Affichage des articles dont le libellé est Teuf. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Teuf. Afficher tous les articles

mardi 19 février 2013

♫ Le ciel c'était l'horizon ♫

Mademoiselle A est partie une quinzaine de jours aux Antilles avec son père. Son absence et mes disponibilités plus souples ont contribué à beaucoup nous rapprocher E. et moi. Nous avons mis chacun un pied dans la sphère amicale de l'autre. Nous avons passés un week-end en province qui, j'ai l'impression, nous a fait basculer davantage. Nous étions chez un bon pote à moi, avec qui je faisais la fête du temps pas si lointain où je fréquentais une école nationale supérieure. Il nous a sortis dans tous les bons endroits de sa ville, nous a faits rencontrer toute une troupe de gens très chaleureux. E. et moi avons été perçus d'emblée comme un couple établi. La jeune femme qui nous a rejoints en terrasse le dimanche vers 14h, après avoir dit Oh ben ça fait bizarre de revoir les gens le lendemain alors que la veille tout le monde était mort bourré (et là tu te dis, oh oui putain, j'étais bien bien dans le cosmos, parce que moi je ne me rappelle même pas qu'on s'est déjà vu...) nous a présentés à son ami : Voilà Ada et son époux E., un couple magnifique bla bla bla. Nous en avons ri et E. n'a plus cessé de la journée de m'appeler Madame mon épouse. Déjà dans le train à l'aller, nous nous étions rapprochés physiquement (mais discrètement) comme jamais auparavant, nous qui d'ordinaire n'avons aucun contact tactile en public. Nous nous sommes dits des choses qui signifient qu'on tient l'un à l'autre. Nous nous manifestons une tendresse gestuelle et verbale tout en retenue, une bienveillance attentive. C'est très bon. Y a juste un truc que j'ai du mal à analyser : ma consommation de cigarettes ne cesse d'augmenter.

vendredi 3 juin 2011

♫ Ecoute les orgues, elles jouent pour toi ♫

Ouh là là, mais oui dis donc t'as raison, ça fait un bail qu'il ne se passe rien ici, t'aurais dû me le signaler plus tôt. Surtout que non seulement je me faisais une gloire de pondre une petite note mensuelle nonobstant la ponte antérieure et très prenante du petit mammifère dont je t'ai déjà parlé (oui je suis un ornithorynque) mais en plus j'ai un vrai sujet, passionnant et tout : se pourrait-il que monamour et moi-même formions un couple de vieux cons ?

C'est la question qu'on aurait pu se poser ce soir de week-end où, endormis aux alentours de minuit, sous les rumeurs nous semblait-il assez lointaines d'un dîner entre amis, nous fûmes réveillés vers 2h par les cris hystériques (YOOOOOOOOOUUUUUUUUUHHHHHHHHHHOUUUUUUUUUUUU !!!!!!!!!!!! YYYYYYYYYIIIIIIIIIIIIIIIIII !) provenant de ce qui s'est avéré une grosse fiesta chez les voisins du dessus. Vérification faite, la chambre de mademoiselle A, par sa situation côté jardin, préservait l'enfant de l'agression sonore (cela dit quand elle a décidé de dormir profondément elle plaisante pas, tu peux passer l'aspirateur sous son lit elle bronche pas). La chambre parentale, quant à elle, profitait pleinement de l'ambiance musicale.

Comme deux djeuns à la cool on a commencé par se remémorer les soirées organisées dans le taudis où je vivais au début de notre relation et la tolérance incroyable des habitants de l'immeuble qui jamais ne vinrent se plaindre. Puis histoire de s'impliquer dans une démarche positive et active, pour ne pas dire carrément pro-active (je voulais faire une note entière sur ce mot mais j'ai oublié pourquoi et comment) (je suis aussi un poisson rouge) on a joué au blind test, toujours dans cet esprit si frais qui nous caractérise ah ah ah, et celle-là tu la connais ? ah ouais j'la kiffe trop, allant parfois jusqu'à fredonner et même esquisser un petit déhanché ou un hochement de tête en rythme. Jusqu'à ce que, le pic étant passé et profitant de l'accalmie, chacun reprenne son bouquin avant de sombrer rapidement dans un second sommeil.

Pour en être tirés, vers 4h, par une nouvelle poussée de volume accompagnée, comme il se doit, des cris de ces demoiselles qui, à cette heure avancée, auraient sans doute préféré en proférer d'autres, plus lascifs, mais que veux-tu, quand tu pécho pas, tu chantes très fort (en choeur, faux et avec les soulards) ta frustration. Monamour et moi, bien que nous appréciions le comique de répétition, avons trouvé ça moins drôle. On s'est un peu poussé l'un l'autre, allez va leur dire de baisser le son, mais vas-y toi, non toi...Un peu par flemme de se rhabiller, un peu par lâcheté, un peu par pas envie de passer pour le vieux con, on n'a rien fait jusqu'à ce que la sonnette sonne (comme souvent quand elle passe à l'action). On a hésité deux secondes avant de comprendre qu'elle sonnait chez nous, ben ça alors, et d'ouvrir la porte à un monsieur barbu et fort confus qui croyait que nous étions les responsables de ce boucan de tous les diables (un malentendant donc). De retour dans le lit, on a attendu, vaguement soulagé, que la sonnette sonne au bon endroit. Et ben crois-le, crois le pas, elle a pas sonné, la teuf a continué fort et un peu longtemps et force a été d'en déduire que le barbu honteux était reparti chez lui sans finir le boulot. Non mais quel con !

mardi 22 décembre 2009

♫ Et l'écho (et l'écho) de nos montagnes (de nos montagnes) redit ce chant mélodi-eux ♫

Un jour il y a longtemps je t'ai parlé de nos origines, antillaises pour monamour, vietnamiennes pour moi (combien on parie que tu ne t'en souvenais plus ?). Parfois c'est rigolo. Par exemple en Crète, où il semble qu'ils n'ont pas trop l'habitude de voir des noirs et des asiates. Alors les deux en même temps, t'imagines...Ou alors au boulot. J'étais là en tant qu'observatrice ; comme il ne se passait rien, je tapais la discute avec la dame à la peau noire et voilà qu'on se trouve des connaissances communes en Guadeloupe ! Non mais si c'est pas dingue la vie ! Et puis pas plus tard que ce week-end, quand Raoul sort les photos de sa petite fille, métisse antillaise-eurasienne (ce qui fait un sacré paquet de métissages au bout du bout), et qu'il me dit : Voilà ce qui t'attend (sous-entendu en cas de reproduction). En toute honnêteté, et nonobstant le cliché qui consiste à dire "les métis, c'est les plus beaux", (tiens Martin Winckler disait à ce propos que tous les enfants sont métis) je dois reconnaître qu'elle est pas mal la petite fille.

Cette longue introduction pour en venir à une tradition antillaise fort réjouissante, j'ai nomme le chanté Noël (je ne sais pas trop pour l'orthographe, mais si on part du principe que la locution est en créole, je penche pour le participe passé plutôt que pour l'infinitif. A vérifier).

Au départ ça m'a un peu soulée, que monamour mère me réveille en tout début de sieste pour cause de mon dieu je vais jamais y arriver, Ada viens m'aider. Bon déjà il est où ton fils indigne ? que c'est moi qui me tape la corvée rinçage des verres à l'eau froide (monamour mère, dis-moi tout, tu sors d'un bain de 4 heures, c'est ça ?). Mais bon, tu me connais, toujours prête à rendre service (et j'ai même pas fait scoute hein tu noteras). Le plateau de crudités avec alternance chamarrée (fenouil, tomate, concombre, radis), ça allait déjà mieux. Ce que j'ai kiffé trop mortel, c'est le découpage du jambon de Noël. Tu tournes autour du bestiau, tu sais pas trop par quel bout l'attaquer et puis tu te lances avec ton couteau de boucher et là c'est trop bien, d'autant que tu peux manger toutes les chutes pas présentables.

Plus tard, les invités arrivent par paquet de dix, avec les célébrités et tout et on fait la chaîne : ti punch pour les conservateurs, mojito pour les libéraux (perso je me situe pile poil au centre, les deux mon capitaine). Rhum à gogo donc, histoire de se chauffer la voix avant la distribution des livrets.

Hé oui, les livrets bien sûr, on est quand même là pour ça à la base. Raoul au clavier, Jamy à la guitare, nous autres au chant et à la danse. On chante Joseph ("mon cher fidèle"), Satan ("qu'il crève", cathartique en diable), Marie et toute la smala. Les plus aguerris partent en impro, se risquent à quelque solo. Et ça tape dans les mains, ça remue du popotin, ça reprend en latin Glo-o-o-o-o-o-o-o-o-o-ria in excelsis de-e-o (ma préférée tu te doutes). Tu sais, comme dans cette émission où les artistes chantent les chansons d'autres artistes, où on mélange les styles et les personnalités...Taratata, voilà. Mais en mieux car tu es au milieu.

lundi 26 octobre 2009

♫ It was very nice, candlelight and Dubonnet on ice ♫

Avant de quitter mon lieu de travail pour de nouvelles aventures provinciales, il a fallu sacrifier à la cérémonie du pot de départ. Petit comité ? Avec onze ans d'ancienneté, si tu veux ménager les susceptibilités, le grand comité s'impose. Parce qu'il faut bien voir qu'un pot de départ, c'est pour faire plaisir à ceux qui restent. Moi par exemple, j'aurais bien vu ça en soirée, dans un bar sympa. Mais non, faut que ça se déroule pendant les heures de taff, toujours ça de pris. Grand comité donc, en association avec une camarade de concours que là je lui trouve pas de nom ça va être un peu chiant pour la suite.

Une fois la date fixée, on brainstorme pour le carton d'invitation (l'email collectif quoi). Au bas mot deux heures, à peser les mots de la formulation, à choisir la police, la couleur et l'illustration. Eh oui car il faut une illustration, une image piquée ici ou là, un truc joyeux mais original (pas une bouteille de champagne), élégant et raffiné (pas un gros sandwich dégoulinant de ketchup), en rapport avec le sujet (pas la photo de Kim Phuc par Nick Ut). A la fin je disais oui à tout, elle aurait pu choisir du Verdana taille 26 marron avec un chaton anthropomorphisé que j'aurais validé. Bref après un temps incommensurablement long, on finit par arriver à un truc du genre : A l'occasion de notre prochain départ, nous vous invitons tel jour à telle heure (tu sens le travail en amont ?). Plus la reproduction d'un tableau sobrement gai d'un peintre fauviste (ça fait bien intello de gauche, nickel).

