mercredi 29 novembre 2006

Les limbes du Pacifique

Vendredi (ou La vie sauvage n'est pas là où on l'attend).

2 heures au téléphone avec ex-monamour. 2 jours sans donner signe de vie au charmant charmeur chilien. Apéro avec mon pote. Il attend avec impatience un SMS de sa belle. Au diable la fierté mal placée, il lui en envoie un, elle répond, ils ont rencard. De mon côté j'ai fini par en envoyer un au charmant, lui disant que bon, y a de l'éloignement dans l'air de part et d'autre, qu'il s'étonne pas que je me fasse discrète. Je rentre chez moi.

Le charmant me propose de le rejoindre au nouveau bar. J'y vais en révisant mes positions (pas au sens de changer hein, non, au sens de réviser ses leçons). Je prends conscience un peu tard d'une évidence pourtant flagrante : c'est pas au nouveau bar qu'on peut avoir ce genre de discussion, on connaît trop de monde. Concert, tout ça. Je danse une valse avec un des Latinos, le charmant joue aux échecs. Soirée on ne peut plus classique. Une nana m'accoste, il s'avère qu'on travaille au même endroit (je me disais aussi...). Son pote se lance dans un festival de blagues de mauvais goût. Tu ris ou pas (dans la famille Dutroux je demande la fille...Pioche). Le charmant m'attend dehors et dit : je me prends la tête sur nous (ah oui ? qui l'eût cru ?).

Alors que toujours aussi classiquement, je suis attablée chez le Turc devant quelques frites, on pourrait se dire que voilà, on y est, on va causer. Eh bien non, car mon pote appelle, des sanglots dans la voix : sa belle a mis un terme à l'histoire. À ce point c'est plus des coïncidences, ça devient cosmique là non ? Cosmique mais pas drôle. Je l'enjoins de venir boire un verre avec nous, on est juste à côté (oui, parce que sa chérie, enfin son ex, est une voisine du charmant...Merci qui ? Merci Ada. Enfin...). Il refuse. À demain alors hein ? Puis prise de remords je me précipite dans la rue où je le vois s'éloigner sur son scooter, je cours un peu derrière en criant son nom mais c'est trop tard. Alors on va se coucher. Comme si de rien n'était.

Samedi (pas trop).

Je taffe et je suis pas contente. Je merde un peu dans mon planning, étant persuadée qu'on a 3 heures de pause entre la plage du matin et celle de l'après-midi. Eh ben non, y en a que 2. Conséquemment je me pointe 1 heure à la bourre : je les trouve en totale panique (ils sont perdus sans moi) (je les comprends, moi c'est pareil), mais tellement soulagés de me voir réapparaître que personne ne songe à me reprocher quoi que ce soit.

Ensuite activation du plan d'urgence : je consacre toute ma soirée à mon pote, qui tient pas trop mal le coup, brave petit soldat. À peine arrivée chez moi, vers 3h du mat, SMS du charmant : Jvien drentré ! Si tu ve me rejoindre té la bienvenue ! J'y vais, et tu t'en doutes, c'est pas ce moment qu'on choisit pour discuter.

Dimanche (toujours pas).

Réveil tardif. Le charmant a un déjeuner familial (enfin vu l'heure, ça devait plutôt être un goûter). Je décline l'invitation. Je veux dire, si je prends du recul, c'est pas pour me fader la belle-famille...charmante au demeurant (les chats sont pas issus de chiens, cochon qui s'en dédit, chouette alors).

J'opte pour une balade le long du canal, au soleil, avec ex-monamour. J'en suis sûre : ce mec c'est l'homme de ma vie ; moi je suis la femme de sa vie ; et nous le savons. Le problème c'est qu'on peut jamais être sûr de rien. Alors qu'on se met en route pour dîner, SMS du charmant : Jtinvite a mangé ! ça tdi ? auquel je réponds : Avec plaisir mais pas ce soir, une autre fois ! Et je passe la nuit chez ex-monamour.

Lundi (non plus).

Impossible d'ouvrir ma porte sur laquelle est placardée : Madame, Monsieur, vous avez été victime d'une effraction. Votre dépanneur a effectué une fermeture provisoire des lieux sur appel du commissariat de Police. Restant à votre disposition, vous pouvez nous contacter 7 jours/7 et 24H/24. Merci ! Ah bon. Très bien (en fait à ce moment-là je dis des gros mots dans ma tête, mais j'ai pensé que : Ah bon, très bien, ça faisait autrement classieux).

Je trouve également une convocation policière : Madame Ada est priée de bien vouloir se présenter à l'adresse suivante pour dégradation de porte. He ho, j'y suis pour rien moi, je suis la victime, faudrait pas oublier, et tant qu'à faire, s'ils pouvaient reformuler leur lettre-type, je sais bien que l'écriture c'est pas leur métier, mais bon, histoire de lever toute ambiguïté quoi.

Le serrurier répare tout ça. Je me rends (non mais je répète, je suis la victime) à l'adresse suivante où on me dit : ah désolé, c'est pas ici, c'est là-bas, les collègues se sont trompés. L'erreur est humaine. Oui oui oui. Ben des fois j'aimerais mieux avoir affaire à des machines. Enfin bref. Entre l'instit qui s'est fait insulter par un parent d'élève et la mère inquiète de sa progéniture en garde à vue, je dépose plainte. Ma chaîne hi-fi s'est envolée (m'en fous, elle était hantée) et c'est à peu près tout. Le plus chiant c'est qu'ils ont mis les placards en vrac et je dois me retaper une laverie pour la peine, j'ai pas trop envie de porter des fringues où ils ont fourré leurs pattes. Le soir je retrouve le charmant au nouveau bar, tout compatissant, mais du coup, encore raté ! on ne parle pas de nous.

Si tu veux mon avis, j'ai dans l'idée que, bien qu'il nous reste encore quelques bons moments au lit, cette histoire va paisiblement se déliter...

vendredi 24 novembre 2006

♫ En moi se vautrent des divans ♫

Je te préviens c'est le bordel. Au point qu'on s'entend plus penser. Moi qui suis pourtant pas spécialement ordonnée, j'ai du mal à m'y retrouver.

D'abord j'ai revu ex-monamour et c'était coooool...D'un certain point de vue on fonctionne vraiment bien. Mais bon, histoire impossible, tout ça, je te la refais pas.

Puis je m'allonge sur le divan. Et là c'est censé être une analyse hein (ouais, tout est relatif). Alors ça donne un truc du style :

J'ai vraiment eu envie d'appeler ex-monamour (déjà c'est chaud, quand je me cantonne à l'actualité brûlante - chaud, brûlant...t'es dans un beau champ lexical...eh bien moi je suis dans de beaux draps), mais il était 1h du mat, c'était trop tard. Ce matin aussi je voulais l'appeler, mais cette fois il était trop tôt...Trop tôt, trop tard, voilà, c'est bien ce que je lui disais, on n'arrête pas de se rater. On n'est jamais au même endroit au même moment (métaphore camarade, ne t'y trompe pas).

Et au départ je pensais que si j'ai tendance à aller vers lui en ce moment, c'est parce que je sens que le charmant charmeur chilien s'éloigne. Puis je me suis dit que non, ça vient de moi, c'est moi qui m'éloigne. Et maintenant je crois que c'est à la fois le charmant ET moi qui nous éloignons l'un de l'autre (attention, ponctuation de l'analyste, tu vas pas être déçu : Probable. Merci pour votre contribution, l'essentiel c'est de participer, merci encore) (non mais bon, j'ai l'air comme ça, mais j'ai l'habitude, le travail c'est moi qui le fais, je sais je sais).

Alors je suis en train de me paramétrer, de me conditionner pour prendre des distances (Oui. Ouh là, il se donne à fond ce soir).

De toute façon je n'ai pas de projet avec le charmant. Lui il m'a bien proposé une vie commune et des enfants, mais j'y crois pas, je rentre pas dedans, ce ne sont pas mes projets, ce sont les siens, je n'imagine pas un futur avec lui.

D'ailleurs je disais à une amie : le jour où je suis plus avec le charmant, je déménage, vu qu'on habite le même quartier...(Vous avez dit : le jour où je ne suis plus avec le charmant...Ben oui, c'est ce que je viens de dire, bravo, rien ne vous échappe...C'est donc que vous envisagez de ne plus être avec lui...?...Ok je vois où vous voulez en venir)

Oui. Oui. Je l'envisage...

(Long silence...Continuez. Ouais ben faudrait savoir hein)

mercredi 22 novembre 2006

Entre nous soit dit...gestif

Chez moi c'est une tradition (du latin tradere, transmettre). Le jour où je dois rencontrer mon bien-aimé chef de service pour un entretien annuel tout aussi traditionnel, on peut observer un phénomène physiologique plutôt désagréable. Et ce en dépit de toute variation. Je veux dire, ça peut se passer un mardi, un vendredi, un lundi (tu comprends le principe ?), ça peut être avec monsieur X ou avec madame Y, y a rien à faire, je n'y échappe pas.

Mais non c'est pas le trac. Le trac...on aura tout vu. Tu sais ce que c'est un entretien annuel ? Le synonyme le plus satisfaisant, ça doit être mascarade. Alors tu vois, trop la teuf au bal masqué ! Non, ce qui se répète comme une erreur qu'on doit bien l'aimer finalement si elle se répète (oui bon alors viens pas étaler ta névrose merci) (je me parle à moi-même, ne te sens pas spécialement visé), pile poil ce jour crucial entre tous pour ma carrière brillantissime...c'est une bonne vieille gueule de bois des familles.

Mon premier chef était un bonhomme paternaliste qui posait des questions perso. Moi j'esquivais mais il avait pas peur d'être lourd, il y allait franco le gaillard, genre je m'intéresse. Et vous venez d'où ? Bon d'accord, ça c'est pas hyper perso. En même temps ça le regarde pas d'où je viens. J'arrive de mon bureau, là, t'es content ? Et vos parents ? Quoi mes parents ? comment tu parles de ma mère toi ? Sûr, il est important, d'un strict point de vue professionnel, de savoir de combien d'éléments se compose ma fratrie, non je comprends tout à fait, vraiment. En plus j'ai que ça à foutre de passer deux heures (ouais il faisait traîner, un truc de malade) ici alors que je pourrais tranquillement finir ma nuit, la tête bien calée dans ma main, les yeux baissés sur une quelconque paperasse, l'air concentré (ça sent le vécu ? Ah non je t'assure, je dois bien raconter alors parce que c'est que des ouï-dire, pas du tout mon genre).

Après j'ai eu une cheftaine. Non, pas les scouts. Une chefesse, ouais, si tu veux...Alors elle je l'aimais pas. Et elle me le rendait bien. C'était la guerre froide. Deux blocs s'affrontent dans une course à l'armement aussi vaine qu'obstinée.

La veille de l'entretien, je me retourne la tête avec une amie. Nous étions synchro question célibat et on en profitait bien. Pour te dire, j'avais presque l'impression qu'on vivait ensemble. On rentre à quatre pattes, normal, on fauche une petite plaque de rue, ni vu ni connu...

Oui bon, toi aussi t'as eu une folle jeunesse non ? Non ? Ben il est temps de s'y mettre...Sinon un jour tu le regretteras, je dis ça pour toi...Écoute mémé un peu, sois gentil...Et...oui voilà, c'était l'époque où on sortait jamais sans un bon tournevis...et donc on rentre dormir chez elle...Je crois même que c'est ce jour-là qu'on a ramené, tu sais, les trucs là, sur roulettes, où ils mettent les journaux gratuits pleins de petites annonces. Oui c'était pas discret. Pas du tout encombrant. Et du plus bel effet dans son salon...Quand j'y pense, on devait être belle tiens...On donnait également dans le panneau de signalisation...Mais des fois on restituait, une fois retrouvée un semblant de lucidité, parce que bon, c'est sympa ce triangle jaune mais on en a déjà trois...

Le lendemain je m'extirpe du pieu, à peine le temps de passer sous la douche, je renfile mes fringues un peu crado de la veille, genre le jean grisâtre, tu vois, trop mimi hein (et puis on fait pas la même taille, elle pouvait pas me prêter) et je vais à ce putain d'entretien avec l'autre mégère psycho-rigide. La torture. Même pas parce qu'on s'est foutu sur la gueule, non. Enfin je sais plus trop, ça remonte...Mais ce dont je me souviens bien, c'est que ma seule préoccupation, tout du long, c'était de maîtriser ma nausée et de pas gerber sur son bureau. Remarque, c'eût été plus honnête niveau sentiment à son égard.

