lundi 19 juin 2006

Bourgeois ou bohême...allo maman bobo

Souvenez-vous, je me trouvais, vendredi soir, face à une situation délicate...D'aucuns parleraient d'embarras du choix...En ce qui me concerne je dirai juste dilemme cornélien, restons simples. Mais ce genre de décision présente l'insigne avantage de mieux cerner ses priorités.

Alors voilà, c'est maintenant avéré : entre l'amour, l'amitié et le sexe, Ada choisit le sexe. Victoire du Chili par 1 à 0. Pas glorieux mais bien agréable.

Non mais vous avez vu ? Je suis toute penaude là, limite j'aurais honte ? Eh bien non, pas du tout. J'assume. Je revendique mon droit au sexe ! La lutte continue, je brûle mon soutien-gorge, manisfestons camarades...!

Ok c'est bon, je vous raconte mon week-end. Chaud devant !

Le charmant charmeur chilien est donc bien venu me chercher au taff, sur son skate collector qui date de l'époque où on n'avait pas inventé la roue (1975 (environ) avant le crucifié le plus célèbre au monde). Les p'tits djeuns l'arrêtent dans la rue pour admirer l'engin, c'est vous dire. Nous partîmes en quête d'un milk-shake, mais il était dit que ce jour-là le sort nous réserverait des sucreries d'un autre genre (vous verrez). En attendant, nous voici en terrasse, devant une bonne vieille pression des familles. On se raconte les dernières nouvelles. Il me propose de retrouver sa soeur sur une autre terrasse, où nous grignotons quelques brochettes pas dégueu ma foi. Y a des musicos qui répètent dans la salle et le chanteur a un peu une voix de fausset, ce qui en soi ne serait pas gênant si toutefois il chantait juste. À part ça tout va bien.

Plus tard chez lui...C'est là qu'entrent en jeu les sucreries sus-mentionnées. Quand je vous aurais dit que pour moi c'était une grande première, vous comprendrez qu'il ne s'agit pas de ce à quoi vous pensez. Eh non bande d'obsédés. Ça nécessite une paille, mais pas pour la bouche, plutôt en chemin de fer...La nuit fut bien blanche, avec une pêche d'enfer, et chaude.

Samedi, réveil en milieu d'après-midi. Brunch tardif fait maison, le charmant charmeur chilien étant un dieu du logis très attentionné. Y avait une brocante dans le coin. On a fait mine de s'y balader, de mater les vinyls. Mais franchement, les gars qui vendent leurs vieilles chaussures qui ont bien pris la forme de leurs pieds, ou des dinosaures en plastoc, et pourquoi pas des pin's...j'étais trop fatiguée pour apprécier. On atterrit chez sa soeur (on est tous voisins ! que le monde est petit ! ( ♫ et que la terre est basse, holidays oh oh holidays...♫ )), pour siroter un rhum-piment-épices que tellement y en a, tu peux pas toutes les reconnaître. Par contre après, ce que tu peux faire, c'est t'improviser cracheur de feu, sans problème.

Deuxième grande première (comment une première peut être deuxième, je vous demande d'y réfléchir, ça nous fera gagner du temps), samedi soir nous étions dans un bar-tabac, pas de la rue des Martyrs, non, mais un qui pourrait s'appeler le Balto ou le Rallye, tu verrais pas la différence (je passe beaucoup au tutoiement en ce moment, mais on commence à se connaître, on peut bien se permettre). Avec toutes ces expulsions- carton rouge (c'est pour qui le p'tit rouge ?), Sarko n'a qu'à bien se tenir (non mais faites un effort, c'est possible). Je crois avoir compris la règle du hors-jeu, c'est un peu comme quand tu es hors sujet mais pas exactement. Et puis là n'est pas l'essentiel. L'essentiel c'est l'ambiance du tonnerre dans la salle.

Dimanche petit déj en terrasse. Conversation à haute teneur phyto-métaphysique que je synthétiserais par cet axiome : sachant que l'infiniment grand rejoint l'infiniment petit, les plantes ont une conscience. La preuve : quand tu passes à côté d'une plante avec des ciseaux, elle dit rien (ah je t'assure qu'elle dit rien). Toi, admettons, tu en coupes un bout. Si tu repasses avec tes ciseaux, bon la plante dit toujours rien (non mais n'insiste pas, ça c'est acquis), par contre, attention, elle se rétracte. Alors bon hein, inutile de pousser plus loin la démonstration. Y a pas de fumée sans feu, mais y a de la conscience sans cerveau. Et on devrait enseigner ça aux enfants dès leur plus jeune âge. Absolument. C'est normal que t'aies du mal à assimiler, ça leur a fait ça aussi quand on leur a dit que la Terre est ronde.

Pique-nique au parc de Belleville. Un trou de verdure, sans rivière chantante (le coin où les gosses pataugent est trop peuplé), mais un val qui mousse de rayon. On a mangé plein de fruits, ça s'est fini à la fraîche au bord du canal.

Bilan. Le charmant charmeur chilien est volage. Moi aussi. Il aime les frites. Moi aussi. On s'entend bien. Moi aussi. On pourrait former une sorte de couple très libéré. On pourrait. (Ex)-monamour écourte son séjour provincial parce qu'il se galère trop et que je lui manque, il arrive d'ici quelques jours. Ce week-end a été une fête permanente, même sur les choses les plus simples (et ça n'a rien à voir avec une quelconque substance qui n'a été qu'un amusement passager). J'avais de sacrés beaux projets avec (ex)-monamour. Je ne réaliserai jamais ces projets avec le charmant charmeur chilien (ouais, jamais dire jamais, mais bon). (Ex)-monamour est plus en phase que jamais avec ces projets. Je me pose ou je continue à papilloner.

Chaos mental bordélique façon capharnaüm perméable aux intempéries, ça vous dit quelque chose ?

vendredi 16 juin 2006

Des chiffres et des lettres

Quoi encore ? J'ai rien à dire là. Rien à déclarer. Circulez, y a rien à voir. Si l'homme était moins curieux, y aurait pas autant d'embouteillages sur les autoroutes accidentées et les couloirs du web deviendraient des boulevards pour le surf.


Non mais c'est bon, j'ai l'air d'être de mauvaise humeur mais c'est juste histoire de dire hein...Bientôt le week-end, on va quand même pas se laisser emmerder non mais. Y a juste que je dois pondre des statistiques, je cite, "en express svp". Y a une chanson qui dit ♫ Aucun express ne m'emmènera vers la félicité ♫, alors on se calme, y a pas le feu au lac.

Évidemment j'étais en congé-maladie (oui bon, j'y peux rien moi s'il faisait beau, ça a fait plaisir à tout le monde que je sache). Donc j'ai pas fait mes stats du mois de mai. Et encore, je suis pas la plus cancre. Y en a, ils ont pas rendu leurs stats depuis mars. Ouh les vilains pas beaux ! Sachant que ces chiffres qu'on nous demandent de fournir finissent dans des tableaux (d'accord, de superbes tableaux excel, que si tu fermes les volets (ou si tu les ouvres, j'sais plus), bon ok la lumière fait briller la poussière de ton parquet, mais surtout t'as les lignes qui défilent mais pas la première, celle-là elle reste bien en place pour t'indiquer de quoi elle te parle, tu vois quoi), des tableaux qui eux-mêmes finissent par disparaître, enfin moi en tout cas je les revois jamais, peut-être sont-ils biodégradables et donc plutôt écologiques au final...Mais surtout de quoi j'me mêle hein ? Je te demande moi de compter combien d'heures t'as passé à faire ci et combien à faire ça ? et combien de temps tu as donné à la sacro-sainte mission de service public...mais attention seulement du lundi au vendredi hein...les samedis et dimanches c'est pas dans la même case, d'ailleurs y a pas de case pour ça, non, le service public du week-end tu le mets dans la case "Récupération" s'il te plaît. Et les réunions tu les comptes en heures, pas en nombre de réunions. Et normalement dans la case "Autres" tu n'as rien à mettre parce que tout a été soigneusement répertorié, y a pas d'oubli a priori. Tu parles, moi dans la case "Autres", je mets le temps que je passe à faire mes stats. Na.

J'arrête de vous souler, c'est contagieux.

Alors bon, le divan c'est bien, et le mieux est l'ennemi du bien, mais le thon blanc c'est excellent...Cependant quand je reçois simultanément :

Salut Ada, tout se passe bien ? Moi j'ai passé une nuit horrible. J'ai veillé jusqu'à 5h30, lumière et TV allumées, trop nerveux pour dormir à l'idée de me retrouver seul, entre quatre murs inconnus, dans une ville inconnue. (...) Ce soir si je ne suis pas trop crevé, j'irai au théâtre. Et toi, quoi de prévu ? Je t'appelle avant le théâtre (...) (Vous l'aurez compris, c'est signé (ex)-monamour)

et :

Aloha ! Tu bosses bien à XXX ? Je sk8 (franchement si je ne savais pas qu'il fait du skate, j'aurais rien compris) ds le coin, jsré bien passé voir lé XXX et tattendre a ta sortie stv ?! (oui, c'est bien le charmant charmeur chilien)

qu'est-ce que je fais ? Je saute dans un TGV pour aller réconforter pauvre (ex)-monamour ? Ou je fais visiter mon prestigieux lieu de travail en me laissant bizouter comme une collégienne derrière les escaliers, là ousqu'on fume mais les pions disent rien ? Ou encore, troisième voie, je vais pisque-niquer avec les potes dans le parc de la Villette, comme nous en avions convenu antérieurement ?

Des chiffres et des lettres

Quoi encore ? J'ai rien à dire là. Rien à déclarer. Circulez, y a rien à voir. Si l'homme était moins curieux, y aurait pas autant d'embouteillages sur les autoroutes accidentées et les couloirs du web deviendraient des boulevards pour le surf.

Non mais c'est bon, j'ai l'air d'être de mauvaise humeur mais c'est juste histoire de dire hein...Bientôt le week-end, on va quand même pas se laisser emmerder non mais. Y a juste que je dois pondre des statistiques, je cite, "en express svp". Y a une chanson qui dit ♫ Aucun express ne m'emmènera vers la félicité ♫, alors on se calme, y a pas le feu au lac.

Évidemment j'étais en congé-maladie (oui bon, j'y peux rien moi s'il faisait beau, ça a fait plaisir à tout le monde que je sache). Donc j'ai pas fait mes stats du mois de mai. Et encore, je suis pas la plus cancre. Y en a, ils ont pas rendu leurs stats depuis mars. Ouh les vilains pas beaux ! Sachant que ces chiffres qu'on nous demandent de fournir finissent dans des tableaux (d'accord, de superbes tableaux excel, que si tu fermes les volets (ou si tu les ouvres, j'sais plus), bon ok la lumière fait briller la poussière de ton parquet, mais surtout t'as les lignes qui défilent mais pas la première, celle-là elle reste bien en place pour t'indiquer de quoi elle te parle, tu vois quoi), des tableaux qui eux-mêmes finissent par disparaître, enfin moi en tout cas je les revois jamais, peut-être sont-ils biodégradables et donc plutôt écologiques au final...Mais surtout de quoi j'me mêle hein ? Je te demande moi de compter combien d'heures t'as passé à faire ci et combien à faire ça ? et combien de temps tu as donné à la sacro-sainte mission de service public...mais attention seulement du lundi au vendredi hein...les samedis et dimanches c'est pas dans la même case, d'ailleurs y a pas de case pour ça, non, le service public du week-end tu le mets dans la case "Récupération" s'il te plaît. Et les réunions tu les comptes en heures, pas en nombre de réunions. Et normalement dans la case "Autres" tu n'as rien à mettre parce que tout a été soigneusement répertorié, y a pas d'oubli a priori. Tu parles, moi dans la case "Autres", je mets le temps que je passe à faire mes stats. Na.

J'arrête de vous souler, c'est contagieux.