Deuxième étape : l'approvisionnement. Quels liquides, quels solides, en quelle quantité. La quantité c'est pas compliqué, comme tu sais pas, t'en prends trop, comme ça t'es tranquille. Chacune est chargée de concocter quelques bonnes petites choses de sa spécialité (du coup j'amène un fût de bière alors, c'est ça ? ah non à manger, ok ok, euh, des cacahuètes ?). On se partage les basiques : le pain, les chips, les olives. Ah et des tomates cerises, ça serait bien des tomates cerises non ? Oui oui c'est vachement bien les tomates cerises. Mais quand elle m'a dit : On n'a qu'à en prendre une bonne livre chacune, j'ai été obligée de demander : ça fait combien une livre ? et là elle m'a regardée avec une espèce de pitié étonnée, si, j'ai bien vu.

Troisième étape : la préparation. C'est le week-end, c'est le matin, tu es quasi à jeun et tu prépares un cocktail qui doit macérer, mariner, enfin t'as compris que j'ai pas le vocabulaire culinaire c'est bon. Tu prends donc tes grands saladiers. Tu coupes les citrons verts, tu verses les liquides. Tu as l'impression de travailler dans la restauration collective avec la grande louche qui mélange tout ça. Puis faut goûter. Pas dégueu hein. Allez rajoute un peu de sucre de canne. Vas-y goûte. Ouais c'est mieux. Mais quand même il te faut un deuxième avis. Monamour qui passait par là en avale une petite louche. Verdict : ah ouais, pas mal, mais ça manque pas un peu de vodka ? Fais voir ? Ouais t'as raison, j'en remets. Et maintenant ? Ah oui là c'est bien. Attends je vérifie. Et bizarrement, inexplicablement dirais-je, plus tu goûtes, plus t'es mort de rire. Quel mystère. Et plus tu te dis qu'on va bien s'amuser à ce pot. Dans l'immédiat amuse-toi à remplir les bouteilles en plastique à l'entonnoir. Eh ben je te prie de croire que dans cet état c'est pas de la rigolade. Comme si t'avais pas eu assez chaud, tu passes l'après-midi la tête dans le four à cuire des cakes (je te recommande tout particulièrement le coppa-roquette et le roquefort-poire-noix).

Le jour J. Des volontaires sont recrutés pour couper, piquer, tartiner, agencer. Et puis un peu avant midi, voilà qu'on t'offre discrètement une bonne bouteille de whisky. Ah ah ah mais on va s'en verser un p'tit godet alors hein. Ni vu ni connu, un petit coup de fouet avant le spectacle. D'autant qu'une rumeur court, selon laquelle les grands chefs ne seront pas là, on va pouvoir se lâcher. Et c'est parti. Plein de monde, dont des amis de l'extérieur en RTT spéciale pot, la classe. On vient te parler spécialement à toi vu que tu es la co-reine de la fête, je te rappelle, ce qui fait que tu n'as pas une minute pour manger. Par contre boire, je sais pas pourquoi, j'y arrive toujours. Le truc pratique c'est que tout le monde te pose les mêmes questions, faut juste pas se rater et éviter de répondre Un studio dans le centre-ville à la question Quel sera ton nouvel établissement d'affectation ? Puis le grand chef débarque, tu lui sers un cocktail qu'il appréciera puisqu'à la fin il en viendra à te mettre des coups de coude dans les côtes. Avant ça il dit : Je vais dire quelques mots, je pense que vous l'attendiez ? Ben écoute gars, pour tout te dire, on t'attendait même pas toi, alors bon, je vais me contenter de sourire.

Discours donc, fleurs, cadeau. Et re-questions-réponses, et présentation de monamour à quelques phénomènes dont je lui parle depuis si longtemps, et musique, et danse. Carrément. Milieu d'après-midi, première clope depuis une éternité. Ménage en buvant du vin rouge, départ en petit comité au bar d'à côté. Défilé des sorties de bureau, coucou coucou, c'est nous les alcoolos. Arrêt des festivités vers une heure du mat. Un peu comme dans la vraie vie quoi.

samedi 8 août 2009

♫ Put on your red shoes and dance the blues ♫

Je suis sûre que dans ta petite tête tu associes certains moments de ta vie à une bande sonore particulière. Par exemple moi, la bamba (♫ para bailar la bamba, se necesita una poca de gracia ♫ tu vois) c'est la Californie. Bon mais c'est pas de ça que je veux te parler. Là il s'agit plutôt de savoir comment allier son état d'esprit à la danse de circonstance. Tout en conservant la grâce nécessaire (cf la bamba). Faut-il comme Robert Smith adopter la technique du déhanché enfantin qui consiste, si tu veux bien te donner la peine d'appuyer sur play, à faire semblant de jouer à la marelle en fixant le sol pour pas se tromper de case ?



Il y a quelques semaines, j'étais dans un taxi, en conversation téléphonique avec un ami (truc de ouf), je retrouvais le charmant charmeur chilien qui devait se produire en sound system un peu plus loin. Comme de bien entendu nous y allâmes en chemins de fer, et j'eus beau consommer moult champagne tout en relançant dans des toilettes qui fermaient pas à clé (prise de risque, risque d'être prise), tandis que le charmant tenait le micro et les platines, je ne parvins pas à me dandiner mollement au rythme du reggae sous un nuage de fumée de spliff. C'est bien là le problème, me disais-je, si tu t'étais étourdie aux végétaux, t'aurais été dans le move tandis qu'en l'occurrence t'as plutôt envie de faire des bonds survoltés. Mauvaise coordination (à noter que le charmant lui n'en était nullement gêné, tu dois apprendre à gérer tes montées, dit-il, ainsi que tes descentes. Ouais don Juan (pas Molière hein s'il te plaît, l'autre), mais moi sur la voie du guerrier j'en suis qu'au niveau 1) .

A contrario, une soirée sur l'Embarcation-close bien préparée en voies ferrées et voilà que tu ne quittes plus la piste électro-électrique.

L'exception qui confirme la règle : à la Nouba, il ne t'aura fallu que deux mojitos pour t'enflammer sur une musique de merde. Comme au bon vieux temps (qui précéda de peu l'époque des bières préparatoires au pogo bérurier), quand après un verre de Coca pur, tu te laissais enlacer par...qui déjà ?, au son langoureux du Careless whisper de George Michael.

La question qui se pose aujourd'hui, veille de mon départ en vacances : que faut-il prendre pour danser le pentozalis ?

mercredi 18 mars 2009

♫ Une rose de Picardie ♫

- Par la porte entrebâillée je te vois rêver...tu l'auras toujours ta belle gueule, dis-je à Monamour qui se pomponne dans la salle de bain, tu l'auras ta superbe...T'aimes tant qu'on t'aime, que tous les autochtones sortent leur totem.
- J'veux pas qu'on m'aime mais je veux quand même, répond-il.
- T'as mis des diams sur ta veste Hillbilly ?
- Ouais, j'suis comme un pape au volant de sa caisse (le garçon que j'aime fait peur à mes voisins). Je suis le roi des scélérats, à qui sourit la vie. Mais s'il suffisait de se faire une beauté pour retrouver grâce à tes yeux, ça se saurait hein.
- Aujourd'hui nos regards sont suspendus. Dans quoi tu te mires, dans quel étang ? je repars.
- Ben quoi ? Mes yeux sont dans le miroir où j'les ai laissés. Prends-moi dans tes bras.
Et mes doigts de palper, palper là cet épiderme. Comme de bien entendu, nous sommes interrompus par la sonnette :
- J'ai les mains prises, chérie va ouvrir, qu'il dit (mais c'est pas grave parce que tout au long de la soirée, nos corps ont joué, tellement joué à se toucher, à s'effleurer, personne n'a rien vu).

Ben oui, je t'ai pas dit mais c'est son anniversaire, donc on fait la teuf. Pour une occase, c'est une occase. À la centrale y a carnaval. Alors on convie les amis, on les invite à venir prendre un verre, ils disent d'accord. Rendez-vous sur la lande, à l'endroit où l'on s'est épris (dans l'appart de ses parents quoi, parce que c'est plus grand).

Moi, les anniversaires j'ai l'air dans la lune. Au self les elfes me sollicitent (buffet libanais (cuisine-moi kitsch et net, il avait dit Monamour) c'est fourré à quoi ces petits machins appétissants ? eh ben goûte tu verras bien) (ça se voit pas trop que j'en sais rien ?). Des érudits m'abreuvent de leurs fioles. Comment tu trouves mon calva ? Tu sais ce que c'est, on se noie dans des murmures. La fermer, se taire, l'ouvrir, ça va sans dire : est-ce que vous en avez ? du réseau, des rougeurs, des nerfs d'acier ? Si c'est pas malheureux notre monde qui part en brioche ouh la. Et puis les pluies acides décharnent les sapins. Sans aucun doute, l'homme de demain sera hors norme. Mais je me tue à te dire qu'on ne va pas mourir. Qu'en dit le héron ? Il en sait long. Et toi sais-tu qu'en Écosse des gosses écossent des chimères en chair et en os ? Et les mouettes se délectent de nos anecdotes (tous nos échanges coulaient de source).

Allez, tous à l'assaut de l'euphorie. Les fruits à portée de main, et les délices divers. Pommes d'or, pêches de diamant (ah zut, j'ai encore un bout d'paille dans l'nez)

Attends, remets l'champ' dans la glace, j'ai une question à te poser. Oui vas-y, je t'écoute. Hein quoi ? ah ok, fond du couloir troisième porte à droite (on aurait dû flécher).

À un moment c'est l'heure du gâteau...(alors c'est pas compliqué, pour la tarte aux pommes, deux ou trois goldens, un p'tit verre de rhum, un bâton de cannelle). L'heure du speech de monamour aussi : Les années immaculées circulent dans mes veines, mais sait-on où passent-elles ? Je veux quand même me souvenir de tout (pauvre caribou) (le blues il sent bon dans ta voix, je lui dirai en aparté).

