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jeudi 21 janvier 2010

Y a des limites à ne pas respecter

Qu'est-ce que c'est bon je me disais, campée dans mes bottes, légèrement inclinée et les mains un peu glissantes, qu'est-ce que ça fait du bien. Je savourais le plaisir sensuel, le toucher mais aussi la vue, quand ça coulisse dans l'écume. J'avais oublié que ça pouvait être aussi puissant dans ces ambiances particulières et alcoolisées. Comme une résurgence de quelque chose que tu sais sans en avoir conscience. Par exemple l'autre jour quand j'ai reçu le mail Où ? Quand ?, sur le coup rien, et après je me suis dit Tiens ça pourrait être un genre d'Amélie Poulain (que j'aime pas d'ailleurs). Et là ça revenait, ça décuplait mes sensations. On était plusieurs, j'entendais les voix derrière, quelques rires et des soupirs, je jetais un oeil de temps en temps, avant de me recentrer sur mes priorités.

Tout avait commencé le plus classiquement du monde, dans un pub, avec du rock en fond sonore, on se pressait nombreux autour de deux petites tables. Au fil de la soirée on avait de plus en plus d'espace, jusqu'à ce qu'une table y suffise, il ne restait plus que nous, les guerriers de la nuit. Quand le barman a distribué les verres en plastique pour la fermeture, on a fini de boire dans la rue et y en a un, un des rares à avoir un appart où il est possible de recevoir autre chose que des coups de fil, y en a un qui a proposé : On peut aller chez moi si vous voulez. Nous étions tous d'accord.

On a failli en perdre une dans la salle de bain, finalement non. Le vin était tiré, on l'a bu. Bien sûr on a parlé de sexe et fatalement on s'est posé la question de l'opportunité de se livrer (Où ? Ici - Quand ? Maintenant - Hic et nunc) à des activités sexuelles collectives. Oui on s'est poliment posé la question. Pas longtemps.

Alors je me suis levée, j'ai dit un truc comme Je ne peux plus résister, je me lance. Et j'ai pas regretté. Car c'était tellement bon. Après c'était pas mal non plus, quand de nouveau nous étions attablés, autour de la casserole fumante et reconstituante. La satisfaction de l'oeuvre accomplie.

Car une fois qu'on a eu décliné l'offre badine de partouse, notre hôte a dit : Ben sinon je peux vous faire des pâtes. Il était 5h du mat, on n'avait pas dîné, on a tous dit Banco. En revanche, il a ajouté (car ici tout le monde parle trop bien t'as vu, ils disent ni des fois, ni par contre), en revanche y a plus de casserole propre. Alors j'ai fait la vaisselle et j'ai kiffé.

vendredi 28 septembre 2007

Dernière station avant l'autoroute

Elle est scotchée à l'écran, ses yeux vitreux lui sortent de la tête qu'elle tient mollement d'une main et moi, pendant ce temps, je vais en profiter pour te lancer un SOS. Parce que là j'en peux plus.

Y a déjà pas mal de temps, j'ai failli publier ce qui précède. Mais évidemment j'ai été interrompue, comme d'habitude. Interrompue par des gémissements, des larmes, des cris et de la morve, non mais je sais pas mouche-toi dans ta manche au moins.

Je croyais même ne plus avoir de compassion. Je me suis blindée comme jamais. Dès qu'elle ouvrait la bouche, je fermais les oreilles. J'acquiesçais (putain il est pas facile à écrire celui-là) vaguement, mmm mmm, je fuyais du regard, j'avais juste envie de lui dire de la boucler.

Non parce qu'au début, c'est vrai, ça fait de la peine. T'arrives au taff, t'as ta collègue kabyle aux tendances suicidaires mondialement reconnues, bon t'essayes d'assurer. Déjà je lui ai sauvé la vie, si on peut dire. J'étais pas obligée je te signale. Je veux dire j'aurais pu choisir de culpabiliser jusqu'à la fin de mes jours. J'aurais très bien pu. Il se trouve que j'ai pas fait dans l'originalité. C'est mon choix. Par contre, là, y a peu, elle m'aurait dit je vais me suicider, j'aurais répondu Ah ben si t'as besoin d'un coup de main, tu peux compter sur moi. Pour te dire à quel point j'en étais arrivée.

Mais bon, au début, tu t'investis, tu racontes des blagues et tout. Quand ça commence à sentir l'alcool dans le bureau, t'as peine à y croire, Oh ben non tu te fais des films arrête...Alors tu te voiles la face, dis donc ils utilisent des détergents vachement parfumés les gens du ménage. Puis quand elle passe son temps à ronfler dans le placard, tu te marres ok, mais tu commences aussi à soupçonner l'embrouille. Soi-disant qu'elle a des migraines. Des gueules de bois ouais.

Après tu trouves des bouteilles de sky sur ta chaise, environ une fois par semaine. Cadeau. Hé, dis, elle essayerait pas d'acheter mon silence des fois ? En plus je les oublie systématiquement les bouteilles, elles sont toutes dans le grand tiroir du bas, à la limite on pourrait croire que c'est moi l'alcoolique.

Je te passe la phase maniaque où elle danse dans le bureau au son d'un raï endiablé, pour en arriver à la phase dépressive où elle trempe mon épaule de ses fluides corporels en hurlant qu'elle est un boulet pour l'humanité (un boulet, certes, mais un boulet lucide, faut reconnaître). Bon ben du coup, comment tu veux que je blogue moi dans ces conditions ? dès que j'ai cinq minutes, je taffe.

Hier, elle arrive vers moi de toute sa masse corporelle, le visage décomposé, les bras ouverts pour que je l'enserre d'une accolade rassurante selon le petit rituel du Non Jeff t'es pas tout seul...Mais va savoir ce qui me passe par la tête, l'envie de mettre un peu de piment dans notre atmosphère délétère, le souci de conserver propres mes cheveux fraîchement shampooinés (tu peux pas acheter des mouchoirs nom d'un chien !), que sais-je encore, toujours est-il que je me raidis tout en énonçant : Tu sais, collègue kabyle, il faudrait que tu arrêtes de boire, ça peut plus durer là...

Immédiatement, les larmes cessent de couler, elle est la stupéfaction incarnée (ou alors elle imite vachement bien) : Mais tu sais ?! comment tu sais ? et y en a d'autres que toi qui savent ? t'en as parlé ? à qui ? quand ? qu'est-ce qu'ils ont dit ? Ouh la, on se calme. Évidemment j'en ai parlé, eh oh tu crois que je fais quoi sur le divan, déjà tu m'empêches de bosser mais en plus tu parasites mon analyse, alors ça va bien hein. Et puis faut bien que je relâche, de temps en temps, que je m'épanche, auprès de personnes de confiance, que je vide mon sac, parce que t'es vraiment un boulet ma pauvre, t'es la première à le dire. Bon ça c'est ce que je pense in petto, et tu sais bien que la parole est beaucoup plus lente, heureusement...Du coup verbalement ça donne : Les gens sont pas bêtes...si je m'en suis aperçue, je suppose qu'eux également, parce que ça se voit, tout simplement. Leçon n°1 : montrer à l'alcoolique qu'on n'est pas dupe, que son manège dissimulateur ne trompe personne. Ceci afin de le confronter à la réalité et tenter (eh ben bon courage) de lui faire admettre le problème.

