vendredi 8 décembre 2006

Lost highway in translation...

[L'intégralité du post précédent (titre inclus) est le fruit du travail d'une équipe d'internautes égarés sur ce blog à l'insu de leur plein gré. Seuls l'ordonnancement et la ponctuation sont de moi.]

Après un petit apéro chez le gars à la guitare, je me rends à l'invitation du charmant charmeur chilien (jvais au nouveau bar si tu ve me rejoindre ; ok je passerai plus tard). Il dit que ça fait longtemps (ah ben ça nous rajeunit pas mon bon monsieur), qu'il est content que je sois venue, qu'il pense que c'est bien de se voir, qu'il est surpris de lire dans mes yeux la distance parcourue. Nous mimons, avec nos paquets de clopes respectifs, la danse de la séparation : il avance, je recule et vice-versa (oui bon t'es gentil...si tu pouvais élever le débat de temps en temps, ça nous ferait des vacances). Chez lui on essaye toutes les pièces et toutes les positions avant d'échouer sur le lit. Attention, dialogue à haute tenuer symbolique :

- Tiens, t'avais commencé cette BD...

- Non merci je vais rentrer

- Oh non, tu dors ici d'accord ? pourquoi tu veux pas la BD ?

- Ben écoute, y a des histoires comme ça qui s'arrêtent en cours de route, c'est la vie...

- Ah. Mais là t'as justement l'occasion de la continuer l'histoire...

- Ok je reprends la BD. Mais pas tellement pour la continuer, pour la finir.

Au réveil il me retient,je résiste. Il se lève pour me regarder partir. Sous la pluie je pense à Mister Perché. Ça y ressemble (et ça n'est pas vraiment l'amour).

Le lendemain, debriefing avec mon pote, déjà plus ou moin informé par SMS : ça va camarade ? y a du neuf...tu veux passer à la maison ? ben là je suis justement avec le neuf. Il est nouveau nouveau ? Oui oui, nouveau. Cool ! Enfin 1 truc intelligent (oui ça a beau être mon pote, il en pense pas moins que je suis conne, y a des limites à l'amitié) Bin appelle quand tu peux pour me raconter.

De son côté c'est reparti comme en 40 avec sa belle. Il me délivre une ordonnance : arrêt total d'ex-monamour (si vous voulez pas finir foudroyé), usage facultatif et modéré du charmant charmeur chilien en fonction des besoins et envies (y a pas de mal à se faire du bien), consommation à volonté du gars à la guitare.

Je préfère te prévenir tout de suite, je sais pas si je suivrai la prescription. Si ça se trouve, je vais faire exactement l'inverse, parce que la médecine hein...♫ si c'est ça la médecine, j'préfère la guillotine ♫ Non je déconne. En attente d'un voyage prochain sur la terre de mes ancêtres...j'ai juste envie d'être loin. D'ici là je suis en suspens.

Plus tard je paume ma carte bancaire, histoire de matérialiser la perte.

Mes excuses aux voisin pour le bruit (texte intégral)

À poil, chez moi, envie de te dire que je te trouve relativement heureux. Un événement : t'as une copine. Quoi répondre ? Je te conseille de courir vite si tu veux pas finir taillé en frite, poussin noir.

À poil, chez moi, on met de la mousse dans la baignoire, lavage des cheveux en faisant l'amour. Ma conscience me dit de lui annoncer la nouvelle : mon ex est un psychopathe (mais si. J'insiste). Je dois arrêter la garde alternée. Faire le deuil.

À poil (micro-string, soutif), chez moi, le fond de l'air est frais...

À poil, chez moi, étude du pastis. J'ai besoin d'un anti-vomitif.

À poil, chez moi, j'entends une voix : "Ada je t'aime. Bonsoir et à bientôt".

Sortie latérale.

mercredi 6 décembre 2006

♫ En république l'anarchie ♫

Je sais pas comment tu vois les choses de ton côté, mais je peux te dire que, vu de ma fenêtre, c'est un joyeux merdier (la mère Noël, j'aime pas la soupe, vive le feu, salut à toi) (si tu l'as en vinyl, j'veux bien, j'ai vendu le mien un jour de galère) (et si ça te dit, un jour, je te raconterai ma jeunesse) (bon alors ça te dit ?) (ok. J'vois que t'es vachement impliqué, merci quand même) (tant pis hein, j'disais ça pour toi) (parce que moi, j'la connais ma jeunesse) (tu sais pas ce que tu rates) (faudra pas venir se plaindre) (on prend pas les regrets ici) (eh non) (ah ben tu te démerdes hein).

Et donc, n'est-ce pas, arrive un moment où elle est plus tellement viable l'histoire, ni vivable, ni valable, ni rien - absolutely nothing, nada, queud, nihil (ex nihilo), non nohil (novi sub sole) de nihil, je ne regrette rien, je viens de te le dire...(tu réviseras ton ablatif absolu pour la prochaine fois)

Et donc, n'est-ce pas (bis), toujours et encore, ça se traduit par (rien ne vient de rien) (rien de nouveau sous le soleil) (exactement) (rien de rien) (mais oui je sais que tu parles latin couramment, je sais) :

1) Je ne donne pas signe de vie au charmant charmeur chilien pendant 5 jours (lui non plus tu noteras) jusqu'à ce qu'il envoie : J'espère que tu vas bien. Une pensée pour toi...Là tu comprends tout de suite que lui c'est pas la grande forme, vu les formes qu'il met à son SMS, pas un seul mot en phonétique, on croit rêver. Je réponds (ben oui quand même, j'ai beau être en pleine fuite, je réponds) : Oui ça va. Moi aussi je pense à toi. Hum, bon, c'est pas tout à fait synchro avec moi-même, vu qu'à ce moment précis de SMS, je m'apprête à retrouver le gars à la guitare. Mais en même temps c'est pas faux, des fois j'y pense au charmant. Tu ve passé ? Ça va déjà mieux on dirait. Là je peux pas, je vais au cinéma. Bon cinéma ! Depuis, nihil. Peut-être considère-t-il que c'est à moi de prendre l'initiative...D'une part j'ai pas trop eu le temps. D'autre part j'ai pas trop envie. Disons que dans ma tête et dans mon corps je ne suis plus avec lui. Ne reste plus qu'à le verbaliser. Mais on n'a pas l'air pressé, ni l'un ni l'autre.

2) Je fricote avec ex-monamour. C'est jamais désagréable. On replonge dans une phase de rapprochement. Je vais même jusqu'à lui donner ma télé (pas assez pratique comme porte-manteau). Mais on vit ça au jour le jour, surtout ne nihil projeter puisqu'on n'est plus ensemble, combien de fois faut que je te le répète ?

3) La rencontre du troisième type s'avère fructueuse, on peut pas nier. sauf que je veux pas dormir chez lui. Ni qu'il dorme chez moi. Je ne te cache pas que c'est pas son choix. Mais c'est pas comme s'il l'avait. Non mais faut me comprendre aussi...comment veux-tu que je commence quelque chose dans ces conditons ? comment ? Y a nihil à faire, il me faut un peu de distance.

Alors je m'introspecte et je me dis que c'est pas joli joli. Amusant certes. Pas très sérieux (on n'est pas sérieux quand on a 83 ans). Mais est-ce que je suis là pour donner dans le sérieux, franchement ?

Y en a qui se chargent d'y croire pour moi, tu vas voir cette prose fluide et pas langue de bois pour deux sous, je m'y reconnais tout à fait (mascarade je t'avais dit) :

Excellent agent (euh ouais...d'ambiance peut-être...sinon je vois pas) précis et rigoureux (l'hiver approche, je m'adapte), actuellement en pleine progression (tu confonds pas avec régression ?), Ada est d'ores et déjà une des meilleures spécialistes du XXX (de la loose tu veux dire). Son évolution de carrière (quand nos aînés n'y seront plus ? Avec la réforme des retraites, ils sont pas rendus, je voudrais pas dire) doit être rapidement envisagée, de manière à ce que son statut (de la liberté) corresponde aux dossiers qui lui sont confiés (ouais ben file-moi une augmentation, ça ira bien).

lundi 4 décembre 2006

♫ Oh freedom is mine and I know how I feel ♫

J'ai qu'une parole, c'est pas à toi que je vais l'apprendre hein...alors je la tiens (non. Elle est imberbe. Commence pas, veux-tu) et je contacte qui tu sais.

On se retrouve dans le quartier, au bar-tabac, lieu d'une neutralité toute relative, vu que j'y croise quand même pas moins de trois connaissances, mais sans commune mesure avec la familiarité en l'occurrence un peu gênante du bar en bas et du nouveau bar.

J'arrive d'un apéritif dînatoire avec mes amis, désolés de mon abandon (ouais parce que mes amis, quand je suis pas là, ils s'ennuient profondément, un seul être vous manque et tout est dépeuplé, je suis indispensable et irremplaçable) (mais sinon ça va), ils s'accrochent à ma jambe avec force supplications...j'ai bien du mal à m'en défaire, mais comme ce qu'ils veulent c'est mon bonheur, ils finissent par se sacrifier (en fait ils s'immolent par le feu, tout simplement). Sur la route je me demande si je vais le reconnaître. Je me souviens qu'il est grand et mince.

Ça doit être le gars à la guitare hein ? Ben oui. Là je me rends compte qu'il ressemble à Romain Duris, alors déjà ça commence pas mal. On replonge direct dans l'espèce de connivence un peu distancée du premier soir, séduction légère.

L'ivrogne de permanence (y en a plusieurs, mais disons : celui qui nous est assigné) nous interrompt jusqu'à ce que je lui dise : tu nous excuses mais on est en train de se marier, faut pas nous déranger. Il ouvre des yeux ronds et contrits (pas facile, essaye pour voir) et se replie aussitôt vers le comptoir. Le reste du temps, il m'envoie, à intervalles réguliers, les regards de celui qui a compris qu'il se trame quelque chose de la plus haute importance, hors de portée de ses compétences...

Quand ça ferme on passe chez l'épicier, où je rencontre la belle (ou l'ex-belle, je sais pas trop, c'est à nouveau très nébuleux) de mon pote. Chez le gars à la guitare...

Je savais pas trop comment le nommer. Finalement ça s'impose. Quand je l'interroge sur ce qu'il fait dans la vie, à part porter une guitare sur son dos, il répond : justement, ça, porter une guitare sur mon dos. Il est roadie quoi. Mais plus dans le cinéma. Intermittent du spectacle, voilà...

Chez lui donc on écoute de la musique, chacun son casque pour pas réveiller les voisins, vautrés sur le tapis. Vers 7h du mat, coup de barre, il voudrait que je reste, que je me mette dans son lit, mais je rentre chez moi. Le nouveau bar est en cours d'ouverture, le marché aussi, Paris s'éveille, j'ai sommeil.

Je dors une bonne partie de la journée, réveillée en alternance par l'emménagement des nouveaux voisins et un ou deux SMS du gars à la guitare. Je le retrouve chez lui. Il me fait rire. Par exemple quand j'envoie : tu veux que j'amène un truc spécial pour l'apéro ? et que je reçois : du pain. Et l'apéro, ben moi ça me fait rire. Non mais moi aussi je le fais rire, je suis drôle je te rappelle. Il me montre ses photos de Bornéo, je choisis des bouquins dans sa bibliothèque, on projette d'aller au cinéma.

À un moment il dit : bon écoute, maintenant je vais te violer. Je dis d'accord.

vendredi 1 décembre 2006

♫ Aller au charbon, aller aux ouailles, chercher la houille ♫

Après la séance d'analyse (bien, merci) du jeudi (ouais parce que le jeudi, je dis), je monte dans le métro. Ça te paraît peut-être d'une banalité affligeante (t'as remarqué que la locution banalité affligeante est elle-même d'une banalité affligeante ?), mais c'est pas dans mes habitudes. Enfin si, je prends le métro, évidemment, et quotidiennement qui plus est...

Sauf après une séance d'analyse. Il paraît que la marche à pied est un excellent stimulant de la réflexion...Mais quand j'ai un rencard derrière, je prends le métro. Dans lequel je reçois, oh quelle surprise (au final j'ai pa srépondu au dernier SMS d'invitation, et donc j'étais en droit de penser que la balle était dans mon camp non ? Non) : il me semble découvrir ton prénom avec certitude : Désirée ! (encore ! mais encore raté...) Je t'appelle d'ici dimanche, Sigmund, c'est mon challenge, oublie pas ! (je me fais pas trop de souci, il a pas l'air de vouloir oublier) (et en attendant merci de vaquer à tes occupations, fais-toi discret si possible).