Et puis alors que paisiblement j'plantais mes olives dans une pizza chaude, vlà que le musicien s'approche.
- Tu sais, j'ai des doutes sur la notion de longévité, ah la la, où l'acheter le courage...la vie d'artiste n'est pas rose, n'est pas sans tache...mais y a pas d'quoi faire un drame, sur l'prospectus ça disait provisoire.
C'est quoi cette histoire, ça cache quekchose, que je me dis, perspicace. Il se passe quoi, dis-moi.
- Tonamour m'a demandé de t'annoncer ça avec précaution alors voilà, sais-tu qu'la musique s'est tue ? finit-il par accoucher.
- Mais comment t'es au courant toi ? que je réponds, un peu sous le choc.
- Ah il sait tout mon petit doigt.
- Attends, y a oune dé ké pipé là...
Mais bon qu'est-ce que tu veux, l'heure c'est l'heure, on n'est pas d'humeur à verser des pleurs. Qu'on me presse une orange.

C'est pas tout ça mais
j'ai des faims de loop de loop, de shalala chaloupés, on va dans[er] sous des pluies diluviennes, même si les danses d'ici se différencient des danses du ventre. C'est fou c'que j'ai la banane, j'fais la noce avec Yasmina, à découvert le ventre à l'air, ça sent le cramé sous les projos. Y en a même qui en viennent aux choses sérieuses, genre Je veux te dominer aux dominos, je te veux nue sur l'avenue à chaud (la nuit draguait un vieux parfum de furie). Et mon corps de se vouer à des lunes surdouées. C'est l'heure où je glisse dans les interstices, où il vaut mieux balanc[er] les jumelles pour ne garder que le flou. Des heures, des heures de voltige à plusieurs, des kilomètres de vie en rose.

Après cinq babies, c'est l'heure de me zoner, mes circuits sont niqués, puis y a un truc qui fait masse. Où veux-tu qu'j'te dépose ? se demandent-ils mutuellement. Heureusement qu'on rentre à pied parce qu'à l'analyse il ressortirait que j'suis pas d'équerre, yé n'en pé plou. Dans les faubourgs je décante. En moi gronde une ville, grouille la foule dessaoulée. Oh tu sais, les capitales sont toutes les mêmes devenues (voyez-vous ces êtres vivants ?)

Après la colline j'y suis (chez moi). Éteins une à une les lumières que je dis à Monamour, j'ai fait un songe, une hypothèse, un projet de baise. Mais avant, glissé le carbone plus papier dans la machine et au travail, c'est ça oui c'est ça (j'écris un mot sur le blog quoi). Parce que quand même, j'sens comme un vide, remets-moi Johnny Kid. Alors bien sûr ses congénères crient au génie, évidemment. Putain les grands voyageurs laissent dans le coeur des ardoises.

Tout est redevenu étrangement calme, les fakirs traversent dans les clous (pour te dire). Oui, tout est si calme ce soir, puis-je être ému ?

[Il va de soi que seuls les textes en italiques sont de moi]

jeudi 7 février 2008

♫ Je sais bien qu'un ex amour n'a pas de chance ou si peu ♫

Je t'ai déjà dit ce que je pensais des ex. Que du mal voilà.

Non mais bon tu m'as compris. Faut avancer dans la vie, c'est une évidence, et vu qu'on n'a pas assez d'essence pour faire la route dans l'autre sens, eh ben on avance. On n'est pas des foules sentimentales non plus, oh !, sois un homme merde. J'ai toujours dit que pour moi ça relevait de la régression, les phases "je revois mon ex de temps en temps", je le clame haut et fort, les ex il ne faut pas...et le fait que l'homme qui partage ma vie soit aussi un ex, étant donné qu'on s'est séparé un moment, le fait que (je m'en rends bien compte) j'ai pas du tout l'air crédible, là, à faire le contraire de ce que je dis, disons que c'est juste l'exception qui confirme la règle. Oui oh eh ça va hein.

Mais quand monamour reçoit un coup de fil d'une vieille copine qui l'invite à l'anniversaire d'une autre vieille copine qui se trouve être son ex à lui, monamour...à ce moment très précis, qu'est-ce que tu fais de tes belles théories ? Tu le laisses parler. Et lui il dit : tu voudras venir ? Non parce que j'ai peur que tu t'ennuies, ça risque de tourner à la réunion d'anciens combattants...Là par exemple je pourrais le couper d'un petit ton acide : ah ouais tu préfèrerais y aller seul à ce que je vois, on se demande bien pourquoi...Mais je te rappelle que je suis pas jalouse, j'ai beau faire, c'est pas mon truc, je manque de repartie à ce niveau-là. D'autant qu'il me laisse pas le temps :...mais ça me ferait hyper plaisir que tu viennes, et eux aussi, ils seraient contents de te rencontrer.

Après j'apprends que le mec de l'ex en question s'est récemment fait la malle, ce qui fait de lui l'ex de l'ex de ex-ex-monamour, n'est-ce pas, mais on s'en fout, n'est-ce pas bis, enfin pas complètement non plus, surtout que ça lui a fait de la peine à l'ex de monamour, normal hein, elle avait quand même envie de faire sa vie avec le père de ses enfants...

Bon je sais pas si tu suis, je me méfie avec toi maintenant. Simplifions : monamour est invité à l'anniversaire de son ex et elle est célibataire depuis peu, avec deux enfants en bas âge et une grande maison à la campagne, qui n'attend qu'un homme pour compléter le tableau. Non mais même pas en rêve que tu vas récupérer monamour, wha la stratégie à deux balles, ouh comment c'est trop nul. Bien évidemment c'est mon inconscient qui parle ici, et comme l'inconscient a pour principale caractéristique de s'écrire comme il se prononce (pour toute réclamation lacanienne je me déclare incompétente), à savoir qu'il n'est pas conscient, en toute logique tu peux jamais être sûr de ton inconscient. Sauf des fois. Mais pas là vu que j'invente. Je suis pas jalouse, combien de fois faudra que je te le dise ?

Je suis pas jalouse mais faut pas trop me chercher non plus. Alors quand une amie commune à monamour et moi nous déclare : ah oui je me souviens d'elle, elle avait un putain de gros cul...oui bon là faut agir. Non parce que moi j'ai pas un gros cul tu vois, j'aurais même plutôt un petit cul, pour ne rien te cacher. Mais attention, le style de petit cul qui peut faire dire J'aime bien ton p'tit cul, un petit cul bien de sa personne hein, je suis une femme à l'aise dans son corps, à l'aise dans sa tête, et mon cul il est très bien comme il est ok ?! On peut peut-être changer de sujet maintenant ? Merci. Cependant quand y a des gros culs dans les parages, je préfère être là, on sait jamais.

Bref j'arrête de te raconter des conneries, je me décide à aller à cette soirée, avec une porte de sortie assez accessible, j'entends par là non pas que j'étais assise à côté de l'issue de secours, mais que ça se passait dans un bar, donc pas en milieu fermé, ce qui est plus facile pour s'esquiver sans que tout le monde fasse Ooooooooooh noooooooooon tu vas pas DÉJÀ partiiiiiiiiiir...Avec une porte de sortie accessible mais aussi une légère appréhension. Même si, bon, y a pas d'enjeu...c'est toujours un moment particulier que de rencontrer les amis d'enfance-adolescence de l'homme de sa vie actuelle (vas-y, touche du bois. Moi je précise "actuelle" sinon ça me paraît un peu pompeux, et puis à mon âge c'est comme si j'avais eu plusieurs vie, tu sais bien, mais dans ma tête je dis "de ma vie" tout court et j'ai presque envie de dire je t'emmerde, mais c'est pas mon genre).

Bon ben voilà c'est fait. Évidemment, dans ce genre de soirée statique autour de plusieurs tables alignées, tu rencontres pas grand-monde à part tes voisins immédiats. Si t'es fumeur, t'as un peu plus de chance d'élargir ton champ. Monamour m'a malaxé le mollet du début à la fin quasiment (et là si j'étais jalouse, j'aurais pu lui sortir : ouais c'est ça, si t'essayes de me rassurer, c'est qu'y a des raisons de s'inquiéter non ? C'est pas mal ça comme scène de jalousie hein ? Mais ça me vient toujours trop tard...avec un peu d'entraînement je vais peut-être y arriver un jour, qui sait ? Non laisse tomber va).

Elle, l'ex, elle m'a fait plutôt bonne impression comme on dit, même si elle a limité ses échanges avec moi à une espèce d'entretien d'embauche, genre que fais-tu dans la vie ? bon jusque-là, que veux-tu ? elle est pas la seule à s'intéresser au faire avant de s'intéresser à l'être, et puis faut bien engager la discussion d'une façon ou d'une autre...Là où elle m'a plus surprise, c'est quand elle a demandé : et quelles sont tes perspectives d'évolution ? Mais sinon ça a été. En plus, y avait aucune raison de se faire du mauvais sang : elle a pas mal maigri à ce qu'il paraît et du coup elle a plus trop un gros cul.

lundi 10 décembre 2007

♫ And we'll keep on fighting till the end ♫

Malgré mon âgé avancé, figure-toi que je porte des jeans et que je fréquente des djeuns.

Des jeunes quoi. Mais pas des jeunes relativement à moi, non, des jeunes dans l'absolu, des vrais de vrais, des qui vont encore à l'école et/ou qui ont des boutons. Tu me diras, y a des profs acnéiques. Ouais, t'en encore décidé de faire ta mauvaise tête. Quand je dis je les fréquente, pour te donner un exemple, ils m'invitent chez eux. Forcément j'appréhende, vu que le conflit des générations c'est écrit dans les livres je te signale. Mais j'y vais.