Réaction : elle appelle son alcoologue. Pas de réponse. Crise de larmes. Je propose de l'accompagner à l'infirmerie. Elle accepte. Mais l'alcoologue rappelle. Incapable de lui parler, elle me le passe. Euh bonjour euh ben je suis une collègue hein et bon (chuchotements) elle est complètement bourrée là, mais rétamée de chez rétamée (oui parce que, pendant la discussion elle a descendu son mug cul sec, et figure-toi que ça sentait plus la vodka-orange que le thé au jasmin) alors bon ben rappelez plus tard ok ? on fait comme ça ? allez au revoir. Coup de fil au mari pour lui avouer la rechute. Et c'est là que je me dis que c'est pas gagné, vu qu'elle annonce deux jours alors que ça fait bien deux mois qu'elle est dans cet état. M'est avis qu'elle est pas tout à fait prête à avancer pour de bon. Mais ça se débloque gentiment, allez on y croit. J'ai droit aussi au mari, vu qu'elle s'allonge par terre les bras en croix (la tête lui tourne à la choupinette) : ne t'inquiète pas mari, elle est pas en train de mettre fin à ses jours, all is under control, je l'emmène à l'infirmerie et je te tiens au courant.

Le trajet jusqu'à l'infirmerie a vraiment été une partie de rigolade, j'te jure, elle tanguait comme un bateau ivre, j'ai eu peur qu'elle gerbe dans les escaliers et on s'est arrêté dix fois pour qu'elle se mouche dans mon cou (ah bordel beurk). On aurait presque pu chanter des chansons paillardes. Elle est prise en charge par le corps médical. Et moi, enfin, je respire.

Je respire tellement bien que j'ai comme des bouffées d'amour pour elle. Ben oui, on s'est toujours bien entendu, elle a pas une histoire facile, elle est cultivée, engagée du côté que j'aime, intéressante, drôle, chaleureuse...C'est marrant comme le jugement se reforme dès qu'on est "débarrassé" des gens. Prends les morts. On en dit jamais du mal, t'as remarqué ?

mercredi 29 août 2007

À la recherche du carton qui cartonne

Tu n'es pas sans savoir que l'élément de base pour déménager, c'est le carton. Un appartement où habiter aussi, oui, bien sûr, mais commence pas à m'énerver. Chaque chose en son temps. Donc le carton si tu permets. (Oui je fais des phrases courtes. Quand on commence à m'énerver, je fais des phrases courtes, sache-le). Et le carton figure-toi que ça se trouve dans le commerce. Non mais va pas croire non plus que j'ai acheté des cartons. N'importe quoi. Dans le commerce ok, mais gratuit.

1) Supermarché où je vais jamais.

- Bonjour, c'est possible de récupérer des cartons ?

- Ah c'est vous la dame qui déménage ? Vous êtes venue la semaine dernière c'est ça ?

Bon alors toi tu commences fort. Je veux bien que t'aies 15 ans à tout casser et que tu fasses ton premier petit boulot mais c'est pas une raison pour me traiter de dame hein, je viens tout juste d'avoir 84 ans. Pour la peine je vais dire oui, tiens, allez, je sais très bien que c'est pas moi la dame qui déménage, vu que je suis pas une dame, mais juste pour rigoler...

- Oui oui je déménage (non mais pour rire on te dit, je comptais pas la spolier de ses cartons la dame en question)

- Maman ! C'est la dame qui déménage.

Ouh toi...il te reste plus qu'une vie. Tu répètes encore une fois que je suis une dame et c'est game over.

- Mais non c'est pas elle.

Ben non c'est pas moi. Est-ce que j'ai une gueule de dame franchement ?

2) Supermarché où je vais parfois.

- Bonjour, c'est possible de récupérer des cartons ?

- Ah pas aujourd'hui, le lundi on a rien. Mais bon...

- Et vous êtes livrés quand ?

- Le mardi et le vendredi.

- Ah ben je peux repasser demain alors ?

- Oui...si vous voulez...mais bon...

Mais bon quoi exactement ? Mais bon quoi ? on peut savoir ? J'te jure les gens qui finissent pas leurs phrases, ça me...enfin bref. (Quoi ?)

- Vous pouvez les mettre de côté pour moi ?

- Oh mais vous savez y aura pas grand-chose hein. Mais bon...

Ok on sent que t'as vachement envie de rendre service toi, c'est sympa.

3) Supermarché où je vais souvent. - Bonjour, c'est possible de récupérer des cartons ?

- Mais bien sûr, y en a là, y en a là aussi, servez-vous, choisissez ceux qui vous plaisent !

Eh ben euh...du moment que c'est des cartons, ils me plaisent hein, je suis pas raciste. Mais bon (comme dirait l'autre), si tu y tiens, ceux des lessives sentent bon, disons que j'ai une préférence pour ceux-là.

- Vous voulez que je vous garde ceux de demain ?

J'en ai déduit que mieux vaut s'adresser aux commerces que tu fréquentes. En même temps, cette nana si avenante, c'était la première fois qu'on se voyait.

L'étape suivante c'est mettre en forme tous ces jolis cartons. Avec du gros scotch marron. Très sympa le gros scotch marron, j'adore, en plus j'ai le dévidoir qui dévide trop bien et qui coupe net que même pas t'as besoin de ciseaux. Bon ben là j'en suis à peu près à 200 mètres de gros scotch marron pour te donner une idée de comment je kiffe.

Puis tu remplis. Allègrement. Un fond sonore bérurier sur lequel tu chantes à tue-tête renforce l'efficacité et l'énergie. ♫ Allez allez les tribus du Vietnam ! Allez les Iroquois du macadam ! Géronimo ! GÉ-RO-NI-MO ! oh oh ! Apache ! Apache ! ♫ Allègrement les cartons tu remplis, te dis-je. Mais attention pas avec n'importe quoi. Il te faut de l'application et de la stratégie. Parce que le carton est fourbe, il a vite fait de devenir hyper lourd et après tes amis te maudissent (non parce que toi, déconne pas hein, le jour du déménagement, tu les portes pas les cartons, ben non, toi t'es posté dans l'appart et tu les agences, tu dis Ah ça c'est des livres, pose-le dans le salon...Ça ça doit être le four, la cuisine est par là...Etc, etc...Ça se passe bien comme ça un déménagement non ?)

Pour te donner un exemple, y en un j'ai mis cinq dicos plus la Bible plus la biographie de Mathusalem et, pour équilibrer avec un tant soit peu de légèreté, ce petit mot retrouvé au hasard du bordel ambiant : Paris, le 2 août 2005. Nous soussignés Ada, monamour, pote-de-monamour et nana-de-pote-de-monamour, nous engageons à partir vendredi 5 août 2005 à Vir(e) , en train, dos d'âne, de chèvre ou de Coco de Paris (cochon d'Inde alors en pension chez moi pou cause de vacances de ses maîtres), ou tout moyen de locomotion que nous jugerons bon. Fait pour servir et valoir ce que de droit. Nous nous réservons la possibilité de partir jeudi 4 août 2005, sous réserve que mademoiselle Ada soit libérée de sa mission de service public auprès de l'État français.

