jeudi 9 novembre 2006

Inspirez, expirez...ah non vous n'êtes pas tout à fait mort

Pourquoi il ne faut pas prendre les chemins de fer quand on taffe le lendemain ? te demandes-tu dans ta petite cervelle rongée par le doute (et non pas les dangers de la route, c'est pas la sécurité routière ici, ça parle de train on t'a dit).

Déjà parce qu'il y a un préavis de grève, t'es prévenu, viens pas te plaindre. Y a toujours de bonnes raisons pour se mettre en grève, crois-moi ils font pas ça pour rigoler, un peu de respect (on commence par tromper l'ennemi et après on discute, t'inquiète).

Le sommeil. au début t'as pas du tout envie ni besoin de dormir, t'es en pleine forme alors que deux minutes avant t'aurais juré le contraire, sur la Bible et en gros mots (pas en gros caractères parce que t'as vu le pavé ? c'est peut-être pas la peine d'en rajouter, posons des limites et prends une loupe si t'es malvoyant) (bon à ce stade j'ai déjà même plus besoin de répondre à la question qui nous occupe, tu vois bien par toi-même) (sauf si t'es malvoyant, auquel cas tu sais maintenant, cf ci-dessus, ce qu'il te reste à faire). D'un coup d'un seul (à réitérer si nécessaire) t'as une patate mon vieux...Si tu es un homme, tu peux aussi avoir une magnifique érection, pour le plus grand plaisir de ton/ta partenaire. Jusqu'ici ça donne envie hein.

Puis c'est le petit matin, tu finis par sombrer. Forcément quand tu émerges, t'as une demi-journée de retard et t'es épuisé, laminé, presque déprimé...

Le service public. Tu es fier quand même car tu arrives pile poil au moment où c'est ton tour, à 13h. Tu prends donc le relais, après le soin de t'être muni d'une bouteille de soda caféinée, celle-là même que tu considères un peu comme la panacée des défoncés (ami poète, admire ces rimes de classe moyenne), sauf que le Taureau Rouge c'est mieux mais moins facile d'accès, alors tu fais avec ce que t'as et tu dis merci comme on t'as appris, voilà, c'est bien.

Tu as aussi un pauvre sandwich acheté en coup de vent à la boulangerie du coin, mais tu te retrouves comme un con à pas pouvoir le manger puisque t'es en service public bon sang t'avais oublié...Pas longtemps...une harpie vient vite te rappeler que t'es pas là pour prendre du bon temps en sirotant ton breuvage accroupi sous le comptoir, total camoufalge (ouais ben je voudrais t'y voir), t'es là pour te faire gueuler dessus comme quoi y a rien qui marche ici...Oh ma p'tite dame, je suis bien placée pour savoir que c'est un vrai merdier, lui réponds-tu. Eh ouais t'y es tous les jours toi...Bon là tu te désolidarises un peu, voire tu craches dans la soupe, mais tu fais l'économie de la langue de bois vu que tu te tapes déjà une espèce de gueule du même matériau, tu t'épargnes un minimum, instinct de survie.

Dans ton bureau tu renifles, t'as le nez qui coule, tu te mouches plus ou moins discrètement. Les filles te disent Oh tu t'es bien enrhumé toi. Oui oui, c'est cela oui. Vers 16h tu parviens enfin à te sustenter, c'est le moment que choisit ton chef de service pour faire une incursion, c'est l'homme qui tombe à pic ce gars. Bon ben il te souhaite bon appétit, il est poli, toi tu passes encore pour une personne un peu particulière et tu les emmerdes ceux qui sont pas contents.

Pour finir tu partages ton expérience avec tes fidèles lecteurs, histoire de leur prouver que, malgré tout, t'es encore capable de pondre quelques lignes dignes d'intérêt. Puis tu te relis et tu réalises qu'en fait non.

mardi 7 novembre 2006

♫ Dansons joue contre joue ♫

Oui ben eh, ça va bien, je suis pas non plus forcément à ta disposition tout le temps, j'ai aussi une vie et si tu veux que je te la raconte, faut me permettre de la vivre.

C'est vrai, hier c'était lundi et je t'ai pas raconté mon week-end, je le reconnais, c'est indéniable. Et puis ? on va pas non plus se laisser bouffer par la routine sous prétexte que lâcher la proie pour l'ombre c'est vachement risqué...Principe de précaution tout ça, ouh y en a marre. On peut bien se distraire quand même non ? Là on est mardi, je te fais un compte-rendu de mon samedi. Et ben la Terre tourne encore, tu peux vérifier...vas-y je t'attends...

Alors t'as vu ?

Samedi donc la soirée se déroule en trois temps, telle celle qui s'offre encore le temps de s'offrir des détours du côté de l'amour (comme c'est charmant). Ouais ben c'est pas vraiment ce que tu crois.

Premier temps. Le charmant charmeur chilien mixe à l'occasion d'un vernissage photo. Je fais un petit tour, je bois un petit coup et je m'esquive car c'est pas qu'on s'emmerde mais presque. Juste avant je reçois un appel de Canada Dry, y a trop de bruit, il me dit qu'il rappelle plus tard, ce qu'il ne fera pas (par contre il réitère lundi soir et je ne comprends pas où il veut en venir dans la mesure où il ne propose pas qu'on se voie, et bien lui en prend car il s'exposerait à un refus frustrant, il a raison de se préserver, mais alors pourquoi il appelle ?). Sur la route je croise un camarade du quartier, on décide de se retrouver au bar en bas (celui où je vais plus).

Deuxième temps. Mon pote le serveur est derrière le comptoir, ça tombe bien. Je te passe les méandres de la discussion pour aller droit au but. Autour de minuit mon pote annonce aux deux clampins qui restent qu'il va fermer (et ouais, c'est pour ça que ça va pas, ils ferment jamais à la même heure, comment tu veux que les clients s'y retrouvent) (et viens pas me ressortir mon laïus sur la routine que t'auras pompé ci-dessus. Je me contredis, ça fait partie du concept d'imprévisibilité, tout cela est très cohérent au final).

Puis on se retrouve lui et moi, il tire le rideau, il passe la serpillère. Je reçois un SMS du charmant me proposant qu'on se rejoigne au nouveau bar. On sort par la cuisine. Échange de bise d'au revoir. Je crois t'avoir déjà dit que ces derniers temps mon pote le serveur a tendance à être fort chaleureux et fort pressant dans ses bisous, au point que très souvent il m'embrasse plus sur la bouche que sur les joues. Perso ça me dérange pas. Là il met carrément la langue, ciel ! Mais qu'est-ce que tu fais !? m'exclamè-je, et bon d'accord c'est pas la question la plus pertinente que j'ai posée dans ma vie...Écoute, répond-il, t'as un copain, j'ai une copine, on n'est pas là pour se faire du mal. Je le coupe avant qu'il me ponde un syllogisme du style : donc on est là pour se faire du bien. On se quitte en bons termes malgré tout.

Seulement moi, avec l'esprit machiavélique qui me caractérise et que j'applique volontiers à autrui, je me demande si, étant donné qu'il y a un conflit latent entre eux (tu sais qu'un jour il a tenté de me démontrer à quel point le charmant c'est pas un mec bien), cette tentative de séduction n'est pas, avant la quête de satisfaction d'un désir purement sexuel, une manoeuvre sournoise et perverse, n'ayons pas peur des mots, pour cocufier, par mon intermédiaire, quelqu'un qu'il n'aime pas ? Je me le demande et ce n'est pas pour me plaire. Autant je peux comprendre (j'ai pas dit accepter) les pulsions primaires qui parfois s'expriment par nos corps...autant les stratégies à caractère manipulatoire, je dis non. Mais ce ne sont que des présomptions intuitives, tu vas encore me dire que ça n'a aucune valeur juridique, je sais bien, je fais pas son procès non plus, t'emballe pas.

Troisième temps. (Ça se dégrade, t'étonne pas). Je traverse le boulevard pour rejoindre le charmant. À peine entrée, dans une atmosphère enfumée et une salle blindée de monde, le patron me saute dessus Hé t'as vu qui est là ? Ben euh non...? Ah là là j'en peux plus, ils foutent un de ces bordels...Au début ils étaient en terrasse mais je les ai obligés à rentrer, ils faisaient trop de bruit. Le champagne coule à flots, c'est bon pour le moral du chiffre d'affaire.

N'insiste pas, je ne dévoilerai pas l'identité de cette personnalité (disons juste que c'est un comédien donnant dans le genre comique et plutôt bon) (mais délirant) qui, va savoir pourquoi, a décidé ce soir-là d'emmener sa petite clique dans un bistrot de quartier, histoire de s'encanailler en toute décadence. Par contre la décence, pas trop non. Tu le retrouves accroupi près des chiottes en train de consciencieusement lécher le visage de sa compagne. À sa table chacun roule des pelles à sa chacune, à croire que ça fait longtemps que ça leur est pas arrivé.

Et je ne te parle pas de cet autre comédien qui a fini ivre mort dans le caniveau, non je ne t'en dis rien, parce que je ne l'ai pas vu de mes yeux. Il a, dit-on, atteint le coma éthylique avant que je n'arrive et tu me connais, je voudrais pas calomnier.

Puis on rentre se coucher. Et pour se retrouver tout à fait, après cette soirée où on s'est peu vu, le charmant et moi, devine ? on valse, oui, mais pas musette, de Cythère...

jeudi 2 novembre 2006

La route est longue de Madison à je sais pas où

Tout est question de volonté, trop simple la vie.

Tu vas finir par croire que je radote (et pourquoi pas ? j'ai 83 ans, c'est de mon âge) mais c'est juste pour contextualiser. Y a eu une inondation sur mon lieu de travail, les ascenseurs sont hors service, c'est le bordel. Néanmoins, comme il faut toujours extraire (en première pression à froid c'est mieux mais tu fais comme tu le sens) le positif des pires situations, ça n'a pas que des inconvénients. Par exemple on a tous des cuisses en béton et le fessier bien ajusté. Moi qui pratique peu ce qu'on appelle le sport, je trouve ça pas mal.

D'autant que, autre exemple bien plus intéressant de mon point de vue, les circonstances font que nos amis les pompiers qui résident sur le site et qu'on rencontre rarement, si ce n'est à la cantine, tu sais la grande tablée de gaillards ? ceux qui garnissent leurs plateaux comme la bonne ménagère son caddie le samedi histoire de contenter sa gloutonne et nombreuse famille...

Nos amis les pompiers donc. Oui nos amis. Faisons preuve de bienveillance envers ceux qui peut-être un jour nous sauverons la vie, c'est la leçon que je reçus un matin, avant de gravir une montagne, de la part d'un sage antillais qui me parla ainsi : dis bien bonjour à tout le monde sur la route, on sait jamais, tu peux avoir besoin de quelqu'un...Sauf qu'il le disait à moitié en créole...

Nos très chers amis les pompiers circulent à droite à gauche en rondes permanentes et vérifications de précaution, notamment à mon étage. C'est pas désagréable. L'attrait de l'uniforme, t'oublies, je suis pas comme ça. Mais bon, les exigences du métier étant ce qu'elles sont, faut bien reconnaître qu'ils sont bien foutus d'un peu tous les côtés. Et encore on voit pas tout. Tout ça pour dire que je résiste pour ne pas aller faire un tour, disons avec le blond aux yeux verts, celui qui déroule sous mes yeux un énorme tuyau en me susurrant je vous arrose ? Bon je t'accorde que c'est pas très fin mais ça a le mérite d'être explicite...un petit tour vite fait bien fait, hop hop, dans le QG VIP (si t'as ce tirage au scrabble, tu pleures et je compatis) où y a de la moquette épaisse et tout le confort moderne.

Mais c'est pas tout. L'autre soir je prends le RER avec le charmant charmeur chilien occupé à envoyer une flopée de SMS. Mon regard erre dans le wagon et je note 1) que le jeune homme en face est fort joli, 2) qu'il me regarde. Bon. Je baisse les yeux, comme tout le monde. J'observe ailleurs. Mais irrésistiblement mes yeux reviennent à lui, qui n'a pas dévié. Son regard se fait plus expressif, tu sais comme quand tu souris sans bouger les lèvres. Il me détaille sans vergogne. Bizarre de se sentir objet. Mais oh, objet de convoitise quand même, toujours flatteur. Et puis nos attraits sont réciproques, c'est pas pareil, on est deux à se rincer l'oeil...

Le charmant s'interroge : je lui dis Réaumur ou les Halles ? Dis-lui les deux, il verra ce qui est le mieux pour lui. Le charmant replonge dans son portable. Le jeune homme en face a toujours les yeux plantés sur moi. Station les Halles. On arrive devant les portes au même moment. Je fixe le bouton. Il appuie dessus de deux doigts longs et souples. Je lève la tête et pour clore cet instant partagé je lui dis bonsoir en souriant. Dans la cohue de la sortie, le charmant emprunte un escalier, je mets deux secondes à me rendre compte que je pars dans l'autre sens (ah l'inconscient, l'inconscient...), le temps de voir le jeune homme se retourner une dernière fois.