Je rejoins (comment ça où ? Dans un bar. Réfléchis) le mec d'une amie. Il me demande où j'en suis de mes amours. Non mais ça, c'est LA question, je sais pas si tu mesures bien 1m75 ou la portée de mes paroles, c'est la question qui fait marrer dans les chaumières le soir au coin du feu. Déjà le pluriel. Alors tes amours ? C'est une expression mille fois entendue ok. Mais quand elle s'adresse à moi, le pluriel il est pas là pour faire joli (non parce que souvent on se dit, tiens je vais dire ça, ça va faire joli), le pluriel il est à prendre au pied de la lettre. Avec le sourire qui va bien...Donc il me demande hein...Toi je te raconte pas, tu sais déjà.

Quand sa copine arrive (mon amie donc), on s'engouffre dans la Mutualité. Tu sais comment c'est, t'as toujours, histoire de se chauffer, la première partie un peu laborieuse (jeu de mots, normalement tu comprends plus loin), qui transpire le trac, qui regarde trop son texte mais qu'on encourage quand même, on n'est pas des brutes.

Puis arrive la tête d'affiche, sous les applaudissements. Olivier Besancenot, à la tribune, sans filer, à part un petit cahier pour lire les citations qu'il connaît pas par coeur. Tout le monde s'accorde à dire qu'il est excellent orateur. Et là, en plus, étant donné qu'il est face à un public conquis...

À quelques exceptions près en ce qui me concerne...Bon après "quelques", ça dépend du point de vue...Et comme faut bien que je décide pour qui voter, il est jamais trop tôt pour s'intéresser à ce qui se dit ici ou là. Je commence par lui (non parce qu'Arlette, arrête hein, pitié), après je décale vers la droite (pas la droite droite, vers la droite de lui), pas trop loin non plus, déconne pas, la gauche "royaliste" je crois pas que ce soit possible pour moi...enfin bon parlons pas de sujet qui fâche, bon sang de bonsoir je te parle politique là, qu'est-ce qui m'arrive ?...et pour finir je fais mon choix...

Il est donc devant un public conquis, ce qui lui permet de faire de l'humour plutôt drôle. À la fin, tradition oblige, on se lève et le poing (gauche tant qu'à faire, mais y a pas d'obligation) pour entonner la chanson d'Eugène Pottier et Pierre de Geyter. La salle commence à se vider. On s'emmitoufle en prévision du froid, quand le gars à côté appelle (je sais pas si tu vois comment c'est foutu la Mutualité, mais en fait c'est pas grave, juste pour te dire qu'on est balcon) :

Eh Olivier !

L'interpellé lève la tête : Ah t'es venu ? Ça fait longtemps que t'es là ?

Oh une demi-heure...

Ah ok...

Eh Olivier, c'était bien. Franchement t'as assuré !

Ouais ? t'as trouvé ?

Ouais t'as bien assuré. Bon, Olivier, j'y vais là. À demain, au taff !

Ouais, à demain au taff !

♫ Et pour finir, recommencer, se lever tôt ♫

jeudi 30 novembre 2006

Rencontre du troisième type ?

À un moment un gars avec une guitare sur le dos entre dans le nouveau bar. Direct il sa fait brancher par le Relou de service :

Ah t'es musicien ? tu joues de quoi ?

Ben, du piano...

Ah bon ? tu joues du piano ? (Relou j'te dis)

Ben non, regarde

Ah...et tu joues quoi comme musique ?

Ben du Mozart...

Du Mozart ?

Ben non, pas du Mozart

Non mais tu te fous de ma gueule là

Mais non pas du tout

Ben si, tu me prends pour un con, j'te d'mande de quoi tu joues, tu m'dis du piano...

Non mais c'était de l'humour, j'essayais de te faire RIRE

J'envoie un sourire compatissant au nouvel arrivant tandis que le charmant trinque avec lui, histoire de dire t'inquiète il est Relou, fais pas gaffe. Relou s'éloigne et raconte à son pote : "J'ui dis tu joues quoi, i'm dit du Mozart, faut pas m'prend pour un con quand même" (ad libitum). Ah les ivrognes, tout un poème...

Le guitariste va acheter des clopes, la moitié du bar prend commande, dont moi. Quand il me les ramène, et tandis que le charmant est consacré sur un échiquier, on fait connaissance, jusqu'à la fermeture, à base de jeu sur les prénoms (je ne lui ai pas dit le mien), d'écologie, de pays asiatique, de relatif dans l'absolu, le tout parsemé de discussions téléphoniques, lui en terrasse, moi au comptoir, histoire d'éclater son forfait...ainsi que de fausses entrées et sorties, avec ma copine la serveuse qui fait le clap. On s'amuse comme des petits fous.

1h57 (je prends une douche), message vocal : j'espère que tu es bien rentrée (ben franchement la route était pas longue, mais c'est gentil de s'en préoccuper). SMS : bien rentrée, bonne nuit !

2h. SMS : nous ne sommes pas très loin l'un de l'autre...(ai-je précisé qu'il habite dans le quartier ?).

2h20 : ??? (bon nous avons trop bu, c'est sûr).

2h30 : bon, alé, répon mwa (DJEUN'S)...(mais pour te dire quoi exactement ? Je confirme, nous sommes voisins ?) Réponse : JE DORS, bonne nuit Wilfried !

Le lendemain. 17h53, SMS : comment vas-tu ? (ah je m'attendais pas à avoir des nouvelles si tôt). 18h37 : fatiguée comme une mouette mazoutée (ça, avec le décodeur, ça signifie : faut pas trop me déranger, je suis pas en état) Et toi Aristide ? (mais courtoise néanmoins).

18h40 : moi ? super-méga-top forme ! (et ça, toujours avec le décodeur, ça signifie : je suis tout à fait dispo) j'ai envie d'un ciné (la preuve) kess t'en dis Noémie ? (ça rime). 19h15 : ben écoute Eugène, je suis pas contre l'idée mais je peux pas ce soir (eh non, c'est comme ça).

19h31 : bon (id est : j'en prends note, pas de problème) dis moi quand même si t'as envie de me revoir...(besoin d'être rassuré) (mais rassuré sur quoi ? je me suis engagée à rien que je sache) (et pas que pour aller au cinoche) (nous y voilà...).

19h50 : ben oui, mis à part le fait que ma vie est assez agitée côté cour et côté jardin, non pardon, côté coeur et côté cul (je suis pas célibataire, enfin pas vraiment, et en plus j'ai du mal à savoir qui est mon mec et qui est mon amant) je te reverrai avec plaisir (sans précision sur le type d'activité, parce que bon, j'en sais rien moi) Mais tu fais pas forcément une affaire, te voilà prévenu ! (moi si j'étais toi, je partirais en courant).

19h53 : ouais...(air dubitatif à double sens) mais tout ça me dit pas quand je dois changer les draps (l'objectif n'est pas perdu de vue malgré tout) (un minimum d'effort d'hostellerie quoi) (humour, histoire de désamorcer et d'affecter un "minimum", justement, de détachement).

22h43 : tu dors ? (répondre : oui ?). 23h30 : je dînais mais maintenant oui je vais dormir !

23h31 : à demain ? (bon, je crois qu'il insiste là). 23h33 : demain a priori je peux pas non plus (moi aussi je peux être têtue quand je veux). 23h36 : bon ben flûte (je dirais même plus : flûte brute) bonne nuit, fais de jolis songes

Le lendemain. 17h56 : halut ! koi de 9, Bérengère ? 18h49 : ça suit son cours, Vladimir (on calme l'affaire, ok ?).

19h21 : impatience décourageante, désagrègement d'espoir ? (pas très patient le gars hein, 48 heures c'est pourtant pas si long) naaannnn (ne peut pas, ne veut pas y croire), allez, aide moi, Natacha ? (ça rime encore).

19h35 : disons que je me lance un défi : boire un verre avec toi d'ici la fin de la semaine (là je fais un grand pas tu noteras) Quand exactement, c'est plus difficile à dire (arrête de me dire à demain tous les jours, JE te contacterai quand je pourrai) À bientôt ! (oui parce que la fin de semaine c'est tout proche, quel que soit le jour d'où tu parles).

19h40, message vocal : bon ben les textos...les textos c'est bien...mais la vive voix c'est bien aussi des fois...(tout à fait juste, mais que veux-tu que je te dise moi ? tout est dans les textos).

20h43, SMS : puis-je me permettre de te convier au restaurant demain (arrête avec demain maintenant, par pitié) Désirée ? (mon dieu, le choix du prénom...)

J'ai pas (encore) (?) répondu au dernier, parce que moi au départ, je me disais bon, voilà un gars bien cool qui me fait rire et que je fais rire, un voisin que je vais recroiser dans les parages, au hasard des déplacements et on verra bien. C'est vrai que le courant est bien passé, ça pourrait même être une sorte de troisième voie très convenable pour sortir du marasme actuel.

Mais lui - après cette soirée si agréablement légère et dont je garde un excellent souvenir - je trouve qu'il a tendance à s'alourdir, dans son insistance à décrocher absolument vite fait à tout prix un rencard...je me sens limite harcelée là...Non mais c'est vrai, une telle urgence, qu'est-ce qui va pas chez lui ? quelle sorte de misère - sexuelle, affective, sociale...- suis-je priée de combler ? Alors que je suis pas en phase là. Un peu de temps, c'est pas trop demander quand même ? Et franchement ça me donne plus envie d'éteindre la flamme que d'attiser un quelconque départ de feu.

mercredi 29 novembre 2006

Les limbes du Pacifique

Vendredi (ou La vie sauvage n'est pas là où on l'attend).

2 heures au téléphone avec ex-monamour. 2 jours sans donner signe de vie au charmant charmeur chilien. Apéro avec mon pote. Il attend avec impatience un SMS de sa belle. Au diable la fierté mal placée, il lui en envoie un, elle répond, ils ont rencard. De mon côté j'ai fini par en envoyer un au charmant, lui disant que bon, y a de l'éloignement dans l'air de part et d'autre, qu'il s'étonne pas que je me fasse discrète. Je rentre chez moi.

Le charmant me propose de le rejoindre au nouveau bar. J'y vais en révisant mes positions (pas au sens de changer hein, non, au sens de réviser ses leçons). Je prends conscience un peu tard d'une évidence pourtant flagrante : c'est pas au nouveau bar qu'on peut avoir ce genre de discussion, on connaît trop de monde. Concert, tout ça. Je danse une valse avec un des Latinos, le charmant joue aux échecs. Soirée on ne peut plus classique. Une nana m'accoste, il s'avère qu'on travaille au même endroit (je me disais aussi...). Son pote se lance dans un festival de blagues de mauvais goût. Tu ris ou pas (dans la famille Dutroux je demande la fille...Pioche). Le charmant m'attend dehors et dit : je me prends la tête sur nous (ah oui ? qui l'eût cru ?).

Alors que toujours aussi classiquement, je suis attablée chez le Turc devant quelques frites, on pourrait se dire que voilà, on y est, on va causer. Eh bien non, car mon pote appelle, des sanglots dans la voix : sa belle a mis un terme à l'histoire. À ce point c'est plus des coïncidences, ça devient cosmique là non ? Cosmique mais pas drôle. Je l'enjoins de venir boire un verre avec nous, on est juste à côté (oui, parce que sa chérie, enfin son ex, est une voisine du charmant...Merci qui ? Merci Ada. Enfin...). Il refuse. À demain alors hein ? Puis prise de remords je me précipite dans la rue où je le vois s'éloigner sur son scooter, je cours un peu derrière en criant son nom mais c'est trop tard. Alors on va se coucher. Comme si de rien n'était.

Samedi (pas trop).

Je taffe et je suis pas contente. Je merde un peu dans mon planning, étant persuadée qu'on a 3 heures de pause entre la plage du matin et celle de l'après-midi. Eh ben non, y en a que 2. Conséquemment je me pointe 1 heure à la bourre : je les trouve en totale panique (ils sont perdus sans moi) (je les comprends, moi c'est pareil), mais tellement soulagés de me voir réapparaître que personne ne songe à me reprocher quoi que ce soit.