Maintenant que j'y pense, j'aurais dû conserver la caisse de whisky qu'on a descendue cette nuit-là, ça aurait pu servir...

mercredi 1 août 2007

Week-end à rhum

Oui. Je sais. Toi aussi tu m'as manqué. Mais bon tu connais les nouvelles règles.

Alors la question du jour, je te la livre directement sans transition et sans tourner autour du pot (de mousse) (oui c'est histoire que tu te perdes pas, vu que depuis l'effaçage des archives suite à tu sais quoi, sur ton moteur de recherche tu fais que taper "pot de mousse", même pas y a des trucs un peu drôles ou salaces, non tu veux du pot de mousse et rien que du pot de mousse. Eh ben t'en as) (eh ! tu sais quoi ? en tapotant sur mon clavier je me rends compte que je suis bien contente d'être là tranquillou avec toi qui va pas tarder, j'avais oublié comment c'est trop sympa, j'ai presque envie de t'embrasser dis donc), ah et puis ça faisait longtemps qu'on s'était pas paumé dans des parenthèses aussi, mon dieu que la vie est belle...Bien. La question du jour qui nous occupe aujourd'hui (quel hasard hein ! quand je te dis que c'est une journée particulière) : imaginons tu connais un jeune provincial qui vient fêter ses 30 ans à Paris, imaginons ; tu fais quoi ?

Moi, déjà, je sors du taff. Avec une idée fixe : faire le ménage. Ah non pardon, ça c'est toi. Bon disons que j'essaye de me motiver pour organiser un minimum le désordre. Sauf que, évidemment, au moment où je monte dans le métro, je tombe sur une copine du quartier. Alors on va se poser au nouveau bar, normal. Et là le temps passe fourbement jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un quart d'heure pour atteindre la gare où débarque le provincial trentenaire. Ah. Je cours donc. Tandis que je gravis les escalators, le comité d'accueil posté en bout de quai s'inquiète par téléphone interposé : Hey Ada tu fous quoi là ? le train entre en gare ! J'arrive j'arrive, c'est quel quai ? Je dis C'est quel quai ? Mais si y a du réseau, c'est ma respiration que t'entends, je suis essoufflée, je cours dans les escaliers je te signale, alors c'est quel quai ?! Le numéro du quai c'est quoi ? J'épelle Q.U.A.I. Non toujours pas ? Bon laisse tomber, on va faire autrement : vous êtes où bordel ?!? Eh ben voilà...Au final, gestion parfaite du timing, le provincial arrive avec sa valise en carton et deux autres provinciaux, nous les accueillons en fanfare comme il se doit et nous migrons tous au nouveau bar (en réalité ça donne : Bon on fait quoi ? Ben je sais pas. Vous avez mangé ? Oui. Non. Moi j'ai pas faim. Vous voulez peut-être vous débarrasser des bagages d'abord, non ? Oh pas obligatoirement non, qu'est-ce qui est le mieux ? C'est là qu'il faut pas laisser passer l'occase et dire: On a qu'à aller boire un coup au nouveau bar).

Vers minuit, quand on est plein de bière, tout le monde va se coucher. Tout le monde ? Non. Une alcoolique mondaine accompagnée de sonamour et de sa copine du quartier ne résistent encore et toujours pas à l'appel du dernier verre. Qui en appelle un dernier. Qui lui-même...etc etc (tu viendras pas te plaindre d'avoir mal à la tête demain). J'atteins mon lit assez tôt matinalement parlant.

Réveil (un samedi non travaillé, j'te jure c'qu'on fait pas par amour). Non seulement la nuit a été courte, mais en plus c'est le moment de faire un peu de rangement. Alors je t'explique, le rangement c'est pas compliqué, tu fais des tas, des tas de livres, des tas de fringues, des tas de papiers, des tas bien symétriques et hop on dirait que c'est rangé. Après je cours (thématique du week-end. Marathon woman c'était moi) jusqu'au parvis Beaubourg ousqu'on a rendez-vous à 11h (du matin hélas) vu que les provinciaux ils sont quand même là pour visiter, eux. J'ai vingt minutes de retard et une gueule de bois de l'enfer (non mais je me plains pas : je t'informe).

Tourisme donc. À pied. Tout à pied. Des Halles au jardin du Luxembourg, en passant par les quais (aaaaaah les transats de Paris-Plage, je voulais plus me lever) (et pourtant tu vois à la base, Paris-Plage, en bonne snob, ça m'enthousiasme pas des masses. Après quand tu tiens à peine debout, tu révises tes jugements), puis la pyramide du Louvre et finalement, un éclair de lucidité, on prend le bus (s'asseoir par pitié s'assoir) (cinq minutes. Avec ou sans toi. S'assoir, quel pied) jusqu'à Montmartre, on boit un coup chez Amélie la pouliche (rue Lepic) (en plus, c'est pas pour faire la rabat-joie (ou la re-snob) (ou genre je lis les Inrocks) mais franchement j'ai pas aimé le film, non j'ai pas aimé) mais si ça peut faire plaisir hein, moi tant que je suis assise, tout me va.

Ensuite chacun va prendre une douche, je fais une sieste de 17 minutes et tout le monde débarque chez moi (oh comme c'est bien rangé...Moi-même j'ai du mal à me repérer) pour l'apéro. Champagne ! Au bout de la deuxième flûte ça commence à aller très bien. Allez joyeux anniversaire ! Resto, fiesta et tout le tralala ! Et demain on aura tous la gueule de bois, pas que moi, ouais, youpi ! grasse matinée générale !

En plus il pleut, c'est pas la peine de se lever. Je pourrais te raconter l'expo à la Villette si t'étais pas déjà tellement soulé. Y a que les pintes de bière qui t'intéressent, oh allez je te connais va, et puis c'est humain. Et c'est pas les moules-frites qui suffisent à éponger. Oh que non. D'autant qu'après on change de crèmerie et là ça dégénère en Cuba libre, Margarita, Mojito, Whisky, faites vos jeux, rien ne va plus. Non parce qu'ils sont bien adorables les camarades provinciaux, mais moi je taffe demain hein, enfin aujourd'hui...disons tout à l'heure quoi, ah merde je suis bourrée ou je suis déjà à la bourre ?

En rampant j'y vais au taff. En rampant vite, mais en rampant. Et eux ils débarquent, frais (moyennement) et pimpants, après une deuxième grasse mat. Et c'est qui le guide qui leur fait visiter mon-lieu-de-travail ? Après ils prennent le train en sens inverse. On va pouvoir envisager de se reposer. Oh oui oui oui, du repos, du dodo. Enfin.

Non mais je leur en veux pas, je les aime. Surtout celui qui a dit : "Ils la changent pas souvent l'image autour de la Géode quand même".

mercredi 21 mars 2007

♫ I am the passenger, and I ride and I ride...I look through my window so bright ♫

Le pingouin : À un moment on passe le 17ème parallèle, tu sais le fameux...

Ada : Ah non ! pas le 17ème parallèle ! On l'a passé ok, mais on avait dit aussi qu'on le passerait sous silence.

Le pingouin : Allez quoi, le pire c'est de pas assumer. Et puis ça arrive, même aux meilleurs. En plus y a pas grand chose d'autre à raconter aujourd'hui, faut bien se rabattre sur le stock.

