez lui puisque ce sera chez eux.

Alors cet appart, après de longs mois de travaux (eh oui ils ont fait ça avec leurs blanches mains, pas avec l'émission de télé, d'où les délais), est enfin devenu vivable, ce qui a donné lieu à un déménagement en bonne et due forme pas plus tard que le week-end dernier. Autant te dire que chaque fois qu'on se voit, avec ces amis, on s'extasie devant les coïncidences de la vie, c'est un leitmotiv dont on ne se lasse pas. Ça n'a pas manqué, une fois de plus, lors du déménagement.

Et puis, tandis que je descendais l'escalier, chargée d'un des nombreux cartons qui firent le sel de notre journée, voilà-t-y pas que je m'entends interpeler ainsi : Bonjour Ada. Et qui vois-je en me retournant d'un geste pas très élégant ni très souple mais je te rappelle que j'avais dans les bras un carton qui entravait ma liberté de mouvement. Qui vois-je donc ? Nul autre que mon directeur, qui fut, jusqu'à ce jour précis et à l'insu de tous, le voisin de ce même couple d'amis. Là ça devient cosmique. Et je dis avec Bashung ♫ c'est l'heure où je glisse dans les interstices ♫

mardi 15 avril 2008

Fuck off

Collègue 1 : Ah Ada, tu es de retour, tu nous as manqué hier.

Comment se fait-il que, tandis que je lui souris gentiment, je pense très fort : EH BEN C'EST PAS RÉCIPROQUE.

Collègue 2 : Ah Ada, t'es bien coiffée aujourd'hui.

Comment se fait-il que, tandis que je lui souris gentiment, je pense très fort : COMMENT ÇA AUJOURD'HUI ?

Collègue 3 : Dis Ada, tu ferais quoi, perchée sur l'Himalaya, par rapport au cannibalisme ?

Comment se fait-il que, tandis que je lui souris gentiment en faisant semblant de m'intéresser à la question, je pense très fort : OH TOI J'AURAIS AUCUN SCRUPULE À TE BOUFFER, MEME VIVANTE ?

Collègue 1 est hystérique, égocentrique, logorrhéique. Ça ne se voit pas forcément dans l'exemple choisi mais méfie-toi, il s'agit simplement d'une feinte pour se répandre voluptueusement dans le récit de tout ce que j'ai raté en ne venant pas la veille.

Collègue 2 est alcoolique. Et soule au moment où elle tourne si joliment son compliment.

Collègue 3 est raciste. Enfin, je voudrais pas trop m'avancer, mais quand je l'entends dire : moi ma fille, tout ce qu'elle veut mais qu'elle me ramène pas un Noir...ben j'en déduis qu'elle est raciste. Mais je juge peut-être hâtivement hein...

Quand tu sais qu'actuellement ces trois spécimens rares d'une humanité à devenir chèvre sont dans MON bureau...la question du comment se fait-ce devient tout de suite assez superflue.

La vraie question c'est : jusqu'à quand vais-je contenir ce que j'ai vraiment envie de leur répliquer, sans souci de la diplomatie ni de l'entente cordiale ?

Car s'il n'y avait que ça...

Mais non, il faut encore qu'une lente et douloureuse agonie (d'un être cher tant qu'à faire, on est quand même là pour rigoler) engendre quelques dégâts collatéraux au sein de mon couple.

Autant te dire que des vacances j'en prendrais bien là tout de suite.

En attendant, je vais me procurer un substitut et ce, dès ce soir : champagne et foie gras. Que la fête commence !


lundi 7 avril 2008

♫ Et Dieu créa la flemme ♫

Pendant que la flamme olympique traverse le sud de la capitale française, je me demande si j'ai pas perdu la mienne de flamme. À moins que ce soit juste de la flemme, faut voir...

Bon ben tu dis si ça fonctionne ou pas hein, n'hésite pas, ça changera rien, ah aha.

Donc là pour faire genre actualité engagée, normalement t'as un petit extrait d'une chanson sur le Tibet, par nos amis de LSD.

Paroles :

Là-bas tu peux voir des moines à cheval

Qui descendent la rue pricipale

Et tous les voyous de l'Amdo

Qui jouent au billard dans la boue

Ils en veulent pas après tes sous

Car tout c'qu'ils veulent, c'est qu'tu leur donnes

Des photos du Dalaï-Lama, leur chef incontesté

Y a des pays comme ça où les gens ont appris

À faire flotter très haut d'invisibles drapeaux

Flotter très haut d'invisibles drapeaux

Et même quand leurs grands monastères sont réduits en poussière

Ils continuent à faire tourner leurs moulins à prières

Car ils savent que tôt ou tard la victoire c'est pour eux

Extrait.