Ensuite activation du plan d'urgence : je consacre toute ma soirée à mon pote, qui tient pas trop mal le coup, brave petit soldat. À peine arrivée chez moi, vers 3h du mat, SMS du charmant : Jvien drentré ! Si tu ve me rejoindre té la bienvenue ! J'y vais, et tu t'en doutes, c'est pas ce moment qu'on choisit pour discuter.

Dimanche (toujours pas).

Réveil tardif. Le charmant a un déjeuner familial (enfin vu l'heure, ça devait plutôt être un goûter). Je décline l'invitation. Je veux dire, si je prends du recul, c'est pas pour me fader la belle-famille...charmante au demeurant (les chats sont pas issus de chiens, cochon qui s'en dédit, chouette alors).

J'opte pour une balade le long du canal, au soleil, avec ex-monamour. J'en suis sûre : ce mec c'est l'homme de ma vie ; moi je suis la femme de sa vie ; et nous le savons. Le problème c'est qu'on peut jamais être sûr de rien. Alors qu'on se met en route pour dîner, SMS du charmant : Jtinvite a mangé ! ça tdi ? auquel je réponds : Avec plaisir mais pas ce soir, une autre fois ! Et je passe la nuit chez ex-monamour.

Lundi (non plus).

Impossible d'ouvrir ma porte sur laquelle est placardée : Madame, Monsieur, vous avez été victime d'une effraction. Votre dépanneur a effectué une fermeture provisoire des lieux sur appel du commissariat de Police. Restant à votre disposition, vous pouvez nous contacter 7 jours/7 et 24H/24. Merci ! Ah bon. Très bien (en fait à ce moment-là je dis des gros mots dans ma tête, mais j'ai pensé que : Ah bon, très bien, ça faisait autrement classieux).

Je trouve également une convocation policière : Madame Ada est priée de bien vouloir se présenter à l'adresse suivante pour dégradation de porte. He ho, j'y suis pour rien moi, je suis la victime, faudrait pas oublier, et tant qu'à faire, s'ils pouvaient reformuler leur lettre-type, je sais bien que l'écriture c'est pas leur métier, mais bon, histoire de lever toute ambiguïté quoi.

Le serrurier répare tout ça. Je me rends (non mais je répète, je suis la victime) à l'adresse suivante où on me dit : ah désolé, c'est pas ici, c'est là-bas, les collègues se sont trompés. L'erreur est humaine. Oui oui oui. Ben des fois j'aimerais mieux avoir affaire à des machines. Enfin bref. Entre l'instit qui s'est fait insulter par un parent d'élève et la mère inquiète de sa progéniture en garde à vue, je dépose plainte. Ma chaîne hi-fi s'est envolée (m'en fous, elle était hantée) et c'est à peu près tout. Le plus chiant c'est qu'ils ont mis les placards en vrac et je dois me retaper une laverie pour la peine, j'ai pas trop envie de porter des fringues où ils ont fourré leurs pattes. Le soir je retrouve le charmant au nouveau bar, tout compatissant, mais du coup, encore raté ! on ne parle pas de nous.

Si tu veux mon avis, j'ai dans l'idée que, bien qu'il nous reste encore quelques bons moments au lit, cette histoire va paisiblement se déliter...

vendredi 24 novembre 2006

♫ En moi se vautrent des divans ♫

Je te préviens c'est le bordel. Au point qu'on s'entend plus penser. Moi qui suis pourtant pas spécialement ordonnée, j'ai du mal à m'y retrouver.

D'abord j'ai revu ex-monamour et c'était coooool...D'un certain point de vue on fonctionne vraiment bien. Mais bon, histoire impossible, tout ça, je te la refais pas.

Puis je m'allonge sur le divan. Et là c'est censé être une analyse hein (ouais, tout est relatif). Alors ça donne un truc du style :

J'ai vraiment eu envie d'appeler ex-monamour (déjà c'est chaud, quand je me cantonne à l'actualité brûlante - chaud, brûlant...t'es dans un beau champ lexical...eh bien moi je suis dans de beaux draps), mais il était 1h du mat, c'était trop tard. Ce matin aussi je voulais l'appeler, mais cette fois il était trop tôt...Trop tôt, trop tard, voilà, c'est bien ce que je lui disais, on n'arrête pas de se rater. On n'est jamais au même endroit au même moment (métaphore camarade, ne t'y trompe pas).

Et au départ je pensais que si j'ai tendance à aller vers lui en ce moment, c'est parce que je sens que le charmant charmeur chilien s'éloigne. Puis je me suis dit que non, ça vient de moi, c'est moi qui m'éloigne. Et maintenant je crois que c'est à la fois le charmant ET moi qui nous éloignons l'un de l'autre (attention, ponctuation de l'analyste, tu vas pas être déçu : Probable. Merci pour votre contribution, l'essentiel c'est de participer, merci encore) (non mais bon, j'ai l'air comme ça, mais j'ai l'habitude, le travail c'est moi qui le fais, je sais je sais).

Alors je suis en train de me paramétrer, de me conditionner pour prendre des distances (Oui. Ouh là, il se donne à fond ce soir).

De toute façon je n'ai pas de projet avec le charmant. Lui il m'a bien proposé une vie commune et des enfants, mais j'y crois pas, je rentre pas dedans, ce ne sont pas mes projets, ce sont les siens, je n'imagine pas un futur avec lui.

D'ailleurs je disais à une amie : le jour où je suis plus avec le charmant, je déménage, vu qu'on habite le même quartier...(Vous avez dit : le jour où je ne suis plus avec le charmant...Ben oui, c'est ce que je viens de dire, bravo, rien ne vous échappe...C'est donc que vous envisagez de ne plus être avec lui...?...Ok je vois où vous voulez en venir)

Oui. Oui. Je l'envisage...

(Long silence...Continuez. Ouais ben faudrait savoir hein)

mercredi 22 novembre 2006

Entre nous soit dit...gestif

Chez moi c'est une tradition (du latin tradere, transmettre). Le jour où je dois rencontrer mon bien-aimé chef de service pour un entretien annuel tout aussi traditionnel, on peut observer un phénomène physiologique plutôt désagréable. Et ce en dépit de toute variation. Je veux dire, ça peut se passer un mardi, un vendredi, un lundi (tu comprends le principe ?), ça peut être avec monsieur X ou avec madame Y, y a rien à faire, je n'y échappe pas.

Mais non c'est pas le trac. Le trac...on aura tout vu. Tu sais ce que c'est un entretien annuel ? Le synonyme le plus satisfaisant, ça doit être mascarade. Alors tu vois, trop la teuf au bal masqué ! Non, ce qui se répète comme une erreur qu'on doit bien l'aimer finalement si elle se répète (oui bon alors viens pas étaler ta névrose merci) (je me parle à moi-même, ne te sens pas spécialement visé), pile poil ce jour crucial entre tous pour ma carrière brillantissime...c'est une bonne vieille gueule de bois des familles.

Mon premier chef était un bonhomme paternaliste qui posait des questions perso. Moi j'esquivais mais il avait pas peur d'être lourd, il y allait franco le gaillard, genre je m'intéresse. Et vous venez d'où ? Bon d'accord, ça c'est pas hyper perso. En même temps ça le regarde pas d'où je viens. J'arrive de mon bureau, là, t'es content ? Et vos parents ? Quoi mes parents ? comment tu parles de ma mère toi ? Sûr, il est important, d'un strict point de vue professionnel, de savoir de combien d'éléments se compose ma fratrie, non je comprends tout à fait, vraiment. En plus j'ai que ça à foutre de passer deux heures (ouais il faisait traîner, un truc de malade) ici alors que je pourrais tranquillement finir ma nuit, la tête bien calée dans ma main, les yeux baissés sur une quelconque paperasse, l'air concentré (ça sent le vécu ? Ah non je t'assure, je dois bien raconter alors parce que c'est que des ouï-dire, pas du tout mon genre).

Après j'ai eu une cheftaine. Non, pas les scouts. Une chefesse, ouais, si tu veux...Alors elle je l'aimais pas. Et elle me le rendait bien. C'était la guerre froide. Deux blocs s'affrontent dans une course à l'armement aussi vaine qu'obstinée.

La veille de l'entretien, je me retourne la tête avec une amie. Nous étions synchro question célibat et on en profitait bien. Pour te dire, j'avais presque l'impression qu'on vivait ensemble. On rentre à quatre pattes, normal, on fauche une petite plaque de rue, ni vu ni connu...

Oui bon, toi aussi t'as eu une folle jeunesse non ? Non ? Ben il est temps de s'y mettre...Sinon un jour tu le regretteras, je dis ça pour toi...Écoute mémé un peu, sois gentil...Et...oui voilà, c'était l'époque où on sortait jamais sans un bon tournevis...et donc on rentre dormir chez elle...Je crois même que c'est ce jour-là qu'on a ramené, tu sais, les trucs là, sur roulettes, où ils mettent les journaux gratuits pleins de petites annonces. Oui c'était pas discret. Pas du tout encombrant. Et du plus bel effet dans son salon...Quand j'y pense, on devait être belle tiens...On donnait également dans le panneau de signalisation...Mais des fois on restituait, une fois retrouvée un semblant de lucidité, parce que bon, c'est sympa ce triangle jaune mais on en a déjà trois...

Le lendemain je m'extirpe du pieu, à peine le temps de passer sous la douche, je renfile mes fringues un peu crado de la veille, genre le jean grisâtre, tu vois, trop mimi hein (et puis on fait pas la même taille, elle pouvait pas me prêter) et je vais à ce putain d'entretien avec l'autre mégère psycho-rigide. La torture. Même pas parce qu'on s'est foutu sur la gueule, non. Enfin je sais plus trop, ça remonte...Mais ce dont je me souviens bien, c'est que ma seule préoccupation, tout du long, c'était de maîtriser ma nausée et de pas gerber sur son bureau. Remarque, c'eût été plus honnête niveau sentiment à son égard.

Puis un autre chef de sexe féminin. Gentille et tout. La nana que tu peux pas dater. Encore jeune mais qui fait vieille mais qui vieillit plus. C'est dur à expliquer. Fascinant. Bon ce jour-là j'y prête pas tellement attention parce que je sors d'une nuit totalement blanche, pas une once de sommeil, que de la danse et de la picole. Je tremblote de fatigue. Et surtout je ne parviens pas à me concentrer sur les mots qui sortent de sa bouche, je capte rien. Heureusement c'est un entretien détourné vu que je débarque dans le service (et c'est pour ça que je suis présente, c'est quasiment mon premier jour. Sinon tu penses bien, je me serais mise au lit), elle me fait plutôt une présentation, et tant mieux, il me suffit d'acquiescer de temps en temps, pas trop la peine de participer. Sauf qu'elle a pleins de trucs à dire, ça n'en finit plus, et moi, bercée par son monologue lénifiant, je commence à piquer du nez, les yeux qui se ferment malgré toi, tu sais, comme en voiture, quand tu te dis Ouh je suis fatigué moi et en fait tu dors deux secondes toutes les cinq secondes...Et là elle me dit Tu veux un caramel ?

Bon ben aujourd'hui c'était le jour J. Et si t'as suivi, tu sais que hier je suis allée au pot de l'Écrivain. Au départ je voulais juste boire un verre, et puis tu sais comment c'est, tu te laisses entraîner et tu t'estimes encore heureux de choper le dernier métro. Ouais mais après y a le nouveau bar qui me tend les bras. Et le gars sympa de la dernière fois qui écrit dans mon carnet Grand-père disait : j'aime la lune qui domine, qui me regarde et qui espionne les rêves de mes nuits. Rayons de bonheur. Bref. Consumé. J'aime les fleurs et celles qui aiment les fleurs. Y a le charmant charmeur chilien aussi, qui revient d'une soirée un peu merdique. Bref quand je rentre dans le bureau de mon chef actuel (une migraine mon vieux, j'ai dû boire de la bière frelatée, c'est pas possible), je me dis que la vie est pas simple pour ceux qui se la compliquent.

