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lundi 28 mai 2012

Titus - Les inédits #2

Mercredi 2 mai

20h19 Salut Titus ! [Mon collègue] (qui est devenu un bon pote depuis qu'il m'a tenu la tête alors que je gerbais dans les chiottes d'un bar, à l'époque critique de la séparation avec le père de mademoiselle A) s'est bien foutu de ma gueule pour la perte du téléphone, il a dit, je cite : ah les ravages de l'alcool. Je crois qu'il fait partie de la triade du faux Cambodgien. (le taximan donc, alias le Chinois de Hong Kong dans d'autres fantasmagories partagées avec Titus) À qui se fier de nos jours...J'espère que ton moral, contrairement à la météo, reste au beau fixe et que ta journée de travail s'achève tranquillement

20h23 Bonsoir Ada ! ça se confirme le faux Cambodgien avait un complice infiltré auprès de toi, les ramifications remontent très haut, il va falloir être très prudent...
20h25 La journée a encore été très tranquille, le moral est étrange je dirais, l'ambiance est légère bizarrement mais plombée tout de même par la perte du bébé de son amie (où l'on comprend que moral remplace l'expression tabou de crise conjugale. Décloisonnement partiel dont je suis aussi responsable que Titus)
20h26 Enfin bref c'est un peu le flou artistique (ici il faut lire (je t'explique car tu n'as pas cette connaissance, que j'ai acquise à l'usage, de sa façon de louvoyer avec le langage) : en fait on n'est pas vraiment séparé)
20h28 Tu n'as pas fait de rêve étrange avec toutes mes histoires ? (les scénarios plus ou moins gore qu'il a échafaudés la veille, à base de bébé tueur et mère psychopathe)

20h30 J'ai rêvé que Virginie Despentes s'était suicidée en faisant du saut à l'élastique (véridique) (mais, j'ose espérer, pas prémonitoire)

20h36 Ah ah ah ! Merde alors ! Je l'imagine sautant du pont (dans mon rêve elle s'était jetée d'une falaise) accrochée à l'élastique de son string et se faisant littéralement couper en deux morceaux !

20h38 Et moi je faisais visiter le lieu du drame (au père de mademoiselle A), en guide touristique

20h39 Toi tu fais des rêves tordus et moi c'est pire, c'est éveillé que je délire
20h39 Je me demande quelle peut être la signification profonde de ton rêve (pas hyper envie de le savoir à vrai dire) (que l'inconscient fasse son boulot et les névroses seront bien gardées, sans blague)

20h41 Une petite séance sur le divan m'en dirait plus. Mais je peux aussi faire ça en auto-analyse

20h48 Ah ah ! C'est une invitation ? (non ce n'était pas une phrase à double sens. Je parlais vraiment du divan de l'analyste (d'autant que Titus sait que j'y ai passé sept années) et des exercices d'auto-interprétation auxquels je me livre parfois. J'ai songé récemment à m'en repayer une petite tranche, je pense avoir franchi un cap dans la libération de la parole qui pourrait donner des choses intéressantes. Mon emploi du temps de mère célibataire me l'interdit actuellement, sauf réorganisation de la garde, que je vais mettre à l'ordre du jour car je n'ai pas assez de temps libre, c'est une évidence. Mais ne nous leurrons pas, si le père de mademoiselle A la prend en charge un peu plus, j'en profiterai très certainement pour aller boire un peu plus de coups...) Je suis un peu psy tu sais, et j'ai développé une méthode très personnelle, des histoires de chakras et de transfert, de la body-hypnose en quelque sorte
20h50 C'est un peu expérimental et ça sera gratuit pour toi

20h53 Tu es bien entendu le bienvenu sur mon divan pour toute méthode que tu jugeras utile à l'avancée de la science

Titus va alors dérouler les compliments dans une espèce de monologue qui me laisse sans voix. A posteriori j'ai constaté qu'il employait souvent cette méthode de l'avalanche de mots doux lorsqu'il y avait réchauffement dans son couple. Peut-être pour s'en excuser. Peut-être parce que ça le rendait tout guilleret et ouvert au désir en général. Peut-être pour d'autres raisons que je n'appréhende pas.

21h04 Je sens que tu es prête pour recevoir ma thérapie. Je te ferai savoir quand je serai en pleine possession de mes moyens, c'est important
21h07 Ce soir je vais essayer de passer une soirée calme, discuter un peu, il y a un grand débat à ce qu'il paraît (négociations conjugales de son côté ; du mien, débat de l'entre-deux-tours que je suis en train de regarder/commenter vautrée sur mon canapé avec ma sœur)
21h09 Mais j'apprécie vraiment ton sens du dévouement
21h10 Et je suis pressé de te revoir en tête à tête et dans un état qui me permette de garder quelques belles images en mémoire
21h14 Il m'en faut toujours plus pour ma bibliothèque mentale et celles qui y sont déjà stockées me mettent dans de drôles d'états...

21h16 Moi aussi j'ai envie de te voir (service minimum, droit au but)

21h19 Tous les moments passés avec toi sont délicieux
21h23 Tu es toujours adorable
21h24 Je te souhaite une bonne soirée et te dit à plus tard. Je t'embrasse tendrement

21h26 Bonne soirée à toi, je t'embrasse et je pense à toi

mercredi 4 avril 2012

Spéciale dédicace à l'analyste

Récapitulons : un week-end, que dis-je, un VSD (oui, comme le magazine) de toute beauté, une compatibilité sexuelle exceptionnelle voire inédite, une complicité naturelle, pas mal d'affinités et beaucoup de tendresse. Échanges fournis de SMS et pensées persistantes pour l'objet du désir. Dégâts collatéraux : baisse notoire de l'appétit et du temps de sommeil (y compris les nuits en solitaire). Pente glissante de l'attachement rapide.

Quand je pense qu'on m'a dit Celui-là il va tomber amoureux de toi, mais c'est l'arroseur arrosé ou quoi c't'histoire ?

Même s'il y a réciprocité manifeste dans les symptômes que je décris et même si ma nature peu jalouse et partageuse peut s’accommoder d'une relation non exclusive, je ne dois pas oublier que la situation est déséquilibrée et j'ai rarement eu cette place dans les triangles. Rien à voir, contrairement aux apparences, avec l'homme qui sent bon car Titus propose d'emblée (et j'accepte) une relation plus riche.

Auto-interprétation psychanalytique : Titus a une copine avec qui il est en crise (dit-il). Le père de mademoiselle A a rencontré une femme, dont il est tombé amoureux, alors que nous étions en crise. Je prendrais donc symboliquement la place de la maîtresse pour...pour quoi ? refaire l'histoire ? avoir le beau rôle ? (c'est quand même plus confortable de représenter l'attrait de la nouveauté que la lourdeur du ménage) ne jamais résoudre mon Œdipe ? (non j'déconne) (enfin...)

