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mardi 31 juillet 2012

♫ I wanna love and treat, love and treat you right ♫

(Ouais ben mon chef est en congés et quand mon chef est en congés, c'est moi le chef)(et faire le boulot du chef en plus du mien, c'est très fatigant)(mais je suis quand même là pour le bilan d'étape, tu pourras pas dire que je suis pas sympa)

L'homme-au-nyme fait ramadan. Le reste de l'année il ne pratique que très peu, une prière le vendredi quand il y pense, quand il a le temps. Il fume, il boit, et cætera. C'est la première fois que j'ai une relation avec un homme croyant. Je pense que c'est un obstacle à une entente de longue durée dans la mesure où je crois au contraire qu'il n'y a pas de dieu. Je pense aussi que je ne pourrais pas former un couple avec une personne qui vote à droite ou qui est en faveur de la peine de mort (mais en fait je sais pas hein). L'homme-au-nyme se rachète pendant ramadan. Alors bien sûr parfois il me fait l'amour jusqu'à 5h du mat passées et c'est foutu pour la journée qui suit (très élégamment, à ceux de mes amis qui lui demandent pourquoi il ne jeûne pas, il répond Pour des raisons personnelles). L'homme-au-nyme va à la mosquée pour la prière de 14h et pour celle de 18h30. Ensuite il vient passer un moment avec moi et mademoiselle A. Il m'embrasse sur le front et ressort pour couper le jeûne, assister à la dernière prière et éventuellement veiller toute la nuit à base de lectures du Coran, méditation et bonne bouffe.

Fort bien. Sauf que je l'héberge. Et se faire réveiller toutes les nuits vers 5h, quand il te reste peu de temps de sommeil et que donc, forcément, tu te rendors pas, ça finit par te taper sur le système. Par ailleurs au bout de deux mois de dépannage, je souhaite aborder avec lui le sujet de ses projets pour la rentrée car je n'ai pas l'intention de l'héberger indéfiniment. Aussi je profite d'une veillée particulièrement tardive pour remettre les pendules à l'heure :
1) à partir d'une certaine heure, pour ne pas perturber mon sommeil, il ne rentre pas chez moi, il se débrouille
2) pendant mes vacances en août je ne vois aucun inconvénient à ce qu'il occupe mon appartement, mais à mon retour en septembre je souhaite qu'il ait trouvé une autre solution.

Il accueille le point 1 avec compréhension, il reste coi sur le point deux et je sens qu'il accuse le coup d'un dur retour au réel : même si nous nous entendons bien, même si nous nous aimons bien, cette situation ne peut durer qu'un temps, je n'ai pas envie de vivre avec lui (je ne sais même pas si j'ai envie d'une véritable histoire avec lui et, par dessus tout, j'ai envie de recevoir qui je veux chez moi, notamment des hommes).

Le lendemain il annonce qu'il va veiller et qu'il rentrera vers 7h du mat, heure à laquelle habituellement je me réveille et passe sous la douche.
Fort bien. Sauf qu'il arrive à 6h14...

Alors le soir ça clashe. Une fois de plus je lui signale qu'il ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Il vit chez moi, ce n'est pas à moi de m'adapter à son rythme. Explosion de colère : puisque c'est comme ça, je me casse ! Je trouve ça puéril et ridicule mais je ne le retiens pas, j'aurais préféré que le départ se fasse plus en douceur, mais l'objectif est atteint quoi qu'il en soit. Il met très longtemps à emballer des affaires qui le sont déjà. Je le lui fais remarquer, lui rappelle que j'étais prête à l'héberger jusqu'à la rentrée. Ton appart tu peux te le metttre au cul ! Je reste avec mademoiselle A dans sa chambre, porte fermée, pour la protéger de cette violence verbale. Mais il faut que je fasse accélérer le mouvement pour qu'enfin il soit sur le palier. Je claque la porte, je l'entends crier à plusieurs reprises dans le couloir Je comprends pourquoi le père de ta fille t'a quittée ! 

Je prends mademoiselle A dans mes bras, je lui dit On s'est disputé, elle penche sa tête contre la mienne en signe de compassion-réconciliation. Quand elle est au lit quelques minutes plus tard, je fume un gros spliff qui ne me fait ni chaud ni froid. Nous avons vécu une histoire en accéléré, fusion, lassitude progressive, vie décalée mais attachement réciproque, séparation de vieux couple. Je me dis qu'il va me manquer sexuellement putain.