Un monde, celui des possibles, se ferme. Si j'avais été "célibataire", je te prie de croire que ça se serait pas terminé comme ça, enfin je crois. Je ne succombe pas à la tentation (qui a dit jusqu'à quand ? parce que j'ai rien entendu là). Je résiste oui. Et je m'en félicite. Sous vos applaudissements.

lundi 30 octobre 2006

Hiro S hi M a S mon amour

Samedi soir c'est l'anniversaire de mon pote, dans un bar chaleureux riche en divans moelleux, avec le charmant charmeur chilien aux platines et Ada au mojito. Dimanche on se lève pas trop tard selon la nouvelle heure. On se retrouve devant un steack-frites en guise de petit déj. Vient à passer Phénix, qui s'attable avec nous.

Cris de mouette : il reçoit un texto, de son ex, tu sais celle qui le fait souffrir le martyre, celle qui occupe ses pensées nuit et jour et jour et nuit. J'ai rêvé ou c'est toi que j'ai entendu jouer de la trompette ?

Il faut savoir que Phénix est un peu musicien, en plus d'être légèrement dépressif, mais comme tu vois, c'est compatible. Ce message provoque dans son crâne comme qui dirait une tempête (relis Hugo) tout en lui faisant grand plaisir. S'engage donc une séance de remue-méninges pour formuler une réponse digne de ce nom. Comme on dispose d'un charmant expert en SMS d'amour, d'une Ada représentante du sexe féminin et, à ce titre, coboye volontaire sur les effets bénéfiques ou pas de telle ou telle tournure...et d'un Phénix concerné mais un peu paumé, on y croit ! Attention ça fuse !

Première proposition : "Ouais t'as rêvé !" Variante : "Tu peux toujours rêver !" Sous-variante : "Dans tes rêves !" Ça nous fait rire parce que c'est con, c'est tellement nous, mais c'est pas très sérieux, et je te rappelle que la nana en question ne se manifeste pas si souvent que ça, faut pas se rater. Au bout de longtemps on se met d'accord, mais attends, trois point de suspension c'est bien ? ou c'est mieux un point tout court ? non non, pas de ponctuation, allez : Je joue pour toi tous les jours Si c'est pas un message d'amour tout en finesse...

Cris de mouette : Tu es chez le voisin du dessous ? (j'explique : le voisin du dessous est un partenaire musical de Phénix) Ouais ben elle donne pas vraiment dans le poétique la fille. Tu croyais que tu pouvais la faire planer un peu, vlan elle te ramène tout de suite sur terre. Cependant elle répond du tac au tac, elle...tandis que nous (oui je dis nous, s'agit de réponses collectives, même si elles sont validées en dernière instance par Phénix lui-même) on prend plus de temps. "Oui je suis chez le voisin", mauvais, en plus si elle appelle derrière, elle va entendre le bruit de la rue, trop grillé. Faut speeder avant qu'elle nous échappe. Tant pis si elle veut rester dans le cartésien pragmatique, on enchaîne : Je suis déçu...pas dessous Jeu sur les sonorités reflétant parfaitement l'état d'esprit présent de Phénix, du travail de pro...

Cris de mouette : Où es-tu ? Quand je te dis que c'est pas une marrante...Mais elle mord à l'hameçon puisqu'elle lâche pas l'affaire. Nous non plus. On s'active. Y a divergence. "Je suis celui qui suis", trop mégalo même si connoté "buisson ardent", presque de mauvais goût au final (on adooore) et hors sujet. "Dans ton coeur", ouais bof. "En toi", à double sens pas drôle, trop sexuel. "Je suis où tu veux que je sois", trop long, trop lourd. Allez zou : Où tu veux...Aussitôt suivi d'un : Quand tu veux...Léger, printanier et flatteur.

On respire, on attend. La tension monte. Cris de mouettes : J'ai vraiment cru t'entendre jouer en bas Ah putain c'est une coriace. Elle essaye de clore le truc l'air de rien. Spécialiste en douche froide. Qu'à cela ne tienne. On se laisse pas abattre. "J'ai vraiment cru que tu m'avais répondu", elle risque de pas comprendre étant donné son côté premier degré à toute épreuve. Se taire non, elle est visiblement en quête de communication avec Phénix, même si elle ne veut pas le reconnaître ni se l'avouer à elle-même. Il faut en profiter mais sans qu'il trahisse ses propres pensées et sentiments. "La vie est un rêve", trop impersonnel, trop sentencieux. J'ai vraiment cru que tu pensais à moi Subtilement profond...

Cris de mouettes : Bien sûr que je pense à toi, tu le sais Après quelques tergiversations, Phénix décide de couper là. Comme ça, éventuellement, elle reste en attente d'une réponse. Malgré les éclats de rire, ce brainstorming a été éprouvant pour lui. Il part faire quelques kilomètres de brasse à la piscine du coin. Nous on opte pour le sport en chambre, sieste crapuleuse, figures libres.

Quand on l'invite à nous rejoindre dans le nouveau bar pour l'apéro, il passe en coup de vent nous annoncer qu'il a rendez-vous avec elle pour discuter. On prendrait trop de risque à parier sur un rabibochage, d'autant qu'il n'y est peut-être pas prêt ; cependant, hein, ils vont poser des mots, ce qui vaut toujours mieux que le silence pour avancer, dans un sens ou dans un autre. Tu sais quoi ? On envisage d'ouvrir un bureau d'écrivain public...

vendredi 27 octobre 2006

"Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?"

Tu sais bien que les croyances en tous genres, c'est pas ma flûte de champ. Je suis pas du genre à consulter mon horoscope (bon là tu me crois pas. C'est ton problème), ni à guetter nos camarades de l'espace, ni même à adhérer à une quelconque religion (et si jamais je deviens bouddhiste, range pas ça dans la case Victime de la mode mais plutôt dans Quête des origines (pas du monde banane (et je ne parle pas non plus de Courbet), les miennes) et puis c'est pas tout à fait une religion). Cependant je m'interroge (non ! pas sur le bouddhisme), oui je m'interroge.

Tu n'es pas sans savoir que je squatte pas mal chez le charmant charmeur chilien. Mais quotidiennement je passe un peu de temps, aussi court soit-il, chez moi. Je relève le courrier. Je change de fringues. Je fais le ménage. J'arrose les plantes. Je discute avec les voisins. Je nourris le crocodile. Je sors les poubelles. Bon je n'ai pas dit que la vérité mais ce sont des exemples destinés à t'éclairer, c'est important que toi et moi on soit sur la même longueur d'ondes, j'en ai besoin.

Tu n'ignores pas non plus que j'aime écouter de la musique et que je fume. Et même, peut-être n'as-tu pas envisagé ce cas de figure, des fois je fais les deux simultanément...notamment chez moi, avant de me livrer aux diverses activités susmentionnées, pour m'y encourager...ou bien après, pour m'en reposer. Nonchalamment alanguie sur le sofa, je rêvasse à des choses qui te regardent pas tellement (encore que...il m'est arrivé d'esquisser mentalement une espèce de machin qui finit sous tes yeux), avec dans les oreilles des sons que j'aime.

Dernièrement, un live au Bataclan, Lou Reed-John Cale-Nico cuvée 1972. J'écoute ça avec grand plaisir, puis je me rends compte qu'il est tard, hop j'appuie directement sur Off, comme d'habitude, à la barbare, et je bouge de là.

Quand je reviens le lendemain, je m'empare d'un petit Daniel Darc, je veux éjecter le live de la veille : rien. Enfin rien, le truc s'ouvre et tout mais le CD n'est pas dedans. Je regarde dans le boîtier : rien non plus. Ben oui il me semblait bien que je l'avais pas rangé. Alors mmm ? voyons voyons, je regarde autour, histoire de vérifier que je l'aurais pas balancé à la volée (je fais jamais ça mais il faut envisager toutes les possibilités) : toujours rien. Avoue que c'est bizarre. Dernière option : bien que ce geste ne me soit pas du tout familier (quand je retire un CD, c'est pour en mettre un autre), bien que je ne m'en souvienne absolument pas, je l'ai rangé, mais pas dans le bon boîtier. Ouais ça doit être ça, je vais pas me les taper un par un maintenant mais obligé que c'est ça.

Allez j'envoie le psaume 23 récité par Darc, ousque ça cause bâton et berger, mais pas saucisson, comme quoi tout n'est pas si simple...♫ sur des prés d'herbe fraîche il me fait reposer ♫

Le jour suivant. Je fais Eject et qu'est-ce que je trouve ? Si t'as suivi tu dois répondre Darc. Eh bien pas du tout : le Bataclan 72 ! Non ? Si. Et dessous quand même, Daniel Darc. Alors là je comprends pas...Je n'ai pas d'explication rationnelle à ce phénomène autre que la suivante qui est trop trop flippante, mais au secours je n'en vois pas d'autre : quelqu'un s'est introduit chez moi, a subtilisé le live, s'est réintroduit et l'a remis là où il l'avait trouvé. Je passe en revue les gens susceptibles d'avoir un double de mes clés. Y en a pas (oui je sais, c'est très con de pas laisser des duplicata en lieu sûr, je sais). Mais il se passe quoi bordel ? Tu sais, cette sensation désagréable d'une absence présente...Brrr...Je me dis que c'est pas possible, mais en même temps je suis pas folle, alors ? Je remets le Bataclan 72, j'écoute un peu, l'esprit pas trop tranquille, puis je me barre.

Le jour d'après. Eject : rien. Ah non ! ça va pas recommencer ! Je respire. Je respire. Je respire encore. J'envoie les Smiths ♫ this charming man...♫ Je coupe. Je passe sous la douche. J'en sors. Je me dis que je vais coller un post-it du style : c'est quoi le délire ? genre c'est bon maintenant, les blagues les meilleures sont les plus courtes. Enfin tu vois je suis bien perturbée, paranoland youhou. J'envoie les Smiths à nouveau ♫ this night has opened my eyes and I will never sleep again ♫ Je coupe. Je me sèche les cheveux. Eject : hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!! le Bataclan 72...et dessous les Smiths...

S'il te plaît dis-moi que personne n'est entré pendant que j'étais sous le séchoir dans la salle de bain. C'est pas grand chez moi, j'aurais entendu du bruit. Dis-moi que ça s'est pas fait non plus par l'intermédiaire d'une entité invisible aux supers pouvoirs magiques. dis-moi que c'est ma chaîne qui déconne. Dis-moi que c'est possible qu'elle avale régulièrement le Bataclan 72, et uniquement celui-ci, parce que c'est le mieux et qu'elle fait preuve de bon goût...Dis-moi que c'est possible qu'elle le garde au chaud puis qu'elle le recrache quand ça lui chante. Je t'en supplie, dis-moi que ça se peut...

mercredi 25 octobre 2006

♫ Dis-leur merde...♫

Si t'as cinq minutes, je peux te raconter un plan galère. en fait, soyons juste, précis et exact, il ne s'agit pas tant de navigation que de chemins de fer.

Tu te souviens peut-être de cette connaissance du charmant charmeur chilien qui traîne ses guêtres dans le beau monde ? Sinon c'est pas grave, t'as juste une mémoire de poisson rouge amnésique. Mais non allez, je te dis que c'est pas important, c'que tu peux être susceptible quand tu t'y mets...

Toujours est-il que ce grand ami de Béa (celle du thermomètre donc) nous propose ses services, d'autant que ça vaut le coup vu que Béa elle-même s'abreuve à cette auge (attention, va pas croire non plus que ça t'autorise à la traiter de cochonne, un peu de respect je te prie, t'en sais rien d'abord). On devrait pas être déçu. Ouais. Ok. Quelques jours plus tard il textote que c'est bon. Le charmant et moi on termine ce qu'on était en train de commencer (du macramé chinois oui, comment t'as deviné ? on s'escrime sur le noeud du swastika inversé) et on oublie.

Le gars rappelle. A posteriori, tout est toujours plus clair, tu as raison, tu m'enlèves les mots de la bouche...a posteriori donc je me dis que déjà c'était mauvais signe cette insistance, parce que en la matière (pas première, bien raffinée de préférence hein), quand tu te trouves du côté de l'offre, t'as pas trop besoin de courir après la demande. Mais sur le coup tu penses bien que chez nous ça connecte pas, on est un peu con, faut pas se leurrer.