Note pour tout de suite : attention danger.

mardi 6 octobre 2009

Dernières séances avant l'auto-analyse

Pour moi c'est bientôt la rentrée des classes là-bas en province, alors l'analyse sur divan ça se termine.

Je me souviens de cet après-midi de 2003, en face à face pour commencer, et de ce que j'ai dit. Clouée dans le fauteuil par le poids de la faute. J'ai un copain et je le trompe.

Je me souviens de ce vendredi début de soirée, dans le métro, un homme une femme sur la banquette, enlacés bisous bisous, arrêt à la station, il se lève, se faufile et elle continue par dessus la foule Bon week-end mon amour, je t'aime, et passe une bonne soirée, je t'aime je t'aime tandis qu'il sort.

Pourquoi me suis-je imaginé qu'il s'agissait d'un couple "illégitime", qu'il allait retrouver sa régulière, qu'elle était seule de son côté et qu'elle l'aimait, mais lui moins, il rentrait à la maison, une autre vie et elle serait toujours seule ? Je ne sais pas...Parce qu'elle s'acharnait avec son amour empressé. Comme si elle voulait qu'il oublie pas. Que son amour noie l'autre et prenne le dessus. Parce qu'elle l'encourageait à affronter ce week-end qui ne serait dur que pour elle.

J'ai pensé, Arrête, il la quittera jamais pour toi, c'est sans issue. Je compatissais mais je m'identifiais à lui. J'ai pensé Jamais je ne serai cette femme, plutôt crever. J'ai quitté le copain et l'amant.

Sur le divan j'ai bossé les triangles. J'ai eu un autre copain, d'autres amants, des angines. Des phases fidèles et reposantes (ou rassurantes ?). Récemment monamour a dit J'aimerais qu'on vieillisse ensemble (et un autre truc aussi).

On dit qu'en analyse la guérison vient comme une cerise sur le gâteau. Ce ne serait pas une finalité. En gros après une analyse réussie, tu restes malade mais tu souffres plus. Ça se pourrait, au vu du grand sourire que j'affiche quand mon pote me demande : Alors ? toujours triandre ?

Ben ouais.

vendredi 5 juin 2009

Attends, man, transfert

Figure-toi le cabinet de l'analyste, moi étendue sur le divan, lui assis derrière sur un fauteuil, le téléphone sonne, il décroche et, oh mon dieu, le truc est en mode haut parleur :

Au bout du fil : Bonjour ! Comment vas-tu ?

L'analyste : Bien.

Moi (in petto) : Mais j'entends tout !

Au bout du fil : Tu finis de travailler à quelle heure ?

L'analyste : À 19h30.

Moi (in petto) : Petite journée dis donc...

Au bout du fil : Je pourrais passer alors ?

L'analyste : Oui oui, pas de problème.

Moi (in petto) : C'est un ami de l'analyste ! L'analyste a des amis !

Au bout du fil : J'amène quelque chose ?

L'analyste : Non ce n'est pas la peine, il y a tout ce qu'il faut.

Au bout du fil : Bon d'accord. Et comme ça je pourrais récupérer mon linge. Gros bisous papa !

L'analyste : Oui voilà.

Je suis traumatisée.

mercredi 8 octobre 2008

"Tu écriras sur le bonheur"

J'ai peur de l'ennuyer l'analyste. Avec ma vie qui va bien, mes sublimations de bonne élève, mes dérapages contrôlés. Je vis avec un homme, "et que j'aime, et qui m'aime" ; mon métier m'intéresse et j'essaye d'évoluer encore ; je suis quasi fidèle, je me drogue avec modération. C'est chiant non ?

Pourtant, à entendre ses silences, j'ai aussi l'impression qu'il kiffe. Comme si ce travail qu'on fait ensemble (mais moi plus d'abord), ce travail d'analyse, c'était une bonne chose qu'il débouche là-dessus, la monogamie sans frustration, l'alcool sans gueule de bois, et là il en manque un pour rester dans le ternaire mais oh je fais ce que je veux ok ? je casse le rythme et puis c'est tout.

Mais je veux pas casser l'ambiance hein. Même si j'ai l'air de l'exprimer sur le mode du manque, du "sans", du quelque chose en moins...presque de la perte quoi, j'en sors gagnante. Et c'est probablement le lot de tous les analysants de réduire les passages à l'acte quand commence à grandir leur désir. Ben ouais, quand j'ai l'impression qu'il kiffe en se taisant c'est ma satisfaction que j'entends. Si j'en suis arrivée là, c'est bien que je l'ai voulu non ? Oui c'est vachement bien.

Mais attends je t'arrête tout de suite, on n'est pas au bout. Ni du jour, ni de la nuit, ni même de l'enfer. Et même, pourquoi pas, on a juste posé des bases un peu solides et on va pouvoir enfin commencer. Si ça se trouve.

"Tu pourras, dans tes livres, tuer, voler, convoiter la femme d'autrui, mépriser le jour du Seigneur ; en échange tu respecteras cet unique commandement : Tu écriras sur le bonheur." Oui donc là tout de suite ça se complique.

jeudi 11 septembre 2008

♫ J'allume un éclaireur ou j'me paye un scout ? ♫


Découvrez Alain Bashung!


Des fois je trouve que, non mais c'est vrai sérieux, parce que bon je voudrais pas dire mais quand même, si ça se trouve hein, si ça se trouve on sait pas en fait, alors franchement sans déconner c'est bien joli tout ça mais bon enfin tu vois voilà quoi...

mercredi 19 mars 2008

♫ It's not really work, it's just the power to charm, I'm still standing in the wind, but I never wave bye bye ♫

Non mais tu sais pas quoi ? Je me suis vue dans le film. Dingue !

Ouais bon tu vas encore dire que je retarde de trois guerres, faudrait changer de disque un peu et puis oublie pas que j'ai 84 ans mon petit. Je veux dire y a pas si longtemps j'avais pas le téléphone (ni fixe ni pas fixe) et le jour où j'ai découvert le répondeur, mes amis étaient tellement sous le choc qu'ils laissaient pas de message ou alors : ................(long silence de surprise) (puis) oh mais t'as un répondeur ? (et hop ça raccrochait) Mes amis sont cons qu'est-ce que tu veux, à chacun selon son mérite. Mais attends, ça fait un bail hein, au moins six-sept ans...Depuis je me suis mise à la carte bancaire et tout. Un bond dans la modernité tu crois quoi.

Et là, y en a un qui sort son APN (appareil photo numérique) (oui ben quoi, quand on est un peu dur de la feuille, on a vite fait de confondre avec le test là pour voir si t'as tes papiers). Alors je te préviens, quand l'APN fait son apparition, y en a déjà au moins la moitié qui se met direct en apnée pour faire bonne mesure. Et vas-y que ça se défile dans les coins. Pas moi non, vu que je sais pas ce que c'est.