Ada : Bon...Ok, le 17ème parallèle...Mais après on parle de la station de service, y a pas de raison.

Le pingouin : Alors le 17ème parallèle, tu situes ? Le nord, le sud tout ça ? Et donc on s'arrête pour dîner. Et vas-y que ça trinque...

Ada : Non mais tant qu'à raconter, soyons précis. Je voulais pas boire pendant ce séjour. J'ai juste pris une petite bière.

Le pingouin : Ouais, enfin, ça a vite dégénéré.

Ada : C'est le chauffeur qui a insisté !

Le pingouin : Là nous assistons à une tentative de dédouanage qui ne trompe personne...

Ada : Il tenait absolument à ce qu'on trinque ensemble, et pas avec un truc de fillette, plutôt avec un truc à base d'alcool de riz.

Le pingouin : Tu la connais Ada, elle est pas contrariante. Bon maintenant elle est pas fière mais elle est pas contrariante...

Ada : Je signale qu'il m'a un peu prise par les sentiments, comme quoi il m'appréciait, que c'était cool de faire la route ensemble et que ça se fêtait.

Le pingouin : C'est ça, c'est ça. Et l'alcool de riz, contrairement à la bière, ça se boit en faisant des 100 %

Ada : Cul sec si tu préfères.

Le pingouin : Moi franchement je savais que ça allait mal finir, mais Ada dans le feu de l'action...

Ada : C'est au moment où je me suis levée que j'ai compris que j'aurais pas dû.

Le pingouin : Puis on remonte dans la caisse.

Ada : Voilààààà...fin de l'histoire.

Le pingouin : Tt tt tt. On roule, Ada frôle le coma éthylique.

Ada : Ouais ben ça se comprend aussi. On a descendu la bouteille quand même.

Le pingouin : Elle a encore la force de lui demander de s'arrêter, elle sort, elle prend l'air, il vient voir si ça va, ils remontent...

Ada : Et j'ai perdu une tong dans le champ, je m'en suis rendue compte que le lendemain, trop la loose...Allez maintenant la station-service.

Le pingouin : Un peu de patience. Je disais donc, on roule à nouveau, toutes fenêtres ouvertes, pour oxygéner au maximum...quand subitement, sans préavis...

Ada : Je m'y attendais pas trop non plus pour tout dire...

Le pingouin : Ada se met à vomir par dessus bord.

Ada : Ben à choisir entre le tableau de bord et par-dessus bord...franchement j'ai assuré je trouve.

Le pingouin : C'est un point de vue. Mais je finis...

Ada : Euh j'ai un appel urgent à passer là...

Le pingouin : Sauf qu'elle avait pas pensé à la vitesse et au vent...Et elle s'est tout pris en pleine face...Hein Ada que tu t'es gerbée dessus ? Non mais personne se moque, on n'est pas des méchants...Enfin c'était crado quand même, elle en avait plein les cheveux...Tu te rappelles Ada ? Dans les yeux aussi un peu...Hé Ada, c'est à toi là, la station-service, on t'attend...Ohé !

mardi 26 décembre 2006

♫ And please darling, help me smoke this one more cigarette, now ♫

Tu te souviens ? la dernière fois je te racontais comment, devant mes yeux ébahis, il faisait encore nuit alors que j'étais moi-même levée, et ma résolution consécutive de ne plus m'éveiller avant la nature. Eh bien il était dit qu'on allait me faire mentir.

Vendredi soir, nouveau bar. En première partie de soirée, au programme, mon pote et moi. Bientôt rejoints par Phénix et sa toute nouvelle copine. Grand dieu, dites-moi qu'il en a fini avec les lamentations et les déchirures...dites-moi qu'il retrouve goût à la vie...Oui ! en effet on peut affirmer qu'il va bien. Cependant, il n'a, encore et toujours, qu'un sujet de prédilection, je te le donne en mille : lui-même himself en personne. Ça va qu'on s'est pas vu depuis longtemps. Quant à la copine, elle a l'air amoureuse, on lui pardonnera donc le reste. La bière coule à flots, les configurations changent.

Nous étions au départ tous les quatre autour d'une table. Maintenant que le bar s'est rempli, je fais la tournée des camarades et, sans trop savoir comment, je me retrouve derrière le comptoir, avec le patron. Alors si tu veux savoir, y a moyen de moyenner avec le patron. Mais c'est pas mon genre (le patron, parce que moyenner, tu me connais).

Deuxième partie de soirée, arrivée du charmant charmeur chilien. Fermeture tardive du bar. Nous aidons au balayage, rangement etc, puis nous allons chez le charmant prendre les chemins de fer et notre pied aussi. Le temps passe à la vitesse de l'éclair. Il est donc approximativement 6h quand je ferme les yeux. Une heure après mon réveil sonne. Et là, le calvaire commence.

Déjà il fait nuit. Ensuite il fait froid. Le froid de l'hiver plus le froid de la fatigue, ça fait beaucoup. Je me déplace tel un escargot (point de vue vitesse) un peu nerveux (point de vue irritabilité). Arrivée chez moi je prépare mon sac...en dépit du bon sens (trop de culottes, pas assez de soutif). Bien sûr j'oublie ma brosse à dents. Force est de constater que je n'ai pas toute ma tête...Cependant je gère pas mal les priorités. D'abord le sac. C'est fait. Puis se tenir éveillée. Douche. Thé. Cigarettes. En route pour l'aventure.

Je reste debout dans le métro parce que c'est bon, on me la fait plus hein, vas-y, assieds-toi et hop, tu te fais la ligne dans un sens, dans l'aute, et à un moment le chauffeur, alerté par une bonne âme, te touche l'épaule et tu te rends compte que t'es ni près de chez toi, ni là où tu voulais aller...alors maintenant ça suffit les conneries, quand y a le moindre risque d'endormissement, je reste debout.

Dans le Orlybus je sombre dans un état de semi-conscience, en gardant à l'esprit que non, malheureuse, faut pas dormir...le gars à côté se lève brusquement, ah merci c'est justement là que je dois descendre.

À l'intérieur y a un Père Noël qui offre des cadeaux aux petits enfants en agitant une cloche. Quoi ? Une clochette ? Ouais, ça se peut. En tout cas, dans mon crâne ça résonne comme le tocsin. Mais putain, il pourrait pas faire ça en silence ? Et l'atmosphère feutrée des aéroports, c'est un mythe ou quoi ? Non seulement la migraine a pris possession de moi, mais en plus je peux toujours pas la contrer par le sommeil : y a pas le droit de s'endormir avant l'embarquement.

Alors je vais acheter à manger. C'est pénible ces conventions qui font qu'entre 6h et disons 11h, si t'as faim, tu dois te contenter de croissants et autres viennoiseries que j'en ai rien à cirer, moi, je veux du salé. Et les alcoolos ? vous y pensez un peu aux alcoolos en gueule de bois ? C'est bientôt Noël merde, m'en fous de la charité sur ordonnance, mais un peu d'ouverture d'esprit non ? Au final je me rabats sur un sandwich club poulet-crudités (en la personne d'une demi-tranche de concombre), qui coûte une fortune mais ça fait du bien, je reconnais.

