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lundi 27 juillet 2009

VSD

Vendredi. Nourrir le chat pour la dernière fois, marcher tranquillement jusqu'au bar où on a rencard avec sonamour. Être en avance. Longer le quai pour visiter les aménagements de Paris-plage, s'arrêter devant le cours de salsa, hésiter à y participer, regarder l'heure. Être à la bourre. Le retrouver en terrasse devant une bière, comparer les mérites respectifs de Houellebecq, Mérot et Jaenada. Marcher tranquillement jusqu'à la table réservée dans le resto berbère, bien boire et bien manger. Rentrer à pied, faire l'amour, dormir.

Samedi. Manger un rouleau de printemps sur le quai en regardant les boulistes. Aller au cinéma. Marcher tranquillement jusqu'au bar où on a rencard avec son pote. Lui raconter des trucs de ouf. Trois bières plus tard, marcher tranquillement jusqu'au bar où on a rencard avec le charmant charmeur chilien. Faire les trois bars du quartier en se déplaçant par voie de chemins de fer. Se faire accueillir par le grand sourire du barman qui se souvient de la dernière fois. Rejoindre l'Embarcation-close, danser, relancer les chemins de fer dans les chiottes étroits, en traçant de belles lignes sur le bouquin récemment reçu. Se faire complimenter pour le blog par une lectrice insoupçonnée. Monter et descendre trop souvent et trop vite. Prendre un taxi dans une sorte de bad raide et électrique.

Dimanche. Se faire réveiller par un texto, sourire, se rendormir tranquillement jusqu'à une heure avancée de l'après-midi. Retrouver son amie chez elle pour un apéro espagnol. Lui raconter des trucs de ouf. Apprendre par téléphone qu'il ne faut pas s'étonner en rentrant de trouver deux inconnus dans son salon. Rentrer, boire du tit punch avec les cousins inconnus. S'exprimer en anglais car y a pas le choix. Se moucher trop souvent. À la question Tiou a une rhub ?, répondre : Oh but you speak french !

lundi 27 août 2007

Saison 1, épisode 102/102

Normalement je devrais pas. Selon les nouvelles règles, je devrais pas. Disons que ce sera l'exception qui les confirme. Parce que là ça ressemble trop à l'épilogue d'une série TV pour que je ne m'autorise pas une petite entorse au règlement, en plus ça parle de fracture.

Samedi dans un bar du quartier, mais un où on va jamais, c'est l'anniversaire de ma copine ex-serveuse du nouveau bar. Mon pote et moi on arrive bien chaud, juste au moment de la bouffe. Nickel, la session apéritive ayant fait son office, je crève la dalle. Et puis le gars qui a mitonné tout ça a assuré, j'aurais bien repris une assiette à la place de la part de gâteau. Mais bon on s'adapte, buvons une bière.

Arrive le gars à la guitare. Pas invité. Par hasard. Depuis le voyage sur la terre de mes ancêtres, j'avais comme qui dirait pas donné suite. On s'était bien croisé sur le boulevard début juillet, et on avait bu des coups mais rien de plus. Et d'ailleurs, maintenant que j'y pense, ce même jour, en terrasse, était également venu s'attabler une personne avec qui j'avais fini la soirée, avec qui on en avait pas seulement bus, on en avait aussi tirés, tu suis ?

Bref ç'aurait pu me mettre la puce à l'oreille car voilà que quelques instants plus tard arrive, toujours pas invité, toujours par hasard, le charmant charmeur chilien. T'avoueras quand même que bon hein ça s'invente pas.

Je me retrouve donc sur la banquette, en face mon pote, de part et d'autre de moi-même, m'encadrant bien serrée, les deux susnommés, à gauche le charmant, à droite la guitare. Une situation comme on les aime, une position confortable, tavernier la même chose.

La gestion du gars à la guitare se fait tout en douceur, tu vas voir.

- Dis Ada, quand est-ce que tu me rends mon livre ? (Pirates et empereurs : le terrorisme international dans le monde actuel, Noam Chomsky)

- Ah oui c'est vrai, ben si tu veux je peux aller le chercher maintenant...

- Oh oui. Oui oui. Mais est-ce que ton nouveau fiancé va te laisser me le rendre ?

- ...Ben oui évidemment.

Là je me dis oh putain les nouvelles vont vite, car quelques jours auparavant, j'ai moi-même fêté mon anniversaire (85 ans) au nouveau bar, c'était aussi une espèce de soirée d'adieu au quartier et j'ai annoncé officiellement mon emménagement prochain avec monamour. Mais c'est pas de ça que me cause le gars à la guitare, j'y suis pas du tout. En fait il est persuadé que mon pote est le nouvel élu. Raté. Et que je l'invite à venir récupérer son livre dans mon pieu. Encore raté. Non mais je parle pas français ou quoi ?

- Dis Ada, tu voudrais pas me caresser la tête ?

- Non.

Précisons que pendant ce temps, de ma gauche, me parviennent des frôlements auxquels je ne réponds pas mais que je ne fais pas cesser.

- Dis Ada, tu voudrais pas me rouler un palot ?

- Non.

- Tu voudras plus jamais me rouler un palot ?

- Non, plus jamais.

Et voilà, exit le gars à la guitare.

Le côté gauche en profite pour se rapprocher encore plus si possible. Et de demander à mon pote : "Ça t'ennuie pas si on sort deux minutes Ada et moi, ça fait longtemps qu'on s'est pas vu, et j'ai une question à lui poser". Je me dis que c'est rapport au blog, vu que, selon son désir, je lui avais passé la plupart des notes le concernant. Il a trouvé ça vachement bien (tu m'étonnes, ça cause de lui, ça l'intéresse), vachement drôle, il a aimé les commentaires aussi et il veut que ça soit publié. Ben voyons. Mais c'est quoi la question ? Nous nous trouvons présentement dans l'encoignure d'une porte et tu te doute bien que y a pas de question hein évidemment y a pas de question, où ai-je la tête ? ah dans son cou t'es sûr ? Mais non, pas d'accord, pas d'accord du tout, que vient faire cette langue dans ma bouche ? je peux savoir ? Dans l'optique de nous offrir une session cage d'escalier, il tente un coup de poker en composant des numéros au hasard sur le digicode. Il va demander au serveur s'il connaît la combinaison. Non. Je préfère.

Quand on retourne dans le bar mon pote est sur le point de se barrer. Ça doit faire longtemps qu'on a disparu. Il reste boire des coups tandis que sous la table se déroulent des manoeuvres et manipulations à caractère excitatoire. Et puis je dis que je vais rentrer, que je vais pas les attendre. Alors le charmant sort du bar et attend que je dise au revoir à tout le monde. Je traîne. Il attend. Ça sert à rien, je suis déterminée à ce que ça serve à rien. Sur le chemin, je luis dis qu'on va pas passer notre vie à se dire au revoir. Oh ben lui il y verrait pas d'inconvénients hein. Mais moi si. Moi je déménage là, avec monamour. On se serre fort. Quand tu penses qu'il suffit d'une peau un peu trop douce pour basculer. Le charmant veut des bisous, des vrais. Mon dernier mot est Non. Et je remonte la rue.