Puis un autre chef de sexe féminin. Gentille et tout. La nana que tu peux pas dater. Encore jeune mais qui fait vieille mais qui vieillit plus. C'est dur à expliquer. Fascinant. Bon ce jour-là j'y prête pas tellement attention parce que je sors d'une nuit totalement blanche, pas une once de sommeil, que de la danse et de la picole. Je tremblote de fatigue. Et surtout je ne parviens pas à me concentrer sur les mots qui sortent de sa bouche, je capte rien. Heureusement c'est un entretien détourné vu que je débarque dans le service (et c'est pour ça que je suis présente, c'est quasiment mon premier jour. Sinon tu penses bien, je me serais mise au lit), elle me fait plutôt une présentation, et tant mieux, il me suffit d'acquiescer de temps en temps, pas trop la peine de participer. Sauf qu'elle a pleins de trucs à dire, ça n'en finit plus, et moi, bercée par son monologue lénifiant, je commence à piquer du nez, les yeux qui se ferment malgré toi, tu sais, comme en voiture, quand tu te dis Ouh je suis fatigué moi et en fait tu dors deux secondes toutes les cinq secondes...Et là elle me dit Tu veux un caramel ?

Bon ben aujourd'hui c'était le jour J. Et si t'as suivi, tu sais que hier je suis allée au pot de l'Écrivain. Au départ je voulais juste boire un verre, et puis tu sais comment c'est, tu te laisses entraîner et tu t'estimes encore heureux de choper le dernier métro. Ouais mais après y a le nouveau bar qui me tend les bras. Et le gars sympa de la dernière fois qui écrit dans mon carnet Grand-père disait : j'aime la lune qui domine, qui me regarde et qui espionne les rêves de mes nuits. Rayons de bonheur. Bref. Consumé. J'aime les fleurs et celles qui aiment les fleurs. Y a le charmant charmeur chilien aussi, qui revient d'une soirée un peu merdique. Bref quand je rentre dans le bureau de mon chef actuel (une migraine mon vieux, j'ai dû boire de la bière frelatée, c'est pas possible), je me dis que la vie est pas simple pour ceux qui se la compliquent.

Le plus étonnant dans cette affaire (et s'il te plaît ne viens pas me dire que t'as comme l'impression que je suis souvent en gueule de bois. C'est faux tu entends ? Je te parle d'entretien annuel. Pas d'entretien hebdomadaire, ni quotidien. Alors t'en déduis quoi ? Exactement, j'ai une gueule de bois une fois par an, merci d'y croire), c'est que non seulement ils n'ont pas l'air de se rendre compte qu'ils ont devant un une alcoolique mondaine au dernier degré (non mais n'appelle pas la SPA tout de suite, je survivrai) mais qu'en plus, quand ils rédigent leur appréciation, ils mettent n'importe quoi (mascarade je te dis), à croire qu'ils tirent au sort (ou le plus bourré des deux n'est pas celui qu'on croit), exemple véridique (j'aurais pas pu l'inventer) : Ada est ponctuelle.

mardi 21 novembre 2006

"C'était hier l'été ; voici l'automne ! Ce bruit mystérieux sonne comme un départ"

Hum. Mmm. Ouais ouais ouais...Ah t'es là toi ? je t'ai pas vu arriver. Bon ben puisque t'es venu...On y va, on y va, t'impatiente pas. Allez c'est parti (je te préviens : ça va être chiant).

Samedi soir je me fais une longue soirée en tête à tête avec mon pote. Ça faisait longtemps. On chante comme des malades sur les Bérus ♫ tu cherches le dragon perdu, oh petite Vietnamienne je suis eurasien de coeur...Viêt Nam, Laos, Cambodge ! Nhan quyen oh nhan quyen ! ♫, on tise, on se marre, comme d'hab quoi.

À un moment on en arrive à parler d'ex-monamour qui dernièrement a littéralement harcelé quelques amis qu'on a en commun à propos d'une question qui le taraude : que s'est-il passé avec l'Écrivain ? et comment ? et pourquoi ? et où ? Pour synthétiser : Ada l'a-t-elle ou ne l'a-t-elle pas trompé avec l'Écrivain ?

T'en dis quoi toi ? à ton avis ?

Oui. T'es content ? Oui je l'ai trompé avec l'Écrivain, évidemment que je l'ai trompé avec l'Écrivain, tu me prends pour qui ? pour la Fidélité incarnée ? Poh poh poh...

Y a ceux qui savent et ceux qui savent pas. Ceux qui savent pas ils ferment leur gueule. Et ceux qui savent, ils ferment leur gueule aussi et ils lui disent que le mieux c'est de me demander à moi hein, après tout je suis la mieux informée. Mais lui il insiste (qu'est-ce qu'il les a soulés les pauvres), ils peuvent bien lui dire, ça n'a plus tellement d'importance maintenant, c'est passé.

Ouais, j'étais au courant de cette soirée règlement de compte par procuration. Alors qu'est-ce que j'en pense moi ? D'une part ex-monamour se garde bien de m'interroger, car il a déjà la réponse en son for intérieur et/ou il a trop peur que je confirme. D'autre part, si réellement ça ne lui faisait ni chaud ni froid, il ne poserait pas la question. Ça lui passera le jour où il rencontrera une nana, c'est tout ce que je lui souhaite, dis-je, magnanime.

Ah mais, réplique mon pote, ça c'est déjà fait.

Comment ça ? il a une copine ? et personne me dit rien ? pourquoi je suis la dernière au courant hein ? Et pourquoi en fait ça me remplit pas de bonheur pour mon prochain ? pourquoi, même, ça me fait un petit pincement au coeur ? est-ce de l'amour-propre ou de l'amour ?

Hier je sors de mon cours de chorale-langue vivante. Rendez-vous avec ex-monamour (un rendez-vous qu'on ne cesse de repousser à tour de rôle et puis hier, hop, on arrive à être synchro) (et tu crois au hasard toi ?). Raison officielle : restitution du dernier objet m'appartenant et traînant jusqu'alors chez lui. Raison officieuse : se voir, parler...

On atterrit dans un bar qu'on a beaucoup fréquenté ensemble. On papote, il me raconte que c'est plus ou moins déjà fini avec sa copine, que c'était pas sérieux ni constructif, on se remémore les bons souvenirs, etc...

Commence une soirée slam. Ah bon ? Ok. L'animateur fait un petit speech de présentation, il chauffe un peu la salle (pas très garnie) et, en nous désignant, ex-monamour et moi, il finit par : ah ! y a des amoureux ! on les applaudit bien fort ! Et le public de taper dans ses mains et moi de me dire : l'ironie de la vie, putain, c'est à n'y pas croire, mais crois-y, crois-y, t'y es en plein là, t'es soi-disant en train de mettre des points finaux et c'est à ce moment qu'on vous prend pour un couple, truc de ouf, attends je ris.

Après on se laisse aller à pas le faire mentir...On se bizoute comme au bon vieux temps, en écoutant les poètes. Puis ex-monamour me dit qu'il a bloqué sur la serveuse pendant deux semaines. Ah. Je comprends mieux la raison de notre présence ici. Mais non, pas du tout, justement s'il m'en parle c'est que c'est plus d'actualité. Pff tu parles. Franchement j'étais pas loin de basculer mais là je me remets d'équerre et je lui conseille de pas courir deux lièvres à la fois s'il veut parvenir à en pécho un. Mais je cours pas Ada. C'est une expression, ex-monamour, tu sais ? une locution imagée, comme quand on dit, je sais moi, tiens, au hasard, bâtir des châteaux en espagne, tu comprends ?...Bon laisse tomber (en vrai c'est pas une andouillen va pas croire quand même).

Je sais pas s'il court deux lièvres à la fois, toujours est-il qu'il fait d'une pierre deux coups. Ben ouais. Vis-à-vis de la serveuse, à laquelle il envoie un message du style : m'en fous de ton rateau, regarde, des meufs je peux en avoir. Et vis-à-vis de moi sur l'air du Si tu crois que tu es la seule, l'unique, t'as rêvé ma pauvre fille (en plus gentil mais bon). Je suis victime des apparences, se défend ex-monamour, cette soirée c'est avec toi Ada que je veux la passer, et je la vis à 200 %. Et mon fessier, c'est de la volaille ? (Non je dis pas ça, t'es con). Eh ben passons-la cette soirée, passons-la, mais on va ni chez lui ni chez moi, que ce soit bien clair, on la passe ici.

Je rentre chez le charmant charmeur chilien, tard il est vrai, mais sans rouge au front vu que, oui ex-monamour m'a embrassée et caressée mais il ne met de rouge ni à lèvres ni à ongles...alors ça compte pas vraiment...

Bien. Je ne te cache pas que tout ça m'a troublée. Et l'analyste ajoute qu'ex-monamour ne manque pas de finesse...Ouais faut savoir que l'analyste est très pro-ex-monamour. Très. Ou alors je projette ? je confonds ? ce serait moi qui serait très pro-...Oh je t'en prie, arrête, tu me prends la tête là.

Et alors si la vie c'est pas complètement n'importe quoi...figure-toi que ce soir, maintenant même, là, tout de suite, je suis conviée à un pot organisé par l'Écrivain. Je te jure (non mais j'y vais peut-être avec le charmant, commence pas à t'exciter).

vendredi 17 novembre 2006

"La banalité du mal"...

Je sais pas si c'est le delirium tremens qui me guette...

ouais parce qu'il paraît qu'il se manifeste en période de sevrage et autant te dire que j'y suis en plein ♫ faut se préserver si on veut durer ♫ Pour l'instant je m'hydrate avec de l'eau, c'est ce qui se fait de mieux m'a-t-on dit. J'aurais aimé t'annoncer que, pour me remettre de la dernière cuite en date, je m'en suis jeté quelques uns derrière la cravate, option traiter le mal par le mal, c'eût été plus rock n'roll...mais bon, déjà je porte pas de cravate, et puis je sais parfois être sage, que veux-tu, tant pis si t'es déçu

ou si je vois le mal là où il n'y a que malentendu et incompréhension

(j'en doute fortement)

...toujours est-il que j'ai comme l'impression qu'ils sont partout. Écoute plutôt.

Ça se passe dans un bureau. Machine me parle d'une collègue kabyle, très chaleureuse bavarde et démonstrative d'une part, et qui, d'autre part, a pas mal de problème d'ordre psychologique (violée dans son enfance, maniaco-dépressive, alcoolique...que du bonheur). Machine n'a rien contre elle (quand ça démarre de cette façon, c'est mauvais signe non ?), d'autant qu'elle est sympa.

Mais (toi aussi tu l'attendais le Mais hein) faudrait pas qu'elle s'abrite derrière sa fragilité pour tirer au flanc. Bon. Jusque là, pourquoi pas ? c'est son opinion, elle la partage. Moi je pense plutôt que la collègue kabyle assure, en dépit de toutes les casseroles qu'elle traîne. Là encore ce n'est que mon avis.

Attention on passe la vitesse supérieure. Machine renchérit : non parce que tu sais, je les connais ces gens-là. Forcément je tique. Quels gens-là ? Ben la collègue kabyle, ils sont capables (tu notes le passage sans transition du singulier au pluriel ?) ils sont capables de jouer une sacrée comédie, à se rouler par terre s'il le faut, pour faire pitié, et ils arrivent à embobiner tout le monde, ils sont forts pour ça ! Je me braque pas tout de suite, j'essaye de dialoguer. Oui c'est vrai, y a des gens experts en manipulation et dissimulation, ça existe, le fait est indéniable...la collègue kabyle en l'occurrence, je ne pense pas, pour telle et telle raison...

Machine se lâche : ah les Méditerranéens (ça fait du monde hein ? Mais c'est ainsi qu'elle a dit, je retranscris fidèlement) je peux t'en parler, j'en ai dans ma famille (alibi classique) et crois que j'en ai souffert (voix qui se brise sur les bords) je les connais va, je supporte pas cette engeance ! Je crois que je blémis. Engeance, sur le moment, j'ai pas la définition exacte en tête mais il me semble bien que ça relève quasiment de l'insulte. Alors je finis par dire que je ne connais pas l'histoire de Machine, certainement difficile, je ne mets pas sa parole en doute...Néanmoins est-il utile de projeter sur autrui - quand bien même il lui rappelle peu ou prou certaines méchantes personnes - des conflits non résolus ?

Ça se passe à la cantine. Chose me fait part de son ras-le-bol. Y en a marre. De quoi ? Elle doit répondre à un courrier qui la soule grave. Ah oui ? mais encore ? Oh là là, il croit vraiment que je suis à son service (ben t'y es un peu ma vieille), j'ai pas que ça à faire moi, il me demande de faire des vérifications à n'en plus finir...et ça m'étonne pas, y a qu'eux pour être aussi chiants et se croire tout permis...évidemment c'est un juif ! Ah. Mais comment tu sais qu'il est juif ? Il te l'a dit ? Non mais il travaille sur des documents en yiddish. Et alors ? ça prouve quoi ?