Enfin, c'est le moment de l'embarquement. Je suis près du hublot, là ousqu'on voit la ville qui devient toute petite, et les nuages, et tout, mais je calcule ni le décollage, ni les consignes de sécurité, ni rien : je m'endors instantanément, l'esprit tranquille, car je sais qu'au pire une gentille hôtesse, ou mieux un beau stewart, viendra m'annoncer d'une voix douce qu'on est arrivé.

À destination (1h de vol, 1h de sommeil, c'est toujours ça de pris), je prends conscience des variations de la vie. Y a pas si longtemps, quand j'allais là-bas, j'arrivais par le train, je m'installais dans la voiture qui m'attendait, le chauffeur me tendait un spliff en guise de bienvenue et j'arrivais toute youhou même pas peur. Aujourd'hui je prends l'avion, déjà explosée par une nuit blanche de chemins de fer, les temps changent...

S'agit de faire bonne figure. Dire oui à tous ceux qui demandent Tu t'es enrhumée ? (non parce que : je m'en suis foutu plein le nez, bon, c'est plus honnête mais après faut expliquer, ça prend du temps. Dire ça va, à tous ceux (les mêmes) qui demandent T'as fait bon voyage ? pas trop fatiguée ? Rester sociable, alors que t'as juste envie d'aller te coucher.

Le lendemain c'est la teuf où on se fait des cadeaux sauf que c'est l'anniversaire de personne. Le lendemain c'est encore la teuf, mais cette fois je bois que du whisky, beaucoup oui, mais uniquement, vu que c'est pour moi le petit déj faut pas déconner.

Puis je remonte dans l'avion. Tout pareil. 1h de vol, 1h de sommeil. Je suis debout, cette fois contre ma volonté, dans le Orlybus blindé.

Devant ma porte m'attendent ex-monamour, ses yeux de velours et ses nombreux atours. je voudrais que de l'ex, il ne reste que l'amour. Peut-être. Un jour...

mercredi 22 novembre 2006

Entre nous soit dit...gestif

Chez moi c'est une tradition (du latin tradere, transmettre). Le jour où je dois rencontrer mon bien-aimé chef de service pour un entretien annuel tout aussi traditionnel, on peut observer un phénomène physiologique plutôt désagréable. Et ce en dépit de toute variation. Je veux dire, ça peut se passer un mardi, un vendredi, un lundi (tu comprends le principe ?), ça peut être avec monsieur X ou avec madame Y, y a rien à faire, je n'y échappe pas.

Mais non c'est pas le trac. Le trac...on aura tout vu. Tu sais ce que c'est un entretien annuel ? Le synonyme le plus satisfaisant, ça doit être mascarade. Alors tu vois, trop la teuf au bal masqué ! Non, ce qui se répète comme une erreur qu'on doit bien l'aimer finalement si elle se répète (oui bon alors viens pas étaler ta névrose merci) (je me parle à moi-même, ne te sens pas spécialement visé), pile poil ce jour crucial entre tous pour ma carrière brillantissime...c'est une bonne vieille gueule de bois des familles.

Mon premier chef était un bonhomme paternaliste qui posait des questions perso. Moi j'esquivais mais il avait pas peur d'être lourd, il y allait franco le gaillard, genre je m'intéresse. Et vous venez d'où ? Bon d'accord, ça c'est pas hyper perso. En même temps ça le regarde pas d'où je viens. J'arrive de mon bureau, là, t'es content ? Et vos parents ? Quoi mes parents ? comment tu parles de ma mère toi ? Sûr, il est important, d'un strict point de vue professionnel, de savoir de combien d'éléments se compose ma fratrie, non je comprends tout à fait, vraiment. En plus j'ai que ça à foutre de passer deux heures (ouais il faisait traîner, un truc de malade) ici alors que je pourrais tranquillement finir ma nuit, la tête bien calée dans ma main, les yeux baissés sur une quelconque paperasse, l'air concentré (ça sent le vécu ? Ah non je t'assure, je dois bien raconter alors parce que c'est que des ouï-dire, pas du tout mon genre).

Après j'ai eu une cheftaine. Non, pas les scouts. Une chefesse, ouais, si tu veux...Alors elle je l'aimais pas. Et elle me le rendait bien. C'était la guerre froide. Deux blocs s'affrontent dans une course à l'armement aussi vaine qu'obstinée.

La veille de l'entretien, je me retourne la tête avec une amie. Nous étions synchro question célibat et on en profitait bien. Pour te dire, j'avais presque l'impression qu'on vivait ensemble. On rentre à quatre pattes, normal, on fauche une petite plaque de rue, ni vu ni connu...

Oui bon, toi aussi t'as eu une folle jeunesse non ? Non ? Ben il est temps de s'y mettre...Sinon un jour tu le regretteras, je dis ça pour toi...Écoute mémé un peu, sois gentil...Et...oui voilà, c'était l'époque où on sortait jamais sans un bon tournevis...et donc on rentre dormir chez elle...Je crois même que c'est ce jour-là qu'on a ramené, tu sais, les trucs là, sur roulettes, où ils mettent les journaux gratuits pleins de petites annonces. Oui c'était pas discret. Pas du tout encombrant. Et du plus bel effet dans son salon...Quand j'y pense, on devait être belle tiens...On donnait également dans le panneau de signalisation...Mais des fois on restituait, une fois retrouvée un semblant de lucidité, parce que bon, c'est sympa ce triangle jaune mais on en a déjà trois...

Le lendemain je m'extirpe du pieu, à peine le temps de passer sous la douche, je renfile mes fringues un peu crado de la veille, genre le jean grisâtre, tu vois, trop mimi hein (et puis on fait pas la même taille, elle pouvait pas me prêter) et je vais à ce putain d'entretien avec l'autre mégère psycho-rigide. La torture. Même pas parce qu'on s'est foutu sur la gueule, non. Enfin je sais plus trop, ça remonte...Mais ce dont je me souviens bien, c'est que ma seule préoccupation, tout du long, c'était de maîtriser ma nausée et de pas gerber sur son bureau. Remarque, c'eût été plus honnête niveau sentiment à son égard.

Puis un autre chef de sexe féminin. Gentille et tout. La nana que tu peux pas dater. Encore jeune mais qui fait vieille mais qui vieillit plus. C'est dur à expliquer. Fascinant. Bon ce jour-là j'y prête pas tellement attention parce que je sors d'une nuit totalement blanche, pas une once de sommeil, que de la danse et de la picole. Je tremblote de fatigue. Et surtout je ne parviens pas à me concentrer sur les mots qui sortent de sa bouche, je capte rien. Heureusement c'est un entretien détourné vu que je débarque dans le service (et c'est pour ça que je suis présente, c'est quasiment mon premier jour. Sinon tu penses bien, je me serais mise au lit), elle me fait plutôt une présentation, et tant mieux, il me suffit d'acquiescer de temps en temps, pas trop la peine de participer. Sauf qu'elle a pleins de trucs à dire, ça n'en finit plus, et moi, bercée par son monologue lénifiant, je commence à piquer du nez, les yeux qui se ferment malgré toi, tu sais, comme en voiture, quand tu te dis Ouh je suis fatigué moi et en fait tu dors deux secondes toutes les cinq secondes...Et là elle me dit Tu veux un caramel ?