Ah oui parce que les jeunes des fois ça a un chez-soi. Pas toujours hein attention, bien souvent ça vit chez ses vieux un jeune. Ou alors en cité U, ce qui n'a rien à voir avec les supermarchés. Quoique. Cependant y a aussi les adeptes de la colocation, plus on est de fous moins on paye, voire les couples de djeuns qui vivent à la colle (alors ça, autant te dire que ça me dépasse : tu sais bien que j'ai attendu 84 ans avant de m'y mettre...Ouais eh ben je suis pas précoce, un problème ?) (non mais en vrai j'ai vécu avec d'autres hommes que monamour, je t'en parlerai peut-être un jour). Là c'était pendaison de crémaillère. En l'occurrence, ces djeuns, par je ne sais quel hasard, s'étaient équipés du sol au plafond dans un magasin suédois, mon dieu quelle faute de goût, ça sait pas vivre un djeun, toujours à faire des économies de bouts de chandelle, alors que se fournir chez les antiquaires, je voudrais pas dire mais c'est quand même autre chose. Moi par exemple je rêve de la table basse très originale que j'ai vu aux puces ce week-end (bon je sais pas encore par quels moyens je vais me la faire offrir mais là n'est pas la question) (tiens à ce propos, je trouve scandaleux qu'Arte ne diffuse pas les films en VO (ça fait bien intello de gauche, ça, comme remarque non ?). Alors oui, tu vas dire ça n'a rien à voir, mais si je précise que mon fantasme sexuel numéro 1, c'est de braquer une banque (bien sûr que si c'est sexuel) (surtout Al Pacino), tu peux deviner ce que j'ai maté hier soir à la télé). Enfin bon, faut croire que le djeun est globalement pauvre, le pauvre.

Ce qui ne l'empêche pas de te convier à de sympathiques agapes, car le djeun, non content d'être généreux, est un fêtard. Ouais ben facile de faire la fête quand on n'a pas de rhumatismes. Facile de faire la fête quand on peut enchaîner les nuits blanches sans fatiguer. Facile de faire la fête quand on n'a rien de mieux à faire, à part ses études mais bon hein hum. Non crois-moi, le djeun a beau être sacrément noceur, il a aucun mérite.

Laisse-moi maintenant t'introduire la bande de djeuns en présence : un centralien (et non pas un centriste, surtout que je suis pas sûre qu'il ait le droit de vote pour l'instant) (oui on m'apprendrait qu'il a sauté toute l'école primaire que ça m'étonnerait pas), deux polytechniciens (non, pas genre qui savent déboucher une bouteille de vin ET décapsuler une canette de bière, des vrais polytechniciens de l'X) (mais peut-être encore puceaux, c'est pas incompatible), un de l'école des Mines (à ne pas confondre avec un mineur, même si sans aucun doute une belle carrière s'ouvre à lui), deux agrégés de Physique et une agrégée de Lettres Classiques dont un normalien (quoi de plus normal ? à ce stade des présentations, rien ne t'affole).

J'te jure, y a plus de jeunesse.

Là où ça coince pas mais où, au contraire, ça coïncide, c'est que vlà peu de temps, je me suis inscrite à un concours. Ouais je sais, je fais des trucs de ouf parfois. Pour l'instant, dans ma longue vie professionnelle, j'en ai réussi 3 (arrête, tu vas me faire rougir), dont le dernier qui m'a fait faire un gros bond en avant niveau intérêt du travail et rémunération. Non parce que quand tu vois les perspectives d'évolution, tu te dis bon ben va pour le concours, ça ira plus vite...Et là, il m'en reste un à passer, un que j'ai jamais tenté, un qui me mènerait au faîte du sommet tu vois. Mais attention hein, quand tu sais que t'as autant de chance de réussir un concours que de gagner au loto...oui j'exagère oh ça va, en fait t'as plus de chance de gagner au loto (on peut s'apitoyer un peu merde...), puis je te signale que les postes offerts se réduisent comme peau de Balzac pour rester poli. Alors, n'étant pas née de la dernière pluie, je garde présent à l'esprit ce moyen mnémotechnique pour garder les pieds sur terre : dans concours, y a plantigrade, et dans plantigrade, y a se planter, se vautrer, se ramasser...Surtout que celui-là il est dur dur dur et que je suis loin d'être prête. L'idéal serait d'être opérationnelle pour cette session ; en pratique ce sera le cas au plus tôt pour celle d'après.

Endurance mon amie, viens m'habiter pour les mois et années à venir...Et autorise-moi au moins, en guise de distraction, les bals des grandes écoles...

lundi 24 septembre 2007

Homme, sweet homme

Je suis revenue dans mon quartier.

Non mais pas définitivement hein. Hélas. Enfin je tiens pas spécialement à y habiter à nouveau. Juste, à défaut de les regagner, si je pouvais en avoir, des pénates, ben tu vois, je dirais pas non. Mais c'est une autre histoire dont tu sauras le fin mot en temps et en heure.

Là samedi, je me dirige tranquillement vers le nouveau bar. Je marche sur l'allée centrale du boulevard, comme avant. Au niveau du bar en bas, j'ai une pensée pour tu sais qui mais je regarde droit devant. Je sens qu'on court derrière moi tandis que le téléphone vibre dans ma poche et que je franchis le seuil du tabac. Tout en décrochant je tourne la tête : le charmant charmeur chilien coureur m'attend dehors, ce qui me fait rire dans le téléphone où mon pote s'inquiète de l'heure du rencard et du coup je montre deux doigts au commerçant, qui me fournit aussi sec deux paquets de ma marque favorite. Ah c'est bien, le quartier, on n'a pas besoin de parler pour se comprendre.

Le charmant et moi, on est content de cet heureux hasard, du coup on danse une ronde de la joie ; il dit que ça lui manque de plus entendre mes conneries (oui, je suis très forte en conneries diverses et variées) (mais lui aussi) ; et puis qu'on s'était promis une nuit d'amour mais que je fais rien qu'à dire non ou à pas répondre, alors quand est-ce qu'on se voit ? Ben voilà on s'est vu, que je dis (championne du monde de la connerie crois-moi). Non mais pas comme ça. Ouais mais là je vais au nouveau bar, c'est l'anniversaire du Chanteur et il joue avec son groupe, ça va déchirer. Oui, il sait mais il peut pas y aller, il mixe sur une péniche ce soir. Alors on verra bien ce que la vie nous réserve, je conclue. En tout cas moi je me réserve, qu'il ajoute. Mais viens avec moi, avant qu'on boive un verre, j'ai laissé ma porte ouverte...Ah ah ah, je suis pas analyste mais je me marre.

Au nouveau bar c'est la joie et le bonheur. Y a même la grande dame. On chante et on danse. Le patron paye des coups. Et à la fin on se sustente d'une excellente chorba que c'est pas parce qu'on fait pas ramadan qu'il faut se priver.

lundi 17 septembre 2007

"Dans un mois, dans un an"

C'est dingue comme le temps passe vite. (Oui j'en ai plein comme ça) (attends, laisse-moi réfléchir, oui tiens : on serait mieux en vacances) (ou alors : mouais, ça va comme un lundi) (mon préféré : mais dans quel monde on vit ?) Bien entendu, si tu te trouves présentement en prison ou en maison de retraite, je suis pas sûre d'emporter ta conviction. Mais moi, du fait que je tiens ce blog depuis...ben en fait je sais pas combien vu que j'ai pas compté et que j'ai pas les archives sous la main pour vérifier...mais peu importe...eh bien disons que j'ai des repères temporels liés à cette activité n'est-ce pas ? Je crois que je suis pas claire du tout, c'est pas grave t'as qu'à lire en diagonale.

Parce que le blog, bon ça dépend ce que tu y mets évidemment, si t'exposes les photos de ton voyage au bout de la nuit ou tes mille et une recettes pour accommoder les restes de la semaine passée, non, là ça marche pas vraiment. En revanche, si tu racontes ta vie comme, au hasard, moi...alors là, tu traverses les saisons n'est-ce pas...et en principe, ça suit son cours cyclique, les saisons reviennent ainsi que les événements y afférents. Je dis bien en principe hein, parce que des fois...sans vouloir être vulgaire, avec ce putain d'été pourri là (t'y crois que je suis presque pas bronzée ?)...ouais bon, mauvais exemple les saisons ok. Faut faire gaffe t'as vu, y a des pièges. Le coup des tournois par exemple, méfie-toi mon ami. Le foot a fait place au rugby. Même le mois de Ramadan ça tombe jamais pareil. Ah c'est pas simple...Mais on va y arriver. Prends Noël, la teuf. Ça oui, ça revient tous les ans le même jour. Ou alors, plus simple, ton anniversaire. Bien.

Ce genre d'occasion permet de faire des bilans, de mesurer le chemin parcouru, tout ça. Et aujourd'hui vois-tu, je me revois parfaitement, l'année dernière à la même époque, te rendre compte d'un week-end particulier. J'ai du mal à réaliser tellement j'ai l'impression que c'est encore tout proche. Franchement l'évolution (non parce qu'on va quand même pas s'avancer au point de parler de progression) l'évolution, j'insiste, est flagrante. À l'époque, pas bien stabilisée sentimentalement parlant, je misais sur un charmant charmeur chilien en pensant que la voie monamour s'avèrerait sans issue...alors qu'aujourd'hui je me suis engagée...à rien, attention, commence pas à me stresser...je me suis engagée, à rien donc, mais avec (nuance) ce même monamour. Tu m'aurais demandé : mais ça fait combien de temps ce week-end particulier ? (enfin bon, t'as remarqué que tous mes week-ends sont particuliers bien sûr, c'est façon de parler), tu m'aurais demandé, mais jamais de la vie j'aurais estimé le temps écoulé à 1 an, jamais de la vie. Et pourtant si. Déjà 12 mois.

Enfin c'est pas tout ça, il est peut-être temps de te révéler c'est quoi donc que je te racontais l'année dernière, qui s'est renouvelé récemment et qui déclenche cette prise de conscience. C'est quoi donc donc ? Il s'agit, camarade, de la Fête de l'Huma (ah ben chacun ses repères, que veux-tu). Comme je voudrais pas en faire un marronnier, je ne t'en dirai pas grand-chose. Pour pas trop te souler, j'aimerais mieux, à la manière de Grand corps malade, "m'arrêter d'un coup sec", sauf que bien sûr j'ai pas son talent, excuse-moi par avance si je précise quand même que les Ogres de Barback m'ont enchantée sur toute la ligne, notamment la dernière, en reprenant, de nos chers Bérus, le Salut à toi.

lundi 27 août 2007

Saison 1, épisode 102/102

Normalement je devrais pas. Selon les nouvelles règles, je devrais pas. Disons que ce sera l'exception qui les confirme. Parce que là ça ressemble trop à l'épilogue d'une série TV pour que je ne m'autorise pas une petite entorse au règlement, en plus ça parle de fracture.

