vendredi 25 juillet 2008

♫ I can tell you, darling, that it's sexual healing ♫

Ah ben tu vois tout va bien, j'ai fait ma petite angine annuelle, nickel chrome (pour plus d'information concernant mes pathologies traditionnelles, je republie cette note, dès fois que ça t'intéresse).

Fièvre et courbatures, quelques frissons, quatre jours sous la couette en plein mois de juillet. Faudra quand même qu'on m'explique pourquoi, alors que tu ne peux pas déglutir sans hurler à la mort, on te file, en guise de thérapie, des médocs gros comme des soucoupes que même pas ça se dilue ces bestiaux. Traiter le mal par le mal, elle est belle la médecine.

Non mais je me marre. Si si. Parce que tout le monde me dit (enfin tout le monde, j'ai pas fait une annonce publique non plus...tout le monde, c'est comme qui dirait des amis que je consulte à une terrasse ou à une autre) : Faut surtout pas culpabiliser. Tu sais, le coup du Ton corps t'appartient, on a tous droit à son jardin secret, y a pas de mal à se faire du bien. Certes. En plus ça s'appelle pas vraiment tromper puisque monamour n'est pas dupe. Oh moi ça me va hein, je suis pas du genre à culpabiliser de toute façon.

J'ai eu un petit moment de flottement parce que c'est fort mine de rien avec le charmant charmeur chilien. On a des gros coups de passion. Et des souvenirs aussi. Mais j'ai retrouvé mes esprits. On est quand même là pour rigoler non ? Et puis c'est sympa de varier les plaisirs pour mieux entretenir le désir, autant pour le partenaire habituel que pour l'occasionnel d'ailleurs.

Mais alors bon, maintenant qu'on est d'accord que nous sommes des êtres libres et libérés, du genre je me prends pas la tête, je me fais pas des cheveux, parce que je le vaux bien...une fois cette chose acquise, je voudrais bien comprendre pourquoi je tombe malade juste après. Systématiquement. Je le sais, j'ai fait l'historique depuis 2005.

L'année du référendum sur la constitution européenne, et même pour être tout à fait précise le soir des résultats que nous écoutions à la radio monamour et moi, paf angine. Et juste avant j'avais fait quoi ? Couché avec l'Écrivain.

2006 printemps, je vais chercher monamour à la gare en province du sud. Paf angine. Et juste avant ? Couché avec le gosse beau.

2007, soir du débat télévisé de l'entre deux tours des présidentielles, paf angine. Et juste avant ? Me souviens pas. Mais obligé que j'avais fricoté, obligé sinon ça fout ma théorie en l'air, pas question (c'est quand même pas les soirées électorales qui me filent des angines, arrête).

2008 juillet, paf angine. Et juste avant ? J'étais chez le charmant.

Alors hein ? t'as une idée toi de pourquoi ma santé en prend un coup à chaque fois ?

T'inquiète, j'ai la réponse. C'est pas de la culpabilité. Mais non, n'importe quoi. Je ne me punis pas d'avoir fauté en tombant malade. Point du tout. C'est juste que tous ces hommes là, eh ben ♫ ils m'ont mis la fièvre pendant des heures ♫

mercredi 16 juillet 2008

♫ Hear me when I come baby ♫

Un apéro en terrasse avec l'Écrivain, c'est jamais décevant. On a beau se voir quasiment jamais, on reprend la discussion comme si c'était hier. On arrive à parler de la "relation", l'"histoire", bref le truc qu'on a vécu ensemble...ouais c'est assez nouveau ça, et même on en rit. Non mais attends on l'a échappé belle je te signale et crois-moi qu'on est ravi d'avoir préservé cette amitié. On s'aime et on se le dit avec des mots. Contrairement au charmant charmeur chilien avec qui on se le dit plus avec les corps tu vois.

J'étais tranquillement à tanguer (j'avais mangé toutes les chips mais ça éponge pas vraiment) sur un Vélib, autour de minuit, après cet apéro avec l'Écrivain, quand arrive un SMS du charmant. Bon ben je fais demi-tour du coup. Oui oh je sais, je sais. Il faut te dire, au cas où tu l'aurais pas compris, que j'étais déjà bien attaquée. Et donc (enfin je suppose, y a pas forcément lien de cause à effet) le premier parachute, je le sens pas du tout. Ah non je t'assure hein, juste les vapeurs de l'alcool se dissipent de plus en plus mais à part ça je ne vois rien venir. Le charmant m'en propose donc un second. Qui fait son gros effet.

Disons que je suis passée d'un état à un autre sans transition. Je me souviens avoir été très étonnée de voir mon visage dans la salle de bain, enfin non bien sûr je m'attendais à voir apparaître un visage dans le miroir au-dessus du lavabo mais je me trouvais bizarre. Tu me diras j'avais sans doute pas tort.

Je me souviens que plus tard, ou plus tôt, j'avais les yeux fixes et écarquillés et je disais au charmant J'ai peur-j'ai peur-j'ai peur, mais c'était une sorte de peur en dent de scie, presque agréable parfois, et le charmant disait avec sa voix toute douceRegarde-moi, t'es en train de faire un bad trip là, j'ai déjà vu des gens faire un bad trip, t'es en train de faire un bad trip, regarde-moi, ça va aller, et oui ça allait, je voyais son visage tout pixellisé, très joli, j'avais plus peur.

Je me souviens avoir fumé une clope assise sur le rebord de la fenêtre et j'avais l'impression d'être dans le corps d'une poule. Oui, une poule.

Je me souviens pas le moment où j'étais toute nue et toute seule sur le futon, les jambes en l'air et l'air d'aller très bien. Devine qui m'a raconté ?

Par contre je me souviens des caresses, celles que je faisais au charmant et celles que je me faisais à moi-même.

Et aussi du charmant qui me disait qu'en fait on est frère et soeur lui et moi.

Le lendemain on se réveille tard et pendant que le charmant mange une salade, j'ai des remontées bien puissantes, je peux juste grignoter une crevette et un tout petit peu d'avocat.

Puis je retrouve monamour, qui est un homme exceptionnel, je ne le dirai jamais assez...je veux dire, j'ai "découché", non découché j'aime pas, mais bon c'est bien ça que j'ai fait en même temps, j'ai découché trois fois en une dizaine de jours et on se retrouve, comme si de rien n'était, il est content de me voir et moi je suis love, un peu en chaleur aussi, mais surtout love love love.

Je me demande quand je vais prendre l'atterrissage en pleine gueule, j'anticipe le mal, d'autant que le lendemain on part à Londres, s'agit d'être en forme quand même, pas se la jouer vieille loque en descente, assurer quoi merde. Alors, cette douleur physique et mentale, elle vient quand ? Eh ben crois-le, crois-le pas, elle est pas venue. Je sais pas ce qui s'est passé, rien à voir avec la première fois, même pas mal.

Cela dit (après ces quelques jours à Londres, où j'espérais pas trop me mettre au vert (vu que c'est une ville bien festive) mais les idées en place oui), j'ai repris le taff. La première chose que j'ai fait en arrivant ce matin, c'est ranger mon bureau. Ce soir j'attaque la chambre et après je crois qu'on est bon.

mardi 8 juillet 2008

♫ Sur fond de rock'n'roll s'égare mon Alice ♫

Bon ça y est je reviens. Non parce que j'étais partie un peu loin quand même.

Alors oui le charmant charmeur chilien m'a apporté un petit goûter alcoolisé et après on a pris les chemins de fer et les petits câlins sont devenus gros gros gros. Au petit matin je suis rentrée en Vélib pour la deuxième fois.

Et qui donc a dit Jamais deux sans trois ? Reconnaissons qu'il n'avait pas tout à fait tort.

Sauf que la troisième fois a légèrement différé des précédentes. Oui messieurs-dames. Et pourquoi donc hein ? Pour la simple et bonne raison que j'ai fait du parachute.

Dit comme ça, évidemment tu ne vois pas, je m'en doute bien. Pour de plus amples informations il te suffira de taper, sur ton encyclopédie libre, les lettres m, puis d, puis m, puis a et d'aller à la rubrique "Jargon". Je t'en prie.

Alors le parachute, au début tu dis, enfin moi je dis, en bonne trouillarde : non mais arrêêêêête ça fait trop peur !!! Le charmant te rassure, tu fais comme tu veux, mais là y a presque rien, tu vas rien sentir. Bon du coup tu testes.

Effectivement tu sens rien. Jusqu'au moment où tu te mets à voir en saccadé, les mouvements sont décomposés, comme ta caméra quand elle est pas très performante, un peu au ralenti quoi. Tiens d'ailleurs en parlant de ralenti, niveau perception du temps, c'est carrément l'effet inverse des chemins de fer. À savoir : avec les chemins de fer, le temps passe à la vitesse de la lumière (blanche), une nuit égale environ une heure ; avec le parachute, tout le contraire, quand tu jurerais qu'il est 6h du mat, il est à peine 23h...

Le grand sourire plein de dents scotché sur ta face te rappelle tes premières expériences de jeune fumeuse en herbe (en herbe dans tous les sens du terme, tu avais compris). Oui c'est un peu pareil, tu te mets à rire pour rien et tu pousses des cris de joie, ah tu vois rien que d'y penser j'en veux encore.

Et puis alors, va savoir comment, toi qui refuses ce genre d'activité depuis que tu es en capacité de faire ta toilette seule, voilà que non seulement tu te retrouves à prendre un bain mais en plus tu kiffes...

Bon il va de soi que tout cela est agrémenté de caresses en tout genre car tu as littéralement le feu partout partout PARTOUT.

Vient le moment où ça retombe, forcément, et là le coup de barre est terrible. Le charmant sort alors les chemins de fer et, aah, ça va mieux. Allez au lit. Il est 4h. Tu règles ton réveil à 5. À 5, tu le règles à 6. À 6 tu envoies un texto et tu dors sur place.

Vers 10h tu es dans le métro, et franchement tu ignorais qu'ils étaient si nombreux à se déplacer si tôt le dimanche. En plus ils braquent leur regard sur toi, mais non voyons, pas parce que tu es irrésistible, juste parce que tu portes tes lunettes de soleil, les néons te font trop maaaaaal.

Et monamour qui t'attend comme un petit pain au chocolat bien chaud sous la couette te dit : Tu veux pas enlever tes lunettes de cocaïnomane avant de te coucher ? Tu ne relèves pas car il n'est pas si loin de la vérité et surtout tu es épuisée, à bout de forces, tu calcules que tu n'as presque rien mangé depuis 48 heures, tu constates que malgré cela tu n'as pas faim, il ne te reste plus qu'à dormir.

Autant te dire qu'après tu es déprimée un peu beaucoup. C'est le prix à payer, dit le charmant. Eh ben c'est cher. Enfin bon toujours est-il que je suis revenue et ça c'est pas mal. J'ai même mangé un cheeseburger, non, pas là où tu crois, dans un bon resto. Et bien sûr, avant que j'aie le temps de me poser cinq minutes, je reçois : Hello chère amie que diriez-vous de prendre un verre prochainement ? ça fait longtemps ! C'est l'Écrivain.

mercredi 2 juillet 2008

♫ And I find you spinning round in my brain like the bubbles in a glass of champagne ♫

Ainsi donc j'ai passé le week-end déprimée et cafardeuse au possible. Après trois heures de sommeil je me disais bon c'est normal, conséquence logique d'une nuit en chemins de fer, t'inquiète ça va passer. Mais vlà-ty pas que samedi soir, pendant que monamour fait la fiesta de son côté (chacun son tour, les équilibres sont respectés), samedi tard dans la nuit même, je dors toujours pas. Allez, mettons ça à nouveau sur le compte des chemins de fer et arrête un peu de penser au charmant charmeur chilien maintenant. Dimanche ça continue. Ciel. Un gros coup de blues. Et la lutte pour pas envoyer de SMS. Lundi retour au taff, pas d'amélioration notable, le noeud dans la gorge est bien installé. Mais c'est quoi ce bordel ? Et puis mardi, alors que ça se desserre très légèrement :

Bonjour vous ! Jéspère ke ton retour n'a pas été trop dur ?! (terrible le retour, terrible terrible terrible) Je n'ozé pas te recontacter (ah tiens toi ton non plus ?) mé jarèt pas de penser a toi...(ah tiens toi aussi ?) Cé malin ! (ouais, je dirais même plus : nous vlà bien) Bizoudoux (oui doux doux doux les bisous) (quand je te dis que c'est le bordel)

Puis : Cété une belle soirée...(c'est bien ça le problème, si on avait passé une soirée pourrie, on n'en serait pas là)

Je réponds : Oh si, l'atterrissage a été très dur, je suis toute déprimée...Et moi aussi je pense à toi...

