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samedi 26 juin 2010

♫ Make up in the new blood and follow me to where the real fun is ♫

Mon blog n'a pas été renouvelé depuis très longtemps, a dit un jour K'er à Didi en fronçant les sourcils, je n'ai pas le temps de m'en occuper, tu ne peux pas imaginer la quantité de devoirs qui nous tombent dessus en troisième année, j'ai l'impression d'y passer ma vie.

On ne saurait mieux dire. Même si, à la vérité, je passe toujours plus de temps dans les bars qu'à bosser mon mémoire de fin d'études, il n'en reste pas moins que l'activité est intense, surtout au niveau des devoirs conjugaux y compris extra.

Si intense qu'on en est arrivé au point de rupture. Tu sais, quand t'es bien interconnecté avec ton partenaire et que par inadvertance, tu bouges comme ci ou comme ça, provoquant une réaction de type Aïe ! Allez avoue, ça t'es déjà arrivé, bien sûr que oui, ça arrive à tout le monde.

La citation est tirée d'un charmant roman de Huang Beijia, Comment j'ai apprivoisé ma mère. Il m'a tout de suite interpellée depuis le présentoir de la bibliothèque, car moi aussi je dois apprivoiser ma mère. Enfin, celle que j'ai à l'école. Oui on forme une grande famille dans cette école, on a tous une mère ou un père chargé de nous soutenir dans notre parcours scolaire. Avec la mienne on ne se comprend pas. Je suis sûre qu'on s'aime pourtant, au fond.

Quand il a hurlé Aïe ! donc en se retirant pour courir dans la salle de bain, j'ai suivi. Le préservatif était plein de sang. Pendant deux secondes j'ai fait genre je maîtrise, t'inquiète, c'est une déchirure du frein, c'est rien du tout. Déchirure du frein, mon cul oui, là ça saigne de l'intérieur...Et puis comme SOS médecins nous l'a conseillé, on est parti aux urgences.

Parce qu'au début c'était cordial tu vois avec ma mère. Elle trouvait que mon sujet était passionnant et que ça allait donner des trucs trop supers. Elle m'avait demandé de faire un calendrier, alors moi, pas complètement dingue non plus, j'avais casé toutes mes actions en juillet-août (remise du mémoire en septembre ? Fort bien, je commencerai donc à la dernière minute), histoire qu'elle puisse pas dire Oui mais dites donc, vous êtes en retard sur votre calendrier là hein, puisque le retard était prévu. Bref, ce calendrier, elle a dit ni oui ni non, donc c'était gagné je considère.

Les urgences, bon, tu sais que c'est pas funky hot. Mais quand t'es en descente de chemins de fer, je te laisse imaginer...Au bout d'une heure, ils le font pisser et ils annoncent cinq heures d'attente. Du coup, que fait-on, comme deux imbéciles heureux ? On va manger un steak tartare et on remet ça bien sûr, quels cons de défoncés je te jure.

Et puis y a eu l'histoire de la problématique. Ma mère y attache beaucoup d'importance à la problématique, ouh là, ça rigole pas. Moi, tu me connais, je suis de bonne volonté, plutôt ouverte, et si ça peut faire plaisir, pas de souci, en veux-tu en voilà de la problématique. Sauf que ma mère, c'est pas une femme facile, elle serait même plutôt chieuse du genre à te poser des problèmes.

Et puis à 5 du mat, après plein de chemins de fer et d'interconnexions, je rentre chez moi. Et puis l'après-midi au réveil je téléphone pour prendre des nouvelles. Dialogue. Moi : ça va ? Lui : je suis à l'hosto, ils m'opèrent demain, si ça rate je deviendrai impuissant.

Alors bon, ok, je veux bien que la vie c'est pas simple et qu'à ses yeux je me donne pas assez de mal, admettons. Tu sais ce que c'est une mère, ça veut toujours le meilleur pour son enfant.

Heureusement c'était une fausse alerte, la fissure interne est censée se ressouder d'elle-même pour peu que l'engin reste au repos un certain temps (un mois en fait. La misère, le monsieur se classant dans la catégorie des hyper-actifs).