Et puis de l'image animée en la personne d 'un clip des mêmes, avec des couleurs trop belles et de l'effet spécial à gogo. Attention les mirettes !



mercredi 19 mars 2008

♫ It's not really work, it's just the power to charm, I'm still standing in the wind, but I never wave bye bye ♫

Non mais tu sais pas quoi ? Je me suis vue dans le film. Dingue !

Ouais bon tu vas encore dire que je retarde de trois guerres, faudrait changer de disque un peu et puis oublie pas que j'ai 84 ans mon petit. Je veux dire y a pas si longtemps j'avais pas le téléphone (ni fixe ni pas fixe) et le jour où j'ai découvert le répondeur, mes amis étaient tellement sous le choc qu'ils laissaient pas de message ou alors : ................(long silence de surprise) (puis) oh mais t'as un répondeur ? (et hop ça raccrochait) Mes amis sont cons qu'est-ce que tu veux, à chacun selon son mérite. Mais attends, ça fait un bail hein, au moins six-sept ans...Depuis je me suis mise à la carte bancaire et tout. Un bond dans la modernité tu crois quoi.

Et là, y en a un qui sort son APN (appareil photo numérique) (oui ben quoi, quand on est un peu dur de la feuille, on a vite fait de confondre avec le test là pour voir si t'as tes papiers). Alors je te préviens, quand l'APN fait son apparition, y en a déjà au moins la moitié qui se met direct en apnée pour faire bonne mesure. Et vas-y que ça se défile dans les coins. Pas moi non, vu que je sais pas ce que c'est.

Après tu passes à la séance visionnage. Bon là ça fait très très peur. Comme les films d'horreur. Tu mets tes mains devant tes yeux et tu regardes à travers tes doigts...Bon ben faut que je te dise que la voix, ça va pas du tout. Je sais pas qui m'a doublée mais franchement d'où qu'elle sort cette voix de fillette ? Comment ça toi tu la reconnais très bien ma voix ? Par contre c'est qui la beauté fatale là ? (je caricature, t'affole pas), oui elle, elle a l'air vachement sympa c'te fille...Ah elle s'appelle Narcisse ? t'es sûr ? Mais c'est que je me plairais presque dis donc j'en reviens pas...L'analyste a dit : il ne faut pas avoir peur de le dire. Et ben voilà, c'est dit, je remonte dans mon estime.

Alors pour fêter ça de façon moderne, je te mets les Modern Lovers et leur Roadrunner, en image fixe certes mais avec du son.

vendredi 27 octobre 2006

"Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?"

Tu sais bien que les croyances en tous genres, c'est pas ma flûte de champ. Je suis pas du genre à consulter mon horoscope (bon là tu me crois pas. C'est ton problème), ni à guetter nos camarades de l'espace, ni même à adhérer à une quelconque religion (et si jamais je deviens bouddhiste, range pas ça dans la case Victime de la mode mais plutôt dans Quête des origines (pas du monde banane (et je ne parle pas non plus de Courbet), les miennes) et puis c'est pas tout à fait une religion). Cependant je m'interroge (non ! pas sur le bouddhisme), oui je m'interroge.

Tu n'es pas sans savoir que je squatte pas mal chez le charmant charmeur chilien. Mais quotidiennement je passe un peu de temps, aussi court soit-il, chez moi. Je relève le courrier. Je change de fringues. Je fais le ménage. J'arrose les plantes. Je discute avec les voisins. Je nourris le crocodile. Je sors les poubelles. Bon je n'ai pas dit que la vérité mais ce sont des exemples destinés à t'éclairer, c'est important que toi et moi on soit sur la même longueur d'ondes, j'en ai besoin.

Tu n'ignores pas non plus que j'aime écouter de la musique et que je fume. Et même, peut-être n'as-tu pas envisagé ce cas de figure, des fois je fais les deux simultanément...notamment chez moi, avant de me livrer aux diverses activités susmentionnées, pour m'y encourager...ou bien après, pour m'en reposer. Nonchalamment alanguie sur le sofa, je rêvasse à des choses qui te regardent pas tellement (encore que...il m'est arrivé d'esquisser mentalement une espèce de machin qui finit sous tes yeux), avec dans les oreilles des sons que j'aime.

Dernièrement, un live au Bataclan, Lou Reed-John Cale-Nico cuvée 1972. J'écoute ça avec grand plaisir, puis je me rends compte qu'il est tard, hop j'appuie directement sur Off, comme d'habitude, à la barbare, et je bouge de là.