Moi oshiii jsuis tout déprimé é jaréte pas dpenser a toi...(ouais ben ouais, ça fait deux fois que tu le dis là) (mais vas-y, dis-le encore !) Tu taf ojourd'hui ? (oui. Je me suis fait violence mais oui) On pe sprendre un verre a ta sortie ?! Dis ouiii !

Ah la la, mais c'est terrible. Mais c'est bien en même temps. Mais c'est terrible. Je peux pas ce soir, aaargh, mais peut-être demain, pas sûr, pff, au secours ! (tu sens la fille bien perturbée là non ? Oui mais non mais oui mais non...) Je suis toute perdue. (oui je crois qu'on a compris le principe) T'es comme une drogue toi ! Bon je sais pas. (ça c'est de la détermination, ouah) (non mais comprends-moi aussi, on avait dit fidèle hein) Si je peux je t'appelle demain (fidèle ouais, laisse-moi rire)

Ouiii ! Toi ossi té kom une drogue. Jsuis en mank de toaaa !

Aujourd'hui, tandis que je mange un bo bun en terrasse (fort bon ce bo bun, soit dit en passant) : Jpense fort a toaaa...(Ça faisait longtemps que tu l'avais pas dit) (je me disais même, mais dis donc quand est-ce qu'il va le dire) Dis moi kon svoaaa ?!! (ah mais c'est pas si simple. Enfin c'est pas compliqué non plus mais si quand même...aaah ça recommence)

Excuse j'étais en train de déjeuner. Je sais toujours pas pour ce soir, ça dépend de XXX, (XXX qui part en vacances demain et que je suis vaguement censée voir ce soir) je t'appelle quand je sais (eh, là ça fait la fille posée, tu trouves pas ? genre je vais prendre une décision et je t'en informerai dès que possible)

Dis lui ke cé une kestion de vie ou de mort ! (au minimum hein) Elle comprendra...(euh t'es sûr ?) Je demande ke kelkes minutes avec toaaa...

Je vais essayer de passer un petit moment (là ça fléchit légèrement, tu sens ?) mais je peux rien promettre, je t'appelle vers 19

Jpe t'attendre a la sortie stv ?! Jpe même tamener ton gouter ! A tout a lheure jespère ?! Bizoudoux

Oui d'accord mais tu vas être tout mouillé ! Je prends 1 bière pour le goûter. Et je sors à 19 (ça s'appelle fixer un rencard ça non ou j'ai rêvé ?)

Ouiii ! Je serai là ! A tte taleur ! :)

Tiens ça me rappelle un truc...

lundi 30 juin 2008

♫ Je suis heureux de vivre auprès de toi jusqu'à la fin du monde ♫

Allez viens il s'est passé des trucs.

Je suis retournée dans mon ancien quartier.

Et c'est ainsi que je peux te donner des nouvelles de celui qui fit les beaux jours de ce blog, souviens-toi, les jours où tous les jours j'avais quelque chose à te raconter sur l'homme le plus fort du monde, j'ai nommé le charmant charmeur chilien.

Eh bien il va bien, même si moi je le trouve un peu triste, et il se pourrait même que tu l'aies vu de tes yeux sur les pages d'un magazine ou deux.

Neige la neige

Un bras sur mon épaule

Ben oui hein, les chemins de fer étaient là aussi. Ce qui fait que je me suis retrouvée bien déprimée quand chez moi je suis rentrée, à l'heure où Paris s'éveille et que les camions des marchés squattent les pistes cyclables, non mais j'te jure, c'était déjà pas facile de pédaler droit, si en plus ils mettent des obstacles...

La plus mauvaise descente à ski de ma vie. Entre le charmant et les chemins de fer, je sais pas quelle est la meilleure drogue. Ça rend trop nostalgique ce genre de tender night, surtout quand on la passe à refaire l'histoire. Alors j'ai mis mon tee-shirt Watata et j'ai erré comme une âme en peine en fumant des clopes. Et puis j'aime toujours sa peau douce. J'en voulais encore des petits câlins. J'ai passé le week-end à résister à l'envie d'envoyer un SMS. Mais pour quoi faire ? J'ai choisi une autre vie non ?

Au coeur de ce corps

Je n'ai trouvé que moi-même

Assise sur mon passé

Monamour, qui sent les choses (moi j'avais rien raconté), est venu s'asseoir au bord du lit et il a dit Ma fidèle Ada (oui fidèle, oui, on a fait que des petits câlins je te rappelle) je mesure la chance que j'ai de t'avoir à mes côtés. Ça remonte un peu le moral.

Les citations en couleur sont tirées du cadeau intitulé Va dire au lac de patienter par Jean-Louis Bory.

mercredi 18 juin 2008

♫ Des tristesses surannées, des malheurs qu'on oublie, des ongles un peu noircis ♫

J'ai reçu un SMS cette nuit à 3h :

Avec moi tu as cessé de te ronger les ongles, tu es devenue XXX (censuré, disons que j'ai progressé professionnellement) et tu as commencé une analyse. Pourkoi m'avoir jeté me répétant ke tu n'avais plus rien à me dire ? crois tu ke les otres oublient tes saloperies ossi vite ke toi ?

C'est signé d'un ex très jaloux auquel je faisais une allusion rapide entre parenthèses dans cette note (c'est marrant, elle fait très exactement suite à celle que j'ai republiée la dernière fois). Alors j'ai eu envie de répondre ça :

"Je n'oublie pas. Avec toi j'étais sans les autres. Sans toi je suis heureuse." C'est le texto que j'ai failli envoyer impulsivement à réception du tien. Et puis je me suis dit que c'était un peu court. Des concours j'en ai passés et réussis avant de te rencontrer. Et je compte en passer d'autres. Le divan, j'y songeais depuis longtemps et c'est sans doute parce que je me sentais si mal dans ma vie au moment où je la partageais avec toi que j'ai franchi le cap. Je n'oublie pas non. Surtout pas que tout le temps de notre relation, je n'avais pas d'autre choix que de me fondre en toi, de disparaître, de couper tous les liens qui me rattachaient aux autres, notamment mes amis que tu n'as jamais aimés. Heureusement ce sont de vrais amis et je ne les ai pas perdus, ils ont su rester patients. Je n'oublie pas que mes moindres faits et gestes étaient suspects à tes yeux, que le moindre coup de fil de "l'extérieur" était soumis à la question. Que tu m'inventais sans cesse des lorgnades dans la rue à tel point que je finissais par ne regarder que mes pieds. Et même ce qu'on pourrait appeler les bons souvenirs, ces rituels amoureux où on se blottissait et toi tu disais Je veux qu'on reste toujours comme ça [alors qu'aujourd'hui je me dis Mais plus jamais ça, plus jamais, cet enfermement névrotique, plus jamais], même ces soi-disant bons souvenirs ne me font pas du bien quand j'y repense [j'en parlais pas plus tard que y a pas longtemps avec monamour : les ex de ma vie, je les revois en général pas mais j'éprouve encore pour eux une petite pointe d'affection. Si je les croisais par hasard, je m'informerais volontiers de ce qu'ils deviennent. Eh ben le Jaloux là, non, c'est l'exception qui confirme la règle, je n'éprouverais que déplaisir]. Je t'ai trompé oui [une seule fois, à peine croyable a posteriori...quelle bouffée d'air pur ! un début de libération dis donc] mais c'est aussi moi que je trompais quand je m'aveuglais au point de croire que notre histoire était viable. Je sais bien que cette réponse te donnera du grain à moudre et l'occasion de me faire part à nouveau de tes aigreurs. Je crois cependant que je n'y répondrai plus.

Voilà le mail que je n'ai finalement pas envoyé. Parce que à quoi bon non ? En plus je continue à me ronger les ongles, mais je fais ça proprement et ça se voit pas alors hein.

mercredi 11 juin 2008

♫ Love is easy (zizi), love is not true (trou) ♫

(Je t'ai mis la prononciation entre parenthèses des fois que ça t'échappe)

Hier soir j'ai vu Bashung en concert, pour la troisième fois de ma vie et j'espère que ce sera pas la dernière si tu vois ce que je veux dire...Magnifique comme d'hab. Ouverture sur Comme un lego, fermeture sur Night in white satin où tout le monde dit I love you. Dans l'intervalle que du bonheur. Très émotionnant vraiment, comment te dire, je suis encore dedans à l'heure où je te parle. Gros couac tout de même : la première partie qui chante faux, pousse des cris suraigus à t'en faire saigner les oreilles et se fait copieusement siffler et huer par une partie de la salle. Tu vois le barde dans Astérix ? Pire. Elle part énervée sur un Ouais on sait que vous avez voté Sarko hors sujet. Eh ben figure-toi qu'il s'agit de madame Bashung en personne...Je sais pas si l'amour est aveugle mais sourd oui.

J'étais accompagnée, entre autres, par un couple d'amis dont je t'ai causé ici par exemple (je republie cette note pour l'occasion. Je remettrai en ligne, dans un avenir plus ou moins proche, la totalité des archives. Hein t'es content ?)

Un soir ce couple d'amis a débarqué à la maison, tout joyeux, en annonçant Ça y est, on a acheté un appartement ! Youhou. Et ils commencent à nous en faire la description. Et puis monamour s'en mêle : Et l'entrée elle est comme ça. Et la chambre elle est là, juste à côté la cuisine...Et eux : ben oui, comment tu sais ??? Et lui : c'est au numéro tant de telle rue...Oui !!! Mais...??

Eh ben en fait monamour a vécu en colocation dans cet appart pendant ces années étudiantes. Ils l'ignoraient au moment de l'achat évidemment, car ce ne sont pas les amis de monamour mais les miens. Dingue non ? Bon par contre il va pas le reconnaître l'appart quand ils nous convieront à la crémaillère, vu qu'ils ont tout cassé et tout reconstruit ; ça va lui faire comme dans l'émission de télé où les gars en une journée ils te refont les peintures, les sols, les rideaux et même la salle de bain, enfin les trucs que toi il te faut toute une vie pour pas les finir et après t'arrives, t'attends qu'elle dise 3 pour ouvrir les yeux et tu dis Mais c'est pas chez moi ici...Je pense que ça va lui faire ça, à la différence près que ce sera effectivement pas chez lui puisque ce sera chez eux.

Alors cet appart, après de longs mois de travaux (eh oui ils ont fait ça avec leurs blanches mains, pas avec l'émission de télé, d'où les délais), est enfin devenu vivable, ce qui a donné lieu à un déménagement en bonne et due forme pas plus tard que le week-end dernier. Autant te dire que chaque fois qu'on se voit, avec ces amis, on s'extasie devant les coïncidences de la vie, c'est un leitmotiv dont on ne se lasse pas. Ça n'a pas manqué, une fois de plus, lors du déménagement.

Et puis, tandis que je descendais l'escalier, chargée d'un des nombreux cartons qui firent le sel de notre journée, voilà-t-y pas que je m'entends interpeler ainsi : Bonjour Ada. Et qui vois-je en me retournant d'un geste pas très élégant ni très souple mais je te rappelle que j'avais dans les bras un carton qui entravait ma liberté de mouvement. Qui vois-je donc ? Nul autre que mon directeur, qui fut, jusqu'à ce jour précis et à l'insu de tous, le voisin de ce même couple d'amis. Là ça devient cosmique. Et je dis avec Bashung ♫ c'est l'heure où je glisse dans les interstices ♫

dimanche 1 juin 2008

Des livres (du mâle) et moi

Je l'avais vu en salle au moment de sa sortie, il y a un an de ça je crois. Et j'avais bien aimé, surtout l'envoûtante Asia Argento. Mais l'idée ne m'était pas venue de lire le bouquin. Éternel débat : la vie est-elle dissociable de l'oeuvre ? ou pas ? En bonne khâgneuse nourrie au lait du Contre Sainte-Beuve, j'ai tendance à dire oui, oui oui, un scélérat peut parfaitement pondre un chef d'oeuvre, confer le voyage au bout de la nuit pour n'en citer qu'un. Bien.

Mais alors je n'aurais pas dû avoir de préventions particulières envers l'auteur qui avait inspiré le film de Catherine Breillat, surnommé le "connétable des lettres" certes, mais, car il y a un mais, aux forts penchants pour l'Ancien régime et, n'ayons pas peur des mots, carrément réactionnaire. Foin du biographisme hein. Mais voilà je ne le lus point.

Et puis, un soir, monamour l'a posé, ce bouquin que je n'avais pas lu, sur la table de nuit. Comme ça. Comme il fait si souvent. Par exemple le mercredi il dit Tiens je t'ai amené le Canard. Et moi j'y lis d'abord le journal de Carla B comme une midinette (eh ouais) avant de passer aux films qu'on peut voir, de rigoler sur les dessins, puis, quand même, je passe aux articles de fond, quand y en a, non parce que là je voudrais pas dire, le dernier en date de Canard, y avait pas grand chose à se mettre sous la dent. Mais bref.