Lui son dernier mot, c'était un SMS : Pötchõ pötchØ ?!

vendredi 11 mai 2007

♫ Who knows what you'll see, who you might meet ♫

Bon écoute, ce que je te propose, c'est qu'on fasse un bilan provisoire, en passant en revue ces personnages si attachants que tu rencontres par ici. Comme ça moi je vois à peu près où j'en suis, et toi tu pourras plus dire que tu les connais pas, et tout le monde il est content.

Le gars à la guitare (plan cul) (oui je te mets des repères entre parenthèses). Ce qui est marrant avec lui, c'est que jamais on se croise dans le quartier. À se demander s'il sort de chez lui. Je lui ai envoyé une carte postale de la terre de mes ancêtres et depuis j'y ai pas trop pensé. Dernier SMS reçu : aucune idée, j'ai pas conservé.

La grande dame (copine). Alors elle, les relations sont distendues, pour ne pas dire aléatoires. Le tai chi, on a un peu laissé tomber depuis qu'elle a rencontré un prof qui révolutionne sa pratique. Du coup elle est en plein apprentissage et faut que j'attende qu'elle soit prête. Dernier SMS reçu, 10 mai 2007, 20h52 Hello ! vernissage demain soir chez xxx...Bisou.

Ma copine la serveuse (copine). N'est plus serveuse au nouveau bar depuis le début de l'année car elle a du taff intéressant maintenant. Dernier SMS reçu, 6 avril 2007, 20h, Coucou, je vais passer dans ton quartier, si tu veux prendre un verre...Bon là j'ai honte parce que j'ai pas pu répondre dans la foulée et après j'ai zappé. Ne pas oublier donc : la rappeler urgemment. Phénix (copain). On n'arrête pas de se croiser dans la rue. Logique, il passe son temps à arpenter le quartier, en parfait bobo. Peut-être bientôt il va jouer aux boules, qui sait...Toujours avec sa nouvelle copine. Dernier SMS reçu, 29 avril 2007, 18h, Je te vois (du haut de son balcon)

Mon pote le serveur (copain). Est toujours serveur au bar en bas. Se creuse la cervelle pour savoir ce qu'il en est de moi et du charmant charmeur chilien. Reste sur sa faim mais compte sur la rumeur du quartier (pas plus informé) pour se tenir au jus. Je serais pas surprise qu'il milite dans l'ombren pour la rupture (alors que d'une part, c'est déjà fait ; d'autre part, mais qu'est-ce que ça peut bien lui foutre ?)

Canada Dry (plan cul). Appelle régulièrement bien que je ne réponde jamais. Ça m'épate. Parce que bon, un plan cul, au bout d'un moment, sans se voir je veux dire (et là j'estime que 12 mois environ, objectivement ça commence à faire), c'est périmé. Mais non, le gars y croit encore.

Le mystérieux inconnu (simple association d'idée, je comptais pas t'en parler) (plan cul pas testé). A fini par comprendre que y avait pas moyen. A passé récemment une soirée avec monamour, sans que ce dernier connaisse sa véritable identité (non mais on se croirait pas trop dans un film de capes et d'épées ?)

Le gosse beau (super plan cul). Le dernier SMS reçu n'a pas été conservé mais disait en substance Dommage. Seul plan cul non périssable à mon goût. au gré de vacances synchro, qui sait...

Mon pote (ami). A trouvé du taff moyennement intéressant. Est officiellement célibataire mais revoit régulièrement son ex, la voisine du charmant. À part qu'ils baisent pas, ça se voit pas que c'est son ex. Ça évolue très vite, je ne peux pas t'en dire plus ayant moi-même du mal à suivre. Dernier SMS reçu, 10 mai 2007, 18h34, P'tit apéro camarade ? Sinon dès qu'on se retrouve dans un local privé, soit chez lui, soit chez moi (mais on s'adapte aussi très bien chez les autres), on se met à chanter les Bérus, tout va bien.

Le charmant charmeur chilien (ex). Derniers SMS reçus, 10 mai 2007, Kwooaaa kwoO ?! (En pingouin ça ve dire comen vas tu ?) Oh tu fais vachement bien l'accent pingouin...Ça va et toi ? Ça va ! Jsors dma douche ! jvé à une soirée hype à xxx. Jsui à 300 à leur en ce moment ! (rien qu'à lire ça, j'ai le goût de la cocaïne dans la gorge). 11 mai 2007, 5h47, Le jour se lève à peine...Ça me ferait plaisir de partager cette matinée avec toi ! 8h11 Je rêve de re voir arriver ! Dors-tu encore ? Pars-tu au taf ? Veux-tu...? Et voilà, on n'est pas séparé depuis 5 minutes qu'on est déjà de parfaits étrangers l'un à l'autre...non mais franchement comment peut-il s'imaginer que je pars taffer à 8h du matin ?

Le pingouin (animal de la réconciliation). N'a rien à déclarer en ce moment, sinon tu penses bien qu'il se priverait pas.

Le Chanteur (plan cul pas testé et copain). Toujours invaincu à ce jeu stupide. Dernier SMS reçu, 6 mai 2007, 20h42, Coucou, un scrabble ma belle ? Ne manifeste aucune impatience, tout en espérant arriver à ses fins un jour ou l'autre.

Monamour (comme le nom l'indique). Est beau, drôle, intelligent, comme d'hab. Dernier SMS reçu, 10 mai 2007, 21h12, Je pars maintenant, j'arrive ds 25 mn mon xxx (petit surnom doux intime et secret)

La collègue kabyle (collègue). T'en fais pas, elle a survécu. Son mari voulait m'offrir un bouquet de fleurs. Elle lui a plutôt suggéré une bouteille de sky. Et voilà.

Oh moi tu sais, y a pas grand chose à dire de neuf à mon âge. Ah si tiens, depuis mon angine blanche j'ai pas fumé.

samedi 31 mars 2007

♫ Aujourd'hui c'est vendredi et j'voudrais bien qu'on m'aime ♫

Vendredi soir je suis invitée à l'anniversaire de Phénix. Préalablement mon pote et moi on boit un coup au nouveau bar. On veut pas arriver trop tôt, si c'est pour se retrouver à tartiner des toasts merci bien. Malheureusement le concert est insupportable, à peine croyable tellement c'est mauvais. Du coup on débarque vers 22h.

Phénix fête ses 37 ans, la moyenne d'âge de la soirée est vachement élevée. Je reconnais qu'avec mes 83 ans ça aide pas...mais sérieux j'ai l'impression d'être dans une teuf organisée par tes parents. Pourquoi pas hein, juste c'est surprenant.

Et tout le monde, sans exception, nous prend pour les colocataires de Phénix. Alors toi tu vis ici c'est bien ça ? Ben non pourquoi ? j'ai l'air d'être en pyjama là ? En plus y en a un de colocataire (un sur trois. Où sont les autres ? ils font la gueule ?) que j'ai pas mal fréquenté du temps du charmant charmeur chilien (qui lui-même brille par son absence) (et je t'avoue que j'aime autant, déjà que je risque de le croiser ce soir, point trop n'en faut) et donc le colocataire, unique représentant de la maisonnée, affiche un air de mortel ennui...Puis quelqu'un dit que Phénix vient de passer avec un aspirateur à la main et là le colocataire répond, désabusé : Phénix ? passer l'aspirateur ? Non c'est pas possible, c'est une hallucination. Ça pourrait être de l'humour mais tu sens bien que c'est sérieux en fait. J'ai comme dans l'idée que la coloc bat de l'aile. Pourtant y a des aubergines dans le bac à légumes. Tout n'est pas perdu, il y a encore quelqu'un dans cet appart qui sait raison garder.

