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mercredi 16 juillet 2008

♫ Hear me when I come baby ♫

Un apéro en terrasse avec l'Écrivain, c'est jamais décevant. On a beau se voir quasiment jamais, on reprend la discussion comme si c'était hier. On arrive à parler de la "relation", l'"histoire", bref le truc qu'on a vécu ensemble...ouais c'est assez nouveau ça, et même on en rit. Non mais attends on l'a échappé belle je te signale et crois-moi qu'on est ravi d'avoir préservé cette amitié. On s'aime et on se le dit avec des mots. Contrairement au charmant charmeur chilien avec qui on se le dit plus avec les corps tu vois.

J'étais tranquillement à tanguer (j'avais mangé toutes les chips mais ça éponge pas vraiment) sur un Vélib, autour de minuit, après cet apéro avec l'Écrivain, quand arrive un SMS du charmant. Bon ben je fais demi-tour du coup. Oui oh je sais, je sais. Il faut te dire, au cas où tu l'aurais pas compris, que j'étais déjà bien attaquée. Et donc (enfin je suppose, y a pas forcément lien de cause à effet) le premier parachute, je le sens pas du tout. Ah non je t'assure hein, juste les vapeurs de l'alcool se dissipent de plus en plus mais à part ça je ne vois rien venir. Le charmant m'en propose donc un second. Qui fait son gros effet.

Disons que je suis passée d'un état à un autre sans transition. Je me souviens avoir été très étonnée de voir mon visage dans la salle de bain, enfin non bien sûr je m'attendais à voir apparaître un visage dans le miroir au-dessus du lavabo mais je me trouvais bizarre. Tu me diras j'avais sans doute pas tort.

Je me souviens que plus tard, ou plus tôt, j'avais les yeux fixes et écarquillés et je disais au charmant J'ai peur-j'ai peur-j'ai peur, mais c'était une sorte de peur en dent de scie, presque agréable parfois, et le charmant disait avec sa voix toute douceRegarde-moi, t'es en train de faire un bad trip là, j'ai déjà vu des gens faire un bad trip, t'es en train de faire un bad trip, regarde-moi, ça va aller, et oui ça allait, je voyais son visage tout pixellisé, très joli, j'avais plus peur.

Je me souviens avoir fumé une clope assise sur le rebord de la fenêtre et j'avais l'impression d'être dans le corps d'une poule. Oui, une poule.

Je me souviens pas le moment où j'étais toute nue et toute seule sur le futon, les jambes en l'air et l'air d'aller très bien. Devine qui m'a raconté ?

Par contre je me souviens des caresses, celles que je faisais au charmant et celles que je me faisais à moi-même.

Et aussi du charmant qui me disait qu'en fait on est frère et soeur lui et moi.

Le lendemain on se réveille tard et pendant que le charmant mange une salade, j'ai des remontées bien puissantes, je peux juste grignoter une crevette et un tout petit peu d'avocat.

Puis je retrouve monamour, qui est un homme exceptionnel, je ne le dirai jamais assez...je veux dire, j'ai "découché", non découché j'aime pas, mais bon c'est bien ça que j'ai fait en même temps, j'ai découché trois fois en une dizaine de jours et on se retrouve, comme si de rien n'était, il est content de me voir et moi je suis love, un peu en chaleur aussi, mais surtout love love love.

Je me demande quand je vais prendre l'atterrissage en pleine gueule, j'anticipe le mal, d'autant que le lendemain on part à Londres, s'agit d'être en forme quand même, pas se la jouer vieille loque en descente, assurer quoi merde. Alors, cette douleur physique et mentale, elle vient quand ? Eh ben crois-le, crois-le pas, elle est pas venue. Je sais pas ce qui s'est passé, rien à voir avec la première fois, même pas mal.

Cela dit (après ces quelques jours à Londres, où j'espérais pas trop me mettre au vert (vu que c'est une ville bien festive) mais les idées en place oui), j'ai repris le taff. La première chose que j'ai fait en arrivant ce matin, c'est ranger mon bureau. Ce soir j'attaque la chambre et après je crois qu'on est bon.

mardi 8 juillet 2008

♫ Sur fond de rock'n'roll s'égare mon Alice ♫

Bon ça y est je reviens. Non parce que j'étais partie un peu loin quand même.