Après tu passes à la séance visionnage. Bon là ça fait très très peur. Comme les films d'horreur. Tu mets tes mains devant tes yeux et tu regardes à travers tes doigts...Bon ben faut que je te dise que la voix, ça va pas du tout. Je sais pas qui m'a doublée mais franchement d'où qu'elle sort cette voix de fillette ? Comment ça toi tu la reconnais très bien ma voix ? Par contre c'est qui la beauté fatale là ? (je caricature, t'affole pas), oui elle, elle a l'air vachement sympa c'te fille...Ah elle s'appelle Narcisse ? t'es sûr ? Mais c'est que je me plairais presque dis donc j'en reviens pas...L'analyste a dit : il ne faut pas avoir peur de le dire. Et ben voilà, c'est dit, je remonte dans mon estime.

Alors pour fêter ça de façon moderne, je te mets les Modern Lovers et leur Roadrunner, en image fixe certes mais avec du son.

mercredi 28 mars 2007

♫ Viens à la maison, tous les oiseaux t'attendent ♫ (y compris le pingouin)

Plus de doute c'est le printemps. Évidemment au moemnt où j'écris ça, il se met à pleuvoir...On peut pas avancer une idée originale dans ce pays, direct la réaction arrive à la rescousse, j'te jure on n'est pas aidé. Enfin bon, faisons comme si de rien n'était.

Je fais pas partie des gens qui ont une armoire d'hiver et une armoire d'été, parce que d'abord je comprends pas bien le principe, trier son linge deux fois par an, en mettant les gros pulls derrière ou dans des cartons ou je sais pas quoi encore, ça me soule et surtout j'ai pas la place. C'est le bordel dans mon placard et alors ? c'est toi qui t'en sers peut-être ? À moins qu'il ne s'agisse d'un traumatisme infantile, tu sais, quand il fallait se débarrasser des habits qui t'allaient plus vu que t'avais grandi...C'était déjà le bordel dans mon placard, comme quoi j'ai quand même certaines valeurs. Mais je m'habille selon la saison : chaudement l'hiver, légèrement l'été. Ouais c'est pas courant comme façon de faire, que veux-tu, faut toujours que je me singularise. Et maintenant j'en suis à la phase où je panache fringues d'hiver et fringues d'été. Donc on est au printemps.

Je bois des coups en terrasse. Bon là faut faire gaffe parce que bientôt on n'aura plus le droit d'enfumer ses voisins, donc je serai tout le temps en terrasse (j'hésite entre ça et arrêter de fréquenter les bars...Mais j'ai pas le choix, il faut parfois rester humble face à son destin) (ou arrêter de fumer aussi oui. Mais tout ce qui commence par arrêter (oh ben tu vois, ça c'est presque aussi paradoxal que mon sommeil) (et les rêves je te raconte pas mais j'en fais des beaux) (et après je les analyse comme une analysante appliquée) (ce qui est pas mal comme activité de plein air) (sauf que c'est sur un divan) tout ce qui commence par arrêter donc, je crois pas que ça fait partie de mon karma) et ça sera vachement trompeur, vu que ma fréquentation assidue des terrasses voudra pas dire pour autant que je vivrais un printemps permanent. Ah la vie sera pas facile facile...Y a peut-être moyen de se repérer par rapport aux fringues, faut voir.

Y a aussi le fait que je trouve pleins de gens sexuellement attrayants et réciproquement. Par exemple le serveur hier soir était clairement en rut et son plan drague éclair pas mauvais du tout dans le genre cash, mais il a été coupé dans son élan par monamour qui a innocemment débarqué au comptoir pour me dire bonjour et voilà c'était grillé. Même les nanas je les mate pour te dire. Alors c'est bien la preuve qu'on est au printemps.

En plus pour être au diapason, ça bourgeonne, j'ai un petit bouton sur la lèvre, un quasi invisible mais qui fait un peu mal tu vois ? Alors à ton avis qu'est-ce que j'ai bien pu faire avec ma bouche ? je pose la question.

vendredi 19 janvier 2007

♫ Et je soupire sur les qui suis-je, sans négliger l'épisode où vais-je ♫

C'est comme qui dirait la révolution.

Depuis plusieurs jours, je suis d'une productivité au taff, tu peux pas imaginer. Genre mon chef de service débarque dans le bureau, en totale panique (rien que de très normal, mon chef de service est toujours dans tous ses états, sauf en réunion, où il s'écoute parler et là il kiffe) : Ada voici l'article de XXX, on est hyper charrette, moi j'ai pas le temps de m'en occuper, il faut trouver cinq illustrations pour ce soir, c'est très urgent. Mais bien sûr, pas de souci. Ou alors : Ada, y a une demande de la présidence (pas de la République, faut pas trop m'en demander non plus) on cherche une photo de Machin, dans le journal Truc ou peut-être dans le journal Bidule, à moins que ce ne soit ni l'un ni l'autre, on sait pas trop et on n'a pas la date précise, ça tourne autour du voyage de de Gaulle en URSS, et vite, parce qu'ils le demandent aujourd'hui pour hier évidemment. Aucun problème, tout le plaisir est pour moi, même pas je râle. Contrairement aux apparences, je ne travaille pas dans une rédaction et je ne suis pas éditeur photo, comme quoi je pourrais rechigner quand même. Eh ben non, souriante la fille.

Depuis plusieurs séances je suis une analysante exemplaire. Limite dans une de ses prochaines communications à la profession, l'analyste pourra citer mon cas et s'en glorifier. Hop j'arrive, hop je m'allonge, tout en légèreté, je plonge dans le sac de noeuds et quand je me lève, c'est nettement moins emmêlé. Tu pourrais croire que ça n'a rien d'exceptionnel, eh bien pas du tout, des fois c'est même plus un sac de noeuds, c'est un truc tellement informe que tu sais pas par quel bout le saisir (noeuds et bout...je te dispense d'associer librement, ça c'est bon pour le divan, tiens-toi un peu que diable) (tirer par la) (bon tu vois c'est moi qui m'égare après). Exemple très récent : si je n'ai jamais voulu enseigner (malgré une aptitude certaine à la pédagogie) c'est pour une sombre histoire de chocolats...Eh ouais. Ça t'en bouche un coin hein ?

Depuis une semaine (prépare-toi psychologiquement à un événement époustouflant, j'ai peur que le choc soit rude, tu devrais respirer par le ventre, sois fort je t'en prie) depuis une semaine donc je n'ai pas bu d'alcool...Mmm, je t'avais prévenu. Pourquoi, pourquoi, j'en sais rien moi pourquoi, que veux-tu que je te dise ? J'ai pas envie, ça te va comme réponse ? Une semaine...Truc de ouf. C'est une phase totalement inédite dans ma vie d'alcoolique mondaine.