Deux jours après, à savoir dimanche, le réveil sonne à 7h40.
À 7h52 j'avale les deux cachets.
Les premiers saignements arrivent à 12h02.
IVG médicamenteuse à domicile et en solo.

Le soir l'homme-au-nyme appelle pour prendre des nouvelles, les choses se passent comme indiquées par le gynéco, nous nous parlons avec douceur, nous devons nous voir ce soir.


Avec E. et S. nous sommes allés boire des coups le 14 juillet. Mais à 2h du mat chacun est rentré chez soi (et ce jour-là, j'étais bien contente de retrouver l'homme-au-nyme s'apprêtant à mater un film sur mon ordi (tu te doutes que je l'ai fait changer de programme)).

Mercredi dernier E. propose un pique-nique et un cinéma en plein air mais je préfère voir enfin, après tellement de rendez-vous reportés pour cause de logistique compliquée (on ne peut aller ni chez lui, ni chez moi), le charmant charmeur chilien exceptionnellement disponible à domicile.

E. tente pourtant de m'amadouer.

Mercredi 25 juillet
17h16 J'ai 4 tranches de rôti, 3 litres de smoothie, 12 canettes et 2 kg de prunes !!
20h51 J'attaque le rôti
20h54 Moi je suis au champagne...(le charmant charmeur chilien sait recevoir) mais j'avoue que je suis assez tentée par les prunes (je n'exclue pas à ce moment-là de les rejoindre à la Villette)
21h07 Allumeuse (il n'a pas tort car finalement je déclare forfait)

Jeudi 26 juillet
17h01 Hier soir je me suis dit "Les prunes comptent pas pour les brunes"
20h51 C'est sûr que les prunes c'est pas le dessert que sert l'abominable homme des neiges, mais ne crois pas que j'y sois indifférente, loin de là (saisit-il mes messages à double sens ?)

Demain soir, E. et S. viennent prendre l'apéro dans mon jardin.

lundi 14 mai 2012

♫ Tu n'es pas dans l'angle, pas dans le triangle ♫

Mes premières impressions suite au point final mis à l'histoire Titus : un gros soulagement, une sortie d'apnée, le genre de respiration que tu prends après une longue vie de couple pesante, jonchée de prises de tête et de conflits plus ou moins latents.

Étonnant car l'épisode a été court, entre deux et trois mois, et jamais nous ne nous sommes affrontés, sur aucun sujet, même les plus futiles, nous étions toujours d'accord. Une sensation de liberté retrouvée alors que nous n'étions pas en couple, que nous nous voyions assez peu, de façon aléatoire, distendue, improvisée...

Mais logique aussi. Mon collègue-pote m'a régulièrement fait remarquer que Titus lui semblait très possessif, très attentif à qui m'approchait sur la piste de danse, sans arrêt collé à moi même lorsque nous discutions séparément (Titus a par erreur flatté la croupe de ce pote-collègue au comptoir de la piste de danse). Je crois qu'il reproduisait, toutes choses égales par ailleurs, le couple qu'il forme avec sa compagne, très fusionnel, sans réelle vie sociale ou amicale, où chacun est tout pour l'autre. Nous nous sommes envoyés plusieurs dizaines de SMS par jour pour combler nos vides respectifs.

De mon côté j'ai projeté sur son couple celui que je formais avec le père de mademoiselle A, en endossant cette fois le rôle de la maîtresse perturbatrice du fleuve déjà en crue et largement sorti de son lit. Je me suis lancée à corps perdu dans cette fusion, le temps d'oublier quelques temps que je suis seule, intrinsèquement et fondamentalement, mais aussi amoureusement. J'ai voulu nier la rupture avec le père de mademoiselle A. Un déni de réalité. Le chagrin que j'ai ressenti au moment où j'ai verbalisé la prise de distance (d'abord par texto puis par mail, donc à l'écrit, mais la figure était imposée), ce chagrin n'était rien d'autre qu'une étape de plus dans le processus de deuil d'une vie de couple classique avec enfant et barbecue le dimanche.

Comme le dit Titus dans son dernier mail, se recaser tout de suite serait une bêtise, pour lui comme pour moi. En plus ça valide ma théorie selon laquelle celui qui vient juste après une histoire importante n'est pas le bon. Et je ne te cache pas que j'adore voir mes théories confirmées.