Ensuite ben écoute, c'est une soirée tout à fait classique. Où forcément à un moment tu parles politique. Ce que j'ai préféré, c'est quand j'ai dit que j'allais voter à gauche et que la dame m'a demandé Pour Bayrou ? et c'était pas du tout une blague. Où forcément tu manges de la pizza coupée en rectangles et du cake fait maison. Prends donc de la quiche mon petit, elle est toute fraîche. Merci papy, euh Gaby, merde, c'est quoi déjà ton prénom ? Où forcément tu te retrouves dans la cuisine pour avoir des discussions élevées d'intellos de gauche. De gauche c'est sous réserve. Intello aussi en fait. Ce qui est sûr c'est que ça se passe obligatoirement dans la cuisine. La psychanalyse par exemple, c'est pas le sujet que t'abordes dans le salon. Jamais. C'est vachement bien le cul contre l'évier, pas loin de la chaleur du four. Par contre si tu veux sortir des grosses conneries et que les gens se marrent, là faut aller sur le balcon. C'est comme ça.

Et aussi pour Ada c'est trop de bonheur tous ces inconnus à qui elle peut raconter la terre de ses ancêtres. La question qui tue et qui t'horripile des fois Tu viens d'où ? hop tu la retournes vite fait bien fait : Ah ben ça tombe bien que tu poses la question, justement je suis partie avec mon pingouin tout ça tout ça.

La personne que je vois le moins, évidemment, c'est Phénix, l'hôte de ces bois. Quand c'est mon tour de lui montrer ma belle voix (comme dans les mariages quand le couple fait la tournée des tables) il me dit qu'il a appris ma récente séparation du charmant. Et tu sais que Phénix, question séparation, il en connaît un rayon. Voici donc le diagnostic de l'expert : T'as bien fait, ça te va bien, t'as bonne mine, t'as l'air posée. C'est ce que je dis toujours, ni remords, ni regrets.

samedi 24 février 2007

Sic transit gloria mundi

Comme prévu je t'en parle pas tout de suite. En attendant faut bien reconnaître que tout le monde me fait la fête en frétillant de la queue (couché j'ai dit) (en chien de fusil, si tu veux).

Avant de partir mon agenda était blindé par les amis à qui je voulais dire au revoir. Maintenant que je suis revenue, il est blindé par les mêmes qui veulent que je leur raconte. Et puis y a mon pote qui remet sur le tapis l'idée selon laquelle pour le même prix on aurait un appart beaucoup plus grand et ec serait chez nous. Une coloc, t'as tout compris. Ben moi je suis d'accord. Après, la semaine passe et figure-toi que monamour squatte chez moi tous les jours. Tu m'en vois ravie.

J'ai comme l'impression que le retour, je me le suis pris en pleine face lors de la soirée d'hier. Au nouveau bar y a un concert, ils ont augmenté le prix des consos pour l'occasion (sauf pour les habitués, attends, tu crois quand même pas que je vais payer cinq euros la pinte de bière ? et puis quoi encore ? déjà qu'y avait pas de cacahuètes...) (tu me reconnais là ? Bon j'ai pas trop changé non plus) et j'entends Tiens une revenante !...Ah t'es de retour ! Et le patron : Alors la vacancière, le pays va bien ? En moins de temps qu'il n'en faut pour changer un fût, je suis légèrement pompette vu que j'ai plus l'habitude.

À côté de moi sur la banquette, monamour. En face mon pote. Et là la prise de conscience est sans appel. La relation que j'entretiens avec monamour aujourd'hui n'est pas transposable dans une coloc. J'ai pas envie d'imposer ça à mon pote ; j'ai pas non plus envie de me contraindre vis-à-vis de monamour. Bon ben m'est avis que c'est pas demain la veille que je quitte le quartier.

Puis je reçois un SMS de l'Écrivain qui a des choses à me faire lire. Ça tu vois c'est une excellente nouvelle (d'accord j'en sais rien je l'ai pas encore lue). Et des SMS du Chanteur. Pas celui sur scène non, celui dans la salle, celui-là même qui gère la programmation musicale du lieu, celui que son groupe il est bon, celui que la première fois qu'on s'est vu nos regards se sont bien entendus, celui qui me fait de l'oeil depuis un peu longtemps mais toujours dans le respect des forces en présence. Et ce soir il balance du SMS : Si je te regarde...c'est juste parce que j'aime te regarder...Alors je réponds un truc comme quoi moi je vais peut-être arrêter de soutenir son regard, avec un jeu de mot trop drôle où je case le nom de son groupe. Ah non, j'hésitais même à te demander de me kidnapper, alors n'arrête pas Puis : Je vais me mettre en évidence

Eh non. Une inspiration comme ça, du plomb dans la tête, que sais-je...je pense qu'il vaut mieux que j'évite de me disperser. Devenir raisonnable, cette idée folle me semble bonne. C'est ce moment que choisit le charmant charmeur chilien pour débarquer. Sur la terre de mes ancêtres, après un message pour fêter Valentin, j'avais reçu : Kan eske tu rentres !? Tu me mank !!! J'avais pas répondu. Depuis mon retour je sais bien qu'on va se croiser un jour ou l'autre, que c'est pas correct ce silence radio...En même temps je me vois mal envoyer un message du style : je suis rentrée mais je veux pas te voir. Je veux pas non plus téléphoner (peur du dérapage ?). Bref, Ada dans toute la splendeur de sa lâcheté. Et là, tandis que je bizoute monamour, il débarque, nous salue, se pose au comptoir et m'envoie : Té akompagnée, jvé pas tembété. Bonne soirée ! Jsuis heureux de t'avoir croizé.

À 8h29 ce matin, je ne réponds pas au numéro privé. Mais j'écoute le message. C'est l'extrait d'une chanson qu'on kiffe tous les deux, ça dit ♫ sometimes I feel so happy...sometimes I feel so sad...sometimes I feel so happy, but mostly you just make me mad, baby you just make me mad ♫

Imagine deux secondes la situation inverse. Tu crois que j'aurais aimé ? Tu crois que j'aurais eu cette réaction ? J'en sais rien...Mais j'ai beau me chercher des excuses, j'en trouve pas. et c'est pas glorieux, on est bien d'accord.

vendredi 29 décembre 2006

♫ Sa turne a l'air habitée alors qu'on sait que personne n'y vit, à qui se fier ♫

Tu sais quoi ? Je vais profiter que tout le monde soit par monts et par vaux, genre personne a le temps de lire, pour te raconter un truc pas vraiment intéressant, voire carrément soporifique. Eh ouais que veux-tu, moi aussi je me cantonne aux faits divers.

Je suis tranquillement au taff, en train de virer les derniers usagers, il est environ 19h56 et je reçois un SMS du gars à la guitare : T où ? Un peu abrupt comme entrée en matière, d'autant qu'on s'est ni vu ni contacté depuis une bonne semaine, mais bon, c'est aussi ça le texto, on s'embarrasse pas avec les formules de politesse. En toute logique je réponds : Au taf !

