vendredi 26 janvier 2007

♫ De Ca Mau à Lao Cai ♫

Alors t'emballe pas, il va rien se passer de spécial dans cet article, en tout cas rien que tu ne saches déjà plus ou moins. Mais bon je fais l'effort, bien que me trouvant présentement en service public, et au risque de me griller auprès de mes collègues, je fais l'effort donc de te dire au revoir. Parce que t'es sympa quand même.

J'emmène mon K-way orange vu qu'il pleut toujours un peu sous ces latitudes semi voire complètement tropicales. Je prends aussi le routard pour bien tailler la route. Et mes maigres notions de la langue...Ouais ben j'ai pas eu beaucoup de cours je te ferai dire. Non mais grâce au manuel de conversation courante, je sais dire : Je ne ferai rien sans préservatif...Plus fort...Moins vite...C'était fougueux...La base quoi.

L'excitation est à son comble. Non parce que, tu n'en as peut-être pas conscience, avec la légèreté qui te caractérise, mais c'est un peu le voyage de ma vie, les racines, les ancêtres...L'identité, n'ayons pas peur des mots.

Bon allez c'est pas tout ça...l'heure c'est l'heure...Je reviens vers le 19 février. Essaye de pas trop pleurer le soir et gaffe à tes os. Moi ♫ y a l'avion à Roissy qui [m]'attend pour le Sabaïland ♫

mercredi 24 janvier 2007

Profession de foi

Écoute je suis débordée comme jamais. Pas facile de voir tous les camarades, amis et apparentés avant le départ pour la terre de mes ancêtres. Pourtant je vais pas m'absenter très longtemps, c'est un petit voyage toutce qu'il y a de règlementaire. Mais faut croire que c'est une tradition, avant les vacances on se dit au revoir. Du coup mon agenda est trop petit pour que j'y inscrive tous les rendez-vous et je me suis encore couchée à pas d'heure hier. Sans compter que j'ai bu du whisky (en plus du reste je veux dire). Alors aujourd'hui c'est service minimal (estime-toi heureux que je ne sois pas en grève).

Ça se passe dans mon lit. Ça part de la différence entre un curé et un abbé...Aucun rapport...enfin si, évidemment, ça tourne autour du religieux, c'est sûr...Bon si tu parles du voeu de chasteté, dans ce cas non, pas de rapport, c'est interdit...Quoique des fois hein...Enfin bon je voudrais pas parler sans savoir...Sauf que j'ai connu un curé qui avait une compagne...Donc je répète, des fois hein y a rapport...grand bien leur fasse...Non ce que je voulais dire c'est que si on parlait d'abbé, aucun rapport avec Pierre, il était encore vivant, plus pour très longtemps mais bon, on pensait pas du tout à lui (comme quoi j'ai peut-être un truc à creuser du côté de la voyance) (non bon d'accord).

Ada : Je suis sûre que tu aurais fait un excellent prêtre.

Monamour : Ah ben moi j'aurais préféré être évêque.

Ada : Ça gagne plus ?

Monamour : Je pense...Mais c'est surtout parce qu'on m'aurait appelé Monseigneur (il faut savoir que monamour, étant petit, avait des ambitions à tendance mégalomaniaque, il voulait devenir Alexandre le Grand ou César, selon les jours...ou alors astronaute, pour conquérir d'autres mondes) (moi ça me va, du moment que je peux rester la belle du monseigneur). Ça claque hein monseigneur...

Ada : Ah ouais ! Avec la crosse et la mitre t'aurais eu fière allure...

Monamour : Oui j'aurais porté la robe là...

Ada : Et t'aurais fait des messes de folie parce que t'es hyper bon orateur.

Monamour : Tu sais que j'y ai pensé un moment. Je me disais : est-ce que je travaille dans la société ou hors de la société ?

Ada : Comment ça hors de la société ?

Monamour : Ben au Club Méd par exemple. Ou prêtre...

Ada : Et pourquoi tu l'as pas fait au final ?

Monamour : Je crois pas en Dieu.

lundi 22 janvier 2007

♫ Comme la vague irrésolue ♫

T'as remarqué qu'en ce moment il fait beau tous les dimanches ? (à Paris s'entend), eh bien ça n'a rien à voir avec le sujet qui nous occupe aujourd'hui.