Samedi soir je suis allée sur la piste de danse et j'en suis repartie avec du sang neuf et beaucoup de légèreté. La moyenne d'âge m'a parue bien basse par rapport à d'habitude et je me demandais : Mais où sont les hommes ? Je n'avais aucune intention particulière, je ne me sentais ni belle ni moche, je pensais rentrer seule. Et puis il dansait pas très loin, je le trouvais largement au dessus du lot plastiquement et virilement parlant. Il s'est approché, il m'a dit Ça fait un moment que je te regarde, tu bouges bien. On a échangé très rapidement les informations de base : origines, âges, professions, lieux de vie, nombre d'enfants. On s'est embrassé au comptoir, whisky pour lui, gin tonic pour moi. Chez moi, en préambule aux préliminaires chacun a montré à l'autre des photos de sa progéniture. Il a dit Mais qu'est-ce que tu mets sur ta peau pour qu'elle soit si douce ? Rien, j'ai répondu. J'en étais sûr, il a dit. On a ri pour des bêtises. J'ai aimé qu'il dise T'as un joli corps en allongeant les syllabes puis, le troisième préservatif dûment rempli, Je te veux encore.

Dimanche 13 mai Salut p'tite fleur, je suis bien arrivé. Je suis ravi d'avoir fait ta connaissance, t'es quelqu'un de très agréable. J'espère te revoir dès mon retour. Sur ce, repose-toi bien, je crois que je vais faire de même. Gros bisou à ta fille. Big kiss. À bientôt

vendredi 4 novembre 2011

♫ Tes désirs font désordre ♫

Le père de mademoiselle A ne voulant pas démordre de son mot d'ordre Décohabitation

(Poème Décohabitation, redis-moi ton nom :
Décohabitation, deux lieux,
L'un à lui, l'autre à nous
Et moi là dedans ?
Je crois qu'on s'en fout)

ça provoquait, tu as pu le constater, quelques désordres amoureux.

Procédons par ordre croissant de pain au chocolat (je suis bouleversée, ne m'en veux pas).

Je ne vais tout de même pas rentrer dans les ordres en attendant les visites du seigneur et maître. Etre décorée de l'ordre de madame Pénélope épouse Ulysse ne fait pas partie de mes ambitions (en plus je sais pas tricoter) (ou tisser, oui, si tu veux) (faire tapisserie quoi). Autant signer un ordre d'exécution.

Dans le même ordre d'idée, je ne vais pas non plus passer tout mon temps à faire régner seule l'ordre éducatif et ménager, pendant que le seigneur et maître prend du bon temps avec une sirène ou l'autre. Ce ne serait pas dans l'ordre des choses.

Alors j'ai remis à l'ordre du jour le mot Séparation. Même si je travaille depuis à mettre en place un service d'ordre qui canalise les débordements, ça n'a pas été sans occasionner quelques troubles à l'ordre public (boire, vomir, prendre les chemins de fer). Me voici donc, non mais tu le crois ça ?, célibataire.

J'aimerais tellement te dire même pas mal.

lundi 10 octobre 2011

♫ Now I'm ready to feel your hands and lose my heart on the burning sands ♫

Le couple survit-il à l'enfant ? J'ai d'autant moins de réponse qu'actuellement nous sommes en plein work in progress (WIP), formule bien commode pour faire passer une crise conjugale en sujet artistico-littéraire de blog, magie de l'Internet. Méfie-toi tout de même de ce faux ami car de progrès en tant que tel je n'en vois guère venir. Si le couple reste ouvert pendant les travaux, le WIP n'en risque pas moins de muter en RIP, ce serait la fin et donc le début. Mais de quoi ? (quel teasing de folie)

(et si tu te dis que j'emploie trop d'expressions et sigles anglos-saxons, tu te fourvoies, RIP doit s'entendre comme Requiescat in pace, alors tu vois bien)

L'enfant, non content de modifier radicalement ta représentation du monde, ton rapport à la vie, à la mort et à la lecture pour ne citer que l'essentiel (tu noteras que je ne parle même pas du sommeil), l'enfant, dont la venue et le développement redistribuent la part de l'important et du dérisoire (au bénéfice de ce dernier), l'enfant, qu'il ne faudrait donc pas non plus accuser de tous les maux, présente l'insigne avantage d'empêcher le couple d'avoir des activités de loisir communes. Ce qui n'est pas du tout avantageux si ton compagnon est aussi ton binôme à la contrée. Ce qui l'est beaucoup plus si tu aimes à sortir entre amis et plus si affinités.