Tant qu'à faire tourner le manège, on embrigade Diego. Lui aussi il t'est sans doute sorti de l'esprit, hein mon gros poisson ? On va chez l'ami de Béa pour lui filer le blé (pas en herbe). Il esr censé nous rejoindre dans notre quartier deux heures après. On lui fait confiance, il nous a tellement bien fait l'article...On dîne, tout ça...Il annonce un retard de deux heures. Tout est normal, tu connais la chanson ♫ I'm waiting for my man...he's never early, he's always late ♫

Il arrive. Pesée des jockeys. Problème. Tout le monde y va de son reproche : mais comment ? t'as pas vérifié !? Il se justifie par le fait que ça s'est fait en speed et même il va jusqu'à sacrifier une partie de sa part pour qu'on soit pas lésé. Puis on examine la chose. Moi je suis loin d'être experte, je peux pas me prononcer. Par contre Diego et le charmant voit direct qu'au toucher, à l'odeur et au goût, c'est pas du label rouge...Bon, goûtons voir. Ça se confirme, c'est vraiment de la merde, mais que fait Jean-Pierre Coffe ? Difficile de dire ce qu'ils ont foutu dedans exactement (mais vu l'état dans lequel on est le lendemain, ça serait des trucs soporifiques que ça m'étonnerait pas.

L'ami de Béa est désolé. Déçu déçu déçu. Ben ouais, il s'est fait eu hein, on est tous logé à la même enseigne. Il promet de faire remonter le problème à qui de droit, que c'est scandaleux quand même. Il passe un peu pour un con, y en a dans la compagnie qui sont assez durs verbalement avec lui. Puis on lui dit qu'on lui en veut pas mais que bon, à l'avenir ça serait bien qu'il soit moins naïf. Règle numéro 1 : tu pèses, c'est la moindre des choses. Règle numéroo deux : si le poids est règlementaire, vérifie quand même le contenu, on sait jamais. Il s'esquive, pas fier.

Les questions que je me pose : est-il très très con ? joue-t-il un double jeu ? n'est-il pas un peu mythomane avec son ami Béa ?

Comment tu veux conclure après ça ? Ça nous a calmé c't'affaire et puis voilà. Pour rester dans le ton, je termine avec quelques mots de Mister Perché. Suite au dégâts des eaux et forêts sur mon lieu de travail, y a une espèce de polémique sur les désagréments consécutifs (plus d'ascenseurs). D'un côté les tenants de la thèse : pour ceux des étages supérieurs, c'est plus dur que pour ceux des sous-sols. De l'autre, l'opinion inverse : non, en fait c'est tout aussi dur, les escaliers sont les mêmes pour tous. Bataille rangée. Pour élever le débat, un mail collectif (grands chefs inclus, même pas peur) :

Objet : Les plaintes

Chers collègues, je suis beaucoup plus préoccupé par les projets gouvernementaux ayant pour objectif l'interdiction de fumer dans tous les endroits publics...La France (qui n'est pas une démocratie) serait-elle devenue une République totalitaire ? Bonne journée. Mister Perché (ou les ravages de l'acide) (c'est moi qui ajoute)

lundi 23 octobre 2006

♫ Faites monter l'aventure au-d'ssus de la ceinture ♫

C'est qu'on commençait presque à s'engluer dans la guimauve à force. Et vas-y que ça cajole (le geai), et ziva que ça roucoule (le pigeon). Mouais. Or (nithologue) ça n'est jamais si simple. Ben non. Je vais te faire un petit rétrospectif édifiant, histoire que tu mesures à quel point je suis éprise au piège. T'en veux ? T'en as.

Le début du début. Ada et le charmant charmeur chilien se rencontrent. En note liminaire ils s'accordent sur le fait que la fidélité, faut pas trop compter dessus. On est là pour s'amuser. Investissement minimal, c'est tout bénef.

Le milieu du début. Ada mène péniblement sa double barque entre le susnommé et ex-monamour qui attache encore un peu au fond quand elle y pense. En d'autres termes elle tient le cap tandis que le charmant esquisse un virement de bord sur l'air amoureux du j'te kiffe, viens on vit ensemble et on fait des petits Totoro. Ada se laisse légèrement fléchir mais oh, du calme, pas trop non plus.

Maintenant je te raconte samedi soir. On est au resto avec Phénix qui aborde un sujet totalement inédit, tu vas pas le croire : il nous cause de sa rupture. Ça faisait longtemps. On peut quand même pas lui en vouloir. Juste des fois on lui dit : maintenant ça suffit, peux-tu nous faire un compte-rendu de Barthes et ses fragment amoureux ? ah non trop connoté. Tiens, qu'est-ce que tu penses de l'interdiction de fumer dans les lieux publics ?

Autant te dire que ça marche pas trop, le pauvre, je voudrais bien t'y voir (non, en fait non). Alors on se fend de quelques conseils et fines analyses, le genre de trucs dont il se fout complètement (sauf quand on se surpasse en psychologie qui te touche là où tu t'attends pas) vu que tout ce qu'il veut, c'est parler d'elle, et de lui, et d'eux, et voilà. J'exagère mais bon, tu vois...Le charmant, pleine démonstration de délicatesse, coupe : de toute façon l'amour ça existe pas, y a que du cul.

Franchement moi ça m'a laissée sur le cul (excuse la répétition, elle est désolée). Oui figure-toi que cette phrase m'a profondément atteinte. Dans mon amour-propre, je le reconnais. Un peu de fierté là où il faut parce que quand même on n'est pas que des bêtes. Mais aussi dans mon amour tout court.

Ensuite le charmant regrette de dire de telles conneries et je lui pardonne bien sûr mais c'est trop tard, à l'intérieur le mal est fait et demain l'apocalypse. Le charmant, qui a bien senti qu'il y avait eu comme une faille et qui (attends je suis touchée mais encore lucide) en est secrètement flatté, est aux petits soins...

Plus tard, disons le lendemain pour bien faire, on regarde In the mood for love. Oh ben tu sais ce que c'est, des gens qui se croisent dans l'escalier et qui vont acheter des nouilles chez le rebeu du coin, pas de quoi en faire une soupe...Tu te mouches dans le PQ, même pas mal.

La fin du début (à moins que ce ne soit l'inverse, je me connais, j'aime bien tout foutre en l'air, je peux me paramétrer auto-destructrice si je veux). J'accorde beaucoup (vraiment beaucoup. Énormément si tu préfères) d'importance aux mots. Et je sais pas expérience (83 ans mon petit, prends-en de la graine) que le sens d'une phrase n'est pas égale à la somme des sens des mots qui la composent. Donc cette phrase malheureuse du charmant n'est peut-être pas à prendre au pied de la lettre. D'ailleurs il fait tout pour en effacer les effets. Et je me souviens d'un autre dit du même : il y a ce qu'on dit et il y a ce qu'on vit. Ouais ouais ouais.

vendredi 20 octobre 2006

♫ Ain't got no / I got life ♫

Après la distanciation façon c'est pas moi, réconcilions nous avec nous-mêmes, retour du jeu du je et de la parenthèse en folie. Allez on va pas se laisser abattre comme des arbres (tu dis quoi ? Parce que moi je dis des arbres à abattre. Alors tu dis quoi mmm ?).

Hier soir j'achète des lames de rasoir pour le charmant charmeur chilien parti en rendez-vous d'affaire. Je développe un peu pour que tu vois bien l'évolution : je fais des courses pour lui, je les dépose chez lui et j'y reste, en écoutant Nina Simone. Quand il rentre, il retire son costard genre je vais passer à une tenue plus décontractée, normal quoi...mais ça dérive en strip-tease le truc...eh oui, voilà, il me fait le coup du futon...

Ce matin, dixit le charmant, je mange du clown. Déjà "je mange" constitue en soi un événement (le matin, s'entend, tu m'as quand même pas pris pour un pur esprit ? Oh ben tu vas être déçu alors). Je sors même acheter les croissants. Bon j'oublie le jus d'oranges mais personne remarque alors si tu pouvais la fermer, viens pas me casser la baraque merci.

C'est un matin tranquille, bien que pas coréen du tout, un matin rare, pas un matin pour rien. Pour que tu situes mieux, quand le réveil sonne je suis même pas fatiguée (oui j'ai dormi 10 heures, et oui un peu dans la fuite, et alors ? c'est le résultat qui compte). Week-end exclus, c'est le genre de matin qui arrive une ou deux fois par an...En plus le charmant et moi on est synchro.

Parce qu'au début début, il lui taffait pas, donc quand on dormait ensemble, je m'arrachais du lit en pestant intérieurement contre ces feignasses de chômeurs tandis qu'il entamait une bonne grasse matinée.

Puis il s'est mis à bosser la nuit et là, ben on se voyait pas des masses et quand par le plus miraculeux des hasards on se retrouvait dans le même lit, t'imagines bien qu'on dormait pas.

En ce moment il a des horaires dits normaux, comme moi (si tu savais comme j'ai progressé, tu serais fier de moi) (bon j'ai un scrupule là, comme souvent, mais franchement j'ai la flemme de tout mettre au féminin en option. M'en veux pas trop. Si, en bonne chienne de garde, tu n'es ni pute ni soumise, sache que moi non plus).

Ce qui fait qu'on prend un petit déjeuner ensemble un jour de taff. On est tout ébaubi d'être en forme et pas speed. Et on se marre bien mais je te raconte pas, sur toi ça marcherait pas, c'est une question de pH de la peau, et dieu sait qu'on s'a dans la peau (ben t'as une meilleure façon de le dire peut-être ?)

Puis j'arrive au taff. Les ascenseurs sont en panne. Bien. Sachant que j'ai l'insigne avantage dans un immeuble de grande hauteur, tout de suite ça calme. Je vois les affichettes annonçant qu'à cause de l'inondation de la veille, va y avoir du sport. Ce que je t'ai pas dit, c'est que la veille j'ai pas taffé. Donc je sais pas trop bien ce qui se passe. Mais je m'exécute.

Et quand j'arrive dans mon bureau au milieu des nuages (j'exagère, t'emballe pas), j'apprends que j'ai échappé au pire. Ouais. On me raconte le sinistre, comme quoi y a eu mobilisation générale pour sauver les meubles et les apparences tant qu'on y est (Willy aussi, t'excite pas...sans oublier le soldat Ryan. Le vin et le pastis d'abord quand même, tu permets. Et l'amour bien sûr) et que ça saute ! Tout ça, je te le rappelle, SANS ascenseur, alors aujourd'hui tout le monde a des courbatures et y en a ras-le-bol, sans compter qu'on se retrouve maintenant avec des sans-bureau fixe qui viennent squatter, c'est quoi ce bordel merde ! Eh bien laisse-moi te dire que ça me fait rire à gorge déployée, oui parfaitement, j'en rajoute pas.Vois-tu, y a pas trente-six façons de faire fi de la mort. Tu peux faire l'amour. Et tu peux rire un bon coup (ben oui c'est lié).

vendredi 6 octobre 2006

♫ A long time ago we used to be friends but I haven't thought of you lately at all ♫

Un signe qui ne trompe pas chez moi, niveau loose bordélique : à un moment ça se répercute sur le physique. Ça y est j'ai la crève, tout va bien.

Sauf que c'est pas une angine et ça, c'est pas tout à fait normal. Mais je te rassure, si ça se manifestait au niveau de l'oreille, genre otite, je me poserais des questions, tandis que là ça ressemble à une trachéite, limite une pharyngite, donc tu vois, on sort pas du terrain balisé (comme dit l'analyste, y a quelque chose qui vous reste en travers de la gorge) (il est marrant l'analyste, tu trouves pas ? Si tu pouvais aussi trouver ce que j'ai en travers de la gorge, tu serais bien aimable)...alors je vais pas chez le médecin et je continue à fumer hein, faut pas déconner.

Et puis tant qu'on y est je vais taffer aussi. Avec de la fièvre c'est mieux. Pour te dire, hier j'étais en service public, aux prises avec une chieuse de première, une qui parle fort et qui dit des gros mots. Eh ben j'ai gardé le sourire et mon calme légendaire et à la fin je l'ai contaminée, elle s'est détendue. ♫ You give me fever...fever in the morning, fever all through the night ♫ C'est abrutissant la fièvre mais ça a le mérite de te faire prendre un peu de hauteur.

Donc t'imagines bien, le soir, c'est une soupe et au lit. Littéralement. Bon j'avoue, hier j'ai failli regardé Envoyé spécial, j'ai même enlevé la pile de fringues qui cachent l'écran et, encore plus fou, j'ai branché la télé. Mais en fait je me suis endormie. Puis j'ai été réveillée par une bonne vieille migraine, c'était cool (oui je me plains, j'ai le droit). Dans ce cas je m'autorise de l'aspirine, le psychosomatisme ça va cinq minutes, faut pas confondre avec le masochisme.

Et puis mon téléphone sonne. Numéro non répertorié. Je me méfie. Le mystérieux inconnu ami de Canada Dry a l'air d'avoir lâché l'affaire (si c'est lui, je raccroche direct). Mais y a un Charly qui m'appelle assez souvent ces derniers temps. Alors, avant que tu t'excites : avec Charly on s'est embrassé avec la langue, mais pas plus et c'était pour rire. Sauf qu'il aimerait passer aux choses sérieuses et j'ai eu beau lui expliquer que moi non, il insiste et à force je zappe. Cependant il est répertorié et il appelle toujours du même numéro. Donc je décroche.

