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mercredi 21 mars 2007

♫ I am the passenger, and I ride and I ride...I look through my window so bright ♫

Le pingouin : À un moment on passe le 17ème parallèle, tu sais le fameux...

Ada : Ah non ! pas le 17ème parallèle ! On l'a passé ok, mais on avait dit aussi qu'on le passerait sous silence.

Le pingouin : Allez quoi, le pire c'est de pas assumer. Et puis ça arrive, même aux meilleurs. En plus y a pas grand chose d'autre à raconter aujourd'hui, faut bien se rabattre sur le stock.

Ada : Bon...Ok, le 17ème parallèle...Mais après on parle de la station de service, y a pas de raison.

Le pingouin : Alors le 17ème parallèle, tu situes ? Le nord, le sud tout ça ? Et donc on s'arrête pour dîner. Et vas-y que ça trinque...

Ada : Non mais tant qu'à raconter, soyons précis. Je voulais pas boire pendant ce séjour. J'ai juste pris une petite bière.

Le pingouin : Ouais, enfin, ça a vite dégénéré.

Ada : C'est le chauffeur qui a insisté !

Le pingouin : Là nous assistons à une tentative de dédouanage qui ne trompe personne...

Ada : Il tenait absolument à ce qu'on trinque ensemble, et pas avec un truc de fillette, plutôt avec un truc à base d'alcool de riz.

Le pingouin : Tu la connais Ada, elle est pas contrariante. Bon maintenant elle est pas fière mais elle est pas contrariante...

Ada : Je signale qu'il m'a un peu prise par les sentiments, comme quoi il m'appréciait, que c'était cool de faire la route ensemble et que ça se fêtait.

Le pingouin : C'est ça, c'est ça. Et l'alcool de riz, contrairement à la bière, ça se boit en faisant des 100 %

Ada : Cul sec si tu préfères.

Le pingouin : Moi franchement je savais que ça allait mal finir, mais Ada dans le feu de l'action...

Ada : C'est au moment où je me suis levée que j'ai compris que j'aurais pas dû.

Le pingouin : Puis on remonte dans la caisse.

Ada : Voilààààà...fin de l'histoire.

Le pingouin : Tt tt tt. On roule, Ada frôle le coma éthylique.

Ada : Ouais ben ça se comprend aussi. On a descendu la bouteille quand même.

Le pingouin : Elle a encore la force de lui demander de s'arrêter, elle sort, elle prend l'air, il vient voir si ça va, ils remontent...

Ada : Et j'ai perdu une tong dans le champ, je m'en suis rendue compte que le lendemain, trop la loose...Allez maintenant la station-service.

Le pingouin : Un peu de patience. Je disais donc, on roule à nouveau, toutes fenêtres ouvertes, pour oxygéner au maximum...quand subitement, sans préavis...

Ada : Je m'y attendais pas trop non plus pour tout dire...

Le pingouin : Ada se met à vomir par dessus bord.

Ada : Ben à choisir entre le tableau de bord et par-dessus bord...franchement j'ai assuré je trouve.

Le pingouin : C'est un point de vue. Mais je finis...

Ada : Euh j'ai un appel urgent à passer là...

Le pingouin : Sauf qu'elle avait pas pensé à la vitesse et au vent...Et elle s'est tout pris en pleine face...Hein Ada que tu t'es gerbée dessus ? Non mais personne se moque, on n'est pas des méchants...Enfin c'était crado quand même, elle en avait plein les cheveux...Tu te rappelles Ada ? Dans les yeux aussi un peu...Hé Ada, c'est à toi là, la station-service, on t'attend...Ohé !

mercredi 7 mars 2007

♫ That's the story of my life, that's the difference between wrong and right, but Billy said both those words are dead ♫

C'est vrai que depuis le retour de la terre de mes ancêtres j'ai un peu laissé de côté ma vie sentimentale. Comprends-moi aussi, c'est pas facile tous les jours...J'imagine que toi-même y a des choses dont tu préfères pas te vanter. Mais bon le moment est venu de faire un point sur l'avancement des travaux. Alors elle en est où l'histoire ? (oui quoi ? bien sûr que plusieurs histoires peuvent n'en faire qu'une, tu vas pas commencer hein, sinon je te donne la recette du chien à la vapeur).