Alors bon, le divan c'est bien, et le mieux est l'ennemi du bien, mais le thon blanc c'est excellent...Cependant quand je reçois simultanément :

Salut Ada, tout se passe bien ? Moi j'ai passé une nuit horrible. J'ai veillé jusqu'à 5h30, lumière et TV allumées, trop nerveux pour dormir à l'idée de me retrouver seul, entre quatre murs inconnus, dans une ville inconnue. (...) Ce soir si je ne suis pas trop crevé, j'irai au théâtre. Et toi, quoi de prévu ? Je t'appelle avant le théâtre (...) (Vous l'aurez compris, c'est signé (ex)-monamour)

et :

Aloha ! Tu bosses bien à XXX ? Je sk8 (franchement si je ne savais pas qu'il fait du skate, j'aurais rien compris) ds le coin, jsré bien passé voir lé XXX et tattendre a ta sortie stv ?! (oui, c'est bien le charmant charmeur chilien)

qu'est-ce que je fais ? Je saute dans un TGV pour aller réconforter pauvre (ex)-monamour ? Ou je fais visiter mon prestigieux lieu de travail en me laissant bizouter comme une collégienne derrière les escaliers, là ousqu'on fume mais les pions disent rien ? Ou encore, troisième voie, je vais pisque-niquer avec les potes dans le parc de la Villette, comme nous en avions convenu antérieurement ?

jeudi 15 juin 2006

In the mood for Love, etc

Oui, je sais ce que vous allez dire...Alors chantons les amis, en ce jour de retrouvailles (sous la fameuse grisaille parisienne, celle qui aura ma peau dorée), chantons ! ♫ Je rentre un peu tard je sais, 18 ans de retard c'est vrai, mais j'ai trouvé mes allumettes, dans une rue du Massachusetts...C'est moi, c'est l'Italien, est-ce qu'il y a quelqu'un ? ♫ Oui bon voilà, I'm back.

Je vous propose une approche thématique de ces dernières semaines.

L'opération.

Entrée à l'hosto à 18h, anesthésie à 18h30, réveil à 19h15 (pas de morphine malgré mes tentatives d'apitoiement), retour en chambre à 20h, remise en liberté 48h après. Emballez, c'est pesé. En bonus 3 semaines d'arrêt de travail pour cause rendez-vous hebdomadaire avec le gynéco. Ok je prends.

La plage.

Eau chaude, soleil de plomb, léger vent, pédalo (ouais j'ai fait du pédalo. Même que le gars nous a pourchassé parce qu'on s'éloignait trop de la zone balisée. C'est vrai qu'on commençait à se dire que la mer s'agitait drôlement). Je suis pas loin d'être noire, ce qui est du plus bel effet au taff : Alors ma pauvre, ça va mieux ? Oh mais tu as vraiment bonne mine...Euh oui, la luxthérapie, tu connais pas ?

La fête.

À l'ombre des platanes, les débuts de soirée sont doux, cueillez, cueillez vostre jeunesse...Les dîners en terrasse. La nuit à nous.

J'ai dansé dans une boîte où la moyenne d'âge était effrayante. Imaginez une foule de gens tous nés APRES 1985. Un jeune homme voulait m'inviter chez lui (vu qu'il habitait juste à côté. C'est marrant comme ils habitent tous juste à côté hein ? Viens, c'est pas loin...Ils ont des prix à cause des nuisances sonores ou bien c'est un baratin standard ?). J'ai refusé mais nous avons discuté. Comme il s'enquerrait de mon âge et que j'annonçais 25 (ouh la menteuse ! Oui bon, mais dans ces milieux hostiles, faut bien s'adapter pour survivre...), il a eu un regard étonné qui voulait dire "waw, mais t'es vieille alors ?"...ce qui en un sens est flatteur, vu qu'en réalité j'ai 82 ans...mais bon faudrait leur dire qu'il y a une vie après l'adolescence quand même.

L'amour.

Ça se complexifie. Forcément. Le gosse beau (souvenez-vous, champion de la dictée de Pivot, il remet son titre en jeu tous les ans, même pas peur) m'a rejoint quelques jours autour de l'Ascension (non, c'est pas une région. Là ousque j'étais, pour vous donner un indice, les aides-soignantes m'appelaient peucheurette). Ça se confirme, nous avons bien 11 ans d'écart...Il se nourrit de hamburgers (notamment celui qui te met du soleil à l'intérieur de toi) et de kebabs. Moi je mangeais les frites...Mais si c'est pas mimi de poser des congés spécialement pour moi ! Bref il a fait chaud.

En parlant de coup de chaud, j'ai bien failli perdre mon permis de conduire. J'vous raconte ? Bon allez, c'est bien parce que c'est vous. Mais attention, il ne faut pas reproduire cette expérience à la maison, elle a été réalisée par des spécialistes. Petit matin, sortie de boîte. Je suis au volant. Le gosse beau n'est pas vraiment d'accord mais j'insiste en lui disant que de toutes façons on va se faire arrêter, et que si quelqu'un doit se sacrifier, c'est moi, vu que lui il a vraiment besoin de sa caisse, tandis que moi, hein, à Paris c'est métro-bus de nuit-éventuellement taxi, alors...En fait sous cette façade altruiste se cache une puérile envie de conduire sa voiture de ministre avec GPS intégré...Nous roulons. Je lance pour rire "Eh te retourne pas, j'crois qu'on est suivi". D'un coup d'oeil dans le rétro, le gosse beau m'annonce qu'il s'agit d'une voiture de police et qu'ils nous font des appels de phare. Ah ! alors ? c'est qui madame Soleil ? hein ? c'est qui ? Bonsoir, dites-moi mademoiselle, vous chaloupez un peu là hein ? Vous avez consommé ? Oh non, pensez-vous, en plus j'habite juste à côté (toujours dire qu'on habite juste à côté, les jeunes l'ont bien compris). Vous avez les papiers du véhicule ? (Il faut vous dire que la voiture a une plaque toute chelou car elle est immatriculée en France mais depuis l'étranger, ce qui lui fait une tête bizarre). Pendant qu'il s'éloigne pour lire la paperasse, je demande au gosse beau de me passer un chewing-gum, vu que peu de temps auparavant il m'a appris, mais c'est à vérifier, et non pas à expérimenter je répète, que ça fausse l'alcootest. Pas le temps, il me file celui qu'il a déjà dans la bouche. Est-ce que ça suffira à masquer la vodka ? Je me vois déjà interdite de conduite pour les siècles des siècles avec PV qui mettra sur la paille ma descendance jusqu'à extinction de la dynastie...Le flic revient, me recommande la prudence et roule Mimile ! Bénissons l'entité divine qui a voulu qu'ils n'aient pas le matos pour me faire souffler, loué soit le Seigneur qui rend la police indulgente !

Le gosse beau est reparti dans sa lointaine contrée. Exit le gosse beau. Entrée en scène d'(ex)-monamour. Oui, y a des parenthèses sur l'ex. Après de longues heures au téléphone au cours desquelles je lui faisais part de mon ras-le-bol de cette relation bâtarde, (ex)-monamour me dit qu'il m'aime, que c'est sérieux, et pour le prouver, il me rejoint en louant illico presto un studio dans cette petite ville de province où je coule des jours heureux de convalescente qui fait la teuf. Inutile de préciser que nous avons passé des vacances de rêve. Oui inutile. Le seul hic, c'est qu'il y est encore, ayant pris une location mensuelle...Avec l'idée, en prime, de s'installer dans la région. Mais sinon on est ensemble...Je viens de recevoir un mail où il écrit en lettres capitales JE T'AIME. Je ne sais pas quand on se reverra. Tout cela est d'une simplicité les amis...D'où les parenthèses, restons prudents.

Parallèlement j'ai reçu plusieurs coups de fil d'un mystérieux inconnu avec qui j'aurais discuté dans une soirée et qui a très envie de me revoir. Je ne vois pas du tout qui est ce jeune homme, c'est bien simple : je ne le connais pas et surtout, je ne lui ai pas donné mon numéro de téléphone malgré ce qu'il prétend (mais qui alors ? qui a osé lui donner mes coordonnées sans m'en parler ? Un traître ou une traîtresse se cache parmi mes connaissances, je mène l'enquête).

Pour corser le tout, le charmant charmeur chilien se rappelle à mon bon souvenir par SMS interposés.

Pendant mon absence :

Soigne toi bien ptite marmotte ! jtenvoie plein pleins dbizous !

Hello ! Jespère ke tu vas bien é ktout se passe bien pr toi Je pense à toi é jtenvoie plein dpensées positives et pleins dbizous !

Profite bien du soleil ! Bonnes vacances !

Jtenvoie une pensée chaude pr cette douce soirée d'été !

Dès mon retour :
On peut svoir demain pr le ptit déj ? En fin dmat ou débu daprèm si ta besoin de te reposé ? Le soir jboss juska minuit !

Domage ktu taf demain. Dtoute façon on svoa bientot ! Bonne nuit ptite marmotte

Comment résister ? Faut-il résister ? Je vais m'allonger sur le divan et on en reparle.

vendredi 19 mai 2006

Biz biz, à la prochaine

Camarades, y a du nouveau.

Après un entretien téléphonique, mon gynéco à moi, celui qui me pratique depuis fort longtemps, a accepté de m'hospitaliser en urgence lundi soir. Cet homme est merveilleux. Du coup je me vois dans l'obligation de regagner ma province car c'est là qu'exerce mon sauveur. C'est un endroit fourni en mer et en soleil, ce qui en gâte rien. Et ce petit congé-maladie risque fort de muter en congé tout court (mon bronzage qui, souvenez-vous, est tout de même la priorités des priorités, mon bronzage donc lui dit déjà merci). Autant vous dire que je suis ravie. En conséquence la boutique ferme pour une durée indéterminée.

Quant au charmant charmeur chilien, à l'instar du gosse beau, il m'envoie des SMS, phonétiques certes, mais pour le coup c'est volontaire. Extraits :

Komen vas tu ? Pa tro fatigué (si, et pas pour ce que vous croyez. En fait chez lui, il avait un truc thaïlandais de type végétal...J'vous fait pas un dessin, si ? Ça fait rire et ça a un petit effet aphrodisiaque...Bon. Mais moi le lendemain j'ai la tête dans le brouillard, j'ai perdu l'habitude)

On peut ptéte se voir ce soir si té pa tro fatigué (oui y a des redites. Et donc je répète : si, je suis trop fatiguée.) Sinon demain ou ce w.e ! (voilà, comme ça c'est mieux)

Jé hate de te revoir ! Jte fé pleins dbizous ! (oui moi aussi et moi aussi)

Repose toi bien (merci) Jte bizoute de tous les côtés (tout pareil)

Coucou ptite marmotte ! (on se connaît peu mais il a déjà la base : j'ai besoin de beaucoup de sommeil) Jte fé pleins dptis bibis !

Voilà voilà. Vous l'aurez compris, cet homme aime les baisers.

Bon allez camarades, buvez un coup à ma santé et à bientôt !

jeudi 18 mai 2006

♫ Que ne durent que les moments doux ♫

Soirée avec le charmant charmeur chilien.

À noter : il connaît tout le quartier. Il serre plus de mains que Chirac et Sarko réunis...Du coup on s'en est fait offrir (des coups).

D'autre part il avait une soirée barbecue-foot et il l'a zappée spécialement pour moi (en même temps, c'était un barbecue organisé dans un deux-pièces (oui y a des tarés)...Et il aime pas trop le foot. Petit sacrifice au final. Sauf qu'il s'expose à la rancune de son pote. Mais bon je me fais pas trop de souci).

Enfin, son appart est très mignon. Et rempli de vinyls vu qu'il est DJ.

Je ne dirais qu'une chose : j'ai été très honorée...(ça faisait longtemps que je vous avais pas fait un jeu de mot pourri)

mercredi 17 mai 2006

Rendez-vous (vous êtes cernés)

Ah les amis, malgré mes soucis de santé, il faut bien reconnaître que ce monde de brutes nous offre parfois quelques douceurs.

Hier, si vous avez suivi, j'avais prévu de passer au bar en bas de chez moi. D'abord parce que j'aime ce lieu. Mais aussi dans l'espoir d'apercevoir le charmant qui me fait les yeux doux. J'étais accompagnée du même pote que la dernière fois. Oui je sais, j'avais constaté que ce n'était pas une excellente idée pour émettre des signaux de fille célibataire et open (sous conditions, eh oh, j'ai mes exigences), mais faut croire que j'aime reproduire mes erreurs. Et puis c'est un pote quoi, je vais pas non plus me priver de le voir sous prétexte que y a moyen de moyenner...On papote, essentiellement de la meilleure façon de gérer le fléau qui me persécute (figure de style : hyperbole. Non mais je dis ça comme ça si ça peut aider). Car il connaît une sage-femme. Aucun rapport avec la choucroute, mais par relations interposées, sait-on jamais. J'y crois pas trop cela dit.