Je peux dormir chez toi ? Ah v'là autre chose. Faut savoir que le gars à la guitare héberge actuellement de la famille, fêtes obligent. Par conséquent nous étions convenus de nous revoir éventuellement (perso j'étais pas pressée) l'année prochaine. Il se manifeste plus tôt que prévu. Oui mais ce soir j'ai rv avec un ami. C'est pas du tout une esquive, juste la simple vérité. Tard ? Kan ? Eh oh, ça va aller là ? Je minute pas mes soirées j'te signale. Ben justement je sais pas trop, dis-moi jusqu'à quelle heure je peux te biper. Pas de réponse.

Au nouveau bar je retrouve mon pote. On se raconte les derniers événements (il a bouffé du chevreuil, moi du chapon) (fait divers on t'a dit). C'est un peu le désert (même dans le métro c'est le désert pour te dire...Moi je suis en perte totale de repères, déjà que j'en avais pas beaucoup...et boum, plus moyen de différencier une heure de pointe d'une heure creuse, comment tu veux t'y retrouver ?) alors ma copine la serveuse accepte les verres qu'on lui offre.

Puis le gars à la guitare appelle (tu vas voir le vieux coup de pression qu'il essaye de me mettre) (si encore c'était de la bière) :

- Alors je peux vraiment dormir chez toi ? Il faut que tu me le dises maintenant sinon je vais à l'hôtel.

- Ah ouais, à l'hôtel ? c'est quoi le problème ? t'es à la rue ?

- Oui je suis à la rue.

- Non mais sérieux ?

- Sérieux.

- Arrête ton char. Il me semble bien que tu possèdes un appartement dans la rue X...

- Bon ben je vais à l'hôtel alors...

- Écoute, comme je te disais, je suis avec mon pote, je vais pas le planter là, on se retrouve plus tard.

- Oui mais pas trop tard hein ?

- Non pas trop tard, je te rappelle quand je bouge.

- Et pourquoi tu viendrais pas me rejoindre avec ton pote ?

- Oui pourquoi pas ? faut d'abord que je lui en parle et je te rappelle plus tard.

- D'accord mais dans une heure au plus tard.

- T'sais que t'es chiant comme mec ? ok je te rappelle dans une heure.

- Non non, plutôt une demi-heure.

- En fait t'es pas chiant, t'es super chiant.

Le gars à la guitare est dans un bar situé de l'autre côté du boulevard. Mais il ignore où je me trouve (bien qu'avec un minimum de perspicacité, ce soit pas dur à deviner). Mon pote a moyennement envie de migrer. Idem pour moi.

40 minutes plus tard , le gars à la guitare rappelle (oui bon ok, je suis à la bourre de 10 minutes).

- Alors ?

- Eh ben après réflexion, t'as qu'à venir toi, on est au nouveau bar.

Il arrive et j'essaye de savoir pourquoi il est à la rue. Y a une teuf chez toi et t'es pas invité ? Il rit pour ne pas avoir à éclaircir le mystère. Il s'inquiète plutôt de savoir si mon pote et moi sommes amants. Eh non ! on est amis. L'amitié garçon-fille, t'y crois t'y crois pas, moi je m'en fous je me contente de la vivre. Ça papote. Ça blablate.

Il finit par me dire : en fait je suis pas à la rue mais j'avais envie de te voir. Mouais. Et pourquoi il le dit pas direct ? C'est le genre de truc que je ne comprends pas. Parce que du coup, j'étais tellement dans l'idée qu'il se retrouve en galère que ça m'a empêchée de me demander si moi j'en avais vraiment envie.

Puis on rentre chez moi. Et on dort. Ben ouais, c'était ça le deal non ?

mardi 26 décembre 2006

♫ And please darling, help me smoke this one more cigarette, now ♫

Tu te souviens ? la dernière fois je te racontais comment, devant mes yeux ébahis, il faisait encore nuit alors que j'étais moi-même levée, et ma résolution consécutive de ne plus m'éveiller avant la nature. Eh bien il était dit qu'on allait me faire mentir.

Vendredi soir, nouveau bar. En première partie de soirée, au programme, mon pote et moi. Bientôt rejoints par Phénix et sa toute nouvelle copine. Grand dieu, dites-moi qu'il en a fini avec les lamentations et les déchirures...dites-moi qu'il retrouve goût à la vie...Oui ! en effet on peut affirmer qu'il va bien. Cependant, il n'a, encore et toujours, qu'un sujet de prédilection, je te le donne en mille : lui-même himself en personne. Ça va qu'on s'est pas vu depuis longtemps. Quant à la copine, elle a l'air amoureuse, on lui pardonnera donc le reste. La bière coule à flots, les configurations changent.

Nous étions au départ tous les quatre autour d'une table. Maintenant que le bar s'est rempli, je fais la tournée des camarades et, sans trop savoir comment, je me retrouve derrière le comptoir, avec le patron. Alors si tu veux savoir, y a moyen de moyenner avec le patron. Mais c'est pas mon genre (le patron, parce que moyenner, tu me connais).

Deuxième partie de soirée, arrivée du charmant charmeur chilien. Fermeture tardive du bar. Nous aidons au balayage, rangement etc, puis nous allons chez le charmant prendre les chemins de fer et notre pied aussi. Le temps passe à la vitesse de l'éclair. Il est donc approximativement 6h quand je ferme les yeux. Une heure après mon réveil sonne. Et là, le calvaire commence.

Déjà il fait nuit. Ensuite il fait froid. Le froid de l'hiver plus le froid de la fatigue, ça fait beaucoup. Je me déplace tel un escargot (point de vue vitesse) un peu nerveux (point de vue irritabilité). Arrivée chez moi je prépare mon sac...en dépit du bon sens (trop de culottes, pas assez de soutif). Bien sûr j'oublie ma brosse à dents. Force est de constater que je n'ai pas toute ma tête...Cependant je gère pas mal les priorités. D'abord le sac. C'est fait. Puis se tenir éveillée. Douche. Thé. Cigarettes. En route pour l'aventure.

Je reste debout dans le métro parce que c'est bon, on me la fait plus hein, vas-y, assieds-toi et hop, tu te fais la ligne dans un sens, dans l'aute, et à un moment le chauffeur, alerté par une bonne âme, te touche l'épaule et tu te rends compte que t'es ni près de chez toi, ni là où tu voulais aller...alors maintenant ça suffit les conneries, quand y a le moindre risque d'endormissement, je reste debout.

Dans le Orlybus je sombre dans un état de semi-conscience, en gardant à l'esprit que non, malheureuse, faut pas dormir...le gars à côté se lève brusquement, ah merci c'est justement là que je dois descendre.

À l'intérieur y a un Père Noël qui offre des cadeaux aux petits enfants en agitant une cloche. Quoi ? Une clochette ? Ouais, ça se peut. En tout cas, dans mon crâne ça résonne comme le tocsin. Mais putain, il pourrait pas faire ça en silence ? Et l'atmosphère feutrée des aéroports, c'est un mythe ou quoi ? Non seulement la migraine a pris possession de moi, mais en plus je peux toujours pas la contrer par le sommeil : y a pas le droit de s'endormir avant l'embarquement.

Alors je vais acheter à manger. C'est pénible ces conventions qui font qu'entre 6h et disons 11h, si t'as faim, tu dois te contenter de croissants et autres viennoiseries que j'en ai rien à cirer, moi, je veux du salé. Et les alcoolos ? vous y pensez un peu aux alcoolos en gueule de bois ? C'est bientôt Noël merde, m'en fous de la charité sur ordonnance, mais un peu d'ouverture d'esprit non ? Au final je me rabats sur un sandwich club poulet-crudités (en la personne d'une demi-tranche de concombre), qui coûte une fortune mais ça fait du bien, je reconnais.