Tu sais peut-être pas (à la réflexion, à moins d'être dans ma tête, je vois pas comment tu pourrais savoir) (et jusqu'à preuve du contraire tu n'es pas dans ma tête) (par contre si tu es dans ma tête, tout s'explique) (je me comprends) bref...sur la terre de mes ancêtres, loin des tentations en tous genres, j'ai largement le temps de méditer sur la situation et je décide que je ne veux plus voir le charmant charmeur chilien et que je veux faire ma vie avec monamour (s'il te plaît laisse-moi finir).

Les retrouvailles avec monamour sont à la hauteur de mes espérances, il m'a tellement manqué, je lui ai tellement manqué, on s'est tellement manqué, que maintenant on essaye de pas se rater. Après je finis par croiser le charmant dans les conditions que tu as lues si tu suis et sinon descends un peu plus bas. Moi, tu vas bien finir par te rentrer ça dans le crâne à un moment, je suis pas quelqu'un de bien, non, tant que je peux esquiver, je me prive pas. Mais quand il me dit que je lui ai brisé le coeur et que ce serait bien qu'on boucle la boucle, là je peux plus fuir. Dommage, ça m'aurait évité de déraper. Ouais parce que quand même hein je suis peut-être lâche mais c'est par instinct de survie, c'est ça qu'il faut voir aussi.

Parallèlement monamour et moi on envisage de fonder une dynastie (enfin surtout lui, moi pour l'instant passer du studio au deux-pièces, ça suffit à m'émotionner) (non mais arrête de m'interrompre sans arrêt : c'est pas encore fait, pour l'instant on réfléchit ok ?)

Bon avec le charmant on s'envoie en l'air comme des sauvages. Il me demande de lui enlever ses pompes et ensuite il dit C'était un test pour voir si tu sais t'occuper d'un bébé. Donc là évidemment je fais comme si j'avais rien entendu. Non c'est pas sympa de ma part, oui je sais. Je suis pas quelqu'un de bien je te répète.

De temps en temps je me dis que je suis une vraie bourgeoise...déjà j'ai un parapluie, t'as qu'à voir...mais pas de montre...tu reliras Balzac, Flaubert ou Zola, et si ça se trouve aucun des trois, toujours est-il que quelqu'un a écrit quelque part que le parapluie et la montre sont les attributs de la bourgeoisie (c'est bon ? on peut continuer ?)...une vraie bourgeoise à qui il faut non seulement un mari mais aussi un amant.

Attends c'est pas fini. Y a aussi le Chanteur là tu sais, celui du nouveau bar qui me plaît bien et réciproquement. Ben lui il arrête pas de m'envoyer des SMS et qu'est-ce qui va se passer ? Seul l'avenir nous le dira.

Voilà. Maintenant tu peux ricaner.

lundi 19 février 2007

♫ La terre de tes ancêtres n'est plus qu'un souvenir ♫

Bon ben je reviens. De loin.

Alors déjà, faut que je te dise, il a pas plu. Pas une goutte. Du bel et bon soleil tout le temps. Du coup Ada a bronzé, t'es content ? Moi je sais pas trop. Enfin si bien sûr, je suis ravie d'être bronzée ; t'es quand même au courant que c'est mon unique préoccupation dans la vie. Et puis je voulais pas que tu sois trop dépaysé. T'imagines je pars en vacances et je rentre même pas bronzée ? Tu supporterais pas...Je suis partagée entre la joie des retrouvailles (devine avec qui) et la peine des séparations.

Y a eu des hauts et des bas. Un soir (pas de pluie non puisque je te le dis) de loose, j'ai hésité entre me bourrer la gueule, emballer un beau gosse ou encore te raconter mes malheurs...Au final je suis allée me coucher. Au risque de te surprendre, sache que ce voyage a été sobre et chaste. Ah, alors, ça rigole moins hein ? Mais attention : très très hauts les hauts. Vertigineux. L'équilibre entre le rire et les larmes a été scrupuleusement respecté, chacun a eu son temps de parole, le CSA peut dormir sur ses deux oreilles.