Le charmant charmeur se pointe. Joie. Il me dit bonjour. Et s'installe avec une fille (la même que la fois précédente. Mais c'est qui celle-ci ? Si c'est sa petite amie, je trouve scandaleux qu'il me drague ouvertement. Ou qu'il me drague tout court d'ailleurs) (oui bon, je fais pas ma jeune fille en fleur qui nierait l'adultère, mais quand même). Le jeu des yeux de velours recommence. Puis d'autres amis arrivent. Ils sont obligés de changer de table, rapport à l'espace, et je constate qu'il prend bien soin de se positionner de façon à ce que je reste dans son angle de vue. Et ça continue, encore et encore. Il fait beaucoup d'allers et venues, car c'est service au bar, et bizarrement il est toujours volontaire pour aller commander. Ce qui lui permet de passer tout près de moi, qui suis tout près du comptoir. Quel hasard...

Au comptoir, une dame, pilier du lieu, est déjà à un stade relativement avancé pour l'heure (il fait encore jour), très sociable donc, ce qui engendre, entre elle, mon pote, le charmant et moi, l'échange de quelques facéties. L'intérieur du bar se remplit car un concert commence. Mon pote se lève (merci, ça c'est de l'amitié) (bien que je ne lui aie soufflé mot de ce qui se trame et qu'il n'ait rien remarqué. Il doit être distrait). Bref instant avec le charmant charmeur.

Alors voilà, son prénom est un mélange de Caliméro (le petit poussin noir) (nul n'est censé ignorer la loi mais personne n'est à l'abri d'une carence culturelle. Alors je précise si je veux), de calimucho (cocktail vin-coca. Faut aimer. J'avoue que ce n'est pas ma tasse de thé, du tout du tout) (idem (pour les carences)) et de Camille (prénom unisexe) (quoi encore ?), sauf que bien sûr son prénom à lui est vachement plus exotique et trop beau. Oui. Il est d'origine chilienne. Il me dit que ça serait bien qu'on se pose un jour tous les deux, parce qu'il croise mon regard et que...(ah bon, nos regards se croisent ? J'me s'rais pas douté) Alors je lui réponds que je m'appelle Ada, que je suis d'origine vietnamienne et que oui, bien sûr, j'habite dans le quartier, on aura l'occasion de se croiser.

Je sors acheter des cacahuètes pour cause de pénurie d'amuse-gueule. Il me demande si je serai là demain : on a rendez-vous ce soir...

mardi 16 mai 2006

N'en jetez plus, la coupe est pleine

Pas d'hospitalisation dans l'immédiat. Mais ce n'est que partie remise, ne soyez pas trop déçus. En tout cas je vous prie de croire que j'en aurais soupé des urgences.

On m'avait demandé de revenir lundi matin. Ce que je fis. Toujours avec ex-monamour. Examen. Il faut opérer, ça maintenant c'est une certitude. Cependant, comme je n'étais pas à jeun (un thé sucré et une clope, c'est pas à jeun), pas moyen d'intervenir dans l'immédiat. Qu'à cela ne tienne, revenez demain à jeun (pas manger, pas boire, pas fumer à partir de minuit). Ce matin donc. Mais là, pas de chance, avec les urgences de la nuit, le bloc opératoire est blindé de chez blindé.

Dis donc, c'est que ça commence à me souler cette histoire. On m'envoie prendre rendez-vous avec un gynéco de l'hosto, qui est informé de mon cas, qui m'examinera incessamment sous peu et me programmera sur un bloc. Périple dans les allées de l'hôpital vu que si c'est simple, c'est pas drôle...La secrétaire m'annonce qu'on ne peut pas me recevoir avant le 3 juillet. Non mais ça va pas du tout ça. J'explique mon cas. J'essaye de négocier. J'échoue lamentablement. À ce stade, dois-je préciser que le désespoir me gagne ?

Résultat : retour à la case départ. Il faut que je trouve un gynéco en ville (comme on dit), qui m'enverra chez un chirurgien, qui programmera une intervention (car - on pourrait presque le déplorer - ma pathologie, certes chiante, ne présente pas un caractère urgent. Ah bon).

On a coutume de dire que nous avons en France les meilleurs services publics de santé. Je ne contredis pas. Simplement je plains les autres...(et je vais hurler ma rage sur le divan avant de passer au bar en bas de chez moi)

vendredi 12 mai 2006

"T'as de beaux yeux tu sais"

Le temps des terrasses est revenu.

Hier soir, après une séance d'analyse qui est passée à la vitesse de l'éclair (c'est marrant la perception du temps...tellement variable et en même temps tellement immuable. Un jour sur le divan je me disais oh là là, mais qu'est-ce que ça passe lentement aujourd'hui, j'ai l'impression que ça fait trois plombes que je parle...L'analyste finit par sortir son rituel Bien. On va continuer la prochaine fois qui met fin à la séance, je me lève, je paye et, mon portable rallumé, je me rends compte que je suis restée une heure au lieu de 25 minutes...Moralité : quand le temps paraît long, c'est parfois qu'il l'est. Par contre j'ai jamais compris le pourquoi de cette séance à rallonge)...une séance éclair donc, mais avec une durée règlementaire, un peu comme quand une nuit semble aussi rapide qu'un clignement de paupière (et je ne parle pas de paupière par hasard, croyez-moi, tout est calculé au millimètre près)...eh bien, après cette séance, me sentant fraîche et dispose, et pour changer un peu car je suis une aventurière de l'imprévu, je me suis rendue au bar en bas de chez moi.

En terrasse, pour profiter du soleil et parfaire ce bronzage que j'ai bien failli perdre avec ces récentes sessions pluvieuses. Mais pas de panique, la situation n'est pas désespérée, ça reste bien doré (ah ben oui, ma vie est pleine de questionnements métaphysiques, comme vous pouvez le constater).

J'étais avec un pote. Ça n'a l'air de rien mais vous verrez que ce détail a son importance. Passe un homme charmant, avec qui j'avais plaisanté une fois il y a longtemps, mais vite fait, pas de réel échange, deux mots à tout casser, même pas, peut-être juste un sourire.

Bon en fait, faut que je vous explique, quand je dis le bar en bas de chez moi, c'est un raccourci, je n'habite pas littéralement au-dessus, tandis que ce jeune homme si, semble-t-il. Et là, en rentrant chez lui, il m'aperçoit et me salue, d'un regard appuyé et l'air agréablement surpris (il est vrai que je n'ai pas été très assidue ces derniers temps).

Puis il ressort de chez lui et rejoint des amis en terrasse. S'est alors déroulé un échange d'oeillades pas piquées des vers, camarades. C'était Quai des brumes en buvant de la blonde. Seulement voilà, j'étais accompagnée et si l'on avait sondé un échantillon représentatif de la population, je pense qu'une bonne partie aurait émis l'hypothèse que le pote en question était mon petit ami. Or non, je m'inscris en faux, point du tout. Mais pas moyen de le faire savoir au charmant là-bas...J'aurais pas pu venir avec une copine plutôt ? Sûr que si j'avais été avec une fille, il serait venu nous parler. Et mon pote le serveur, vous croyez pas qu'il aurait pu bosser ce jour-là ? Eh ben non, jamais là quand il faut. Parce que je suis sûre qu'ils se connaissent. Un habitué et un serveur, forcément ça se connaît.

Près de moi une tablée composée d'éléments exclusivement masculins se prend en photo, refait le monde (activité très répandue dans ce genre de lieu) et fonde un parti politique. C'est assez drôle (sauf qu'il y en a un qui sent pas très bon) surtout qu'ils nous prennent à parti...Bon sang, il pourrait pas être pote avec ceux-là, le charmant, histoire qu'on engage la discussion, l'air de rien...Mais non, il continue à m'envoyer des sourires avec ses yeux...Impression : douce chaleur.

Voilà, le temps des terrasses est revenu. Au coeur de l'hiver, quand on se presse autour du comptoir, le contact est plus facile, merde.

(Je ne sais pas ce que vous en pensez mais je crois que je vais passer un peu plus souvent au bar en bas de chez moi, bon pas ce soir, j'ai rendez-vous avec ex-monamour, ça tombe mal, mais dès que possible, et seule même.)

jeudi 11 mai 2006

Spécial cas (de Capelovici)

Mes bougres-z-bougresses, il n'est pas 20 heures (quoique, ça dépend du point de vue), on n'est pas là pour s'amuser (quoique bis), mais malgré tout, c'est maître Capello qui vous cause sans couac (ter) (je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Souvenez-vous, c'était le temps où on disait FR 3). Aujourd'hui nous nous intéressons à l'expression Faut pas pousser mémé dans les orties.

À l'origine, le Faut Pas Pousser Mémé Dans Les Orties est un mouvement né en réaction au groupuscule sado-masochiste connu sous le nom de Front populaire Post-Moderne Des Libres Opprimés qui militait pour le rétablissement d'un esclavage volontaire des personnes des troisième et quatrième âges. Pour réguler l'accroissement (en 13 lettres, lettre A) démographique, le Front proposait aux individus improductifs une fin de vie douloureuse au service de pervers sadiques usant de tortures raffinées, dont la plus célèbre reste le roulage de vieux dans un buisson d'orties jusqu'à ce que mort et soupe d'orties à base de chair humaine s'ensuivent...

Le mouvement d'opposition lutta longtemps pour l'interdiction du groupuscule mais il fallut attendre la réforme des retraites du gouvernement Raffarin (en 8 lettres, lettre R) (je mets 100 francs dans le nourrain). Depuis, l'expression est entrée dans le langage populaire et signifie : ne pas exagérer, ne pas avoir envers quelqu'un de comportement qui nie les normes sociales. En effet, les vieux peuvent maintenant se tuer au travail sans passer par la case retraite.

La prochaine fois : Monter en danseuse.

Et maintenant, le ni oui ni non...

mercredi 10 mai 2006

♫ Does the body rule the mind or does the mind rule the body ? ♫

Bon. On en était que Ada kiffe trop la morphine. Ami lecteur, si tu débarques sur ce blog, sache que je ne suis pas une junkie, non, reporte-toi plutôt au post précédent et tu comprendras mieux.

Je vous la fais courte : sortie de l'hôpital, baignade interdite pendant une semaine (bon j'avoue, j'ai fraudé. Mais faut dire aussi, pas se baigner aux Antilles hein, on s'ennuie vite...). Visite de contrôle en fin de séjour : tout est nickel. Fin du flash-back.

Samedi 7 mai 2006. Éveillée par une envie matinale (enfin matinale...grasse matinale quoi, vous me connaissez), je m'extrais du lit d'ex-monamour (ben oui, je me trouvais dans son lit, mais par le plus grand des hasards hein...à moins qu'il ne s'agisse d'une coïncidence...oh vous ici ? ben ça alors, si je m'attendais...) et là catastrophe, non mais c'est pas possible, ça recommence ! L'anesthésiste avait raison.

Je rentre chez moi, prépare une petite valise (nuisette, affaires de toilette, livres, pique-nique), téléphone à ex-monamour pour lui confirmer que je vais bien passer le week-end à l'hôpital (ce qui nous fait hurler de rire tellement c'est drôle. L'ironie du désespoir quoi).

J'arrive aux urgences gynécologiques et d'une voix assurée, genre professionnelle de la santé, j'annonce que j'ai une bartholinite. Pourriez-vous m'indiquer ma chambre s'il vous plaît ? Je prends du thé le matin, pas trop grillés les toasts, merci, et sans télé...Comment ça je dois passer par la salle d'attente ?

Deux femmes enceintes y sont déjà depuis plusieurs heures. Elles parlent de leurs envies :

- Moi je mange plein de fruits : des bananes, des mangues, des pommes...

- Oui, et des pêches et des abricots aussi.

- Ah non, pas les pêches ni les abricots. (Elle aurait pas un peu l'esprit de contradiction celle-ci ?) Des kiwis, des prunes...

(Et des scoubidous bidous non ?)