Enfin, c'est le moment de l'embarquement. Je suis près du hublot, là ousqu'on voit la ville qui devient toute petite, et les nuages, et tout, mais je calcule ni le décollage, ni les consignes de sécurité, ni rien : je m'endors instantanément, l'esprit tranquille, car je sais qu'au pire une gentille hôtesse, ou mieux un beau stewart, viendra m'annoncer d'une voix douce qu'on est arrivé.

À destination (1h de vol, 1h de sommeil, c'est toujours ça de pris), je prends conscience des variations de la vie. Y a pas si longtemps, quand j'allais là-bas, j'arrivais par le train, je m'installais dans la voiture qui m'attendait, le chauffeur me tendait un spliff en guise de bienvenue et j'arrivais toute youhou même pas peur. Aujourd'hui je prends l'avion, déjà explosée par une nuit blanche de chemins de fer, les temps changent...

S'agit de faire bonne figure. Dire oui à tous ceux qui demandent Tu t'es enrhumée ? (non parce que : je m'en suis foutu plein le nez, bon, c'est plus honnête mais après faut expliquer, ça prend du temps. Dire ça va, à tous ceux (les mêmes) qui demandent T'as fait bon voyage ? pas trop fatiguée ? Rester sociable, alors que t'as juste envie d'aller te coucher.

Le lendemain c'est la teuf où on se fait des cadeaux sauf que c'est l'anniversaire de personne. Le lendemain c'est encore la teuf, mais cette fois je bois que du whisky, beaucoup oui, mais uniquement, vu que c'est pour moi le petit déj faut pas déconner.

Puis je remonte dans l'avion. Tout pareil. 1h de vol, 1h de sommeil. Je suis debout, cette fois contre ma volonté, dans le Orlybus blindé.

Devant ma porte m'attendent ex-monamour, ses yeux de velours et ses nombreux atours. je voudrais que de l'ex, il ne reste que l'amour. Peut-être. Un jour...

vendredi 8 décembre 2006

Lost highway in translation...

[L'intégralité du post précédent (titre inclus) est le fruit du travail d'une équipe d'internautes égarés sur ce blog à l'insu de leur plein gré. Seuls l'ordonnancement et la ponctuation sont de moi.]

Après un petit apéro chez le gars à la guitare, je me rends à l'invitation du charmant charmeur chilien (jvais au nouveau bar si tu ve me rejoindre ; ok je passerai plus tard). Il dit que ça fait longtemps (ah ben ça nous rajeunit pas mon bon monsieur), qu'il est content que je sois venue, qu'il pense que c'est bien de se voir, qu'il est surpris de lire dans mes yeux la distance parcourue. Nous mimons, avec nos paquets de clopes respectifs, la danse de la séparation : il avance, je recule et vice-versa (oui bon t'es gentil...si tu pouvais élever le débat de temps en temps, ça nous ferait des vacances). Chez lui on essaye toutes les pièces et toutes les positions avant d'échouer sur le lit. Attention, dialogue à haute tenuer symbolique :

- Tiens, t'avais commencé cette BD...

- Non merci je vais rentrer

- Oh non, tu dors ici d'accord ? pourquoi tu veux pas la BD ?

- Ben écoute, y a des histoires comme ça qui s'arrêtent en cours de route, c'est la vie...

- Ah. Mais là t'as justement l'occasion de la continuer l'histoire...

- Ok je reprends la BD. Mais pas tellement pour la continuer, pour la finir.

Au réveil il me retient,je résiste. Il se lève pour me regarder partir. Sous la pluie je pense à Mister Perché. Ça y ressemble (et ça n'est pas vraiment l'amour).

Le lendemain, debriefing avec mon pote, déjà plus ou moin informé par SMS : ça va camarade ? y a du neuf...tu veux passer à la maison ? ben là je suis justement avec le neuf. Il est nouveau nouveau ? Oui oui, nouveau. Cool ! Enfin 1 truc intelligent (oui ça a beau être mon pote, il en pense pas moins que je suis conne, y a des limites à l'amitié) Bin appelle quand tu peux pour me raconter.

De son côté c'est reparti comme en 40 avec sa belle. Il me délivre une ordonnance : arrêt total d'ex-monamour (si vous voulez pas finir foudroyé), usage facultatif et modéré du charmant charmeur chilien en fonction des besoins et envies (y a pas de mal à se faire du bien), consommation à volonté du gars à la guitare.

Je préfère te prévenir tout de suite, je sais pas si je suivrai la prescription. Si ça se trouve, je vais faire exactement l'inverse, parce que la médecine hein...♫ si c'est ça la médecine, j'préfère la guillotine ♫ Non je déconne. En attente d'un voyage prochain sur la terre de mes ancêtres...j'ai juste envie d'être loin. D'ici là je suis en suspens.

Plus tard je paume ma carte bancaire, histoire de matérialiser la perte.

mercredi 29 novembre 2006

Les limbes du Pacifique

Vendredi (ou La vie sauvage n'est pas là où on l'attend).

2 heures au téléphone avec ex-monamour. 2 jours sans donner signe de vie au charmant charmeur chilien. Apéro avec mon pote. Il attend avec impatience un SMS de sa belle. Au diable la fierté mal placée, il lui en envoie un, elle répond, ils ont rencard. De mon côté j'ai fini par en envoyer un au charmant, lui disant que bon, y a de l'éloignement dans l'air de part et d'autre, qu'il s'étonne pas que je me fasse discrète. Je rentre chez moi.

Le charmant me propose de le rejoindre au nouveau bar. J'y vais en révisant mes positions (pas au sens de changer hein, non, au sens de réviser ses leçons). Je prends conscience un peu tard d'une évidence pourtant flagrante : c'est pas au nouveau bar qu'on peut avoir ce genre de discussion, on connaît trop de monde. Concert, tout ça. Je danse une valse avec un des Latinos, le charmant joue aux échecs. Soirée on ne peut plus classique. Une nana m'accoste, il s'avère qu'on travaille au même endroit (je me disais aussi...). Son pote se lance dans un festival de blagues de mauvais goût. Tu ris ou pas (dans la famille Dutroux je demande la fille...Pioche). Le charmant m'attend dehors et dit : je me prends la tête sur nous (ah oui ? qui l'eût cru ?).

Alors que toujours aussi classiquement, je suis attablée chez le Turc devant quelques frites, on pourrait se dire que voilà, on y est, on va causer. Eh bien non, car mon pote appelle, des sanglots dans la voix : sa belle a mis un terme à l'histoire. À ce point c'est plus des coïncidences, ça devient cosmique là non ? Cosmique mais pas drôle. Je l'enjoins de venir boire un verre avec nous, on est juste à côté (oui, parce que sa chérie, enfin son ex, est une voisine du charmant...Merci qui ? Merci Ada. Enfin...). Il refuse. À demain alors hein ? Puis prise de remords je me précipite dans la rue où je le vois s'éloigner sur son scooter, je cours un peu derrière en criant son nom mais c'est trop tard. Alors on va se coucher. Comme si de rien n'était.

Samedi (pas trop).