Samedi dans un bar du quartier, mais un où on va jamais, c'est l'anniversaire de ma copine ex-serveuse du nouveau bar. Mon pote et moi on arrive bien chaud, juste au moment de la bouffe. Nickel, la session apéritive ayant fait son office, je crève la dalle. Et puis le gars qui a mitonné tout ça a assuré, j'aurais bien repris une assiette à la place de la part de gâteau. Mais bon on s'adapte, buvons une bière.

Arrive le gars à la guitare. Pas invité. Par hasard. Depuis le voyage sur la terre de mes ancêtres, j'avais comme qui dirait pas donné suite. On s'était bien croisé sur le boulevard début juillet, et on avait bu des coups mais rien de plus. Et d'ailleurs, maintenant que j'y pense, ce même jour, en terrasse, était également venu s'attabler une personne avec qui j'avais fini la soirée, avec qui on en avait pas seulement bus, on en avait aussi tirés, tu suis ?

Bref ç'aurait pu me mettre la puce à l'oreille car voilà que quelques instants plus tard arrive, toujours pas invité, toujours par hasard, le charmant charmeur chilien. T'avoueras quand même que bon hein ça s'invente pas.

Je me retrouve donc sur la banquette, en face mon pote, de part et d'autre de moi-même, m'encadrant bien serrée, les deux susnommés, à gauche le charmant, à droite la guitare. Une situation comme on les aime, une position confortable, tavernier la même chose.

La gestion du gars à la guitare se fait tout en douceur, tu vas voir.

- Dis Ada, quand est-ce que tu me rends mon livre ? (Pirates et empereurs : le terrorisme international dans le monde actuel, Noam Chomsky)

- Ah oui c'est vrai, ben si tu veux je peux aller le chercher maintenant...

- Oh oui. Oui oui. Mais est-ce que ton nouveau fiancé va te laisser me le rendre ?

- ...Ben oui évidemment.

Là je me dis oh putain les nouvelles vont vite, car quelques jours auparavant, j'ai moi-même fêté mon anniversaire (85 ans) au nouveau bar, c'était aussi une espèce de soirée d'adieu au quartier et j'ai annoncé officiellement mon emménagement prochain avec monamour. Mais c'est pas de ça que me cause le gars à la guitare, j'y suis pas du tout. En fait il est persuadé que mon pote est le nouvel élu. Raté. Et que je l'invite à venir récupérer son livre dans mon pieu. Encore raté. Non mais je parle pas français ou quoi ?

- Dis Ada, tu voudrais pas me caresser la tête ?

- Non.

Précisons que pendant ce temps, de ma gauche, me parviennent des frôlements auxquels je ne réponds pas mais que je ne fais pas cesser.

- Dis Ada, tu voudrais pas me rouler un palot ?

- Non.

- Tu voudras plus jamais me rouler un palot ?

- Non, plus jamais.

Et voilà, exit le gars à la guitare.

Le côté gauche en profite pour se rapprocher encore plus si possible. Et de demander à mon pote : "Ça t'ennuie pas si on sort deux minutes Ada et moi, ça fait longtemps qu'on s'est pas vu, et j'ai une question à lui poser". Je me dis que c'est rapport au blog, vu que, selon son désir, je lui avais passé la plupart des notes le concernant. Il a trouvé ça vachement bien (tu m'étonnes, ça cause de lui, ça l'intéresse), vachement drôle, il a aimé les commentaires aussi et il veut que ça soit publié. Ben voyons. Mais c'est quoi la question ? Nous nous trouvons présentement dans l'encoignure d'une porte et tu te doute bien que y a pas de question hein évidemment y a pas de question, où ai-je la tête ? ah dans son cou t'es sûr ? Mais non, pas d'accord, pas d'accord du tout, que vient faire cette langue dans ma bouche ? je peux savoir ? Dans l'optique de nous offrir une session cage d'escalier, il tente un coup de poker en composant des numéros au hasard sur le digicode. Il va demander au serveur s'il connaît la combinaison. Non. Je préfère.

Quand on retourne dans le bar mon pote est sur le point de se barrer. Ça doit faire longtemps qu'on a disparu. Il reste boire des coups tandis que sous la table se déroulent des manoeuvres et manipulations à caractère excitatoire. Et puis je dis que je vais rentrer, que je vais pas les attendre. Alors le charmant sort du bar et attend que je dise au revoir à tout le monde. Je traîne. Il attend. Ça sert à rien, je suis déterminée à ce que ça serve à rien. Sur le chemin, je luis dis qu'on va pas passer notre vie à se dire au revoir. Oh ben lui il y verrait pas d'inconvénients hein. Mais moi si. Moi je déménage là, avec monamour. On se serre fort. Quand tu penses qu'il suffit d'une peau un peu trop douce pour basculer. Le charmant veut des bisous, des vrais. Mon dernier mot est Non. Et je remonte la rue.

Lui son dernier mot, c'était un SMS : Pötchõ pötchØ ?!

lundi 13 août 2007

♫ Ah je trouve ça beau (de ch'val), génial, admirable (de lapin) ♫

Bon par exemple admettons t'es invité au mariage du cousin de tonamour. Tu fais quoi ?

Moi déjà je râle. Non mais c'est vrai quoi, c'est loin, ça te bouffe un week-end comme si t'avais que ça à faire dans la vie et puis ça me soule ces réunions de famille, sérieux, est-ce que j'ai une famille moi ? Alors.

Acte manqué I. Tu sais qu'en ce moment j'ai une voiture (et si tu sais pas je peux pas te renvoyer aux archives, merci à toi de faire comme si t'avais compris en hochant la tête avec un fin sourire). Du coup ben on décide d'y aller en voiture. Les beaux-parents à l'arrière (mon dieu, les beaux-parents, j'ai écrit les beaux-parents, tu te rends compte un peu ?) monamour en co-pilote et Ada au volant. Ouais. Sortie du garage : nickel. Arrêt à la station-service, remplissage du réservoir : nickel. Redémarrage : problème. Tu croyais quand même pas que ça allait être si simple ? Chacun y va de son diagnostic : t'es sûre que t'as mis le bon carburant ? (tout le monde) moi je suis sûre que c'est l'huile (belle-maman) regardons la notice de démarrage (monamour) c'est quoi ce bouton qui clignote ? Mais bien sûr que oui j'ai mis du SP95, bien sûr, et non c'est pas l'huile, mais si vous continuez à me gueuler dans les oreilles, ça va tourner au vinaigre. Au bout de très longtemps d'infructueux essais et d'appels téléphoniques à de supposés experts (ah c'est le démarreur ça ma p'tite, tu donnes un bon coup sur le moteur et ça repart. Euh...t'es sûr ? Non parce que c'est pas ma caisse hein, et puis le moteur le moteur, c'est bien gentil mais qu'est-ce que t'entends exactement par moteur ?), monamour et moi partons en quête d'un garagiste. On laisse les vieux dans la voiture mais t'inquiète, ils avaient de l'eau et les vitres ouvertes, et même des bonbons à la menthe au cas où ils auraient la gerbe, à l'arrêt oui, mais bon à c't'âge-là on sait jamais comment ça va réagir, t'as qu'à voir moi, 83 ans, bientôt 84, et quand j'ai pas envie, faut pas me forcer, sous peine de s'exposer aux représailles de mon inconscient et ce mariage tu vois bien que je veux pas y aller, sinon je ferais pas d'aussi splendides actes manqués.

Parce que oui, quand le garagiste examine le truc, il me regarde, il dit : elle est pas à vous la voiture hein ? Alors je réponds : Ben non je l'ai volée, vu que bon, oublie pas que je suis trop drôle. Et lui il appuie sur le petit bouton et hop ça démarre. Le coup de l'alarme là. Si c'est pas réussi comme acte manqué. Sauf que quand même je suis persuadée que le propriétaire de la voiture m'avait pas expliqué l'astuce (cependant je décline toute responsabilité quant à la mauvaise foi de mon inconscient) (oh mais si, j'assume, j'assume, en bonne analysante, ça te va comme ça ?). Rions en coeur.

Soulagement général et remerciements chaleureux au garagiste qui nous fait rien payer, même pas son déplacement, il y a encore des hommes bons sur cette planète (et des souris oui peut-être), on part avec deux heures de retard mais on part, on sort ♫ se joindre à l'affluence ♫, pile poil dans les bouchons hein étant donné que c'est le jour des départs en vacances, pourquoi se priver. Et quand on finit par arriver, on met trois plombes à trouver l'hôtel. Normal. "Alors ? on vient visiter le Puy du Fou ?", nous accueille le réceptionniste (quand je te dis que ça me disait rien ce plan).

Non monsieur, non, on vient pour un mariage et figurez-vous qu'il y a des gens qui ont l'idée de se marier à Cholet (sans vouloir trop préjuger, du peu que j'en ai vu, ça porte bien son nom comme ville, il fait chaud et c'est laid) (ah oui je suis hyper calée en étymologie), oui ça existe (pas Cholet non - encore que...moi j'ai découvert son existence y a peu finalement - les gens qui s'y marient je veux dire...et même maintenant que j'y pense, le truc de ouf, y a des gens qui y vivent) (tu me diras y a bien des gens qui vivent à Paris) (et je te dirais : truc de ouf !) (remarque, à la réflexion, on s'en fout, les gens vivent où ils veulent, tant qu'ils vivent, c'est déjà pas mal) (c'est vrai quoi, on se contente de peu de nos jours. Prends la météo. On est en plein mois d'août, tu vois qu'il fait gris mais qu'il pleut pas, eh ben t'es content).