Autre exemple : si on se retrouve à faire 50 bornes à vélo (j'exagère pas) un dimanche ensoleillé, paf, le lendemain il ramène un bouquin sur le canal de l'Ourcq.

Bon et alors ce jour-là, il pose le livre que je n'avais point lu hop. Et même pas parce qu'il était en cours de lecture. Non, lui il l'avait déjà lu. Mais peut-être, va savoir, il lui avait tenu compagnie le temps de quelques pages dans le métro...que sais-je...monamour aime relire par petits bouts, c'est un concept. Moi je dis juste Ah ben tiens j'ai vu le film. Et j'y pense plus.

Les semaines passent. Et le livre reste sur la table de nuit, avec ses camarades qui forment de hautes piles (oui on a une grande table de nuit) car sache pour ta gouverne que monamour aime à sortir de la bibliothèque toutes sortes de volumes qu'il entasse sur cette maintenant fameuse table de nuit, afin d'y picorer à son gré.

Ce jour où il posa le livre eut lieu peu de temps après que je me sois tapé l'intégralité des mémoires de Simone de Beauvoir, il est important de le préciser. Je ne sais pas pourquoi je m'étais lancée dans cette lecture de longue haleine, rien de spécial ne m'y avait poussé, si ce n'est un souvenir d'adolescence vague et plaisant autour des Mémoires d'une jeune fille rangée. Là pour le coup, la vie et l'oeuvre ne font qu'un, pas de souci, même s'il y a beaucoup à dire sur le pacte autobiographique. En tout cas quelle ne fut pas ma surprise d'apprendre juste après qu'on célébrait cette année le centenaire de cette même Simone ! Bon j'exagère évidemment mais je trouvais que pour une coïncidence hein bon...

Et là, y a trois jours, temporairement lassée de Civilization (je dis bien temporairement, j'ai quand même une guerre sur le feu, et pas à l'époque de la guerre du feu hein, bientôt je sors les missiles), je pioche dans la pile le bouquin vu au cinéma mais point lu et je feuillette la préface, où je tombe sur un extrait de la correspondance de l'auteur : Mon amour ressemblait à de l'ivrognerie, écrivait-il à je ne sais plus qui. Déjà c'est un alexandrin. Mais surtout ça me rappelle tellement de gens et tellement d'histoires, à moi arrivées ou à d'autres...comme la madeleine de l'auteur du Contre Sainte-Beuve si tu suis. Alors je me dis allez, je vais le lire.

Si tu n'as pas deviné, je te livre maintenant titre et auteur : Une vieille maîtresse de Jules Barbey d'Aurevilly. Oui c'est pas mal, j'arrive à la fin et je n'ai pas lâché, y a du bon et du très bon là dedans, même si parfois trop exalté à mon goût. Mais là où je suis à nouveau toute bouleversée de ces coïncidences de la vie (en d'autres termes, sur le cul), c'est que j'apprend aujourd'hui, depuis mon taff où je lis le journal, que cette année nous célébrons le bicentenaire de la naissance de Jules...Dingue ! Je sais pas quel grand écrivain nous a fait l'honneur de sa naissance en 1708 mais qu'il se tienne paré à toute éventualité.

mercredi 28 mai 2008

Mot mot motus

Si ça se trouve la semaine prochaine je passe dans le quartier. Pour l'instant j'ai pas le temps.

Acheter des pompes déjà. Les miennes sont plus étanches et vu comment c'est barré dans les couches supérieures, c'est pas demain la veille que je me balade en tongs. Je signale que si le soleil fait pas un effort, mon bronzage s'en ressentira. J'ai pas le temps météorologique donc.

Mais j'ai pas le temps chronologique non plus. Depuis des éternités le Chanteur veut qu'on refasse un Scrabble. Je cite texto : Coucou...Alors et mon SCRABL...?! Si tu veux, la bonne excuse ce serait Ouais mais si c'est pour me ridiculiser une fois de plus (champion du monde le gars) (oui d'accord, champion de mon petit monde, mais je te signale que c'est suffisant pour perdre), si c'est pour me ridiculiser une fois de plus (non parce que quand même je me défends en jeu de mots, et lui il est loin devant, comme quoi c'est un champion je te dis) autant boire une pinte et on n'en parle plus. Même une pinte j'ai pas le temps.

Pourtant je pourrais faire d'une pierre deux coups (et pas que deux coups à boire, on va pas revenir sur la polysémie du terme) (tu me l'enlèves de la bouche) (à mots couverts n'est-ce pas pour rester tout à fait safe) (et ne me fais pas dire ce que j'ai pas dit) et ce en passant voir le charmant charmeur chilien qui s'est mis à lire le livre qu'il veut m'offrir. Je cite texto toujours : Coucou ! Jme suis mis a lire ton kdo ojourd'hui. Kan éskonsvoa ke je te le donne ?! Tu te rends compte qu'un cadeau plein de mots m'attend et que je suis pas foutue d'aller le chercher ?

Mais voilà je suis en pleine guerre contre les barbares et ça n'a pas été simple hier d'affronter tous ces archers montés retranchés dans la Mecque. Sans compter que le peuple se révoltait et voulait à tout prix que je lui construise un colisée. Non mais je te jure. Alors que franchement fallait avant tout que je protège mes mines de fer et mes chevaux pour continuer l'armement. Attends un peu qu'on sorte de l'Antiquité et tu vas voir les fusiliers que je vais produire. Je voudrais pas dire mais c'est toute une civilisation qui est en jeu là, et je pèse mes mots.

lundi 19 mai 2008

"Soufffe qu'à mes transports je m'abandonne en proie"

Donc je fuis.

Le week-end aurait pu bien mal commencer. Par ma faute en plus. Disons que c'était pas une bonne idée de dégainer le téléphone vibrant à l'arrière du scooter. Et quand il m'a échappé des mains et que j'ai crié "mon portaaaaaable !", j'ai pas pris conscience tout de suite qu'au lieu de finir sur la chaussée, il aurait pu exploser le pare-brise du véhicule qui nous suivait, provoquer un carambolage, des morts et du sang. Non, sur le moment, je l'ai juste imaginé écrabouillé par les pneus impitoyables de la circulation parisienne. Comme quoi je pense d'abord à ma gueule. Et y a de la chance que pour les crapules : il était intact et opérationnel. Sur ce la loi du karma s'est emmêlé les chakras : 24 heures plus tard, monamour dépose un message vocal dans le rescapé pour m'annoncer le décès du sien...Va comprendre.

Ensuite nous sommes passés dans un véhicule à quatre roues, tellement tout confort que t'as l'impression d'être allongé même quand t'es assis. À part le déluge qui s'est abattu sur nous aux environs de je ne sais où, nous obligeant à faire du 50 à l'heure sur l'autoroute, tout s'est bien passé jusqu'à ce qu'on entre dans ce bled et que deux flics juvéniles nous demandent de nous ranger. Non mais même là ça s'est bien passé en fait. Ils ont demandé au conducteur s'il avait consommé de l'alcool. Celui-ci répondant par la négative, ils ont insisté : Sûr sûr ? Certain. Alors vous pouvez y aller. Les flics sont pas contrariants de nos jours. Bon il se trouve que le conducteur était effectivement en règle mais tu peux me dire à quoi ça sert de poser la question ? Soit tu vérifies, soit tu vérifies pas, c'est tout.

Il était minuit quand on est arrivé à la maison de campagne près de l'église et du cimetière. On a choisi chacun sa chambre. Ça donnait envie qu'un meurtre soit commis, comme dans le Cluedo tu sais, mais comme on n'était que trois, l'assassin était grillé d'avance, dommage.

Le lendemain, on the road again, des champs à perte de vue. Du vert, du plat et des vaches. Et puis soudain à l'horizon tu vois surgir une belle bouse. Mais énorme la bouse. Une bouse pour le livre des records genre, qui aurait nécessité la contribution de tous les ruminants de la région. Énorme et vachement pointue. Eh ben c'est le Mont Saint Michel dis donc. Les mouches à merde sont bien là, camouflées en boutiques à touristes, mais sinon ça va.

Alors manger des huîtres à Cancale et mourir parce qu'elles sont pas fraîches ? Non. Manger des galettes à Saint-Malo et marcher sur la plage parce que le tombeau de Chateaubriand est inaccessible, marée haute oblige.

Pour le dernier jour on a décidé d'aller se balader dans les champs autour de la maison. Histoire de se crotter un peu quoi. Et là, comme on voulait pas non plus faire le grand tour, on a traversé la voie ferrée, à l'aller et au retour. Et la vieille conne qui habite ce qui fut le logement du garde-barrière quand il existait nous a pas loupé. D'abord elle nous dévisage de loin comme si on était un truc nuisible tu vois. Nous ça nous énerve. Du coup on dit Bonjour. Bon j'avoue, peut-être on aurait pas dû. Parce que ça lui a fait comme un déclic à la mégère : Et alors ? c'est les Champs-Élysées ? (je veux bien qu'on fasse pas trop couleur locale mais de là à nous cataloguer Parisiens direct, ça s'appelle du délit de sale gueule hein mamie) C'est interdit de marcher là (ouais ben on sait, on n'est pas que con) et si j'appellais les flics hein ? (attends j'ai peur). C'est pas l'envie qui nous a manqué de lui répliquer qu'on nous avait signalé une vieille conne sur la voie et qu'on venait constater. Mais bon. Moi ce week-end m'a transportée et c'est déjà pas mal.

mardi 13 mai 2008

Gratuit sans obligation d'achat

T'es déjà allé au Parc des expositions ? Très sympa, vraiment.

Déjà le chemin est verdoyant. Coincé dans le RER entre deux valises destinées à une quelconque soute en partance pour le bout du monde, pas besoin d'être jaloux, il fait beau, tu te croirais en route pour une partie de campagne. À l'arrivée tu es très bien accueilli par les panneaux d'orientation, faudrait quand même pas que tu planches (d'anatomie) sur le concours des premières années de médecine, ils te prendraient pour le cobaye à disséquer avec tes 84 ans. Oublie pas que t'es venu ton Gaffiot sous le bras.

Alors le hall 3, il est, comment te dire, grand oui. Grand et glacial. T'as beau être 3 millions là-dedans, ça réchauffe pas. Les minettes qui, par le soleil alléchées, arborent sandalettes et mini-jupettes, je t'assure qu'elles regrettent. On se pèle le cul quoi merde. Principe de la sélection naturelle. Si tu peux te concentrer dans un frigidaire, alors t'as tes chances.

Enfin bon, t'as tes chances c'est vite dit. Moi par exemple, sans vouloir m'abriter derrière des soucis de vie mortelle (ce qui, tu me l'accorderas néanmoins, est une excellente raison pour n'avoir pas eu le coeur à potasser), Pline le Jeune, tu vois, qui nous causait comme quoi sa meuf elle déchire, ben ça m'a pas bien inspirée. C't'-à-dire aussi que par moment j'avais des doutes sur mon rosa-rosa-rosam, alors j'étais pas rendue hein.

Quand vient la pause déjeuner, tu seras bien avisé d'aller aux toilettes en période creuse, sinon t'auras pas trop le temps de manger. Non mais t'inquiète, je me suis posée au soleil, j'ai bronzé tranquillou et puis back to hall three.

Au programme de l'après-midi : note de synthèse. Ça c'est gentil de leur part. Délicate attention. Ben ouais, parce que la note de synthèse tu peux débarquer les mains dans les poches, les pieds sous la table, tout est fourni. Y a qu'à piocher par-ci par-là pour construire un truc qui se tient à peu près. Censure et pornographie, vlà le thème. On a vu pire.

Après tu rentres chez toi et j'espère pour toi que tu partages un bon dîner avec tonamour et que vous parvenez à parler de ces soucis de vie mortelle dans le calme, le soutien et la tendresse (ouais ben au début c'était pas gagné, on progresse).

Et puis le lendemain rebelote. Ah oui ça demande une certaine endurance c't'affaire. Clou du spectacle : la composition. T'as cinq heures devant toi pour étaler ta culture. Générale si possible. Ben voilà, j'en suis là actuellement, en plein dedans. Et laisse-moi te dire que je les fais flipper, mes concurrents, à gratter mes feuilles de brouillon comme si le feu sacré de l'inspiration s'était saisi de moi en une transe passionnée. Alors qu'en fait, mais ils l'ignorent, si ça se trouve je vais rendre copie blanche.

jeudi 24 avril 2008

♫ J'ai des doutes sur la notion de longévité...sur la remise à flot de la crème renversée ♫

Mais jusqu'où irais-je ? jusqu'où ?

Vlà t-y pas que je fais du footing maintenant...Des choses à évacuer peut-être mmmh ?