Ex-monamour me rejoint. Les heures passent. La salle se remplit et, dis donc, tous les gens qui arrivent après moi passent avant moi, c'est pas de pot hein, elles sont toutes prioritaires. En fait elles sont toutes enceintes, enfin c'est ce que j'en ai déduit...Entretemps j'apprends que c'est une journée très particulière, ils ont jamais vu autant de monde, c'est bien ma veine...Ben au moins je suis sûre de pas être cocue (oui, en même temps je suis célibataire, ça limite les risques).

Une demi-journée plus tard c'est mon tour. La gynécologue m'examine. Mais c'est énorme ! Alors là non, excuse-moi petite, mais en tant qu'ancienne combattante de Bartholin and co, laisse-moi te dire que c'est bien moins impressionnant que l'été dernier, rien à voir, tu serais pas chochotte toi des fois ? Et ça vous fait pas mal ? (Pourquoi ? Y a moyen d'avoir de la morphine là ?) Ben non, même pas mal...Mais ça serait pas plutôt un kyste ? Ben écoutez j'en sais fichtrement rien moi, je suis pas le médecin, je suis la patiente (je crois que ça n'est plus à prouver, ça fait des plombes que je suis là, alors oui d'accord, avec ex-monamour on se bisoute pour que le temps passe plus vite, mais je l'ai quand même bien mérité mon titre de patiente). Bon, ça n'a pas l'air très urgent. Je vais vous prescrire des antibiotiques et vous reviendrez la semaine prochaine. Si ça ne s'arrange pas on opèrera.

Mouais...ça serait pas plutôt qu'ils ont pas de lit ? Enfin bon j'étais quand même contente qu'il me garde pas...Depuis je me gave de médocs et je scrute mon anatomie à intervalles réguliers. Je ne vous cache pas que je ne suis guère optimiste car force est de constater que ça ne diminue pas. J'aurais même tendance à penser que ça augmente...damned ! Voilà pourquoi il ne faudra pas s'étonner en cas d'absence. Pour résumer : silence radio = Ada à l'hosto, c'est noté ?

Non mais c'est sympa l'hôpital. Étant donné la qualité de la bouffe et les activités diverses et variées à disposition, ça fait cure de sommeil et d'amaigrissement en même temps, tellement pratique...

Et puis j'ai reçu un SMS ô combien réconfortant de la part du gosse beau :

Ah merde pas de chance en ce moment ! (allusion à un deuil récent) Le moral et bon ? (ouais bof, c'est quand même un peu la loose pour être tout à fait honnête, mais on fait aller quoi) Si tu veut parlé (oui je conçois bien qu'il se sente plus à l'aise à l'oral) il n y à pas de problème bon courage les soucis de santé Ce n est pas faciles (bel effort pour l'accord mais encore raté !) bonne soirée bisous

Merci au gosse beau. Son orthographe fleurie suffit à me redonner le sourire.

(J'ajoute que dernièrement j'ai dormi 5 jours consécutifs (de jeudi à lundi pour être précise) chez ex-monamour, on a passé beaucoup de temps en amoureux, il m'inonde (oui bon, on se calme) de tendresse (entre autres, oui) mais sinon, rassurez-vous (en choeur s'il vous plaît) : on-n'est-plus-ensemble.)

mardi 9 mai 2006

♫ Viens voir le docteur, non n'aie pas peur ♫

Votre attention s'il vous plaît, vous allez assister, une fois n'est pas coutume, à une entreprise de démystification, tant pis, y a que la vérité qui compte...

Commençons par un flash-back. Août 2005, jour de mon anniversaire (oui, 82 ans, c'est bien). Confortablement installés sur les larges fauteuils d'Air France...

Non reprenons. Fort à l'étroit sur de minuscules sièges même pas rembourrés (mais on n'avait pourtant pas demandé des places enfants), ex-monamour (les genoux coincés sous le menton, car il est grand pour de vrai) et moi-même nous envolons vers le département d'outre-mer où vit sa famille. À côté de moi un homme entre en prière, aggripé aux accoudoirs car, souvenez-vous, c'était l'année où les crashes d'avion devenaient routiniers et par conséquent les gens avaient trop la trouille et l'ambiance était électrique...

À mi-chemin ou à peu près, de retour des commodités (oui c'est comme ça qu'on dit en langage châtié), j'exprime à ex-monamour ma perplexité face à un phénomène physiologique tout à fait inédit et en texte intégral, à savoir qu'une certaine partie de mon corps, située plutôt entre les jambes, du côté gauche pour être exacte, se met à gonfler et c'est quand même bizarre n'est-ce pas ?

Un peu plus tard, toujours dans l'avion, une nouvelle inspection me permet d'affirmer que oui, c'est sûr, ce n'est pas une illusion d'optique, ça gonfle. Ex-monamour propose de lancer un appel au cas où il y aurait un médecin dans l'appareil. Je refuse ce scénario même pas digne d'un film catastrophe...

Arrivée à destination je me précipite à la permanence médicale de l'aéroport...où je tombe sur un vieux monsieur piquant du nez sur son bureau. Euh bonjour, excusez-moi de vous réveiller, pourriez-vous m'examiner s'il vous plaît ? Ce qui tient lieu de cabinet est poussiéreux, j'hésite un peu à m'allonger, mais bon, à la guerre comme à la guerre. Le vieux monsieur, armé d'une lampe frontale examine, longtemps, longtemps...oui bon ça va aller non ? et s'exclame : ah ben dis donc, j'ai jamais vu ça. Merci de me rassurer, c'est tout à fait ce qu'il me fallait. Alors on fait quoi maintenant hein, gros malin ? Je lui demande de m'indiquer un gynécologue. Ah ben non, pensez-vous, il en connaît pas. Bon. Ben alors vous pourriez peut-être me prescrire des anti-inflammatoires non ? moi j'dis ça, j'suis pas médecin, mais il me semble que vu que ça gonfle...Vous voulez peut-être que je vous tienne la main pour écrire ? Non ? ça ira ? Pendant qu'il rédige l'ordonnance, il me demande où je vais passer mes vacances. Je lui dis que je suis hébergée chez monsieur XXX, que je suis l'amie de son petit-fils. Et là il s'illumine, le vieillard revient à la vie : ah monsieur XXX, mais c'est un ami, un grand ami ! etc etc...Je me dis qu'il va peut-être pas me faire payer du coup, par amitié, et puis aussi, faut bien dire ce qui est, parce qu'il a pas vraiment bossé papy. Mais non, ça fait 23 euros. En me serrant la main, il ne me souhaite pas un bon rétablissement, non, surtout pas, il me demande de passer le bonjour à monsieur XXX. Je suis à peine énervée, presque pas. Je passe à la pharmacie et me rend compte qu'il m'a prescrit des suppositoires. Toujours zen. Les vacances commencent, nous sommes sous les tropiques, la vie est belle.

Un peu plus tard nous savourons un ti punch dans le jardin. C'est pour moi le premier contact avec la famille d'ex-monamour : dites-moi, vous auriez l'adresse d'un gynécologue ? La grande classe.

Je passe une horrible nuit car, outre le décalage horaire, j'ai l'impression (et ce n'est pas qu'une impression) que ça triple de volume. Ex-monamour calme mes angoisses d'un rassurant : de toutes façons on ne peut rien faire avant demain, alors ça sert à rien de s'inquiéter. Bon ben bonne nuit alors. Monamour.

Le lendemain à la première heure nous épluchons l'annuaire. J'obtiens un rendez-vous pour 13 heures. Ok. Ça nous laisse le temps d'aller nous baigner. L'eau est chaude, c'est un vrai bonheur, sous le soleil nos peaux brunissent en deux deux, mais j'éclate en sanglots parce que...c'est quoi ce truc qui déforme mon corps ?

Chez le gynéco. Assise en face d'elle je lui explique ce qui m'arrive. Ah mais ça doit être une bartholinite. Dieu soit loué, j'ai une maladie homologuée. Vous pouvez pas savoir le soulagement...juste parce qu'un diagnostic est enfin posé, juste parce qu'il y a un mot pour expliquer ce que j'ai. On passe à l'examen. Et là, ça rigole moins. Ouh là là, mais c'est énorme (je ne vous le fais pas dire). Normalement ça se traite aux antibiotiques, mais là, va falloir opérer. Quoi ? Could you repeat, please, before I cry...

Elle m'envoie chez un chirurgien. Je grille toute la salle d'attente, comme une princesse. Oui je peux vous opérer, mais pas avant deux jours, je n'ai le bloc opératoire que jeudi. C'est une blague ? Alors, me dit-il, vous avez le choix. Soit vous attendez deux jours, soit vous allez aux urgences. Non mais tu m'as bien regardée ? Tu crois vraiment que je vais patienter 48 heures sans devenir folle ?

Alors quoi ? Ben oui, forcément, les urgences. Surpeuplées les urgences, comme de bien entendu. Une petite fille s'est coincée le doigt dans une porte. Elle ne saigne ni ne pleure. Eh la pharmacie ça aurait peut-être suffit non ? Mais non je suis pas énervée, pas du tout, c'est mon état normal. J'explique à l'infirmière à l'accueil que je dois voir un gynéco. Ah non mademoiselle, vous passez d'abord avec un généraliste et ensuite il vous oriente vers un spécialiste si besoin est. Par contre on peut pas vous dire dans combien de temps...Non mais tu te fous de ma gueule toi, je sais ce que j'ai, c'est une bartholinite grave. Ah d'accord, répond-elle naïve, vous saignez c'est ça ? Non je saigne pas, pauvre crétine, j'ai besoin d'un intervention chirurgicale urgente, d'où ma présence aux urgences, tu saisis mamzlle Neuneu ? Ah dans ce cas, mais de façon tout à fait exceptionnelle, je vais vous envoyer chez un gynécologue. Eh ben voilà, tes deux neurones ont fini par connecter, tu vois quand tu veux...

Gynéco bis. Mais c'est énorme ! (non, sans blague ?) Mais ça vous fait pas mal ? Ben non. Oui, j'ai oublié de vous dire, c'est totalement indolore. Étrange, voyez-vous, car selon les médecins, ça fait hurler de douleur ce truc. Ben chez moi non, je suis trop une résistante.

Entretien avec l'anesthésiste : c'est la première fois que ça vous arrive ? Euh...comment ça ? Sous-entendriez-vous que c'est le genre de chose qui peut arriver plusieurs fois à une même personne dans une même vie ? Et vous croyez à la justice vous ?

Bref, hospitalisation, opération, réanimation. Et là au réveil, au secours, j'ai mal. Ils m'ont ratée ou quoi ? Non, c'est normal, me dit-on, on va vous donner un peu de morphine. Sur une échelle de 1 à 10, vous avez mal combien ? Euh, disons 5...Injection. Petit soulagement. Euh en fait je m'ai trompée, je voulais dire 8. Re-injection. Waow, c'est trop puissant la morphine, je pourrais en avoir pour le dessert aussi ?

(Fin du premier épisode. Prochainement la suite, avec des blouses blanches, du suspense plein de rebondissements et Ada au top de la santé...)

vendredi 5 mai 2006

♫ This is not a love song ♫

Je suis sûre que vous aimeriez avoir des nouvelles d'ex-monamour. Mais si mais si. Alors d'abord, sachez qu'il va bien, sa santé est bonne, ses parents se portent à merveille, sa grand-tante vient de fêter ses 96 ans...Pendant mes vacances il m'a envoyé un SMS me disant qu'il pensait bien à moi. Et à mon retour nous avons passé la journée à acheter des plantes (car ex-monamour aménage son petit intérieur de façon charmante), la soirée à dîner avec des amis et la nuit...bon ben ça va hein...Hier soir encore nous étions en tête-à-tête.