Vendredi, après une première partie de soirée avec ses amis, j'amène monamour au nouveau bar où on rejoint mon pote. Ben ouais, faut que tout le monde s'habitue à la nouvelle configuration. Chez moi la nuit est bonne et donc, quand, à 7h du mat, je reçois : Ouktusoi koiktuface...je pense à toi ! Demain é un nouveau jour é cé avec toi kjé envie...tu te dis que bon, je vais pas répondre. On ne peut rien te cacher. Par contre je mets un petit bout de temps à retrouver le sommeil, d'autant que ça bipe à nouveau : il é tôt mé pa tro tard pr se voir ! J'imagine le charmant charmeur chilien sur sa voie de chemins de fer (une voie de garage objectivement, mais les voyages forment la jeunesse à ce qu'il paraît). Monamour, lui, ne bronche pas.

Après le petit déjeuner et son départ, voilà que ça bipe encore : Le silence é un dialogue...Jte souhaite pleins dbonnes choses. Il est doué pour la synthèse le charmant. Je lis tu sais quoi, la journée file et quand je sors du cinéma, mon portable affiche : Jvais boire un verre avec XXX. Kestufé ? J'étais au ciné, je rentre chez moi (note bien que je me contente de répondre à la question, ni plus ni moins) Et kestuvefèr ? Je sais pas trop, t'es où toi ? (bon, ça prend une tournure un peu périlleuse hein) Dans la rue. On peut se retrouver chez moi stv !? Ok (et voilà...)

On n'a pas le temps d'atteindre le lit, le futon fait très bien l'affaire. Feu de l'action aidant, on se rend compte assez tard que les voisins peuvent profiter du spectacle...Mais y a pas eu de plainte. Faut dire qu'on assure aussi, cette fois encore nous nous surpassons en prouesses gymnastiques et rythmiques. Au point qu'on se dit que ça fait pas mal, de se faire du bien certes, mais aussi de se voir moins souvent.

Puis nous sortons prendre un verre au nouveau bar avant que je ne retrouve monamour. L'heure tourne et on se refroidit pas, y a un micro-climat je sais pas...Je suis limite à la bourre alors on opte pour une petite session dans le hall de son immeuble (pipe et boîte aux lettres, un nouveau regard sur le monde), mais, ne portant pas de jupe (ben oui, j'avais pas prévu de me faire trousser au coin de la rue par ce temps pluvieux) nous nous voyons dans l'obligation de remonter chez lui pour un travail plus en profondeur. Inutile que je te raconte, déjà c'est pas racontable, et puis j'ai pas les mots tellement c'est au-delà (si tu crois que c'est facile...t'as qu'à voir dans les livres (les bons hein) : la scène de cul c'est un peu comme le chef d'oeuvre du compagnon artisan). Quand nous émergeons, plus de doute, je suis très en retard...

Remercions nos amis du métro qui nous offrent un sursis le samedi soir, ce qui me permet de finalement retrouver monamour. En aucune manière je n'éprouve de sentiment de culpabilité vis-à-vis de lui. Crois-tu que ce soit normal ? Ou bien mon inconscient ne suivrait-il pas un chemin tortueux qui l'amènerait à ce magnifique sophisme : puisqu'il n'y a pas culpabilité, il n'y a pas faute ? En tout cas j'ai bien fait de rien te dire la dernière fois à propos de la fidélité...franchement je regrette pas.

vendredi 19 janvier 2007

♫ Et je soupire sur les qui suis-je, sans négliger l'épisode où vais-je ♫

C'est comme qui dirait la révolution.