Je taffe et je suis pas contente. Je merde un peu dans mon planning, étant persuadée qu'on a 3 heures de pause entre la plage du matin et celle de l'après-midi. Eh ben non, y en a que 2. Conséquemment je me pointe 1 heure à la bourre : je les trouve en totale panique (ils sont perdus sans moi) (je les comprends, moi c'est pareil), mais tellement soulagés de me voir réapparaître que personne ne songe à me reprocher quoi que ce soit.

Ensuite activation du plan d'urgence : je consacre toute ma soirée à mon pote, qui tient pas trop mal le coup, brave petit soldat. À peine arrivée chez moi, vers 3h du mat, SMS du charmant : Jvien drentré ! Si tu ve me rejoindre té la bienvenue ! J'y vais, et tu t'en doutes, c'est pas ce moment qu'on choisit pour discuter.

Dimanche (toujours pas).

Réveil tardif. Le charmant a un déjeuner familial (enfin vu l'heure, ça devait plutôt être un goûter). Je décline l'invitation. Je veux dire, si je prends du recul, c'est pas pour me fader la belle-famille...charmante au demeurant (les chats sont pas issus de chiens, cochon qui s'en dédit, chouette alors).

J'opte pour une balade le long du canal, au soleil, avec ex-monamour. J'en suis sûre : ce mec c'est l'homme de ma vie ; moi je suis la femme de sa vie ; et nous le savons. Le problème c'est qu'on peut jamais être sûr de rien. Alors qu'on se met en route pour dîner, SMS du charmant : Jtinvite a mangé ! ça tdi ? auquel je réponds : Avec plaisir mais pas ce soir, une autre fois ! Et je passe la nuit chez ex-monamour.

Lundi (non plus).

Impossible d'ouvrir ma porte sur laquelle est placardée : Madame, Monsieur, vous avez été victime d'une effraction. Votre dépanneur a effectué une fermeture provisoire des lieux sur appel du commissariat de Police. Restant à votre disposition, vous pouvez nous contacter 7 jours/7 et 24H/24. Merci ! Ah bon. Très bien (en fait à ce moment-là je dis des gros mots dans ma tête, mais j'ai pensé que : Ah bon, très bien, ça faisait autrement classieux).

Je trouve également une convocation policière : Madame Ada est priée de bien vouloir se présenter à l'adresse suivante pour dégradation de porte. He ho, j'y suis pour rien moi, je suis la victime, faudrait pas oublier, et tant qu'à faire, s'ils pouvaient reformuler leur lettre-type, je sais bien que l'écriture c'est pas leur métier, mais bon, histoire de lever toute ambiguïté quoi.

Le serrurier répare tout ça. Je me rends (non mais je répète, je suis la victime) à l'adresse suivante où on me dit : ah désolé, c'est pas ici, c'est là-bas, les collègues se sont trompés. L'erreur est humaine. Oui oui oui. Ben des fois j'aimerais mieux avoir affaire à des machines. Enfin bref. Entre l'instit qui s'est fait insulter par un parent d'élève et la mère inquiète de sa progéniture en garde à vue, je dépose plainte. Ma chaîne hi-fi s'est envolée (m'en fous, elle était hantée) et c'est à peu près tout. Le plus chiant c'est qu'ils ont mis les placards en vrac et je dois me retaper une laverie pour la peine, j'ai pas trop envie de porter des fringues où ils ont fourré leurs pattes. Le soir je retrouve le charmant au nouveau bar, tout compatissant, mais du coup, encore raté ! on ne parle pas de nous.

Si tu veux mon avis, j'ai dans l'idée que, bien qu'il nous reste encore quelques bons moments au lit, cette histoire va paisiblement se déliter...

mardi 21 novembre 2006

"C'était hier l'été ; voici l'automne ! Ce bruit mystérieux sonne comme un départ"

Hum. Mmm. Ouais ouais ouais...Ah t'es là toi ? je t'ai pas vu arriver. Bon ben puisque t'es venu...On y va, on y va, t'impatiente pas. Allez c'est parti (je te préviens : ça va être chiant).

Samedi soir je me fais une longue soirée en tête à tête avec mon pote. Ça faisait longtemps. On chante comme des malades sur les Bérus ♫ tu cherches le dragon perdu, oh petite Vietnamienne je suis eurasien de coeur...Viêt Nam, Laos, Cambodge ! Nhan quyen oh nhan quyen ! ♫, on tise, on se marre, comme d'hab quoi.

À un moment on en arrive à parler d'ex-monamour qui dernièrement a littéralement harcelé quelques amis qu'on a en commun à propos d'une question qui le taraude : que s'est-il passé avec l'Écrivain ? et comment ? et pourquoi ? et où ? Pour synthétiser : Ada l'a-t-elle ou ne l'a-t-elle pas trompé avec l'Écrivain ?

T'en dis quoi toi ? à ton avis ?

Oui. T'es content ? Oui je l'ai trompé avec l'Écrivain, évidemment que je l'ai trompé avec l'Écrivain, tu me prends pour qui ? pour la Fidélité incarnée ? Poh poh poh...

Y a ceux qui savent et ceux qui savent pas. Ceux qui savent pas ils ferment leur gueule. Et ceux qui savent, ils ferment leur gueule aussi et ils lui disent que le mieux c'est de me demander à moi hein, après tout je suis la mieux informée. Mais lui il insiste (qu'est-ce qu'il les a soulés les pauvres), ils peuvent bien lui dire, ça n'a plus tellement d'importance maintenant, c'est passé.

Ouais, j'étais au courant de cette soirée règlement de compte par procuration. Alors qu'est-ce que j'en pense moi ? D'une part ex-monamour se garde bien de m'interroger, car il a déjà la réponse en son for intérieur et/ou il a trop peur que je confirme. D'autre part, si réellement ça ne lui faisait ni chaud ni froid, il ne poserait pas la question. Ça lui passera le jour où il rencontrera une nana, c'est tout ce que je lui souhaite, dis-je, magnanime.

Ah mais, réplique mon pote, ça c'est déjà fait.

Comment ça ? il a une copine ? et personne me dit rien ? pourquoi je suis la dernière au courant hein ? Et pourquoi en fait ça me remplit pas de bonheur pour mon prochain ? pourquoi, même, ça me fait un petit pincement au coeur ? est-ce de l'amour-propre ou de l'amour ?

Hier je sors de mon cours de chorale-langue vivante. Rendez-vous avec ex-monamour (un rendez-vous qu'on ne cesse de repousser à tour de rôle et puis hier, hop, on arrive à être synchro) (et tu crois au hasard toi ?). Raison officielle : restitution du dernier objet m'appartenant et traînant jusqu'alors chez lui. Raison officieuse : se voir, parler...

On atterrit dans un bar qu'on a beaucoup fréquenté ensemble. On papote, il me raconte que c'est plus ou moins déjà fini avec sa copine, que c'était pas sérieux ni constructif, on se remémore les bons souvenirs, etc...

Commence une soirée slam. Ah bon ? Ok. L'animateur fait un petit speech de présentation, il chauffe un peu la salle (pas très garnie) et, en nous désignant, ex-monamour et moi, il finit par : ah ! y a des amoureux ! on les applaudit bien fort ! Et le public de taper dans ses mains et moi de me dire : l'ironie de la vie, putain, c'est à n'y pas croire, mais crois-y, crois-y, t'y es en plein là, t'es soi-disant en train de mettre des points finaux et c'est à ce moment qu'on vous prend pour un couple, truc de ouf, attends je ris.