Sauf que l'enfant au bout d'un moment, il en a marre qu'on trouve toujours quelque chose à redire. Même si la mère, pas complètement insensible, glisse par ci par là quelques douceurs approbatrices.

On l'a échappé belle t'as vu ? Soulagement général est une expression assez faible pour rendre compte de l'envol des angoisses et culpabilités. D'autant que la convalescence laisse entrevoir une issue très favorable : ça a l'air de tout bien fonctionner comme il faut.

Alors là je viens de lui envoyer un plan détaillé à ma mère. Grand 1, petit a et tout le bordel. J'attends une réaction et je préviens tout de suite : qu'elle fasse pas trop chier hein, sinon je lui casse les sous-parties.

jeudi 21 janvier 2010

Y a des limites à ne pas respecter

Qu'est-ce que c'est bon je me disais, campée dans mes bottes, légèrement inclinée et les mains un peu glissantes, qu'est-ce que ça fait du bien. Je savourais le plaisir sensuel, le toucher mais aussi la vue, quand ça coulisse dans l'écume. J'avais oublié que ça pouvait être aussi puissant dans ces ambiances particulières et alcoolisées. Comme une résurgence de quelque chose que tu sais sans en avoir conscience. Par exemple l'autre jour quand j'ai reçu le mail Où ? Quand ?, sur le coup rien, et après je me suis dit Tiens ça pourrait être un genre d'Amélie Poulain (que j'aime pas d'ailleurs). Et là ça revenait, ça décuplait mes sensations. On était plusieurs, j'entendais les voix derrière, quelques rires et des soupirs, je jetais un oeil de temps en temps, avant de me recentrer sur mes priorités.

Tout avait commencé le plus classiquement du monde, dans un pub, avec du rock en fond sonore, on se pressait nombreux autour de deux petites tables. Au fil de la soirée on avait de plus en plus d'espace, jusqu'à ce qu'une table y suffise, il ne restait plus que nous, les guerriers de la nuit. Quand le barman a distribué les verres en plastique pour la fermeture, on a fini de boire dans la rue et y en a un, un des rares à avoir un appart où il est possible de recevoir autre chose que des coups de fil, y en a un qui a proposé : On peut aller chez moi si vous voulez. Nous étions tous d'accord.

On a failli en perdre une dans la salle de bain, finalement non. Le vin était tiré, on l'a bu. Bien sûr on a parlé de sexe et fatalement on s'est posé la question de l'opportunité de se livrer (Où ? Ici - Quand ? Maintenant - Hic et nunc) à des activités sexuelles collectives. Oui on s'est poliment posé la question. Pas longtemps.

Alors je me suis levée, j'ai dit un truc comme Je ne peux plus résister, je me lance. Et j'ai pas regretté. Car c'était tellement bon. Après c'était pas mal non plus, quand de nouveau nous étions attablés, autour de la casserole fumante et reconstituante. La satisfaction de l'oeuvre accomplie.

Car une fois qu'on a eu décliné l'offre badine de partouse, notre hôte a dit : Ben sinon je peux vous faire des pâtes. Il était 5h du mat, on n'avait pas dîné, on a tous dit Banco. En revanche, il a ajouté (car ici tout le monde parle trop bien t'as vu, ils disent ni des fois, ni par contre), en revanche y a plus de casserole propre. Alors j'ai fait la vaisselle et j'ai kiffé.

dimanche 22 novembre 2009

♫ Y a des cigales dans la fourmilière, et c'est pour ça que j'espère ♫

Du côté de la vraie vie par contre c'est carrément mieux.

J'ai kiffé le ciel bleu qui m'a donné envie, en sortant de l'école, de traverser le grand parc, jaune-orange à la faveur de l'automne, (ça faisait un bail que j'avais pas vu de girafes) et de marcher longtemps en longeant les berges jusque chez moi.

J'ai kiffé le lendemain de refaire le trajet, en footing cette fois, et de constater que j'avais mis trois fois moins de temps.

J'ai kiffé de prendre une douche et de sentir mes cuisses (merde j'ai oublié les étirements), puis de ressortir au marché, toujours sous le soleil, acheter plein de légumes (je vais bouffer de la ratatouille toute la semaine).

J'ai kiffé de croquer dans le quignon prélevée sur la baguette de campagne.