Acte manqué II. Le lendemain je suis réveillée par les lamentations de monamour : oooooooh nooooooooon...non, non, nooooooooooooon, c'est pas vrai, mais quel con, quel con c'est pas possible ! Que se passe-t-il de si bon matin ? je me suis transformée en mur ou quoi ? Mais non t'es con, il se passe qu'il a oublié ses chaussures à Paris. Eh bien je vois que je suis pas la seule à y aller à reculons à ce mariage...Commençons la journée par un bon fou rire puis rationalisons : il est 9h30, on a rencard à 10h30 à la mairie, d'ici là on va dégoter une boutique de pompes, ce serait bien le diable. Sauf que faut déjà trouver le centre-ville dans ce bled. Des ronds-points, ça oui, y en a à la pelle, ce qui aide vachement à se repérer (j'ai l'impression d'être déjà passé par là...Dis on n'est pas en train de tourner en rond par hasard ? Ben c'est un peu le principe du rond-point...Ah j'te jure, c'est d'un pratique). On tombe sur un magasin de costards, on entre pour se renseigner (on se croirait pas trop dans l'émission du gars qui a disparu, tu sais, le truc au trésor là ?) et monamour en ressort avec une chemise. Logique hein, on cherche des chaussures, il achète une chemise, tout va bien, il nous reste 22 minutes, pas de souci. Il fait 30 degrés à l'ombre, c'est mieux pour courir.

Finalement on trouve, on n'est même pas en retard et on s'amuse en plus, vraiment hein la vie est pleine de surprises. Je te passe les cérémonies bien chiantes, en plus à l'église j'arrive jamais à chanter, le temps que je mémorise l'air, on passe au psaume d'après, c'est pas hyper convivial je trouve. Juste à un moment le curé nous fait une page de pub en brandissant le dernier opus de Benoît XVI...ça s'est vachement modernisé l'Église hein...Ça commence à devenir intéressant à partir du vin d'honneur, à part la boisson rouge qui pétille comme un kir royal mais ça n'en est pas (et je dois dire qu'on sait toujours pas). Plus tard, au resto, je suis à côté d'un gars qui a soigné la maîtresse d'un ancien ministre. Eh ben, j'en apprends de belles...mais point trop non plus, secret professionnel et psychiatrique oblige. Oh la la, merde, un psychiatre...va-t-il déceler ma névrose à l'oeil nu ? En tout cas il fait comme si de rien n'était. Et puis faut quand même préciser que je fais pas si folle que ça à côté de sa femme, toute en paillettes que tu croirais que c'est elle la mariée mais non pas du tout, elle aime juste se faire remarquer et quand je lui dis que le marié ressemble à un Jean-Luc Delarue noir, elle répond : oh ben la mariée je la trouve un peu froide. Mais elle ressemble à une jument et moi j'aime les animaux. Allez hue, circule.

vendredi 22 juin 2007

♫ Désormais vous êtes invités à laisser l'État dans les WC où vous l'avez trouvé en entrant ♫

Je suis fatiguée fatiguée fatiguée et c'est pas spécialement le gars psychopathe de mon taff qui dit jamais bonjour et qui ce matin m'a doublé sur le trottoir en faisant des sauts de cabri (pas parce qu'il était pressé, juste histoire de me passer devant puis de ralentir tout à son aise, les gens sont cons qu'est-ce que j'y peux, on fera pas leur bonheur malgré eux), en plus il arrêtait pas de se gratter la cheville ou de remonter sa chaussette je sais pas, et en montant les marches il s'est retourné furtivement, genre j'ai l'impression d'être suivi, ben oui ducon, on travaille au même endroit, à la fin j'en ai même ri...bref c'est pas ce psychopathe ni les crêpes de gerbe de nos joyeux congénères fêtards de la musique mais malades qui m'ont mis la pêche.

La fête de la musique en fait c'est un barbecue géant et si tu te poses dans un bar, t'es obligé de gueuler comme dans une boîte de nuit, avec queue pour accéder aux chiottes en option. À ce propos, suite à quelques tâtonnements empiriques, j'ai mis au point une technique pour pisser en toute sécurité, notamment dans le bar où la porte ferme pas à clé, je te la livre dès fois que ça t'arrive (si tu es un homme, ça te concerne beaucoup moins, bien que je ne connaisse pas ta position préférée en la matière) (et après ça tu pourras pas dire que la vie est simple) :

Alors avant toute chose tu prends quelques feuilles de PQ, c'est important de pas oublier, ça peut tout compromettre. Ensuite tu procèdes au déshabillage de la partie basse de ton corps, dans un premier temps en tournant le dos à la porte, pour ce qui concerne la phase dégrafage de braguette, ainsi en cas d'ouverture intempestive de la porte, ton intimité est préservée. Tu opères ensuite un retournement assez inattendu et très rapide où d'un geste sûr tu saisis, disons de la main gauche, la poignée de la porte, tandis que ta main droite (celle-là même qui tient les feuilles de PQ, oui) s'occupe de baisser ton pantalon et ta petite culotte. Bien, à ce stade tu es au comble de la fragilité, alors je te conseille de faire vite. Je ne sais pas si tu visualises bien la scène : tu es actuellement accroupi (non pas assis, les filles ne s'assoient pas sur les chiottes, sauf chez elles et chez les gens qu'elles aiment beaucoup), une main sur la poignée et, détail qui tue, sur la pointe des pieds, car étant donné la salubrité du lieu au fur et à mesure de l'avancée de la soirée, si tu te la joues pas danseuse, ça trempe dedans...eh oui c'est crado. Après c'est facile tu fais tout pareil mais dans l'autre sens, en lâchant la poignée de la porte le plus tard possible. Variante moins discrète : crier à tue-tête pendant toute la session CÉTOKUPÉ, CÉTOKUPÉ, CÉTOKUPÉ. Et puis si t'es pas satisfait, t'es pas remboursé, vu que l'efficacité du système dépend un peu (ne nous leurrons pas, nous visons ni plus ni moins à limiter les dégâts) de ta capacité à résister en cas d'attaque et de forte poussée de l'autre côté. T'es un sportif ou bien. Et si tu portes une jupe, je te conseille plutôt de demander à ta copine de te tenir la porte comme au bon vieux temps. Et puis tu te laves les mains, t'es gentil, ou alors t'arrêtes de bouffer les cacahuètes.

Franchement t'as vu, j'ai de quoi être crevée. En plus, avec monamour, on a tout bien fait, on s'est inscrit partout, on a activé des alertes, comme quoi ils nous préviennent trop vite, à n'importe quel moment du jour et de la nuit, direct ça s'affiche et ça clignote, ils t'envoient un mail qui fait sonner ton portable, c'est moderne, je crois même qu'on est en lien direct avec le commissariat, ou la maison blanche, je sais plus trop, et ils te disent : ah tiens y a un taudis minuscule et hors de prix, ça rentre peut-être dans vos critères. Enfin toujours est-il que hier c'était notre première visite d'un deux-pièces, on était trop mimi avec nos petits dossiers sous le bras et le paquets de photocopies nécessaires, on arrive devant le bon numéro et là y a la queue dans tout l'escalier, on estime l'attente à environ la moitié de la nuit et on se casse direct. C'est prometteur moi j'dis.

Bref je suis cuite et je vais de ce pas passer quelques jours au soleil, pour un repos bien mérité oui tu peux le dire. Tu as donc quartier libre jusqu'au 2 juillet.

dimanche 20 mai 2007

♫ Work, the most important thing is work ♫

Oui, très certainement tu es en train de rentrer de ton long week-end qui t'a trop réjoui, genre depuis vendredi t'as l'impression que c'est dimanche et c'est plutôt agréable c'est vrai.

Et moi ? tu te demandes pas. Ben je te réponds quand même. Hier j'étais invitée à un anniversaire. Le nombre de gens qui fêtent leur anniversaire dans un bar, c'est pas croyable. Moi de mon temps on organisait des vrais teufs, on déplaçait les meubles, on faisait du punch et un gâteau avec des bougies. Ah mais de nos jours on est moderne, on va dans un bar et on boit de la bière. Un peu comme tous les jours en fait, sauf qu'en arrivant tu dis joyeux anniversaire. Après tu peux toujours essayer d'allumer les cure-dents plantés dans les olives mais y a pas à dire, c'est plus ce que c'était.

Y avait une fille que j'avais pas vue depuis longtemps...depuis six ans exactement. Je ne te cache pas qu'elle a changé. Mais elle est toujours aussi belle. Enfin moi je la trouve belle. Monamour est pas d'accord. Et là je suis obligée de lui dire Oh mais monamour, je sais bien que ma beauté transcendentale t'éblouit, que tout te paraît fade et sans grâce à côté de moi qui suis ton soleil et ta montagne...mais ouvre les yeux deux minutes et regarde-moi cette plastique superbe. Mais non, on n'a pas les mêmes goûts. Bon en fait j'ai pas pensé à regarder son cul, ce à quoi monamour s'est à coup sûr attelé, lui, et peut-être qu'elle a pas un fessier terrible, peut-être, je reconnais que ça compte. Mais le reste...rien à dire. Pour que tu comprennes bien, je pourrais la draguer un jour...un jour où je serais très soule (tous les jours donc) (non mais c'est une blague ça, prends pas toujours tout au premier degré, surtout qu'il en faut beaucoup plus pour être soul). Le mieux serait qu'elle prenne les devants. Mais là les probabilités sont assez faibles, faut pas se leurrer, son hétérosexualité semble solidement établie. Oui, la mienne aussi, t'as pas tort. On peut fantasmer quand même.

Par exemple maintenant tout de suite, je me prends à rêver que. Non, alors là, si tu crois que je vais te livrer mes pensées libidineuses, tu rêves mon jeune ami (c'est une expression bien sûr, tu as le droit d'être vieux, t'as qu'à voir moi). Non non non. À l'heure où je te parle, tandis que tu savoures les dernières gouttes de ton week-end, je rêve que moi aussi j'y suis, en week-end. Car, permets-moi de te le demander, qui, une fois de plus, a mis une croix sur l'oisiveté . Qui, une fois de plus, est fidèle au poste du service public ? Qui, une fois de plus, accomplit sa mission avec abnégation ? Non, pas bibi, c'est Ada mon prénom.