Ça se passe à la fin d'une pause-clope. Bidule me raconte ses séjours en Afrique, comme quoi c'est des grands enfants là-bas. Ouais enfin, y a aussi des grands hommes, me semble-t-il, un peu comme partout, et même, soyons fous, des grandes femmes, et des petits, des moyens, des gros, tout ça quoi. Arrive le chauffeur d'une des huiles de la maison. On se salue. Bidule me glisse : il est beau pour un Noir hein ? Ben écoute c'est pas trop mon style de gars...mais dis-moi, et moi, pour une Jaune, tu me trouves comment ?

Je sais pas ce qui va se passer en mai 2007. En tout cas rien ne m'étonnera.

mercredi 15 novembre 2006

Buvez...ah vous êtes éliminé

Pourquoi il ne faut pas boire d'alcool quand on taffe pas le lendemain ? Tu te le demandes sans doute pas mais tu vas le savoir quand même.

19h30. D'abord tu prends l'apéro avec tes amis dans un des nombreux bars où les cacahuètes et les amandes s'achètent au distributeur, non mais on se fout de la gueule de qui ? C'est vendredi, faut relâcher. ► 3 pressions.

21h30. Puis tu vas dîner dans un resto du coin avec ces mêmes amis. Le fond sonore années 80 fait la joie de tout un chacun. ♫ everytime you go...away, you take a piece of me...with you ♫ Tu joues au jeu de l'île déserte comme quoi toi si t'emportais qu'un seul aliment, ce serait la patate. ► disons 3 verres de vin rouge.

23h30. Pour digérer tu dégotes un petit bar à l'écart tendance anar (les rimes en [ar] ça compte pas pour de l'art car ce n'est pas rare), l'intégrale de Clash en écoute et une variété de rhums arrangés très alléchants. Qui est le président du Sénat ? Personne ne s'en souvient, y en a pas un pour rattraper l'autre, j'te jure...► 2 rhums gingembre.

1h. Tu rentres dans ton quartier à pied, plus de métro, il fait doux ou t'es déjà bien chaud, va savoir. Tu passes devant le nouveau bar, y a du monde que tu connais, forcément tu t'arrêtes (par pure politesse bien sûr). Tu papotes avec la serveuse qui a tendance à devenir une amie. On t'offre un verre ? Ok. ► 1 whisky.

Jusqu'ici tout va bien, ça ressemble à une soirée bien arrosée mais tout est encore sous contrôle. Au moment de la fermeture, t'as dans l'idée d'aller te pieuter...on te propose un dernier verre un peu plus loin.

2h. Tu montes dans la voiture et voilà, ça bascule. T'es avec deux gars du quartier, très sympas et pas lourdauds, qui connaissent un peu le charmant charmeur chilien. Ça parle banlieue, que ça peut être super et tout mais toi ton expérience à Vitry-sur-Seine, merci c'est bon. ► 1 mojito (tu vois, tu commences à trop varier les plaisirs)

SMS du charmant pour que tu le rejoignes là où il mixe. Tu demandes aux gars de te déposer.

3h. Le bar est fermé au public mais le pote de ton pote...

Bon, ça va être long à expliquer. Ton pote, il a un pote. Et ce pote il est serveur. Ton pote, il a un anniversaire. Et cet anniversaire il le fête dans le bar où son pote est serveur. Ton pote te demande si le charmant voudrait pas être aux platines pour l'occasion. Les patrons du bar kiffent le charmant. Bon ça c'était y a quelques temps. Depuis le charmant mixe par ci par là dans le bar, tu comprends ? et en plus il est payé, alors tu vois c'est cool les amis.

Le pote de ton pote t'offre un coup, normal. ► 1 vodka (oui mais t'as pas eu le choix, c'était imposé).

3h45. Le pote de ton pote, le charmant et toi, vous partez en boîte (en vrille aussi tu peux le dire...Te connaissant tu devrais savoir que ça va mal finir, mais ta lucidité est loin d'ici). Tu marches t'as aucune idée de combien de temps, t'arrives t'as aucune idée de la rue, tu entres t'as aucune idée de la boîte. Juste t'as le réflexe de sourire au videur, vu que vous grillez un peu la queue et qu'en plus vous payez pas (le pote de ton pote a visiblement ses entrées). Tu atteins le bar. ► 1 whisky (tu es en recherche de repère n'est-ce pas).

Tu discutes avec un délégué de la Croix Rouge actuellement en mission à Haïti. Tu trouveras sa carte de visite plus tard dans une de tes poches. Non parce que sur le moment c'est juste un gars un peu flou qui te crie dans les oreilles. Le pote de ton pote te colle d'autorité une paille dans la bouche, tu aspires, mmm...tu veux la même. ► 1 champagne-jus de fraises fraîchement pressées et d'autres trucs encore mais oh c'est pas un blog de cuisine ici.

Tu danses (un peu trop lascivement, paraît-il) avec un mec avant d'en boire ► 1 second, et allez !

6h ? 7h ? Franchement tu t'en fous. T'as passé le trajet la tête à la fenêtre, le taxi s'arrête, tu glisses un billet dans la main du charmant qui te dit Tu vas pas gerber quand même ?, t'as juste le temps d'entendre Ah si, elle va gerber et tu vomis au pied d'un arbre, qu'il veuille bien pardonner ton offense, c'était lui ou le taxi et la nature est bien plus accueillante que l'homme.

Tu gravis les escaliers, tu te brosses les dents. Ici s'arrêtent tes souvenirs conscients.

8h53. Tu te réveilles sur le futon du salon. La baignoire eut été plus logique...tu cherches pas à comprendre (et quand bien même tu chercherais, tu crois vraiment que t'es en état ?). Tu te lèves, encore complètement bourré, pauvre de toi. Douche. Tu rejoins le charmant sous la couette. Justement il n'attendait plus que toi pour une partie de jambes en l'air. Pas de problème.

14h. Aaaaaaaaaaaaaaaaaaargh...ta tête.

15h. Idem.

16h. Le charmant se lève. Toi non.

16h30. Il sort. Toi non.

17h30. Il revient. Tu n'as pas bougé. Il se recouche (ah ben oui, il fait son malin mais c'est pas si facile hein).

19h. Il va acheter de la soupe et du Coca (tu croirais un tableau de Warhol).

20h. Allez, lève-toi, la soupe est chaude. Tu te traînes péniblement jusqu'au salon, tu as la tête qui tournent et les jambes qui tremblent. Goûte-moi ça comme c'est bon. Il te tend la grosse cuillère en bois que tu embrasses du bout des lèvres. Je vais vomir, dis-tu (c'est vrai, c'est pas exactement la réaction qu'on attend quand on prépare un remontant pour sa bien-aimée. Soit. Mais je te rappelle que t'es une vieille loque moisie, alors bon). Mais non tu vas pas vomir. Tiens je te sers un verre de Coca, c'est un anti-vomitif tu sais ? Oui tu sais, mais tu peux pas répondre, on parle pas la bouche pleine (eh oui c'est crado, c'est comme ça). Tu t'isoles un moment dans la salle de bain. Le mystère c'est qu'est-ce qu'il peut bien te rester dans le bide, vu que t'as déjà vachement donné hein ? Oh t'en fais pas, quand y en a plus, y en a encore (bon ça va, on arrête, petite nature va).

20h30. Tu te recouches.

23h. Tu vas prendre une douche. Épuisant. Puis tu dors jusqu'au lendemain dimanche, jour travaillé pour toi, pas de chance.

Donc récapitulons :

3 bières + 3 verres de vin + 2 rhums gingembre + 2 whisky + 2 champagnes-fraises-bidules + 1 mojito + 1 vodka =

1 cuite comme t'en as pas pris depuis l'adolescence (et à l'époque tu te mettais minable avec dix fois moins...c'est là que tu vois que t'as vieilli, qu'est-ce que t'encaisses espèce d'alcoolo).

24 heures de coma migraineux nauséeux

et par là même 1 jour chômé gâché.

Si encore t'avais dû bosser, t'aurais au moins eu la satisfaction de faire l'école buissonnière. Eh ben même pas.

Tu filerais pas un mauvais coton toi des fois ?

jeudi 9 novembre 2006

Inspirez, expirez...ah non vous n'êtes pas tout à fait mort

Pourquoi il ne faut pas prendre les chemins de fer quand on taffe le lendemain ? te demandes-tu dans ta petite cervelle rongée par le doute (et non pas les dangers de la route, c'est pas la sécurité routière ici, ça parle de train on t'a dit).

Déjà parce qu'il y a un préavis de grève, t'es prévenu, viens pas te plaindre. Y a toujours de bonnes raisons pour se mettre en grève, crois-moi ils font pas ça pour rigoler, un peu de respect (on commence par tromper l'ennemi et après on discute, t'inquiète).

Le sommeil. au début t'as pas du tout envie ni besoin de dormir, t'es en pleine forme alors que deux minutes avant t'aurais juré le contraire, sur la Bible et en gros mots (pas en gros caractères parce que t'as vu le pavé ? c'est peut-être pas la peine d'en rajouter, posons des limites et prends une loupe si t'es malvoyant) (bon à ce stade j'ai déjà même plus besoin de répondre à la question qui nous occupe, tu vois bien par toi-même) (sauf si t'es malvoyant, auquel cas tu sais maintenant, cf ci-dessus, ce qu'il te reste à faire). D'un coup d'un seul (à réitérer si nécessaire) t'as une patate mon vieux...Si tu es un homme, tu peux aussi avoir une magnifique érection, pour le plus grand plaisir de ton/ta partenaire. Jusqu'ici ça donne envie hein.

Puis c'est le petit matin, tu finis par sombrer. Forcément quand tu émerges, t'as une demi-journée de retard et t'es épuisé, laminé, presque déprimé...

Le service public. Tu es fier quand même car tu arrives pile poil au moment où c'est ton tour, à 13h. Tu prends donc le relais, après le soin de t'être muni d'une bouteille de soda caféinée, celle-là même que tu considères un peu comme la panacée des défoncés (ami poète, admire ces rimes de classe moyenne), sauf que le Taureau Rouge c'est mieux mais moins facile d'accès, alors tu fais avec ce que t'as et tu dis merci comme on t'as appris, voilà, c'est bien.

Tu as aussi un pauvre sandwich acheté en coup de vent à la boulangerie du coin, mais tu te retrouves comme un con à pas pouvoir le manger puisque t'es en service public bon sang t'avais oublié...Pas longtemps...une harpie vient vite te rappeler que t'es pas là pour prendre du bon temps en sirotant ton breuvage accroupi sous le comptoir, total camoufalge (ouais ben je voudrais t'y voir), t'es là pour te faire gueuler dessus comme quoi y a rien qui marche ici...Oh ma p'tite dame, je suis bien placée pour savoir que c'est un vrai merdier, lui réponds-tu. Eh ouais t'y es tous les jours toi...Bon là tu te désolidarises un peu, voire tu craches dans la soupe, mais tu fais l'économie de la langue de bois vu que tu te tapes déjà une espèce de gueule du même matériau, tu t'épargnes un minimum, instinct de survie.

Dans ton bureau tu renifles, t'as le nez qui coule, tu te mouches plus ou moins discrètement. Les filles te disent Oh tu t'es bien enrhumé toi. Oui oui, c'est cela oui. Vers 16h tu parviens enfin à te sustenter, c'est le moment que choisit ton chef de service pour faire une incursion, c'est l'homme qui tombe à pic ce gars. Bon ben il te souhaite bon appétit, il est poli, toi tu passes encore pour une personne un peu particulière et tu les emmerdes ceux qui sont pas contents.

Pour finir tu partages ton expérience avec tes fidèles lecteurs, histoire de leur prouver que, malgré tout, t'es encore capable de pondre quelques lignes dignes d'intérêt. Puis tu te relis et tu réalises qu'en fait non.

mardi 7 novembre 2006

♫ Dansons joue contre joue ♫

Oui ben eh, ça va bien, je suis pas non plus forcément à ta disposition tout le temps, j'ai aussi une vie et si tu veux que je te la raconte, faut me permettre de la vivre.

C'est vrai, hier c'était lundi et je t'ai pas raconté mon week-end, je le reconnais, c'est indéniable. Et puis ? on va pas non plus se laisser bouffer par la routine sous prétexte que lâcher la proie pour l'ombre c'est vachement risqué...Principe de précaution tout ça, ouh y en a marre. On peut bien se distraire quand même non ? Là on est mardi, je te fais un compte-rendu de mon samedi. Et ben la Terre tourne encore, tu peux vérifier...vas-y je t'attends...

Alors t'as vu ?

Samedi donc la soirée se déroule en trois temps, telle celle qui s'offre encore le temps de s'offrir des détours du côté de l'amour (comme c'est charmant). Ouais ben c'est pas vraiment ce que tu crois.