Je commençais à penser que j'allais refiler la rhinopharyngite héritée de mademoiselle A (oxymore ?) à un nombre conséquent de personnes de sexe masculin, à force de baisers mouillés (oui ben mon couple est en crise, je suis fragile, j'ai besoin de réconfort), quand il est apparu en bordure de piste. Avec son sourire canaille et son regard grivois, comme cette première fois où le temps n'avait rien permis. Il m'ouvrait les bras, sûr qu'un élan naturel me porterait vers lui et j'ai pu vérifier qu'il n'avait heureusement pas changé d'eau de toilette. Il a dit Danse avec moi, on va exciter tout le monde. J'ai voulu ajouter Nous les premiers mais j'étais trop occupée à le renifler discrètement (et à penser que comme entrée en matière c'était vachement mieux que celui qui avait annoncé tout de go Je voulais passer le concours d'éboueur mais c'est trop difficile) (pas de rhino pour la peine) ( j'entends par là : si t'es pas hyper canon, essaye de mettre en valeur ton intelligence tant qu'à faire). Il a dit J'ai une femme. J'ai répondu Tu ne peux pas savoir comme ça me rassure. Il a dit des choses qui m'ont fait rire et d'autres que la pudeur me force à taire (et que j'ai oubliées oui bon ok ça va). Magie de l'alcool. C'était sensuel et animal. Il a dit Je t'appelle alors ?

Ça a l'air si simple. Mais j'ai envie de dire c'est quand qu'on va où ? Il ne t'a sans doute pas échappé qu'à la trentaine bien tassée, après la période adulescente de célibat et avant le divorce de la seconde moitié de vie, la tendance est à la vie en couple. C'est mon cas (jusqu'à preuve du contraire), c'est le cas de mes amants. Et ça n'est pas sans poser, de façon récurrente, des problèmes logistiques, étant entendu que les relations extra-conjugales doivent avoir lieu ailleurs que sous le toît commun. Du coup je m'interroge : la décohabitation serait-elle la solution ?

Du suspens encore et toujours.

jeudi 16 décembre 2010

♫ Au diable les maîtresses queux qui attachent les coeurs aux queues des casseroles ♫

Maintenant que j'ai tout mon temps je peux me permettre de réfléchir. Parce que figure-toi que je suis en arrêt de travail pour une durée relativement longue. Un mois. Oui alors dit comme ça c'est flippant. Moi-même au début j'en menais pas large. Rester allongée à mi-temps pour que l'occupant à titre gratuit veuille bien passer l'hiver au chaud avant de pointer le bout de son nez, c'est sûr ça inquiète. Au final on s'habitue vite à se faire servir comme une princesse. Plus de ménage, plus de courses, plus de travail. Bon ben qu'est-ce que tu veux, je glande sous la couette et je regarde la neige tomber...et puis je lis environ un livre par jour...et je vais au cinéma, et au resto tant qu'à faire. Non franchement on va pas se plaindre hein.

Alors du coup je réfléchis. Aux couples. Je sais pas toi mais moi la plupart des gens de mon entourage sont en couple. Avec ou sans enfant mais avec cohabitation. Monamour et moi dans le souci de préserver la fougue des premiers temps, on a envisagé de vivre séparément pour mieux se retrouver quand et seulement si on en avait envie. Choisir plutôt que subir tu vois. Mais n'oublions pas qu'en bons petits bourgeois on aime son confort et que le trois-pièces parisien tu peux difficilement te l'offrir tout seul (bourgeois oui mais petit on t'a dit). En plus quand même on se kiffe. Et puis on parvient plutôt bien à se laisser vivre en toute liberté sans emmerder l'autre. Parfois on prend des vacances séparément et la plupart du temps on est très content d'être ensemble.