Dis comme ça, ça ressemble à une idylle tout ce qu'il y a de plus règlementaire. Sauf que vous n'êtes pas sans savoir que devant monamour il y a un ex qui gâche un peu le paysage. J'ai moultes fois essayé d'en discuter avec lui, histoire de savoir où tout cela pourrait bien nous mener (au pieu, oui d'accord, mais encore ?) (oh oui encore) (non bon, excusez-moi, je dérape), car nous nous rencontrons de plus en plus fréquemment, de plus en plus longtemps, et même on fait des choses ensemble, comme avant quoi, quand il s'appelait encore monamour tout court. J'aurais donc bien voulu savoir où il se situait dans tout ça...Mais confrontée à ses réponses évasives voire un peu cassantes, du style non non on n'est plus ensemble, j'avais lâché l'affaire et je prenais les choses comme elles viennent, à savoir que je n'ai plus vraiment (un peu mais si peu que ça compte pas) l'espoir ni même l'envie que nous formions à nouveau un couple et, parallèlement, je profite des moments agréables que nous nous offrons. (Bon y a des petits problèmes de concordance des temps dans cette phrase, mais ça tombe bien, y a aussi discordance sentimentale, alors...) (tous les effets de style sont entièrement volontaires, maîtrise totale, c'est compris ?)

Seulement voilà, ex-monamour ne cesse de monter en puissance, comme on dit, et de souffler, après le froid, le chaud. (C'est comme le beau temps, paraît qu'il vient après la pluie. Mais là on nous annonce un week-end de merde rayon météo ; par contre on n'a jamais entendu dire : après le beau temps la pluie, donc je vois pas comment il pourrait pleuvoir tout le week-end, vu que là il fait beau. C'est pas homologué au niveau des préséances et autres formalités de convenance. Oui bon). Il recommence à m'appeler par les doux petits noms qu'il me donnait avant. Il a envie de passer du temps avec moi. Il me répète sa joie de me voir. Il essaye de cacher qu'il est jaloux mais ça se voit (et pourtant je me garde bien de lui raconter quoi que ce soit qui pourrait heurter sa susceptibilité), il insiste beaucoup pour que je dorme chez lui (pendant que je simule l'hésitation : oh je sais pas, je vais peut-être rentrée chez moi, tu sais je suis fatiguée et puis ce sera plus pratique pour demain...Traduction : non mais attends, tu crois que j'ai mis ma plus belle lingerie pour quoi exactement ?). Il trouve que je suis belle et drôle et que je sens bon (mais bon, ça, en toute objectivité et sans fausse modestie, c'est vrai) (si, c'est vrai, quoi ?). Il fait pleins de phrases au futur, du genre Il faudra qu'on aille dîner là, et je te graverai ce CD, et la prochaine fois que tu viendras, etc etc...

C'est une configuration tout à fait bancale. J'ai l'impression qu'il regrette de m'avoir quittée, mais en même temps il ne veut pas revenir sur sa décision, mais il veut me faire comprendre qu'il tient à moi, mais on a chacun sa vie, mais il aimerait pas que je rencontre quelqu'un d'autre, mais je ne lui dois pas fidélité, mais il ne couche qu'avec moi (toutes les sources concordent), mais : on n'est plus ensemble...

Comprenne qui pourra.

Trouvez l'intrus

Date : jeudi 4 mai 2006, 18h20

Lieu : Paris, angle de l'avenue Ledru-Rollin et de la rue du Faubourg-Saint-Antoine

Protagonistes : un automobiliste, un policier, un scootériste et sa passagère

Scène observée :

Un automobiliste costumé-cravaté, au volant d'une Peugeot 307 verte rutilante, conduit d'une main et téléphone de l'autre. Il est arrêté par un policier en uniforme qui lui demande ses papiers. Témoins de la scène, un scootériste d'une trentaine d'années, vêtu d'un bermuda et d'un tee-shirt usé, ainsi que sa passagère, en short et débardeur (non c'est pas moi, moi j'étais sur le trottoir), tous deux dûment casqués, doublent le véhicule. Au passage le scootériste lance : Et en plus pas de ceinture ! aha ha !

Analyse :

Ma première réaction a été une réaction d'empathie envers l'automobiliste. Être pris en flag, c'est toujours désagréable, mais si en plus un inconnu vient se mêler de ce qui ne le regarde pas pour faire monter l'addition, ça devient énervant. Connard, j't'ai demandé comment allait ta mère ?, aurais-je pensé à sa place (enfin pas exactement mais je m'comprends).

Idem pour le policier (avec moins d'empathie tout de même) qui a pu se dire : C'est moi qui relève les infractions, c'est moi qui verbalise, c'est moi qui fait preuve ou non d'indulgence...

Reste la possibilité que, obnubilé par le téléphone portable, il n'ait pas observé l'absence de port de ceinture auquel cas il a pu remercier intérieurement l'inconnu au scooter.

Alors pourquoi cette délation moqueuse ?

J'ai plusieurs hypothèses non exclusives :


  1. l'automobiliste au téléphone conduisait négligemment et a pu mettre en danger le scootériste, d'où la colère de celui-ci. Éternel combat des fragiles deux-roues.


  2. la vue de l'uniforme a déclenché chez le scootériste un sentiment de peur suivi de soulagement - ouf c'est pas moi qu'on arrête. Je rappelle qu'il était casqué et donc apparemment pas en infraction, mais peut-être avait-il autre chose à se reprocher. Ces émotions fortes se sont exprimées sous une forme intrusive et sadique. Ou alors, il n'avait effectivement rien à se reprocher et souffrait du syndrôme du bon élève fayot.


  3. influencé par l'actuelle campagne gouvernementale sur la sécurité routière, le scootériste a pensé faire un acte civique (commence par aller voter, on discute après). c'était une tentative de séduction de sa passagère en usant d'humour noir et d'effronterie. Trop rebelle quoi.


  4. effet de la lutte des classes, de l'inégale répartition des richesses ? Scooter contre véhicule flambant neuf...Vieilles fringues contre costume...Jeunes en galère contre cadre dynamique...La haine ancestrale (et réciproque ?) des pauvres contre les nantis s'est-elle ici illustrée sous les couleurs d'un exutoire vengeur ?
(toi aussi amuse-toi à analyser des scènes de la vie quotidienne. Le monde te paraîtra plus riche et les gens plus proches. Allez...en route pour l'aventure !)

(Je suis sérieuse. Non mais.)

jeudi 4 mai 2006

L'éducation sentimentale

Alors là, si je m'attendais à ça...

Figurez-vous que le gosse beau (oui on va l'appeler ainsi, ça lui convient parfaitement étant donné son physique et son âge) m'envoie des SMS...Comme j'vous l'dis. En se quittant on s'était dit (ça devient un rituel) À bientôt (c'est du comique de répétition). Et voilà ce que je reçois :

30 avril 23h27
bien rentré (je suppose que c'est de moi qu'il parle, car lui il ne rentrait nulle part ce jour-là) tu à pu te reposé à bientot peut etre bisous

30 avril, 23h38

tu fait quoi ce soir ? (rien) tu es de sortie ? (non) je viens de rentré j'ai mangé au resto avec mes parents et je suis déjà au lit (moi aussi) besoin de repos !!...(allusion à peine masquée à nos torrides étreintes du petit matin)

30 avril, 23h47

appelle moi quand tu veut bonne nuit biz (ok bonne nuit)

2 mai, 7h25 (après avoir roulé toute la nuit pour rejoindre sa lointaine contrée)

dur dur la reprise et toi pas trop dur ce matin ? (oh si, terrible la reprise, une demi-journée de retard, rien que ça) à tu une adresse mail ? (oui, je suis à la pointe de la technologie malgré mon âge avancé, hé gamin tu m'as pris pour qui ?) bisous bonne journée

3 mai, 21h50

salut désolé mais je n'ai pas le net pour 3 semaines je suis à XXX j ai un week end dans 3 semaines je n'ai encore rien de prévu je te donnerai les dates où je suis libre et tu me diras ce que tu fait (ah oui ? ah bon) bonne soirée biz

3 mai, 22h57 passe une bonne nuit je vais me couché fait de beau reve biz (bonne nuit)

3 mai, 23h08
tu ne m'à pas dis quant tu était libre (ben j'en sais rien, un peu tout le temps, je fais pas de planning)

3 mai 23h14 je passerai te voir je ne connais pas paris tu me feras visité ?

3 mai, 23h23 je t'embrasse (moi aussi)

Alors bon, ce sont des SMS, certes...Mais quand il y a des accents on ne peut pas mettre ça sur le compte de la précipitation ou de l'inattention...les accents c'est forcément intentionnel. Obligé. Eh bien moi je suis peut-être snob ou petite nature, je veux bien reconnaître que l'orthographe-grammaire c'est parfois/souvent arbitraire mais, eh oh, y a des limites...je suis choquée. Bon j'ai pas non plus monté une cellule psychologique post-traumatique hein, mais quand même. Je précise que le gosse beau est parfaitement francophone, c'est sa langue maternelle.

Alors s'il croit qu'on va escalader la tour Eiffel ou chatouiller les gargouilles de Notre-Dame, il se met le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. Non, je vais plutôt lui présenter un bon pote, Bescherelle de son nom. Au programme : auxiliaire avoir et préposition à, pourquoi et comment ne pas les confondre ; accord des verbes, participe passé ou infinitif ?

J'appréhende un peu cette éventuelle visite dans la mesure où, comme je vous disais, on se connaît pas des masses. En même temps un week-end sous la couette c'est sympa. Et puis si on s'ennuie, on pourra toujours faire des dictées...

mercredi 3 mai 2006

♫ Sea, sex and sun ♫

Ada revient et elle est pas contente.

D'abord, il s'est passé des trucs tristes de la vie, et surtout de la mort, pendant mes vacances. Ensuite je suis rentrée sous la grisaille pluvieuse de la capitale et comme accueil on fait mieux. Bon d'accord, depuis ça s'est arrangé mais c'est pas une raison pour pas râler. À la fin de la récré, on râle, par principe. Et n'oublions pas que j'ai un bronzage à entretenir. Alors soleil à tous les étages ou ça va barder. Ne parlons même pas de la reprise du taff. Non, n'en parlons pas. Parlons plutôt de choses légères et superficielles.

Par exemple, comment, par une douce soirée printanière, je m'en allai (les poings dans mes poches crevées) (non messieurs-dames, car j'ai un certain standing, mes vêtements ne sont point troués...évidemment je n'ai pas le talent d'Arthur mais jusqu'à preuve du contraire je ne suis pas non plus cul-de-jatte) (oui j'exagère, je sais), je m'en allai en joyeuse compagnie boire le verre de l'amitié. Comme on est très très potes, on est obligé d'en boire plusieurs de verres, logique. Nous étions dans un bar chaleureux à la lumière tamisée et aux portions généreuses (pour les habitués) et il y avait un jeune homme que j'avais rencontré il y a de ça une bonne année, voire même 18 mois et plus si affinités.

Ce jeune homme étant de par sa personne l'ami de mes amis, j'avais eu, à l'époque et comme de bien entendu, un a priori positif à son égard, car, c'est mathématiquement postulé, les amis de mes amis sont mes amis...les ennemis de mes amis sont mes ennemis...et les ennemis de mes ennemis sont mes amis (et avec ce genre de formule, t'es trop une bête dans la manipulation des nombres négatifs). Lors de cette première rencontre, lâchons le mot, nous nous étions physiquement plus. Et avions passé une bonne nuit. Très bonne même. Et puis, en blaguant, car on est des farceurs, et pourtant on n'a même pas fait l'école du rire (le sens de l'humour, c'est inné oui ou merde ?), on s'était dit À bientôt, hi hi, sachant qu'avec tous ces kilomètres qui nous séparaient hein, on n'était pas près de se revoir. Pour plus de détails, je pourrais vous dire que l'endroit où il travaille, celui où je vis et celui où nous passons parfois pour les vacances (le seul lieu que nous ayons en commun si vous suivez) sont peut-être équidistants, c'est possible mais j'ai pas fini de mesurer, en tout cas, ce qui est sûr c'est qu'ils sont espacés de plusieurs centaines de kilomètres. Prenons un exemple pour imager notre propos : je travaille à Madrid, il travaille à Rome, nous passons nos vacances à Paris (eh oh je suis pas folle au point de passer mes vacances à Paris, j'y vis) (oui je sais c'est un exemple, je l'ai dit en preum's j'vous ferai dire). Enfin bon, avant de se paumer dans ce dédale de circonlocutions, disons que les probabilités d'une rencontre prochaine, eu égard à nos vies respectives, et toutes choses étant égales par ailleurs, étaient faibles (les probabilités).