Le plus étonnant dans cette affaire (et s'il te plaît ne viens pas me dire que t'as comme l'impression que je suis souvent en gueule de bois. C'est faux tu entends ? Je te parle d'entretien annuel. Pas d'entretien hebdomadaire, ni quotidien. Alors t'en déduis quoi ? Exactement, j'ai une gueule de bois une fois par an, merci d'y croire), c'est que non seulement ils n'ont pas l'air de se rendre compte qu'ils ont devant un une alcoolique mondaine au dernier degré (non mais n'appelle pas la SPA tout de suite, je survivrai) mais qu'en plus, quand ils rédigent leur appréciation, ils mettent n'importe quoi (mascarade je te dis), à croire qu'ils tirent au sort (ou le plus bourré des deux n'est pas celui qu'on croit), exemple véridique (j'aurais pas pu l'inventer) : Ada est ponctuelle.

mardi 21 novembre 2006

"C'était hier l'été ; voici l'automne ! Ce bruit mystérieux sonne comme un départ"

Hum. Mmm. Ouais ouais ouais...Ah t'es là toi ? je t'ai pas vu arriver. Bon ben puisque t'es venu...On y va, on y va, t'impatiente pas. Allez c'est parti (je te préviens : ça va être chiant).

Samedi soir je me fais une longue soirée en tête à tête avec mon pote. Ça faisait longtemps. On chante comme des malades sur les Bérus ♫ tu cherches le dragon perdu, oh petite Vietnamienne je suis eurasien de coeur...Viêt Nam, Laos, Cambodge ! Nhan quyen oh nhan quyen ! ♫, on tise, on se marre, comme d'hab quoi.

À un moment on en arrive à parler d'ex-monamour qui dernièrement a littéralement harcelé quelques amis qu'on a en commun à propos d'une question qui le taraude : que s'est-il passé avec l'Écrivain ? et comment ? et pourquoi ? et où ? Pour synthétiser : Ada l'a-t-elle ou ne l'a-t-elle pas trompé avec l'Écrivain ?

T'en dis quoi toi ? à ton avis ?

Oui. T'es content ? Oui je l'ai trompé avec l'Écrivain, évidemment que je l'ai trompé avec l'Écrivain, tu me prends pour qui ? pour la Fidélité incarnée ? Poh poh poh...

Y a ceux qui savent et ceux qui savent pas. Ceux qui savent pas ils ferment leur gueule. Et ceux qui savent, ils ferment leur gueule aussi et ils lui disent que le mieux c'est de me demander à moi hein, après tout je suis la mieux informée. Mais lui il insiste (qu'est-ce qu'il les a soulés les pauvres), ils peuvent bien lui dire, ça n'a plus tellement d'importance maintenant, c'est passé.

Ouais, j'étais au courant de cette soirée règlement de compte par procuration. Alors qu'est-ce que j'en pense moi ? D'une part ex-monamour se garde bien de m'interroger, car il a déjà la réponse en son for intérieur et/ou il a trop peur que je confirme. D'autre part, si réellement ça ne lui faisait ni chaud ni froid, il ne poserait pas la question. Ça lui passera le jour où il rencontrera une nana, c'est tout ce que je lui souhaite, dis-je, magnanime.

Ah mais, réplique mon pote, ça c'est déjà fait.

Comment ça ? il a une copine ? et personne me dit rien ? pourquoi je suis la dernière au courant hein ? Et pourquoi en fait ça me remplit pas de bonheur pour mon prochain ? pourquoi, même, ça me fait un petit pincement au coeur ? est-ce de l'amour-propre ou de l'amour ?

Hier je sors de mon cours de chorale-langue vivante. Rendez-vous avec ex-monamour (un rendez-vous qu'on ne cesse de repousser à tour de rôle et puis hier, hop, on arrive à être synchro) (et tu crois au hasard toi ?). Raison officielle : restitution du dernier objet m'appartenant et traînant jusqu'alors chez lui. Raison officieuse : se voir, parler...

On atterrit dans un bar qu'on a beaucoup fréquenté ensemble. On papote, il me raconte que c'est plus ou moins déjà fini avec sa copine, que c'était pas sérieux ni constructif, on se remémore les bons souvenirs, etc...

Commence une soirée slam. Ah bon ? Ok. L'animateur fait un petit speech de présentation, il chauffe un peu la salle (pas très garnie) et, en nous désignant, ex-monamour et moi, il finit par : ah ! y a des amoureux ! on les applaudit bien fort ! Et le public de taper dans ses mains et moi de me dire : l'ironie de la vie, putain, c'est à n'y pas croire, mais crois-y, crois-y, t'y es en plein là, t'es soi-disant en train de mettre des points finaux et c'est à ce moment qu'on vous prend pour un couple, truc de ouf, attends je ris.

Après on se laisse aller à pas le faire mentir...On se bizoute comme au bon vieux temps, en écoutant les poètes. Puis ex-monamour me dit qu'il a bloqué sur la serveuse pendant deux semaines. Ah. Je comprends mieux la raison de notre présence ici. Mais non, pas du tout, justement s'il m'en parle c'est que c'est plus d'actualité. Pff tu parles. Franchement j'étais pas loin de basculer mais là je me remets d'équerre et je lui conseille de pas courir deux lièvres à la fois s'il veut parvenir à en pécho un. Mais je cours pas Ada. C'est une expression, ex-monamour, tu sais ? une locution imagée, comme quand on dit, je sais moi, tiens, au hasard, bâtir des châteaux en espagne, tu comprends ?...Bon laisse tomber (en vrai c'est pas une andouillen va pas croire quand même).

Je sais pas s'il court deux lièvres à la fois, toujours est-il qu'il fait d'une pierre deux coups. Ben ouais. Vis-à-vis de la serveuse, à laquelle il envoie un message du style : m'en fous de ton rateau, regarde, des meufs je peux en avoir. Et vis-à-vis de moi sur l'air du Si tu crois que tu es la seule, l'unique, t'as rêvé ma pauvre fille (en plus gentil mais bon). Je suis victime des apparences, se défend ex-monamour, cette soirée c'est avec toi Ada que je veux la passer, et je la vis à 200 %. Et mon fessier, c'est de la volaille ? (Non je dis pas ça, t'es con). Eh ben passons-la cette soirée, passons-la, mais on va ni chez lui ni chez moi, que ce soit bien clair, on la passe ici.

Je rentre chez le charmant charmeur chilien, tard il est vrai, mais sans rouge au front vu que, oui ex-monamour m'a embrassée et caressée mais il ne met de rouge ni à lèvres ni à ongles...alors ça compte pas vraiment...

Bien. Je ne te cache pas que tout ça m'a troublée. Et l'analyste ajoute qu'ex-monamour ne manque pas de finesse...Ouais faut savoir que l'analyste est très pro-ex-monamour. Très. Ou alors je projette ? je confonds ? ce serait moi qui serait très pro-...Oh je t'en prie, arrête, tu me prends la tête là.

Et alors si la vie c'est pas complètement n'importe quoi...figure-toi que ce soir, maintenant même, là, tout de suite, je suis conviée à un pot organisé par l'Écrivain. Je te jure (non mais j'y vais peut-être avec le charmant, commence pas à t'exciter).

vendredi 17 novembre 2006

"La banalité du mal"...

Je sais pas si c'est le delirium tremens qui me guette...

ouais parce qu'il paraît qu'il se manifeste en période de sevrage et autant te dire que j'y suis en plein ♫ faut se préserver si on veut durer ♫ Pour l'instant je m'hydrate avec de l'eau, c'est ce qui se fait de mieux m'a-t-on dit. J'aurais aimé t'annoncer que, pour me remettre de la dernière cuite en date, je m'en suis jeté quelques uns derrière la cravate, option traiter le mal par le mal, c'eût été plus rock n'roll...mais bon, déjà je porte pas de cravate, et puis je sais parfois être sage, que veux-tu, tant pis si t'es déçu

ou si je vois le mal là où il n'y a que malentendu et incompréhension

(j'en doute fortement)

...toujours est-il que j'ai comme l'impression qu'ils sont partout. Écoute plutôt.

Ça se passe dans un bureau. Machine me parle d'une collègue kabyle, très chaleureuse bavarde et démonstrative d'une part, et qui, d'autre part, a pas mal de problème d'ordre psychologique (violée dans son enfance, maniaco-dépressive, alcoolique...que du bonheur). Machine n'a rien contre elle (quand ça démarre de cette façon, c'est mauvais signe non ?), d'autant qu'elle est sympa.

Mais (toi aussi tu l'attendais le Mais hein) faudrait pas qu'elle s'abrite derrière sa fragilité pour tirer au flanc. Bon. Jusque là, pourquoi pas ? c'est son opinion, elle la partage. Moi je pense plutôt que la collègue kabyle assure, en dépit de toutes les casseroles qu'elle traîne. Là encore ce n'est que mon avis.

Attention on passe la vitesse supérieure. Machine renchérit : non parce que tu sais, je les connais ces gens-là. Forcément je tique. Quels gens-là ? Ben la collègue kabyle, ils sont capables (tu notes le passage sans transition du singulier au pluriel ?) ils sont capables de jouer une sacrée comédie, à se rouler par terre s'il le faut, pour faire pitié, et ils arrivent à embobiner tout le monde, ils sont forts pour ça ! Je me braque pas tout de suite, j'essaye de dialoguer. Oui c'est vrai, y a des gens experts en manipulation et dissimulation, ça existe, le fait est indéniable...la collègue kabyle en l'occurrence, je ne pense pas, pour telle et telle raison...

Machine se lâche : ah les Méditerranéens (ça fait du monde hein ? Mais c'est ainsi qu'elle a dit, je retranscris fidèlement) je peux t'en parler, j'en ai dans ma famille (alibi classique) et crois que j'en ai souffert (voix qui se brise sur les bords) je les connais va, je supporte pas cette engeance ! Je crois que je blémis. Engeance, sur le moment, j'ai pas la définition exacte en tête mais il me semble bien que ça relève quasiment de l'insulte. Alors je finis par dire que je ne connais pas l'histoire de Machine, certainement difficile, je ne mets pas sa parole en doute...Néanmoins est-il utile de projeter sur autrui - quand bien même il lui rappelle peu ou prou certaines méchantes personnes - des conflits non résolus ?

Ça se passe à la cantine. Chose me fait part de son ras-le-bol. Y en a marre. De quoi ? Elle doit répondre à un courrier qui la soule grave. Ah oui ? mais encore ? Oh là là, il croit vraiment que je suis à son service (ben t'y es un peu ma vieille), j'ai pas que ça à faire moi, il me demande de faire des vérifications à n'en plus finir...et ça m'étonne pas, y a qu'eux pour être aussi chiants et se croire tout permis...évidemment c'est un juif ! Ah. Mais comment tu sais qu'il est juif ? Il te l'a dit ? Non mais il travaille sur des documents en yiddish. Et alors ? ça prouve quoi ?

Ça se passe à la fin d'une pause-clope. Bidule me raconte ses séjours en Afrique, comme quoi c'est des grands enfants là-bas. Ouais enfin, y a aussi des grands hommes, me semble-t-il, un peu comme partout, et même, soyons fous, des grandes femmes, et des petits, des moyens, des gros, tout ça quoi. Arrive le chauffeur d'une des huiles de la maison. On se salue. Bidule me glisse : il est beau pour un Noir hein ? Ben écoute c'est pas trop mon style de gars...mais dis-moi, et moi, pour une Jaune, tu me trouves comment ?

Je sais pas ce qui va se passer en mai 2007. En tout cas rien ne m'étonnera.

mercredi 15 novembre 2006

Buvez...ah vous êtes éliminé

Pourquoi il ne faut pas boire d'alcool quand on taffe pas le lendemain ? Tu te le demandes sans doute pas mais tu vas le savoir quand même.

19h30. D'abord tu prends l'apéro avec tes amis dans un des nombreux bars où les cacahuètes et les amandes s'achètent au distributeur, non mais on se fout de la gueule de qui ? C'est vendredi, faut relâcher. ► 3 pressions.

21h30. Puis tu vas dîner dans un resto du coin avec ces mêmes amis. Le fond sonore années 80 fait la joie de tout un chacun. ♫ everytime you go...away, you take a piece of me...with you ♫ Tu joues au jeu de l'île déserte comme quoi toi si t'emportais qu'un seul aliment, ce serait la patate. ► disons 3 verres de vin rouge.