Eh oui, aujourd'hui dimanche je suis au taff. Comme hier. Et comme avant-hier. Pendant ce temps, y en a qui glandent, l'air de rien. Toi entre autres. Mais pas seulement. Je pensais plutôt à un autre gars. Genre un gars qui veut revaloriser le travail et qui a ressenti le besoin urgent de faire une petite croisière pour se reposer et habiter sa fonction. Ensuite il nous pond une liste de collaborateurs...Et après tant d'efforts (sans compter son footing matinal, arrête tu m'épuises), en attendant de travailler plus, il part en week-end. Dans un château. Attends c'est normal, il a besoin d'un peu de repos le gars oh.

J'ai comme l'impression de me faire niquer quelque part. du coup je vais habiter mon appartement, je vais faire de la barque à Vincennes et si ça se trouve même j'irai visiter le château de Versailles. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que tu me verras pas la semaine prochaine

samedi 31 mars 2007

♫ Aujourd'hui c'est vendredi et j'voudrais bien qu'on m'aime ♫

Vendredi soir je suis invitée à l'anniversaire de Phénix. Préalablement mon pote et moi on boit un coup au nouveau bar. On veut pas arriver trop tôt, si c'est pour se retrouver à tartiner des toasts merci bien. Malheureusement le concert est insupportable, à peine croyable tellement c'est mauvais. Du coup on débarque vers 22h.

Phénix fête ses 37 ans, la moyenne d'âge de la soirée est vachement élevée. Je reconnais qu'avec mes 83 ans ça aide pas...mais sérieux j'ai l'impression d'être dans une teuf organisée par tes parents. Pourquoi pas hein, juste c'est surprenant.

Et tout le monde, sans exception, nous prend pour les colocataires de Phénix. Alors toi tu vis ici c'est bien ça ? Ben non pourquoi ? j'ai l'air d'être en pyjama là ? En plus y en a un de colocataire (un sur trois. Où sont les autres ? ils font la gueule ?) que j'ai pas mal fréquenté du temps du charmant charmeur chilien (qui lui-même brille par son absence) (et je t'avoue que j'aime autant, déjà que je risque de le croiser ce soir, point trop n'en faut) et donc le colocataire, unique représentant de la maisonnée, affiche un air de mortel ennui...Puis quelqu'un dit que Phénix vient de passer avec un aspirateur à la main et là le colocataire répond, désabusé : Phénix ? passer l'aspirateur ? Non c'est pas possible, c'est une hallucination. Ça pourrait être de l'humour mais tu sens bien que c'est sérieux en fait. J'ai comme dans l'idée que la coloc bat de l'aile. Pourtant y a des aubergines dans le bac à légumes. Tout n'est pas perdu, il y a encore quelqu'un dans cet appart qui sait raison garder.

Ensuite ben écoute, c'est une soirée tout à fait classique. Où forcément à un moment tu parles politique. Ce que j'ai préféré, c'est quand j'ai dit que j'allais voter à gauche et que la dame m'a demandé Pour Bayrou ? et c'était pas du tout une blague. Où forcément tu manges de la pizza coupée en rectangles et du cake fait maison. Prends donc de la quiche mon petit, elle est toute fraîche. Merci papy, euh Gaby, merde, c'est quoi déjà ton prénom ? Où forcément tu te retrouves dans la cuisine pour avoir des discussions élevées d'intellos de gauche. De gauche c'est sous réserve. Intello aussi en fait. Ce qui est sûr c'est que ça se passe obligatoirement dans la cuisine. La psychanalyse par exemple, c'est pas le sujet que t'abordes dans le salon. Jamais. C'est vachement bien le cul contre l'évier, pas loin de la chaleur du four. Par contre si tu veux sortir des grosses conneries et que les gens se marrent, là faut aller sur le balcon. C'est comme ça.

Et aussi pour Ada c'est trop de bonheur tous ces inconnus à qui elle peut raconter la terre de ses ancêtres. La question qui tue et qui t'horripile des fois Tu viens d'où ? hop tu la retournes vite fait bien fait : Ah ben ça tombe bien que tu poses la question, justement je suis partie avec mon pingouin tout ça tout ça.

La personne que je vois le moins, évidemment, c'est Phénix, l'hôte de ces bois. Quand c'est mon tour de lui montrer ma belle voix (comme dans les mariages quand le couple fait la tournée des tables) il me dit qu'il a appris ma récente séparation du charmant. Et tu sais que Phénix, question séparation, il en connaît un rayon. Voici donc le diagnostic de l'expert : T'as bien fait, ça te va bien, t'as bonne mine, t'as l'air posée. C'est ce que je dis toujours, ni remords, ni regrets.

mardi 19 décembre 2006

"Un coup de dés jamais n'abolira le hasard"

Je crois que tu l'as échappé belle. Selon toutes apparences, la dure loi (sed lex) de la sélection naturelle a fait son oeuvre d'élimination. Je te laisse deviner lequel de mes partenaires s'est vu forcé de quitter la scène, et en attendant je te raconte mon week-end (mais te réjouis pas trop vite quand même, on sait jamais).

Vendredi soir au nouveau bar, y a un concert que je veux pas rater. J'y retrouve mon pote et sa belle, ainsi que pas mal de connaissances du quartier. Ex-monamour téléphone, on se file rencard chez moi. Seulement, les artistes sont sacrément à la bourre, de sorte que le concert débute à peine que je me vois dans l'obligation de lever le camp. Hors de question.

Je dégaine mon portable : ex-monamour est déjà devant ma porte (cet homme qui n'a jamais eu moins d'une demi-heure de retard au temps où nous formions un couple (harmonieux le couple d'ailleurs, étant donné ma propre ponctualité défaillante), cet homme donc, aujourd'hui que nous ne sommes plus ensemble, est systématiquement en avance. Je ne sais pas comment analyser ce constat). Je lui explique l'affaire et il vient me rejoindre au nouveau bar. Eh oui, tu as bien lu, au nouveau bar. On abat les cloisons pour y voir plus clair. Il ne passe pas inaperçu, pour diverses raisons, notamment sa grande taille et sa plastique remarquable, mais surtout parce qu'il est avec moi qui d'habitude suis avec le charmant charmeur chilien. Ma copine la serveuse, assez au fait de mes péripéties sentimentalo-sexuelles, lui sert des whisky en me faisant des sourires. Puis on rentre.

Samedi, déménagement. Mon amie bascule dans la cohabitation avec son chéri. Ex-monamour est convoqué tôt le matin pour le chargement, tandis que je ne participe qu'au déchargement. Pour apporter les deux bons petits diables (si pratique) gentiment prêtés par l'épicier et le boucher, je me coltine, avec le chéri, un trajet Barbès-La Chapelle à pied (ouais c'est à côté, mais il pleuvait je te signale).

L'après-midi, séance Légo, laisse parler ta créativité, défonce-toi les doigts à coups de marteau : j'aide mon amie à monter des meubles suédois, sans les notices qu'elle a depuis longtemps égarées, et dans une pénombre grandissante vu qu'ils ont pas encore inventé la lumière. Le soir, sur sa proposition, je retrouve ex-monamour chez l'Italien, le resto où, fut un temps, on allait comater le dimanche soir après la nuit blanche du samedi...

Dimanche, déménagement suite et fin. Cette fois on s'occupe des affaires du chéri. Il en a beaucoup plus et elles sont bien plus lourdes. L'équipe a par conséquent été renforcée et renouvelée. Y a que moi qui ai été conviée sur les deux jours...tu vois où ça mène les amis, je te conseille pas. Cependant à 15h tout est bouclé et nous voilà au bar, les pressions défilent, tu peux pas imaginer. Au point qu'à 19h on a l'impression qu'il est 6h du mat et on migre jusqu'à l'Indien pour éponger.

C'est le moment que choisissent le charmant charmeur chilien et le gars à la guitare pour se manifester par SMS. Ils se font éconduire. Puis ex-monamour appelle et à lui je dis oui.

Lundi. Je reste au lit avec lui jusqu'au milieu de l'après-midi. Le soir y a mon taff qui fête son anniversaire. Bon comment te dire ? C'est à peu près tout pareil que d'habitude, sauf que tout le monde est bourré. Sur la piste de danse (oui je dansen parce qu'à un moment faut bien s'occuper et surtout dépenser son trop-plein d'énergie), au rythme endiablé de la Mano Negra, je m'aperçois que la personne qui danse à côté n'est autre que mon directeur. Alors il me fait un grand sourire comme quoi on serait un peu frère. À toi je peux le dire, il danse pas super bien, un peu coincé du cul, ce qui aide pas en la circonstance. Mais ça doit faire partie du boulot.

Ça (tout ce qui précède), c'est ce que j'aurais pu te dire hier vers 22h. Mais après y a eu échange de SMS avec celui que soi-disant il est éliminé et que tu dois deviné. Bref, je le retrouve au nouveau bar. Et c'est toi qui est à nouveau mal barré vu que la nuit a été bonne.

mercredi 12 juillet 2006

♫ I was feeling insecure, you might not love me anymore ♫

Ouais mais oh, j'vous vois venir hein, alors on se calme, faudrait voir à pas s'emballer. C'est pas parce que j'ai dit que je l'aime que tout de suite faut s'imaginer des trucs et des machins. D'accord je l'ai dit. Ok. Ce qui est dit est dit. Mais quand même. N'allez pas croire que ce soit si simple.

Hier, devinez où j'étais ? Exactement. En terrasse, au bar en bas de chez moi, avec un couple d'amis. On boit l'apéro et on décide d'aller manger à côté. Je me lève et qu'est-ce que je vois derrière la chaise ? Un skate. Forcément je regarde. Y a pas si longtemps, ça m'aurait fait ni chaud ni froid, mais là, un skate, attends, ça m'intéresse. D'autant plus qu'après examen minutieux de l'engin, je leur dis : mais je le connais ce skate ! Je mate autour, histoire de trouver le propriétaire. Personne. Intriguant...Le propriétaire est peut-être aux toilettes ? Non. Je dégaine mon téléphone : ben alors, je viens de rencontrer ton skate, tu fais quoi ? Je suis monté prendre une douche. Mais ça fait longtemps que t'étais derrière moi ? Ben oui, 20 bonnes minutes. Mais pourquoi t'es pas venu nous voir ? Parce que tu m'as pas vu. (???). Bon je descends là.