Premier temps. Le charmant charmeur chilien mixe à l'occasion d'un vernissage photo. Je fais un petit tour, je bois un petit coup et je m'esquive car c'est pas qu'on s'emmerde mais presque. Juste avant je reçois un appel de Canada Dry, y a trop de bruit, il me dit qu'il rappelle plus tard, ce qu'il ne fera pas (par contre il réitère lundi soir et je ne comprends pas où il veut en venir dans la mesure où il ne propose pas qu'on se voie, et bien lui en prend car il s'exposerait à un refus frustrant, il a raison de se préserver, mais alors pourquoi il appelle ?). Sur la route je croise un camarade du quartier, on décide de se retrouver au bar en bas (celui où je vais plus).

Deuxième temps. Mon pote le serveur est derrière le comptoir, ça tombe bien. Je te passe les méandres de la discussion pour aller droit au but. Autour de minuit mon pote annonce aux deux clampins qui restent qu'il va fermer (et ouais, c'est pour ça que ça va pas, ils ferment jamais à la même heure, comment tu veux que les clients s'y retrouvent) (et viens pas me ressortir mon laïus sur la routine que t'auras pompé ci-dessus. Je me contredis, ça fait partie du concept d'imprévisibilité, tout cela est très cohérent au final).

Puis on se retrouve lui et moi, il tire le rideau, il passe la serpillère. Je reçois un SMS du charmant me proposant qu'on se rejoigne au nouveau bar. On sort par la cuisine. Échange de bise d'au revoir. Je crois t'avoir déjà dit que ces derniers temps mon pote le serveur a tendance à être fort chaleureux et fort pressant dans ses bisous, au point que très souvent il m'embrasse plus sur la bouche que sur les joues. Perso ça me dérange pas. Là il met carrément la langue, ciel ! Mais qu'est-ce que tu fais !? m'exclamè-je, et bon d'accord c'est pas la question la plus pertinente que j'ai posée dans ma vie...Écoute, répond-il, t'as un copain, j'ai une copine, on n'est pas là pour se faire du mal. Je le coupe avant qu'il me ponde un syllogisme du style : donc on est là pour se faire du bien. On se quitte en bons termes malgré tout.

Seulement moi, avec l'esprit machiavélique qui me caractérise et que j'applique volontiers à autrui, je me demande si, étant donné qu'il y a un conflit latent entre eux (tu sais qu'un jour il a tenté de me démontrer à quel point le charmant c'est pas un mec bien), cette tentative de séduction n'est pas, avant la quête de satisfaction d'un désir purement sexuel, une manoeuvre sournoise et perverse, n'ayons pas peur des mots, pour cocufier, par mon intermédiaire, quelqu'un qu'il n'aime pas ? Je me le demande et ce n'est pas pour me plaire. Autant je peux comprendre (j'ai pas dit accepter) les pulsions primaires qui parfois s'expriment par nos corps...autant les stratégies à caractère manipulatoire, je dis non. Mais ce ne sont que des présomptions intuitives, tu vas encore me dire que ça n'a aucune valeur juridique, je sais bien, je fais pas son procès non plus, t'emballe pas.

Troisième temps. (Ça se dégrade, t'étonne pas). Je traverse le boulevard pour rejoindre le charmant. À peine entrée, dans une atmosphère enfumée et une salle blindée de monde, le patron me saute dessus Hé t'as vu qui est là ? Ben euh non...? Ah là là j'en peux plus, ils foutent un de ces bordels...Au début ils étaient en terrasse mais je les ai obligés à rentrer, ils faisaient trop de bruit. Le champagne coule à flots, c'est bon pour le moral du chiffre d'affaire.

N'insiste pas, je ne dévoilerai pas l'identité de cette personnalité (disons juste que c'est un comédien donnant dans le genre comique et plutôt bon) (mais délirant) qui, va savoir pourquoi, a décidé ce soir-là d'emmener sa petite clique dans un bistrot de quartier, histoire de s'encanailler en toute décadence. Par contre la décence, pas trop non. Tu le retrouves accroupi près des chiottes en train de consciencieusement lécher le visage de sa compagne. À sa table chacun roule des pelles à sa chacune, à croire que ça fait longtemps que ça leur est pas arrivé.

Et je ne te parle pas de cet autre comédien qui a fini ivre mort dans le caniveau, non je ne t'en dis rien, parce que je ne l'ai pas vu de mes yeux. Il a, dit-on, atteint le coma éthylique avant que je n'arrive et tu me connais, je voudrais pas calomnier.

Puis on rentre se coucher. Et pour se retrouver tout à fait, après cette soirée où on s'est peu vu, le charmant et moi, devine ? on valse, oui, mais pas musette, de Cythère...

jeudi 2 novembre 2006

La route est longue de Madison à je sais pas où

Tout est question de volonté, trop simple la vie.

Tu vas finir par croire que je radote (et pourquoi pas ? j'ai 83 ans, c'est de mon âge) mais c'est juste pour contextualiser. Y a eu une inondation sur mon lieu de travail, les ascenseurs sont hors service, c'est le bordel. Néanmoins, comme il faut toujours extraire (en première pression à froid c'est mieux mais tu fais comme tu le sens) le positif des pires situations, ça n'a pas que des inconvénients. Par exemple on a tous des cuisses en béton et le fessier bien ajusté. Moi qui pratique peu ce qu'on appelle le sport, je trouve ça pas mal.

D'autant que, autre exemple bien plus intéressant de mon point de vue, les circonstances font que nos amis les pompiers qui résident sur le site et qu'on rencontre rarement, si ce n'est à la cantine, tu sais la grande tablée de gaillards ? ceux qui garnissent leurs plateaux comme la bonne ménagère son caddie le samedi histoire de contenter sa gloutonne et nombreuse famille...

Nos amis les pompiers donc. Oui nos amis. Faisons preuve de bienveillance envers ceux qui peut-être un jour nous sauverons la vie, c'est la leçon que je reçus un matin, avant de gravir une montagne, de la part d'un sage antillais qui me parla ainsi : dis bien bonjour à tout le monde sur la route, on sait jamais, tu peux avoir besoin de quelqu'un...Sauf qu'il le disait à moitié en créole...

Nos très chers amis les pompiers circulent à droite à gauche en rondes permanentes et vérifications de précaution, notamment à mon étage. C'est pas désagréable. L'attrait de l'uniforme, t'oublies, je suis pas comme ça. Mais bon, les exigences du métier étant ce qu'elles sont, faut bien reconnaître qu'ils sont bien foutus d'un peu tous les côtés. Et encore on voit pas tout. Tout ça pour dire que je résiste pour ne pas aller faire un tour, disons avec le blond aux yeux verts, celui qui déroule sous mes yeux un énorme tuyau en me susurrant je vous arrose ? Bon je t'accorde que c'est pas très fin mais ça a le mérite d'être explicite...un petit tour vite fait bien fait, hop hop, dans le QG VIP (si t'as ce tirage au scrabble, tu pleures et je compatis) où y a de la moquette épaisse et tout le confort moderne.

Mais c'est pas tout. L'autre soir je prends le RER avec le charmant charmeur chilien occupé à envoyer une flopée de SMS. Mon regard erre dans le wagon et je note 1) que le jeune homme en face est fort joli, 2) qu'il me regarde. Bon. Je baisse les yeux, comme tout le monde. J'observe ailleurs. Mais irrésistiblement mes yeux reviennent à lui, qui n'a pas dévié. Son regard se fait plus expressif, tu sais comme quand tu souris sans bouger les lèvres. Il me détaille sans vergogne. Bizarre de se sentir objet. Mais oh, objet de convoitise quand même, toujours flatteur. Et puis nos attraits sont réciproques, c'est pas pareil, on est deux à se rincer l'oeil...

Le charmant s'interroge : je lui dis Réaumur ou les Halles ? Dis-lui les deux, il verra ce qui est le mieux pour lui. Le charmant replonge dans son portable. Le jeune homme en face a toujours les yeux plantés sur moi. Station les Halles. On arrive devant les portes au même moment. Je fixe le bouton. Il appuie dessus de deux doigts longs et souples. Je lève la tête et pour clore cet instant partagé je lui dis bonsoir en souriant. Dans la cohue de la sortie, le charmant emprunte un escalier, je mets deux secondes à me rendre compte que je pars dans l'autre sens (ah l'inconscient, l'inconscient...), le temps de voir le jeune homme se retourner une dernière fois.

Un monde, celui des possibles, se ferme. Si j'avais été "célibataire", je te prie de croire que ça se serait pas terminé comme ça, enfin je crois. Je ne succombe pas à la tentation (qui a dit jusqu'à quand ? parce que j'ai rien entendu là). Je résiste oui. Et je m'en félicite. Sous vos applaudissements.

lundi 30 octobre 2006

Hiro S hi M a S mon amour

Samedi soir c'est l'anniversaire de mon pote, dans un bar chaleureux riche en divans moelleux, avec le charmant charmeur chilien aux platines et Ada au mojito. Dimanche on se lève pas trop tard selon la nouvelle heure. On se retrouve devant un steack-frites en guise de petit déj. Vient à passer Phénix, qui s'attable avec nous.

Cris de mouette : il reçoit un texto, de son ex, tu sais celle qui le fait souffrir le martyre, celle qui occupe ses pensées nuit et jour et jour et nuit. J'ai rêvé ou c'est toi que j'ai entendu jouer de la trompette ?

Il faut savoir que Phénix est un peu musicien, en plus d'être légèrement dépressif, mais comme tu vois, c'est compatible. Ce message provoque dans son crâne comme qui dirait une tempête (relis Hugo) tout en lui faisant grand plaisir. S'engage donc une séance de remue-méninges pour formuler une réponse digne de ce nom. Comme on dispose d'un charmant expert en SMS d'amour, d'une Ada représentante du sexe féminin et, à ce titre, coboye volontaire sur les effets bénéfiques ou pas de telle ou telle tournure...et d'un Phénix concerné mais un peu paumé, on y croit ! Attention ça fuse !

Première proposition : "Ouais t'as rêvé !" Variante : "Tu peux toujours rêver !" Sous-variante : "Dans tes rêves !" Ça nous fait rire parce que c'est con, c'est tellement nous, mais c'est pas très sérieux, et je te rappelle que la nana en question ne se manifeste pas si souvent que ça, faut pas se rater. Au bout de longtemps on se met d'accord, mais attends, trois point de suspension c'est bien ? ou c'est mieux un point tout court ? non non, pas de ponctuation, allez : Je joue pour toi tous les jours Si c'est pas un message d'amour tout en finesse...

Cris de mouette : Tu es chez le voisin du dessous ? (j'explique : le voisin du dessous est un partenaire musical de Phénix) Ouais ben elle donne pas vraiment dans le poétique la fille. Tu croyais que tu pouvais la faire planer un peu, vlan elle te ramène tout de suite sur terre. Cependant elle répond du tac au tac, elle...tandis que nous (oui je dis nous, s'agit de réponses collectives, même si elles sont validées en dernière instance par Phénix lui-même) on prend plus de temps. "Oui je suis chez le voisin", mauvais, en plus si elle appelle derrière, elle va entendre le bruit de la rue, trop grillé. Faut speeder avant qu'elle nous échappe. Tant pis si elle veut rester dans le cartésien pragmatique, on enchaîne : Je suis déçu...pas dessous Jeu sur les sonorités reflétant parfaitement l'état d'esprit présent de Phénix, du travail de pro...

Cris de mouette : Où es-tu ? Quand je te dis que c'est pas une marrante...Mais elle mord à l'hameçon puisqu'elle lâche pas l'affaire. Nous non plus. On s'active. Y a divergence. "Je suis celui qui suis", trop mégalo même si connoté "buisson ardent", presque de mauvais goût au final (on adooore) et hors sujet. "Dans ton coeur", ouais bof. "En toi", à double sens pas drôle, trop sexuel. "Je suis où tu veux que je sois", trop long, trop lourd. Allez zou : Où tu veux...Aussitôt suivi d'un : Quand tu veux...Léger, printanier et flatteur.

On respire, on attend. La tension monte. Cris de mouettes : J'ai vraiment cru t'entendre jouer en bas Ah putain c'est une coriace. Elle essaye de clore le truc l'air de rien. Spécialiste en douche froide. Qu'à cela ne tienne. On se laisse pas abattre. "J'ai vraiment cru que tu m'avais répondu", elle risque de pas comprendre étant donné son côté premier degré à toute épreuve. Se taire non, elle est visiblement en quête de communication avec Phénix, même si elle ne veut pas le reconnaître ni se l'avouer à elle-même. Il faut en profiter mais sans qu'il trahisse ses propres pensées et sentiments. "La vie est un rêve", trop impersonnel, trop sentencieux. J'ai vraiment cru que tu pensais à moi Subtilement profond...