23h30. Pour digérer tu dégotes un petit bar à l'écart tendance anar (les rimes en [ar] ça compte pas pour de l'art car ce n'est pas rare), l'intégrale de Clash en écoute et une variété de rhums arrangés très alléchants. Qui est le président du Sénat ? Personne ne s'en souvient, y en a pas un pour rattraper l'autre, j'te jure...► 2 rhums gingembre.

1h. Tu rentres dans ton quartier à pied, plus de métro, il fait doux ou t'es déjà bien chaud, va savoir. Tu passes devant le nouveau bar, y a du monde que tu connais, forcément tu t'arrêtes (par pure politesse bien sûr). Tu papotes avec la serveuse qui a tendance à devenir une amie. On t'offre un verre ? Ok. ► 1 whisky.

Jusqu'ici tout va bien, ça ressemble à une soirée bien arrosée mais tout est encore sous contrôle. Au moment de la fermeture, t'as dans l'idée d'aller te pieuter...on te propose un dernier verre un peu plus loin.

2h. Tu montes dans la voiture et voilà, ça bascule. T'es avec deux gars du quartier, très sympas et pas lourdauds, qui connaissent un peu le charmant charmeur chilien. Ça parle banlieue, que ça peut être super et tout mais toi ton expérience à Vitry-sur-Seine, merci c'est bon. ► 1 mojito (tu vois, tu commences à trop varier les plaisirs)

SMS du charmant pour que tu le rejoignes là où il mixe. Tu demandes aux gars de te déposer.

3h. Le bar est fermé au public mais le pote de ton pote...

Bon, ça va être long à expliquer. Ton pote, il a un pote. Et ce pote il est serveur. Ton pote, il a un anniversaire. Et cet anniversaire il le fête dans le bar où son pote est serveur. Ton pote te demande si le charmant voudrait pas être aux platines pour l'occasion. Les patrons du bar kiffent le charmant. Bon ça c'était y a quelques temps. Depuis le charmant mixe par ci par là dans le bar, tu comprends ? et en plus il est payé, alors tu vois c'est cool les amis.

Le pote de ton pote t'offre un coup, normal. ► 1 vodka (oui mais t'as pas eu le choix, c'était imposé).

3h45. Le pote de ton pote, le charmant et toi, vous partez en boîte (en vrille aussi tu peux le dire...Te connaissant tu devrais savoir que ça va mal finir, mais ta lucidité est loin d'ici). Tu marches t'as aucune idée de combien de temps, t'arrives t'as aucune idée de la rue, tu entres t'as aucune idée de la boîte. Juste t'as le réflexe de sourire au videur, vu que vous grillez un peu la queue et qu'en plus vous payez pas (le pote de ton pote a visiblement ses entrées). Tu atteins le bar. ► 1 whisky (tu es en recherche de repère n'est-ce pas).

Tu discutes avec un délégué de la Croix Rouge actuellement en mission à Haïti. Tu trouveras sa carte de visite plus tard dans une de tes poches. Non parce que sur le moment c'est juste un gars un peu flou qui te crie dans les oreilles. Le pote de ton pote te colle d'autorité une paille dans la bouche, tu aspires, mmm...tu veux la même. ► 1 champagne-jus de fraises fraîchement pressées et d'autres trucs encore mais oh c'est pas un blog de cuisine ici.

Tu danses (un peu trop lascivement, paraît-il) avec un mec avant d'en boire ► 1 second, et allez !

6h ? 7h ? Franchement tu t'en fous. T'as passé le trajet la tête à la fenêtre, le taxi s'arrête, tu glisses un billet dans la main du charmant qui te dit Tu vas pas gerber quand même ?, t'as juste le temps d'entendre Ah si, elle va gerber et tu vomis au pied d'un arbre, qu'il veuille bien pardonner ton offense, c'était lui ou le taxi et la nature est bien plus accueillante que l'homme.

Tu gravis les escaliers, tu te brosses les dents. Ici s'arrêtent tes souvenirs conscients.

8h53. Tu te réveilles sur le futon du salon. La baignoire eut été plus logique...tu cherches pas à comprendre (et quand bien même tu chercherais, tu crois vraiment que t'es en état ?). Tu te lèves, encore complètement bourré, pauvre de toi. Douche. Tu rejoins le charmant sous la couette. Justement il n'attendait plus que toi pour une partie de jambes en l'air. Pas de problème.

14h. Aaaaaaaaaaaaaaaaaaargh...ta tête.

15h. Idem.

16h. Le charmant se lève. Toi non.

16h30. Il sort. Toi non.

17h30. Il revient. Tu n'as pas bougé. Il se recouche (ah ben oui, il fait son malin mais c'est pas si facile hein).

19h. Il va acheter de la soupe et du Coca (tu croirais un tableau de Warhol).

20h. Allez, lève-toi, la soupe est chaude. Tu te traînes péniblement jusqu'au salon, tu as la tête qui tournent et les jambes qui tremblent. Goûte-moi ça comme c'est bon. Il te tend la grosse cuillère en bois que tu embrasses du bout des lèvres. Je vais vomir, dis-tu (c'est vrai, c'est pas exactement la réaction qu'on attend quand on prépare un remontant pour sa bien-aimée. Soit. Mais je te rappelle que t'es une vieille loque moisie, alors bon). Mais non tu vas pas vomir. Tiens je te sers un verre de Coca, c'est un anti-vomitif tu sais ? Oui tu sais, mais tu peux pas répondre, on parle pas la bouche pleine (eh oui c'est crado, c'est comme ça). Tu t'isoles un moment dans la salle de bain. Le mystère c'est qu'est-ce qu'il peut bien te rester dans le bide, vu que t'as déjà vachement donné hein ? Oh t'en fais pas, quand y en a plus, y en a encore (bon ça va, on arrête, petite nature va).

20h30. Tu te recouches.

23h. Tu vas prendre une douche. Épuisant. Puis tu dors jusqu'au lendemain dimanche, jour travaillé pour toi, pas de chance.

Donc récapitulons :

3 bières + 3 verres de vin + 2 rhums gingembre + 2 whisky + 2 champagnes-fraises-bidules + 1 mojito + 1 vodka =

1 cuite comme t'en as pas pris depuis l'adolescence (et à l'époque tu te mettais minable avec dix fois moins...c'est là que tu vois que t'as vieilli, qu'est-ce que t'encaisses espèce d'alcoolo).

24 heures de coma migraineux nauséeux

et par là même 1 jour chômé gâché.

Si encore t'avais dû bosser, t'aurais au moins eu la satisfaction de faire l'école buissonnière. Eh ben même pas.

Tu filerais pas un mauvais coton toi des fois ?

jeudi 9 novembre 2006

Inspirez, expirez...ah non vous n'êtes pas tout à fait mort

Pourquoi il ne faut pas prendre les chemins de fer quand on taffe le lendemain ? te demandes-tu dans ta petite cervelle rongée par le doute (et non pas les dangers de la route, c'est pas la sécurité routière ici, ça parle de train on t'a dit).

Déjà parce qu'il y a un préavis de grève, t'es prévenu, viens pas te plaindre. Y a toujours de bonnes raisons pour se mettre en grève, crois-moi ils font pas ça pour rigoler, un peu de respect (on commence par tromper l'ennemi et après on discute, t'inquiète).

Le sommeil. au début t'as pas du tout envie ni besoin de dormir, t'es en pleine forme alors que deux minutes avant t'aurais juré le contraire, sur la Bible et en gros mots (pas en gros caractères parce que t'as vu le pavé ? c'est peut-être pas la peine d'en rajouter, posons des limites et prends une loupe si t'es malvoyant) (bon à ce stade j'ai déjà même plus besoin de répondre à la question qui nous occupe, tu vois bien par toi-même) (sauf si t'es malvoyant, auquel cas tu sais maintenant, cf ci-dessus, ce qu'il te reste à faire). D'un coup d'un seul (à réitérer si nécessaire) t'as une patate mon vieux...Si tu es un homme, tu peux aussi avoir une magnifique érection, pour le plus grand plaisir de ton/ta partenaire. Jusqu'ici ça donne envie hein.

Puis c'est le petit matin, tu finis par sombrer. Forcément quand tu émerges, t'as une demi-journée de retard et t'es épuisé, laminé, presque déprimé...

Le service public. Tu es fier quand même car tu arrives pile poil au moment où c'est ton tour, à 13h. Tu prends donc le relais, après le soin de t'être muni d'une bouteille de soda caféinée, celle-là même que tu considères un peu comme la panacée des défoncés (ami poète, admire ces rimes de classe moyenne), sauf que le Taureau Rouge c'est mieux mais moins facile d'accès, alors tu fais avec ce que t'as et tu dis merci comme on t'as appris, voilà, c'est bien.

Tu as aussi un pauvre sandwich acheté en coup de vent à la boulangerie du coin, mais tu te retrouves comme un con à pas pouvoir le manger puisque t'es en service public bon sang t'avais oublié...Pas longtemps...une harpie vient vite te rappeler que t'es pas là pour prendre du bon temps en sirotant ton breuvage accroupi sous le comptoir, total camoufalge (ouais ben je voudrais t'y voir), t'es là pour te faire gueuler dessus comme quoi y a rien qui marche ici...Oh ma p'tite dame, je suis bien placée pour savoir que c'est un vrai merdier, lui réponds-tu. Eh ouais t'y es tous les jours toi...Bon là tu te désolidarises un peu, voire tu craches dans la soupe, mais tu fais l'économie de la langue de bois vu que tu te tapes déjà une espèce de gueule du même matériau, tu t'épargnes un minimum, instinct de survie.

Dans ton bureau tu renifles, t'as le nez qui coule, tu te mouches plus ou moins discrètement. Les filles te disent Oh tu t'es bien enrhumé toi. Oui oui, c'est cela oui. Vers 16h tu parviens enfin à te sustenter, c'est le moment que choisit ton chef de service pour faire une incursion, c'est l'homme qui tombe à pic ce gars. Bon ben il te souhaite bon appétit, il est poli, toi tu passes encore pour une personne un peu particulière et tu les emmerdes ceux qui sont pas contents.

Pour finir tu partages ton expérience avec tes fidèles lecteurs, histoire de leur prouver que, malgré tout, t'es encore capable de pondre quelques lignes dignes d'intérêt. Puis tu te relis et tu réalises qu'en fait non.

mardi 7 novembre 2006

♫ Dansons joue contre joue ♫

Oui ben eh, ça va bien, je suis pas non plus forcément à ta disposition tout le temps, j'ai aussi une vie et si tu veux que je te la raconte, faut me permettre de la vivre.

C'est vrai, hier c'était lundi et je t'ai pas raconté mon week-end, je le reconnais, c'est indéniable. Et puis ? on va pas non plus se laisser bouffer par la routine sous prétexte que lâcher la proie pour l'ombre c'est vachement risqué...Principe de précaution tout ça, ouh y en a marre. On peut bien se distraire quand même non ? Là on est mardi, je te fais un compte-rendu de mon samedi. Et ben la Terre tourne encore, tu peux vérifier...vas-y je t'attends...

Alors t'as vu ?

Samedi donc la soirée se déroule en trois temps, telle celle qui s'offre encore le temps de s'offrir des détours du côté de l'amour (comme c'est charmant). Ouais ben c'est pas vraiment ce que tu crois.

Premier temps. Le charmant charmeur chilien mixe à l'occasion d'un vernissage photo. Je fais un petit tour, je bois un petit coup et je m'esquive car c'est pas qu'on s'emmerde mais presque. Juste avant je reçois un appel de Canada Dry, y a trop de bruit, il me dit qu'il rappelle plus tard, ce qu'il ne fera pas (par contre il réitère lundi soir et je ne comprends pas où il veut en venir dans la mesure où il ne propose pas qu'on se voie, et bien lui en prend car il s'exposerait à un refus frustrant, il a raison de se préserver, mais alors pourquoi il appelle ?). Sur la route je croise un camarade du quartier, on décide de se retrouver au bar en bas (celui où je vais plus).

Deuxième temps. Mon pote le serveur est derrière le comptoir, ça tombe bien. Je te passe les méandres de la discussion pour aller droit au but. Autour de minuit mon pote annonce aux deux clampins qui restent qu'il va fermer (et ouais, c'est pour ça que ça va pas, ils ferment jamais à la même heure, comment tu veux que les clients s'y retrouvent) (et viens pas me ressortir mon laïus sur la routine que t'auras pompé ci-dessus. Je me contredis, ça fait partie du concept d'imprévisibilité, tout cela est très cohérent au final).