Si je te dis que depuis cinq jours je suis fidèle, tu vas encore te foutre de ma gueule et t'auras pas tort, c'est un peu ridicule. Bon du coup je te le dis pas, tant pis pour toi. Non mais c'est pas plus mal en fait, parce que si je te le dis et que je flanche, j'aurais l'air de quoi ? T'as raison, vaut mieux que tu saches pas...

Alors que se passe-t-il au juste ?

On va procéder par élimination. Déjà je suis pas enceinte. On dirait pourtant (transparence psychique, arrêt des toxiques) mais je répète, je suis pas enceinte. Ensuite je suis pas en loose. Les symptômes sont bien là pourtant (travail acharné, investissement maximal sur le divan) mais je répète, je suis pas en loose. Bon...ben j'ai plus des masses d'idées là...

Histoire que tu te fasses pas trop de bile, je te rappelle que dans tout bientôt c'est le week-end et qu'il est possible que je prenne l'apéro quelque part (mais je boirai peut-être une limonade, rien n'est encore gagné). Dans tous les cas, et ça, ça va te sortir de ton désarroi, premièrement une, j'arrive encore à la bourre ; de deux, même si on fait tout pour nous en empêcher, je continue à fumer ; last but not least, je suis toujours inscrite au festival de la baise...(t'as eu chaud hein ?)

lundi 11 décembre 2006

♫ Mes bras mesurent la distance ♫

Contrairement à ce que j'ai pu imaginer, le gars à la guitare est un homme (non ça j'avais vu, merci) tout ce qu'il y a de socialement intégré, d'affectivement équilibré, de sexuellement satisfait. Tant mieux.

Dans le bar, un barman accueillant (faut faire comme chez soi) est occupé à ranger car il se fait tard ; du coup le gars à la guitare passe derrière le comptoir pour servir moultes pressions à la compagnie. Le fonds sonore est carrément exceptionnel, je veux dire c'est pas tous les jours que t'entends Johnny Thunders ♫ born to lose ! ♫

Je rencontre ses amis musiciens et comédiens (les intermittences du spectacle n'empêchent pas la permanence de l'artiste). On m'offre une rose. Il m'informe : alors lui, il fait une fixette sur les Asiates. Bon. Mais surtout sur les Japonaises. Ah, ouf. Et l'autre là, tu le rembarres d'accord ? Il faut pas lui parler, il est trop con ; tu peux coucher avec tous les autres sauf lui...Eh ben voilà des paroles qui me font rire.

Un peu plus tard, un peu plus loin, quelqu'un nous fait goûter la prune de sa grand-mère. Rapidement tout le monde est bien bourré, le gars à la guitare veut m'entraîner sur la mezzanine, mais t'es pas bien ? on est chez tes potes, souviens-toi. Bon alors on rentre. Ok. Mais tu dors chez moi. Après d'âpres négociations, je finis par m'incliner. Au réveil, les croissants c'est moi qui m'y colle. Petit déjeuner paisible. Puis je trace.

Dit comme ça, on pourrait croire que ça roule. Mmm. Sauf que non. Tu vas dire que je suis jamais contente, que je fais rien qu'à me plaindre...dis ce que tu veux, t'as encore ta liberté d'expression et de pensée, te gêne surtout pas, de toute façon je t'explique quand même.

Le coup de dormir chez lui d'abord. Depuis le départ il ne cesse de me dire que c'est très important. Et je suis bien d'accord, pourquoi tu crois que je veux pas le faire, gros malin ? Et crois-moi que ça me coûte de me rhabiller au milieu de la nuit pour traverser le boulevard et rejoindre mon lit...parfois il pleut, parfois il fait froid, parfois il fait jour...ça me coûte. Mon maître-mot c'est distance. On fait l'amour et pleins de trucs sympas et après je rentre. Bon vendredi je me suis fait avoir, comme t'as vu. Ça va que le lendemain y avait pas école (non parce que si en plus je fous en l'air mes principes de base...). Mais c'est pas près de se renouveler.

Le gars à la guitare, lui, s'escrime à me démontrer combien c'est chouette chouette chouette de dormir dans la chaleur de l'autre, de se réveiller sous ses caresses tout ça. Mais bien sûr que je le sais, eh gamin, tu crois tout de même pas que tu vas m'apprendre la vie ?

Ensuite le coup de l'intelligence. Depuis le premier soir (je croyais que ça existait pas les filles intelligentes, dérision faussement mysogine) il arrête pas de me dire que je suis trop intelligente. Alors que bon, je vois pas comment il en arrive là. Non mais sérieux hein, toi tu le sais que j'ai une intelligence hors du commun, à force, mais lui il me connaît pas tant que ça.

Et je ne peux pas croire que ça s'origine dans le fait que, alors que sa télé me demande Quel adjectif désigne ce qui se trouve au bord d'un lac, il m'entende, du fond de sa baignoire, répondre lacustre (oui je parle à la télé. Et j'aime regarder les pubs. Mais j'ai pas de télé, c'est pour ça aussi)...non je ne peux m'y résoudre (bon ben reprends la phrase du début, moi j'ai pas le temps). Et puis merde il est pas spécialement con non plus, y a qu' voir sa culture de grand voyageur, sans compter la générale dont il est plutôt bien pourvu.

Je te passe les réflexion sur mes divers attraits physiques sinon on s'en sort plus (y en a trop) (l'humilité est ma principale qualité. Après la modestie) (il fallait que ce soit dit).

Donc j'en déduis qu'il est amoureux. En même temps j'ai pas grand mérite, vu que ça aussi il arrête pas de le dire. Et non seulement il est amoureux, mais il voudrait que ce soit réciproque...j'te jure, les hommes ont de ces exigences de nos jours. Comme si la volonté avait quelque chose à voir là-dedans. Alors moi je maintiens la distance, toujours, qu'il s'emballe pas trop quand même, puisqu'il y a peu de chance que je monte en puissance. On s'amuse bien et tout mais je suis pas amoureuse. Je vais pas m'excuser non plus !? Et la théorie du Tu te blindes trop, non, pas en l'occurrence, fais-moi confiance.

Forcément quand le charmant charmeur chilien me réveille vers 14h dimance, j'accepte son invitation à déjeuner. Et bien m'en prend car, juste derrière, ex-monamour appelle...Trop tard, je suis déjà prise. C'est mon docteur qui va être content. Le charmant me reproche de pas lui donner de nouvelles. C'est vrai, je prends jamais l'initiative. Ensuite on continue le dialogue à haute teneur symbolique :

Lui : Ah une petite BD sous la couette, le bonheur...