Cris de mouettes : Bien sûr que je pense à toi, tu le sais Après quelques tergiversations, Phénix décide de couper là. Comme ça, éventuellement, elle reste en attente d'une réponse. Malgré les éclats de rire, ce brainstorming a été éprouvant pour lui. Il part faire quelques kilomètres de brasse à la piscine du coin. Nous on opte pour le sport en chambre, sieste crapuleuse, figures libres.

Quand on l'invite à nous rejoindre dans le nouveau bar pour l'apéro, il passe en coup de vent nous annoncer qu'il a rendez-vous avec elle pour discuter. On prendrait trop de risque à parier sur un rabibochage, d'autant qu'il n'y est peut-être pas prêt ; cependant, hein, ils vont poser des mots, ce qui vaut toujours mieux que le silence pour avancer, dans un sens ou dans un autre. Tu sais quoi ? On envisage d'ouvrir un bureau d'écrivain public...

vendredi 27 octobre 2006

"Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?"

Tu sais bien que les croyances en tous genres, c'est pas ma flûte de champ. Je suis pas du genre à consulter mon horoscope (bon là tu me crois pas. C'est ton problème), ni à guetter nos camarades de l'espace, ni même à adhérer à une quelconque religion (et si jamais je deviens bouddhiste, range pas ça dans la case Victime de la mode mais plutôt dans Quête des origines (pas du monde banane (et je ne parle pas non plus de Courbet), les miennes) et puis c'est pas tout à fait une religion). Cependant je m'interroge (non ! pas sur le bouddhisme), oui je m'interroge.

Tu n'es pas sans savoir que je squatte pas mal chez le charmant charmeur chilien. Mais quotidiennement je passe un peu de temps, aussi court soit-il, chez moi. Je relève le courrier. Je change de fringues. Je fais le ménage. J'arrose les plantes. Je discute avec les voisins. Je nourris le crocodile. Je sors les poubelles. Bon je n'ai pas dit que la vérité mais ce sont des exemples destinés à t'éclairer, c'est important que toi et moi on soit sur la même longueur d'ondes, j'en ai besoin.

Tu n'ignores pas non plus que j'aime écouter de la musique et que je fume. Et même, peut-être n'as-tu pas envisagé ce cas de figure, des fois je fais les deux simultanément...notamment chez moi, avant de me livrer aux diverses activités susmentionnées, pour m'y encourager...ou bien après, pour m'en reposer. Nonchalamment alanguie sur le sofa, je rêvasse à des choses qui te regardent pas tellement (encore que...il m'est arrivé d'esquisser mentalement une espèce de machin qui finit sous tes yeux), avec dans les oreilles des sons que j'aime.

Dernièrement, un live au Bataclan, Lou Reed-John Cale-Nico cuvée 1972. J'écoute ça avec grand plaisir, puis je me rends compte qu'il est tard, hop j'appuie directement sur Off, comme d'habitude, à la barbare, et je bouge de là.

Quand je reviens le lendemain, je m'empare d'un petit Daniel Darc, je veux éjecter le live de la veille : rien. Enfin rien, le truc s'ouvre et tout mais le CD n'est pas dedans. Je regarde dans le boîtier : rien non plus. Ben oui il me semblait bien que je l'avais pas rangé. Alors mmm ? voyons voyons, je regarde autour, histoire de vérifier que je l'aurais pas balancé à la volée (je fais jamais ça mais il faut envisager toutes les possibilités) : toujours rien. Avoue que c'est bizarre. Dernière option : bien que ce geste ne me soit pas du tout familier (quand je retire un CD, c'est pour en mettre un autre), bien que je ne m'en souvienne absolument pas, je l'ai rangé, mais pas dans le bon boîtier. Ouais ça doit être ça, je vais pas me les taper un par un maintenant mais obligé que c'est ça.

Allez j'envoie le psaume 23 récité par Darc, ousque ça cause bâton et berger, mais pas saucisson, comme quoi tout n'est pas si simple...♫ sur des prés d'herbe fraîche il me fait reposer ♫

Le jour suivant. Je fais Eject et qu'est-ce que je trouve ? Si t'as suivi tu dois répondre Darc. Eh bien pas du tout : le Bataclan 72 ! Non ? Si. Et dessous quand même, Daniel Darc. Alors là je comprends pas...Je n'ai pas d'explication rationnelle à ce phénomène autre que la suivante qui est trop trop flippante, mais au secours je n'en vois pas d'autre : quelqu'un s'est introduit chez moi, a subtilisé le live, s'est réintroduit et l'a remis là où il l'avait trouvé. Je passe en revue les gens susceptibles d'avoir un double de mes clés. Y en a pas (oui je sais, c'est très con de pas laisser des duplicata en lieu sûr, je sais). Mais il se passe quoi bordel ? Tu sais, cette sensation désagréable d'une absence présente...Brrr...Je me dis que c'est pas possible, mais en même temps je suis pas folle, alors ? Je remets le Bataclan 72, j'écoute un peu, l'esprit pas trop tranquille, puis je me barre.

Le jour d'après. Eject : rien. Ah non ! ça va pas recommencer ! Je respire. Je respire. Je respire encore. J'envoie les Smiths ♫ this charming man...♫ Je coupe. Je passe sous la douche. J'en sors. Je me dis que je vais coller un post-it du style : c'est quoi le délire ? genre c'est bon maintenant, les blagues les meilleures sont les plus courtes. Enfin tu vois je suis bien perturbée, paranoland youhou. J'envoie les Smiths à nouveau ♫ this night has opened my eyes and I will never sleep again ♫ Je coupe. Je me sèche les cheveux. Eject : hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!! le Bataclan 72...et dessous les Smiths...

S'il te plaît dis-moi que personne n'est entré pendant que j'étais sous le séchoir dans la salle de bain. C'est pas grand chez moi, j'aurais entendu du bruit. Dis-moi que ça s'est pas fait non plus par l'intermédiaire d'une entité invisible aux supers pouvoirs magiques. dis-moi que c'est ma chaîne qui déconne. Dis-moi que c'est possible qu'elle avale régulièrement le Bataclan 72, et uniquement celui-ci, parce que c'est le mieux et qu'elle fait preuve de bon goût...Dis-moi que c'est possible qu'elle le garde au chaud puis qu'elle le recrache quand ça lui chante. Je t'en supplie, dis-moi que ça se peut...

mercredi 25 octobre 2006

♫ Dis-leur merde...♫

Si t'as cinq minutes, je peux te raconter un plan galère. en fait, soyons juste, précis et exact, il ne s'agit pas tant de navigation que de chemins de fer.

Tu te souviens peut-être de cette connaissance du charmant charmeur chilien qui traîne ses guêtres dans le beau monde ? Sinon c'est pas grave, t'as juste une mémoire de poisson rouge amnésique. Mais non allez, je te dis que c'est pas important, c'que tu peux être susceptible quand tu t'y mets...

Toujours est-il que ce grand ami de Béa (celle du thermomètre donc) nous propose ses services, d'autant que ça vaut le coup vu que Béa elle-même s'abreuve à cette auge (attention, va pas croire non plus que ça t'autorise à la traiter de cochonne, un peu de respect je te prie, t'en sais rien d'abord). On devrait pas être déçu. Ouais. Ok. Quelques jours plus tard il textote que c'est bon. Le charmant et moi on termine ce qu'on était en train de commencer (du macramé chinois oui, comment t'as deviné ? on s'escrime sur le noeud du swastika inversé) et on oublie.

Le gars rappelle. A posteriori, tout est toujours plus clair, tu as raison, tu m'enlèves les mots de la bouche...a posteriori donc je me dis que déjà c'était mauvais signe cette insistance, parce que en la matière (pas première, bien raffinée de préférence hein), quand tu te trouves du côté de l'offre, t'as pas trop besoin de courir après la demande. Mais sur le coup tu penses bien que chez nous ça connecte pas, on est un peu con, faut pas se leurrer.

Tant qu'à faire tourner le manège, on embrigade Diego. Lui aussi il t'est sans doute sorti de l'esprit, hein mon gros poisson ? On va chez l'ami de Béa pour lui filer le blé (pas en herbe). Il esr censé nous rejoindre dans notre quartier deux heures après. On lui fait confiance, il nous a tellement bien fait l'article...On dîne, tout ça...Il annonce un retard de deux heures. Tout est normal, tu connais la chanson ♫ I'm waiting for my man...he's never early, he's always late ♫

Il arrive. Pesée des jockeys. Problème. Tout le monde y va de son reproche : mais comment ? t'as pas vérifié !? Il se justifie par le fait que ça s'est fait en speed et même il va jusqu'à sacrifier une partie de sa part pour qu'on soit pas lésé. Puis on examine la chose. Moi je suis loin d'être experte, je peux pas me prononcer. Par contre Diego et le charmant voit direct qu'au toucher, à l'odeur et au goût, c'est pas du label rouge...Bon, goûtons voir. Ça se confirme, c'est vraiment de la merde, mais que fait Jean-Pierre Coffe ? Difficile de dire ce qu'ils ont foutu dedans exactement (mais vu l'état dans lequel on est le lendemain, ça serait des trucs soporifiques que ça m'étonnerait pas.

L'ami de Béa est désolé. Déçu déçu déçu. Ben ouais, il s'est fait eu hein, on est tous logé à la même enseigne. Il promet de faire remonter le problème à qui de droit, que c'est scandaleux quand même. Il passe un peu pour un con, y en a dans la compagnie qui sont assez durs verbalement avec lui. Puis on lui dit qu'on lui en veut pas mais que bon, à l'avenir ça serait bien qu'il soit moins naïf. Règle numéro 1 : tu pèses, c'est la moindre des choses. Règle numéroo deux : si le poids est règlementaire, vérifie quand même le contenu, on sait jamais. Il s'esquive, pas fier.

Les questions que je me pose : est-il très très con ? joue-t-il un double jeu ? n'est-il pas un peu mythomane avec son ami Béa ?

Comment tu veux conclure après ça ? Ça nous a calmé c't'affaire et puis voilà. Pour rester dans le ton, je termine avec quelques mots de Mister Perché. Suite au dégâts des eaux et forêts sur mon lieu de travail, y a une espèce de polémique sur les désagréments consécutifs (plus d'ascenseurs). D'un côté les tenants de la thèse : pour ceux des étages supérieurs, c'est plus dur que pour ceux des sous-sols. De l'autre, l'opinion inverse : non, en fait c'est tout aussi dur, les escaliers sont les mêmes pour tous. Bataille rangée. Pour élever le débat, un mail collectif (grands chefs inclus, même pas peur) :

Objet : Les plaintes

Chers collègues, je suis beaucoup plus préoccupé par les projets gouvernementaux ayant pour objectif l'interdiction de fumer dans tous les endroits publics...La France (qui n'est pas une démocratie) serait-elle devenue une République totalitaire ? Bonne journée. Mister Perché (ou les ravages de l'acide) (c'est moi qui ajoute)

lundi 23 octobre 2006

♫ Faites monter l'aventure au-d'ssus de la ceinture ♫

C'est qu'on commençait presque à s'engluer dans la guimauve à force. Et vas-y que ça cajole (le geai), et ziva que ça roucoule (le pigeon). Mouais. Or (nithologue) ça n'est jamais si simple. Ben non. Je vais te faire un petit rétrospectif édifiant, histoire que tu mesures à quel point je suis éprise au piège. T'en veux ? T'en as.

Le début du début. Ada et le charmant charmeur chilien se rencontrent. En note liminaire ils s'accordent sur le fait que la fidélité, faut pas trop compter dessus. On est là pour s'amuser. Investissement minimal, c'est tout bénef.

Le milieu du début. Ada mène péniblement sa double barque entre le susnommé et ex-monamour qui attache encore un peu au fond quand elle y pense. En d'autres termes elle tient le cap tandis que le charmant esquisse un virement de bord sur l'air amoureux du j'te kiffe, viens on vit ensemble et on fait des petits Totoro. Ada se laisse légèrement fléchir mais oh, du calme, pas trop non plus.

Maintenant je te raconte samedi soir. On est au resto avec Phénix qui aborde un sujet totalement inédit, tu vas pas le croire : il nous cause de sa rupture. Ça faisait longtemps. On peut quand même pas lui en vouloir. Juste des fois on lui dit : maintenant ça suffit, peux-tu nous faire un compte-rendu de Barthes et ses fragment amoureux ? ah non trop connoté. Tiens, qu'est-ce que tu penses de l'interdiction de fumer dans les lieux publics ?

Autant te dire que ça marche pas trop, le pauvre, je voudrais bien t'y voir (non, en fait non). Alors on se fend de quelques conseils et fines analyses, le genre de trucs dont il se fout complètement (sauf quand on se surpasse en psychologie qui te touche là où tu t'attends pas) vu que tout ce qu'il veut, c'est parler d'elle, et de lui, et d'eux, et voilà. J'exagère mais bon, tu vois...Le charmant, pleine démonstration de délicatesse, coupe : de toute façon l'amour ça existe pas, y a que du cul.