Depuis plusieurs jours, je suis d'une productivité au taff, tu peux pas imaginer. Genre mon chef de service débarque dans le bureau, en totale panique (rien que de très normal, mon chef de service est toujours dans tous ses états, sauf en réunion, où il s'écoute parler et là il kiffe) : Ada voici l'article de XXX, on est hyper charrette, moi j'ai pas le temps de m'en occuper, il faut trouver cinq illustrations pour ce soir, c'est très urgent. Mais bien sûr, pas de souci. Ou alors : Ada, y a une demande de la présidence (pas de la République, faut pas trop m'en demander non plus) on cherche une photo de Machin, dans le journal Truc ou peut-être dans le journal Bidule, à moins que ce ne soit ni l'un ni l'autre, on sait pas trop et on n'a pas la date précise, ça tourne autour du voyage de de Gaulle en URSS, et vite, parce qu'ils le demandent aujourd'hui pour hier évidemment. Aucun problème, tout le plaisir est pour moi, même pas je râle. Contrairement aux apparences, je ne travaille pas dans une rédaction et je ne suis pas éditeur photo, comme quoi je pourrais rechigner quand même. Eh ben non, souriante la fille.

Depuis plusieurs séances je suis une analysante exemplaire. Limite dans une de ses prochaines communications à la profession, l'analyste pourra citer mon cas et s'en glorifier. Hop j'arrive, hop je m'allonge, tout en légèreté, je plonge dans le sac de noeuds et quand je me lève, c'est nettement moins emmêlé. Tu pourrais croire que ça n'a rien d'exceptionnel, eh bien pas du tout, des fois c'est même plus un sac de noeuds, c'est un truc tellement informe que tu sais pas par quel bout le saisir (noeuds et bout...je te dispense d'associer librement, ça c'est bon pour le divan, tiens-toi un peu que diable) (tirer par la) (bon tu vois c'est moi qui m'égare après). Exemple très récent : si je n'ai jamais voulu enseigner (malgré une aptitude certaine à la pédagogie) c'est pour une sombre histoire de chocolats...Eh ouais. Ça t'en bouche un coin hein ?

Depuis une semaine (prépare-toi psychologiquement à un événement époustouflant, j'ai peur que le choc soit rude, tu devrais respirer par le ventre, sois fort je t'en prie) depuis une semaine donc je n'ai pas bu d'alcool...Mmm, je t'avais prévenu. Pourquoi, pourquoi, j'en sais rien moi pourquoi, que veux-tu que je te dise ? J'ai pas envie, ça te va comme réponse ? Une semaine...Truc de ouf. C'est une phase totalement inédite dans ma vie d'alcoolique mondaine.

Si je te dis que depuis cinq jours je suis fidèle, tu vas encore te foutre de ma gueule et t'auras pas tort, c'est un peu ridicule. Bon du coup je te le dis pas, tant pis pour toi. Non mais c'est pas plus mal en fait, parce que si je te le dis et que je flanche, j'aurais l'air de quoi ? T'as raison, vaut mieux que tu saches pas...

Alors que se passe-t-il au juste ?

On va procéder par élimination. Déjà je suis pas enceinte. On dirait pourtant (transparence psychique, arrêt des toxiques) mais je répète, je suis pas enceinte. Ensuite je suis pas en loose. Les symptômes sont bien là pourtant (travail acharné, investissement maximal sur le divan) mais je répète, je suis pas en loose. Bon...ben j'ai plus des masses d'idées là...

Histoire que tu te fasses pas trop de bile, je te rappelle que dans tout bientôt c'est le week-end et qu'il est possible que je prenne l'apéro quelque part (mais je boirai peut-être une limonade, rien n'est encore gagné). Dans tous les cas, et ça, ça va te sortir de ton désarroi, premièrement une, j'arrive encore à la bourre ; de deux, même si on fait tout pour nous en empêcher, je continue à fumer ; last but not least, je suis toujours inscrite au festival de la baise...(t'as eu chaud hein ?)

mercredi 17 janvier 2007

Lis tes ratures

Parfois le soir, après l'amour (ou le contraire) et avant de dormir, au lieu de regarder la télé que j'ai pas, je fais la lecture à monamour (et crois-moi que ça me change. C'est pas avec le charmant que je pouvais avoir ce genre de plaisir). Puis ça donne lieu à des réflexions profondes et intelligentes.

Monamour : Tu crois que t'aurais pu être pontonnier de la Bérézina ? Trois jours dans la flotte...

Ada : Tu penses, j'aurais pas été assez résistante.

Monamour : Les gars qui rentraient au bercail à pied dans la neige...