Puis on se retrouve lui et moi, il tire le rideau, il passe la serpillère. Je reçois un SMS du charmant me proposant qu'on se rejoigne au nouveau bar. On sort par la cuisine. Échange de bise d'au revoir. Je crois t'avoir déjà dit que ces derniers temps mon pote le serveur a tendance à être fort chaleureux et fort pressant dans ses bisous, au point que très souvent il m'embrasse plus sur la bouche que sur les joues. Perso ça me dérange pas. Là il met carrément la langue, ciel ! Mais qu'est-ce que tu fais !? m'exclamè-je, et bon d'accord c'est pas la question la plus pertinente que j'ai posée dans ma vie...Écoute, répond-il, t'as un copain, j'ai une copine, on n'est pas là pour se faire du mal. Je le coupe avant qu'il me ponde un syllogisme du style : donc on est là pour se faire du bien. On se quitte en bons termes malgré tout.

Seulement moi, avec l'esprit machiavélique qui me caractérise et que j'applique volontiers à autrui, je me demande si, étant donné qu'il y a un conflit latent entre eux (tu sais qu'un jour il a tenté de me démontrer à quel point le charmant c'est pas un mec bien), cette tentative de séduction n'est pas, avant la quête de satisfaction d'un désir purement sexuel, une manoeuvre sournoise et perverse, n'ayons pas peur des mots, pour cocufier, par mon intermédiaire, quelqu'un qu'il n'aime pas ? Je me le demande et ce n'est pas pour me plaire. Autant je peux comprendre (j'ai pas dit accepter) les pulsions primaires qui parfois s'expriment par nos corps...autant les stratégies à caractère manipulatoire, je dis non. Mais ce ne sont que des présomptions intuitives, tu vas encore me dire que ça n'a aucune valeur juridique, je sais bien, je fais pas son procès non plus, t'emballe pas.

Troisième temps. (Ça se dégrade, t'étonne pas). Je traverse le boulevard pour rejoindre le charmant. À peine entrée, dans une atmosphère enfumée et une salle blindée de monde, le patron me saute dessus Hé t'as vu qui est là ? Ben euh non...? Ah là là j'en peux plus, ils foutent un de ces bordels...Au début ils étaient en terrasse mais je les ai obligés à rentrer, ils faisaient trop de bruit. Le champagne coule à flots, c'est bon pour le moral du chiffre d'affaire.

N'insiste pas, je ne dévoilerai pas l'identité de cette personnalité (disons juste que c'est un comédien donnant dans le genre comique et plutôt bon) (mais délirant) qui, va savoir pourquoi, a décidé ce soir-là d'emmener sa petite clique dans un bistrot de quartier, histoire de s'encanailler en toute décadence. Par contre la décence, pas trop non. Tu le retrouves accroupi près des chiottes en train de consciencieusement lécher le visage de sa compagne. À sa table chacun roule des pelles à sa chacune, à croire que ça fait longtemps que ça leur est pas arrivé.

Et je ne te parle pas de cet autre comédien qui a fini ivre mort dans le caniveau, non je ne t'en dis rien, parce que je ne l'ai pas vu de mes yeux. Il a, dit-on, atteint le coma éthylique avant que je n'arrive et tu me connais, je voudrais pas calomnier.

Puis on rentre se coucher. Et pour se retrouver tout à fait, après cette soirée où on s'est peu vu, le charmant et moi, devine ? on valse, oui, mais pas musette, de Cythère...

jeudi 2 novembre 2006

La route est longue de Madison à je sais pas où

Tout est question de volonté, trop simple la vie.

Tu vas finir par croire que je radote (et pourquoi pas ? j'ai 83 ans, c'est de mon âge) mais c'est juste pour contextualiser. Y a eu une inondation sur mon lieu de travail, les ascenseurs sont hors service, c'est le bordel. Néanmoins, comme il faut toujours extraire (en première pression à froid c'est mieux mais tu fais comme tu le sens) le positif des pires situations, ça n'a pas que des inconvénients. Par exemple on a tous des cuisses en béton et le fessier bien ajusté. Moi qui pratique peu ce qu'on appelle le sport, je trouve ça pas mal.

D'autant que, autre exemple bien plus intéressant de mon point de vue, les circonstances font que nos amis les pompiers qui résident sur le site et qu'on rencontre rarement, si ce n'est à la cantine, tu sais la grande tablée de gaillards ? ceux qui garnissent leurs plateaux comme la bonne ménagère son caddie le samedi histoire de contenter sa gloutonne et nombreuse famille...

Nos amis les pompiers donc. Oui nos amis. Faisons preuve de bienveillance envers ceux qui peut-être un jour nous sauverons la vie, c'est la leçon que je reçus un matin, avant de gravir une montagne, de la part d'un sage antillais qui me parla ainsi : dis bien bonjour à tout le monde sur la route, on sait jamais, tu peux avoir besoin de quelqu'un...Sauf qu'il le disait à moitié en créole...

Nos très chers amis les pompiers circulent à droite à gauche en rondes permanentes et vérifications de précaution, notamment à mon étage. C'est pas désagréable. L'attrait de l'uniforme, t'oublies, je suis pas comme ça. Mais bon, les exigences du métier étant ce qu'elles sont, faut bien reconnaître qu'ils sont bien foutus d'un peu tous les côtés. Et encore on voit pas tout. Tout ça pour dire que je résiste pour ne pas aller faire un tour, disons avec le blond aux yeux verts, celui qui déroule sous mes yeux un énorme tuyau en me susurrant je vous arrose ? Bon je t'accorde que c'est pas très fin mais ça a le mérite d'être explicite...un petit tour vite fait bien fait, hop hop, dans le QG VIP (si t'as ce tirage au scrabble, tu pleures et je compatis) où y a de la moquette épaisse et tout le confort moderne.

Mais c'est pas tout. L'autre soir je prends le RER avec le charmant charmeur chilien occupé à envoyer une flopée de SMS. Mon regard erre dans le wagon et je note 1) que le jeune homme en face est fort joli, 2) qu'il me regarde. Bon. Je baisse les yeux, comme tout le monde. J'observe ailleurs. Mais irrésistiblement mes yeux reviennent à lui, qui n'a pas dévié. Son regard se fait plus expressif, tu sais comme quand tu souris sans bouger les lèvres. Il me détaille sans vergogne. Bizarre de se sentir objet. Mais oh, objet de convoitise quand même, toujours flatteur. Et puis nos attraits sont réciproques, c'est pas pareil, on est deux à se rincer l'oeil...

Le charmant s'interroge : je lui dis Réaumur ou les Halles ? Dis-lui les deux, il verra ce qui est le mieux pour lui. Le charmant replonge dans son portable. Le jeune homme en face a toujours les yeux plantés sur moi. Station les Halles. On arrive devant les portes au même moment. Je fixe le bouton. Il appuie dessus de deux doigts longs et souples. Je lève la tête et pour clore cet instant partagé je lui dis bonsoir en souriant. Dans la cohue de la sortie, le charmant emprunte un escalier, je mets deux secondes à me rendre compte que je pars dans l'autre sens (ah l'inconscient, l'inconscient...), le temps de voir le jeune homme se retourner une dernière fois.

Un monde, celui des possibles, se ferme. Si j'avais été "célibataire", je te prie de croire que ça se serait pas terminé comme ça, enfin je crois. Je ne succombe pas à la tentation (qui a dit jusqu'à quand ? parce que j'ai rien entendu là). Je résiste oui. Et je m'en félicite. Sous vos applaudissements.

lundi 30 octobre 2006

Hiro S hi M a S mon amour

Samedi soir c'est l'anniversaire de mon pote, dans un bar chaleureux riche en divans moelleux, avec le charmant charmeur chilien aux platines et Ada au mojito. Dimanche on se lève pas trop tard selon la nouvelle heure. On se retrouve devant un steack-frites en guise de petit déj. Vient à passer Phénix, qui s'attable avec nous.

Cris de mouette : il reçoit un texto, de son ex, tu sais celle qui le fait souffrir le martyre, celle qui occupe ses pensées nuit et jour et jour et nuit. J'ai rêvé ou c'est toi que j'ai entendu jouer de la trompette ?

Il faut savoir que Phénix est un peu musicien, en plus d'être légèrement dépressif, mais comme tu vois, c'est compatible. Ce message provoque dans son crâne comme qui dirait une tempête (relis Hugo) tout en lui faisant grand plaisir. S'engage donc une séance de remue-méninges pour formuler une réponse digne de ce nom. Comme on dispose d'un charmant expert en SMS d'amour, d'une Ada représentante du sexe féminin et, à ce titre, coboye volontaire sur les effets bénéfiques ou pas de telle ou telle tournure...et d'un Phénix concerné mais un peu paumé, on y croit ! Attention ça fuse !

Première proposition : "Ouais t'as rêvé !" Variante : "Tu peux toujours rêver !" Sous-variante : "Dans tes rêves !" Ça nous fait rire parce que c'est con, c'est tellement nous, mais c'est pas très sérieux, et je te rappelle que la nana en question ne se manifeste pas si souvent que ça, faut pas se rater. Au bout de longtemps on se met d'accord, mais attends, trois point de suspension c'est bien ? ou c'est mieux un point tout court ? non non, pas de ponctuation, allez : Je joue pour toi tous les jours Si c'est pas un message d'amour tout en finesse...

Cris de mouette : Tu es chez le voisin du dessous ? (j'explique : le voisin du dessous est un partenaire musical de Phénix) Ouais ben elle donne pas vraiment dans le poétique la fille. Tu croyais que tu pouvais la faire planer un peu, vlan elle te ramène tout de suite sur terre. Cependant elle répond du tac au tac, elle...tandis que nous (oui je dis nous, s'agit de réponses collectives, même si elles sont validées en dernière instance par Phénix lui-même) on prend plus de temps. "Oui je suis chez le voisin", mauvais, en plus si elle appelle derrière, elle va entendre le bruit de la rue, trop grillé. Faut speeder avant qu'elle nous échappe. Tant pis si elle veut rester dans le cartésien pragmatique, on enchaîne : Je suis déçu...pas dessous Jeu sur les sonorités reflétant parfaitement l'état d'esprit présent de Phénix, du travail de pro...

Cris de mouette : Où es-tu ? Quand je te dis que c'est pas une marrante...Mais elle mord à l'hameçon puisqu'elle lâche pas l'affaire. Nous non plus. On s'active. Y a divergence. "Je suis celui qui suis", trop mégalo même si connoté "buisson ardent", presque de mauvais goût au final (on adooore) et hors sujet. "Dans ton coeur", ouais bof. "En toi", à double sens pas drôle, trop sexuel. "Je suis où tu veux que je sois", trop long, trop lourd. Allez zou : Où tu veux...Aussitôt suivi d'un : Quand tu veux...Léger, printanier et flatteur.

On respire, on attend. La tension monte. Cris de mouettes : J'ai vraiment cru t'entendre jouer en bas Ah putain c'est une coriace. Elle essaye de clore le truc l'air de rien. Spécialiste en douche froide. Qu'à cela ne tienne. On se laisse pas abattre. "J'ai vraiment cru que tu m'avais répondu", elle risque de pas comprendre étant donné son côté premier degré à toute épreuve. Se taire non, elle est visiblement en quête de communication avec Phénix, même si elle ne veut pas le reconnaître ni se l'avouer à elle-même. Il faut en profiter mais sans qu'il trahisse ses propres pensées et sentiments. "La vie est un rêve", trop impersonnel, trop sentencieux. J'ai vraiment cru que tu pensais à moi Subtilement profond...

Cris de mouettes : Bien sûr que je pense à toi, tu le sais Après quelques tergiversations, Phénix décide de couper là. Comme ça, éventuellement, elle reste en attente d'une réponse. Malgré les éclats de rire, ce brainstorming a été éprouvant pour lui. Il part faire quelques kilomètres de brasse à la piscine du coin. Nous on opte pour le sport en chambre, sieste crapuleuse, figures libres.