Oui bon rien d'exceptionnel tu me diras. Mais là où ça devient intéressant, c'est l'opinion de l'entourage. Larvée l'opinion, tu te doutes que c'est pas le genre d'idées qu'on affiche honnêtement. Mais qui, parmi les gens qui nous connaissent, qui, je te le demande, aurait misé le moindre centime d'euro sur notre relation et son heureuse évolution ? T'auras beau chercher...A la décharge de ces braves gens, précisons que les rebondissements, séparations et renversements de situation n'ont pas manqué, ce blog s'en est nourri. Cependant je te prie de croire qu'on a dû fournir, surtout dans les périodes critiques, un bon sujet de cancans et commérages lors de soirées où nous étions absents. Je les vois d'ici. Ben oui évidemment, vu que j'y participe. Pas à mon propre bitchage, je suis pas folle non plus, mais tu sais bien, seuls les plus grands peuvent se targuer de résister à la tentation de dire du mal d'autrui en son absence, c'est tellement fédérateur de s'entendre sur la connerie d'un tiers.

D'autre part je me faisais la réflexion que les conjoints de mes amis je les aime pas des masses en général. Je les trouve ternes, voire chiants ou pas à la hauteur, moches, pas assez cultivés, peu intéressants (oui ben je me lâche) (mais rassure-toi je t'ai fait un panorama, c'est pas la même personne qui cumule) (en même temps les qualificatifs ne sont pas exclusifs hein, on peut très bien être moche et chiant). Surtout je constate que lesdits amis n'en sortent pas grandis, que leur relation amoureuse a même plutôt tendance à les appauvrir et délaver les couleurs si chatoyantes que j'apprécie chez eux. A l'analyse il se pourrait que je sois jalouse, je veux bien prendre ma part de responsabilité. D'autant que ça devient difficile des les voir en solo, comme au bon vieux temps quoi, entre célibataires sans obligation. Sans compter qu'il est de bon ton d'apprécier le conjoint et d'être pote avec lui. Au point qu'on en arrive à fixer des dates où Machin(e) pourra se libérer pour cet apéro que tu espérais tellement passer en tête à tête avec cette personne dont la relation privilégiée et amicale est bien antérieure à sa rencontre avec un substitut de sa mère ou de son père (je me lâche complètement, oui). Et, alors que tu as envie de hurler "Mais t'aurais pas pu laisser ton boulet à la maison !", te voilà obligée de faire bonne figure. Bien sûr je caricature légèrement mais tu auras remarqué que l'ami(e) n'est pas la même personne selon que sa moitié de couple est présente ou non. Après il y a des nuances, des gradations dans la métamorphose, entre celui qui ne change pas d'un iota et celui qui se transforme en inconnu dès lors qu'il est accompagné (et un inconnu avec qui t'as pas vraiment envie de faire connaissance). Dieu sait que j'ai pu faire partie de cette dernière catégorie à certains moments détestables de ma vie passée. Mais j'ai l'impression que ce n'est plus le cas aujourd'hui et ça me désole de le constater chez les autres.

Un autre sport largement pratiqué consiste à dénigrer son propre conjoint. Ne nie pas, on le fait tous. Tu sais, quand il t'a bien énervé et que tu déblatères en énumérant sans reprendre ton souffle tous ses défauts et les griefs y afférents. Je suis d'accord, ça soulage et ça mange pas trop de pain, pour peu que tu te livres à cette gymnastique dans l'intimité d'une oreille amicale, bienveillante et qui abonde dans ton sens avec mesure et surtout sans renchérir, car tu n'aimes pas non plus qu'on dise du mal de ton chéri, toi t'as le droit mais y a des limites. Cependant quand l'ami en question (et crois-moi que j'ai plusieurs exemples en tête, ce qui est plutôt inquiétant) passe son temps à t'expliquer sans relâche, encore et encore, combien sa vie de couple est un enfer, non seulement c'est d'un mortel ennui mais tu ne peux même pas lui dire que tu en es toi-même convaincue et qu'il faudrait songer à y mettre un terme, car au final, qui es-tu pour donner des leçons ? , toi qu'on a pu trouver si mal assortie avec ta moitié et vice-versa...et que sais-tu de ce qui lie les gens ? Ok, pas grand chose. Disons que ça ne me regarde pas. Mais on m'ôtera pas de l'idée que conjoint dans certains cas ça s'écrit en deux mots, n'en déplaise aux pièces attachées.

mercredi 21 novembre 2007

♫ Tu portes un tee-shirt tour Eiffel et tu rêves de Paris ♫

Les journées pourries, elles commencent tôt en général.