Ada : P't'être ils trouvaient un peu d'aide auprès de la population, tu m'files un peu de soupe ?

Monamour : Ouais on vous a envahis mais on est tous chrétien merde

Ada : En plus j'ai plus d'orteils j'te rappelle

Monamour : Je me vois vraiment pas rentrer à pied de Russie, qui plus est en béquilles...

Ada : Oh ben t'inquiète, t'aurais fait des pauses...

(...)

(les points de suspension à l'intérieur de parenthèses, ça veut dire que le dialogue s'arrête et qu'on rit) (non mais je précise, des fois que toi tu trouves pas ça drôle, sens-toi libre)

Monamour : Ça fait comment de mourir de froid tu crois ?

Ada : Je crois que c'est atroce.

Monamour : Ils s'enfouissaient peut-être dans la neige pour se protéger.

Ada : En même temps, vu les températures, même en gagnant quelques degrés, ça restait tendu...

Monamour : Ouais, passer de moins 20 à moins 10...

Ada : Surtout que moins 10, ça fait tôt quand même

(...)

Alors, t'as deviné ? Bon allez je t'aide un peu : sachant qu'on a chacun son bouquin ; sachant qu'il y a un Balzac, un Zola et un Zweig...lequel est celui d'Ada ? lequel celui de monamour ? lequel celui qu'on lit en commun ? T'es gentil tu donnes le titre aussi hein.

lundi 15 janvier 2007

♫ Tu es la tombe et moi l'épitaphe ♫

Tu vas peut-être penser que je suis sexiste (alors qu'en fait je suis juste obsédée sexuelle), tant pis.


Avec un paquet de SMS du genre : J'ai la crèv (mal à la gorge) mé si tu tréveilles dan la soiré (je te dispense de toute remarque relative à cette information, je dors quand je veux ok ?) kta faim ou envie de câlin, rejoin moa ! auquel je réponds par exemple : mange plein de miel pour ta gorge, ce qui amène : C toi mon miel...je tiens bon un jour, deux jours, trois jours, puis je dois bien avouer que je cède. Lâchement.

Dimanche vers 13h, après le tai chi et alors que je viens de croiser mon pote qui sors de chez sa belle, je débarque chez le charmant charmeur chilien avec le petit déjeuner. Durant les quelques heures qu'on passe ensemble, comment te dire, je le vois dans le rôle de la fille et moi dans celui du mec. Exemples :

Coquetterie. Quand j'arrive, il sort de la salle de bain, rasé de frais, alors que moi j'ai même pas pris une doiche après mon exercice (d'accord pas hyper violent mais quand même) physique hebdomadaire.

Demande de tendresse. Il quémande un bonjour. Va pas croire que je suis malpolie, évidemment que je dis bonjour. Mais lui il veut un bisou. Il me tend ses lèvres, j'y pose mon doigt.

Rappel des rituels (un peu comme le coup du sondage). Sur le futon, il regarde par la fenêtre en disant : Oh il vole bien ce pigeon...Fut un temps, le premier de nous deux qui repérait un pigeon dans le ciel se devait de sortir cette phrase (bon écoute les amoureux passent aussi par des âges ingrats, et nous ça nous faisait rire, je sais bien que toi non mais c'est le même tarif non mais).

Offre de tendresse. Là encore je cède. De mémoire d'Ada, confirmée par celle du charmant, nous n'avons jamais atteint de tels sommets lors de nos séances au pieu. Il se pourrait que plus mes sentiments s'estompent, plus mes sensations s'aiguisent...

La question qui tue. Après l'amour, dans le lit : Tu m'aimes ? Bien sûr c'est dit de façon légère, mais ça n'en appelle pas moins une réponse. Alors je noie le poisson, toujours aussi lâchement, dans une envolée cynique où j'anticipe par : et après tu vas me dire que je t'aime pas vraiment, vu que c'est toi qui poses la question et que je le dis pas spontanément...

Attentions quasi maternelles. Je te prépare quelque chose ? t'as pas froid ? tu veux prendre un bain ? repose-toi...

Psychologie intuitive. Comme il caresse ma main, je me mets à pianoter contre ses doigts : ah dès que ça devient tendre, tu fuis...