Après on se laisse aller à pas le faire mentir...On se bizoute comme au bon vieux temps, en écoutant les poètes. Puis ex-monamour me dit qu'il a bloqué sur la serveuse pendant deux semaines. Ah. Je comprends mieux la raison de notre présence ici. Mais non, pas du tout, justement s'il m'en parle c'est que c'est plus d'actualité. Pff tu parles. Franchement j'étais pas loin de basculer mais là je me remets d'équerre et je lui conseille de pas courir deux lièvres à la fois s'il veut parvenir à en pécho un. Mais je cours pas Ada. C'est une expression, ex-monamour, tu sais ? une locution imagée, comme quand on dit, je sais moi, tiens, au hasard, bâtir des châteaux en espagne, tu comprends ?...Bon laisse tomber (en vrai c'est pas une andouillen va pas croire quand même).

Je sais pas s'il court deux lièvres à la fois, toujours est-il qu'il fait d'une pierre deux coups. Ben ouais. Vis-à-vis de la serveuse, à laquelle il envoie un message du style : m'en fous de ton rateau, regarde, des meufs je peux en avoir. Et vis-à-vis de moi sur l'air du Si tu crois que tu es la seule, l'unique, t'as rêvé ma pauvre fille (en plus gentil mais bon). Je suis victime des apparences, se défend ex-monamour, cette soirée c'est avec toi Ada que je veux la passer, et je la vis à 200 %. Et mon fessier, c'est de la volaille ? (Non je dis pas ça, t'es con). Eh ben passons-la cette soirée, passons-la, mais on va ni chez lui ni chez moi, que ce soit bien clair, on la passe ici.

Je rentre chez le charmant charmeur chilien, tard il est vrai, mais sans rouge au front vu que, oui ex-monamour m'a embrassée et caressée mais il ne met de rouge ni à lèvres ni à ongles...alors ça compte pas vraiment...

Bien. Je ne te cache pas que tout ça m'a troublée. Et l'analyste ajoute qu'ex-monamour ne manque pas de finesse...Ouais faut savoir que l'analyste est très pro-ex-monamour. Très. Ou alors je projette ? je confonds ? ce serait moi qui serait très pro-...Oh je t'en prie, arrête, tu me prends la tête là.

Et alors si la vie c'est pas complètement n'importe quoi...figure-toi que ce soir, maintenant même, là, tout de suite, je suis conviée à un pot organisé par l'Écrivain. Je te jure (non mais j'y vais peut-être avec le charmant, commence pas à t'exciter).

vendredi 30 juin 2006

♫ And my heart was beating fast ♫

Comme quoi des fois on se pose des questions, c'est pas trop la peine.

Je retrouve le charmant charmeur chilien hier soir sur une terrasse. Pour changer. Oui bon ainsi va ma vie, c'est comme ça, unité de lieu, unité d'action, pas unité de temps mais rien ne dit que ça va pas virer au tragique. Et puis avec ce soleil, vous me connaissez...Donc terrasse.

Il me scrute bien dans les yeux en disant : regarde-moi, toi. Je m'exécute en lui demandant tout de même ce qui se passe. Il veut voir si mon regard a changé. Changé comment ? Il dit rien, on se mate, comme avant quand on se faisait de l'oeil à distance, sauf que depuis on s'est vu tout nus. Ben oui quoi, ça fait une légère différence, ça a tendance à réchauffer le regard, qui était pourtant pas tiède à la base. Je suis légèrement intriguée mais bon.

Mon pote, celui avec qui je traîne souvent au bar en bas de chez moi, celui-là même dont au sujet duquel je croyais qu'il faisait obstacle à une renconter décisive avec le charmant, tu te souviens, mon pote quoi...eh ben il nous rejoint. Voilà. Donc on arrête de se mater, parce qu'on est un minimum sociable (la preuve, on est capable de parler des minima sociaux).

À un moment, ou à un autre, mon pote se lève pour commander ou pour aller se repoudrer ou quoi ou qu'est-ce. Le charmant charmeur chilien en profite pour me glisser à l'oreille (outre sa langue) que je fais pas très attention à lui depuis que mon pote est là. Alors là je suis doublement intriguée...Mais bon pas le temps d'y réfléchir, les événement s'enchaînent, salto avant, double piqué, corrida...on discute quoi. Finalement mon pote trace.

Et c'est maintenant, mesdames-z-et-messieurs, que nous allons avoir le fin mot de l'histoire. Tenez-vous bien. Le soir où j'étais invitée à un anniversaire, récemment, il avait été question qu'on se retrouve après, le charmant et moi, mais au vu de l'heure matinale, je lui avais envoyé un SMS qui disait texto (ah aha...toujours rester simple), car il est capital pour la compréhension de chacun que ce SMS soit cité in extenso : Ouhhh il est trop tard ! Jvais pas tarder à aller mem pieuter. Jte biz.

Figure-toi, ami lecteur, que le charmant charmeur chilien a été comme qui dirait chiffonné par ce message, chiffonné un peu comme le jambon tu sais, le jambon au torchon. À première vue, rien de chiffonnant là-dedans pourtant, me semble-t-il. Sauras-tu séparer les torchons des serviettes ? Allez on réflechit un peu...Moi au départ je me suis dit, tiens, il était pas content parce que je suis pas allée le rejoindre. Que nenni. Mais qu'est-ce que ça peut bien être alors ? Il aime pas le mot pieuter. Non ? Trop de h (et pas assez de vin) dans ouhhh ? Toujours pas. Dans ce cas je donne ma langue au chat (et vice-versa).

Jte biz. C'est ça qui cloche. Pas assez chaleureux, trop impersonnel, c'est la première fois que je le biz aussi froidement alors que d'habitude je le bizoute tendrement et tout partout, et puis je lui ai même pas dit qu'il me manquait. D'où son observation attentive pour voir si quelque chose avait changé en moi. Et dans sa foulée paranoïde, hop, je m'occuperais trop de mon pote et pas assez de lui. Mais à part ça il est pas jaloux hein, vraiment pas.

mercredi 17 mai 2006

Rendez-vous (vous êtes cernés)

Ah les amis, malgré mes soucis de santé, il faut bien reconnaître que ce monde de brutes nous offre parfois quelques douceurs.

Hier, si vous avez suivi, j'avais prévu de passer au bar en bas de chez moi. D'abord parce que j'aime ce lieu. Mais aussi dans l'espoir d'apercevoir le charmant qui me fait les yeux doux. J'étais accompagnée du même pote que la dernière fois. Oui je sais, j'avais constaté que ce n'était pas une excellente idée pour émettre des signaux de fille célibataire et open (sous conditions, eh oh, j'ai mes exigences), mais faut croire que j'aime reproduire mes erreurs. Et puis c'est un pote quoi, je vais pas non plus me priver de le voir sous prétexte que y a moyen de moyenner...On papote, essentiellement de la meilleure façon de gérer le fléau qui me persécute (figure de style : hyperbole. Non mais je dis ça comme ça si ça peut aider). Car il connaît une sage-femme. Aucun rapport avec la choucroute, mais par relations interposées, sait-on jamais. J'y crois pas trop cela dit.