Quand on l'invite à nous rejoindre dans le nouveau bar pour l'apéro, il passe en coup de vent nous annoncer qu'il a rendez-vous avec elle pour discuter. On prendrait trop de risque à parier sur un rabibochage, d'autant qu'il n'y est peut-être pas prêt ; cependant, hein, ils vont poser des mots, ce qui vaut toujours mieux que le silence pour avancer, dans un sens ou dans un autre. Tu sais quoi ? On envisage d'ouvrir un bureau d'écrivain public...

vendredi 27 octobre 2006

"Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?"

Tu sais bien que les croyances en tous genres, c'est pas ma flûte de champ. Je suis pas du genre à consulter mon horoscope (bon là tu me crois pas. C'est ton problème), ni à guetter nos camarades de l'espace, ni même à adhérer à une quelconque religion (et si jamais je deviens bouddhiste, range pas ça dans la case Victime de la mode mais plutôt dans Quête des origines (pas du monde banane (et je ne parle pas non plus de Courbet), les miennes) et puis c'est pas tout à fait une religion). Cependant je m'interroge (non ! pas sur le bouddhisme), oui je m'interroge.

Tu n'es pas sans savoir que je squatte pas mal chez le charmant charmeur chilien. Mais quotidiennement je passe un peu de temps, aussi court soit-il, chez moi. Je relève le courrier. Je change de fringues. Je fais le ménage. J'arrose les plantes. Je discute avec les voisins. Je nourris le crocodile. Je sors les poubelles. Bon je n'ai pas dit que la vérité mais ce sont des exemples destinés à t'éclairer, c'est important que toi et moi on soit sur la même longueur d'ondes, j'en ai besoin.

Tu n'ignores pas non plus que j'aime écouter de la musique et que je fume. Et même, peut-être n'as-tu pas envisagé ce cas de figure, des fois je fais les deux simultanément...notamment chez moi, avant de me livrer aux diverses activités susmentionnées, pour m'y encourager...ou bien après, pour m'en reposer. Nonchalamment alanguie sur le sofa, je rêvasse à des choses qui te regardent pas tellement (encore que...il m'est arrivé d'esquisser mentalement une espèce de machin qui finit sous tes yeux), avec dans les oreilles des sons que j'aime.

Dernièrement, un live au Bataclan, Lou Reed-John Cale-Nico cuvée 1972. J'écoute ça avec grand plaisir, puis je me rends compte qu'il est tard, hop j'appuie directement sur Off, comme d'habitude, à la barbare, et je bouge de là.

Quand je reviens le lendemain, je m'empare d'un petit Daniel Darc, je veux éjecter le live de la veille : rien. Enfin rien, le truc s'ouvre et tout mais le CD n'est pas dedans. Je regarde dans le boîtier : rien non plus. Ben oui il me semblait bien que je l'avais pas rangé. Alors mmm ? voyons voyons, je regarde autour, histoire de vérifier que je l'aurais pas balancé à la volée (je fais jamais ça mais il faut envisager toutes les possibilités) : toujours rien. Avoue que c'est bizarre. Dernière option : bien que ce geste ne me soit pas du tout familier (quand je retire un CD, c'est pour en mettre un autre), bien que je ne m'en souvienne absolument pas, je l'ai rangé, mais pas dans le bon boîtier. Ouais ça doit être ça, je vais pas me les taper un par un maintenant mais obligé que c'est ça.

Allez j'envoie le psaume 23 récité par Darc, ousque ça cause bâton et berger, mais pas saucisson, comme quoi tout n'est pas si simple...♫ sur des prés d'herbe fraîche il me fait reposer ♫

Le jour suivant. Je fais Eject et qu'est-ce que je trouve ? Si t'as suivi tu dois répondre Darc. Eh bien pas du tout : le Bataclan 72 ! Non ? Si. Et dessous quand même, Daniel Darc. Alors là je comprends pas...Je n'ai pas d'explication rationnelle à ce phénomène autre que la suivante qui est trop trop flippante, mais au secours je n'en vois pas d'autre : quelqu'un s'est introduit chez moi, a subtilisé le live, s'est réintroduit et l'a remis là où il l'avait trouvé. Je passe en revue les gens susceptibles d'avoir un double de mes clés. Y en a pas (oui je sais, c'est très con de pas laisser des duplicata en lieu sûr, je sais). Mais il se passe quoi bordel ? Tu sais, cette sensation désagréable d'une absence présente...Brrr...Je me dis que c'est pas possible, mais en même temps je suis pas folle, alors ? Je remets le Bataclan 72, j'écoute un peu, l'esprit pas trop tranquille, puis je me barre.

Le jour d'après. Eject : rien. Ah non ! ça va pas recommencer ! Je respire. Je respire. Je respire encore. J'envoie les Smiths ♫ this charming man...♫ Je coupe. Je passe sous la douche. J'en sors. Je me dis que je vais coller un post-it du style : c'est quoi le délire ? genre c'est bon maintenant, les blagues les meilleures sont les plus courtes. Enfin tu vois je suis bien perturbée, paranoland youhou. J'envoie les Smiths à nouveau ♫ this night has opened my eyes and I will never sleep again ♫ Je coupe. Je me sèche les cheveux. Eject : hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!! le Bataclan 72...et dessous les Smiths...

S'il te plaît dis-moi que personne n'est entré pendant que j'étais sous le séchoir dans la salle de bain. C'est pas grand chez moi, j'aurais entendu du bruit. Dis-moi que ça s'est pas fait non plus par l'intermédiaire d'une entité invisible aux supers pouvoirs magiques. dis-moi que c'est ma chaîne qui déconne. Dis-moi que c'est possible qu'elle avale régulièrement le Bataclan 72, et uniquement celui-ci, parce que c'est le mieux et qu'elle fait preuve de bon goût...Dis-moi que c'est possible qu'elle le garde au chaud puis qu'elle le recrache quand ça lui chante. Je t'en supplie, dis-moi que ça se peut...

mercredi 25 octobre 2006

♫ Dis-leur merde...♫

Si t'as cinq minutes, je peux te raconter un plan galère. en fait, soyons juste, précis et exact, il ne s'agit pas tant de navigation que de chemins de fer.

Tu te souviens peut-être de cette connaissance du charmant charmeur chilien qui traîne ses guêtres dans le beau monde ? Sinon c'est pas grave, t'as juste une mémoire de poisson rouge amnésique. Mais non allez, je te dis que c'est pas important, c'que tu peux être susceptible quand tu t'y mets...

Toujours est-il que ce grand ami de Béa (celle du thermomètre donc) nous propose ses services, d'autant que ça vaut le coup vu que Béa elle-même s'abreuve à cette auge (attention, va pas croire non plus que ça t'autorise à la traiter de cochonne, un peu de respect je te prie, t'en sais rien d'abord). On devrait pas être déçu. Ouais. Ok. Quelques jours plus tard il textote que c'est bon. Le charmant et moi on termine ce qu'on était en train de commencer (du macramé chinois oui, comment t'as deviné ? on s'escrime sur le noeud du swastika inversé) et on oublie.

Le gars rappelle. A posteriori, tout est toujours plus clair, tu as raison, tu m'enlèves les mots de la bouche...a posteriori donc je me dis que déjà c'était mauvais signe cette insistance, parce que en la matière (pas première, bien raffinée de préférence hein), quand tu te trouves du côté de l'offre, t'as pas trop besoin de courir après la demande. Mais sur le coup tu penses bien que chez nous ça connecte pas, on est un peu con, faut pas se leurrer.

Tant qu'à faire tourner le manège, on embrigade Diego. Lui aussi il t'est sans doute sorti de l'esprit, hein mon gros poisson ? On va chez l'ami de Béa pour lui filer le blé (pas en herbe). Il esr censé nous rejoindre dans notre quartier deux heures après. On lui fait confiance, il nous a tellement bien fait l'article...On dîne, tout ça...Il annonce un retard de deux heures. Tout est normal, tu connais la chanson ♫ I'm waiting for my man...he's never early, he's always late ♫

Il arrive. Pesée des jockeys. Problème. Tout le monde y va de son reproche : mais comment ? t'as pas vérifié !? Il se justifie par le fait que ça s'est fait en speed et même il va jusqu'à sacrifier une partie de sa part pour qu'on soit pas lésé. Puis on examine la chose. Moi je suis loin d'être experte, je peux pas me prononcer. Par contre Diego et le charmant voit direct qu'au toucher, à l'odeur et au goût, c'est pas du label rouge...Bon, goûtons voir. Ça se confirme, c'est vraiment de la merde, mais que fait Jean-Pierre Coffe ? Difficile de dire ce qu'ils ont foutu dedans exactement (mais vu l'état dans lequel on est le lendemain, ça serait des trucs soporifiques que ça m'étonnerait pas.

L'ami de Béa est désolé. Déçu déçu déçu. Ben ouais, il s'est fait eu hein, on est tous logé à la même enseigne. Il promet de faire remonter le problème à qui de droit, que c'est scandaleux quand même. Il passe un peu pour un con, y en a dans la compagnie qui sont assez durs verbalement avec lui. Puis on lui dit qu'on lui en veut pas mais que bon, à l'avenir ça serait bien qu'il soit moins naïf. Règle numéro 1 : tu pèses, c'est la moindre des choses. Règle numéroo deux : si le poids est règlementaire, vérifie quand même le contenu, on sait jamais. Il s'esquive, pas fier.

Les questions que je me pose : est-il très très con ? joue-t-il un double jeu ? n'est-il pas un peu mythomane avec son ami Béa ?

Comment tu veux conclure après ça ? Ça nous a calmé c't'affaire et puis voilà. Pour rester dans le ton, je termine avec quelques mots de Mister Perché. Suite au dégâts des eaux et forêts sur mon lieu de travail, y a une espèce de polémique sur les désagréments consécutifs (plus d'ascenseurs). D'un côté les tenants de la thèse : pour ceux des étages supérieurs, c'est plus dur que pour ceux des sous-sols. De l'autre, l'opinion inverse : non, en fait c'est tout aussi dur, les escaliers sont les mêmes pour tous. Bataille rangée. Pour élever le débat, un mail collectif (grands chefs inclus, même pas peur) :

Objet : Les plaintes

Chers collègues, je suis beaucoup plus préoccupé par les projets gouvernementaux ayant pour objectif l'interdiction de fumer dans tous les endroits publics...La France (qui n'est pas une démocratie) serait-elle devenue une République totalitaire ? Bonne journée. Mister Perché (ou les ravages de l'acide) (c'est moi qui ajoute)

lundi 23 octobre 2006

♫ Faites monter l'aventure au-d'ssus de la ceinture ♫

C'est qu'on commençait presque à s'engluer dans la guimauve à force. Et vas-y que ça cajole (le geai), et ziva que ça roucoule (le pigeon). Mouais. Or (nithologue) ça n'est jamais si simple. Ben non. Je vais te faire un petit rétrospectif édifiant, histoire que tu mesures à quel point je suis éprise au piège. T'en veux ? T'en as.

Le début du début. Ada et le charmant charmeur chilien se rencontrent. En note liminaire ils s'accordent sur le fait que la fidélité, faut pas trop compter dessus. On est là pour s'amuser. Investissement minimal, c'est tout bénef.

Le milieu du début. Ada mène péniblement sa double barque entre le susnommé et ex-monamour qui attache encore un peu au fond quand elle y pense. En d'autres termes elle tient le cap tandis que le charmant esquisse un virement de bord sur l'air amoureux du j'te kiffe, viens on vit ensemble et on fait des petits Totoro. Ada se laisse légèrement fléchir mais oh, du calme, pas trop non plus.

Maintenant je te raconte samedi soir. On est au resto avec Phénix qui aborde un sujet totalement inédit, tu vas pas le croire : il nous cause de sa rupture. Ça faisait longtemps. On peut quand même pas lui en vouloir. Juste des fois on lui dit : maintenant ça suffit, peux-tu nous faire un compte-rendu de Barthes et ses fragment amoureux ? ah non trop connoté. Tiens, qu'est-ce que tu penses de l'interdiction de fumer dans les lieux publics ?

Autant te dire que ça marche pas trop, le pauvre, je voudrais bien t'y voir (non, en fait non). Alors on se fend de quelques conseils et fines analyses, le genre de trucs dont il se fout complètement (sauf quand on se surpasse en psychologie qui te touche là où tu t'attends pas) vu que tout ce qu'il veut, c'est parler d'elle, et de lui, et d'eux, et voilà. J'exagère mais bon, tu vois...Le charmant, pleine démonstration de délicatesse, coupe : de toute façon l'amour ça existe pas, y a que du cul.