Bonsoir, excusez-moi de vous déranger, je suis en train d'entrer mon agenda dans mon téléphone portable, je suis tombé sur ce numéro mais il n'y a pas de nom...

Oui ? c'est qui ?

Je m'appelle Mister Perché. Et toi, tu es qui ?

Mister Perché ? Moi c'est Ada !

Ada !

Mister Perché ou la passion foudroyante. Ah là là, les enfants, le truc de ouf.

Ça se passe au printemps, y a quelques années. Je viens de quitter mon cher et tendre. Mister Perché est muté dans mon taff et je suis chargée de le former. Premier jour : il est fort beau bien qu'un peu spécial. Il parle tout doucement, à la limite du chuchotement. Pour lui c'est un nouveau départ après plusieurs mois d'errance. Deuxième jour : il me dit qu'il a l'impression qu'on se connaît depuis longtemps et qu'on a été ami dans une autre vie, non ? Ah si. Si si. Absolument. Deuxième semaine : on va voir une expo ensemble. On achète une très bonne bouteille de whisky, il m'invite chez lui...j'y resterai jusqu'à ce qu'on se sépare quelques semaines après.

Avec Mister Perché c'est un peu l'amour fou, on peut rester enlacés à regarder le linge tourner dans le séchoir, on s'ennuie même pas. On mange des salades, à base de tomates, poulet les jours fastes, parce qu'on est grave en misère.

Bon évidemment on passe la majeure partie du temps à jouer au docteur. En général il commence par Oh mais qu'est-ce que vous avez là ? il faut que je vous examine. Et hop on grimpe sur sa mezzanine. Sinon : je vous prescris une séance d'aquathérapie. Et hop on file sous la douche. Et là, désolée d'alimenter un cliché, je dis la vérité crue, Mister Perché est issu d'un métissage breton-congolais et il a le plus énorme sexe que j'ai jamais vu...Impressionnant. À tel point que pour certaines pratiques, t'as tendance à hésiter, euh t'es sûr que...Mais l'élasticité du corps, qu'est-ce qu'on est bien foutu quand même. Voilà voilà.

Après, l'amour s'en va aussi vite qu'il est venu. Je t'épargne la séquence IVG (tous les préservatifs explosent). Je pars en vacances. Au retour il me fait la gueule, il ne veut plus me parler. Je ne comprends pas pourquoi mais comme j'ai d'autres chats à fouetter, qu'entretemps j'ai changé de service, que là où je bosse c'est un peu gigantesque, on ne se croise même plus et ainsi va la vie.

Mister Perché ? Mais tu as un téléphone portable ? Quelle évolution !

Oui ! Et demain j'ai une répèt à 10h30, mais avant il faut que j'aille à la piscine et après je dois aller bosser. (Mister Perché m'a tout l'air défoncé)

Ah c'est bien, tu fais de la zique alors ?

Oui. J'ai mon groupe. Tu as un stylo ?

Oui.

Tu as un papier ?

Oui.

Alors note : myspace.com...Le son est pas très bon mais y a des lyrics, tu iras voir ?

Oui bien sûr. Et comment tu vas ?

Ça va. Et puis tu sais, ça y est hein, c'est passé.

Ah ben tant mieux alors.

Il m'a fallu du temps...

T'inquiète pas, pas de problème.

Ok, alors je vais inscrire ton nom dans mon répertoire. Excuse-moi de t'avoir dérangée. À bientôt. Bonne nuit !

Renseignement pris, Mister Perché est dans une phase difficile. Il vient de quitter sa copine. Il s'est fait interner une journée à l'HP pour qu'on lui prescrive des médocs qui tuent, il se défonce, il vient au taff pas très souvent...mais on a signé la paix. Comme quoi patience et longueur de temps font que les choses finissent par s'apaiser, souvent à un moment où tu t'en fous, et alors ? c'est toujours ça de pris, je vais pas cracher dans la soupe, sinon qu'est-ce que je vais manger ce soir ?

jeudi 31 août 2006

♫ La recette de l'amour fou ♫ (de Serge Breton)

(Attention terrain glissant)

Préliminaires : 20 à 30 minutes.

Cuisson : 20 à 30 minutes à feux doux, moyen et vif.

Ingrédients (pour deux personnes) : 1 charmant charmeur chilien (si vous n'en avez pas, un homme dans la force de l'âge fera l'affaire), 1 Ada (idem au féminin) (à noter : cette recette s'accommode très bien aussi avec deux personnes du même sexe)

♫ Dans un boudoir, introduisez un coeur bien tendre ♫ : je te détrompe tout de suite, le boudoir, rien à voir avec le biscuit. Le charmant invite Ada à dîner chez lui (oui, tu as bien compris, c'est moi le coeur tendre, pourquoi ? ça te pose un problème ?)

♫ Sur canapé laissez s'asseoir et se détendre ♫ pareil hein, le canapé rien à voir avec le toast. Pendant que le charmant fait l'inventaire des placards, Ada se prélasse sur le futon du salon.

♫ Versez une larme de porto ♫ oui pourquoi pas, mais moi j'aime pas trop, en plus on avait déjà pris l'apéro dehors. ♫ Et puis mettez-vous au piano, jouez Chopin avec dédain, égrenez vos accords ♫ : le charmant met un vinyl sur la platine, mais plutôt Nina Simone (♫ Summer time, and the leaving is easy, fish are jumping ♫)

Là un malencontreux oubli : Merde, la vaisselle ! s'exclame-t-il. Qu'à cela ne tienne, Ada toujours serviable et attentionnée (tu permets que je m'auto-congratule ? tu seras bien aimable) se porte volontaire. Non non, laisse...Bon dans ce cas je vais pas insister non plus hein, faut pas déconner.

♫ Il ne tient qu'à vous d'être tendre ♫ : pendant que le charmant opère, Ada, dans son dos, procède à de douces caresses descendantes, jusqu'à obtention de l'ouverture de braguette. Passage de la station verticale à la station semi-verticale (agenouillée quoi, fais pas semblant de pas comprendre) et du manuel au buccal...Si je puis me permettre un conseil pratique, préférez une vaisselle peu sale parce que sur la fin les coups d'éponge se font moins énergiques.

Le charmant met un truc à cuire (quoi comme truc ? À ce stade franchement laisse-moi te dire que tout le monde s'en fout. Un truc comestible hein, on va pas chipoter. Des pâtes, du riz, histoire de se reconstituer après l'effort).

Pendant ce temps Ada se charge de ♫ Tamise[r] toutes les lumières ♫

Retour sur le futon. Question déshabillage, Ada a un peu de retard par rapport au charmant qui lui a déjà son fut sur les genoux...Rééquilibrage, inversion des rôles (non je me suis pas mise à faire la vaisselle).

♫ Jouez la farce (dois-je préciser que rien à voir avec le dindon ?) du grand amour, dites jamais, dites toujours ♫ : oui oui, chacun sa façon de faire. Traditionnellement on dit plutôt "encore" mais après, bon, les spécialités régionales sont toujours bienvenues.

Merde, le riz - les pâtes - la semoule (choisis ton féculent) ! Intermède ultra-rapide pour éteindre le feu des plaques (mais seulement celui des plaques).

♫ Et consommez sur canapé ♫ je vous l'ai déjà dit, c'est un futon. Quant à la consommation elle-même, au moment de l'interconnexion, pour épicer un peu, on a choisi de se mettre debout. Et je pèse mes mots...

vendredi 18 août 2006

Midnight express (sans sucre)

Y a des matins, j'te jure, tu ferais mieux de rester au lit.

Ce matin par exemple. J'étais de corvée. Bon pas non plus un truc complètement machin hein, mais quand même. Je t'explique la problématique : il m'incombait de réceptionner une clé, dans une gare, de la part d'une personne débarquant d'un coin lointain (par rapport à ici, tu vois bien ce que je veux dire), un coin (je dis un coin mais ça s'apparente plus à un continent) où ils ont 8 heures de décalage horaire pour te donner une idée.

Cette personne vit, durant l'année, en banlieue parisienne. Mais là elle n'était qu'en transit. Elle sautait d'un vol international pour monter dans un train grandes lignes (je fréquente que des aventuriers, tu crois quoi). Et cette personne savait que dans sa boîte aux lettres se trouve un courrier de la plus haute importance. Tu saisis ?

Regarde ce plan infaillible : on se serre la main, sur le quai, elle me glisse sa clé, ni vu ni connu, et je file en banlieue, en m'assurant de ne pas être suivie (mais j'avais tout prévu : un scooter m'attendait un peu plus tard, et tu sais bien, les scooters c'est ce qu'il y a de mieux pour semer d'éventuels poursuivants)...Je file donc, j'ouvre la boîte après avoir enfilé une cagoule (sur le casque, oui, on n'est jamais trop prudrent), puis je réexpédie le courrier à l'adresse provisoire de la personne. Un jeu d'enfants.

Faut dire aussi que ça faisait des mois qu'on bossait comme des chameaux (tu l'as vu celui ci ou je mets des guirlandes qui clignotent autour ?), on avait relevé l'emplacement des caméras, on savait comment désamorcer les systèmes d'alarme (non mais ça c'est pas le plus dur, il suffit de débrancher, c'est simple comme un coup de fil. Bon après faut sprinter) (quand tu sais pas, tu m'demandes hein, n'hésite pas), on avait pris des boulots de fabricants de cacahuètes comme couverture...creuser un souterrain à la petite cuillère pas de problème, l'évadé d'Alcatraz nous avait ouvert la voie, tout ça quoi, on était paré.

Le seul obtacle que je voyais à cette mission tout à fait possible, c'était l'heure à laquelle je devais faire sonner mon réveil : 7h. Du matin. Au début j'ai failli refuser (tu vois, je ne te cache rien). Moi, Ada, me lever à 7h ? du matin ? même pas en rêve (attends, je connais mes limites). Mais, après m'être concertée avec moi-même et ma paresse, j'ai finalement accepté, parce que cette personne je l'aime. Et elle m'aime. Et donc on devrait vivre heureux et faire beucoup d'enfants. Mais en fait c'est une fille, ça complique vu qu'on n'est pas lesbienne.

Alors ? Alors, après une nuit où je me suis réveillée toutes les heures, histoire d'être sûre de pas être à la bourre...mon portable a sonné, je me suis levée tel le zombie en phase terminale de métamorphose, etc etc...et j'allais sortir quand cette personne, que j'aime, je te le rappelle, m'a appelée pour me dire : on laisse tout tomber, la CIA est au jus, y a une taupe parmi nous, je vais me mettre au vert, fais comme si tu m'avais pas vue.

Tu l'auras compris, c'est du langage codé et ça signifie : je suis dans le RER, je crois que je vais rater mon train, mais en même temps c'est pas sûr, alors je vais courir, mais si je cours je pourrai pas te filer la clé. Ben ouais. On s'était pas entraîné au jeter de clé, elle avec 30 kilos de bagages sur le dos, et moi avec les yeux fermés (ah non, ils sont ouverts, mais ça se voit pas), on est con des fois hein, on pense à tout sauf à l'essentiel.

Que crois-tu qu'il advint ? D'une, elle a raté son train (mais ça, si elle avait lue le post d'hier...Madame Soleil c'est pas seulement parce que je suis bronzée). De deux, je vais quand même recevoir sa clé, par la poste, et me coltiner un aller-retour Paris-banlieue. De trois je me suis pas rendormie. Mais je l'aime (je dis ça pour mémoire).

Heureusement, alors que je commençais à me dire que cette journée s'annonçait on ne peut plus pourrie, j'ai reçu, par SMS, de la part de quelqu'un que tu reconnaîtras sans peine, ceci, qui ouvre des perspectives assez intéressantes :

Bip (non n'est pas ça le truc intéressant)

Je réponds : Ouiii ? C'est à quel sujet ?

Vous avez gagné un esclave sexuel pr le we !

jeudi 13 juillet 2006

♫ Should I stay or should I go now ? ♫

Bon ben je ne vous cacherai pas que ça m'a un peu calmée c't'affaire...

Sur le coup j'étais sous le choc, avec assistance respiratoire, massage cardio-vasculaire et tout et tout. Non allez, juste j'ai bu le premier verre de rosé relativement vite. Ensuite y a eu les explications du charmant sur le mode je suis désolé, c'est parce que j'étais pas à l'aise, je voulais pas te vexer...Mais tu m'as pas vexée, tu m'as scotchée, c'est pas pareil. Et maintenant je sais pas bien quoi en penser.

Disons que si c'est effectivement de la jalousie, ça va pas être possible. Non vraiment sans façon, j'ai côtisé hein, faut que ça tourne un peu (à titre d'exemple, si je m'avisais de regarder autre chose que mes pompes ou Ses yeux, à lui cet ex d'une autre vie, je me faisais accuser de mater les gars dans la rue. Erreur d'appréciation...j'étais jeune...et amoureuse surtout. Mon dieu comme tout cela est loin braves gens. Et puis en plus, depuis quand c'est interdit de mater les beaux gosses ?). Bon après tout, s'il est jaloux, il est jaloux hein, c'est pas moi qui vais le changer. Le cas échéant, no way.