Bon ben aujourd'hui c'était le jour J. Et si t'as suivi, tu sais que hier je suis allée au pot de l'Écrivain. Au départ je voulais juste boire un verre, et puis tu sais comment c'est, tu te laisses entraîner et tu t'estimes encore heureux de choper le dernier métro. Ouais mais après y a le nouveau bar qui me tend les bras. Et le gars sympa de la dernière fois qui écrit dans mon carnet Grand-père disait : j'aime la lune qui domine, qui me regarde et qui espionne les rêves de mes nuits. Rayons de bonheur. Bref. Consumé. J'aime les fleurs et celles qui aiment les fleurs. Y a le charmant charmeur chilien aussi, qui revient d'une soirée un peu merdique. Bref quand je rentre dans le bureau de mon chef actuel (une migraine mon vieux, j'ai dû boire de la bière frelatée, c'est pas possible), je me dis que la vie est pas simple pour ceux qui se la compliquent.

Le plus étonnant dans cette affaire (et s'il te plaît ne viens pas me dire que t'as comme l'impression que je suis souvent en gueule de bois. C'est faux tu entends ? Je te parle d'entretien annuel. Pas d'entretien hebdomadaire, ni quotidien. Alors t'en déduis quoi ? Exactement, j'ai une gueule de bois une fois par an, merci d'y croire), c'est que non seulement ils n'ont pas l'air de se rendre compte qu'ils ont devant un une alcoolique mondaine au dernier degré (non mais n'appelle pas la SPA tout de suite, je survivrai) mais qu'en plus, quand ils rédigent leur appréciation, ils mettent n'importe quoi (mascarade je te dis), à croire qu'ils tirent au sort (ou le plus bourré des deux n'est pas celui qu'on croit), exemple véridique (j'aurais pas pu l'inventer) : Ada est ponctuelle.

mercredi 15 novembre 2006

Buvez...ah vous êtes éliminé

Pourquoi il ne faut pas boire d'alcool quand on taffe pas le lendemain ? Tu te le demandes sans doute pas mais tu vas le savoir quand même.

19h30. D'abord tu prends l'apéro avec tes amis dans un des nombreux bars où les cacahuètes et les amandes s'achètent au distributeur, non mais on se fout de la gueule de qui ? C'est vendredi, faut relâcher. ► 3 pressions.

21h30. Puis tu vas dîner dans un resto du coin avec ces mêmes amis. Le fond sonore années 80 fait la joie de tout un chacun. ♫ everytime you go...away, you take a piece of me...with you ♫ Tu joues au jeu de l'île déserte comme quoi toi si t'emportais qu'un seul aliment, ce serait la patate. ► disons 3 verres de vin rouge.

23h30. Pour digérer tu dégotes un petit bar à l'écart tendance anar (les rimes en [ar] ça compte pas pour de l'art car ce n'est pas rare), l'intégrale de Clash en écoute et une variété de rhums arrangés très alléchants. Qui est le président du Sénat ? Personne ne s'en souvient, y en a pas un pour rattraper l'autre, j'te jure...► 2 rhums gingembre.

1h. Tu rentres dans ton quartier à pied, plus de métro, il fait doux ou t'es déjà bien chaud, va savoir. Tu passes devant le nouveau bar, y a du monde que tu connais, forcément tu t'arrêtes (par pure politesse bien sûr). Tu papotes avec la serveuse qui a tendance à devenir une amie. On t'offre un verre ? Ok. ► 1 whisky.

Jusqu'ici tout va bien, ça ressemble à une soirée bien arrosée mais tout est encore sous contrôle. Au moment de la fermeture, t'as dans l'idée d'aller te pieuter...on te propose un dernier verre un peu plus loin.

2h. Tu montes dans la voiture et voilà, ça bascule. T'es avec deux gars du quartier, très sympas et pas lourdauds, qui connaissent un peu le charmant charmeur chilien. Ça parle banlieue, que ça peut être super et tout mais toi ton expérience à Vitry-sur-Seine, merci c'est bon. ► 1 mojito (tu vois, tu commences à trop varier les plaisirs)

SMS du charmant pour que tu le rejoignes là où il mixe. Tu demandes aux gars de te déposer.

3h. Le bar est fermé au public mais le pote de ton pote...

Bon, ça va être long à expliquer. Ton pote, il a un pote. Et ce pote il est serveur. Ton pote, il a un anniversaire. Et cet anniversaire il le fête dans le bar où son pote est serveur. Ton pote te demande si le charmant voudrait pas être aux platines pour l'occasion. Les patrons du bar kiffent le charmant. Bon ça c'était y a quelques temps. Depuis le charmant mixe par ci par là dans le bar, tu comprends ? et en plus il est payé, alors tu vois c'est cool les amis.

Le pote de ton pote t'offre un coup, normal. ► 1 vodka (oui mais t'as pas eu le choix, c'était imposé).

3h45. Le pote de ton pote, le charmant et toi, vous partez en boîte (en vrille aussi tu peux le dire...Te connaissant tu devrais savoir que ça va mal finir, mais ta lucidité est loin d'ici). Tu marches t'as aucune idée de combien de temps, t'arrives t'as aucune idée de la rue, tu entres t'as aucune idée de la boîte. Juste t'as le réflexe de sourire au videur, vu que vous grillez un peu la queue et qu'en plus vous payez pas (le pote de ton pote a visiblement ses entrées). Tu atteins le bar. ► 1 whisky (tu es en recherche de repère n'est-ce pas).

Tu discutes avec un délégué de la Croix Rouge actuellement en mission à Haïti. Tu trouveras sa carte de visite plus tard dans une de tes poches. Non parce que sur le moment c'est juste un gars un peu flou qui te crie dans les oreilles. Le pote de ton pote te colle d'autorité une paille dans la bouche, tu aspires, mmm...tu veux la même. ► 1 champagne-jus de fraises fraîchement pressées et d'autres trucs encore mais oh c'est pas un blog de cuisine ici.

Tu danses (un peu trop lascivement, paraît-il) avec un mec avant d'en boire ► 1 second, et allez !

6h ? 7h ? Franchement tu t'en fous. T'as passé le trajet la tête à la fenêtre, le taxi s'arrête, tu glisses un billet dans la main du charmant qui te dit Tu vas pas gerber quand même ?, t'as juste le temps d'entendre Ah si, elle va gerber et tu vomis au pied d'un arbre, qu'il veuille bien pardonner ton offense, c'était lui ou le taxi et la nature est bien plus accueillante que l'homme.

Tu gravis les escaliers, tu te brosses les dents. Ici s'arrêtent tes souvenirs conscients.

8h53. Tu te réveilles sur le futon du salon. La baignoire eut été plus logique...tu cherches pas à comprendre (et quand bien même tu chercherais, tu crois vraiment que t'es en état ?). Tu te lèves, encore complètement bourré, pauvre de toi. Douche. Tu rejoins le charmant sous la couette. Justement il n'attendait plus que toi pour une partie de jambes en l'air. Pas de problème.

14h. Aaaaaaaaaaaaaaaaaaargh...ta tête.

15h. Idem.

16h. Le charmant se lève. Toi non.

16h30. Il sort. Toi non.