Franchement moi ça m'a laissée sur le cul (excuse la répétition, elle est désolée). Oui figure-toi que cette phrase m'a profondément atteinte. Dans mon amour-propre, je le reconnais. Un peu de fierté là où il faut parce que quand même on n'est pas que des bêtes. Mais aussi dans mon amour tout court.

Ensuite le charmant regrette de dire de telles conneries et je lui pardonne bien sûr mais c'est trop tard, à l'intérieur le mal est fait et demain l'apocalypse. Le charmant, qui a bien senti qu'il y avait eu comme une faille et qui (attends je suis touchée mais encore lucide) en est secrètement flatté, est aux petits soins...

Plus tard, disons le lendemain pour bien faire, on regarde In the mood for love. Oh ben tu sais ce que c'est, des gens qui se croisent dans l'escalier et qui vont acheter des nouilles chez le rebeu du coin, pas de quoi en faire une soupe...Tu te mouches dans le PQ, même pas mal.

La fin du début (à moins que ce ne soit l'inverse, je me connais, j'aime bien tout foutre en l'air, je peux me paramétrer auto-destructrice si je veux). J'accorde beaucoup (vraiment beaucoup. Énormément si tu préfères) d'importance aux mots. Et je sais pas expérience (83 ans mon petit, prends-en de la graine) que le sens d'une phrase n'est pas égale à la somme des sens des mots qui la composent. Donc cette phrase malheureuse du charmant n'est peut-être pas à prendre au pied de la lettre. D'ailleurs il fait tout pour en effacer les effets. Et je me souviens d'un autre dit du même : il y a ce qu'on dit et il y a ce qu'on vit. Ouais ouais ouais.

vendredi 20 octobre 2006

♫ Ain't got no / I got life ♫

Après la distanciation façon c'est pas moi, réconcilions nous avec nous-mêmes, retour du jeu du je et de la parenthèse en folie. Allez on va pas se laisser abattre comme des arbres (tu dis quoi ? Parce que moi je dis des arbres à abattre. Alors tu dis quoi mmm ?).

Hier soir j'achète des lames de rasoir pour le charmant charmeur chilien parti en rendez-vous d'affaire. Je développe un peu pour que tu vois bien l'évolution : je fais des courses pour lui, je les dépose chez lui et j'y reste, en écoutant Nina Simone. Quand il rentre, il retire son costard genre je vais passer à une tenue plus décontractée, normal quoi...mais ça dérive en strip-tease le truc...eh oui, voilà, il me fait le coup du futon...

Ce matin, dixit le charmant, je mange du clown. Déjà "je mange" constitue en soi un événement (le matin, s'entend, tu m'as quand même pas pris pour un pur esprit ? Oh ben tu vas être déçu alors). Je sors même acheter les croissants. Bon j'oublie le jus d'oranges mais personne remarque alors si tu pouvais la fermer, viens pas me casser la baraque merci.

C'est un matin tranquille, bien que pas coréen du tout, un matin rare, pas un matin pour rien. Pour que tu situes mieux, quand le réveil sonne je suis même pas fatiguée (oui j'ai dormi 10 heures, et oui un peu dans la fuite, et alors ? c'est le résultat qui compte). Week-end exclus, c'est le genre de matin qui arrive une ou deux fois par an...En plus le charmant et moi on est synchro.

Parce qu'au début début, il lui taffait pas, donc quand on dormait ensemble, je m'arrachais du lit en pestant intérieurement contre ces feignasses de chômeurs tandis qu'il entamait une bonne grasse matinée.

Puis il s'est mis à bosser la nuit et là, ben on se voyait pas des masses et quand par le plus miraculeux des hasards on se retrouvait dans le même lit, t'imagines bien qu'on dormait pas.

En ce moment il a des horaires dits normaux, comme moi (si tu savais comme j'ai progressé, tu serais fier de moi) (bon j'ai un scrupule là, comme souvent, mais franchement j'ai la flemme de tout mettre au féminin en option. M'en veux pas trop. Si, en bonne chienne de garde, tu n'es ni pute ni soumise, sache que moi non plus).

Ce qui fait qu'on prend un petit déjeuner ensemble un jour de taff. On est tout ébaubi d'être en forme et pas speed. Et on se marre bien mais je te raconte pas, sur toi ça marcherait pas, c'est une question de pH de la peau, et dieu sait qu'on s'a dans la peau (ben t'as une meilleure façon de le dire peut-être ?)

Puis j'arrive au taff. Les ascenseurs sont en panne. Bien. Sachant que j'ai l'insigne avantage dans un immeuble de grande hauteur, tout de suite ça calme. Je vois les affichettes annonçant qu'à cause de l'inondation de la veille, va y avoir du sport. Ce que je t'ai pas dit, c'est que la veille j'ai pas taffé. Donc je sais pas trop bien ce qui se passe. Mais je m'exécute.

Et quand j'arrive dans mon bureau au milieu des nuages (j'exagère, t'emballe pas), j'apprends que j'ai échappé au pire. Ouais. On me raconte le sinistre, comme quoi y a eu mobilisation générale pour sauver les meubles et les apparences tant qu'on y est (Willy aussi, t'excite pas...sans oublier le soldat Ryan. Le vin et le pastis d'abord quand même, tu permets. Et l'amour bien sûr) et que ça saute ! Tout ça, je te le rappelle, SANS ascenseur, alors aujourd'hui tout le monde a des courbatures et y en a ras-le-bol, sans compter qu'on se retrouve maintenant avec des sans-bureau fixe qui viennent squatter, c'est quoi ce bordel merde ! Eh bien laisse-moi te dire que ça me fait rire à gorge déployée, oui parfaitement, j'en rajoute pas.Vois-tu, y a pas trente-six façons de faire fi de la mort. Tu peux faire l'amour. Et tu peux rire un bon coup (ben oui c'est lié).

vendredi 6 octobre 2006

♫ A long time ago we used to be friends but I haven't thought of you lately at all ♫

Un signe qui ne trompe pas chez moi, niveau loose bordélique : à un moment ça se répercute sur le physique. Ça y est j'ai la crève, tout va bien.

Sauf que c'est pas une angine et ça, c'est pas tout à fait normal. Mais je te rassure, si ça se manifestait au niveau de l'oreille, genre otite, je me poserais des questions, tandis que là ça ressemble à une trachéite, limite une pharyngite, donc tu vois, on sort pas du terrain balisé (comme dit l'analyste, y a quelque chose qui vous reste en travers de la gorge) (il est marrant l'analyste, tu trouves pas ? Si tu pouvais aussi trouver ce que j'ai en travers de la gorge, tu serais bien aimable)...alors je vais pas chez le médecin et je continue à fumer hein, faut pas déconner.

Et puis tant qu'on y est je vais taffer aussi. Avec de la fièvre c'est mieux. Pour te dire, hier j'étais en service public, aux prises avec une chieuse de première, une qui parle fort et qui dit des gros mots. Eh ben j'ai gardé le sourire et mon calme légendaire et à la fin je l'ai contaminée, elle s'est détendue. ♫ You give me fever...fever in the morning, fever all through the night ♫ C'est abrutissant la fièvre mais ça a le mérite de te faire prendre un peu de hauteur.

Donc t'imagines bien, le soir, c'est une soupe et au lit. Littéralement. Bon j'avoue, hier j'ai failli regardé Envoyé spécial, j'ai même enlevé la pile de fringues qui cachent l'écran et, encore plus fou, j'ai branché la télé. Mais en fait je me suis endormie. Puis j'ai été réveillée par une bonne vieille migraine, c'était cool (oui je me plains, j'ai le droit). Dans ce cas je m'autorise de l'aspirine, le psychosomatisme ça va cinq minutes, faut pas confondre avec le masochisme.

Et puis mon téléphone sonne. Numéro non répertorié. Je me méfie. Le mystérieux inconnu ami de Canada Dry a l'air d'avoir lâché l'affaire (si c'est lui, je raccroche direct). Mais y a un Charly qui m'appelle assez souvent ces derniers temps. Alors, avant que tu t'excites : avec Charly on s'est embrassé avec la langue, mais pas plus et c'était pour rire. Sauf qu'il aimerait passer aux choses sérieuses et j'ai eu beau lui expliquer que moi non, il insiste et à force je zappe. Cependant il est répertorié et il appelle toujours du même numéro. Donc je décroche.

Bonsoir, excusez-moi de vous déranger, je suis en train d'entrer mon agenda dans mon téléphone portable, je suis tombé sur ce numéro mais il n'y a pas de nom...

Oui ? c'est qui ?

Je m'appelle Mister Perché. Et toi, tu es qui ?

Mister Perché ? Moi c'est Ada !

Ada !

Mister Perché ou la passion foudroyante. Ah là là, les enfants, le truc de ouf.

Ça se passe au printemps, y a quelques années. Je viens de quitter mon cher et tendre. Mister Perché est muté dans mon taff et je suis chargée de le former. Premier jour : il est fort beau bien qu'un peu spécial. Il parle tout doucement, à la limite du chuchotement. Pour lui c'est un nouveau départ après plusieurs mois d'errance. Deuxième jour : il me dit qu'il a l'impression qu'on se connaît depuis longtemps et qu'on a été ami dans une autre vie, non ? Ah si. Si si. Absolument. Deuxième semaine : on va voir une expo ensemble. On achète une très bonne bouteille de whisky, il m'invite chez lui...j'y resterai jusqu'à ce qu'on se sépare quelques semaines après.

Avec Mister Perché c'est un peu l'amour fou, on peut rester enlacés à regarder le linge tourner dans le séchoir, on s'ennuie même pas. On mange des salades, à base de tomates, poulet les jours fastes, parce qu'on est grave en misère.

Bon évidemment on passe la majeure partie du temps à jouer au docteur. En général il commence par Oh mais qu'est-ce que vous avez là ? il faut que je vous examine. Et hop on grimpe sur sa mezzanine. Sinon : je vous prescris une séance d'aquathérapie. Et hop on file sous la douche. Et là, désolée d'alimenter un cliché, je dis la vérité crue, Mister Perché est issu d'un métissage breton-congolais et il a le plus énorme sexe que j'ai jamais vu...Impressionnant. À tel point que pour certaines pratiques, t'as tendance à hésiter, euh t'es sûr que...Mais l'élasticité du corps, qu'est-ce qu'on est bien foutu quand même. Voilà voilà.

Après, l'amour s'en va aussi vite qu'il est venu. Je t'épargne la séquence IVG (tous les préservatifs explosent). Je pars en vacances. Au retour il me fait la gueule, il ne veut plus me parler. Je ne comprends pas pourquoi mais comme j'ai d'autres chats à fouetter, qu'entretemps j'ai changé de service, que là où je bosse c'est un peu gigantesque, on ne se croise même plus et ainsi va la vie.

Mister Perché ? Mais tu as un téléphone portable ? Quelle évolution !

Oui ! Et demain j'ai une répèt à 10h30, mais avant il faut que j'aille à la piscine et après je dois aller bosser. (Mister Perché m'a tout l'air défoncé)

Ah c'est bien, tu fais de la zique alors ?

Oui. J'ai mon groupe. Tu as un stylo ?

Oui.

Tu as un papier ?

Oui.

Alors note : myspace.com...Le son est pas très bon mais y a des lyrics, tu iras voir ?

Oui bien sûr. Et comment tu vas ?

Ça va. Et puis tu sais, ça y est hein, c'est passé.

Ah ben tant mieux alors.

Il m'a fallu du temps...

T'inquiète pas, pas de problème.

Ok, alors je vais inscrire ton nom dans mon répertoire. Excuse-moi de t'avoir dérangée. À bientôt. Bonne nuit !

Renseignement pris, Mister Perché est dans une phase difficile. Il vient de quitter sa copine. Il s'est fait interner une journée à l'HP pour qu'on lui prescrive des médocs qui tuent, il se défonce, il vient au taff pas très souvent...mais on a signé la paix. Comme quoi patience et longueur de temps font que les choses finissent par s'apaiser, souvent à un moment où tu t'en fous, et alors ? c'est toujours ça de pris, je vais pas cracher dans la soupe, sinon qu'est-ce que je vais manger ce soir ?