Putain, c'est même pas le monde des bisounours, on se croirait carrément dans un bouquin de Philippe Delerm, là, ça craint. Attends je vais trouver autre chose.

J'ai kiffé d'être dissipée en classe (ah ben c'est le jeu, quand on t'infantilise, tu régresses volontiers à l'âge bête), j'ai kiffé que ce soit l'anarchie, que Truc sorte récupérer une impression perso dans le couloir, que Machin décroche son portable et s'absente une demi-heure, j'ai kiffé le fou rire crescendo pendant que le prof, seul avec son obsession d'énumérer toutes les combinaisons, aligne des 0 et des 1 au tableau (devine quel cours).

J'ai kiffé la soirée beaujolais, où on a rencontré les autres promos et où à la fermeture il restait cinq guerriers ; j'ai kiffé qu'on sorte des échanges guindés de l'école pour en venir à des sujets plus profonds (le cul bordel !), qu'on se donne des claques dans le dos parce qu'à 2 du mat on est tous des frères ; j'ai même kiffé la gueule de bois du lendemain quand la classe cuve et que le prof prend ça pour de la concentration.

J'appréhendais un peu cette nouvelle vie et les week-ends solitaires. Mais j'ai kiffé d'être seule, ça fait du bien, vraiment. T'sais c'est comme quand t'es célibataire, ça te met en éveil.

Je kiffe que monamour arrive mardi.

jeudi 12 novembre 2009

♫ Je n'ai pas peur de la route, faudrait voir, faut qu'on y goûte ♫

Avant de quitter la grande ville pour une ville un peu plus petite, j'ai dit au revoir aux Zamis, aux Zamours et aux Zamants, avec un grand Z de fin, quel beau symbole. En pratique j'ai fini sur les épaules de monamour pour rentrer à la maison à 6 du mat parce que là les talons j'en pouvais plus. Quand le réveil a sonné le lendemain, autant te dire que j'avais pas eu le temps de caser deux nuits en une et que j'ai lutté. Mais c'était la rentrée, j'ai vaguement dormi dans le train et après un discours de madame la directrice, on a commencé par trinquer au vin rouge histoire de pas être complètement déboussolé.

La version officielle, c'est qu'on est tous content et fier d'avoir réussi ce concours, content et fier d'être les élèves de cette école nationale supérieure, parce que c'est pas donné à tout le monde tu vois quoi. La version off tout court, c'est les cours justement. On m'avait prévenue mais tu sais bien, tant que t'as pas vu, t'y crois pas vraiment. Exemple d'un cours passionnant. Le monsieur se présente Je m'appelle Robert, j'ai participé à la rédaction de la loi Roberta, bim il envoie le power point et à la fin t'as qu'une envie, c'est lui décerner le ruban de la langue de bois et l'étrangler avec.

Mon cours préféré, j'ai oublié son nom parce que je l'ai autoritairement baptisé "Lecture du planning". On est donc tous là, en U (démocratie participative attends) et la dame, fort sympathique par ailleurs, projette le planning et nous le lit. Alors mardi matin de 9h30 à 12h, vous visiterez la bibliothèque de l'école. Youpi youpi. Et vas-y qu'elle déroule la semaine alors que, il faut le préciser au passage, ce planning elle nous l'a auparavant distribué sur papier et il est aussi consultable sur l'intranet. Mais on n'est jamais trop prudent...Et puis la journée de jeudi sera consacrée à la préparation à la prise de poste. Là tu te dis super chouette sans ironie car tu crois naïvement qu'on va enfin entrer dans le vif du sujet. Eh ben crois-moi que le jeudi en question t'es tout désappointé quand tu te rends compte que ça consiste à brasser du vent. On forme des trios et on brainstorme sur des questions aussi fondamentales que : quel professionnel souhaiterais-je être ? (ben une grosse nullasse bien sûr) ; quelle erreurs souhaiterais-je ne pas commettre ? (parce que y en a que je suis censée avoir envie de commettre ? baiser avec les collègues, ça compte ?) ; quelle serait ma devise ? mon logo ? (attends mais on monte une entreprise là ? je comprends rien).

M'en fous demain après-midi je sèche, c'est pas tout ça mais j'ai une vie je te rappelle.