17h30. Il revient. Tu n'as pas bougé. Il se recouche (ah ben oui, il fait son malin mais c'est pas si facile hein).

19h. Il va acheter de la soupe et du Coca (tu croirais un tableau de Warhol).

20h. Allez, lève-toi, la soupe est chaude. Tu te traînes péniblement jusqu'au salon, tu as la tête qui tournent et les jambes qui tremblent. Goûte-moi ça comme c'est bon. Il te tend la grosse cuillère en bois que tu embrasses du bout des lèvres. Je vais vomir, dis-tu (c'est vrai, c'est pas exactement la réaction qu'on attend quand on prépare un remontant pour sa bien-aimée. Soit. Mais je te rappelle que t'es une vieille loque moisie, alors bon). Mais non tu vas pas vomir. Tiens je te sers un verre de Coca, c'est un anti-vomitif tu sais ? Oui tu sais, mais tu peux pas répondre, on parle pas la bouche pleine (eh oui c'est crado, c'est comme ça). Tu t'isoles un moment dans la salle de bain. Le mystère c'est qu'est-ce qu'il peut bien te rester dans le bide, vu que t'as déjà vachement donné hein ? Oh t'en fais pas, quand y en a plus, y en a encore (bon ça va, on arrête, petite nature va).

20h30. Tu te recouches.

23h. Tu vas prendre une douche. Épuisant. Puis tu dors jusqu'au lendemain dimanche, jour travaillé pour toi, pas de chance.

Donc récapitulons :

3 bières + 3 verres de vin + 2 rhums gingembre + 2 whisky + 2 champagnes-fraises-bidules + 1 mojito + 1 vodka =

1 cuite comme t'en as pas pris depuis l'adolescence (et à l'époque tu te mettais minable avec dix fois moins...c'est là que tu vois que t'as vieilli, qu'est-ce que t'encaisses espèce d'alcoolo).

24 heures de coma migraineux nauséeux

et par là même 1 jour chômé gâché.

Si encore t'avais dû bosser, t'aurais au moins eu la satisfaction de faire l'école buissonnière. Eh ben même pas.

Tu filerais pas un mauvais coton toi des fois ?

lundi 10 juillet 2006

Pour le meilleur et pour le pire

Les teufs au rez-de-chaussée ça assure, crois-en ma bonne vieille expérience. J'ai connu plusieurs rez-de-chaussée et, mis à part le fait que t'as un peu l'impression de vivre dans la rue, tu te fais pleins d'amis.

En sortant d'un bar samedi soir, le charmant charmeur chilien et moi, après avoir passé un bon moment au comptoir de ce bar inconnu de nous deux (mais on a vu de la lumière tamisée et une déco alléchante, avec des vinyls sur les murs, des platines, moultes photos d'Iggy Pop, des affiches de films de Terence Fischer...alors on est entré), en en sortant donc, un peu plus loin sur la droite, y avait une sorte de petit attroupement et on s'est dit, tiens, si on allait voir un peu là-bas si j'y suis. Bonjour les gens.

Il s'est trouvé que les gens en question étaient fort hospitaliers. En même temps si tu annexes le trottoir, faut s'attendre à rencontrer du monde. Du coup ben on a tapé l'incruste en bonne et due forme. J'ai parlé avec des jeunes gens tout juste sortis de leurs classes préparatoires, en attente de résultat de concours, ou encore en plein dedans, genre bon ben moi j'traîne pas trop, je suis admissible pour je sais pas quoi et c'est lundi que ça se passe. J'ai discuté avec quelqu'un qui a voyagé au pays de mes ancêtres, et comme j'ai l'intention d'y aller l'année prochaine, j'avais pas mal de choses à lui demander. Le champagne a été sabré au milieu de la chaussée. Étant arrivés les mains vides, on s'est délesté de quelques plantes vertes pour égayer la compagnie. C'est le retour qui a été tendu.

À pied, évidemment. Le charmant et moi, on avait un peu abusé sur les rafraîchissements, c'est indéniable. En plus il s'était levé à l'aube (ou même avant, je sais pas) pour du taff occasionnel. Ça tanguait sévère et comme j'étais la plus en forme des deux, je me suis vue dans l'obligation d'assurer. Étant donné mon sens de l'orientation défaillant, je trouve que je m'en suis pas si mal sortie. On est rentré à bon port, après s'être approvisionné en eau à l'épicerie.

Le charmant charmeur chilien s'est enfermé une heure dans la salle de bain, une heure ! oui messieurs-dames. Je tentais de communiquer à travers la porte, ce qui donnait à peu près

moi : ça va ?

lui (voix qui se veut assurée mais ne trompe personne) : oui oui tranquille, je vais prendre une douche

20 minutes après

moi : ça va toujours ?

lui : mmmmm

moi : plaît-il ?

lui (voix faiblarde) : ouais ouais, j'ai gerbé là, ça va aller mieux

15 minutes après

moi : bon ben faudrait peut-être que tu songes à te pieuter non ?

lui : ...

moi : ouvre la porte, t'es flippant là

lui (enfin) : je crois que je vais encore gerber, j'suis pas sûr

moi : ben en attendant ouvre-moi

lui (dans un murmure) : non mais va te coucher toi, je te rejoins

moi : bien sûr, je vais m'endormir tranquillement pendant que tu crèves dans ta salle de bain...Bon ben je vais faire la vaisselle, ça va me détendre

15 minutes après

moi : alors ? quoi de neuf docteur ?

lui : arrrrrrghhhhh

moi : ah ok. Tu peux reformuler s'il te plaît ?

lui : c'est bon là, j'crois que c'est bon

moi (en fée du logis) : ah putain mais t'as fait cuire quoi là-dedans ?

lui : non mais fais pas la vaisselle, c'est pas la peine

moi (pas la peine ? mais à quel stade tu considères que c'est la peine alors ?) : dis donc, occupe-toi de toi et moi je m'occupe de moi, d'accord ?

lui (voix de gentil garçon obéissant) : oui d'accord, tu as raison

moi : en fait si je veux pouvoir te faire une tisane, je suis obligée de faire la vaisselle

Il sort enfin, tout pimpant (mais vert) dans sa serviette de bain. Il se met à farfouiller dans sa chambre.

moi : tu veux pas te coucher à un moment ?

lui : faut que je trouve un tee-shirt

10 minutes après

moi : ça y est ? tu l'as trouvé ton tee-shirt ?

lui : oui voilà. (Se met au lit) (Ne jamais désespérer)

5 minutes après

lui : ah non j'ai trop chaud, faut que je l'enlève ce tee-shirt. (Se défringue, me câline un peu et s'endort aussi sec)

Voilà, c'est lui le mec que j'aime.

jeudi 15 juin 2006

In the mood for Love, etc

Oui, je sais ce que vous allez dire...Alors chantons les amis, en ce jour de retrouvailles (sous la fameuse grisaille parisienne, celle qui aura ma peau dorée), chantons ! ♫ Je rentre un peu tard je sais, 18 ans de retard c'est vrai, mais j'ai trouvé mes allumettes, dans une rue du Massachusetts...C'est moi, c'est l'Italien, est-ce qu'il y a quelqu'un ? ♫ Oui bon voilà, I'm back.