La phase je-ne-suis-pas-un objet. Comme je veux tracer : alors toi y a que le sexe qui t'intéresse avec moi...on pourrait sortir, faire des choses ensemble...

Difficulté à s'extirper de la fusion. Oh non ne pars pas tout de suite...

Jalousie. Tu dois retrouver un autre mec, c'est ça hein ? c'est ça ?

De mon côté je me rappelle nos regards croisés, dans le bar en bas ; je me souviens d'un coucher de soleil observé depuis un banc public de la place d'Italie où on parlait même plus tellement on était bien ; je me rappelle combien on pouvait s'extasier (bêtement, aveuglément, passionnément, choisis) l'un de l'autre. Aujourd'hui, encore et toujours, nos peaux s'appellent (ou alors je confonds ? Nos peaux, ça pèle ?). Et puis ?

Non mais un deuil ça se fait pas en deux deux je te signale.

vendredi 12 janvier 2007

♫ It doesn't matter if we all die ♫

Le charmant charmeur chilien ne se sert de son téléphone portable que pour envoyer des SMS ; d'ailleurs il a acquis une certaine expérience dans l'art de l'expression phonétique. Mais, tiens-toi bien, voilà t-y pas que je reçois, de sa part, et deux jours consécutifs qui plus est, des messages vocaux...

La première fois je sors du cinéma. Ada c'est moi (...) Appelle-moi quand t'as le message, appelle-moi d'accord ? Ben non pas d'accord, j'ai rendez-vous avec monamour. Je l'informe donc par texto que je le contacte le lendemain.

Le lendemain, superbe acte manqué : j'oublie mon téléphone chez moi. Quand je rentre, j'ai son second message : Bonjour mademoiselle, c'est pour un sondage (bon là il faut que je te dise que chaque fois que je l'appelais, systématiquement, à tous les coups, je commençais par Bonjour Monsieur, c'est pour un sondage, et lui il répondait Oh oui mademoiselle, sondez-moi, sondez-moi)...je voudrais savoir ce que vous faites ce soir. Sachez que mon portable reste en attente d'un éventuel appel de votre part. Il est tard, je renvoie donc un texto explicatif en promettant que j'appelle le lendemain, cette fois de façon certaine.

Le lendemain du lendemain (surlendemain, oui je sais). Quand je compose son numéro, ça sonne trois fois puis répondeur. Ne sachant s'il me zappe ou si c'est un bug de la machine, je lui dis que je vais boire un verre avec mon pote au nouveau bar. Là-bas monamour appelle. Nous prenons rendez-vous pour finir la soirée ensemble. Et donc je rappelle le charmant : je vais pas rester, on pourra pas se voir. Mais répondeur toujours. deux secondes après, SMS : J'ariv o nouveau bar.

Ah. Merde alors. Bon. Il arrive, avec quelques centilitres d'avance sur nous et annonce qu'il a perdu un être cher, comme on dit et comme ça m'est arrivé y a quelques mois mais c'est pas le même tu t'en doutes. On trinque à la santé des disparus, je culpabilise un brin de ne pas être disponible très longtemps, alors je diffère mon départ au maximum. Mais faut y aller. Mes priorités ont changé. Il me dit Vas-y, t'inquiète pas, vis tes amours.

Le lendemain du lendemain du lendemain (ah tu fais moins ton malin là), SMS : Le pingouin me mank bocou...Prends bien soin de lui. Nourris le bien et fé lui une toilette ! je l'embrasse fort.

M'est avis qu'il va faire deux deuils en un (remarque, ça vaut aussi pour moi)...C'est la chienne de vie.

(Devine ce que je mange ce soir ? Indice : monamour et moi sommes invités chez des amis communs)

mercredi 10 janvier 2007

♫ Meat is murder ♫

Bon ben les béquilles forcément c'est pas l'idéal pour les grandes virées rock'n'roll. Et puis comme monamour a l'air décidé à me voir le plus souvent possible, je vais pas non plus faire ma blasée. Alors tant qu'il boîte, je veux bien assurer le gîte et le couvert. Mais y a des limites. Non parce que ménagère de moins de cinquante ans je peux pas, j'en ai 83 je te rappelle.