Et là, dernièrement, pas plus tard que le week-end dernier, nous nous revoyîmes et nous nous plûmes à nouveau. Et je trouve ça troublant car, voyez-vous, quand je dis jeune homme ce n'est pas une figure de style...c'est un homme oui bon, mais surtout il est jeune. Très jeune. Beaucoup plus jeune que moi (qui suis pourtant excessivement jeune, 82 ans c'est vous dire). Il a 10 ans de moins que moi (donc 72, bravo les matheux). Et encore, je dis 10 ans, c'est peut-être 12, je ne sais plus exactement...Il se trouve qu'il est fort bien fait de sa personne, c'est indéniable ; cependant nous n'avons que peu échangé, je ne sais pratiquement rien de lui, ni lui de moi, je doute que nous ayons de réels centres d'intérêt communs, à part danser jusqu'au bout de la nuit en sirotant des boissons rafraîchissantes...

Et malgré tout, comment dirais-je, nous avons une compatibilité sexuelle époustouflante. En tant que femme libérée je mets un point d'honneur à clamer haut et fort que le désir et l'amour sont tout à fait dissociables, genre je peux aimer platoniquement et m'envoyer en l'air avec le premier venu juste pour le plaisir. Sauf que c'est à nuancer...(preuve que ce n'est pas si facile) (d'être une femme libérée...vous dormez ou quoi ?). Je sais pas pour vous, mais moi pour avoir envie de faire l'amour avec quelqu'un et surtout pour que ce soit réussi, il ne me suffit pas d'admirer plastiquement un beau gosse.

Ben là si.

Et alors mes aïeux, quel feu d'artifice ! Vous voyez le 14 juillet un jour de coupe de monde du foot, au moment de l'abolition de la peine de mort et de la chute du mur de Berlin, tandis qu'on célèbre le carnaval des agités au son joyeux des tambours et trompettes ? Et ben c'est rien à côté.

vendredi 21 avril 2006

"Pars vite et reviens tard"

Avertissement : ce qui suit pourrait heurter la sensibilité des jeunes spectateurs. Parents, éloignez-les des écrans (demandez-leur par exemple de faire la vaisselle, ça sera toujours ça en moins, puis les vitres, des fois que ça dure). Quant à vous je préfère vous prévenir, le choc sera rude.

Vous savez quoi ? Ce soir je suis en vacances. Oui, c'est vrai. Ce n'est pas une blague, j'ai des limites quand même, je ne plaisante pas avec les sujets graves. Donc il va falloir être fort, très fort, car je ne peux ignorer, je sais, je suis intimement convaincue par persuasion autosuggestive copyright mister Coué, que le temps, en mon absence, va vous paraître looooooooooong comme une perpétuité assortie d'une période de sûreté sans remise de peine. Oui je comprends votre désarroi.

J'en vois qui, déjà, s'empiffrent de chocos BN...

D'autres, en état de choc, les yeux exorbités, refusent encore la triste réalité...

Certains se disent que la vie ne vaut plus la peine d'être vécue.

Certes je m'envole vers des cieux plus sereins, certes j'espère revenir bronzée, certes j'ai déjà le bruit des vagues dans les oreilles...(je dis ça, c'est pas pour vous faire envie hein, non vraiment, loin de moi cette idée, je suis pas comme ça). Mais c'est juste pour une semaine. Qu'est-ce que c'est une semaine, hein ? Sept jours, voilà. Alors dans 7 dodos et des brouettes, je reviens. C'est pas trop cool ça ? Et puis ce qui est bien avec les séparations, c'est qu'après y a les retrouvailles. Si c'est pas merveilleux...

Séchez vos larmes les amis. Je pars en vacances, c'est un fait. Je reviendrai, c'en est un autre. D'ici là portez-vous bien. N'oubliez pas de faire vos exercices...On s'embrasse ? Bon allez, viens faire un câlin. Voilà, ça va aller...Maman revient, c'est promis.

(quoi ? y a un problème ?)

♫ À l'analyse il r'ssortirait que j'suis pas d'équerre ♫

Je vous sens frustrés sur le troisième point de la dernière fois. Comment ça, vous vous souvenez même plus de ce dont il s'agit ? Vraiment, hein, vous faites pas beaucoup d'efforts...Si ça continue je vais faire une interro surprise un de ces jours, ça va pas traîner. Et ça comptera dans la moyenne, non mais.

Comment ? Plus fort s'il vous plaît...Oui, c'est ça : la psychanalyse. Merci d'avoir triché d'un regard oblique sur le post précédent. Alors la psychanalyse, c'est quoi donc ? Déjà, ce qu'il faut savoir, c'est qu'on ne va pas chez un psychanalyste par hasard. Ah bon ? Ben non. Ce n'est pas en flânant dans les rues d'un pas nonchalant qu'on finit par sonner chez un psychanalyste dont on a vu la rutilante plaque. D'autant qu'en général ils ont pas de plaque. Enfin, ceux qui sont pas psychiatres. Les autres, ils crânent leur science. Tandis qu'un psychanalyste, c'est même pas un médecin, ouh le naze, il peut pas prescire de médocs...

Non, un analyste (on va faire court), on lui téléphone, en panique, parce qu'on croit qu'on est en train de devenir fou (je parle de moi) (ben oui encore, qu'est-ce que vous voulez, j'ai pas de mec, j'ai pas d'enfants, je fais avec ce que j'ai sous la main) (sinon on peut discuter politique, mais on risque de s'engueuler, ce serait dommage) (je peux vous parler d'ex-monamour aussi. Non ? Non, vous avez raison, il commence à nous souler celui-ci) (quoique...y a des petits rebondissements ces temps-ci)...on croit qu'on devient taré parce que ça vrille dans tous les sens, on sait plus qui on aime, ce qu'on veut, comment, pourquoi, et tante Alberte ça va ? En fait y a pleins de gens, ils vont chez le psy parce qu'ils ont un chagrin d'amour...et là je suis trop fière : oui j'ai un chagrin d'amour mais j'y vais DÉJÀ chez le psy, eh eh, comment j'ai trop bien anticipé. Bref. On obtient un rendez-vous trois semaines après. Trois semaines ? Oui mademoiselle, si vous avez pu tenir jusqu'à maintenant, vous êtes plus à trois semaines près, vous allez pas me la faire...Mais mais mais...bon d'accord.

Le jour J on tremble. C'est un peu comme un rencard amoureux, sauf qu'on n'a plus envie d'y aller, on se dit que finalement ça va pas si mal, allez viens, on va boire un coup plutôt, ou un ciné, ou rien hein, si on allait dormir ?

On se retrouve dans un fauteuil face à l'analyste. On fait son petit speech sur le pourquoi on est là (alors je m'appelle comme ci, et je travaille comme ça, et là je suis à la croisée des chemins mais je sais pas quels sont les chemins, j'ai pas vu le panneau) (j'fermais les yeux toujours etc...). L'analyste écoute. Il dit que oui, on peut commencer quelque chose, à raison de deux séances par semaine, si ça convient ? Ah ben oui, d'accord. Il dit qu'il faut fixer un prix pour les séances. Ah ben oui d'accord, c'est combien ? Il dit que c'est en fonction du prix qu'on accorde à sa propre parole. Ah. Ben c'est-à-dire que...ça dépend des mots hein.


Les premières semaines, on reste sur le fauteuil en face-à-face. On parle beaucoup, on pleure un peu, l'analyste écoute (toujours), relance, pose une ou deux questions.

Un jour l'analyste propose le divan. On s'allonge et hop, on voit plus l'analyste. Euh bon, on est censé faire quoi là ? L'analyste dit qu'il faut dire tout ce qui passe par la tête. Ah bon ? Tout ? Mais euh, ça va pas être facile ça. Surtout qu'il faut tenir 25 minutes...Mais vous allez bien aider un peu non ? L'analyste dit ; mmm. Bon. Ok on se lance.

L'analyste écoute. On parle. On pose une question. L'analyste répond : ah, vaste question...On dit : pourquoi X me rend-elle si haineuse ? L'analyste répond : mmm haineuse oui...On dit : quand est-ce que je vais arrêter de faire n'importe quoi ? L'analyste répond : quand...?

Quand la séance est finie, on se lève, on paye et l'analyste ne dit pas merci. Voilà les enfants, c'est ça la psychanalyse.

Meuh non, bien sûr que non, ce n'est pas QUE ça. Mais le reste c'est moins drôle, ou plus drôle, en tous cas intime.

Prenez vos cahiers de texte. Pour dès que possible, vous résoudrez les exercices suivants : comment faire un lien ? comment insérer une image ? que fait la police (partout, justice nulle part, oui on sait) ? Car mon choix final s'est porté sur le modèle je-sais-pas-quoi -tequila, parce que ça se refuse pas mais juste une goutte alors.

Qui est volontaire pour effacer le tableau ? (c'est à ça qu'on reconnaît les virtuoses (oui les chevilles ça va pas mal) car le titre du post est un extrait de la chanson qui se cache l'air de rien, dans cette question finale. À vous de jouer mes braves, y a rien à gagner mais on est des sportifs ou bien...)

mercredi 19 avril 2006

"...et tiens-toi plus tranquille"

Aujourd'hui (plus qu'hier et bien moins que demain) (oh non pitié) j'ai la patate...je dirais même plus, la frite, la banane, la pêche, la forme quoi ! Heureuse de vivre la fille !

Pour ceux qui sont pas abonnés au décodeur, je traduis : c'est trop la loose. Ah ben oui, si vous croyez qu'on va se marrer tous les jours, faudra changer de planète.

Voici l'ordre du jour :

1) les antidépresseurs contribuent-ils à l'arrêt du tabac ?

2) les histoires d'amour finissent-elles mal en général ? (Dis-moi oui cette fois-ci)

3) la psychanalyse fait-elle la joie des familles ?

1. Levons immédiatement tout malentendu : je ne prends pas de substances chimiques. C'était une question purement rhétorique car, en plus, j'ai même pas l'intention d'arrêter de fumer. Avec les potes, on s'est dit qu'on se retrouverait à la machine à café de l'hosto, dans 50-60 ans (ouais, on est optimiste), course de déambulateur, le dernier arrivé paye sa tournée de soupe à la tomate, et on se rappellera le bon vieux temps, de nos voix métalliques à cause du trou qu'ils nous auront fait dans la gorge, et on pourra effrayer les enfants en leur disant Tu vois mon petit, c'est pas des mensonges, ça nuit grave. Oui bon, j'arrête quand je veux d'abord. Et même j'ai tenu 3 mois y a pas si longtemps. Mais après, ex-monamour m'a joué des tours, le coquin, alors je voudrais bien vous y voir (je trouve des prétextes si je veux).

2. D'où le point suivant. On pourrait organiser un référendum, encore que, il s'en trouverait toujours pour s'abstenir...Perso j'ai pas d'avis, je me sens pas concernée, pas du tout...Bon allez, ça va, si on peut même plus rigoler. Alors en fait, je sais pas si elles finissent mal, et même je dirais que je sais pas quand est-ce qu'elles finissent...Enfin moi, quand je quitte quelqu'un, je sais, c'est fini. Mais là je suis tombée sur un drôle de gars...franchement il me fait trop marrer, les fous-rires, vous imaginez pas (comment ça, nerveux ?). Genre on n'est plus ensemble mais chaque fois qu'on se croise c'est comme au premier jour. Mais sinon on n'est plus ensemble. Eh avouez, c'est bidonnant non ? Hum...Comment je fais moi ? Je me terre pendant 18 mois ? Je suis même pas sûre que ça suffise. J'en entends qui disent Tu refuses. On voit que vous êtes pas à ma place...parce qu'à ma place, vous refuseriez pas non plus. Ouais bon, c'est pas pour l'idéaliser, mais il est quand même...chiant ce mec. Si ça devenait une brute épaisse ça me faciliterait la vie aussi. Et puis dernièrement on a passé le week-end ensemble, pas la nuit, le week-end, je sais pas si vous voyez...Ce mec est fou, ou c'est moi ?

3. Ah la psychanalyse (soupirs)...

C'est tout ce que j'avais à dire.