Franchement moi ça m'a laissée sur le cul (excuse la répétition, elle est désolée). Oui figure-toi que cette phrase m'a profondément atteinte. Dans mon amour-propre, je le reconnais. Un peu de fierté là où il faut parce que quand même on n'est pas que des bêtes. Mais aussi dans mon amour tout court.

Ensuite le charmant regrette de dire de telles conneries et je lui pardonne bien sûr mais c'est trop tard, à l'intérieur le mal est fait et demain l'apocalypse. Le charmant, qui a bien senti qu'il y avait eu comme une faille et qui (attends je suis touchée mais encore lucide) en est secrètement flatté, est aux petits soins...

Plus tard, disons le lendemain pour bien faire, on regarde In the mood for love. Oh ben tu sais ce que c'est, des gens qui se croisent dans l'escalier et qui vont acheter des nouilles chez le rebeu du coin, pas de quoi en faire une soupe...Tu te mouches dans le PQ, même pas mal.

La fin du début (à moins que ce ne soit l'inverse, je me connais, j'aime bien tout foutre en l'air, je peux me paramétrer auto-destructrice si je veux). J'accorde beaucoup (vraiment beaucoup. Énormément si tu préfères) d'importance aux mots. Et je sais pas expérience (83 ans mon petit, prends-en de la graine) que le sens d'une phrase n'est pas égale à la somme des sens des mots qui la composent. Donc cette phrase malheureuse du charmant n'est peut-être pas à prendre au pied de la lettre. D'ailleurs il fait tout pour en effacer les effets. Et je me souviens d'un autre dit du même : il y a ce qu'on dit et il y a ce qu'on vit. Ouais ouais ouais.

vendredi 20 octobre 2006

♫ Ain't got no / I got life ♫

Après la distanciation façon c'est pas moi, réconcilions nous avec nous-mêmes, retour du jeu du je et de la parenthèse en folie. Allez on va pas se laisser abattre comme des arbres (tu dis quoi ? Parce que moi je dis des arbres à abattre. Alors tu dis quoi mmm ?).

Hier soir j'achète des lames de rasoir pour le charmant charmeur chilien parti en rendez-vous d'affaire. Je développe un peu pour que tu vois bien l'évolution : je fais des courses pour lui, je les dépose chez lui et j'y reste, en écoutant Nina Simone. Quand il rentre, il retire son costard genre je vais passer à une tenue plus décontractée, normal quoi...mais ça dérive en strip-tease le truc...eh oui, voilà, il me fait le coup du futon...

Ce matin, dixit le charmant, je mange du clown. Déjà "je mange" constitue en soi un événement (le matin, s'entend, tu m'as quand même pas pris pour un pur esprit ? Oh ben tu vas être déçu alors). Je sors même acheter les croissants. Bon j'oublie le jus d'oranges mais personne remarque alors si tu pouvais la fermer, viens pas me casser la baraque merci.

C'est un matin tranquille, bien que pas coréen du tout, un matin rare, pas un matin pour rien. Pour que tu situes mieux, quand le réveil sonne je suis même pas fatiguée (oui j'ai dormi 10 heures, et oui un peu dans la fuite, et alors ? c'est le résultat qui compte). Week-end exclus, c'est le genre de matin qui arrive une ou deux fois par an...En plus le charmant et moi on est synchro.

Parce qu'au début début, il lui taffait pas, donc quand on dormait ensemble, je m'arrachais du lit en pestant intérieurement contre ces feignasses de chômeurs tandis qu'il entamait une bonne grasse matinée.

Puis il s'est mis à bosser la nuit et là, ben on se voyait pas des masses et quand par le plus miraculeux des hasards on se retrouvait dans le même lit, t'imagines bien qu'on dormait pas.

En ce moment il a des horaires dits normaux, comme moi (si tu savais comme j'ai progressé, tu serais fier de moi) (bon j'ai un scrupule là, comme souvent, mais franchement j'ai la flemme de tout mettre au féminin en option. M'en veux pas trop. Si, en bonne chienne de garde, tu n'es ni pute ni soumise, sache que moi non plus).

Ce qui fait qu'on prend un petit déjeuner ensemble un jour de taff. On est tout ébaubi d'être en forme et pas speed. Et on se marre bien mais je te raconte pas, sur toi ça marcherait pas, c'est une question de pH de la peau, et dieu sait qu'on s'a dans la peau (ben t'as une meilleure façon de le dire peut-être ?)

Puis j'arrive au taff. Les ascenseurs sont en panne. Bien. Sachant que j'ai l'insigne avantage dans un immeuble de grande hauteur, tout de suite ça calme. Je vois les affichettes annonçant qu'à cause de l'inondation de la veille, va y avoir du sport. Ce que je t'ai pas dit, c'est que la veille j'ai pas taffé. Donc je sais pas trop bien ce qui se passe. Mais je m'exécute.

Et quand j'arrive dans mon bureau au milieu des nuages (j'exagère, t'emballe pas), j'apprends que j'ai échappé au pire. Ouais. On me raconte le sinistre, comme quoi y a eu mobilisation générale pour sauver les meubles et les apparences tant qu'on y est (Willy aussi, t'excite pas...sans oublier le soldat Ryan. Le vin et le pastis d'abord quand même, tu permets. Et l'amour bien sûr) et que ça saute ! Tout ça, je te le rappelle, SANS ascenseur, alors aujourd'hui tout le monde a des courbatures et y en a ras-le-bol, sans compter qu'on se retrouve maintenant avec des sans-bureau fixe qui viennent squatter, c'est quoi ce bordel merde ! Eh bien laisse-moi te dire que ça me fait rire à gorge déployée, oui parfaitement, j'en rajoute pas.Vois-tu, y a pas trente-six façons de faire fi de la mort. Tu peux faire l'amour. Et tu peux rire un bon coup (ben oui c'est lié).

vendredi 6 octobre 2006

♫ A long time ago we used to be friends but I haven't thought of you lately at all ♫

Un signe qui ne trompe pas chez moi, niveau loose bordélique : à un moment ça se répercute sur le physique. Ça y est j'ai la crève, tout va bien.

Sauf que c'est pas une angine et ça, c'est pas tout à fait normal. Mais je te rassure, si ça se manifestait au niveau de l'oreille, genre otite, je me poserais des questions, tandis que là ça ressemble à une trachéite, limite une pharyngite, donc tu vois, on sort pas du terrain balisé (comme dit l'analyste, y a quelque chose qui vous reste en travers de la gorge) (il est marrant l'analyste, tu trouves pas ? Si tu pouvais aussi trouver ce que j'ai en travers de la gorge, tu serais bien aimable)...alors je vais pas chez le médecin et je continue à fumer hein, faut pas déconner.

Et puis tant qu'on y est je vais taffer aussi. Avec de la fièvre c'est mieux. Pour te dire, hier j'étais en service public, aux prises avec une chieuse de première, une qui parle fort et qui dit des gros mots. Eh ben j'ai gardé le sourire et mon calme légendaire et à la fin je l'ai contaminée, elle s'est détendue. ♫ You give me fever...fever in the morning, fever all through the night ♫ C'est abrutissant la fièvre mais ça a le mérite de te faire prendre un peu de hauteur.

Donc t'imagines bien, le soir, c'est une soupe et au lit. Littéralement. Bon j'avoue, hier j'ai failli regardé Envoyé spécial, j'ai même enlevé la pile de fringues qui cachent l'écran et, encore plus fou, j'ai branché la télé. Mais en fait je me suis endormie. Puis j'ai été réveillée par une bonne vieille migraine, c'était cool (oui je me plains, j'ai le droit). Dans ce cas je m'autorise de l'aspirine, le psychosomatisme ça va cinq minutes, faut pas confondre avec le masochisme.

Et puis mon téléphone sonne. Numéro non répertorié. Je me méfie. Le mystérieux inconnu ami de Canada Dry a l'air d'avoir lâché l'affaire (si c'est lui, je raccroche direct). Mais y a un Charly qui m'appelle assez souvent ces derniers temps. Alors, avant que tu t'excites : avec Charly on s'est embrassé avec la langue, mais pas plus et c'était pour rire. Sauf qu'il aimerait passer aux choses sérieuses et j'ai eu beau lui expliquer que moi non, il insiste et à force je zappe. Cependant il est répertorié et il appelle toujours du même numéro. Donc je décroche.

Bonsoir, excusez-moi de vous déranger, je suis en train d'entrer mon agenda dans mon téléphone portable, je suis tombé sur ce numéro mais il n'y a pas de nom...

Oui ? c'est qui ?

Je m'appelle Mister Perché. Et toi, tu es qui ?

Mister Perché ? Moi c'est Ada !

Ada !

Mister Perché ou la passion foudroyante. Ah là là, les enfants, le truc de ouf.

Ça se passe au printemps, y a quelques années. Je viens de quitter mon cher et tendre. Mister Perché est muté dans mon taff et je suis chargée de le former. Premier jour : il est fort beau bien qu'un peu spécial. Il parle tout doucement, à la limite du chuchotement. Pour lui c'est un nouveau départ après plusieurs mois d'errance. Deuxième jour : il me dit qu'il a l'impression qu'on se connaît depuis longtemps et qu'on a été ami dans une autre vie, non ? Ah si. Si si. Absolument. Deuxième semaine : on va voir une expo ensemble. On achète une très bonne bouteille de whisky, il m'invite chez lui...j'y resterai jusqu'à ce qu'on se sépare quelques semaines après.

Avec Mister Perché c'est un peu l'amour fou, on peut rester enlacés à regarder le linge tourner dans le séchoir, on s'ennuie même pas. On mange des salades, à base de tomates, poulet les jours fastes, parce qu'on est grave en misère.

Bon évidemment on passe la majeure partie du temps à jouer au docteur. En général il commence par Oh mais qu'est-ce que vous avez là ? il faut que je vous examine. Et hop on grimpe sur sa mezzanine. Sinon : je vous prescris une séance d'aquathérapie. Et hop on file sous la douche. Et là, désolée d'alimenter un cliché, je dis la vérité crue, Mister Perché est issu d'un métissage breton-congolais et il a le plus énorme sexe que j'ai jamais vu...Impressionnant. À tel point que pour certaines pratiques, t'as tendance à hésiter, euh t'es sûr que...Mais l'élasticité du corps, qu'est-ce qu'on est bien foutu quand même. Voilà voilà.

Après, l'amour s'en va aussi vite qu'il est venu. Je t'épargne la séquence IVG (tous les préservatifs explosent). Je pars en vacances. Au retour il me fait la gueule, il ne veut plus me parler. Je ne comprends pas pourquoi mais comme j'ai d'autres chats à fouetter, qu'entretemps j'ai changé de service, que là où je bosse c'est un peu gigantesque, on ne se croise même plus et ainsi va la vie.

Mister Perché ? Mais tu as un téléphone portable ? Quelle évolution !

Oui ! Et demain j'ai une répèt à 10h30, mais avant il faut que j'aille à la piscine et après je dois aller bosser. (Mister Perché m'a tout l'air défoncé)

Ah c'est bien, tu fais de la zique alors ?

Oui. J'ai mon groupe. Tu as un stylo ?

Oui.

Tu as un papier ?

Oui.

Alors note : myspace.com...Le son est pas très bon mais y a des lyrics, tu iras voir ?

Oui bien sûr. Et comment tu vas ?

Ça va. Et puis tu sais, ça y est hein, c'est passé.

Ah ben tant mieux alors.

Il m'a fallu du temps...

T'inquiète pas, pas de problème.

Ok, alors je vais inscrire ton nom dans mon répertoire. Excuse-moi de t'avoir dérangée. À bientôt. Bonne nuit !

Renseignement pris, Mister Perché est dans une phase difficile. Il vient de quitter sa copine. Il s'est fait interner une journée à l'HP pour qu'on lui prescrive des médocs qui tuent, il se défonce, il vient au taff pas très souvent...mais on a signé la paix. Comme quoi patience et longueur de temps font que les choses finissent par s'apaiser, souvent à un moment où tu t'en fous, et alors ? c'est toujours ça de pris, je vais pas cracher dans la soupe, sinon qu'est-ce que je vais manger ce soir ?

jeudi 31 août 2006

♫ La recette de l'amour fou ♫ (de Serge Breton)

(Attention terrain glissant)

Préliminaires : 20 à 30 minutes.

Cuisson : 20 à 30 minutes à feux doux, moyen et vif.

Ingrédients (pour deux personnes) : 1 charmant charmeur chilien (si vous n'en avez pas, un homme dans la force de l'âge fera l'affaire), 1 Ada (idem au féminin) (à noter : cette recette s'accommode très bien aussi avec deux personnes du même sexe)

♫ Dans un boudoir, introduisez un coeur bien tendre ♫ : je te détrompe tout de suite, le boudoir, rien à voir avec le biscuit. Le charmant invite Ada à dîner chez lui (oui, tu as bien compris, c'est moi le coeur tendre, pourquoi ? ça te pose un problème ?)