Ouais. Principalement du goudron en plaques j'imagine, avec ardent volontariat pour une ablation immédiate des poumons. Disons qu'au moment où je m'arrête, ça donne à peu près Hé bé hh hh hh (onomatopées de l'essoufflement) si j'en cof cof cof (onomatopées de la toux) si j'en avais hh hh pas autant cof cof besoin arrrgrr (onomatopée du raclement de gorge) cof cof cof cof de ces hh hh hh putains de poumons arrrgrr j'm'en séhhparerais volontiers cof cof grr...

Sinon les cuisses ça va hein, je fais les étirements comme il faut, même pas mal.

Tours de lac...ben oui c'est la règle, je tourne autour du lac...en rond, c'est pas faux. En plus ça te permet de te repérer de façon spatio-temporelle. Par exemple : si tu croises le mec en short rouge toujours devant le saule pleureur et si t'as l'impression que le mec en short rouge court vite, alors tu cours au même rythme que le mec en short rouge et donc tu cours vite. Sauf si le mec en short rouge ne court pas vite. Auquel cas toi non plus. Mais il se peut aussi que le mec en short rouge courre vraiment très très vite et que toi tu sois immobile, c'est possible.

Eh oui c'est pas facile tous les jours. Comme dirait je sais plus qui, la vie c'est dur et puis tu meurs. Alors quoi l'éternité ? T'imagines un peu : la vie c'est dur et puis tu meurs pas ? Pitié. Plutôt crever ah aha.

Non mais à part entretenir la machine et se défouler de toutes ces choses qui t'encombrent pas que les poumons, y a quand même, faut pas se mentir, la peur. Memento mori hein. Et en attendant faut bien vivre. Voire mieux : vivre bien. Mais le mieux est l'ennemi du bien, je sais pas trop comment on va s'en sortir...

Comme dit Michel (là je sais que c'est Michel, c'est pourquoi je le précise) Un poète mort n'écrit plus. D'où l'importance de rester vivant. Mais bon je m'égare non ? Vu que si t'es pas poète, ça marche pas son truc. Disons que ça n'a pas d'importance, poète ou mousquetaire de la distribution, on s'en fout, la seule importance, la vraie, c'est rester vivant. Je dis ça parce que souvent quand les gens meurent, bon déjà c'est pas très sympa de leur part je trouve, surtout quand ils mettent longtemps, c'est assez fatigant, en plus ça te met face à tes ambivalences, à savoir : oh non je veux pas qu'il meure...mais oh là là quand est-ce qu'il se décide à mourir, ça devient lourd là cette agonie qui n'en finit plus...C'est ça l'ambivalence tu vois, vouloir un truc et son contraire. Et quand ton ambivalence elle te porte à souhaiter la mort de quelqu'un, ben c'est...normal. Eh oui. Par contre ça se gère assez difficilement.

Et là je sais plus du tout où j'en suis...

Ouais, rester vivant, c'est ça. Mais pas tellement les autres hein. Surtout toi. Disons que quand quelqu'un meurt, ça fait de la peine, c'est sûr (le pire advenant quelques mois après la mort, quand tu prends conscience du manque. Je pense que je ne t'apprends rien), ça te fait de la peine mais aussi, et c'est là que je voulais en venir, ça te fait peur, parce que, à force, tu te dis que la mort ça n'arrive pas qu'aux autres.

Du coup tu fais du footing. Enfin je crois.



À propos de prisons, tu as quartier libre jusqu'au 13 mai. Eh ouais. C'est la mer allée avec le soleil (attention, ici il ne s'agit pas de Michel, mais d'Arthur, poète mort de son état). T'inquiète je reviendrai bronzée.

mardi 15 avril 2008

Fuck off

Collègue 1 : Ah Ada, tu es de retour, tu nous as manqué hier.

Comment se fait-il que, tandis que je lui souris gentiment, je pense très fort : EH BEN C'EST PAS RÉCIPROQUE.

Collègue 2 : Ah Ada, t'es bien coiffée aujourd'hui.

Comment se fait-il que, tandis que je lui souris gentiment, je pense très fort : COMMENT ÇA AUJOURD'HUI ?

Collègue 3 : Dis Ada, tu ferais quoi, perchée sur l'Himalaya, par rapport au cannibalisme ?

Comment se fait-il que, tandis que je lui souris gentiment en faisant semblant de m'intéresser à la question, je pense très fort : OH TOI J'AURAIS AUCUN SCRUPULE À TE BOUFFER, MEME VIVANTE ?

Collègue 1 est hystérique, égocentrique, logorrhéique. Ça ne se voit pas forcément dans l'exemple choisi mais méfie-toi, il s'agit simplement d'une feinte pour se répandre voluptueusement dans le récit de tout ce que j'ai raté en ne venant pas la veille.

Collègue 2 est alcoolique. Et soule au moment où elle tourne si joliment son compliment.

Collègue 3 est raciste. Enfin, je voudrais pas trop m'avancer, mais quand je l'entends dire : moi ma fille, tout ce qu'elle veut mais qu'elle me ramène pas un Noir...ben j'en déduis qu'elle est raciste. Mais je juge peut-être hâtivement hein...

Quand tu sais qu'actuellement ces trois spécimens rares d'une humanité à devenir chèvre sont dans MON bureau...la question du comment se fait-ce devient tout de suite assez superflue.

La vraie question c'est : jusqu'à quand vais-je contenir ce que j'ai vraiment envie de leur répliquer, sans souci de la diplomatie ni de l'entente cordiale ?

Car s'il n'y avait que ça...

Mais non, il faut encore qu'une lente et douloureuse agonie (d'un être cher tant qu'à faire, on est quand même là pour rigoler) engendre quelques dégâts collatéraux au sein de mon couple.

Autant te dire que des vacances j'en prendrais bien là tout de suite.

En attendant, je vais me procurer un substitut et ce, dès ce soir : champagne et foie gras. Que la fête commence !


lundi 7 avril 2008

♫ Et Dieu créa la flemme ♫

Pendant que la flamme olympique traverse le sud de la capitale française, je me demande si j'ai pas perdu la mienne de flamme. À moins que ce soit juste de la flemme, faut voir...

Bon ben tu dis si ça fonctionne ou pas hein, n'hésite pas, ça changera rien, ah aha.

Donc là pour faire genre actualité engagée, normalement t'as un petit extrait d'une chanson sur le Tibet, par nos amis de LSD.

Paroles :

Là-bas tu peux voir des moines à cheval

Qui descendent la rue pricipale

Et tous les voyous de l'Amdo

Qui jouent au billard dans la boue

Ils en veulent pas après tes sous

Car tout c'qu'ils veulent, c'est qu'tu leur donnes

Des photos du Dalaï-Lama, leur chef incontesté

Y a des pays comme ça où les gens ont appris

À faire flotter très haut d'invisibles drapeaux

Flotter très haut d'invisibles drapeaux

Et même quand leurs grands monastères sont réduits en poussière

Ils continuent à faire tourner leurs moulins à prières

Car ils savent que tôt ou tard la victoire c'est pour eux

Extrait.

Et puis de l'image animée en la personne d 'un clip des mêmes, avec des couleurs trop belles et de l'effet spécial à gogo. Attention les mirettes !



jeudi 27 mars 2008

Et maintenant ?

Tu vois quoi ? T'entends quoi ?

mardi 25 mars 2008

Veni sed nihil vidi

Bon les enfants on se recentre.

C'est quoi cette histoire de vidéo invisible ?

Je vous propose qu'on mène l'enquête comme dans les films américains, en mettant une ardoise au mur pour lister toutes les hypothèses et avancer dans la réflexion.

Alors voilà, je pose l'ardoise et j'inscris à titre indicatif : "Affaire de la vidéo que personne il peut la voir".

Le premier témoin, j'ai nommé Aurélia, a déclaré : "Je n'arrive pas à voir la première vidéo, il y a un truc qui cloche au niveau du plugin. Je vais me petitsuissider."

Ce à quoi The Dekk ajoute : "Ha ben pareil".

Au-delà du fait que je sais pas ce que c'est qu'un pudding, ce qui me renvoie à mon grand âge de mamie pas en phase avec son temps, je m'inquiète de cette vague de petitsuisside qui pourrait toucher mes lecteurs, déjà qu'il y a pas foule hein.

Pour finir Yelka renchérit : "Tout pareil la même chose...Je visionne pas la preum's..."

Non mais s'il vous plaît, allez pas tous mourir.

Se dégage de ces dépositions un consensus certain que je note au tableau : on n'arrive pas à voir la première vidéo.

Et ça, ça va pas parce que ça sert à quoi que je me décarcasse si vous en profitez pas ?

Mais poursuivons gaiement les investigations. Il est à noter que nos témoins parlent d'une première vidéo. J'entoure le mot première au feutre rouge. Et là il va falloir s'entendre sur les termes. Deux possibilités non exclusives se présentent (je fais deux flèches)

--> Soit le terme première est employé dans le sens "grande première", inauguration de la modernité.

--> Soit il est employé dans le sens ordre dans une suite, à savoir : on voit pas la première mais on voit la deuxième.

Alors de deux choses l'une (je fais une accolade {), il s'agit de la première vidéo que je poste sur ce blog (et vu la réussite ça pourrait bien être la dernière hein) certes, mais, attention pause dramatique, on retient son souffle : il s'agit aussi de la seule, l'unique, zi only ouane. Eh ouais.

Déduction : il y a un truc qui cloche (tu me diras, à Pâques...).

Conclusion : mais je vois pas lequel. Ben oui oh c'est ça le problème on te dit. Sauf que moi je la vois (et même je l'entends, la vidéo). Mais c'est une expression je vois pas, tu vois quoi.

Bon, qu'on me donne la recette du pudding.

mercredi 19 mars 2008

♫ It's not really work, it's just the power to charm, I'm still standing in the wind, but I never wave bye bye ♫

Non mais tu sais pas quoi ? Je me suis vue dans le film. Dingue !

Ouais bon tu vas encore dire que je retarde de trois guerres, faudrait changer de disque un peu et puis oublie pas que j'ai 84 ans mon petit. Je veux dire y a pas si longtemps j'avais pas le téléphone (ni fixe ni pas fixe) et le jour où j'ai découvert le répondeur, mes amis étaient tellement sous le choc qu'ils laissaient pas de message ou alors : ................(long silence de surprise) (puis) oh mais t'as un répondeur ? (et hop ça raccrochait) Mes amis sont cons qu'est-ce que tu veux, à chacun selon son mérite. Mais attends, ça fait un bail hein, au moins six-sept ans...Depuis je me suis mise à la carte bancaire et tout. Un bond dans la modernité tu crois quoi.

Et là, y en a un qui sort son APN (appareil photo numérique) (oui ben quoi, quand on est un peu dur de la feuille, on a vite fait de confondre avec le test là pour voir si t'as tes papiers). Alors je te préviens, quand l'APN fait son apparition, y en a déjà au moins la moitié qui se met direct en apnée pour faire bonne mesure. Et vas-y que ça se défile dans les coins. Pas moi non, vu que je sais pas ce que c'est.

Après tu passes à la séance visionnage. Bon là ça fait très très peur. Comme les films d'horreur. Tu mets tes mains devant tes yeux et tu regardes à travers tes doigts...Bon ben faut que je te dise que la voix, ça va pas du tout. Je sais pas qui m'a doublée mais franchement d'où qu'elle sort cette voix de fillette ? Comment ça toi tu la reconnais très bien ma voix ? Par contre c'est qui la beauté fatale là ? (je caricature, t'affole pas), oui elle, elle a l'air vachement sympa c'te fille...Ah elle s'appelle Narcisse ? t'es sûr ? Mais c'est que je me plairais presque dis donc j'en reviens pas...L'analyste a dit : il ne faut pas avoir peur de le dire. Et ben voilà, c'est dit, je remonte dans mon estime.

Alors pour fêter ça de façon moderne, je te mets les Modern Lovers et leur Roadrunner, en image fixe certes mais avec du son.

jeudi 6 mars 2008

"Émoi, émoi, émoi" dixit Miss. Tic

Oui bon d'accord c'est vrai, ça faisait un bout de temps que j'en avais pas vu des bébés. Du coup j'ai été surprise, à la maternité, en souhaitant la bienvenue à Bienvenue (non, évidemment elle s'appelle pas Bienvenue. Pourtant dans la quête effrénée du prénom pas courant (tu sais cette quête qui fait que les historiens du futur croiront qu'à notre époque tous les garçons s'appelaient Oscar. Ou Enzo), sans être spécialiste, Bienvenue ça se pose là), j'ai été surprise de constater à quel point c'est petit ces jeunes mammifères. Ça te tient dans la main dis donc. Et pas lourd avec ça. (Eh oui je découvre la vie).