Moi : Je sais pas quoi en penser de cette BD. Le dessin est pas terrible, les dialogues non plus, mais le scénario assure. Ils auraient dû en faire un film...

Plus tard, alors que je finis par me dégager de ses bras (oui parce qu'au bout d'un moment ça file des crampes) (après l'avoir tirée) (t'ai-je dit que l'analyste me trouve si-nique en ce moment ?) il dit :

Bon ok reprends ton indépendance. Mais t'éloigne pas trop quand même.

Tout est là. Trouver la bonne distance.

vendredi 24 novembre 2006

♫ En moi se vautrent des divans ♫

Je te préviens c'est le bordel. Au point qu'on s'entend plus penser. Moi qui suis pourtant pas spécialement ordonnée, j'ai du mal à m'y retrouver.

D'abord j'ai revu ex-monamour et c'était coooool...D'un certain point de vue on fonctionne vraiment bien. Mais bon, histoire impossible, tout ça, je te la refais pas.

Puis je m'allonge sur le divan. Et là c'est censé être une analyse hein (ouais, tout est relatif). Alors ça donne un truc du style :

J'ai vraiment eu envie d'appeler ex-monamour (déjà c'est chaud, quand je me cantonne à l'actualité brûlante - chaud, brûlant...t'es dans un beau champ lexical...eh bien moi je suis dans de beaux draps), mais il était 1h du mat, c'était trop tard. Ce matin aussi je voulais l'appeler, mais cette fois il était trop tôt...Trop tôt, trop tard, voilà, c'est bien ce que je lui disais, on n'arrête pas de se rater. On n'est jamais au même endroit au même moment (métaphore camarade, ne t'y trompe pas).

Et au départ je pensais que si j'ai tendance à aller vers lui en ce moment, c'est parce que je sens que le charmant charmeur chilien s'éloigne. Puis je me suis dit que non, ça vient de moi, c'est moi qui m'éloigne. Et maintenant je crois que c'est à la fois le charmant ET moi qui nous éloignons l'un de l'autre (attention, ponctuation de l'analyste, tu vas pas être déçu : Probable. Merci pour votre contribution, l'essentiel c'est de participer, merci encore) (non mais bon, j'ai l'air comme ça, mais j'ai l'habitude, le travail c'est moi qui le fais, je sais je sais).

Alors je suis en train de me paramétrer, de me conditionner pour prendre des distances (Oui. Ouh là, il se donne à fond ce soir).

De toute façon je n'ai pas de projet avec le charmant. Lui il m'a bien proposé une vie commune et des enfants, mais j'y crois pas, je rentre pas dedans, ce ne sont pas mes projets, ce sont les siens, je n'imagine pas un futur avec lui.

D'ailleurs je disais à une amie : le jour où je suis plus avec le charmant, je déménage, vu qu'on habite le même quartier...(Vous avez dit : le jour où je ne suis plus avec le charmant...Ben oui, c'est ce que je viens de dire, bravo, rien ne vous échappe...C'est donc que vous envisagez de ne plus être avec lui...?...Ok je vois où vous voulez en venir)

Oui. Oui. Je l'envisage...

(Long silence...Continuez. Ouais ben faudrait savoir hein)

vendredi 6 octobre 2006

♫ A long time ago we used to be friends but I haven't thought of you lately at all ♫

Un signe qui ne trompe pas chez moi, niveau loose bordélique : à un moment ça se répercute sur le physique. Ça y est j'ai la crève, tout va bien.

Sauf que c'est pas une angine et ça, c'est pas tout à fait normal. Mais je te rassure, si ça se manifestait au niveau de l'oreille, genre otite, je me poserais des questions, tandis que là ça ressemble à une trachéite, limite une pharyngite, donc tu vois, on sort pas du terrain balisé (comme dit l'analyste, y a quelque chose qui vous reste en travers de la gorge) (il est marrant l'analyste, tu trouves pas ? Si tu pouvais aussi trouver ce que j'ai en travers de la gorge, tu serais bien aimable)...alors je vais pas chez le médecin et je continue à fumer hein, faut pas déconner.

Et puis tant qu'on y est je vais taffer aussi. Avec de la fièvre c'est mieux. Pour te dire, hier j'étais en service public, aux prises avec une chieuse de première, une qui parle fort et qui dit des gros mots. Eh ben j'ai gardé le sourire et mon calme légendaire et à la fin je l'ai contaminée, elle s'est détendue. ♫ You give me fever...fever in the morning, fever all through the night ♫ C'est abrutissant la fièvre mais ça a le mérite de te faire prendre un peu de hauteur.

Donc t'imagines bien, le soir, c'est une soupe et au lit. Littéralement. Bon j'avoue, hier j'ai failli regardé Envoyé spécial, j'ai même enlevé la pile de fringues qui cachent l'écran et, encore plus fou, j'ai branché la télé. Mais en fait je me suis endormie. Puis j'ai été réveillée par une bonne vieille migraine, c'était cool (oui je me plains, j'ai le droit). Dans ce cas je m'autorise de l'aspirine, le psychosomatisme ça va cinq minutes, faut pas confondre avec le masochisme.

Et puis mon téléphone sonne. Numéro non répertorié. Je me méfie. Le mystérieux inconnu ami de Canada Dry a l'air d'avoir lâché l'affaire (si c'est lui, je raccroche direct). Mais y a un Charly qui m'appelle assez souvent ces derniers temps. Alors, avant que tu t'excites : avec Charly on s'est embrassé avec la langue, mais pas plus et c'était pour rire. Sauf qu'il aimerait passer aux choses sérieuses et j'ai eu beau lui expliquer que moi non, il insiste et à force je zappe. Cependant il est répertorié et il appelle toujours du même numéro. Donc je décroche.

Bonsoir, excusez-moi de vous déranger, je suis en train d'entrer mon agenda dans mon téléphone portable, je suis tombé sur ce numéro mais il n'y a pas de nom...

Oui ? c'est qui ?

Je m'appelle Mister Perché. Et toi, tu es qui ?

Mister Perché ? Moi c'est Ada !

Ada !

Mister Perché ou la passion foudroyante. Ah là là, les enfants, le truc de ouf.

Ça se passe au printemps, y a quelques années. Je viens de quitter mon cher et tendre. Mister Perché est muté dans mon taff et je suis chargée de le former. Premier jour : il est fort beau bien qu'un peu spécial. Il parle tout doucement, à la limite du chuchotement. Pour lui c'est un nouveau départ après plusieurs mois d'errance. Deuxième jour : il me dit qu'il a l'impression qu'on se connaît depuis longtemps et qu'on a été ami dans une autre vie, non ? Ah si. Si si. Absolument. Deuxième semaine : on va voir une expo ensemble. On achète une très bonne bouteille de whisky, il m'invite chez lui...j'y resterai jusqu'à ce qu'on se sépare quelques semaines après.