Je vous propose une approche thématique de ces dernières semaines.

L'opération.

Entrée à l'hosto à 18h, anesthésie à 18h30, réveil à 19h15 (pas de morphine malgré mes tentatives d'apitoiement), retour en chambre à 20h, remise en liberté 48h après. Emballez, c'est pesé. En bonus 3 semaines d'arrêt de travail pour cause rendez-vous hebdomadaire avec le gynéco. Ok je prends.

La plage.

Eau chaude, soleil de plomb, léger vent, pédalo (ouais j'ai fait du pédalo. Même que le gars nous a pourchassé parce qu'on s'éloignait trop de la zone balisée. C'est vrai qu'on commençait à se dire que la mer s'agitait drôlement). Je suis pas loin d'être noire, ce qui est du plus bel effet au taff : Alors ma pauvre, ça va mieux ? Oh mais tu as vraiment bonne mine...Euh oui, la luxthérapie, tu connais pas ?

La fête.

À l'ombre des platanes, les débuts de soirée sont doux, cueillez, cueillez vostre jeunesse...Les dîners en terrasse. La nuit à nous.

J'ai dansé dans une boîte où la moyenne d'âge était effrayante. Imaginez une foule de gens tous nés APRES 1985. Un jeune homme voulait m'inviter chez lui (vu qu'il habitait juste à côté. C'est marrant comme ils habitent tous juste à côté hein ? Viens, c'est pas loin...Ils ont des prix à cause des nuisances sonores ou bien c'est un baratin standard ?). J'ai refusé mais nous avons discuté. Comme il s'enquerrait de mon âge et que j'annonçais 25 (ouh la menteuse ! Oui bon, mais dans ces milieux hostiles, faut bien s'adapter pour survivre...), il a eu un regard étonné qui voulait dire "waw, mais t'es vieille alors ?"...ce qui en un sens est flatteur, vu qu'en réalité j'ai 82 ans...mais bon faudrait leur dire qu'il y a une vie après l'adolescence quand même.

L'amour.

Ça se complexifie. Forcément. Le gosse beau (souvenez-vous, champion de la dictée de Pivot, il remet son titre en jeu tous les ans, même pas peur) m'a rejoint quelques jours autour de l'Ascension (non, c'est pas une région. Là ousque j'étais, pour vous donner un indice, les aides-soignantes m'appelaient peucheurette). Ça se confirme, nous avons bien 11 ans d'écart...Il se nourrit de hamburgers (notamment celui qui te met du soleil à l'intérieur de toi) et de kebabs. Moi je mangeais les frites...Mais si c'est pas mimi de poser des congés spécialement pour moi ! Bref il a fait chaud.

En parlant de coup de chaud, j'ai bien failli perdre mon permis de conduire. J'vous raconte ? Bon allez, c'est bien parce que c'est vous. Mais attention, il ne faut pas reproduire cette expérience à la maison, elle a été réalisée par des spécialistes. Petit matin, sortie de boîte. Je suis au volant. Le gosse beau n'est pas vraiment d'accord mais j'insiste en lui disant que de toutes façons on va se faire arrêter, et que si quelqu'un doit se sacrifier, c'est moi, vu que lui il a vraiment besoin de sa caisse, tandis que moi, hein, à Paris c'est métro-bus de nuit-éventuellement taxi, alors...En fait sous cette façade altruiste se cache une puérile envie de conduire sa voiture de ministre avec GPS intégré...Nous roulons. Je lance pour rire "Eh te retourne pas, j'crois qu'on est suivi". D'un coup d'oeil dans le rétro, le gosse beau m'annonce qu'il s'agit d'une voiture de police et qu'ils nous font des appels de phare. Ah ! alors ? c'est qui madame Soleil ? hein ? c'est qui ? Bonsoir, dites-moi mademoiselle, vous chaloupez un peu là hein ? Vous avez consommé ? Oh non, pensez-vous, en plus j'habite juste à côté (toujours dire qu'on habite juste à côté, les jeunes l'ont bien compris). Vous avez les papiers du véhicule ? (Il faut vous dire que la voiture a une plaque toute chelou car elle est immatriculée en France mais depuis l'étranger, ce qui lui fait une tête bizarre). Pendant qu'il s'éloigne pour lire la paperasse, je demande au gosse beau de me passer un chewing-gum, vu que peu de temps auparavant il m'a appris, mais c'est à vérifier, et non pas à expérimenter je répète, que ça fausse l'alcootest. Pas le temps, il me file celui qu'il a déjà dans la bouche. Est-ce que ça suffira à masquer la vodka ? Je me vois déjà interdite de conduite pour les siècles des siècles avec PV qui mettra sur la paille ma descendance jusqu'à extinction de la dynastie...Le flic revient, me recommande la prudence et roule Mimile ! Bénissons l'entité divine qui a voulu qu'ils n'aient pas le matos pour me faire souffler, loué soit le Seigneur qui rend la police indulgente !

Le gosse beau est reparti dans sa lointaine contrée. Exit le gosse beau. Entrée en scène d'(ex)-monamour. Oui, y a des parenthèses sur l'ex. Après de longues heures au téléphone au cours desquelles je lui faisais part de mon ras-le-bol de cette relation bâtarde, (ex)-monamour me dit qu'il m'aime, que c'est sérieux, et pour le prouver, il me rejoint en louant illico presto un studio dans cette petite ville de province où je coule des jours heureux de convalescente qui fait la teuf. Inutile de préciser que nous avons passé des vacances de rêve. Oui inutile. Le seul hic, c'est qu'il y est encore, ayant pris une location mensuelle...Avec l'idée, en prime, de s'installer dans la région. Mais sinon on est ensemble...Je viens de recevoir un mail où il écrit en lettres capitales JE T'AIME. Je ne sais pas quand on se reverra. Tout cela est d'une simplicité les amis...D'où les parenthèses, restons prudents.

Parallèlement j'ai reçu plusieurs coups de fil d'un mystérieux inconnu avec qui j'aurais discuté dans une soirée et qui a très envie de me revoir. Je ne vois pas du tout qui est ce jeune homme, c'est bien simple : je ne le connais pas et surtout, je ne lui ai pas donné mon numéro de téléphone malgré ce qu'il prétend (mais qui alors ? qui a osé lui donner mes coordonnées sans m'en parler ? Un traître ou une traîtresse se cache parmi mes connaissances, je mène l'enquête).

Pour corser le tout, le charmant charmeur chilien se rappelle à mon bon souvenir par SMS interposés.

Pendant mon absence :

Soigne toi bien ptite marmotte ! jtenvoie plein pleins dbizous !

Hello ! Jespère ke tu vas bien é ktout se passe bien pr toi Je pense à toi é jtenvoie plein dpensées positives et pleins dbizous !

Profite bien du soleil ! Bonnes vacances !

Jtenvoie une pensée chaude pr cette douce soirée d'été !

Dès mon retour :
On peut svoir demain pr le ptit déj ? En fin dmat ou débu daprèm si ta besoin de te reposé ? Le soir jboss juska minuit !

Domage ktu taf demain. Dtoute façon on svoa bientot ! Bonne nuit ptite marmotte

Comment résister ? Faut-il résister ? Je vais m'allonger sur le divan et on en reparle.