Je vais pas non plus te faire croire que je me lève aux aurores. Non bien sûr. En tout cas je me suis retrouvée dans la cuisine avec une grosse fatigue due à l'absorption de moult verres d'un excellent vin rouge, sans sulfite et donc sans mal de crâne consécutif, ce qui est déjà pas mal - mais la fatigue si : j'allume une plaque et je pose la casserole sur l'autre pendant que le voisin décide de percer des trous (plutôt gros les trous, à vue d'oreille). Résultat : la soupe est pas chaude et la migraine guette. Monamour gémit sous la couette à cause du rhum. T'as beau boire du vin sans sulfite, si tu mélanges hein, tu sais où ça mène. Mais si tu penses que j'ai le temps d'aller le câliner par imposition des mains, pff tu rêves. Parce qu'à ce moment-là, y a tout qui disjoncte. À force d'empirisme, il s'avère que le problème vient des plaques chauffantes, bon très bien, organisons un périmètre de sécurité en déroulant les banderoles jaunes Crime scene (hors réunion : après entretien téléphonique avec un camarade calé en la matière, il ne s'agirait pas d'un décès de fusible, car sinon les plaques ne fonctionneraient plus du tout, or si, mais 30 secondes maximum et après ça disjoncte. Diagnostic : y a un court-jus quelque part). Bref. Je vais pas me résigner à boire du jus de pommes quand même merde...c'est bon pour la femme enceinte qui nous rend parfois visite mais y a des limites : je sors les vieilles plaques de dépannage, au son exaspérant de la perceuse en folie. Monamour a enfoui sa tête sous plusieurs oreillers. En contribution positiviste je fais valoir que le voisin a le bon goût de s'activer un jour de semaine, à l'heure où la France laborieuse est en route pour gagner sa pitance.

Parlons-en tiens, vu qu'il est grand temps de se fringuer. En ces périodes de longue marche, je chausse les baskets (sac au dos garni des autres). La bonne idée que voilà. Y a pas à dire, je suis tellement sportive que les chaussures de sport, elles m'ont fait une ampoule à force de jamais les porter. Évidemment ce matin-là il n'y a plus de pansements. Puis la rue. Ah là là, la rue les jours de grève (que je soutiens soit dit en passant). Tu sais que souvent le Parisien est incapable de se repérer dans sa propre ville ? qu'il l'arpente plan en main en demandant sa route toutes les trois rues ? Tu sais que les flics font la circulation pour réguler le trafic piéton dans le métro ? Et comme ils ferment certaines sorties, dans quel objectif, va savoir, j'ai pas pris le temps de m'en informer...tu sais que t'as l'air d'un con à piétiner au sein du troupeau dans l'espoir de sortir de la ligne 14 ?

Il te reste le Vélib, certes, mais le Vélib éclopé. N'imagine pas une seule seconde qu'aux heures de pointe il pourra te revenir autre chose qu'un truc sans frein ou qui roule sur la jante. À moins bien sûr de faire comme mon collègue, à savoir, tandis que la ville dort encore, se lever aux aurores. Mais on t'a déjà dit que non.

lundi 22 octobre 2007

Panem et circenses

Tu m'excuses, il fait tellement beau en ce moment que j'ai pas vraiment la tête à te raconter ma vie. Pas non plus que je me dore la pilule (disons que ça m'aide à la faire passer, vu qu'on est toujours dans le studio de monamour) (mais ensemble) (mais dans le studio riquiqui) (mais ensemble) (ad libitum) (oh non hé, on va quand même emménager quelque part un jour, dis). Non j'aurais bien du mal à bronzer va. Cependant je ne dédaigne pas, dûment casquée à l'arrière du scooter, traverser Paris de long en large, par les quais déserts et les boulevards lumineux, quand tout le monde il est devant le match. Ou alors juchée sur un tabouret du carré VIP du pub, le mater en buvant de la Kilkenny. Voire déguster une entrecôte au nouveau bar en se demandant si l'expo Courbet a démarré (la réponse est oui, ce qui m'empêchera pas d'y aller dans les tout derniers jours, histoire de presque la rater, procrastination oblige). Et retourner au nouveau bar, encore et encore, à croire que ce quartier, je le quitterai jamais tout à fait. En plus, quand je sors ailleurs, sur qui je tombe ? je te le donne en mille...Le gars à la guitare, qui se délocalise à l'impromptu. Si tu ne viens pas au quartier, le quartier viendra à toi. Comme quoi, tu vois, c'est pas la peine de lutter. Sans oublier de faire grève quand même hein. Bon.