La chute n'est pas drôle, je le reconnais volontiers, mais c'était annoncé dans l'intro, alors en cas de réclamation la maison décline toute responsabilité. D'ailleurs si votre mission venait à échouer, nous nierions avoir eu connaissance de vos agissements. Donc gaffe à vos os et ne commencez pas de lavage après 20 heures, sinon vous aurez pas le temps de sécher, bande de gros malins !

mardi 18 avril 2006

Le dindon de la farce

Alors ce week-end pascal, ç'a été ? Et toi, Michel, ce week-end ? Maintenant que je vous ai raconté le pot de mousse, tous les coups sont permis hein...Sachez que de mon côté, c'est inqualifiable. Disons juste que

1. j'ai passé vendredi et samedi avec Canada Dry

2. puis dimanche et lundi avec ex-monamour (ce qui prouve que je suis humaine) (l'erreur...humaine...) (conne aussi, oui)

3. personne n'a caché de chocolat dans mon studio mais j'ai trouvé la liqueur quand même

J'ai une santé mentale de fer (cherchez pas la contrepèterie, y en a pas). À part ça, ça roule Raoul.

C'est pourquoi aujourd'hui, je m'en vais vous causer des pigeons et autres volatiles des villes.

Figurez-vous qu'il y a des gens qui nourrissent les pigeons. Oui. Notamment à Paris. Ailleurs je ne me prononcerai pas, mais j'imagine que partout où le pigeon existe, l'homme le nourrit. Vers la butte Montmartre par exemple, on peut observer de vieilles gens exécuter des sortes de chorégraphies depuis les épaules jusqu'au bout des doigts, dans lesquels ils tiennent des morceaux de pain rassis, et les oiseaux picorent. Même que parfois ils viennent leur manger dans la bouche. Alors les touristes s'en esbaudissent tandis que les enfants sont à la limite de la fascination (faut dire qu'on croirait presque un numéro de cirque) et on leur jette des pièces. Ça j'en suis même pas sûre, peut-être qu'ils font ça pour la beauté du geste. Ben oui, c'est tellement magnifique, on en pleurerait de joie, la vie est si jolie quand l'homme et la nature s'allient...

Dans le genre moins artistique (quoique, c'est un autre concept, plus underground), à l'époque où j'habitais dans le Sentier, je passais tous les matins devant le forum des Halles, tôt, très tôt, avant 8 heures du mat quoi (c'était une autre vie, les extraterrestres ne m'avaient pas encore piégée dans leur faille à la con), et tous les matins, je croisais un être humain, de sexe indéterminé...à vue de nez j'aurais penché pour une femme, mais c'était difficile à dire, car cet être portait toujours des vêtements informes, le dos voûté, le visage dissimulé dans une écharpe (camouflage de Sioux), en traînant son cabas à roulette et en marchant vite vite vite jusqu'à ce qu'il décide qu'ici c'était le bon endroit pour furtivement vider le panier et s'éclipser (hop, ni vu ni connu, pas vu pas pris...complétez selon les stocks disponibles) et là une masse de pigeons noircissait le ciel et atterrissait en trombe, à tel point que les (rares) piétons devaient s'arrêter devant ce convoi exceptionnel sous peine de se faire renverser (je ne plaisante pas), même que, à côté, le film d'Hitchcock c'est du gâteau...Certains jours je ne voyais que les nuages de pigeons et j'en déduisais qu'il-elle était dans les parages. On ne pouvait jamais savoir vraiment où, vu que trop rusé(e) (Sioux toujours) il-elle était.

Bien. Nous savons tous qu'il est interdit de jeter des cacahuètes aux singes et donc, par analogie, de nourrir les pigeons. Ok, si on devait faire que ce qui est autorisé, on n'irait pas très loin, alors disons qu'on s'en fout un peu que ce soit passible de poursuites judiciaires (attention je n'appelle pas à la désobéissance civile hein). Si vous voulez. Mais quand même, et ça aussi on le sait tous, le Parisien est un gros porc qui n'a pas peur de polluer son environnement ; et tout bon pigeon qui se respecte ne peut pas ignorer que le bonheur c'est simple comme un coup de bec. Paris est une ville où coulent le lait et le miel (je sais pas comment on dit en langage avicole). Y a qu'à regarder, n'importe quel oiseau est plus gras qu'un SDF en surcharge pondérale. Enfin quoi, on va pas me faire croire que les pigeons crèvent la dalle ?!?

Alors pourquoi ? Ça rime à quoi ? Franchement je comprends pas. Et qu'on vienne pas me dire que ça mange pas de pain, parce que justement, si.

vendredi 14 avril 2006

♫ Like a rolling stone ♫

Après ce post, ma vie vous paraîtra bien terne. Alors que jusqu'à présent vous m'imaginez je ne sais trop comment, préparez-vous à un choc terrible, dont vous ne vous relèverez peut-être pas, ni moi non plus. Tant pis, je prends le risque de la démystification : pourquoi le pot de mousse ?

D'aucuns se sont déjà interrogés...Je ne peux malheureusement pas faire de lien vers d'aucuns car d'aucuns me l'ont déconseillé, sachant que si le blog va chez le coiffeur, il s'ensuit que non seulement il a les cheveux courts mais les liens disparaissent...et après on se demande pourquoi on peut pas réformer dans ce pays, on est là, motivés, plein d'esprit d'initiative et hop, ces cons de jeunes tuent le CPE et les liens sont pas permanentés. Disons juste que d'aucuns mangent de la polenta.

Alors oui, c'est vrai, le chocolat, c'est la première chose qui vient à l'esprit quand on parle de mousse. Mais ce serait mal me connaître : le sucre et moi, après expertise astrologique poussée, nous ne sommes pas compatibles, c'est bizarre je sais mais j'aime pas ça, sauf quand j'ai la main verte (comprenne qui pourra, je voudrais pas qu'on m'accuse de faire l'apologie de certaines choses qui sont tolérées à Amsterdam par exemple, et d'ailleurs ça n'a pas rien à voir avec le chocolat maintenant que j'y pense)...mais c'est rarissime. Depuis que je suis adulte, je suis passée à l'alcool.

Habile transition pour examiner la deuxième proposition : mousse n'est-il pas synonyme de bière ? C'est une explication plus plausible, surtout pour ceux qui me lisent régulièrement et qui savent donc qu'en bas de chez moi, y a un bar, etc...Bien tenté, mais non. Tels les privés des romans noirs, je préfère le sky. Oui j'ai des goûts de luxe.

Mousse à raser ? Eh oui, c'est là que ça va faire mal : je suis une femme à barbe. Au lieu de ricaner, vous devriez être désolés, car le seul avantage dont jouissent les femmes à barbe, c'est de mettre de l'after-shave qui sent bon, on peut donc pas dire que ce soit la totale éclate. Mais non, allez, j'ai juste de la moustache (alors quand je dis que j'ai 82 ans, personne n'y croit, par contre la moustache, là ça marche...Pff, j'vous jure)

Trêve de plaisanterie. Et si la mousse, c'était le truc qu'on met dans les crèches provençales après l'avoir cueillie dans les sous-bois ? Non plus. Le bucolique, ça me fout le cafard.

Plus terre-à-terre que la mousse végétale, c'est-y possible ? Style tapis de mousse...balle en mousse...petit bonhomme en mousse. NON.

Alors quoi ? c'est quoi ce pot de mousse ? trépigne la foule en délire. Mes amis, vous n'allez pas être déçus (non, juste consternés) : le pot de mousse, parce qu'il faut pas le vendre avant de l'avoir tué...(j'vous avais prévenus)

Tous les matins du monde

Figurez-vous que depuis quelques temps, chaque matin, une faille spatio-temporelle vient se caler pile poil chez moi. Je vous explique.

En général le réveil sonne à 8 heures. J'en vois qui m'envient, mais vous savez pas à quelle heure je me couche aussi. Et d'ailleurs, en particulier, le réveil sonne à 10 heures, voire midi. Mais on va rester sur le cas général, pour que cette démonstration physico-chimique à base de bulles de champagne ne puisse être contestée par aucune autorité scientifique. 8 heures, vibration sonnerie du téléphone portable. J'éteins. Je me rendors sur le mode sommeil léger jusqu'à 8h24, 8h28, ça dépend de la situation politique en Asie du Sud-Est, du cours de la betterave à Wall Street et de pleins d'autres trucs, mais là j'ai la flemme de chercher (ou comment expliquer la théorie de la relativité aux enfants) (pas de panique, j'en ai pas).

Faisons une moyenne : 8h26 je sors du lit. Brr, c'est qu'il fait frisquet (ah ne m'en parlez pas ma bonne dame, le fond de l'air est frais) (j'ai le droit de me faire la causette chez moi si j'veux). Je mets l'eau à bouillir pour le thé.

Retour au lit : 8h30 à tout casser. Allumage de radio. Je n'écoute pas encore, je repasse en mode sommeil léger léger.

8h40, le thé est infusé. Je le bois (ha, vous vous y attendiez pas à celle-ci, je sais, j'en ai surpris plus d'un, mais je suis comme ça moi, je fais du thé et après je le bois), en écoutant les infos, les yeux hagards dans le vide intersidéral, car j'ai trop la patate le matin, c'en est presque effrayant. Genre la fille qui, d'un geste souple et assuré, émerge de sous sa couette avec un sourire pétillant, bondit hors du lit, sautille jusqu'à la cuisine en sifflotant un air joyeux, ben c'est pas moi. 8h55 (et je dis ça pour être large, parce que ça relève plus de la tasse que du bol) le thé est bu. Je passe sous la douche. Sans lavage de cheveux, donc rapide (eh oh, des fois je me les lave les cheveux, mais on est dans le cas GÉNÉRAL j'ai dit). Habillage compris, je n'en ai pas pour plus de vingt minutes.

Nous pouvons donc affirmer sans crainte qu'à 9h15 je suis prête. Seulement voilà ce serait trop simple. Car c'est ce moment que choisit la perfide faille spatio-temporelle pour saboter ce timing digne d'un grand chef faisant cuire un oeuf mollet (coque et dur c'est facile, mais mollet ça se travaille). Je suis d'accord avec vous, si je ne larvais pas une demi-heure après la sonnerie du réveil, je gagnerais encore plus de temps. Ou, si je faisais sonner le réveil une demi-heure plus tard etc...Mais là n'est pas le problème. Car à partir du moment où le thé est prêt, j'enchaîne les activités sans perdre une seconde. Donc qui peut me dire pourquoi, alors qu'à 9h15 je suis opérationnelle, je ne sors pas de chez moi avant 9h45 ?Moi je vois qu'une explication : c'est encore un coup du complot mondial des extraterrestres. Chers ET, si vous pouviez me faire un mot d'excuse, comme nos amis du métro, ça serait bien sympathique de votre part. Parce que pour l'instant, au taff, ils veulent pas me croire.

mercredi 12 avril 2006

En attendant Godot...

Bon sinon, la pêche ?

Quant à moi-même, telle que vous ne me voyez pas, je suis passée en phase de résistance active. Peut-être que je vous soule avec cette histoire qui n'en finit pas, c'est probable à la réflexion. En même temps on va pas se voiler la face (sauf religion oblige, chacun voit l'heure au moment où il regarde sa montre et les vaches seront bien gardées), je suis quand même la protagoniste de ce blog jusqu'à preuve du contraire.

À ce propos (à propos de la preuve, pas de moi), petite parenthèse pour répondre à monsieur X, ou à madame Y (rien à voir avec les chromosomes) qui a laissé quelques commentaires : cher visiteur anonyme, serais-tu témoin de Jéhova ? scientologue ? raëlien ? pas communiste quand même ? (bon ok le dernier, c't'une blague, pour le reste, je m'interroge...). Sache que je respecte ta croyance, quelle qu'elle soit (pourvu qu'elle reste en conformité avec la loi en vigueur), mais laisse-moi te dire que si on dit croire en Dieu, c'est bien parce qu'on ne peut pas prouver son existence, enfin bon c'est pas à toi que je vais apprendre ce qu'est la foi n'est-ce pas ? Bien. Alors toi tu as la foi (c'est peut-être Dieu qui te l'a donnée ? dans ce cas lance-toi dans la variété, tu vas faire un tabac), et moi je l'ai pas. Tant que t'as pas les foies d'avoir la foi hein...(oui aujourd'hui on dirait que ce serait le festival du jeu de mots pourri d'accord ?)