Le charmant charmeur se pointe. Joie. Il me dit bonjour. Et s'installe avec une fille (la même que la fois précédente. Mais c'est qui celle-ci ? Si c'est sa petite amie, je trouve scandaleux qu'il me drague ouvertement. Ou qu'il me drague tout court d'ailleurs) (oui bon, je fais pas ma jeune fille en fleur qui nierait l'adultère, mais quand même). Le jeu des yeux de velours recommence. Puis d'autres amis arrivent. Ils sont obligés de changer de table, rapport à l'espace, et je constate qu'il prend bien soin de se positionner de façon à ce que je reste dans son angle de vue. Et ça continue, encore et encore. Il fait beaucoup d'allers et venues, car c'est service au bar, et bizarrement il est toujours volontaire pour aller commander. Ce qui lui permet de passer tout près de moi, qui suis tout près du comptoir. Quel hasard...

Au comptoir, une dame, pilier du lieu, est déjà à un stade relativement avancé pour l'heure (il fait encore jour), très sociable donc, ce qui engendre, entre elle, mon pote, le charmant et moi, l'échange de quelques facéties. L'intérieur du bar se remplit car un concert commence. Mon pote se lève (merci, ça c'est de l'amitié) (bien que je ne lui aie soufflé mot de ce qui se trame et qu'il n'ait rien remarqué. Il doit être distrait). Bref instant avec le charmant charmeur.

Alors voilà, son prénom est un mélange de Caliméro (le petit poussin noir) (nul n'est censé ignorer la loi mais personne n'est à l'abri d'une carence culturelle. Alors je précise si je veux), de calimucho (cocktail vin-coca. Faut aimer. J'avoue que ce n'est pas ma tasse de thé, du tout du tout) (idem (pour les carences)) et de Camille (prénom unisexe) (quoi encore ?), sauf que bien sûr son prénom à lui est vachement plus exotique et trop beau. Oui. Il est d'origine chilienne. Il me dit que ça serait bien qu'on se pose un jour tous les deux, parce qu'il croise mon regard et que...(ah bon, nos regards se croisent ? J'me s'rais pas douté) Alors je lui réponds que je m'appelle Ada, que je suis d'origine vietnamienne et que oui, bien sûr, j'habite dans le quartier, on aura l'occasion de se croiser.

Je sors acheter des cacahuètes pour cause de pénurie d'amuse-gueule. Il me demande si je serai là demain : on a rendez-vous ce soir...

vendredi 12 mai 2006

"T'as de beaux yeux tu sais"

Le temps des terrasses est revenu.

Hier soir, après une séance d'analyse qui est passée à la vitesse de l'éclair (c'est marrant la perception du temps...tellement variable et en même temps tellement immuable. Un jour sur le divan je me disais oh là là, mais qu'est-ce que ça passe lentement aujourd'hui, j'ai l'impression que ça fait trois plombes que je parle...L'analyste finit par sortir son rituel Bien. On va continuer la prochaine fois qui met fin à la séance, je me lève, je paye et, mon portable rallumé, je me rends compte que je suis restée une heure au lieu de 25 minutes...Moralité : quand le temps paraît long, c'est parfois qu'il l'est. Par contre j'ai jamais compris le pourquoi de cette séance à rallonge)...une séance éclair donc, mais avec une durée règlementaire, un peu comme quand une nuit semble aussi rapide qu'un clignement de paupière (et je ne parle pas de paupière par hasard, croyez-moi, tout est calculé au millimètre près)...eh bien, après cette séance, me sentant fraîche et dispose, et pour changer un peu car je suis une aventurière de l'imprévu, je me suis rendue au bar en bas de chez moi.

En terrasse, pour profiter du soleil et parfaire ce bronzage que j'ai bien failli perdre avec ces récentes sessions pluvieuses. Mais pas de panique, la situation n'est pas désespérée, ça reste bien doré (ah ben oui, ma vie est pleine de questionnements métaphysiques, comme vous pouvez le constater).

J'étais avec un pote. Ça n'a l'air de rien mais vous verrez que ce détail a son importance. Passe un homme charmant, avec qui j'avais plaisanté une fois il y a longtemps, mais vite fait, pas de réel échange, deux mots à tout casser, même pas, peut-être juste un sourire.

Bon en fait, faut que je vous explique, quand je dis le bar en bas de chez moi, c'est un raccourci, je n'habite pas littéralement au-dessus, tandis que ce jeune homme si, semble-t-il. Et là, en rentrant chez lui, il m'aperçoit et me salue, d'un regard appuyé et l'air agréablement surpris (il est vrai que je n'ai pas été très assidue ces derniers temps).

Puis il ressort de chez lui et rejoint des amis en terrasse. S'est alors déroulé un échange d'oeillades pas piquées des vers, camarades. C'était Quai des brumes en buvant de la blonde. Seulement voilà, j'étais accompagnée et si l'on avait sondé un échantillon représentatif de la population, je pense qu'une bonne partie aurait émis l'hypothèse que le pote en question était mon petit ami. Or non, je m'inscris en faux, point du tout. Mais pas moyen de le faire savoir au charmant là-bas...J'aurais pas pu venir avec une copine plutôt ? Sûr que si j'avais été avec une fille, il serait venu nous parler. Et mon pote le serveur, vous croyez pas qu'il aurait pu bosser ce jour-là ? Eh ben non, jamais là quand il faut. Parce que je suis sûre qu'ils se connaissent. Un habitué et un serveur, forcément ça se connaît.

Près de moi une tablée composée d'éléments exclusivement masculins se prend en photo, refait le monde (activité très répandue dans ce genre de lieu) et fonde un parti politique. C'est assez drôle (sauf qu'il y en a un qui sent pas très bon) surtout qu'ils nous prennent à parti...Bon sang, il pourrait pas être pote avec ceux-là, le charmant, histoire qu'on engage la discussion, l'air de rien...Mais non, il continue à m'envoyer des sourires avec ses yeux...Impression : douce chaleur.

Voilà, le temps des terrasses est revenu. Au coeur de l'hiver, quand on se presse autour du comptoir, le contact est plus facile, merde.

(Je ne sais pas ce que vous en pensez mais je crois que je vais passer un peu plus souvent au bar en bas de chez moi, bon pas ce soir, j'ai rendez-vous avec ex-monamour, ça tombe mal, mais dès que possible, et seule même.)

vendredi 7 avril 2006

♫ Concerto pour détraqués ♫

Hier soir j'étais au bar en bas de chez moi, celui où y a des bons concerts gratos et de la bière bon marché. Entrent deux jeunes (mais pas juvéniles) filles, 25-28 ans à la louche, l'une le crâne rasé avec crête basse, l'autre en jean déchiré, gros bas résille noir et quelques inscriptions : Punks not dead, Bérurier Noir. Ça nous fait sourire gentiment, on se dit Ah c'est un peu puéril, voire anachronique. Bref, on se la pète adulte.

Ouais mais...quand, chez moi, on a fini la pizza (et les crudités, attention, équilibre alimentaire oblige)...qu'est-ce qu'on décide d'écouter ? Gagné. Les Bérus. Et nous voilà partis à brailler sur ♫ SOS c'est le drapeau mondial ! SOS international ! ♫ et autres ♫ Manifeste ! En république l'anarchie ! ♫, le volume à 33 et des brouettes, le rhum à 50, comme d'hab. Les voisins ont même pas gueulé. En même temps, comme dit un pote, ils seraient peut-être montés pour la Star Ac à fond les manettes, mais pour les Bérus, ils ont la trouille, hé hé. On est trop une bande de jeunes qui se fend la gueule.

Puéril ? Anachronique ? Non mais c'est pas ce qu'on voulait dire...