Je pouvais donc penser à bon droit Ça, c'est fait (non bien sûr, je suis pas la maman de Bienvenue...Non mais enfin tu crois pas que je t'aurais prévenu si j'attendais un enfant ? Et viens pas me demander quand est-ce que je me décide parce que j'en sais rien)...ça c'est fait, passons à autre chose, allons par exemple dîner au resto corse. Cependant, alors que j'hésite entre la planche de fromage-confiture de figues et les trucs à la brousse, voilà ty pas qu'on me fait un enfant dans le dos (non, monamour n'a pas adopté un poisson rouge) : on me refile un bébé. Autrement dit on m'a taguée (Eh oui j'enrichis mon vocabulaire)

C'est à la demande de Yelka (il est important de le signaler) que je vais donc t'exposer le règlement de l'affaire (pourquoi pas en trois fois sans frais...Sans frais de recherche de sujet à exploiter, je veux dire. Parce que si j'étale ça sur trois posts, ça alimente le blog à bon compte, ben oui qu'est-ce que tu crois, tactique trop stratégique. Mais Aurélia le fait déjà très bien (eh oh c'est elle qui l'a dit hein, je critique pas, j'adore les chiens) (à la vapeur), règlement qui stipule aussi que je dois mentionner six choses / habitudes / tics non importants sur moi-même (déjà ça commence mal, je comprends rien : c'est six choses plus six habitudes plus six tics ? auquel cas ça nous fait 18 mentions. Ou c'est au choix ? On peut faire un panachage ? Oui je fais exprès. Mais quand même, sans alourdir outre mesure, six choses hein, c'est vague...Et faudrait voir à pas confondre tic et habitude. Et puis pas importantes, aux yeux de qui ?). Ensuite je dois à mon tour taguer six personnes à la fin de mon billet en mettant leurs liens (ça n'est rien d'autre qu'une vaste opération publicitaire, mon pauvre ami, on est bien peu de chose). Pour finir j'irai avertir les personnes concernées par une petite interpellation sur leurs blogs.

Quand je pense qu'au départ j'avais dans l'idée de te raconter la meilleure façon de faire l'amour discrètement quand tu héberges quelqu'un dans ton salon...Tant pis hein.

Je tombe la veste dans les rames de métro. Toujours. Même, et d'autant plus, si c'est opération sardines, car il y fait encore plus chaud. Je ne comprends pas qu'on reste avec ses gants, son écharpe et tout le bataclan, surtout s'il fait froid dehors, c'est le meilleur moyen d'attraper la crève en sortant. Et pour deux stations ? sachant que le temps de se dévêtir, il est déjà l'heure de se rhabiller ? Non, là non. Et tu sais pourquoi ? Parce que je ne prends pas le métro pour deux stations (si seule une cloison relativement mince te sépare de ton hôte, il convient de procéder à un strip-tease lascif, après avoir convenu d'un thème musical que chacun des deux partenaires fredonnera dans sa tête).

Dans l'ascenseur, si je suis seule, je vérifie ma coiffure dans le miroir. Si je suis avec monamour, je pose ma tête sur son épaule, il penche sa tête sur ma tête et nous faisons au miroir un sourire béat d'imbéciles heureux en essayant de ne pas éclater de rire. Si je suis avec la gardienne je dis Le fond de l'air est frais (pour un plaisir des yeux loin des oreilles indiscrètes, on pourra alors contempler la nudité de son partenaire).

J'utilise le même shampooing aux herbes depuis le début de mon adolescence (non en fait j'en ai racheté depuis) (ah aha que d'humour, c'est pas croyable), car un jour un dermato m'a dit que c'était le meilleur et je l'ai cru (un massage réciproque et des caresses a gogo sont maintenant de circonstance).

J'achète mes cigarettes en paquets souples. Au départ parce que ça rentrait mieux dans la poche arrière du jean. Aujourd'hui parce que ça rentre parfaitement dans l'étui (oui rentrer dans l'étui...Quelle abondance de double sens nous présente la langue française, si c'est pas merveilleux. En outre souplesse est le maître-mot de ces ébats, car un coup de pied malencontreux dans la lampe de chevet pourrait éveiller l'attention de l'hôte qui a depuis longtemps fini de se brosser les dents).

Je prépare soigneusement l'argent pour l'analyste en le mettant dans la poche de ma veste ou de mon pantalon, je n'aime pas farfouiller dans mon portefeuille à la fin de la séance. Est-ce à dire qu'après avoir vidé mon sac sur le divan, je préfère payer avec de l'argent de poche ? (bon là je t'avoue que je vois pas bien le lien que je pourrais faire avec la scène de sexe, vu que c'est un acte on ne peut plus gratuit, on t'a déjà dit que les bébés c'est pas maintenant. Ou alors un truc avec la langue dans la poche...Ouais enfin en l'état actuel des choses, il vaut mieux mettre ses doigts dans la bouche de son partenaire, ça l'empêchera d'exprimer sa joie de façon trop publique).

J'arrive en retard au boulot. Des fois de pas grand-chose, des fois d'une demi-journée. Mais bizarrement (sauf exception exceptionnelle) il n'y a qu'au taf que j'arrive à la bourre (oui bon, point trop de vulgarité je te prie, en plus fais gaffe je crois que le sommier a grincé).

À présent je demande les contributions de The Dekk (je sais pas s'il a encore mangé un yahourt périmé ou quoi...), Nono (bon là je sais que je rêve, et alors ? l'espoir fait vivre), Bob (qui a récemment eu un sursaut)...si ça peut contribuer à remettre la machine en branle, tout le plaisir serait pour moi. Mais aussi celles de Dragibus (il me met des mauvaises notes en m'en faisant écouter de belles), l'Amazone (qui fait du ski en Russie) et pour finir Lui dont je ne connais pas le nom (et qu'on ne me dise pas qu'il l'a déjà fait, c'est pas le même d'abord).

Si tu entends ton hôte tousser, t'affole pas, tu vois comment t'es, tout de suite tu dramatises, si ça se trouve il a juste un chat dans la gorge.

lundi 25 février 2008

♫ J'ai bu la tasse tchin tchin ♫

Bon ça y est, j'ai cinq minutes. Viens par là que je te cause.

Tout a commencé un pas beau jour (et sûrement pas une nuit vu que les magasins sont fermés), de l'an de disgrâce 2006. Quelques temps après que monamour m'ait livré le fruit de sa réflexion consécutive à une semaine de break. À savoir : "Je veux qu'on continue à pas se voir". Ce qui est pas mal original comme formulation de rupture, le divan de l'analyste en a fait ses choux gras, je te prie de me croire.

Et donc, suite à ce cataclysme sentimental que quand même j'en ai pas mal souffert hein (parce qu'en plus à l'époque je savais pas que ça se finirait bien et qu'on vivrait heureux dans le futur et tout ça, j'avais oublié de lire mon horoscope), eh ben je me sentais comme qui dirait moche. À vrai dire, y avait pas que moi que je trouvais moche. Rien ne trouvait grâce à mes yeux, la vie elle était trop pourrie, insipide et sans aucun sens.

Alors c'est vrai qu'au bout d'un moment, j'avais fini par émerger du terrier où je me cachais pour panser mes plaies comme un animal blessé que j'étais, et même j'avais recommencé à sortir, à tel point que j'avais comme qui dirait un amant, non parce que l'amour je te rappelle que ça valait plus grand chose mais le sexe bon pourquoi pas...Ainsi j'avais un amant (Canada Dry de son surnom), ce qui contribue un peu à se sentir moins moche, mais pas trop non plus.

Dans l'optique de poursuivre cette entreprise de reprise du poil de bête, un jour plutôt moche, et sûrement pas une nuit je te répète, je me suis dit bon ma fille c'est pas tout ça, faut se remuer, le show il must go on, achète-toi un maillot de piscine.

Et un bonnet tant qu'à faire. Comme ça t'auras la panoplie complète pour t'intégrer à l'équipe de copines sportives et tu prendras soin de ton corps, et tu t'aimeras plus mieux. Oui, naïve que j'étais, je faisais confiance aux copines, et elles, les pauvres, elles me faisaient confiance...On croyait à l'esprit d'émulation, on se disait que sur trois que nous étions, ce serait bien le diable s'il ne s'en trouvait pas toujours une pour remuer les autres.

Eh bien ce fut le diable. Le diable de la flemme. Le diable de ouais mais bon y a apéro chez Machin. Le diable de non mais attends, faut ab-so-lu-ment que j'aille à la laverie, j'ai plus rien à me mettre. Le diable de ah non je peux pas, je suis pas épilée pile-poil -ah aha...Si tu veux bien compter, cela faisait donc deux ans que le maillot, il traînait en bas du placard, avec le ticket de caisse dans le sac plastique.

Sauf qu'entretemps, c'était plus le même placard parce que j'ai déménagé, eh oui, j'ai déménagé pour emménager avec monamour qui plus est, que la vie est belle, que tout le monde il est beau et il est gentil, et moi aussi.

Eh ben pourtant maintenant je vais à la piscine. Faut pas chercher.

mercredi 20 février 2008

"Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?"

Je ne sais pas si t'es un peu creusé la cervelle à propos des SMS du charmant charmeur chilien mais moi oui. Genre tapoter sur Google pour voir s'il s'agissait pas d'une citation connue, j'avoue j'ai fait et ça n'a rien donné. Et ma culture livresque n'a pas suffi à deviner. Heureusement le fin mot de l'histoire est arrivé en la personne d'un nouveau SMS que je te livre sans plus de détour.

Coucou ! Ø fait le texte ke jtavais env en 3 parties était de Kafka extrait d'un ptit bouquin ke je compte t'offrir. J'attendais une réaction...Ah ben voilà, ça paraît évident une fois qu'on sait hein ? Mais je te rappelle qu'on connaît toujours pas le titre du bouquin...Les lettres à Milena peut-être ? Quel suspens j'te jure...

Jvoi kjté loupé hier...O fèt jmet plus lé pieds o nouveau bar. Jprendrai toi et un verre avec plaisir ! Oui car la veille j'étais de passage dans le quartier, avec mon pote et ma copine du quartier. Et même le gars à la guitare a fait une apparition inopinée et non désirée (par moi du moins) qui a heureusement eu le mérite d'être courte...apparition que j'aurais bien troquée contre celle du charmant, mais non. Bon. Là où je voulais en venir c'est : non mais putain t'as vu comment il est stylé ce SMS ? "Je prendrais toi et un verre", tu sais que c'est carrément une figure de style le truc ? et tu sais comment ça s'appelle comme figure de style ? Un zeugma. Y en qui te diront que c'est plutôt une anacoluthe, moi je te dis que c'est un zeugma et puis c'est tout. Tu peux applaudir bien fort le charmant pour la beauté du geste, et moi pour l'analyse du texte, et si tu veux t'entraîner à reconnaître les figures stylées de notre riche rhétorique, je te conseille la pub, c'est pas mal, parce que ah que veux-tu, tout le monde n'a pas la chance d'avoir un charmant charmeur chilien qui lui envoie des SMS, et toi t'en as pas, dommaaaaaage...

Oh ça va hein, on peut rigoler. En plus t'as vu, je suis sympa quand même, je partage. Alors la suite. Alohaaa ! On pe svoir ojourd'hui stv ?! C'est à partir de ce SMS que j'ai commencé à répondre. Comme je ne conserve pas les miens propres (oui bon tu m'as très bien compris. Tu vois comment t'es ? j'essaye d'éviter les lourdeurs afférentes aux répétitions et toi, tout de suite, tu t'engouffres dans la brèche), je ne peux pas te les citer texto. De mémoire il était question d'impossibilité pour cause, entre autres, de crève, mais que cela dit, malgré sa sombreur (si, ça existe), Kakfa est un auteur que j'aime beaucoup (oui ben quoi ? je suis pas hyper calée en SMS moi, je fais dans l'informatif).

Jété sur ktaller aimer ! Jé très envie dte voir ! Sors té microbes ö soleil ! Oui mais là non pas tout de suite, étant donné que je m'étais chopé une bonne fièvre suite, je pense, à un voyage en scooter (non je conduisais pas), sous des températures négatives peu compatibles avec un taux d'alcoolémie plutôt positif...Au réveil t'hésites entre la crève et la gueule de bois mais la fièvre t'ôte d'un doute. Donc non, pas de sortie, je suis une limace souffrante à la température ardente. Mais je lui dis quand même que je lui fais avec les mains ce que je peux pas lui faire avec la bouche pour pas le contaminer (des bisous quoi oh). Hummm...répond-il. Bip moi déktutsens mieux ! Jte fais pleins dbizoux doux avec ma bouche moi ! Deux SMS c'est fatigant quand t'as 39, alors je me rendors et je fais des rêves érotiques, c'est malin.

Le lendemain : Tchaö kö ! Alors, te sens tu prête à partager tes ptis microbes ?! J'ai pas répondu parce que j'avais piscine. Non mais piscine piscine. En vrai. Je vais à la piscine en vrai. Je répète parce que t'as pas l'air de te rendre compte. Bon bref je te raconterai quand j'aurais cinq minutes.