Le truc, c'est qu'il s'en défend. Il annonce au contraire à tout bout de champ qu'il n'est PAS jaloux, qu'il n'est PAS fidèle. Libéré à fond quoi. Libre dans sa tête (et pourtant il s'appelle pas Diego. Ça aurait été pas mal n'empêche, Diego, j'aime bien), libre dans sa vie. Moi j'veux bien (d'autant que ça me ressemble assez) mais ça manque de cohérence au niveau de l'articulation discours-actes (et ton arthrose, ça va ?).

Si vous voulez mon analyse personnelle de la situation...oui ? non ? manifestez-vous hein...je pense que son attitude est due à un manque d'assurance. Il éprouve manifestement quelque chose d'assez fort pour moi, mais il ne sait pas si c'est réciproque et ça le met en état d'insécurité. Ce que je comprends bien...car moi-même je ne suis pas bien assurée de mes propres sentiments. Voilà quoi, en gros je ne tranche pas la question jalousie, je lui laisse le bénéfice du doute (bien que je doute du bénéfice. Mais faut savoir douter du doute, on vous a bien appris ça quand même).

Et donc je suis pas allée à l'apéro auquel on était invité hier soir. Non. Au début je me disais, allez, repos ce soir, parce que mine de rien la teuf m'a bien rétamée. C'était sans compter sur (ex)-monamour, qui m'a téléphoné et avec qui j'ai passé une très bonne nuit. Quoi ? Faut pas me chercher, c'est tout.

mercredi 12 juillet 2006

♫ I was feeling insecure, you might not love me anymore ♫

Ouais mais oh, j'vous vois venir hein, alors on se calme, faudrait voir à pas s'emballer. C'est pas parce que j'ai dit que je l'aime que tout de suite faut s'imaginer des trucs et des machins. D'accord je l'ai dit. Ok. Ce qui est dit est dit. Mais quand même. N'allez pas croire que ce soit si simple.

Hier, devinez où j'étais ? Exactement. En terrasse, au bar en bas de chez moi, avec un couple d'amis. On boit l'apéro et on décide d'aller manger à côté. Je me lève et qu'est-ce que je vois derrière la chaise ? Un skate. Forcément je regarde. Y a pas si longtemps, ça m'aurait fait ni chaud ni froid, mais là, un skate, attends, ça m'intéresse. D'autant plus qu'après examen minutieux de l'engin, je leur dis : mais je le connais ce skate ! Je mate autour, histoire de trouver le propriétaire. Personne. Intriguant...Le propriétaire est peut-être aux toilettes ? Non. Je dégaine mon téléphone : ben alors, je viens de rencontrer ton skate, tu fais quoi ? Je suis monté prendre une douche. Mais ça fait longtemps que t'étais derrière moi ? Ben oui, 20 bonnes minutes. Mais pourquoi t'es pas venu nous voir ? Parce que tu m'as pas vu. (???). Bon je descends là.

Je trouve ça un peu chelou mais j'attends de voir. Il descend, salue mes amis. Je lui redemande pourquoi il est pas venu dire bonjour. Et là, le truc de ouf, il me dit, plutôt froidement : ben voilà, je te dis bonjour. Et il me fait la bise. Oui tu as bien lu, la bise, sur les joues, en camarade quoi ! Genre on est des potes. Non mais il se passe quoi là ? J'ai raté un épisode ou bien ? Mais bon, y a mes amis, on va non plus y passer la nuit, je lui dis qu'on va dîner. Il me dit qu'il y a une teuf après. On trace chacun de son côté. Je suis légèrement perturbée, normal quoi.

Après le dîner je l'appelle. Il est tout content. Il me propose de le rejoindre, il est en train d'acheter des pizzas pour la teuf. Je lui glisse quand même que ouais mais y a un truc que j'ai pas capté. On va en reparler, répond-il. Tu m'étonnes Elton, un peu qu'on va en parler...La teuf. Sympa. Les potes du charmant charmeur chilien ont tous des balcons au 10ème étage, c'est une secte faut croire. Vue imprenable sur la lune rousse (enfin je sais pas trop s'il s'agissait bien d'une lune rousse, mais en tout cas on disposait d'une lune, de couleur plutôt rousse ok ?). Il y avait un rappeur fraîchement débarqué de sa contrée d'Amérique du Nord qui me regardait deloin au début, en me faisant des sourires. On s'est retrouvé sur le balcon. I spoke english all night long, avec ce grand gaillard hyper baraque mais tout en douceur veloutée. On a écouté sa zique, enfin sa voix surtout. Bizarrement on a longuement parlé de ma bad love story avec (ex)-monamour. Et de Jean-Paul Sartre, Michel Foucault, William Burroughs. Des pays d'où l'on vient. De ceux où on ira. Si on arrive à être synchro je lui ferai visiter mon lieu de travail. Bref y a eu un certain feeling.

En partant, le charmant charmeur chilien note : tu l'as trop fait kiffer le rappeur. Oui ok, mais si on revenait à nos moutons hein ? C'était quoi le problème ? Tu m'expliques ? Bon alors en fait, en arrivant au bar, il m'a vue avec cet ami, qu'il n'avait jamais rencontré, qu'il a trouvé très beau gosse (c'est vrai) et il a pensé qu'il s'agissait de mon ex. D'ailleurs c'est ça non ? c'est ton ex ? Non non (enfin si un peu, mais c'était il y a longtemps et on a choisi l'amitié plutôt que le sexe finalement, bon choix en l'occurrence), c'est juste un ami. Et je te rappelle qu'il était avec sa copine. Et après on dit que c'est moi qui vois pas...Oui mais il voulait se faire beau avant de venir nous voir, et puis il trouvait ça amusant d'être là incognito. Et le coup de la bise ? Ben pareil, vu qu'a priori c'était mon ex, et que j'avais l'air tellement "subjuguée" par notre conversation...Non mais j'te jure, où va-t-il chercher tout ça ? Il me rejoue le coup du "Jte biz" avec rendu de monnaie. Il s'est fait tout un trip jalousie à deux balles, sous couvert de "J'voulais pas déranger". Curieux quand même. Un peu énervant même. Mais mimi. C'est touchant de le voir touché. Tant que ça nous fait pas couler...

lundi 10 juillet 2006

Pour le meilleur et pour le pire

Les teufs au rez-de-chaussée ça assure, crois-en ma bonne vieille expérience. J'ai connu plusieurs rez-de-chaussée et, mis à part le fait que t'as un peu l'impression de vivre dans la rue, tu te fais pleins d'amis.

En sortant d'un bar samedi soir, le charmant charmeur chilien et moi, après avoir passé un bon moment au comptoir de ce bar inconnu de nous deux (mais on a vu de la lumière tamisée et une déco alléchante, avec des vinyls sur les murs, des platines, moultes photos d'Iggy Pop, des affiches de films de Terence Fischer...alors on est entré), en en sortant donc, un peu plus loin sur la droite, y avait une sorte de petit attroupement et on s'est dit, tiens, si on allait voir un peu là-bas si j'y suis. Bonjour les gens.

Il s'est trouvé que les gens en question étaient fort hospitaliers. En même temps si tu annexes le trottoir, faut s'attendre à rencontrer du monde. Du coup ben on a tapé l'incruste en bonne et due forme. J'ai parlé avec des jeunes gens tout juste sortis de leurs classes préparatoires, en attente de résultat de concours, ou encore en plein dedans, genre bon ben moi j'traîne pas trop, je suis admissible pour je sais pas quoi et c'est lundi que ça se passe. J'ai discuté avec quelqu'un qui a voyagé au pays de mes ancêtres, et comme j'ai l'intention d'y aller l'année prochaine, j'avais pas mal de choses à lui demander. Le champagne a été sabré au milieu de la chaussée. Étant arrivés les mains vides, on s'est délesté de quelques plantes vertes pour égayer la compagnie. C'est le retour qui a été tendu.

À pied, évidemment. Le charmant et moi, on avait un peu abusé sur les rafraîchissements, c'est indéniable. En plus il s'était levé à l'aube (ou même avant, je sais pas) pour du taff occasionnel. Ça tanguait sévère et comme j'étais la plus en forme des deux, je me suis vue dans l'obligation d'assurer. Étant donné mon sens de l'orientation défaillant, je trouve que je m'en suis pas si mal sortie. On est rentré à bon port, après s'être approvisionné en eau à l'épicerie.

Le charmant charmeur chilien s'est enfermé une heure dans la salle de bain, une heure ! oui messieurs-dames. Je tentais de communiquer à travers la porte, ce qui donnait à peu près

moi : ça va ?

lui (voix qui se veut assurée mais ne trompe personne) : oui oui tranquille, je vais prendre une douche

20 minutes après

moi : ça va toujours ?

lui : mmmmm

moi : plaît-il ?

lui (voix faiblarde) : ouais ouais, j'ai gerbé là, ça va aller mieux

15 minutes après

moi : bon ben faudrait peut-être que tu songes à te pieuter non ?

lui : ...

moi : ouvre la porte, t'es flippant là

lui (enfin) : je crois que je vais encore gerber, j'suis pas sûr

moi : ben en attendant ouvre-moi

lui (dans un murmure) : non mais va te coucher toi, je te rejoins

moi : bien sûr, je vais m'endormir tranquillement pendant que tu crèves dans ta salle de bain...Bon ben je vais faire la vaisselle, ça va me détendre

15 minutes après

moi : alors ? quoi de neuf docteur ?

lui : arrrrrrghhhhh

moi : ah ok. Tu peux reformuler s'il te plaît ?

lui : c'est bon là, j'crois que c'est bon

moi (en fée du logis) : ah putain mais t'as fait cuire quoi là-dedans ?

lui : non mais fais pas la vaisselle, c'est pas la peine

moi (pas la peine ? mais à quel stade tu considères que c'est la peine alors ?) : dis donc, occupe-toi de toi et moi je m'occupe de moi, d'accord ?

lui (voix de gentil garçon obéissant) : oui d'accord, tu as raison

moi : en fait si je veux pouvoir te faire une tisane, je suis obligée de faire la vaisselle

Il sort enfin, tout pimpant (mais vert) dans sa serviette de bain. Il se met à farfouiller dans sa chambre.

moi : tu veux pas te coucher à un moment ?

lui : faut que je trouve un tee-shirt

10 minutes après

moi : ça y est ? tu l'as trouvé ton tee-shirt ?

lui : oui voilà. (Se met au lit) (Ne jamais désespérer)

5 minutes après

lui : ah non j'ai trop chaud, faut que je l'enlève ce tee-shirt. (Se défringue, me câline un peu et s'endort aussi sec)

Voilà, c'est lui le mec que j'aime.

jeudi 6 juillet 2006

♫ Tiiiime is on my side, oh yes it is ♫

Il était une fois une faille spatio-temporelle qui faisait rien qu'à m'embêter en m'empêchant d'arriver à l'heure au travail ; alors que bon hein c'est pas du tout mon style. J'étais à deux doigts de déclarer forfait, mais je suis une battante moi, que diable. Je m'en vais donc vous livrer la méthode. Comment mater en deux-deux une faille spatio-temporelle-complot-mondialiste-de-la-bourre ? Comment ?

Tout d'abord, pour tromper l'ennemi, passer la soirée chez des potes, soi-disant pour voir un match de foot. Il s'avère que quand la France joue pas tout le monde s'en fout. Boire du rosé. Manger de l'ananas et du melon. Prendre les chemins de fer. Faire des bonds. Jouer aux dames chinoises. Prendre les chemins de fer. Admirer les éclairs dans le ciel. Prendre les chemins de fer. Brouter de l'herbe. Rapidement il est 8h du mat. À ce stade la faille ricane dans sa barbe, elle croit, naïvement, que c'est dans la poche. C'est mal me connaître.

Je poursuis. Hésiter à aller taffer, étant donné sa brillante forme physique...Renoncer. Et vlan. Première faille temporelle matée : quand on va pas au boulot, par définition on n'est pas en retard. Alors ? on rigole moins là hein ? Quant à l'objection qui consiste à bayer aux corneilles que : à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire...eh bien à cette objection je lui dis : attends la suite, tu vas voir.

La suite. Se lever à 18h après une bonne journée de sommeil. Boire de la tisane (et alors ?). Descendre au bar en bas pour l'apéro (et alors ?). La faille pense que sa revanche sera terrible. Même pas peur. Regarder le match en terrasse, debout sur une chaise (mais déchaussée quand même), avec le charmant charmeur chilien qui chauffe la salle. Manger une salade de la mort chez un pote. Puis des frites sur un banc à la fraîche. Se coucher vers 1h du mat. Léger handicap pour la faille : le décalage horaire est maîtrisé à la perfection.