La vie de couple, je sais pas trop trop, mais on dirait que ça commence à venir. Une intuition comme ça...Non parce que là maintenant, et ce depuis plusieurs semaines, monamour et moi on passe toutes nos nuits ensemble. Et pas mal de notre temps libre aussi. Après je dis pas...par-ci par-là, on voit des potes chacun de son côté, attends, c'est humain. Mais au bout d'un moment de cette vie commune hein, y a pas d'autres mots, ben tu te dis, enfin moi, je me demande, mais qu'est-ce qui fait qu'on a une vie de couple au final ? pas une vie de coloc, mais une vie de couple, ce truc de ouf là que j'y suis dedans en plein. Eh ben je crois avoir une piste. Nom de code : Tâche T Dupin.

Ça a commencé par l'interphone. Avant il faut que je te dise que nous habitons au sixième étage (sans ascenseur évidemment), voilà qui est fait. Et vlà-ty pas que ça sonne, que je me saisis de l'appareil et qu'au bout du fil, monamour énonce : c'est moi (oui alors ça aussi, à la réflexion, ça pourrait être un signe de vie de couple. Qui ça toi ? Ben moi, voyons, le seul, l'unique), t'as acheté du pain ?

Et ouais. Sans déconner. On se retrouve plus jamais à avoir trop ou pas assez de pain. Car, ainsi que tu le constates, nous synchronisons notre approvisionnement de manière optimale. Moi depuis, je te jure, c'est ma blague préférée. Quand je sors de la boulangerie, je me précipite sur le portable : eh, monamour, j'ai acheté du pain. Et je me marre. Je crois que je ne m'en lasserai jamais. À moins qu'on passe au stade supérieur (mais là je suis pas sûre d'avoir le niveau tout de suite, je préfère m'entraîner encore un peu) : ouais c'est moi, dis, avant que je me tape tous les étages, t'as pensé à récupérer le petit à la crèche ?

mardi 3 avril 2007

♫ Ah qu'est-ce que tu me fais, ma raie ! ♫

Samedi c'est l'anniversaire du nouveau bar. Tu penses qu'avec mon pote on veut pas rater l'événement. C'est un peu notre deuxième maison le nouveau bar je te rappelle, on est concerné au premier chef, parce que bon il vit grâce à qui ce lieu mmm ? Ils font les choses bien avec buffet (et même le patron nous file du rab tellement on est affamé) et boeuf musical qui assure. Comme d'habitude le Chanteur veut qu'on prenne date pour jouer au Scrabble et le patron pour manger une entrecôte.

Sur ces entrefaites le charmant charmeur chilien débarque. J'y suis préparée psychologiquement, je m'attends à tout, y compris au pire. Eh ben je suis pas déçue, il me dit bonjour de très loin avec un air crispé voire rancunier. Ok, gardons nos distances. Plus tard, quand je détourne le regard de la scène, je me rends compte qu'il est posté derrière la fenêtre, sa pinte de bière à la main, en train de m'observer depuis l'extérieur. Et dès qu'il voit que je vois, il s'éclipse. Que veux-tu que je te dise ? L'oeuvre a fait son temps et le temps fera son oeuvre.

Lundi c'est l'anniversaire d'un pote. On fête ça dans un bar où les chiottes ferment pas à clé, c'est plus pratique. En plus on boit de la bière, pour être sûr d'avoir besoin d'y aller souvent. La première fois je me fais donc surprendre pendant mon lavage de mains et quand je sors, le gars dit Ne vous inquiétez pas, ça arrive. Eh oui, se laver les mains, ça arrive...La seconde, une voix m'interroge derrière la porte : C'est qui ? C'est occupé, comme ça se prononce. J'te jure on se marre trop.

Bon on récapitule : vendredi, anniversaire de Phénix ; samedi, anniversaire du nouveau bar ; lundi, anniversaire d'un pote. Et dimanche ? me diras-tu.

Eh bien dimanche, monamour et moi on se fait part du fruit de nos réflexions au sujet de notre avenir. Il en ressort qu'on va vivre ensemble dans quelques mois et peut-être dans un endroit qu'on aura acheté (moi-même j'ai du mal à croire ce que je viens d'écrire). Je flippe pas du tout, je me sens bizarre, c'est pas pareil. On peut donc dire que ça deviendra la date anniversaire du jour où on s'est dit oui. Bon, ce qui me rassure c'est que ça tombe un premier avril.