Avec Mister Perché c'est un peu l'amour fou, on peut rester enlacés à regarder le linge tourner dans le séchoir, on s'ennuie même pas. On mange des salades, à base de tomates, poulet les jours fastes, parce qu'on est grave en misère.

Bon évidemment on passe la majeure partie du temps à jouer au docteur. En général il commence par Oh mais qu'est-ce que vous avez là ? il faut que je vous examine. Et hop on grimpe sur sa mezzanine. Sinon : je vous prescris une séance d'aquathérapie. Et hop on file sous la douche. Et là, désolée d'alimenter un cliché, je dis la vérité crue, Mister Perché est issu d'un métissage breton-congolais et il a le plus énorme sexe que j'ai jamais vu...Impressionnant. À tel point que pour certaines pratiques, t'as tendance à hésiter, euh t'es sûr que...Mais l'élasticité du corps, qu'est-ce qu'on est bien foutu quand même. Voilà voilà.

Après, l'amour s'en va aussi vite qu'il est venu. Je t'épargne la séquence IVG (tous les préservatifs explosent). Je pars en vacances. Au retour il me fait la gueule, il ne veut plus me parler. Je ne comprends pas pourquoi mais comme j'ai d'autres chats à fouetter, qu'entretemps j'ai changé de service, que là où je bosse c'est un peu gigantesque, on ne se croise même plus et ainsi va la vie.

Mister Perché ? Mais tu as un téléphone portable ? Quelle évolution !

Oui ! Et demain j'ai une répèt à 10h30, mais avant il faut que j'aille à la piscine et après je dois aller bosser. (Mister Perché m'a tout l'air défoncé)

Ah c'est bien, tu fais de la zique alors ?

Oui. J'ai mon groupe. Tu as un stylo ?

Oui.

Tu as un papier ?

Oui.

Alors note : myspace.com...Le son est pas très bon mais y a des lyrics, tu iras voir ?

Oui bien sûr. Et comment tu vas ?

Ça va. Et puis tu sais, ça y est hein, c'est passé.

Ah ben tant mieux alors.

Il m'a fallu du temps...

T'inquiète pas, pas de problème.

Ok, alors je vais inscrire ton nom dans mon répertoire. Excuse-moi de t'avoir dérangée. À bientôt. Bonne nuit !

Renseignement pris, Mister Perché est dans une phase difficile. Il vient de quitter sa copine. Il s'est fait interner une journée à l'HP pour qu'on lui prescrive des médocs qui tuent, il se défonce, il vient au taff pas très souvent...mais on a signé la paix. Comme quoi patience et longueur de temps font que les choses finissent par s'apaiser, souvent à un moment où tu t'en fous, et alors ? c'est toujours ça de pris, je vais pas cracher dans la soupe, sinon qu'est-ce que je vais manger ce soir ?

jeudi 22 juin 2006

♫ Le monde moderne m'emmerde, j'ai pas l'esprit d'initiative ♫

Y a des jours où t'es soulé. D'autres, t'as la gueule de bois. Jusqu'ici tout va bien. Mais les jours où tu cumules les deux, ça devient tendu, limite t'aurais la haine (cinéphile, c'est donc ton frère).

Je vous fais un récapitulatif des derniers événements.

Mardi. Séance d'analyse. Une comme ça, j'en avais jamais vécu et s'il était possible que ça se renouvelle pas, je dirais pas non. L'analyste a beaucoup parlé. Non mais, quand je dis beaucoup, c'est sérieux, il a fait des phrases quoi, le truc incroyable. Il serait ardu de vous en rendre compte dans le détail, disons juste que je me suis pris une bonne volée de bois vert dans la face, histoire que j'arrête de me la voiler. C'est pour mon bien hein, l'analyste ne joue pas avec le feu, surtout que le bois vert, pour faire du feu, paraît que c'est pas terrible...

Mon programme initial, en sortant de là, c'était d'aller à la laverie. Un petit rituel que j'aime tant (ou une nécessité si tu veux te fringuer le lendemain, ça dépend). Puis recentrage et repos dans ma solitude. Seulement, après cette séance, je reçois un SMS pour un éventuel apéro. Autre rituel, moins nécessaire mais tellement plus enthousiasmant. Laverie ou apéro, tu choisis quoi toi ?

Je vous passe les échanges de SMS au cours de cet apéro. Au final j'ai dormi, à nouveau, chez le charmant charmeur chilien.

Mercredi la journée a été douce, malgré le temps...on a mangé des frites sur le port et on a failli faire l'amour dans un petit parc en bordure de Seine, mais non quand même. Le soir mes potes nous ont retrouvés. Comme prévu le charmant charmeur chilien est parti rejoindre ses camarades pour fêter la journée du skate. Comme prévu j'ai rejoint (ex)-monamour tard dans la soirée.

Alors j'vous l'dit tout de suite, c'était peut-être la teuf de la zique mais c'était pas la journée de la femme. (Ex)-monamour m'annonce après sept ans de réflexion (au moins) que c'est avec moi qu'il veut faire sa vie, avec maison, enfants, jardin, chien méchant et barbecue le dimanche. Je lui dis que pour ma part, ben, faut voir, je sais pas trop (j'aime pas les chiens). Il peut quand même pas me reprocher d'être méfiante, à ce stade. Moi aussi j'ai besoin de réfléchir.

Plus tard il a profité d'un moment d'absence pour fouiller dans mon téléphone portable : il a lu tous les messages du charmant charmeur chilien. Mis à part le fait que ça se fait pas (maintenant c'est fait), force est de constater que je suis prise en flag. Oui mais en flag de quoi ? Les parenthèses sur l'ex sont toujours là, me semble-t-il ? Cela dit il le prend bien. Euh en vrai moyennement bien. On pourrait croire que du coup la question est réglée. Mais non, ça ne l'empêche pas de persister et signer dans ses projets nous concernant.

Alors c'est sympa le ou bien...ou bien...(esthétique ou éthique, Soren K. c'est trop un balèze, il a vraiment tout compris) mais ça va cinq minutes, à un moment faut choisir. Genre maintenant ou bien tout de suite. Parce que si le charmant charmeur chilien ne voit pas d'inconvénients à ce genre de situation, du moins je le suppose, je suppose également (nous aurons une grave discussion bientôt) qu'il n'en va pas de même pour (ex)-monamour.

Pour m'aider à faire mon choix : Alohaaa ! Jviens démerger avec la tete en vrack. (m'étonne pas, espèce de fêtard) Après le sk8 jme suis retrouvé a coté dbastille car le truc des halles était annulé. ça a duré jusko matin. Kom un idiot jé pa pri mon prt ! Jvoulè te rejoindre ! (oui mais bon c'est-à-dire que...) Et toa komen ça cé passé ?! (comme çi comme ça hein à vrai dire) Moa jé trop bu !!! (ben moi je suis soulée et j'ai la gueule de bois, tu lis pas mon blog toi ou quoi ? Ah ben non forcément, je suis très conne mais quand même) Jte bizoute ts plein !