D'abord je fais une tartiflette, ça c'est facile. T'empiles tout bien les machins, zou au four, pas de souci. Et je sais pas si je t'ai dit, mais monamour tu lui files une marmite de fromage fondu et il est heureux.

L'hiver pas dernier mais celui d'avant, 2004-2005 quoi (oui bon ben hé, laisse-moi le temps de compter aussi), c'était le festival de la raclette. Il avait emprunté l'appareil d'un ami et c'était chez moi que ça se passait, avec tous les potes vu que c'est trop convivial la raclette...Et sans mentir, il se passait pas un week-end sans. À la longue je mangeais que les cornichons et les pommes de terre (moi c'est une marmite de patates qui fait mon bonheur) (comme quoi on est complémentaire hein)...jusqu'à ce que l'ami le prenne par les sentiments tu sais, j'ai une petite fille, elle adore la raclette, elle en a tellement envie, c'est bientôt l'été là...et que monamour consente enfin à restituer l'appareil.

Après (non mais pas le même jour, déconne pas) on commande une pizza, enfin moi je mange un truc à base de carottes, de riz, d'échalotes (cuisinés maison, je sais pas si t'imagines) et lui il appelle le livreur parce que dès qu'il y a des légumes il a peur (c'est moi qui lui ai appris ce qu'est une aubergine) (mais ça commence à rentrer. La preuve : il s'est inscrit sur les listes électorales. D'accord ça n'a rien à voir mais c'est pour dire). Et devine à quoi la pizza ? Tartiflette. Oui ils font ça maintenant, on aura tout vu...

Puis on se fait une fondue savoyarde. Ben ouais, c'est de saison merde, on va pas rater le coche. Ça va qu'y a du vin blanc...

Un beau jour, la convalescence étant en bonne voie, je le prie de bien vouloir faire les courses pour son petit déj. Monamour commence toujours sa journée par un saladier (ou une cocotte-minute, ou un chaudron, peu importe) de lait chaud, avec des céréales et puis du miel ou du chocolat, selon les stocks disponibles. Tous les jours, tu m'entends ? invariablement, depuis...pfiou. Bon. Et c'est moi, vu son handicap temporaire, qui verse le lait dans la casserole et qui le sers, pour lui éviter des déplacements tu vois ? C'est pas grand chose mais tu peux dire que je suis sympa quand même.

Sauf que ce jour-là, qu'est-ce qu'il ramène ? Du lait et des céréales ? Non. Des oeufs et du bacon. J'ai pensé que ça changerait un peu. Voilà, l'exception qui confirme la règle, il choisit de la vivre avec moi dans le rôle de la cuisinière...

Non mais bon je critique pas. Chacun ses goûts. Je dis juste qu'à force d'entasser les prisonniers comme de la viande, faut pas s'étonner qu'après ils confondent. C'est tout. De toute façon bientôt je vais bouffer du chien.

lundi 8 janvier 2007

Sortez les violons

Si je te dis que je suis pas une sainte et que je m'appelle pas Antoine, je ne t'apprends rien. Eh ben figure-toi que, malgré tout, c'est pas les tentations qui manquent.


Tentation 1. Vendredi je reçois ça : Jsuis en rut ! Comme je suis au taff, je me limite à : Mmmm, ça ouvre des perspectives intéressantes...Plus tard au nouveau bar : T priz ce soir ? Ben oui...(je prends l'apéro avec mon pote avant de retrouver monamour). Bon...À demain ptèt. Domage jmété rasé. Bonne soirée (beau joueur le charmant quand même) (mais il est pas violoniste).

Tentation 2. La soirée avec monamour se passe on ne peut mieux (son genou s'assouplit, à toi d'imaginer le reste). Vers deux heures du mat, SMS non identifié : Salut c un peu brut (ben salut c'est surtout une formule de politesse un peu familière mais tout à fait convenable) tu fais quoi copine ? (je dors) On est à deux, on voulait savoir, même fatiguée et que tu te réveilles, de passer un moment intense ensemble, viens allez ! Ouh là c'est quoi c't'affaire ? Je n'ai aucune idée de qui ça peut être. En revanche je saisis parfaitement le message : on me propose une partouze en bonne et due forme. Bon. Puis : Ça serait sympa que tu répondes même si c un peu le délire, dis un truc, bisous quand même. Ça insiste en plus. Alors je fais un effort : 1 truc (je suis pas la dernière pour rigoler t'as vu ?) ou plutôt 2 : je dors...c'est qui ? C Bernard et Bianca et on a envie de délirer avec toi voilà.