Je suis allée bien au-delà de mes espérances. J'ai maigri (non mais crois pas non plus que je sois partie faire un régime). J'ai maigri oui, et pourtant j'en ai bouffé des kilomètres, regarde : Hà Nôi, Vinh Ha Long (bon il manque des accents mais je sais pas comment on fait. Je pourrais aussi te dire plus simplement "baie d'Along". Eh ben non), Hà Nôi (oui encore), Vinh (pas Ha Long cette fois, une autre), Huê, Hôi An, Nha Trang, Dà Lat, Sài Gòn, Ben Tre, Sài Gòn. J'ai perdu quelques kilos. Mais j'ai gagné mon histoire.

Laisse-moi le temps d'assimiler, puis je te raconte.

vendredi 26 janvier 2007

♫ De Ca Mau à Lao Cai ♫

Alors t'emballe pas, il va rien se passer de spécial dans cet article, en tout cas rien que tu ne saches déjà plus ou moins. Mais bon je fais l'effort, bien que me trouvant présentement en service public, et au risque de me griller auprès de mes collègues, je fais l'effort donc de te dire au revoir. Parce que t'es sympa quand même.

J'emmène mon K-way orange vu qu'il pleut toujours un peu sous ces latitudes semi voire complètement tropicales. Je prends aussi le routard pour bien tailler la route. Et mes maigres notions de la langue...Ouais ben j'ai pas eu beaucoup de cours je te ferai dire. Non mais grâce au manuel de conversation courante, je sais dire : Je ne ferai rien sans préservatif...Plus fort...Moins vite...C'était fougueux...La base quoi.

L'excitation est à son comble. Non parce que, tu n'en as peut-être pas conscience, avec la légèreté qui te caractérise, mais c'est un peu le voyage de ma vie, les racines, les ancêtres...L'identité, n'ayons pas peur des mots.

Bon allez c'est pas tout ça...l'heure c'est l'heure...Je reviens vers le 19 février. Essaye de pas trop pleurer le soir et gaffe à tes os. Moi ♫ y a l'avion à Roissy qui [m]'attend pour le Sabaïland ♫

jeudi 28 décembre 2006

♫ Je vise juste et j'suis pas près d'lâcher l'affaire mec ♫

Vu qu'on arrêtait pas de me tanner pour que je m'en occupe vite fait, selon le bon vieux dicton qui voudrait nous faire croire qu'il n'est jamais trop tôt pour bien faire...

Vu que bon, je suis un peu du genre à laisser traîner jusqu'à ce qu'il soit trop tard...

Et vu que là c'est important de pas se rater...

J'ai pris les choses en mains.

D'abord j'essaye de les joindre par téléphone. Je tombe sur un message vocal, d'abord en français, puis dans la langue de mes ancêtres. Je réitère plus tard, et encore plus tard, et encore après. Toujours pareil. Au moins je saurai parfaitement prononcer : désolé, le service n'est pas disponible, veuillez rappeler ultérieurement. En même temps y a peu de chance que ça me serve...je sais pas...peut-être dans les moments de gueule de bois, ou autres, où faudra pas me déranger, je pourrai sortir cette formule en guise de va te faire foutre. Ouais faut savoir adapter ses connaissances, c'est signe d'une intelligence vive, qu'ils disent.

Bon à un moment ça me soule d'appuyer sur la touche bis (non parce que moi, ma préférée, c'est la touche étoile quand même) (tiens, ça me fait penser, j'ai lu récemment un bouquin d'Albert Cossery, ça vaut le détour, surtout, truc de ouf, que j'en reste comme deux ronds de flan vanille-caramel, le truc trop stylé, c'est son usage parcimonieux de la virgule. Ça a l'air de rien et pourtant ça fait tout) (tandis que moi, tu vois, j'en use et j'en abuse de la virgule. Eh ben je sais pas comment faire autrement) (et je te parle même pas de la parenthèse), et donc j'arrête (la touche bis) et je remets au lendemain.