T ou ? tu taf ? (oui monsieur, je travaille, moi, môssieur)

Oooh ! Jsui impressioné ! (moi aussi, je bats des records de nuits blanches) Tu té pa couché tro tard ? (si, trop) Jespère ktu menve pa pr hier soir ?! (ben non, t'en vouloir de quoi ? D'autant que j'étais pas vraiment dispo hein) Cé bizarre cé kom si on cété kité depuis longtemps ! Tu me manke déja (maintenant que tu le dis, j'peux le dire aussi)

Bon courage ptite marmotte ! (merci) Jtembrasse, jte mord, jte crok ! Jte fé pleins dpetis bizoux encore é encore ! (toujours aussi oral le charmant)

Je crois que je vais pas attendre les présidentielles pour m'exiler, moi. Où c'est-y qu'ils tolèrent la polyandrie déjà ? Allez, dansons la java !

vendredi 12 mai 2006

"T'as de beaux yeux tu sais"

Le temps des terrasses est revenu.

Hier soir, après une séance d'analyse qui est passée à la vitesse de l'éclair (c'est marrant la perception du temps...tellement variable et en même temps tellement immuable. Un jour sur le divan je me disais oh là là, mais qu'est-ce que ça passe lentement aujourd'hui, j'ai l'impression que ça fait trois plombes que je parle...L'analyste finit par sortir son rituel Bien. On va continuer la prochaine fois qui met fin à la séance, je me lève, je paye et, mon portable rallumé, je me rends compte que je suis restée une heure au lieu de 25 minutes...Moralité : quand le temps paraît long, c'est parfois qu'il l'est. Par contre j'ai jamais compris le pourquoi de cette séance à rallonge)...une séance éclair donc, mais avec une durée règlementaire, un peu comme quand une nuit semble aussi rapide qu'un clignement de paupière (et je ne parle pas de paupière par hasard, croyez-moi, tout est calculé au millimètre près)...eh bien, après cette séance, me sentant fraîche et dispose, et pour changer un peu car je suis une aventurière de l'imprévu, je me suis rendue au bar en bas de chez moi.

En terrasse, pour profiter du soleil et parfaire ce bronzage que j'ai bien failli perdre avec ces récentes sessions pluvieuses. Mais pas de panique, la situation n'est pas désespérée, ça reste bien doré (ah ben oui, ma vie est pleine de questionnements métaphysiques, comme vous pouvez le constater).

J'étais avec un pote. Ça n'a l'air de rien mais vous verrez que ce détail a son importance. Passe un homme charmant, avec qui j'avais plaisanté une fois il y a longtemps, mais vite fait, pas de réel échange, deux mots à tout casser, même pas, peut-être juste un sourire.

Bon en fait, faut que je vous explique, quand je dis le bar en bas de chez moi, c'est un raccourci, je n'habite pas littéralement au-dessus, tandis que ce jeune homme si, semble-t-il. Et là, en rentrant chez lui, il m'aperçoit et me salue, d'un regard appuyé et l'air agréablement surpris (il est vrai que je n'ai pas été très assidue ces derniers temps).

Puis il ressort de chez lui et rejoint des amis en terrasse. S'est alors déroulé un échange d'oeillades pas piquées des vers, camarades. C'était Quai des brumes en buvant de la blonde. Seulement voilà, j'étais accompagnée et si l'on avait sondé un échantillon représentatif de la population, je pense qu'une bonne partie aurait émis l'hypothèse que le pote en question était mon petit ami. Or non, je m'inscris en faux, point du tout. Mais pas moyen de le faire savoir au charmant là-bas...J'aurais pas pu venir avec une copine plutôt ? Sûr que si j'avais été avec une fille, il serait venu nous parler. Et mon pote le serveur, vous croyez pas qu'il aurait pu bosser ce jour-là ? Eh ben non, jamais là quand il faut. Parce que je suis sûre qu'ils se connaissent. Un habitué et un serveur, forcément ça se connaît.

Près de moi une tablée composée d'éléments exclusivement masculins se prend en photo, refait le monde (activité très répandue dans ce genre de lieu) et fonde un parti politique. C'est assez drôle (sauf qu'il y en a un qui sent pas très bon) surtout qu'ils nous prennent à parti...Bon sang, il pourrait pas être pote avec ceux-là, le charmant, histoire qu'on engage la discussion, l'air de rien...Mais non, il continue à m'envoyer des sourires avec ses yeux...Impression : douce chaleur.

Voilà, le temps des terrasses est revenu. Au coeur de l'hiver, quand on se presse autour du comptoir, le contact est plus facile, merde.

(Je ne sais pas ce que vous en pensez mais je crois que je vais passer un peu plus souvent au bar en bas de chez moi, bon pas ce soir, j'ai rendez-vous avec ex-monamour, ça tombe mal, mais dès que possible, et seule même.)

vendredi 21 avril 2006

♫ À l'analyse il r'ssortirait que j'suis pas d'équerre ♫

Je vous sens frustrés sur le troisième point de la dernière fois. Comment ça, vous vous souvenez même plus de ce dont il s'agit ? Vraiment, hein, vous faites pas beaucoup d'efforts...Si ça continue je vais faire une interro surprise un de ces jours, ça va pas traîner. Et ça comptera dans la moyenne, non mais.

Comment ? Plus fort s'il vous plaît...Oui, c'est ça : la psychanalyse. Merci d'avoir triché d'un regard oblique sur le post précédent. Alors la psychanalyse, c'est quoi donc ? Déjà, ce qu'il faut savoir, c'est qu'on ne va pas chez un psychanalyste par hasard. Ah bon ? Ben non. Ce n'est pas en flânant dans les rues d'un pas nonchalant qu'on finit par sonner chez un psychanalyste dont on a vu la rutilante plaque. D'autant qu'en général ils ont pas de plaque. Enfin, ceux qui sont pas psychiatres. Les autres, ils crânent leur science. Tandis qu'un psychanalyste, c'est même pas un médecin, ouh le naze, il peut pas prescire de médocs...