Et aujourd'hui : Coucou ! Komen allez vous toi & té ptis microbes ?! A défö d'être "l'homme de ta vie", jéspère être celui dtes envies ! Là ça a fait tilt. Doublement tilt même. D'abord, je pense que tu seras d'accord avec moi pour dire qu'il s'agit d'une paronomase. L'homme de ta vie, celui de tes envies. Paronomase. Évidemment. Le second tilt c'est pour les guillemets. Par cette citation, il fait visiblement allusion à quelque chose que j'aurais dit quelque part, tu suis ? Et moi depuis quelques temps, je m'interrogeais sur la provenance d'un certain visiteur à la requête identiquement répétée, tu suis toujours ? D'où ma réponse : Hey ! c'est toi qui tapes "charmant charmeur chilien" sur Google !?

Et lui : Oui chéé moaaa ! Alors onsvoa ?!

lundi 11 février 2008

"Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ?"

De temps en temps, à intervalles irréguliers, le charmant charmeur chilien prend des nouvelles. Jpense a toi...Et ö ptit pingouin, jespère ke vous allez bien...Je lui réponds. Ou pas. Ça dépend. Mais c'est agréable, ce fil ténu qui nous lie, nous relie, oh le joli fil entre nos coeurs passé (c'est la fête à Alain en ce moment hein). Non parce que bon, les ex on a dit non mais ça empêche pas de s'intéresser à leur sort (oui je sais, je m'enfonce, je dis plus rien) (tiens d'ailleurs figure-toi que j'ai bu des coups avec l'Écrivain récemment) (mais là c'est pas pareil, je le considère pas comme un ex lui, ça n'a rien à voir). Bref. En général ça se limite à quelques mots tels l'exemple ci-dessus cité. Tu vois quoi, rien de bien méchant. Au contraire.

Et puis la semaine dernière, vlà ty pas que je reçois pas moins de trois SMS à la queue leu leu, oui trois, parfaitement, ci-après numérotés de 1 à 3 afin que les choses soient claires. Et nettes.

1)...Abandonnés, nous le sommes, certes, comme des enfants égarés dans la forêt. Alors comme ça, d'entrée de jeu, ça fait penser au Petit Poucet, le fameux conte de Charles Perrault. Ben oui hein, perdus dans la forêt, a priori, dans la culture un peu commune et quasi universelle, t'associes au Petit Poucet...Tu vas quand même pas me dire que tu penses d'abord au Blair Witch Project ? Ah j'te jure...Bon, poursuivons dans l'analyse. Tonalité sombre, t'admettras. La forêt c'est toujours menaçant comme symbole, le lieu de tous les dangers, où la lumière est absente, au même titre que l'espoir. Sans oublier la notion centrale : à savoir le fait d'être complètement paumé, genre mais dans quel monde on vit ? et où tout cela va-t-il nous mener, dépourvus que nous sommes du moindre repère ? Pour synthétiser c'est pas la teuf (oui je sais, j'ai un esprit de synthèse très développé).

2) Quand tu es devant moi et que tu me regardes, que sais-tu des souffrances qui sont en moi et que sais-je des tiennes ? Ah tu vois, qu'est-ce que je te disais ? Souffrance, maintenant. Et interrogation métaphysique. Car finalement, hein, que peut-on vraiment connaître de l'autre ? Sous-entendu : rien. Mais c'est vrai que c'est pas en se dévisageant qu'on risque d'y arriver, vu que l'habit ne fait pas le moine je te rappelle.

3) Et si je me jetais à tes pieds, si je pleurais et si je racontais, saurais-tu plus de choses de moi que de l'enfer, quand quelqu'un te raconte qu'il est très chaud et terrible ? Et voici venir le grand thème de l'incompréhension réciproque, de l'incommunicabilité, du partage impossible, de l'isolement. Car si tomber le masque ne suffit pas, si même la parole n'est pas un langage commun, si seule l'expérience personnellement vécue dans sa chair a un sens...alors, synthétiquement encore une fois, on est mal barré.

Je t'avoue qu'à tout cela je n'ai dit mot. Parce que répondre laconiquement 1) certes, 2) pas grand-chose, 3) non...je sais pas pourquoi, je l'ai pas senti. Dans l'hypothèse où ces SMS sont tirés d'un texte préexistant (ce qui n'est pas démontré, bien que je ne reconnaisse absolument pas le style du charmant charmeur chilien), j'aurais pu envoyer à mon tour une citation, baudelairienne tant qu'à faire, genre "Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau !". Mais non.

Et puis ce matin, un SMS se faufile sur l'écran : Un lundi peut en cacher un autre...Sache qu'un train t'attend trj. Ça me ferait plaisir de refaire un voyage avec toi...Là je dis oui. Enfin non, me fais pas dire ce que j'ai pas dit. Simplement là je le reconnais le charmant, dans toute sa splendeur. Parce que c'est beau quand même hein. Mais bon, même si on dirait bien que le malin Petit Poucet a tracé des lignes dans la forêt pour se remettre dans les rails...t'emballe pas trop quand même : à vue de nez ça parle surtout de chemin de fer.

jeudi 7 février 2008

♫ Je sais bien qu'un ex amour n'a pas de chance ou si peu ♫

Je t'ai déjà dit ce que je pensais des ex. Que du mal voilà.

Non mais bon tu m'as compris. Faut avancer dans la vie, c'est une évidence, et vu qu'on n'a pas assez d'essence pour faire la route dans l'autre sens, eh ben on avance. On n'est pas des foules sentimentales non plus, oh !, sois un homme merde. J'ai toujours dit que pour moi ça relevait de la régression, les phases "je revois mon ex de temps en temps", je le clame haut et fort, les ex il ne faut pas...et le fait que l'homme qui partage ma vie soit aussi un ex, étant donné qu'on s'est séparé un moment, le fait que (je m'en rends bien compte) j'ai pas du tout l'air crédible, là, à faire le contraire de ce que je dis, disons que c'est juste l'exception qui confirme la règle. Oui oh eh ça va hein.

Mais quand monamour reçoit un coup de fil d'une vieille copine qui l'invite à l'anniversaire d'une autre vieille copine qui se trouve être son ex à lui, monamour...à ce moment très précis, qu'est-ce que tu fais de tes belles théories ? Tu le laisses parler. Et lui il dit : tu voudras venir ? Non parce que j'ai peur que tu t'ennuies, ça risque de tourner à la réunion d'anciens combattants...Là par exemple je pourrais le couper d'un petit ton acide : ah ouais tu préfèrerais y aller seul à ce que je vois, on se demande bien pourquoi...Mais je te rappelle que je suis pas jalouse, j'ai beau faire, c'est pas mon truc, je manque de repartie à ce niveau-là. D'autant qu'il me laisse pas le temps :...mais ça me ferait hyper plaisir que tu viennes, et eux aussi, ils seraient contents de te rencontrer.

Après j'apprends que le mec de l'ex en question s'est récemment fait la malle, ce qui fait de lui l'ex de l'ex de ex-ex-monamour, n'est-ce pas, mais on s'en fout, n'est-ce pas bis, enfin pas complètement non plus, surtout que ça lui a fait de la peine à l'ex de monamour, normal hein, elle avait quand même envie de faire sa vie avec le père de ses enfants...

Bon je sais pas si tu suis, je me méfie avec toi maintenant. Simplifions : monamour est invité à l'anniversaire de son ex et elle est célibataire depuis peu, avec deux enfants en bas âge et une grande maison à la campagne, qui n'attend qu'un homme pour compléter le tableau. Non mais même pas en rêve que tu vas récupérer monamour, wha la stratégie à deux balles, ouh comment c'est trop nul. Bien évidemment c'est mon inconscient qui parle ici, et comme l'inconscient a pour principale caractéristique de s'écrire comme il se prononce (pour toute réclamation lacanienne je me déclare incompétente), à savoir qu'il n'est pas conscient, en toute logique tu peux jamais être sûr de ton inconscient. Sauf des fois. Mais pas là vu que j'invente. Je suis pas jalouse, combien de fois faudra que je te le dise ?

Je suis pas jalouse mais faut pas trop me chercher non plus. Alors quand une amie commune à monamour et moi nous déclare : ah oui je me souviens d'elle, elle avait un putain de gros cul...oui bon là faut agir. Non parce que moi j'ai pas un gros cul tu vois, j'aurais même plutôt un petit cul, pour ne rien te cacher. Mais attention, le style de petit cul qui peut faire dire J'aime bien ton p'tit cul, un petit cul bien de sa personne hein, je suis une femme à l'aise dans son corps, à l'aise dans sa tête, et mon cul il est très bien comme il est ok ?! On peut peut-être changer de sujet maintenant ? Merci. Cependant quand y a des gros culs dans les parages, je préfère être là, on sait jamais.

Bref j'arrête de te raconter des conneries, je me décide à aller à cette soirée, avec une porte de sortie assez accessible, j'entends par là non pas que j'étais assise à côté de l'issue de secours, mais que ça se passait dans un bar, donc pas en milieu fermé, ce qui est plus facile pour s'esquiver sans que tout le monde fasse Ooooooooooh noooooooooon tu vas pas DÉJÀ partiiiiiiiiiir...Avec une porte de sortie accessible mais aussi une légère appréhension. Même si, bon, y a pas d'enjeu...c'est toujours un moment particulier que de rencontrer les amis d'enfance-adolescence de l'homme de sa vie actuelle (vas-y, touche du bois. Moi je précise "actuelle" sinon ça me paraît un peu pompeux, et puis à mon âge c'est comme si j'avais eu plusieurs vie, tu sais bien, mais dans ma tête je dis "de ma vie" tout court et j'ai presque envie de dire je t'emmerde, mais c'est pas mon genre).

Bon ben voilà c'est fait. Évidemment, dans ce genre de soirée statique autour de plusieurs tables alignées, tu rencontres pas grand-monde à part tes voisins immédiats. Si t'es fumeur, t'as un peu plus de chance d'élargir ton champ. Monamour m'a malaxé le mollet du début à la fin quasiment (et là si j'étais jalouse, j'aurais pu lui sortir : ouais c'est ça, si t'essayes de me rassurer, c'est qu'y a des raisons de s'inquiéter non ? C'est pas mal ça comme scène de jalousie hein ? Mais ça me vient toujours trop tard...avec un peu d'entraînement je vais peut-être y arriver un jour, qui sait ? Non laisse tomber va).

Elle, l'ex, elle m'a fait plutôt bonne impression comme on dit, même si elle a limité ses échanges avec moi à une espèce d'entretien d'embauche, genre que fais-tu dans la vie ? bon jusque-là, que veux-tu ? elle est pas la seule à s'intéresser au faire avant de s'intéresser à l'être, et puis faut bien engager la discussion d'une façon ou d'une autre...Là où elle m'a plus surprise, c'est quand elle a demandé : et quelles sont tes perspectives d'évolution ? Mais sinon ça a été. En plus, y avait aucune raison de se faire du mauvais sang : elle a pas mal maigri à ce qu'il paraît et du coup elle a plus trop un gros cul.

lundi 4 février 2008

Imperius curse

Je me suis fait avoir. Comme une bleue. Là dernièrement.

J'étais en congé. Mais en congé sérieux attention. Parce que oui je...hum...enfin comment dire...je...prépare...un...concours...oui voilà...Je prépare un concours. Eh ben quoi ? rien de plus normal hein. Investir dans quelque chose qui va à peu près certainement rater, d'autres l'ont fait avant moi, je vois pas pourquoi je me priverais, si on va par là on sortirait plus de chez soi...Alors justement c'était le programme. Pas sortir de chez moi, une fois approvisionnée en documents divers, variés et surtout remarquables par l'intérêt qu'ils suscitent. Par exemple : La décentralisation. Ou bien Une histoire des médias. Voire Histoire des idées politiques en France au XIXè siècle. Oui je sais, c'est très excitant, ça fait soupirer de plaisir, t'as les yeux qui brillent. Et encore je te montre pas le reste de la biblio, j'ai peur que rien que d'écrire les titres ça te fasse fuir.

Alors bon je me rends justice quand même, j'ai bien respecté le "pas sortir de chez soi", à part pour une soirée par-ci par-là (mais ça compte pas les soirées hein), un concert à la Guinguette, qui s'appelle plus la Guinguette je te ferai dire, une velléité de prendre les chemins de fer (oui une envie dingue de m'en mettre plein le nez et puis finalement c'est passé, je crois que ça vaut mieux), à la place on s'est fait une balade en vélo avec monamour, ce dimanche où il a fait si beau, 50 bornes en tout, oui monsieur et même pas de courbatures. À part ça donc, j'ai pas bougé de chez moi, je te jure, bien calée sur les gros oreillers, et j'ai pas arrêté de lire. Tu me diras : eh ben c'est bien. Je te dirais : oh putain oui que c'est bien, mais c'est pas vraiment ce que tu crois.