♫ Sur canapé laissez s'asseoir et se détendre ♫ pareil hein, le canapé rien à voir avec le toast. Pendant que le charmant fait l'inventaire des placards, Ada se prélasse sur le futon du salon.

♫ Versez une larme de porto ♫ oui pourquoi pas, mais moi j'aime pas trop, en plus on avait déjà pris l'apéro dehors. ♫ Et puis mettez-vous au piano, jouez Chopin avec dédain, égrenez vos accords ♫ : le charmant met un vinyl sur la platine, mais plutôt Nina Simone (♫ Summer time, and the leaving is easy, fish are jumping ♫)

Là un malencontreux oubli : Merde, la vaisselle ! s'exclame-t-il. Qu'à cela ne tienne, Ada toujours serviable et attentionnée (tu permets que je m'auto-congratule ? tu seras bien aimable) se porte volontaire. Non non, laisse...Bon dans ce cas je vais pas insister non plus hein, faut pas déconner.

♫ Il ne tient qu'à vous d'être tendre ♫ : pendant que le charmant opère, Ada, dans son dos, procède à de douces caresses descendantes, jusqu'à obtention de l'ouverture de braguette. Passage de la station verticale à la station semi-verticale (agenouillée quoi, fais pas semblant de pas comprendre) et du manuel au buccal...Si je puis me permettre un conseil pratique, préférez une vaisselle peu sale parce que sur la fin les coups d'éponge se font moins énergiques.

Le charmant met un truc à cuire (quoi comme truc ? À ce stade franchement laisse-moi te dire que tout le monde s'en fout. Un truc comestible hein, on va pas chipoter. Des pâtes, du riz, histoire de se reconstituer après l'effort).

Pendant ce temps Ada se charge de ♫ Tamise[r] toutes les lumières ♫

Retour sur le futon. Question déshabillage, Ada a un peu de retard par rapport au charmant qui lui a déjà son fut sur les genoux...Rééquilibrage, inversion des rôles (non je me suis pas mise à faire la vaisselle).

♫ Jouez la farce (dois-je préciser que rien à voir avec le dindon ?) du grand amour, dites jamais, dites toujours ♫ : oui oui, chacun sa façon de faire. Traditionnellement on dit plutôt "encore" mais après, bon, les spécialités régionales sont toujours bienvenues.

Merde, le riz - les pâtes - la semoule (choisis ton féculent) ! Intermède ultra-rapide pour éteindre le feu des plaques (mais seulement celui des plaques).

♫ Et consommez sur canapé ♫ je vous l'ai déjà dit, c'est un futon. Quant à la consommation elle-même, au moment de l'interconnexion, pour épicer un peu, on a choisi de se mettre debout. Et je pèse mes mots...

vendredi 18 août 2006

Midnight express (sans sucre)

Y a des matins, j'te jure, tu ferais mieux de rester au lit.

Ce matin par exemple. J'étais de corvée. Bon pas non plus un truc complètement machin hein, mais quand même. Je t'explique la problématique : il m'incombait de réceptionner une clé, dans une gare, de la part d'une personne débarquant d'un coin lointain (par rapport à ici, tu vois bien ce que je veux dire), un coin (je dis un coin mais ça s'apparente plus à un continent) où ils ont 8 heures de décalage horaire pour te donner une idée.

Cette personne vit, durant l'année, en banlieue parisienne. Mais là elle n'était qu'en transit. Elle sautait d'un vol international pour monter dans un train grandes lignes (je fréquente que des aventuriers, tu crois quoi). Et cette personne savait que dans sa boîte aux lettres se trouve un courrier de la plus haute importance. Tu saisis ?

Regarde ce plan infaillible : on se serre la main, sur le quai, elle me glisse sa clé, ni vu ni connu, et je file en banlieue, en m'assurant de ne pas être suivie (mais j'avais tout prévu : un scooter m'attendait un peu plus tard, et tu sais bien, les scooters c'est ce qu'il y a de mieux pour semer d'éventuels poursuivants)...Je file donc, j'ouvre la boîte après avoir enfilé une cagoule (sur le casque, oui, on n'est jamais trop prudrent), puis je réexpédie le courrier à l'adresse provisoire de la personne. Un jeu d'enfants.

Faut dire aussi que ça faisait des mois qu'on bossait comme des chameaux (tu l'as vu celui ci ou je mets des guirlandes qui clignotent autour ?), on avait relevé l'emplacement des caméras, on savait comment désamorcer les systèmes d'alarme (non mais ça c'est pas le plus dur, il suffit de débrancher, c'est simple comme un coup de fil. Bon après faut sprinter) (quand tu sais pas, tu m'demandes hein, n'hésite pas), on avait pris des boulots de fabricants de cacahuètes comme couverture...creuser un souterrain à la petite cuillère pas de problème, l'évadé d'Alcatraz nous avait ouvert la voie, tout ça quoi, on était paré.

Le seul obtacle que je voyais à cette mission tout à fait possible, c'était l'heure à laquelle je devais faire sonner mon réveil : 7h. Du matin. Au début j'ai failli refuser (tu vois, je ne te cache rien). Moi, Ada, me lever à 7h ? du matin ? même pas en rêve (attends, je connais mes limites). Mais, après m'être concertée avec moi-même et ma paresse, j'ai finalement accepté, parce que cette personne je l'aime. Et elle m'aime. Et donc on devrait vivre heureux et faire beucoup d'enfants. Mais en fait c'est une fille, ça complique vu qu'on n'est pas lesbienne.

Alors ? Alors, après une nuit où je me suis réveillée toutes les heures, histoire d'être sûre de pas être à la bourre...mon portable a sonné, je me suis levée tel le zombie en phase terminale de métamorphose, etc etc...et j'allais sortir quand cette personne, que j'aime, je te le rappelle, m'a appelée pour me dire : on laisse tout tomber, la CIA est au jus, y a une taupe parmi nous, je vais me mettre au vert, fais comme si tu m'avais pas vue.

Tu l'auras compris, c'est du langage codé et ça signifie : je suis dans le RER, je crois que je vais rater mon train, mais en même temps c'est pas sûr, alors je vais courir, mais si je cours je pourrai pas te filer la clé. Ben ouais. On s'était pas entraîné au jeter de clé, elle avec 30 kilos de bagages sur le dos, et moi avec les yeux fermés (ah non, ils sont ouverts, mais ça se voit pas), on est con des fois hein, on pense à tout sauf à l'essentiel.

Que crois-tu qu'il advint ? D'une, elle a raté son train (mais ça, si elle avait lue le post d'hier...Madame Soleil c'est pas seulement parce que je suis bronzée). De deux, je vais quand même recevoir sa clé, par la poste, et me coltiner un aller-retour Paris-banlieue. De trois je me suis pas rendormie. Mais je l'aime (je dis ça pour mémoire).

Heureusement, alors que je commençais à me dire que cette journée s'annonçait on ne peut plus pourrie, j'ai reçu, par SMS, de la part de quelqu'un que tu reconnaîtras sans peine, ceci, qui ouvre des perspectives assez intéressantes :

Bip (non n'est pas ça le truc intéressant)

Je réponds : Ouiii ? C'est à quel sujet ?

Vous avez gagné un esclave sexuel pr le we !

jeudi 13 juillet 2006

♫ Should I stay or should I go now ? ♫

Bon ben je ne vous cacherai pas que ça m'a un peu calmée c't'affaire...

Sur le coup j'étais sous le choc, avec assistance respiratoire, massage cardio-vasculaire et tout et tout. Non allez, juste j'ai bu le premier verre de rosé relativement vite. Ensuite y a eu les explications du charmant sur le mode je suis désolé, c'est parce que j'étais pas à l'aise, je voulais pas te vexer...Mais tu m'as pas vexée, tu m'as scotchée, c'est pas pareil. Et maintenant je sais pas bien quoi en penser.

Disons que si c'est effectivement de la jalousie, ça va pas être possible. Non vraiment sans façon, j'ai côtisé hein, faut que ça tourne un peu (à titre d'exemple, si je m'avisais de regarder autre chose que mes pompes ou Ses yeux, à lui cet ex d'une autre vie, je me faisais accuser de mater les gars dans la rue. Erreur d'appréciation...j'étais jeune...et amoureuse surtout. Mon dieu comme tout cela est loin braves gens. Et puis en plus, depuis quand c'est interdit de mater les beaux gosses ?). Bon après tout, s'il est jaloux, il est jaloux hein, c'est pas moi qui vais le changer. Le cas échéant, no way.

Le truc, c'est qu'il s'en défend. Il annonce au contraire à tout bout de champ qu'il n'est PAS jaloux, qu'il n'est PAS fidèle. Libéré à fond quoi. Libre dans sa tête (et pourtant il s'appelle pas Diego. Ça aurait été pas mal n'empêche, Diego, j'aime bien), libre dans sa vie. Moi j'veux bien (d'autant que ça me ressemble assez) mais ça manque de cohérence au niveau de l'articulation discours-actes (et ton arthrose, ça va ?).

Si vous voulez mon analyse personnelle de la situation...oui ? non ? manifestez-vous hein...je pense que son attitude est due à un manque d'assurance. Il éprouve manifestement quelque chose d'assez fort pour moi, mais il ne sait pas si c'est réciproque et ça le met en état d'insécurité. Ce que je comprends bien...car moi-même je ne suis pas bien assurée de mes propres sentiments. Voilà quoi, en gros je ne tranche pas la question jalousie, je lui laisse le bénéfice du doute (bien que je doute du bénéfice. Mais faut savoir douter du doute, on vous a bien appris ça quand même).

Et donc je suis pas allée à l'apéro auquel on était invité hier soir. Non. Au début je me disais, allez, repos ce soir, parce que mine de rien la teuf m'a bien rétamée. C'était sans compter sur (ex)-monamour, qui m'a téléphoné et avec qui j'ai passé une très bonne nuit. Quoi ? Faut pas me chercher, c'est tout.

mercredi 12 juillet 2006

♫ I was feeling insecure, you might not love me anymore ♫

Ouais mais oh, j'vous vois venir hein, alors on se calme, faudrait voir à pas s'emballer. C'est pas parce que j'ai dit que je l'aime que tout de suite faut s'imaginer des trucs et des machins. D'accord je l'ai dit. Ok. Ce qui est dit est dit. Mais quand même. N'allez pas croire que ce soit si simple.

Hier, devinez où j'étais ? Exactement. En terrasse, au bar en bas de chez moi, avec un couple d'amis. On boit l'apéro et on décide d'aller manger à côté. Je me lève et qu'est-ce que je vois derrière la chaise ? Un skate. Forcément je regarde. Y a pas si longtemps, ça m'aurait fait ni chaud ni froid, mais là, un skate, attends, ça m'intéresse. D'autant plus qu'après examen minutieux de l'engin, je leur dis : mais je le connais ce skate ! Je mate autour, histoire de trouver le propriétaire. Personne. Intriguant...Le propriétaire est peut-être aux toilettes ? Non. Je dégaine mon téléphone : ben alors, je viens de rencontrer ton skate, tu fais quoi ? Je suis monté prendre une douche. Mais ça fait longtemps que t'étais derrière moi ? Ben oui, 20 bonnes minutes. Mais pourquoi t'es pas venu nous voir ? Parce que tu m'as pas vu. (???). Bon je descends là.

Je trouve ça un peu chelou mais j'attends de voir. Il descend, salue mes amis. Je lui redemande pourquoi il est pas venu dire bonjour. Et là, le truc de ouf, il me dit, plutôt froidement : ben voilà, je te dis bonjour. Et il me fait la bise. Oui tu as bien lu, la bise, sur les joues, en camarade quoi ! Genre on est des potes. Non mais il se passe quoi là ? J'ai raté un épisode ou bien ? Mais bon, y a mes amis, on va non plus y passer la nuit, je lui dis qu'on va dîner. Il me dit qu'il y a une teuf après. On trace chacun de son côté. Je suis légèrement perturbée, normal quoi.

Après le dîner je l'appelle. Il est tout content. Il me propose de le rejoindre, il est en train d'acheter des pizzas pour la teuf. Je lui glisse quand même que ouais mais y a un truc que j'ai pas capté. On va en reparler, répond-il. Tu m'étonnes Elton, un peu qu'on va en parler...La teuf. Sympa. Les potes du charmant charmeur chilien ont tous des balcons au 10ème étage, c'est une secte faut croire. Vue imprenable sur la lune rousse (enfin je sais pas trop s'il s'agissait bien d'une lune rousse, mais en tout cas on disposait d'une lune, de couleur plutôt rousse ok ?). Il y avait un rappeur fraîchement débarqué de sa contrée d'Amérique du Nord qui me regardait deloin au début, en me faisant des sourires. On s'est retrouvé sur le balcon. I spoke english all night long, avec ce grand gaillard hyper baraque mais tout en douceur veloutée. On a écouté sa zique, enfin sa voix surtout. Bizarrement on a longuement parlé de ma bad love story avec (ex)-monamour. Et de Jean-Paul Sartre, Michel Foucault, William Burroughs. Des pays d'où l'on vient. De ceux où on ira. Si on arrive à être synchro je lui ferai visiter mon lieu de travail. Bref y a eu un certain feeling.