En bon stratège, feinter : ne pas mettre le réveil en se disant qu'on se lèvera quand on se lèvera, faut pas déconner avec la fatigue. Alors là, la faille, autant vous dire qu'elle jubile. Sourire radieux sur sa face. Sur la mienne aussi, parce que, je sais pas pour vous, mais chez moi en ce moment c'est plutôt carrément sympa.

Être réveillée à 7h18 par un SMS : Allez allez ! Courage ! Ta bien dormi ? jé lu un peu é plouf jme suis endormi. Si tu ve jtacompagne pr te donner du courage !? (Le charmant charmeur chilien culpabilise parce que j'ai fait l'école buissonnière. Du coup il se transforme en coach). Répondre : Oui !!! 7h20 : Ok jariv ! T prete ? Répondre : Non !!! 7h24 : Tu ve un truc pr le pti déj ? jte rejoins chez toi stv ? Sinon dis moi ds combien de temps en bas.

La faille, bien que dépitée, y croit encore un peu. Parce qu'un petit déj au lit, on sait que ça peut dériver. Mais non. Garder l'avantage et se contenter de faire la route avec le charmant charmeur chilien en se disant des mots d'amour. Arriver au taff à 8h40. Deuxième faille temporelle KO debout. Eh eh.

lundi 3 juillet 2006

C'est arrivé près de chez vous...(♫ ouais presque sous ton nez ☺4

Mettons-nous en situation.

Un soir (par exemple celui de vendredi). Vous êtes sur un quai de métro. Seul. Vient à passer un gars qui chaloupe comme le Titanic en phase terminale. Il se vautre dans les escaliers. Vous lui portez secours, toujours seul, à la force du poignet et de vos bras, certes petits mais pas costauds. Résultat : 48 heures après mes muscles s'en souviennent.

Un matin (par exemple ce matin). Vous faites la queue devant le distributeur automatique de tickets de transport (car vous êtes un peu con, vous n'avez pas d'abonnement annuel, ce serait trop simple, non, vous préférez vivre à l'ancienne, eh oh faudrait quand même pas mettre la charrue avant les boeufs, les boeufs ils font la queue, point barre). Vous êtes même pas à la bourre. au bout de longtemps, la personne qui manipule l'appareil annonce que c'est en panne. La queue bascule vers le guichet. Vient à passer un gars avec la gueule en sang. La guichetière ferme son guichet pour s'occuper de lui. Résultat : non seulement j'ai été obligée de griller, mais en plus j'étais à la bourre, c'est malin.

Dans un bar (par exemple celui où vous regardez les matches de foot). Vient à passer un gars, ni bourré ni blessé, ça change, qui vous aborde : alors comment vas-tu ? Euh oui, c'est à quel sujet ? Tu te souviens de moi (sourire complice) ? Ben euh, désolée, non. Mais si, je m'appelle XXX. Ah oui bien sûr (enfin pas sûr et certain non plus), excuse-moi (mais c'est qui bordel ?). Je t'offre un verre ? Merci mais je suis avec un ami là. Et désolée hein, je suis vraiment distraite des fois (on va dire ça comme ça)...

Le charmant charmeur chilien observe la scène de loin et vous dit ensuite : alors, on se fait draguer ? Non non, c'est le copain d'une copine. Résultat : hum...

Dans un parc (par exemple je sais pas). Vous êtes allongé à l'ombre, avec un bon bouquin, vous grignotez des cerises pendant qu'une peau douce (et andine) caresse votre peau douce. De temps en temps, une bouche douce (et andine) se remplit d'eau fraîche et l'écoule, au compte-goutte, dans votre bouche. Résultat : ça s'appelle vivre d'amour et d'eau fraîche (et de cerises un peu aussi).

Dans un lit (par exemple celui du charmant charmeur chilien). Vient à passer un gars, charmant, charmeur et chilien. Il vous dit qu'il vous kiffe, qu'il y a une telle compicité entre vous, que c'est tellement fort, que vous avez le même humour. Résultat : j'ai rencard ce soir avec (ex)-monamour.

Ben oui. C'est typiquement le truc qui me fout la trouille. En plus, je vous l'ai déjà dit, le charmant charmeur chilien c'est pas possible de tomber amoureux de lui, il est trop infidèle (pas encore, mais c'est pas une raison) (moi non plus mais c'est pas pareil d'abord). Courage, fuyons.

vendredi 30 juin 2006

♫ And my heart was beating fast ♫

Comme quoi des fois on se pose des questions, c'est pas trop la peine.

Je retrouve le charmant charmeur chilien hier soir sur une terrasse. Pour changer. Oui bon ainsi va ma vie, c'est comme ça, unité de lieu, unité d'action, pas unité de temps mais rien ne dit que ça va pas virer au tragique. Et puis avec ce soleil, vous me connaissez...Donc terrasse.

Il me scrute bien dans les yeux en disant : regarde-moi, toi. Je m'exécute en lui demandant tout de même ce qui se passe. Il veut voir si mon regard a changé. Changé comment ? Il dit rien, on se mate, comme avant quand on se faisait de l'oeil à distance, sauf que depuis on s'est vu tout nus. Ben oui quoi, ça fait une légère différence, ça a tendance à réchauffer le regard, qui était pourtant pas tiède à la base. Je suis légèrement intriguée mais bon.

Mon pote, celui avec qui je traîne souvent au bar en bas de chez moi, celui-là même dont au sujet duquel je croyais qu'il faisait obstacle à une renconter décisive avec le charmant, tu te souviens, mon pote quoi...eh ben il nous rejoint. Voilà. Donc on arrête de se mater, parce qu'on est un minimum sociable (la preuve, on est capable de parler des minima sociaux).

À un moment, ou à un autre, mon pote se lève pour commander ou pour aller se repoudrer ou quoi ou qu'est-ce. Le charmant charmeur chilien en profite pour me glisser à l'oreille (outre sa langue) que je fais pas très attention à lui depuis que mon pote est là. Alors là je suis doublement intriguée...Mais bon pas le temps d'y réfléchir, les événement s'enchaînent, salto avant, double piqué, corrida...on discute quoi. Finalement mon pote trace.

Et c'est maintenant, mesdames-z-et-messieurs, que nous allons avoir le fin mot de l'histoire. Tenez-vous bien. Le soir où j'étais invitée à un anniversaire, récemment, il avait été question qu'on se retrouve après, le charmant et moi, mais au vu de l'heure matinale, je lui avais envoyé un SMS qui disait texto (ah aha...toujours rester simple), car il est capital pour la compréhension de chacun que ce SMS soit cité in extenso : Ouhhh il est trop tard ! Jvais pas tarder à aller mem pieuter. Jte biz.

Figure-toi, ami lecteur, que le charmant charmeur chilien a été comme qui dirait chiffonné par ce message, chiffonné un peu comme le jambon tu sais, le jambon au torchon. À première vue, rien de chiffonnant là-dedans pourtant, me semble-t-il. Sauras-tu séparer les torchons des serviettes ? Allez on réflechit un peu...Moi au départ je me suis dit, tiens, il était pas content parce que je suis pas allée le rejoindre. Que nenni. Mais qu'est-ce que ça peut bien être alors ? Il aime pas le mot pieuter. Non ? Trop de h (et pas assez de vin) dans ouhhh ? Toujours pas. Dans ce cas je donne ma langue au chat (et vice-versa).

Jte biz. C'est ça qui cloche. Pas assez chaleureux, trop impersonnel, c'est la première fois que je le biz aussi froidement alors que d'habitude je le bizoute tendrement et tout partout, et puis je lui ai même pas dit qu'il me manquait. D'où son observation attentive pour voir si quelque chose avait changé en moi. Et dans sa foulée paranoïde, hop, je m'occuperais trop de mon pote et pas assez de lui. Mais à part ça il est pas jaloux hein, vraiment pas.

jeudi 29 juin 2006

♫ Bac plus zinc et licence IV ♫

Y avait une terrasse, ouf...

Bon si vous comprenez pas, désolée mais j'ai la flemme de récapituler, vous avez qu'à être de fidèles lecteurs, tant pis (mais non, c'est pas vrai, même si tu es infidèle je t'aime bien, au contraire, ça nous rapproche).

J'y suis allée à reculons parce que moi les torticolis ça me fait pas peur et au final c'était une bonne teuf. Avec plein de monde que j'avais pas vu depuis longtemps. La question de mon cavalier s'est résolue d'elle-même (quand je vous dis que ça sert à rien de décider) puisqu'(ex)-monamour était indirectement invité. On a même mangé. J'ai rencontre un couple de gays très exotique, respectivement originaires d'un pays nordique et d'une petite île que t'aurais bien du mal à situer sur ta mappemonde. Évidemment on a fait la fermeture du bar avec une petite figue pour la route. Dodo platonique chez (ex)-monamour. Arrivée au taff tardive (début d'après-midi, ça devient n'importe quoi), mais rien que de très prévisible. Alors, de quoi tu te plains ?

Ben en fait le truc, c'est qu'en bonne chieuse que je suis, j'aurais préféré la présence du charmant charmeur chilien, surtout quand je reçois ça : ça mbrancheré dte rejoindre !? je mennuie mé jvé trouvé dkoa mokupé ! Bonne teuf ! Boi pa tro. Alors je réponds que oui mais non, les circonstances font qu'on va peut-être éviter, mais c'est trop horrible...Tinkiète pas, passe une bonne soirée ! Amuse toa bien !

Aujourd'hui je lui propose qu'on se voie ce soir. Il répond : Mouais. Si té pa tro crevé !? Bip moa. Ça me laisse un peu perplexe. Je ne sais guère comment interpréter ce oui du bout des lèvres. Est-ce à dire qu'il n'a pas envie de me voir ? m'en veut-il de l'avoir délaissé hier ? suppute-t-il des choses avec (ex)-monamour qui ne lui plairaient que moyennement (mais il arrête pas de me dire qu'il n'est pas jaloux. Alors...) ? se la joue-t-il pas dispo histoire de pas avoir l'air de me courir après ?

Que de questions sans réponse...Bon sinon on m'a dit hier que c'est sympa ce petit côté boute-en-train, mais qu'est-ce que ça cache, au final, dans les profondeurs de mon intérieur de fille un peu écorchée vive, tu vois, comme les trucs d'anatomie mais pas pareil ? (oui j'ai des discussions à haute teneur psychanalytique)

mercredi 28 juin 2006

♫ Désormais je me dore...à la poussière de météore ♫

Bon ça va comme ça, on sait ce qui s'est passé, la France exulte, tout ça pour ça. Pour c'que j'en ai à faire...D'autant que c'est pas non plus un exploit hein. Je veux dire, si encore c'était la finale, j'veux bien, mais là, oh, c'est pas la fête du slip que je sache. (Oui je soutenais l'Espagne, et alors ? C'est mon droit non ? Pas la peine de me traiter de mauvaise joueuse. En plus c'était par pur sacrifice, fallait bien qu'il y ait quelqu'un qui se dévoue dans cet appart, sinon l'ambiance est moins drôle). Et surtout, allez-y, distrayez-vous à base de victoires par procuration, divertissez-vous, ça profitera toujours à quelques-uns ce genre de crime, mais faudra pas venir se plaindre après. Tant que tu regardes les étoiles, tu vois pas que tu marches dans la merde (et paf ! non mais t'as vu, ça c'était bien envoyé).

Sinon on s'est bien amusé. Y avait des frites et de la bière, déjà ça commence bien. Oui parce que le sport sans la bière, très peu pour moi, j'aime faire les choses selon les règles. Et puis bon j'étais pas scotchée à l'écran non plus, y avait un balcon avec vue panoramique sur Paris, ici Montmartre, là la tour Eiffel, trop la classe...en bonus les bizoutages du charmant charmeur chilien.

Ce soir je suis invitée à un anniversaire. Alors déjà ça tombe pas hyper bien. Depuis le début de la semaine j'arrive au taff en fin de matinée...mais fin fin hein, juste avant midi quoi, comme personne ne peut me reprocher de pas être au taff le matin...C'est pas beau, c'est vilain, mais je peux pas faire mieux, je suis à fond là. Donc cet anniversaire, a priori, ne va pas améliorer mes performances de ponctualité. Ben non hein, ce serait étonnant. Et puis je sais pas avec qui j'ai envie d'y aller. C'est un léger problème quand on y réfléchit. Pour finir, ça se passe dans un bar. Alors, oui c'est vrai, je les fréquente les bars, inutile de le nier, mais je trouve, si je peux me permettre une opinion personnelle et tout à fait originale, que toute une soirée dans un bar où on n'est même pas sûr qu'ils fassent à manger, qui risque d'être blindé...ouais bof. S'il y a une terrasse on est sauvé. Sinon...