Là où ça a un peu foiré c'est que la biblio, je l'ai pas hyper bossée. Ben non. En fait, dans mon élan de motivation insensée, j'ai aussi emprunté un bouquin en anglais. Oui parce que bon, y a une épreuve en anglais je te signale. Ça partait d'une bonne intention tu noteras. Mais au lieu de prendre, je sais pas moi, mettons un Jane Austen, ou un Dickens, j'ai pris Harry Potter and the Philosopher's stone. Forcément j'ai été obligée d'acheter Harry Potter and the Chamber of secrets. Et puis une chose en entraînant une autre, après The prisoner of Azkaban, il a fallu passer au Goblet of fire...Là j'en suis à la fin de Harry Potter and the Order of the Phoenix. J'ai évidemment déjà acheté le suivant. Et je sais d'avance que je ne pourrai pas attendre que le dernier sorte en poche, c'est foutu d'avance...Depuis 10 jours je suis plongée là-dedans, j'arrive pas à émerger. Bon l'avantage c'est que monamour et moi nous communiquons en anglais. Et j'aime bien dire Her-my-o-nee avec l'accent. Enfin bon tu vois quoi, des trucs essentiels.

Cependant une angoisse m'étreint : je suis presque au bout là, bientôt c'est la fin...Non mais tu comprends pas ? Quand tout sera lu, qu'est-ce que je vais faire dans la vie moi ? Voir les films peut-être...

jeudi 3 janvier 2008

♫ Give me your eyes that I might see the blind man kissing my hands ♫

Oui oh je sais bien, ça devient n'importe quoi, moi-même par moment je me dis à quoi bon ? Sérieux hein, déjà que c'est pas facile facile de fidéliser la clientèle, si en plus je fais ça par-dessus la jambe...Et toi t'es encore là, prêt à foutre le souk et tout ça...Non mais bon tu m'épates quand même à pas lâcher l'affaire comme ça, franchement chapeau. Alors bonne année va, tu l'as bien mérité. Et puis à l'année prochaine hein, allez, salut.

Mais non oh ça va attends, maintenant qu'on est là comme deux cons à se regarder dans le blanc des yeux, ben je vais te parler des miens tiens, que tu sois pas venu pour rien. D'abord, une fois n'est pas coutume, on commence par le chiant. Mais pas n'importe quel chiant : le chiant vu de mes yeux vu (mais pas le film sur Watteau et les femmes là, que oui je l'ai vu mais c'est pas spécialement chiant même si pas spécialement réussi non plus) (mais Testud oui, là je dis oui, toujours). Le chiant de mes yeux lu en fait, car ouais hein, tu sais que soi-disant je prépare un concours.

Alors pour la mise en bouche, deux grands classiques de la chiantitude, j'ai nommé Méthodologie de la dissertation : culture générale, droit public, économie, questions internationales, de Bruno Bachini et Jean Gonié (que l'on peut grossièrement résumer à un mot : ar-ti-cu-le gros malin, sinon on comprend rien)...et La note des synthèse : principes de base, démontage du dossier, montage de la note, dossiers commentés, de Michel Deyra (ne dirait-on pas un manuel pour changer ta roue sur les chemins vicinaux ?). L'Europe de la culture : histoire(s) et enjeux, d'Anne-Marie Autissier, ma foi pas désagréable au cours des cinq premières minutes, reconnaissons-lui une chiantitude légèrement différée, contrairement à La déclinaison et la conjugaison latines où là, pas de doute, tu plonges direct au coeur de la chiantitude extrême, même le Cujus-cujus-cujus (à prononcer couillousse évidemment) (non mais bon tout le monde n'a pas la chance d'être latiniste), même le cujus-cujus-cujus donc, qui a fait les beaux jours de tes années-collège te laisse aujourd'hui de marbre...Mais console-toi, c'est gravé dedans faut croire, vu la vitesse à laquelle reviennent les automatismes. Pour équilibrer, faut lire le Times et son supplément. Ouais parce que si à l'écrit j'ai pris latin, à l'oral (l'espoir fait vivre), j'ai pris anglais. Une histoire de la physique et de la chimie : de Thalès à Einstein, de Jean Rosmorduc, faut bien se cultiver que veux-tu. Pour finir : Le siècle des intellectuels de Michel Winock, alors ça pour le coup c'est plutôt sympatoche tu vois, comparé au reste je veux dire.

Et tout ça sans lunettes mon ami. Et oui parce que normalement je porte des lunettes, à 84 ans c'est normal hein. Voilà pourquoi c'est si chiant ces lectures, t'as tout compris, j'y vois que dalle ah aha ha...Ouais bon. Figure-toi que depuis peu je me suis mise aux lentilles. Oh la la comme ça change tout. Au début c'est la lutte, parce que va essayer de te mettre le doigt dans l'oeil sans le fermer et on en reparle. Mais après, une fois que t'as atteint le temps optimal de 15 secondes par oeil, j'écarquille, je pose, hop au suivant, à partir de ce moment-là disais-je, ta vie elle est belle et sans angle mort au niveau de la vision latérale...Cela dit, je me suis aussi offert une nouvelle paire de lunettes, que je porte très très rarement du coup, et je trouve qu'avec ça sur le nez je ressemble à l'intello dans Scoubidou (pas celle du film, celle du dessin animé) mais monamour dit que non, ça fait plutôt présentatrice télé. Bref on s'en fout vu que maintenant c'est lentilles. L'appréhension que j'avais, au départ, c'était de perdre mon sex-appeal...t'imagines la catastrophe ? Hors de question. Mais ça va au final, les lentilles ça reste comestible et digeste, je continue à me faire draguer dans la rue...et ça vois-tu c'est primordial, en dehors du bronzage évidemment...j'ai songé un moment à te faire une chute hyper relou, hyper hyper relou, une chute qui fout la honte à son auteur, à moi donc oui, une chute qui dirait en substance : fini le temps de la femme à lunettes, place à la femme à lentilles mais rassure-toi, à lentilles et saucisses. Mais non quand même, on a sa dignité.

lundi 10 décembre 2007

♫ And we'll keep on fighting till the end ♫

Malgré mon âgé avancé, figure-toi que je porte des jeans et que je fréquente des djeuns.

Des jeunes quoi. Mais pas des jeunes relativement à moi, non, des jeunes dans l'absolu, des vrais de vrais, des qui vont encore à l'école et/ou qui ont des boutons. Tu me diras, y a des profs acnéiques. Ouais, t'en encore décidé de faire ta mauvaise tête. Quand je dis je les fréquente, pour te donner un exemple, ils m'invitent chez eux. Forcément j'appréhende, vu que le conflit des générations c'est écrit dans les livres je te signale. Mais j'y vais.

Ah oui parce que les jeunes des fois ça a un chez-soi. Pas toujours hein attention, bien souvent ça vit chez ses vieux un jeune. Ou alors en cité U, ce qui n'a rien à voir avec les supermarchés. Quoique. Cependant y a aussi les adeptes de la colocation, plus on est de fous moins on paye, voire les couples de djeuns qui vivent à la colle (alors ça, autant te dire que ça me dépasse : tu sais bien que j'ai attendu 84 ans avant de m'y mettre...Ouais eh ben je suis pas précoce, un problème ?) (non mais en vrai j'ai vécu avec d'autres hommes que monamour, je t'en parlerai peut-être un jour). Là c'était pendaison de crémaillère. En l'occurrence, ces djeuns, par je ne sais quel hasard, s'étaient équipés du sol au plafond dans un magasin suédois, mon dieu quelle faute de goût, ça sait pas vivre un djeun, toujours à faire des économies de bouts de chandelle, alors que se fournir chez les antiquaires, je voudrais pas dire mais c'est quand même autre chose. Moi par exemple je rêve de la table basse très originale que j'ai vu aux puces ce week-end (bon je sais pas encore par quels moyens je vais me la faire offrir mais là n'est pas la question) (tiens à ce propos, je trouve scandaleux qu'Arte ne diffuse pas les films en VO (ça fait bien intello de gauche, ça, comme remarque non ?). Alors oui, tu vas dire ça n'a rien à voir, mais si je précise que mon fantasme sexuel numéro 1, c'est de braquer une banque (bien sûr que si c'est sexuel) (surtout Al Pacino), tu peux deviner ce que j'ai maté hier soir à la télé). Enfin bon, faut croire que le djeun est globalement pauvre, le pauvre.

Ce qui ne l'empêche pas de te convier à de sympathiques agapes, car le djeun, non content d'être généreux, est un fêtard. Ouais ben facile de faire la fête quand on n'a pas de rhumatismes. Facile de faire la fête quand on peut enchaîner les nuits blanches sans fatiguer. Facile de faire la fête quand on n'a rien de mieux à faire, à part ses études mais bon hein hum. Non crois-moi, le djeun a beau être sacrément noceur, il a aucun mérite.

Laisse-moi maintenant t'introduire la bande de djeuns en présence : un centralien (et non pas un centriste, surtout que je suis pas sûre qu'il ait le droit de vote pour l'instant) (oui on m'apprendrait qu'il a sauté toute l'école primaire que ça m'étonnerait pas), deux polytechniciens (non, pas genre qui savent déboucher une bouteille de vin ET décapsuler une canette de bière, des vrais polytechniciens de l'X) (mais peut-être encore puceaux, c'est pas incompatible), un de l'école des Mines (à ne pas confondre avec un mineur, même si sans aucun doute une belle carrière s'ouvre à lui), deux agrégés de Physique et une agrégée de Lettres Classiques dont un normalien (quoi de plus normal ? à ce stade des présentations, rien ne t'affole).

J'te jure, y a plus de jeunesse.

Là où ça coince pas mais où, au contraire, ça coïncide, c'est que vlà peu de temps, je me suis inscrite à un concours. Ouais je sais, je fais des trucs de ouf parfois. Pour l'instant, dans ma longue vie professionnelle, j'en ai réussi 3 (arrête, tu vas me faire rougir), dont le dernier qui m'a fait faire un gros bond en avant niveau intérêt du travail et rémunération. Non parce que quand tu vois les perspectives d'évolution, tu te dis bon ben va pour le concours, ça ira plus vite...Et là, il m'en reste un à passer, un que j'ai jamais tenté, un qui me mènerait au faîte du sommet tu vois. Mais attention hein, quand tu sais que t'as autant de chance de réussir un concours que de gagner au loto...oui j'exagère oh ça va, en fait t'as plus de chance de gagner au loto (on peut s'apitoyer un peu merde...), puis je te signale que les postes offerts se réduisent comme peau de Balzac pour rester poli. Alors, n'étant pas née de la dernière pluie, je garde présent à l'esprit ce moyen mnémotechnique pour garder les pieds sur terre : dans concours, y a plantigrade, et dans plantigrade, y a se planter, se vautrer, se ramasser...Surtout que celui-là il est dur dur dur et que je suis loin d'être prête. L'idéal serait d'être opérationnelle pour cette session ; en pratique ce sera le cas au plus tôt pour celle d'après.

Endurance mon amie, viens m'habiter pour les mois et années à venir...Et autorise-moi au moins, en guise de distraction, les bals des grandes écoles...

jeudi 29 novembre 2007

♫ It was just to see, just to see...all the things you knew I've written about you ♫

Chhhhhhh...commence pas à te faire remarquer, je crois qu'on nous observe. Discret je te dis. Vas-y viens, planque-toi un peu mieux que ça, tu vas nous faire repérer, sans rire on voit que toi. Bon laisse tomber c'est mort. Ah je te jure ça va pas être simple. À vrai dire, ça pourrait même s'avérer impossible. J'y arrive déjà pas, t'as qu'à voir.

J'ai passé une soirée apéritive avec le charmant charmeur chilien de passage dans mon quartier professionnel pour une séance photo. Attends je reprends mon souffle. C'était très sympa. Non mais voilà ! Tu vois ? tu vois où ça mène ? c'était très sympa...Et pourquoi pas c'était chouette, tant qu'on y est ? Ouais enfin bon, comment te faire comprendre que d'habitude les ex, j'ai pas envie de les revoir ? Et donc, je les revois pas, logique. Ça me paraît plus sain, bien que la salubrité et moi, hein (ouais oh ça va, confonds pas hygiène et salubrité)...La vie communautaire, on est tous des frères, tiens je te présente ton successeur (id est celui qui a eu plus de succès que toi), quelle grande famille...non sincèrement j'y tiens pas. Alors certes, me dira-t-on, pourquoi couper tout lien avec des gens qu'on a aimés ? Eh ben parce qu'on les aime plus banane. Mais comment mais comment, s'indignera-t-on, l'amour est éternel, même s'il change de registre, il n'en demeure pas moins qu'il demeure (oui, j'ai choisi un contradicteur redondant, question de faire-valoir), et une fois passées la haine et la rancune éprouvées lors de certaines séparations, ou une fois passée une période de deuil indispensable, l'amour est toujours là, purifié et éclatant d'altruisme sans désir. T'emballe pas. Je suis désolée mais non. Tu fais ce que tu veux avec tes ex, moi je les revois pas. J'ai jamais transformé des liens d'amour en lien d'amitié, c'est pas demain la veille que ça va changer.