Le lendemain ça continue. Mais quand est-ce qu'ils bossent exactement là-dedans ? On va pas me faire croire qu'ils ont pris des vacances non plus ? Alors je décide que tant pis, puisque c'est ainsi j'y vais carrément. Y a risque de cassage de nez sur porte close mais oh je vais pas squatter le téléphone jusqu'à épuisement. Avant de partir, dernière tentative, et là, miracle, quelqu'un au bout du fil. Si c'est pas merveilleux. Un véritable conte de Noël. J'obtiens les renseignements nécessaires puis je trace.

Forcément c'est situé dans le XVIème arrondissement (de Paris), ce coin de désert où perso je me sens pas hyper en sécurité, ça manque de racaille...Je marche le long d'avenues sans vie. Et je pense. Donc je suis. Suis-je ce que je pense ? Non bon attends, je raconte n'importe quoi et toi t'essayes de répondre aux questions, pff, arrête ton cinéma tu veux ? En fait je pense que je pense beaucoup à ex-monamour ces derniers temps, ce qui me fait penser que j'aimerais qu'il pense à moi lui aussi, là-haut sur sa montagne...D'façons je lui ai donné un sachet de tisane d'artichaut et il a dit qu'il penserait à moi au moment de s'en servir. Et tu sais bien que la tisane ça met longtemps à infuser, et après c'est long à boire tellement c'est chaud. Alors forcément il va beaucoup penser à moi. Obligé. Et quand il reviendra je vais le chauffer, mais sans tisane, je te dis que ça.

J'entre. C'est bas de plafond. Une majorité d'yeux bridés. Je me présente au guichet 1 : on me donne le formulaire en deux exemplaires. Je le remplis tout en m'intégrant à la queue du guichet 2. À ce moment une dame me demande si elle est au bon endroit. Oui oui, c'est bien ici pour les dépôts.

Puis elle revient à la charge pour savoir s'il faut prendre un ticket. Déjà, pourquoi elle ne s'adresse qu'à moi ? c'est d'autant moins compréhensible qu'à chaque fois elle perd sa place dans la queue et elle se replace en dernière position...alors qu'elle pourrait demander à son voisin, tu vois ? Eh ben non, elle vient jusqu'à moi. Pourquoi ? y a écrit Accueil du public sur ma gueule ? Ensuite, vois-tu un distributeur de tickets quelque part mmm ? vois-tu des gens avec un ticket à la main ? vois-tu un écran où défilent des numéros ? Non hein ? Alors ? Alors je lui réponds : non non, il faut juste se mettre dans la file (allez zou).

Là c'est mon tour. Je fournis les pièces demandées. Elle revient. T'y crois à ça ? Elle re-vient. Et s'enquiert : les gens qui font la queue de l'autre côté, c'est pour quoi ? C'est pour faire parler les curieux, j't'explique : c'est des gens, ils se mettent les uns derrière les autres dans le but que d'autre gens, toi par exemple, qui m'a l'air d'avoir sacrément du temps à perdre, que d'autres gens donc se demandent avec curiosité ce qu'ils peuvent bien faire, alignés ainsi devant un guichet...Quel mystère...

Bon je comprends que ça puisse être stressant les formalités administratives, mais pourquoi je dois me taper le seul cas social de l'assemblée ? Et rester polie en plus...Alors tu vois, je pense qu'ils en sont à l'étape suivante, vu que les guichets sont numérotés, on peut supposer qu'il y a une progression, un peu comme un jeu de l'oie, tu saisis p'tite dinde ?

Je passe au guichet 3 pour payer. Ça y est, c'est fini, je me dirige vers la sortie. Et devine qui m'alpague avant de franchir le seuil ? Gagné. Vous l'aurez dans combien de temps ? m'interroge-t-elle. Désolé, le service n'est pas disponible, veuillez rappeler ultérieurement. Ça l'aurait fait non ? Mais ça m'est pas venu. Dommage. À la place je réponds : une semaine, c'est le délai.

Voilà, dans sept jours j'ai mon visa pour la terre de mes ancêtres. Et tu sais ce qu'elle me dit, avant de me laisser partir ? À la semaine prochaine alors !