Alors oui le charmant charmeur chilien m'a apporté un petit goûter alcoolisé et après on a pris les chemins de fer et les petits câlins sont devenus gros gros gros. Au petit matin je suis rentrée en Vélib pour la deuxième fois.

Et qui donc a dit Jamais deux sans trois ? Reconnaissons qu'il n'avait pas tout à fait tort.

Sauf que la troisième fois a légèrement différé des précédentes. Oui messieurs-dames. Et pourquoi donc hein ? Pour la simple et bonne raison que j'ai fait du parachute.

Dit comme ça, évidemment tu ne vois pas, je m'en doute bien. Pour de plus amples informations il te suffira de taper, sur ton encyclopédie libre, les lettres m, puis d, puis m, puis a et d'aller à la rubrique "Jargon". Je t'en prie.

Alors le parachute, au début tu dis, enfin moi je dis, en bonne trouillarde : non mais arrêêêêête ça fait trop peur !!! Le charmant te rassure, tu fais comme tu veux, mais là y a presque rien, tu vas rien sentir. Bon du coup tu testes.

Effectivement tu sens rien. Jusqu'au moment où tu te mets à voir en saccadé, les mouvements sont décomposés, comme ta caméra quand elle est pas très performante, un peu au ralenti quoi. Tiens d'ailleurs en parlant de ralenti, niveau perception du temps, c'est carrément l'effet inverse des chemins de fer. À savoir : avec les chemins de fer, le temps passe à la vitesse de la lumière (blanche), une nuit égale environ une heure ; avec le parachute, tout le contraire, quand tu jurerais qu'il est 6h du mat, il est à peine 23h...

Le grand sourire plein de dents scotché sur ta face te rappelle tes premières expériences de jeune fumeuse en herbe (en herbe dans tous les sens du terme, tu avais compris). Oui c'est un peu pareil, tu te mets à rire pour rien et tu pousses des cris de joie, ah tu vois rien que d'y penser j'en veux encore.

Et puis alors, va savoir comment, toi qui refuses ce genre d'activité depuis que tu es en capacité de faire ta toilette seule, voilà que non seulement tu te retrouves à prendre un bain mais en plus tu kiffes...

Bon il va de soi que tout cela est agrémenté de caresses en tout genre car tu as littéralement le feu partout partout PARTOUT.

Vient le moment où ça retombe, forcément, et là le coup de barre est terrible. Le charmant sort alors les chemins de fer et, aah, ça va mieux. Allez au lit. Il est 4h. Tu règles ton réveil à 5. À 5, tu le règles à 6. À 6 tu envoies un texto et tu dors sur place.

Vers 10h tu es dans le métro, et franchement tu ignorais qu'ils étaient si nombreux à se déplacer si tôt le dimanche. En plus ils braquent leur regard sur toi, mais non voyons, pas parce que tu es irrésistible, juste parce que tu portes tes lunettes de soleil, les néons te font trop maaaaaal.

Et monamour qui t'attend comme un petit pain au chocolat bien chaud sous la couette te dit : Tu veux pas enlever tes lunettes de cocaïnomane avant de te coucher ? Tu ne relèves pas car il n'est pas si loin de la vérité et surtout tu es épuisée, à bout de forces, tu calcules que tu n'as presque rien mangé depuis 48 heures, tu constates que malgré cela tu n'as pas faim, il ne te reste plus qu'à dormir.

Autant te dire qu'après tu es déprimée un peu beaucoup. C'est le prix à payer, dit le charmant. Eh ben c'est cher. Enfin bon toujours est-il que je suis revenue et ça c'est pas mal. J'ai même mangé un cheeseburger, non, pas là où tu crois, dans un bon resto. Et bien sûr, avant que j'aie le temps de me poser cinq minutes, je reçois : Hello chère amie que diriez-vous de prendre un verre prochainement ? ça fait longtemps ! C'est l'Écrivain.