Sauf que là ça m'a fait plaisir. Mais je répète : t'emballe pas, c'est exceptionnel, je ferai pas ça tous les jours (et c'est tant mieux, vu que j'ai pas de tablier de ménagère) (si la référence t'échappe, eu égard à ton jeune âge...ben je sais pas moi, grandis un peu merde) (ou cultive-toi). Bref on passe une bonne soirée bien qu'on galère pour rejoindre le quartier et on finit au fond du bar en bas, là où y a l'ordi, il tape charmant charmeur chilien et sur quoi qu'il tombe ? Eh oui, t'as tout compris. Ah il est fier de lui. Grillée la fille. En même temps, n'étant plus un des sujets principaux de ce blog, il peut lire hein. Mais franchement j'aurais peut-être mieux fait d'accepter de monter chez lui non ?

En plus c'est pas fini. Dans la même lignée, mais pas tout à fait, vu qu'on a été ami avant d'être amant, j'ai revu l'Écrivain. Je t'en ai déjà parlé (ah tiens à ce propos, il se pourrait que je mette à nouveau à ta disposition les archives dissimulées, ce qui m'éviterait de contextualiser à tout propos) : on a cru pouvoir s'entendre à tous les niveaux alors que pas du tout, du coup y a eu comme qui dirait rupture, et pour le coup (je pèse mes mots) rupture à tous les niveaux. Et puis là, il m'envoie un SMS, on va boire des coups (ah, celui-ci est involontaire par contre), on parle de nos couples respectifs, des livres qu'on a lus...

J'insère ici, oh je sais que ça n'intéresse pas grand monde, je fais ça pour mémoire plus que pour t'inciter à lire, te casse pas va...j'insère ici, car je suis chez moi ok ? la rubrique "dernièrement en lecture chez Ada" : Les coulisses de la grande distribution, de Christian Jacquiau qui date un peu, mais point trop non plus, et qui m'en a appris de belles (et de très moches surtout) ainsi que L'interprétation des meurtres, de Jed Rubenfeld, polar psychanalytique où Freud en personne mène l'enquête.

On parle donc, de tout ça, et surtout d'écriture. Et là, crois-le ou non, je lui confie, dans le plus grand secret (il a dit que jamais au grand jamais il ne divulguerait cette information. Et je le crois. Car j'ai une infinie confiance en l'Écrivain), l'existence de ce blog, sans toutefois lui en révéler l'adresse ni aucun moyen d'y parvenir. Mais qu'est-ce qui m'a pris, tu peux me dire ?

mercredi 21 novembre 2007

♫ Tu portes un tee-shirt tour Eiffel et tu rêves de Paris ♫

Les journées pourries, elles commencent tôt en général.

Je vais pas non plus te faire croire que je me lève aux aurores. Non bien sûr. En tout cas je me suis retrouvée dans la cuisine avec une grosse fatigue due à l'absorption de moult verres d'un excellent vin rouge, sans sulfite et donc sans mal de crâne consécutif, ce qui est déjà pas mal - mais la fatigue si : j'allume une plaque et je pose la casserole sur l'autre pendant que le voisin décide de percer des trous (plutôt gros les trous, à vue d'oreille). Résultat : la soupe est pas chaude et la migraine guette. Monamour gémit sous la couette à cause du rhum. T'as beau boire du vin sans sulfite, si tu mélanges hein, tu sais où ça mène. Mais si tu penses que j'ai le temps d'aller le câliner par imposition des mains, pff tu rêves. Parce qu'à ce moment-là, y a tout qui disjoncte. À force d'empirisme, il s'avère que le problème vient des plaques chauffantes, bon très bien, organisons un périmètre de sécurité en déroulant les banderoles jaunes Crime scene (hors réunion : après entretien téléphonique avec un camarade calé en la matière, il ne s'agirait pas d'un décès de fusible, car sinon les plaques ne fonctionneraient plus du tout, or si, mais 30 secondes maximum et après ça disjoncte. Diagnostic : y a un court-jus quelque part). Bref. Je vais pas me résigner à boire du jus de pommes quand même merde...c'est bon pour la femme enceinte qui nous rend parfois visite mais y a des limites : je sors les vieilles plaques de dépannage, au son exaspérant de la perceuse en folie. Monamour a enfoui sa tête sous plusieurs oreillers. En contribution positiviste je fais valoir que le voisin a le bon goût de s'activer un jour de semaine, à l'heure où la France laborieuse est en route pour gagner sa pitance.

Parlons-en tiens, vu qu'il est grand temps de se fringuer. En ces périodes de longue marche, je chausse les baskets (sac au dos garni des autres). La bonne idée que voilà. Y a pas à dire, je suis tellement sportive que les chaussures de sport, elles m'ont fait une ampoule à force de jamais les porter. Évidemment ce matin-là il n'y a plus de pansements. Puis la rue. Ah là là, la rue les jours de grève (que je soutiens soit dit en passant). Tu sais que souvent le Parisien est incapable de se repérer dans sa propre ville ? qu'il l'arpente plan en main en demandant sa route toutes les trois rues ? Tu sais que les flics font la circulation pour réguler le trafic piéton dans le métro ? Et comme ils ferment certaines sorties, dans quel objectif, va savoir, j'ai pas pris le temps de m'en informer...tu sais que t'as l'air d'un con à piétiner au sein du troupeau dans l'espoir de sortir de la ligne 14 ?

Il te reste le Vélib, certes, mais le Vélib éclopé. N'imagine pas une seule seconde qu'aux heures de pointe il pourra te revenir autre chose qu'un truc sans frein ou qui roule sur la jante. À moins bien sûr de faire comme mon collègue, à savoir, tandis que la ville dort encore, se lever aux aurores. Mais on t'a déjà dit que non.

lundi 12 novembre 2007

Putain c'qu'il est pas blême, mon pas HLM

Victoire ! Alléluia ! Hosanna ! Je dirais même plus : Eurêka ! Nous avons trouvé !

Comme tu as pu le constater, on a mis le temps. Faut dire aussi qu'on avait des exigences, tu crois quoi ? Déjà, une vraie cuisine, pas un truc à l'américaine, que certes, ça te fait un très joli comptoir avec les tabourets de bar ♫ garçon y a marée basse, remets voir la p'tite soeur ♫, certes, mais en même temps ça te bouffe l'espace dans le salon, et au final ça s'appelle plus un deux-pièces l'affaire. Pas trop au sud, pas trop rive gauche si tu préfères, mais pas rive droite non plus (du moins au sens défiguré du terme) vu que les XVIè et XVIIè arrondissements moi ça me fout la trouille, et ça tombe bien j'ai dans l'idée que c'est réciproque. Pas trop au sud donc, mais donnant plein sud de préférence rapport à la luminosité de notre grise capitale. Une baignoire c'est mieux, à tous points de vue, que ce soit pour la sex-thalasso ou pour éviter la douche, multi-jets peut-être, mais dans un placard. Chauffage et eau chaude centralisés, histoire de passer l'hiver au chaud sans avoir le compteur qui démarre dans la tête dès que t'allumes un radiateur (non parce franchement, à 84 ans j'estime que j'ai passé l'âge d'empiler les couches de fringues à cause d'un chauffage électrique pourri qui te laisse, de toutes façons, le bout du nez tout froid) (si encore j'avais une truffe, je dis pas, mais on n'est pas des chiens merde). Des placards intégrés pour optimiser l'agencement. Et puis, petite cerise sur le gâteau, pas loin du canal. Eh bien, ces critères étant réunis, nous avons eu l'honneur de nous installer ce week-end. Ouais.

Alors bon, pour l'instant, à la nuit tombée nous vivons dans une ambiance très tamisée, sous la lumière douce de petites lampes de chevet, car les plafonniers sont absents des deux pièces principales ; on dort sur le clic-clac du salon, vu que dans la chambre le sommier attend d'être garni d'un matelas ; le matin c'est à qui atteindra l'unique casserole le premier, qui pour faire chauffer son lait, qui pour faire chauffer sa soupe (à 84 ans, j'estime que j'ai le droit de manger de la soupe le matin), oui tu as bien entendu, l'unique casserole, on ne sait pas s'il y en a d'autres dans les cartons encore fermés ou si les esprits frappeurs du déménagement nous ont joué des tours...Par contre on a trois poeles, y a quand même une justice. Pour finir, j'ai pris conscience, à mon grand désarroi, qu'en deux mois d'errance de plan B en plan C d'apparts vides amicalement prêtés, durant ces deux petits mois de rien du tout, j'ai eu le temps d'accumuler un volume impressionnant de volumes, au point qu'il faut, non mais c'est dingue (c'est d'autant plus dingue, j'insiste, que je n'ai pas cessé de me dire : c'est pas le moment d'accumuler les livres, tu vas bientôt déménager, ça va t'emcombrer), au point qu'il faut, disais-je, une bibliothèque supplémentaire pour les caser. Ce qui m'amène à la seconde partie de cette note, à savoir les livres de la quinzaine (enfin je crois, j'ai pas compté les jours).

Sujet Angot, de Christine Angot, je poursuis mon exploration du couple dans tous ses états, éclaté en l'occurrence. Qu'est-ce que tu veux que je te dise, j'aime Christine Angot, et qu'on vienne pas lui parler (ni à moi non plus) d'auto-fiction ok ?

Hannibal Lecter : les origines du mal, de Thomas Harris, bon ben je te le présente pas celui-ci, je crois que vous vous êtes déjà rencontrés. Écoute, ça fait passer le temps hein, genre à la laverie, ou quand tu fais la queue pour rentrer dans le musée (non mais je serais toi, j'achèterais un billet coupe-file, je dis ça pour ton bien, moi je paye pas).

Père-fille : une histoire de regard, de Didier Lauru, mouais, c'est pas pour dire mais il enfonce un peu des portes ouvertes le coco. Après c'est pas forcément des conneries, juste si tu vois à quoi correspond le complexe d'Oedipe au féminin, tu peux te l'épargner. Monamour, qui l'a lu de son côté et qui, je me dois de le préciser, dédaigne généralement toute littérature psychologisante, a appris des trucs lui, il va même jusqu'à dire que maintenant, sous ce nouvel éclairage, il arrive à deviner le père derrière la fille. Enfin bon, c'est toi qui vois.
L'élégance du hérisson, de Muriel Barbery. Je suppose que t'en as entendu parler, en ce moment tout le monde le lit, j'en vois plein dans le métro. La petite fille surdouée et la concierge autodidacte cultivée, non ? ça te dit rien ? C'est ce que Gavalda pourrait faire si elle travaillait son style. La philosophie en plus. Bref, ça m'a ni transcendée ni dégoûtée. Moyen quoi.

Les travers du docteur Porc : une enquête du docteur Porc, de Tran-Nhut, ah là là quelles délices ! Le docteur Porc vit au Dai-Viet, au XVIIè siècle, il est obèse, il pue de la gueule mais il a un visage magnifique et il mène l'enquête. Vas-y voir, franchement.

Chirac et les 40 menteurs...de Jean Montaldo, en lecture à voix haute avec monamour. J'ai pas lu celui sur Mitterrand (et les 40 voleurs). Là on se fade les mécanismes complexes des marchés truqués d'Ile-de-France, mais c'est intéressant, même si très redondant vu qu'il recoupe les témoignages pour les besoins de la démonstration. Montaldo a une plume très fleurie, ce qui ne gâche rien. Quant à savoir si c'est un extrêmiste de droite...?

Le choix de Sophie, de William Styron. Comment te dire ? je me suis laissée embarquer et je dévore. Pas vu le film, jamais rien lu de Styron et là, paf ! J'en suis à la moitié, je trouve ça parfois (rarement pour être exacte, mais quand même) mièvre, je ne saurais qualifier le style, pas foncièrement original à mon goût, mais je suis scotchée, va comprendre...J'oublie de dire que, malgré le sujet, c'est drôle. Non parce qu'un gars qui te cause camp d'extermination, esclavage et sudistes américains, et aliénation, et racisme - bon et amour ok c'est vrai - a priori tu te dis, ça va pas être drôle. Eh ben si.

Tu nous en veux pas, on a laissé Keynes de côté pour l'instant, ce qui fait de lui, en l'état actuel des choses, un adolescent attardé. Mais je te tiens au courant, comme promis.