Excusez-moi pour l'aparté. Je reprends : résistance active. Hier soir coup de fil d'ex-monamour, après un silence d'une dizaine de jours.

Lui : Comment vas-tu ?

Moi : Ça va bien (attends, je m'allume une clope histoire de prendre de l'assurance) Et toi ? (j'espère que tu souffres le martyre)

Lui : Oui ça va. Qu'est-ce que tu as fait de beau ces derniers temps ?

Moi : Oh j'arrête pas de sortir (bien sûr que je peux m'amuser sans toi, eh, la vie continue)

Lui : Ah bon ?...(il est jaloux alors que c'est lui qui m'a quittée hein)

(...)

Lui : Et tu comptes venir demain soir ? (on est invité au même endroit, c'est aussi ça les amis communs)

Moi : Rien n'est moins sûr, je verrai demain (en fonction de ma capacité à rester stoïque en ta présence)Lui : Bon, ben si on se voit pas demain on peut peut-être se voir dans la semaine ?

Moi : mouais, on verra (début de résistance).

Je sais, y a pas de quoi fouetter un chat (tiens, j'en parlerai au killer de hamster, des fois que ça l'intéresse).

mardi 11 avril 2006

Avis à la population

Ami lecteur, amie lectrice, toi qui passes sans me voir, oui toi là, c'est pas compliqué t'es un peu tout seul (non, des fois tu es plusieurs et c'est cool), si tu trouves que ce blog a une sale gueule, c'est que tu as bon goût et c'est déjà pas mal, de nos jours mon bon monsieur y a plus de saisons, alors c'qui nous faudrait c'est une bonne guerre, avec tous ces jeunes là, moi de mon temps ça rigolait pas...

Bon, ça c'est fait.

Cela dit, si tu es doué(e) techniquement, même un tout petit peu, si tu sais, par exemple, comment faire un lien, insérer une image, mettre des couleurs, tout ça...en un mot comme en cent, si tu as du temps à perdre avec une incapable comme moi, eh bien dis-toi que je n'aurai même pas honte de recevoir tes conseils, trucs et astuces. À la limite j'y comprendrai rien, mais honte non. Car vois-tu, ami lecteur, amie lectrice, j'ai 82 ans (comment ça pas crédible ? si je te le dis) alors j'ai des circonstances atténuantes hein.

Ainsi ce blog pourrait se décomplexer esthétiquement parlant.

Moi j'dis ça, c'est pour ton bien...

lundi 10 avril 2006

C'(est) P(as) E(ncore) gagné

Eh oui, c'est encore moi...

Je viens d'apprendre que nos chers gouvernants ont enfin lâché le morceau. Bien.

Cependant faudrait pas oublier qu'il y en a un qui se frotte les mains - oui, Nicolas aussi, mais je pense plutôt à l'autre : souvenez-vous qu'au royaume des aveugles, le borgne est au second tour.


C'est ben vrai ça

Souvent y a pas de justice.

Par exemple samedi, j'avais décidé d'aller à la laverie. Ouais bon, parce que j'ai pas de lave-linge. C'est con, hein. Mais c'est comme ça. Donc j'avais visé samedi, choix peu judicieux en soi vu qu'il y a des tonnes de gens qui visent le samedi pour aller à la laverie. Mais bon, si j'étais originale, on s'en serait rendu compte plus tôt. Sauf que Canada Dry est resté, en plus de la nuit, quasiment toute la journée chez moi, autant dire que je l'ai plus vu en 24 heures qu'en un mois. Et laissez-moi vous dire qu'il gagne à être connu, à part pour certains trucs où il peut nuire grave. Bref. Pas de laverie samedi.

Qu'à cela ne tienne, il reste dimanche. 15h30, encore au lit mais éveillée (normal quoi pour un dimanche). Je commence à me dire : allez ma fille, va falloir songer à la corvée lessive. Qu'est-ce qu'il y a à faire à cette heure-là le dimanche de toute façon ? Le tennis, je m'en fous un peu, le Paris-Roubaix n'en parlons pas, alors qu'est-ce que tu dirais d'une laverie ? Ah ben oui, volontiers...Et, je vous jure, j'avais presque posé un pied par terre quand le téléphone sonna pour me proposer de profiter du printemps sur une terrasse au bord du canal. Ça ne se refuse pas. Ben non, pas possible. Et après les choses s'enchaînent : maintenant qu'on est là, on va prendre l'apéro, et puis si on allait chez le Libanais, et puis un petit digestif, et puis la laverie ça fait bien longtemps qu'elle est fermée. C'est même presque l'heure qu'elle rouvre. Traîtresse...Pas de laverie dimanche.

Si vous croyez que je vais m'avouer vaincue pour si peu, ha, c'est bien mal me connaître. Qu'à cela ne tienne, il reste lundi. Oui, aujourd'hui. C'est du moins ce que je croyais encore ce matin. Car depuis, j'ai rencart au bar en bas de chez moi à 19h30. Sachant que je bosse jusqu'à 18h30, si quelqu'un peut faire une laverie dans l'intervalle, je veux bien lui confier mon sac de linge sale.

Alors faites-moi plaisir, tous en choeur : ♫ lundi matin, l'empereur, sa femme et le p'tit prince sont venus chez moi, pour me serrer la pince, mais comme j'étais parti, le p'tit prince a dit, puisque c'est ainsi nous reviendrons mardi...♫

Le vrai problème dans tout ça, c'est pas tellement de savoir quel jour j'irai à la laverie, c'est comment je vais m'habiller demain ?

SOS amor(t)

On va finir par le savoir que le 12 est mort (paix à son âme). L'actuel monamant s'est amusé à mémoriser toutes les variations sur 118 existant à ce jour. Je me suis endormie avant qu'il ait fini de les égrener.

Non, même pas vrai. Il ne donne pas dans le soporifique, surtout quand il lui passe ce genre de drôles d'idée par la tête. Autre exemple (tremblez braves gens) : et si, ce soir (on s'abstient de chanter, merci), on faisait l'amour sans préservatif ? Ben voyons, j'allais t'en parler.

Cet adorable jeune homme, que je côtoie depuis peu, à qui je n'ai juré ni amour, ni fidélité, et réciproquement (oui, moi aussi je suis une adorable jeune femme, quelqu'un a quelque chose à dire ?), que j'affuble secrètement du doux surnom de Canada Dry, car il a l'âge, la taille et la couleur d'ex-monamour, mais ce n'est pas ex-monamour, non, c'est Canada Dry (du mal à faire le deuil, moi ? vous plaisantez ou quoi)...ce jeune homme donc est problablement en excellente santé, je le lui souhaite, mais de là à jouer à la roulette russe...faut pas pousser mémé dans les orties.

D'autre part, qu'est-ce qui lui prouve que de mon côté tout va bien . Ok, j'ai l'air normale. So what, darling ? (oui, il aime qu'on parle anglais). Et alors ? (rassurez-vous, je ne suis pas malade, mais ça ne se voit ni à l'oeil nu, ni à la loupe).

Tout ça pour dire que ça fait vingt ans qu'on nous serine que Sans capote, faut surtout paniquer et il s'en trouve encore pour répliquer Même pas peur.

vendredi 7 avril 2006

♫ Concerto pour détraqués ♫

Hier soir j'étais au bar en bas de chez moi, celui où y a des bons concerts gratos et de la bière bon marché. Entrent deux jeunes (mais pas juvéniles) filles, 25-28 ans à la louche, l'une le crâne rasé avec crête basse, l'autre en jean déchiré, gros bas résille noir et quelques inscriptions : Punks not dead, Bérurier Noir. Ça nous fait sourire gentiment, on se dit Ah c'est un peu puéril, voire anachronique. Bref, on se la pète adulte.

Ouais mais...quand, chez moi, on a fini la pizza (et les crudités, attention, équilibre alimentaire oblige)...qu'est-ce qu'on décide d'écouter ? Gagné. Les Bérus. Et nous voilà partis à brailler sur ♫ SOS c'est le drapeau mondial ! SOS international ! ♫ et autres ♫ Manifeste ! En république l'anarchie ! ♫, le volume à 33 et des brouettes, le rhum à 50, comme d'hab. Les voisins ont même pas gueulé. En même temps, comme dit un pote, ils seraient peut-être montés pour la Star Ac à fond les manettes, mais pour les Bérus, ils ont la trouille, hé hé. On est trop une bande de jeunes qui se fend la gueule.

Puéril ? Anachronique ? Non mais c'est pas ce qu'on voulait dire...

jeudi 6 avril 2006

Le fabuleux destin d'Ada Poulain

J'aime Albert Dupontel acteur. J'adore Albert Dupontel réalisateur. Même si Bernie, son premier opus, restera mon film-culte, Enfermés dehors c'est pas mal non plus. Un cartoon social comme il dit. Et j'ajoute : rock'n roll. Ou comment être à la fois au coeur du problème et en total décalage.

Or donc, après cette délicieuse séance, je me dirige vers la sortie de la salle obscure...et sur qui que je tombe, hein ? (attention, c'est une expression, je ne me suis ni vautrée, ni étalée, ni gamellée. Droite dans ses bottes la fille) (sauf que j'en porte pas) (je suis pas une va-nus-pieds non plus eh oh).

Mais d'abord, faut que je vous dise (en fait là, je vous parle en direct d'Hollywood, École du scénario, si si, j'ai un exercice à faire sur le suspense. Je crois que je suis douée...), Paris est une grande ville, on est tous d'accord (ça fait partie de la technique du suspense de sortir des banalités, alors venez pas vous plaindre, je respecte la procédure)...on en était où ?...gna gna gna...grande ville. Pas en superficie, je vous le concède, mais niveau population, qu'elle soit sédentaire ou nomade, ça grouille, ça fourmille, on en croise du monde (à part les prisonniers). Pour rencontrer quelqu'un de sa connaissance, faut avoir rencart.

C'est ce qu'on croit. Je m'en vais vous prouver l'inverse.

Car moi y a une personne que je vois surgir partout : boulevard de Charonne, dans les couloirs de Châtelet ou de Madeleine, et encore une fois hier soir dans le 13ème arrondissement...toujours la même, à croire que ♫ Destinés, nous étions tous les deux destinés ♫...Si c'est le cas, le Père Noël est vraiment une ordure, parce que merde, loin de moi l'idée d'être méprisante, mais on est trop mal assorti, je vous assure chacun de nous mérite mieux. Surtout moi (oh ça va, je plaisante).

Bien, à ce stade, tout le monde se fout de savoir de qui il s'agit. Mais je vous le dis quand même : le killer de hamster. Parfaitement.

lundi 3 avril 2006

They shoot horses, don't they ?

J'ai un collègue...

En fait, j'ai des tonnes de collègues, tous plus spéciaux les uns que les autres, mais disons que celui-ci a décroché le pompon. Trop inquiétant le mec. V'là l'histoire.

Son hamster - âgé de deux ans et demi, donc en fin de vie, car ça tient pas la route ces bestioles - était malade. À savoir qu'il se cognait partout (cécité), puait le chacal (hygiène défaillante) et se jetait du haut de la mezzanine (tendance suicidaire) (oui moi aussi j'ai cru, mais non, la mezzanine de SA cage. Ah il vivait pas dans un HLM, l'animal). Mon collègue en était fort peiné, normal, on souffre de voir souffrir ceux qu'on aime.

Il prit conseil auprès d'un vétérinaire qui l'incita à laisser faire la nature. Soyez fort et laissez-le crever en paix, c'est une question de jours. Oui mais c'est que ça devenait insupportable d'assister, impuissant, à cette agonie nauséabonde. Alors, prenant son courage à deux mains et le casse-noix, il décida d'abréger les souffrances de la bête en lui portant le coup de grâce...sur le crâne. Bing ! Bang ! Boum ! Mais ça suffisait pas. Allez Maïté, essaye encore, cette fois avec le tire-bouchon. Vlam !

Fin de l'histoire ? Non : le hamster, bien qu'en coma dépasse, respirait encore. Qu'à cela ne tienne, enfermons-le hermétiquement dans un sac poubelle et jetons-le dans le vide-ordure afin qu'il s'écrase onze étages plus bas. En voilà une idée qu'elle est bonne !

Conclusion du collègue : ben c'est pas facile de tuer un être vivant.

L'enfer est pavé de bonnes intentions.