Bon ben sinon, puisque vous demandez des nouvelles, c'est un peu un mix de Ada en folie et de Ada en loose, un petit cocktail bien ordinaire finalement. Illustration datée du lundi 26 juin :

Coucou ! Jéspère kté pa tro crevé. Ne fume pas tro stp ! (ceci est 1 message de la protection des marmottes), ça te fera de économies é tu ora la peau douce ! Biz Avec le temps ♫ avec le temps va, tout s'en va ♫ Désolée c'est du réflexe pavlovien (non c'est pas un nouveau genre musical, abruti). Avec le temps il finira par ne plus me poser la question. Crevée la fille, oui, toujours pas reposée, non. Heureusement que je suis bronzée, c'est un bon camouflage. Quant aux clopes, au moment de ce SMS, j'étais en rade, ce qui ne veut pas dire que je ne m'en procurais pas par des moyens détournés (merci les collègues), attends tu crois quand même pas qu'il m'est possible actuellement de pas cloper comme un pompier ?)

Ooh...cé bientot fini ! (le taff. Eh non cher ami, vu mes horaires d'arrivée...je travaille quasiment en nocturne) Jsui content kté plus dclopes ! Jvé vers XXX dis moa si tu ve kje vienne te chercher a la sortie ? (euh non, j'ai autre chose à faire. Entre autres, une psychanalyse)

Jtenvoie pleins dbizous pr te donner du courage ! Jvé sk8ter san mon prt. Jtorè bien croizé ce soir. Mé si dotres trucs a fèr pa dpro é cé bien dfèr dé pauz. Voilà, je ne te le fais pas dire, c'est bien de faire des pauses, parce que là, c'est pas pour dire mais on se quitte plus, et moi ça parasite un peu ma réflexion, vu que ce mec est irrésistible, sans exagérer, c'est pas moi qui le dit, le sujet est fédérateur. Donc c'est la totale éclate, sans grande perspective d'avenir.

Je me répète mais c'est vrai, à force de regarder les étoiles, tu vois pas que tu marches dans la merde...Et là j'ai un peu la trouille d'être trop dans la lune.

lundi 26 juin 2006

Mange ta main et garde l'autre pour demain

Si vous vous attendez à des révélations fracassantes, des retournements de situation, des décisions sans appel, des prises de résolution, des dénouements spectaculaires...vous allez pas être déçus : j'ai décidé de ne rien décider.

C'est un peu ma spécialité en même temps, je vois pas pourquoi ça changerait aujourd'hui, malheureusement. On me dit : mais de quoi tu te plains, t'as deux mecs en toute transparence, pas besoin de faire de faux plans, ils sont hyper conciliants (euh oui, relativement, faut pas exagérer non plus), c'est grand luxe. Ouais ouais...mais c'est un peu la misère aussi hein. J'arrive pas à me détacher d'(ex)-monamour (d'autant qu'il est pas près de le faire non plus malgré tout) et je kiffe le charmant charmeur chilien (et réciproquement). Mais sinon, c'est totale cohérence, y a rien de paradoxal là-dedans...juste je laisse mijoter, paraît que c'est meilleur.

Le week-end a été gastronomique. Ça a commencé de façon assez classique par un steack tartare de toute beauté, accompagné de ses traditionnelles frites maison. Puis un mélange de céréales, genre blé-avoine-orge-soja, agrémenté de raisins secs et de fruits frais. Puis une salade de papaye bien pimentée avec du riz gluant. Enfin barbecue-pommes de terre pour la fête du Soleil (sous la pluie mais c'est l'intention qui compte). Entretemps grignotage de chips de maïs. Voilà pour le solide. Rayon liquide : bière, vin rouge, thé.

Si tu retrouves quelle boisson va avec quel menu, ben c'est pas la peine de frimer, c'est quand même pas compliqué. Par contre si tu parviens à deviner quel menu va avec quel partenaire, là t'es vachement plus balèze. Essaye toujours...Moi j'ai la dalle.

vendredi 23 juin 2006

"Passent les jours et passent les semaines Ni temps passé Ni les amours reviennent"

À l'ordre du jour d'hier :

Laverie : c'est fait. Mon linge est beau, il sent bon le sable chaud. Taux de réussite 100 %.

Programmer un rendez-vous façon débat contradictoire avec (ex)-monamour : c'est fait. Taux d'angoisse (c'est ce soir !) 200 %.

Résister à l'invitation à dîner du charmant charmeur chilien. Échec sur toute la ligne. Jtattend ! ou tu veux Kan tu veux ! Moi j'arrive pas à résister à ça, désolée.

J'préfère vous prévenir, ça va pas tarder, j'le sens venir gros comme une maison : je m'en vais péter un fusible, un plomb, un boulon, un câble, tout ce que vous voulez...Quand exactement, on peut pas dire. Mais ça devrait pas trop traîner...un bon gros disjonctage ! Va y avoir du sang, des morts, des traumatismes comme à la télé. Sauf que là ça se passera dans ma tête. Mais faut pas croire, ce sera tout aussi spectaculaire. Pour moi. Vue de l'extérieur (tu es belle) (je sais pas si vous avez remarqué à quel point je tente de distiller par ci par là quelques fines (subtiles même, n'ayons pas peur des mots, c'est le non-dit qui tue) allusions musicales (eh oui j'suis comme ça moi, toujours un p'tit truc à siffloter, genre la fille insouciante, tu vois ?), poétiques (ce qui, au final, revient au même), littéraires, que sais-je encore...tu reprendras bien un peu de bouillon de culture, allez quoi, faut finir, on va pas gâcher), vu de l'extérieur donc, ça donnera :

  • Ada en folie. J'ai l'air comme ça, mais non. Quand je suis en folie c'est encore pire. Oui c'est possible. C'est-à-dire sortir plus, dormir moins, multiplier les partenaires comme des petits pains chauds sortis du four, danser 12 heures d'affilée, s'esquinter la santé avec des trucs qui nuisent grave ou qu'il faudrait consommer avec modération...Plus du tout de nourritures intellectuelles, très peu de nourritures terrestres. Ce qui engendre :
  • Ada en loose. Qu'est-ce que je fais de ma vie ? Je suis trop nulle. Pourquoi j'ai pris cette décision ? Je suis trop nulle. Ça serait pas possible d'échanger le jambon-beurre contre le saucisson-cornichon ? Je suis trop nulle. Personne ne m'aime. Je suis trop nulle. Ce qui engendre :
  • Ada en compensation hyper-active au taff. De toutes façons y a que ça que je fais à peu près bien, alors vas-y ma fille, bosse comme une acharnée, ça t'évitera de trop réfléchir à tort et à travers, arrive la première (et là les collègues hallucinent : waw ! mais il t'arrive quoi ? t'es malade ? Ben oui les gars, vous aviez pas remarqué depuis le temps ?), pars la dernière...ce qui engendre à terme :
  • Ada en folie, etc etc, le tout saupoudré de séances d'analyse où Ada fait la danse de la pluie sur le divan (c'est une métaphore hein, qu'on se comprenne bien).

"Vienne la nuit sonne l'heure"...(non mais du calme, il meurt pas à la fin, il demeure)

jeudi 22 juin 2006

♫ Le monde moderne m'emmerde, j'ai pas l'esprit d'initiative ♫

Y a des jours où t'es soulé. D'autres, t'as la gueule de bois. Jusqu'ici tout va bien. Mais les jours où tu cumules les deux, ça devient tendu, limite t'aurais la haine (cinéphile, c'est donc ton frère).

Je vous fais un récapitulatif des derniers événements.

Mardi. Séance d'analyse. Une comme ça, j'en avais jamais vécu et s'il était possible que ça se renouvelle pas, je dirais pas non. L'analyste a beaucoup parlé. Non mais, quand je dis beaucoup, c'est sérieux, il a fait des phrases quoi, le truc incroyable. Il serait ardu de vous en rendre compte dans le détail, disons juste que je me suis pris une bonne volée de bois vert dans la face, histoire que j'arrête de me la voiler. C'est pour mon bien hein, l'analyste ne joue pas avec le feu, surtout que le bois vert, pour faire du feu, paraît que c'est pas terrible...

Mon programme initial, en sortant de là, c'était d'aller à la laverie. Un petit rituel que j'aime tant (ou une nécessité si tu veux te fringuer le lendemain, ça dépend). Puis recentrage et repos dans ma solitude. Seulement, après cette séance, je reçois un SMS pour un éventuel apéro. Autre rituel, moins nécessaire mais tellement plus enthousiasmant. Laverie ou apéro, tu choisis quoi toi ?

Je vous passe les échanges de SMS au cours de cet apéro. Au final j'ai dormi, à nouveau, chez le charmant charmeur chilien.

Mercredi la journée a été douce, malgré le temps...on a mangé des frites sur le port et on a failli faire l'amour dans un petit parc en bordure de Seine, mais non quand même. Le soir mes potes nous ont retrouvés. Comme prévu le charmant charmeur chilien est parti rejoindre ses camarades pour fêter la journée du skate. Comme prévu j'ai rejoint (ex)-monamour tard dans la soirée.

Alors j'vous l'dit tout de suite, c'était peut-être la teuf de la zique mais c'était pas la journée de la femme. (Ex)-monamour m'annonce après sept ans de réflexion (au moins) que c'est avec moi qu'il veut faire sa vie, avec maison, enfants, jardin, chien méchant et barbecue le dimanche. Je lui dis que pour ma part, ben, faut voir, je sais pas trop (j'aime pas les chiens). Il peut quand même pas me reprocher d'être méfiante, à ce stade. Moi aussi j'ai besoin de réfléchir.

Plus tard il a profité d'un moment d'absence pour fouiller dans mon téléphone portable : il a lu tous les messages du charmant charmeur chilien. Mis à part le fait que ça se fait pas (maintenant c'est fait), force est de constater que je suis prise en flag. Oui mais en flag de quoi ? Les parenthèses sur l'ex sont toujours là, me semble-t-il ? Cela dit il le prend bien. Euh en vrai moyennement bien. On pourrait croire que du coup la question est réglée. Mais non, ça ne l'empêche pas de persister et signer dans ses projets nous concernant.

Alors c'est sympa le ou bien...ou bien...(esthétique ou éthique, Soren K. c'est trop un balèze, il a vraiment tout compris) mais ça va cinq minutes, à un moment faut choisir. Genre maintenant ou bien tout de suite. Parce que si le charmant charmeur chilien ne voit pas d'inconvénients à ce genre de situation, du moins je le suppose, je suppose également (nous aurons une grave discussion bientôt) qu'il n'en va pas de même pour (ex)-monamour.

Pour m'aider à faire mon choix : Alohaaa ! Jviens démerger avec la tete en vrack. (m'étonne pas, espèce de fêtard) Après le sk8 jme suis retrouvé a coté dbastille car le truc des halles était annulé. ça a duré jusko matin. Kom un idiot jé pa pri mon prt ! Jvoulè te rejoindre ! (oui mais bon c'est-à-dire que...) Et toa komen ça cé passé ?! (comme çi comme ça hein à vrai dire) Moa jé trop bu !!! (ben moi je suis soulée et j'ai la gueule de bois, tu lis pas mon blog toi ou quoi ? Ah ben non forcément, je suis très conne mais quand même) Jte bizoute ts plein !

T ou ? tu taf ? (oui monsieur, je travaille, moi, môssieur)

Oooh ! Jsui impressioné ! (moi aussi, je bats des records de nuits blanches) Tu té pa couché tro tard ? (si, trop) Jespère ktu menve pa pr hier soir ?! (ben non, t'en vouloir de quoi ? D'autant que j'étais pas vraiment dispo hein) Cé bizarre cé kom si on cété kité depuis longtemps ! Tu me manke déja (maintenant que tu le dis, j'peux le dire aussi)

Bon courage ptite marmotte ! (merci) Jtembrasse, jte mord, jte crok ! Jte fé pleins dpetis bizoux encore é encore ! (toujours aussi oral le charmant)

Je crois que je vais pas attendre les présidentielles pour m'exiler, moi. Où c'est-y qu'ils tolèrent la polyandrie déjà ? Allez, dansons la java !

mardi 20 juin 2006

♫ Ma mie, de grâce, ne mettons pas sous la gorge à Cupidon sa propre flèche ♫

Le charmant charmeur chilien me prend la tête, ok ? (pas que, c'est juste) (tout court c'est pas faux non plus).

Moi j'avais décidé d'aller boire l'apéro avec des potes, à Bastille, parce qu'on est des révolutionnaires nous, tu crois quoi ? Et donc j'y vais.

Premier SMS :

Kestufééé ? Tu tprépar a sortir du taf ? Ou tu sors plus tard ? Je suis sur une bonne petite terrasse ensoleillée, avec des amis, on s'fend trop la gueule, on parle de 2007, année mondiale de la révolution, celle où, si tu veux vraiment être dans le coup, tu t'exiles, parce que moi si Mitterrand passe, ni une ni deux, je me barre, non mais oh, c'est un scandale ! Sinon on aurait pu parler du tournoi de foot. Mais non. Après on a évoqué nos prochains projets de voyage respectifs (quelle lourdeur, mais vous avez bien vu, le temps est à l'orage. Je suis toujours à la pointe de la mode, toujours. Et je le prouve : Raymond Devos est mort). Ah les voyages...ça fait trop voyager dans sa tête. Le voyage immobile, pour ou contre ?