Non, un analyste (on va faire court), on lui téléphone, en panique, parce qu'on croit qu'on est en train de devenir fou (je parle de moi) (ben oui encore, qu'est-ce que vous voulez, j'ai pas de mec, j'ai pas d'enfants, je fais avec ce que j'ai sous la main) (sinon on peut discuter politique, mais on risque de s'engueuler, ce serait dommage) (je peux vous parler d'ex-monamour aussi. Non ? Non, vous avez raison, il commence à nous souler celui-ci) (quoique...y a des petits rebondissements ces temps-ci)...on croit qu'on devient taré parce que ça vrille dans tous les sens, on sait plus qui on aime, ce qu'on veut, comment, pourquoi, et tante Alberte ça va ? En fait y a pleins de gens, ils vont chez le psy parce qu'ils ont un chagrin d'amour...et là je suis trop fière : oui j'ai un chagrin d'amour mais j'y vais DÉJÀ chez le psy, eh eh, comment j'ai trop bien anticipé. Bref. On obtient un rendez-vous trois semaines après. Trois semaines ? Oui mademoiselle, si vous avez pu tenir jusqu'à maintenant, vous êtes plus à trois semaines près, vous allez pas me la faire...Mais mais mais...bon d'accord.

Le jour J on tremble. C'est un peu comme un rencard amoureux, sauf qu'on n'a plus envie d'y aller, on se dit que finalement ça va pas si mal, allez viens, on va boire un coup plutôt, ou un ciné, ou rien hein, si on allait dormir ?

On se retrouve dans un fauteuil face à l'analyste. On fait son petit speech sur le pourquoi on est là (alors je m'appelle comme ci, et je travaille comme ça, et là je suis à la croisée des chemins mais je sais pas quels sont les chemins, j'ai pas vu le panneau) (j'fermais les yeux toujours etc...). L'analyste écoute. Il dit que oui, on peut commencer quelque chose, à raison de deux séances par semaine, si ça convient ? Ah ben oui, d'accord. Il dit qu'il faut fixer un prix pour les séances. Ah ben oui d'accord, c'est combien ? Il dit que c'est en fonction du prix qu'on accorde à sa propre parole. Ah. Ben c'est-à-dire que...ça dépend des mots hein.


Les premières semaines, on reste sur le fauteuil en face-à-face. On parle beaucoup, on pleure un peu, l'analyste écoute (toujours), relance, pose une ou deux questions.

Un jour l'analyste propose le divan. On s'allonge et hop, on voit plus l'analyste. Euh bon, on est censé faire quoi là ? L'analyste dit qu'il faut dire tout ce qui passe par la tête. Ah bon ? Tout ? Mais euh, ça va pas être facile ça. Surtout qu'il faut tenir 25 minutes...Mais vous allez bien aider un peu non ? L'analyste dit ; mmm. Bon. Ok on se lance.

L'analyste écoute. On parle. On pose une question. L'analyste répond : ah, vaste question...On dit : pourquoi X me rend-elle si haineuse ? L'analyste répond : mmm haineuse oui...On dit : quand est-ce que je vais arrêter de faire n'importe quoi ? L'analyste répond : quand...?

Quand la séance est finie, on se lève, on paye et l'analyste ne dit pas merci. Voilà les enfants, c'est ça la psychanalyse.

Meuh non, bien sûr que non, ce n'est pas QUE ça. Mais le reste c'est moins drôle, ou plus drôle, en tous cas intime.

Prenez vos cahiers de texte. Pour dès que possible, vous résoudrez les exercices suivants : comment faire un lien ? comment insérer une image ? que fait la police (partout, justice nulle part, oui on sait) ? Car mon choix final s'est porté sur le modèle je-sais-pas-quoi -tequila, parce que ça se refuse pas mais juste une goutte alors.

Qui est volontaire pour effacer le tableau ? (c'est à ça qu'on reconnaît les virtuoses (oui les chevilles ça va pas mal) car le titre du post est un extrait de la chanson qui se cache l'air de rien, dans cette question finale. À vous de jouer mes braves, y a rien à gagner mais on est des sportifs ou bien...)

vendredi 31 mars 2006

Le ventre de l'assommoir de Paris

Que croyez-vous qu'il arriva ?

Eh bien, c'est-à-dire que...hum, comment vous expliquer ?

J'ai pas réussi à aller faire du sport. Oui, allez-y, huez à vous en exploser les poumons, j'assume. Inutile d'invoquer des circonstances atténuantes, j'imagine que vous n'en avez que faire. Vous vous dites Y a pas à chipoter, elle a pas tenu sa résolution, point barre. Cependant permettez-moi quelques explications. Pas des excuses, nuance.

Après une journée de travail, direction le divan de l'analyste. Car, oui les amis, je suis en analyse. Et ce n'est pas un travail de tout repos. Ça déméninges (ah aha) dans tous les sens, et je pèse mes mots (qui a dit lacanienne ?). Bref cette séance fut riche, que dis-je riche, multi-millionnaire. Et à quoi reconnaît-on une séance riche, me direz-vous ? Facile : quand on en sort, on a le cerveau en vrac, ça cogite et ça s'agite à l'intérieur du plus profond de toi.

J'en sors donc, avec les symptômes ci-dessus mentionnés et, hyper motivée, j'appelle les copines de sport : eh ben en fait elles sont trop fatiguées, la semaine prochaine peut-être...Ouais je vois. Qu'à cela ne tienne, si vous croyez que je vais me laisser abattre pour si peu, vous vous méprenez grandement, bande de dégonflées. J'irai seule, na.

Je rêvasse sur le strapontin qui me mène vers le Graal (alias ventre plat)...mon inconscient cogite et s'agite (rappelez-vous) (non mais suivez un peu, c'est pourtant simple) à tel point que...sans préavis ni motivation (retrait ! retrait ! retrait du CPE !) mon estomac (bientôt plat) se contracte et déclenche une réaction non homologuée, du style vertige, vision trouble et tutti quanti ! Caramba ! Vite, sortir du métro, prendre une bonne bouffée d'air pollué, se rafraîchir la face à la pluie acide...se calmer.

Remonter dans le métro. Grave erreur, ouh là là, grave grave erreur. Car le troupeau de malheur, en embuscade, m'attendait au tournant (niârk niârk), en la personne d'un clochard, fort avenant par ailleurs, mais dont l'équilibre précaire (retrait ! retrait !) (hum désolée) provoqua un lâcher de bouteille du plus bel effet dans cet espace clos et confiné...Mais mais mais, quel parfum vient ici chatouiller ma narine ? Serait-ce que j'ai la tête qui tourne ? Au secours !

Rassurez-vous, je suis restée très digne et j'ai su maîtriser tous mes fluides corporels. Cependant, toutefois, néanmoins, j'ai, à partir de ce moment-là, abandonné toute velléité sportive. Qui, parmi vous, osera me jeter la première pierre ?

Oui, bon ok, lapidez-moi, merci de votre soutien.

Je sors (sous les huées).

Et me retrouve au bar en bas de chez moi, où la clientèle est sympathique et réconfortante, où la musique est bonne et souvent en live, même qu'un des serveurs c'est un pote, alors hein. Car voyez-vous, quitte à renoncer au ventre plat, autant boire de la bière.