Je trouve ça un peu chelou mais j'attends de voir. Il descend, salue mes amis. Je lui redemande pourquoi il est pas venu dire bonjour. Et là, le truc de ouf, il me dit, plutôt froidement : ben voilà, je te dis bonjour. Et il me fait la bise. Oui tu as bien lu, la bise, sur les joues, en camarade quoi ! Genre on est des potes. Non mais il se passe quoi là ? J'ai raté un épisode ou bien ? Mais bon, y a mes amis, on va non plus y passer la nuit, je lui dis qu'on va dîner. Il me dit qu'il y a une teuf après. On trace chacun de son côté. Je suis légèrement perturbée, normal quoi.

Après le dîner je l'appelle. Il est tout content. Il me propose de le rejoindre, il est en train d'acheter des pizzas pour la teuf. Je lui glisse quand même que ouais mais y a un truc que j'ai pas capté. On va en reparler, répond-il. Tu m'étonnes Elton, un peu qu'on va en parler...La teuf. Sympa. Les potes du charmant charmeur chilien ont tous des balcons au 10ème étage, c'est une secte faut croire. Vue imprenable sur la lune rousse (enfin je sais pas trop s'il s'agissait bien d'une lune rousse, mais en tout cas on disposait d'une lune, de couleur plutôt rousse ok ?). Il y avait un rappeur fraîchement débarqué de sa contrée d'Amérique du Nord qui me regardait deloin au début, en me faisant des sourires. On s'est retrouvé sur le balcon. I spoke english all night long, avec ce grand gaillard hyper baraque mais tout en douceur veloutée. On a écouté sa zique, enfin sa voix surtout. Bizarrement on a longuement parlé de ma bad love story avec (ex)-monamour. Et de Jean-Paul Sartre, Michel Foucault, William Burroughs. Des pays d'où l'on vient. De ceux où on ira. Si on arrive à être synchro je lui ferai visiter mon lieu de travail. Bref y a eu un certain feeling.

En partant, le charmant charmeur chilien note : tu l'as trop fait kiffer le rappeur. Oui ok, mais si on revenait à nos moutons hein ? C'était quoi le problème ? Tu m'expliques ? Bon alors en fait, en arrivant au bar, il m'a vue avec cet ami, qu'il n'avait jamais rencontré, qu'il a trouvé très beau gosse (c'est vrai) et il a pensé qu'il s'agissait de mon ex. D'ailleurs c'est ça non ? c'est ton ex ? Non non (enfin si un peu, mais c'était il y a longtemps et on a choisi l'amitié plutôt que le sexe finalement, bon choix en l'occurrence), c'est juste un ami. Et je te rappelle qu'il était avec sa copine. Et après on dit que c'est moi qui vois pas...Oui mais il voulait se faire beau avant de venir nous voir, et puis il trouvait ça amusant d'être là incognito. Et le coup de la bise ? Ben pareil, vu qu'a priori c'était mon ex, et que j'avais l'air tellement "subjuguée" par notre conversation...Non mais j'te jure, où va-t-il chercher tout ça ? Il me rejoue le coup du "Jte biz" avec rendu de monnaie. Il s'est fait tout un trip jalousie à deux balles, sous couvert de "J'voulais pas déranger". Curieux quand même. Un peu énervant même. Mais mimi. C'est touchant de le voir touché. Tant que ça nous fait pas couler...

lundi 10 juillet 2006

Pour le meilleur et pour le pire

Les teufs au rez-de-chaussée ça assure, crois-en ma bonne vieille expérience. J'ai connu plusieurs rez-de-chaussée et, mis à part le fait que t'as un peu l'impression de vivre dans la rue, tu te fais pleins d'amis.

En sortant d'un bar samedi soir, le charmant charmeur chilien et moi, après avoir passé un bon moment au comptoir de ce bar inconnu de nous deux (mais on a vu de la lumière tamisée et une déco alléchante, avec des vinyls sur les murs, des platines, moultes photos d'Iggy Pop, des affiches de films de Terence Fischer...alors on est entré), en en sortant donc, un peu plus loin sur la droite, y avait une sorte de petit attroupement et on s'est dit, tiens, si on allait voir un peu là-bas si j'y suis. Bonjour les gens.

Il s'est trouvé que les gens en question étaient fort hospitaliers. En même temps si tu annexes le trottoir, faut s'attendre à rencontrer du monde. Du coup ben on a tapé l'incruste en bonne et due forme. J'ai parlé avec des jeunes gens tout juste sortis de leurs classes préparatoires, en attente de résultat de concours, ou encore en plein dedans, genre bon ben moi j'traîne pas trop, je suis admissible pour je sais pas quoi et c'est lundi que ça se passe. J'ai discuté avec quelqu'un qui a voyagé au pays de mes ancêtres, et comme j'ai l'intention d'y aller l'année prochaine, j'avais pas mal de choses à lui demander. Le champagne a été sabré au milieu de la chaussée. Étant arrivés les mains vides, on s'est délesté de quelques plantes vertes pour égayer la compagnie. C'est le retour qui a été tendu.

À pied, évidemment. Le charmant et moi, on avait un peu abusé sur les rafraîchissements, c'est indéniable. En plus il s'était levé à l'aube (ou même avant, je sais pas) pour du taff occasionnel. Ça tanguait sévère et comme j'étais la plus en forme des deux, je me suis vue dans l'obligation d'assurer. Étant donné mon sens de l'orientation défaillant, je trouve que je m'en suis pas si mal sortie. On est rentré à bon port, après s'être approvisionné en eau à l'épicerie.

Le charmant charmeur chilien s'est enfermé une heure dans la salle de bain, une heure ! oui messieurs-dames. Je tentais de communiquer à travers la porte, ce qui donnait à peu près

moi : ça va ?

lui (voix qui se veut assurée mais ne trompe personne) : oui oui tranquille, je vais prendre une douche

20 minutes après

moi : ça va toujours ?

lui : mmmmm

moi : plaît-il ?

lui (voix faiblarde) : ouais ouais, j'ai gerbé là, ça va aller mieux

15 minutes après

moi : bon ben faudrait peut-être que tu songes à te pieuter non ?

lui : ...

moi : ouvre la porte, t'es flippant là

lui (enfin) : je crois que je vais encore gerber, j'suis pas sûr

moi : ben en attendant ouvre-moi

lui (dans un murmure) : non mais va te coucher toi, je te rejoins

moi : bien sûr, je vais m'endormir tranquillement pendant que tu crèves dans ta salle de bain...Bon ben je vais faire la vaisselle, ça va me détendre

15 minutes après

moi : alors ? quoi de neuf docteur ?

lui : arrrrrrghhhhh

moi : ah ok. Tu peux reformuler s'il te plaît ?

lui : c'est bon là, j'crois que c'est bon

moi (en fée du logis) : ah putain mais t'as fait cuire quoi là-dedans ?

lui : non mais fais pas la vaisselle, c'est pas la peine

moi (pas la peine ? mais à quel stade tu considères que c'est la peine alors ?) : dis donc, occupe-toi de toi et moi je m'occupe de moi, d'accord ?

lui (voix de gentil garçon obéissant) : oui d'accord, tu as raison

moi : en fait si je veux pouvoir te faire une tisane, je suis obligée de faire la vaisselle

Il sort enfin, tout pimpant (mais vert) dans sa serviette de bain. Il se met à farfouiller dans sa chambre.

moi : tu veux pas te coucher à un moment ?

lui : faut que je trouve un tee-shirt

10 minutes après

moi : ça y est ? tu l'as trouvé ton tee-shirt ?

lui : oui voilà. (Se met au lit) (Ne jamais désespérer)

5 minutes après

lui : ah non j'ai trop chaud, faut que je l'enlève ce tee-shirt. (Se défringue, me câline un peu et s'endort aussi sec)

Voilà, c'est lui le mec que j'aime.

jeudi 29 juin 2006

♫ Bac plus zinc et licence IV ♫

Y avait une terrasse, ouf...

Bon si vous comprenez pas, désolée mais j'ai la flemme de récapituler, vous avez qu'à être de fidèles lecteurs, tant pis (mais non, c'est pas vrai, même si tu es infidèle je t'aime bien, au contraire, ça nous rapproche).

J'y suis allée à reculons parce que moi les torticolis ça me fait pas peur et au final c'était une bonne teuf. Avec plein de monde que j'avais pas vu depuis longtemps. La question de mon cavalier s'est résolue d'elle-même (quand je vous dis que ça sert à rien de décider) puisqu'(ex)-monamour était indirectement invité. On a même mangé. J'ai rencontre un couple de gays très exotique, respectivement originaires d'un pays nordique et d'une petite île que t'aurais bien du mal à situer sur ta mappemonde. Évidemment on a fait la fermeture du bar avec une petite figue pour la route. Dodo platonique chez (ex)-monamour. Arrivée au taff tardive (début d'après-midi, ça devient n'importe quoi), mais rien que de très prévisible. Alors, de quoi tu te plains ?

Ben en fait le truc, c'est qu'en bonne chieuse que je suis, j'aurais préféré la présence du charmant charmeur chilien, surtout quand je reçois ça : ça mbrancheré dte rejoindre !? je mennuie mé jvé trouvé dkoa mokupé ! Bonne teuf ! Boi pa tro. Alors je réponds que oui mais non, les circonstances font qu'on va peut-être éviter, mais c'est trop horrible...Tinkiète pas, passe une bonne soirée ! Amuse toa bien !

Aujourd'hui je lui propose qu'on se voie ce soir. Il répond : Mouais. Si té pa tro crevé !? Bip moa. Ça me laisse un peu perplexe. Je ne sais guère comment interpréter ce oui du bout des lèvres. Est-ce à dire qu'il n'a pas envie de me voir ? m'en veut-il de l'avoir délaissé hier ? suppute-t-il des choses avec (ex)-monamour qui ne lui plairaient que moyennement (mais il arrête pas de me dire qu'il n'est pas jaloux. Alors...) ? se la joue-t-il pas dispo histoire de pas avoir l'air de me courir après ?

Que de questions sans réponse...Bon sinon on m'a dit hier que c'est sympa ce petit côté boute-en-train, mais qu'est-ce que ça cache, au final, dans les profondeurs de mon intérieur de fille un peu écorchée vive, tu vois, comme les trucs d'anatomie mais pas pareil ? (oui j'ai des discussions à haute teneur psychanalytique)