Second one :

Ta ptète envie detre trankil après ce we ! Jve pa tarcelé ! Si ta envie kon svoa bip moa !

Fatiguée, oui je le suis, mais après tout c'est un peu un état permanent, je dors 5-6 heures par nuit. Correct comme temps règlementaire, direz-vous peut-être, vous les sans-sommeil ou ja sais pas quoi (ça aussi c'est de l'actu haute-couture). Personnellement j'appelle ça des siestes, pas des nuits. Cela dit, oh si vas-y, harcèle-moi ! Bien sûr que j'ai envie qu'on se voit, mais je voudrais pas trop me l'avouer à moi-même, et encore moins à toi. On a passé tout le week-end ensemble, on s'est quitté vers 3h du mat, là il est approximativement 19h, alors bon hein, c'est comme qui dirait qu'on peut plus se passer l'un de l'autre, et là tu vois, on n'est pas le premier mercrdi du mois, mais y a les sirènes qui hurlent (Ulysse, sors les boules Quies, tu seras gentil), elles poussent la chansonnette les coquines, elles chantent un baiser, trop tentantes, tandis que leurs cadettes répliquent "Attention danger", mais comme elles sont plus petites, comme toute cadette qui se respecte, forcément on les entend moins bien. Donc je réponds par une espèce de compromis du style : peut-être plus tard dans la soirée, sinon demain. Et franchement je n'étais pas dupe, eh attends, j'me connais quand même...(pfff, y a du boulot, j'vous jure)

Fin de l'apéro. J'envoie un SMS qui dit que je rentre chez moi et que je l'appelle après. Il est d'accord, il finit une partie d'échecs au bar en bas de chez lui.

Je sors du métro, autre SMS : Ça y é ? Tu té fé belle ? Jsui en ba dchez toa ! Comment ça t'es en bas de chez moi ? Mais j'croyais que t'étais en bas de chez toi ! En plus j'suis même pas arrivée. Et comment tu sais que j'allais me faire belle d'abord ? Pas du tout, j'allais juste relever mon courrier, ça n'a rien à voir. Ah tiens effectivement tu fais du skate dans ma rue dis donc. Bonjour ! Quelle surprise !

On a mangé un couscous et j'ai dormi chez lui, violant ainsi mes principes de base. Oui je sais, c'est très con les principes, ça porte des mini-jupes et ça s'étonne après...Cependant j'en ai (des mini-jupes pas trop non) et je vais vous les énoncer pas plus tard que jamais (ce qui vaut mieux) :


  • dormir chez soi quand on taffe le lendemain. Simple question de logistique, je suis suffisamment à la bourre comme ça. En la circonstance, l'argument est moin porteur du fait qu'on habite à cinq minutes l'un de l'autre. Mais quand même.


  • pas de relation trop fusionnelle, parce que de la fusion à la confusion, y a que les imbéciles qui changent pas d'avis (ah les cons)


  • là j'en trouve plus mais y en a sûrement d'autres.
Les chutes sont binaires en ce moment, c'est vrai. Je ne peux pas tomber en amour de ce gars-là. Je ne peux pas ne pas tomber en amour de ce gars-là. (Tu peux rayer les mentions inutiles ou jouer au jeu des 7 différences, c'est comme tu le sens)

lundi 19 juin 2006

Bourgeois ou bohême...allo maman bobo

Souvenez-vous, je me trouvais, vendredi soir, face à une situation délicate...D'aucuns parleraient d'embarras du choix...En ce qui me concerne je dirai juste dilemme cornélien, restons simples. Mais ce genre de décision présente l'insigne avantage de mieux cerner ses priorités.

Alors voilà, c'est maintenant avéré : entre l'amour, l'amitié et le sexe, Ada choisit le sexe. Victoire du Chili par 1 à 0. Pas glorieux mais bien agréable.

Non mais vous avez vu ? Je suis toute penaude là, limite j'aurais honte ? Eh bien non, pas du tout. J'assume. Je revendique mon droit au sexe ! La lutte continue, je brûle mon soutien-gorge, manisfestons camarades...!

Ok c'est bon, je vous raconte mon week-end. Chaud devant !

Le charmant charmeur chilien est donc bien venu me chercher au taff, sur son skate collector qui date de l'époque où on n'avait pas inventé la roue (1975 (environ) avant le crucifié le plus célèbre au monde). Les p'tits djeuns l'arrêtent dans la rue pour admirer l'engin, c'est vous dire. Nous partîmes en quête d'un milk-shake, mais il était dit que ce jour-là le sort nous réserverait des sucreries d'un autre genre (vous verrez). En attendant, nous voici en terrasse, devant une bonne vieille pression des familles. On se raconte les dernières nouvelles. Il me propose de retrouver sa soeur sur une autre terrasse, où nous grignotons quelques brochettes pas dégueu ma foi. Y a des musicos qui répètent dans la salle et le chanteur a un peu une voix de fausset, ce qui en soi ne serait pas gênant si toutefois il chantait juste. À part ça tout va bien.

Plus tard chez lui...C'est là qu'entrent en jeu les sucreries sus-mentionnées. Quand je vous aurais dit que pour moi c'était une grande première, vous comprendrez qu'il ne s'agit pas de ce à quoi vous pensez. Eh non bande d'obsédés. Ça nécessite une paille, mais pas pour la bouche, plutôt en chemin de fer...La nuit fut bien blanche, avec une pêche d'enfer, et chaude.

Samedi, réveil en milieu d'après-midi. Brunch tardif fait maison, le charmant charmeur chilien étant un dieu du logis très attentionné. Y avait une brocante dans le coin. On a fait mine de s'y balader, de mater les vinyls. Mais franchement, les gars qui vendent leurs vieilles chaussures qui ont bien pris la forme de leurs pieds, ou des dinosaures en plastoc, et pourquoi pas des pin's...j'étais trop fatiguée pour apprécier. On atterrit chez sa soeur (on est tous voisins ! que le monde est petit ! ( ♫ et que la terre est basse, holidays oh oh holidays...♫ )), pour siroter un rhum-piment-épices que tellement y en a, tu peux pas toutes les reconnaître. Par contre après, ce que tu peux faire, c'est t'improviser cracheur de feu, sans problème.

Deuxième grande première (comment une première peut être deuxième, je vous demande d'y réfléchir, ça nous fera gagner du temps), samedi soir nous étions dans un bar-tabac, pas de la rue des Martyrs, non, mais un qui pourrait s'appeler le Balto ou le Rallye, tu verrais pas la différence (je passe beaucoup au tutoiement en ce moment, mais on commence à se connaître, on peut bien se permettre). Avec toutes ces expulsions- carton rouge (c'est pour qui le p'tit rouge ?), Sarko n'a qu'à bien se tenir (non mais faites un effort, c'est possible). Je crois avoir compris la règle du hors-jeu, c'est un peu comme quand tu es hors sujet mais pas exactement. Et puis là n'est pas l'essentiel. L'essentiel c'est l'ambiance du tonnerre dans la salle.

Dimanche petit déj en terrasse. Conversation à haute teneur phyto-métaphysique que je synthétiserais par cet axiome : sachant que l'infiniment grand rejoint l'infiniment petit, les plantes ont une conscience. La preuve : quand tu passes à côté d'une plante avec des ciseaux, elle dit rien (ah je t'assure qu'elle dit rien). Toi, admettons, tu en coupes un bout. Si tu repasses avec tes ciseaux, bon la plante dit toujours rien (non mais n'insiste pas, ça c'est acquis), par contre, attention, elle se rétracte. Alors bon hein, inutile de pousser plus loin la démonstration. Y a pas de fumée sans feu, mais y a de la conscience sans cerveau. Et on devrait enseigner ça aux enfants dès leur plus jeune âge. Absolument. C'est normal que t'aies du mal à assimiler, ça leur a fait ça aussi quand on leur a dit que la Terre est ronde.

Pique-nique au parc de Belleville. Un trou de verdure, sans rivière chantante (le coin où les gosses pataugent est trop peuplé), mais un val qui mousse de rayon. On a mangé plein de fruits, ça s'est fini à la fraîche au bord du canal.

Bilan. Le charmant charmeur chilien est volage. Moi aussi. Il aime les frites. Moi aussi. On s'entend bien. Moi aussi. On pourrait former une sorte de couple très libéré. On pourrait. (Ex)-monamour écourte son séjour provincial parce qu'il se galère trop et que je lui manque, il arrive d'ici quelques jours. Ce week-end a été une fête permanente, même sur les choses les plus simples (et ça n'a rien à voir avec une quelconque substance qui n'a été qu'un amusement passager). J'avais de sacrés beaux projets avec (ex)-monamour. Je ne réaliserai jamais ces projets avec le charmant charmeur chilien (ouais, jamais dire jamais, mais bon). (Ex)-monamour est plus en phase que jamais avec ces projets. Je me pose ou je continue à papilloner.

Chaos mental bordélique façon capharnaüm perméable aux intempéries, ça vous dit quelque chose ?

vendredi 16 juin 2006

Des chiffres et des lettres

Quoi encore ? J'ai rien à dire là. Rien à déclarer. Circulez, y a rien à voir. Si l'homme était moins curieux, y aurait pas autant d'embouteillages sur les autoroutes accidentées et les couloirs du web deviendraient des boulevards pour le surf.


Non mais c'est bon, j'ai l'air d'être de mauvaise humeur mais c'est juste histoire de dire hein...Bientôt le week-end, on va quand même pas se laisser emmerder non mais. Y a juste que je dois pondre des statistiques, je cite, "en express svp". Y a une chanson qui dit ♫ Aucun express ne m'emmènera vers la félicité ♫, alors on se calme, y a pas le feu au lac.

Évidemment j'étais en congé-maladie (oui bon, j'y peux rien moi s'il faisait beau, ça a fait plaisir à tout le monde que je sache). Donc j'ai pas fait mes stats du mois de mai. Et encore, je suis pas la plus cancre. Y en a, ils ont pas rendu leurs stats depuis mars. Ouh les vilains pas beaux ! Sachant que ces chiffres qu'on nous demandent de fournir finissent dans des tableaux (d'accord, de superbes tableaux excel, que si tu fermes les volets (ou si tu les ouvres, j'sais plus), bon ok la lumière fait briller la poussière de ton parquet, mais surtout t'as les lignes qui défilent mais pas la première, celle-là elle reste bien en place pour t'indiquer de quoi elle te parle, tu vois quoi), des tableaux qui eux-mêmes finissent par disparaître, enfin moi en tout cas je les revois jamais, peut-être sont-ils biodégradables et donc plutôt écologiques au final...Mais surtout de quoi j'me mêle hein ? Je te demande moi de compter combien d'heures t'as passé à faire ci et combien à faire ça ? et combien de temps tu as donné à la sacro-sainte mission de service public...mais attention seulement du lundi au vendredi hein...les samedis et dimanches c'est pas dans la même case, d'ailleurs y a pas de case pour ça, non, le service public du week-end tu le mets dans la case "Récupération" s'il te plaît. Et les réunions tu les comptes en heures, pas en nombre de réunions. Et normalement dans la case "Autres" tu n'as rien à mettre parce que tout a été soigneusement répertorié, y a pas d'oubli a priori. Tu parles, moi dans la case "Autres", je mets le temps que je passe à faire mes stats. Na.

J'arrête de vous souler, c'est contagieux.

Alors bon, le divan c'est bien, et le mieux est l'ennemi du bien, mais le thon blanc c'est excellent...Cependant quand je reçois simultanément :

Salut Ada, tout se passe bien ? Moi j'ai passé une nuit horrible. J'ai veillé jusqu'à 5h30, lumière et TV allumées, trop nerveux pour dormir à l'idée de me retrouver seul, entre quatre murs inconnus, dans une ville inconnue. (...) Ce soir si je ne suis pas trop crevé, j'irai au théâtre. Et toi, quoi de prévu ? Je t'appelle avant le théâtre (...) (Vous l'aurez compris, c'est signé (ex)-monamour)

et :

Aloha ! Tu bosses bien à XXX ? Je sk8 (franchement si je ne savais pas qu'il fait du skate, j'aurais rien compris) ds le coin, jsré bien passé voir lé XXX et tattendre a ta sortie stv ?! (oui, c'est bien le charmant charmeur chilien)

qu'est-ce que je fais ? Je saute dans un TGV pour aller réconforter pauvre (ex)-monamour ? Ou je fais visiter mon prestigieux lieu de travail en me laissant bizouter comme une collégienne derrière les escaliers, là ousqu'on fume mais les pions disent rien ? Ou encore, troisième voie, je vais pisque-niquer avec les potes dans le parc de la Villette, comme nous en avions convenu antérieurement ?