Quand je reviens le lendemain, je m'empare d'un petit Daniel Darc, je veux éjecter le live de la veille : rien. Enfin rien, le truc s'ouvre et tout mais le CD n'est pas dedans. Je regarde dans le boîtier : rien non plus. Ben oui il me semblait bien que je l'avais pas rangé. Alors mmm ? voyons voyons, je regarde autour, histoire de vérifier que je l'aurais pas balancé à la volée (je fais jamais ça mais il faut envisager toutes les possibilités) : toujours rien. Avoue que c'est bizarre. Dernière option : bien que ce geste ne me soit pas du tout familier (quand je retire un CD, c'est pour en mettre un autre), bien que je ne m'en souvienne absolument pas, je l'ai rangé, mais pas dans le bon boîtier. Ouais ça doit être ça, je vais pas me les taper un par un maintenant mais obligé que c'est ça.

Allez j'envoie le psaume 23 récité par Darc, ousque ça cause bâton et berger, mais pas saucisson, comme quoi tout n'est pas si simple...♫ sur des prés d'herbe fraîche il me fait reposer ♫

Le jour suivant. Je fais Eject et qu'est-ce que je trouve ? Si t'as suivi tu dois répondre Darc. Eh bien pas du tout : le Bataclan 72 ! Non ? Si. Et dessous quand même, Daniel Darc. Alors là je comprends pas...Je n'ai pas d'explication rationnelle à ce phénomène autre que la suivante qui est trop trop flippante, mais au secours je n'en vois pas d'autre : quelqu'un s'est introduit chez moi, a subtilisé le live, s'est réintroduit et l'a remis là où il l'avait trouvé. Je passe en revue les gens susceptibles d'avoir un double de mes clés. Y en a pas (oui je sais, c'est très con de pas laisser des duplicata en lieu sûr, je sais). Mais il se passe quoi bordel ? Tu sais, cette sensation désagréable d'une absence présente...Brrr...Je me dis que c'est pas possible, mais en même temps je suis pas folle, alors ? Je remets le Bataclan 72, j'écoute un peu, l'esprit pas trop tranquille, puis je me barre.

Le jour d'après. Eject : rien. Ah non ! ça va pas recommencer ! Je respire. Je respire. Je respire encore. J'envoie les Smiths ♫ this charming man...♫ Je coupe. Je passe sous la douche. J'en sors. Je me dis que je vais coller un post-it du style : c'est quoi le délire ? genre c'est bon maintenant, les blagues les meilleures sont les plus courtes. Enfin tu vois je suis bien perturbée, paranoland youhou. J'envoie les Smiths à nouveau ♫ this night has opened my eyes and I will never sleep again ♫ Je coupe. Je me sèche les cheveux. Eject : hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!! le Bataclan 72...et dessous les Smiths...

S'il te plaît dis-moi que personne n'est entré pendant que j'étais sous le séchoir dans la salle de bain. C'est pas grand chez moi, j'aurais entendu du bruit. Dis-moi que ça s'est pas fait non plus par l'intermédiaire d'une entité invisible aux supers pouvoirs magiques. dis-moi que c'est ma chaîne qui déconne. Dis-moi que c'est possible qu'elle avale régulièrement le Bataclan 72, et uniquement celui-ci, parce que c'est le mieux et qu'elle fait preuve de bon goût...Dis-moi que c'est possible qu'elle le garde au chaud puis qu'elle le recrache quand ça lui chante. Je t'en supplie, dis-moi que ça se peut...

vendredi 7 avril 2006

♫ Concerto pour détraqués ♫

Hier soir j'étais au bar en bas de chez moi, celui où y a des bons concerts gratos et de la bière bon marché. Entrent deux jeunes (mais pas juvéniles) filles, 25-28 ans à la louche, l'une le crâne rasé avec crête basse, l'autre en jean déchiré, gros bas résille noir et quelques inscriptions : Punks not dead, Bérurier Noir. Ça nous fait sourire gentiment, on se dit Ah c'est un peu puéril, voire anachronique. Bref, on se la pète adulte.

Ouais mais...quand, chez moi, on a fini la pizza (et les crudités, attention, équilibre alimentaire oblige)...qu'est-ce qu'on décide d'écouter ? Gagné. Les Bérus. Et nous voilà partis à brailler sur ♫ SOS c'est le drapeau mondial ! SOS international ! ♫ et autres ♫ Manifeste ! En république l'anarchie ! ♫, le volume à 33 et des brouettes, le rhum à 50, comme d'hab. Les voisins ont même pas gueulé. En même temps, comme dit un pote, ils seraient peut-être montés pour la Star Ac à fond les manettes, mais pour les Bérus, ils ont la trouille, hé hé. On est trop une bande de jeunes qui se fend la gueule.

Puéril ? Anachronique ? Non mais c'est pas ce qu'on voulait dire...