En partant, le charmant charmeur chilien note : tu l'as trop fait kiffer le rappeur. Oui ok, mais si on revenait à nos moutons hein ? C'était quoi le problème ? Tu m'expliques ? Bon alors en fait, en arrivant au bar, il m'a vue avec cet ami, qu'il n'avait jamais rencontré, qu'il a trouvé très beau gosse (c'est vrai) et il a pensé qu'il s'agissait de mon ex. D'ailleurs c'est ça non ? c'est ton ex ? Non non (enfin si un peu, mais c'était il y a longtemps et on a choisi l'amitié plutôt que le sexe finalement, bon choix en l'occurrence), c'est juste un ami. Et je te rappelle qu'il était avec sa copine. Et après on dit que c'est moi qui vois pas...Oui mais il voulait se faire beau avant de venir nous voir, et puis il trouvait ça amusant d'être là incognito. Et le coup de la bise ? Ben pareil, vu qu'a priori c'était mon ex, et que j'avais l'air tellement "subjuguée" par notre conversation...Non mais j'te jure, où va-t-il chercher tout ça ? Il me rejoue le coup du "Jte biz" avec rendu de monnaie. Il s'est fait tout un trip jalousie à deux balles, sous couvert de "J'voulais pas déranger". Curieux quand même. Un peu énervant même. Mais mimi. C'est touchant de le voir touché. Tant que ça nous fait pas couler...

lundi 10 juillet 2006

Pour le meilleur et pour le pire

Les teufs au rez-de-chaussée ça assure, crois-en ma bonne vieille expérience. J'ai connu plusieurs rez-de-chaussée et, mis à part le fait que t'as un peu l'impression de vivre dans la rue, tu te fais pleins d'amis.

En sortant d'un bar samedi soir, le charmant charmeur chilien et moi, après avoir passé un bon moment au comptoir de ce bar inconnu de nous deux (mais on a vu de la lumière tamisée et une déco alléchante, avec des vinyls sur les murs, des platines, moultes photos d'Iggy Pop, des affiches de films de Terence Fischer...alors on est entré), en en sortant donc, un peu plus loin sur la droite, y avait une sorte de petit attroupement et on s'est dit, tiens, si on allait voir un peu là-bas si j'y suis. Bonjour les gens.

Il s'est trouvé que les gens en question étaient fort hospitaliers. En même temps si tu annexes le trottoir, faut s'attendre à rencontrer du monde. Du coup ben on a tapé l'incruste en bonne et due forme. J'ai parlé avec des jeunes gens tout juste sortis de leurs classes préparatoires, en attente de résultat de concours, ou encore en plein dedans, genre bon ben moi j'traîne pas trop, je suis admissible pour je sais pas quoi et c'est lundi que ça se passe. J'ai discuté avec quelqu'un qui a voyagé au pays de mes ancêtres, et comme j'ai l'intention d'y aller l'année prochaine, j'avais pas mal de choses à lui demander. Le champagne a été sabré au milieu de la chaussée. Étant arrivés les mains vides, on s'est délesté de quelques plantes vertes pour égayer la compagnie. C'est le retour qui a été tendu.

À pied, évidemment. Le charmant et moi, on avait un peu abusé sur les rafraîchissements, c'est indéniable. En plus il s'était levé à l'aube (ou même avant, je sais pas) pour du taff occasionnel. Ça tanguait sévère et comme j'étais la plus en forme des deux, je me suis vue dans l'obligation d'assurer. Étant donné mon sens de l'orientation défaillant, je trouve que je m'en suis pas si mal sortie. On est rentré à bon port, après s'être approvisionné en eau à l'épicerie.

Le charmant charmeur chilien s'est enfermé une heure dans la salle de bain, une heure ! oui messieurs-dames. Je tentais de communiquer à travers la porte, ce qui donnait à peu près

moi : ça va ?

lui (voix qui se veut assurée mais ne trompe personne) : oui oui tranquille, je vais prendre une douche

20 minutes après

moi : ça va toujours ?

lui : mmmmm

moi : plaît-il ?

lui (voix faiblarde) : ouais ouais, j'ai gerbé là, ça va aller mieux

15 minutes après

moi : bon ben faudrait peut-être que tu songes à te pieuter non ?

lui : ...

moi : ouvre la porte, t'es flippant là

lui (enfin) : je crois que je vais encore gerber, j'suis pas sûr

moi : ben en attendant ouvre-moi

lui (dans un murmure) : non mais va te coucher toi, je te rejoins

moi : bien sûr, je vais m'endormir tranquillement pendant que tu crèves dans ta salle de bain...Bon ben je vais faire la vaisselle, ça va me détendre

15 minutes après

moi : alors ? quoi de neuf docteur ?

lui : arrrrrrghhhhh

moi : ah ok. Tu peux reformuler s'il te plaît ?

lui : c'est bon là, j'crois que c'est bon

moi (en fée du logis) : ah putain mais t'as fait cuire quoi là-dedans ?

lui : non mais fais pas la vaisselle, c'est pas la peine

moi (pas la peine ? mais à quel stade tu considères que c'est la peine alors ?) : dis donc, occupe-toi de toi et moi je m'occupe de moi, d'accord ?

lui (voix de gentil garçon obéissant) : oui d'accord, tu as raison

moi : en fait si je veux pouvoir te faire une tisane, je suis obligée de faire la vaisselle

Il sort enfin, tout pimpant (mais vert) dans sa serviette de bain. Il se met à farfouiller dans sa chambre.

moi : tu veux pas te coucher à un moment ?

lui : faut que je trouve un tee-shirt

10 minutes après

moi : ça y est ? tu l'as trouvé ton tee-shirt ?

lui : oui voilà. (Se met au lit) (Ne jamais désespérer)

5 minutes après

lui : ah non j'ai trop chaud, faut que je l'enlève ce tee-shirt. (Se défringue, me câline un peu et s'endort aussi sec)

Voilà, c'est lui le mec que j'aime.

jeudi 6 juillet 2006

♫ Tiiiime is on my side, oh yes it is ♫

Il était une fois une faille spatio-temporelle qui faisait rien qu'à m'embêter en m'empêchant d'arriver à l'heure au travail ; alors que bon hein c'est pas du tout mon style. J'étais à deux doigts de déclarer forfait, mais je suis une battante moi, que diable. Je m'en vais donc vous livrer la méthode. Comment mater en deux-deux une faille spatio-temporelle-complot-mondialiste-de-la-bourre ? Comment ?

Tout d'abord, pour tromper l'ennemi, passer la soirée chez des potes, soi-disant pour voir un match de foot. Il s'avère que quand la France joue pas tout le monde s'en fout. Boire du rosé. Manger de l'ananas et du melon. Prendre les chemins de fer. Faire des bonds. Jouer aux dames chinoises. Prendre les chemins de fer. Admirer les éclairs dans le ciel. Prendre les chemins de fer. Brouter de l'herbe. Rapidement il est 8h du mat. À ce stade la faille ricane dans sa barbe, elle croit, naïvement, que c'est dans la poche. C'est mal me connaître.

Je poursuis. Hésiter à aller taffer, étant donné sa brillante forme physique...Renoncer. Et vlan. Première faille temporelle matée : quand on va pas au boulot, par définition on n'est pas en retard. Alors ? on rigole moins là hein ? Quant à l'objection qui consiste à bayer aux corneilles que : à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire...eh bien à cette objection je lui dis : attends la suite, tu vas voir.

La suite. Se lever à 18h après une bonne journée de sommeil. Boire de la tisane (et alors ?). Descendre au bar en bas pour l'apéro (et alors ?). La faille pense que sa revanche sera terrible. Même pas peur. Regarder le match en terrasse, debout sur une chaise (mais déchaussée quand même), avec le charmant charmeur chilien qui chauffe la salle. Manger une salade de la mort chez un pote. Puis des frites sur un banc à la fraîche. Se coucher vers 1h du mat. Léger handicap pour la faille : le décalage horaire est maîtrisé à la perfection.

En bon stratège, feinter : ne pas mettre le réveil en se disant qu'on se lèvera quand on se lèvera, faut pas déconner avec la fatigue. Alors là, la faille, autant vous dire qu'elle jubile. Sourire radieux sur sa face. Sur la mienne aussi, parce que, je sais pas pour vous, mais chez moi en ce moment c'est plutôt carrément sympa.

Être réveillée à 7h18 par un SMS : Allez allez ! Courage ! Ta bien dormi ? jé lu un peu é plouf jme suis endormi. Si tu ve jtacompagne pr te donner du courage !? (Le charmant charmeur chilien culpabilise parce que j'ai fait l'école buissonnière. Du coup il se transforme en coach). Répondre : Oui !!! 7h20 : Ok jariv ! T prete ? Répondre : Non !!! 7h24 : Tu ve un truc pr le pti déj ? jte rejoins chez toi stv ? Sinon dis moi ds combien de temps en bas.

La faille, bien que dépitée, y croit encore un peu. Parce qu'un petit déj au lit, on sait que ça peut dériver. Mais non. Garder l'avantage et se contenter de faire la route avec le charmant charmeur chilien en se disant des mots d'amour. Arriver au taff à 8h40. Deuxième faille temporelle KO debout. Eh eh.

lundi 3 juillet 2006

C'est arrivé près de chez vous...(♫ ouais presque sous ton nez ☺4

Mettons-nous en situation.

Un soir (par exemple celui de vendredi). Vous êtes sur un quai de métro. Seul. Vient à passer un gars qui chaloupe comme le Titanic en phase terminale. Il se vautre dans les escaliers. Vous lui portez secours, toujours seul, à la force du poignet et de vos bras, certes petits mais pas costauds. Résultat : 48 heures après mes muscles s'en souviennent.

Un matin (par exemple ce matin). Vous faites la queue devant le distributeur automatique de tickets de transport (car vous êtes un peu con, vous n'avez pas d'abonnement annuel, ce serait trop simple, non, vous préférez vivre à l'ancienne, eh oh faudrait quand même pas mettre la charrue avant les boeufs, les boeufs ils font la queue, point barre). Vous êtes même pas à la bourre. au bout de longtemps, la personne qui manipule l'appareil annonce que c'est en panne. La queue bascule vers le guichet. Vient à passer un gars avec la gueule en sang. La guichetière ferme son guichet pour s'occuper de lui. Résultat : non seulement j'ai été obligée de griller, mais en plus j'étais à la bourre, c'est malin.

Dans un bar (par exemple celui où vous regardez les matches de foot). Vient à passer un gars, ni bourré ni blessé, ça change, qui vous aborde : alors comment vas-tu ? Euh oui, c'est à quel sujet ? Tu te souviens de moi (sourire complice) ? Ben euh, désolée, non. Mais si, je m'appelle XXX. Ah oui bien sûr (enfin pas sûr et certain non plus), excuse-moi (mais c'est qui bordel ?). Je t'offre un verre ? Merci mais je suis avec un ami là. Et désolée hein, je suis vraiment distraite des fois (on va dire ça comme ça)...

Le charmant charmeur chilien observe la scène de loin et vous dit ensuite : alors, on se fait draguer ? Non non, c'est le copain d'une copine. Résultat : hum...

Dans un parc (par exemple je sais pas). Vous êtes allongé à l'ombre, avec un bon bouquin, vous grignotez des cerises pendant qu'une peau douce (et andine) caresse votre peau douce. De temps en temps, une bouche douce (et andine) se remplit d'eau fraîche et l'écoule, au compte-goutte, dans votre bouche. Résultat : ça s'appelle vivre d'amour et d'eau fraîche (et de cerises un peu aussi).

Dans un lit (par exemple celui du charmant charmeur chilien). Vient à passer un gars, charmant, charmeur et chilien. Il vous dit qu'il vous kiffe, qu'il y a une telle compicité entre vous, que c'est tellement fort, que vous avez le même humour. Résultat : j'ai rencard ce soir avec (ex)-monamour.

Ben oui. C'est typiquement le truc qui me fout la trouille. En plus, je vous l'ai déjà dit, le charmant charmeur chilien c'est pas possible de tomber amoureux de lui, il est trop infidèle (pas encore, mais c'est pas une raison) (moi non plus mais c'est pas pareil d'abord). Courage, fuyons.