Bernard et Bianca...un couple du quartier. Combien de fois Bernard m'a-t-il dit : Tu sais que je ferais bien un gros câlin avec toi ? Combien de fois Bianca m'a-t-elle dit : Tu sais Bernard parle beaucoup mais les actes ne suivent pas...? Et voilà qu'en pleine nuit, visiblement un peu attaqués, leur prend l'envie d'un plan à plusieurs, si c'est pas mimi, et ils pensent à moi comme troisième violon.

Ça commence à faire là non ? Un peu d'exercice pour sublimer tout ça ? Dimanche matin, à l'heure où d'habitude je m'en paye une grasse, séance de tai chi chuan, avec la grande dame, dans le parc du coin. Il fait beau, c'est la teuf. Et vas-y que j'empile mes vertèbres, que je brosse mes genoux, que je descends mon centre de gravité. Bon je débute hein, alors le coup de pied du lotus ou l'aiguille au fond de la mer, je maîtrise pas bien encore. Mais y a une figure qui m'attire, ça s'appelle jouer du violon...

Ah oui tiens, j'allais oublier, y a un film magnifique à l'affiche, depuis que j'en suis sortie je me dis que oui, il y a encore de la musique, mais la route est longue...ça serait dommage que tu le rates, enfin bon c'est toi qui vois (oui, c'est une bonne idée, vois-le donc). Je te laisse deviner le titre mmm ok ? on fait comme ça ?

vendredi 5 janvier 2007

♫ Ça fait crac, ça fait pschtt ♫

Fuis-moi je te suis, suis-moi je te fuis, forcément tu connais. Cet Ada-je fonctionne très bien sur moi. Mais pas que.

La dernière fois, chez le charmant charmeur chilien, je reçois trois coups de fil à l'enchaîné. Primo, mon pote, ça c'est facile : je passe la soirée avec le charmant, à plus. Secundo, le gars à la guitare, ça se gère pas trop mal : non pas ce soir. Tertio, monamour, là faut assurer : oui je suis chez moi (regard amusé du charmant) (eh ben oui prise en flag de mensonge éhonté) mais c'est mieux demain.

Le charmant est admiratif devant le nombre de mes prétendants : non ! ne me dis pas qu'il s'agit de deux mecs différents !? c'est le même qui a appelé deux fois ! Eh non mon ami, y en a bien deux. Pas possible !? Dis donc, qu'est-ce que t'assures toi ! Mmm, j'aurais pas dit ça comme ça, mais pourquoi pas, oui, j'assure, admettons.

La soirée se déroule tant bien que mal. Faut dire que j'ai atteint des sommets dans l'éloignement, ce qui m'est gentiment reproché. On fait l'amour presque violemment, comme s'il voulait me faire mal.

Le surlendemain : Coucou ! Tu pars kan ? Jespère kon pourra svoir avant ktu partes ?! Le charmant s'inquiète de mon voyage sur la terre de mes ancêtres. Puis : Bip moi kan tu ve kon svoa. Ta un emploi du temps plu chargé ke moi. A tré vite ! Tu apprécieras l'allusion quasi neutre, genre constat sans appel mais sans jugement non plus, au fait que je sois prise (c'est le cas de le dire). Moi, si ça t'ennuie pas, je me penche plus sur l'urgence impatiente de la formule finale. Il voudrait conserver une petite place que ça m'étonnerait pas...

Le problème c'est que monamour a pris du poids (que veux-tu, c'est les fêtes) (ouais trop la teuf !). Et même si, me connaissant, les bavures et dérapages restent encore possibles...je vais m'efforcer d'être fidèle (oui ben c'est bon hein, tu peux arrêter de ricaner...des fois j'arrive à l'heure au taff et des fois je suis fidèle. Si). Alors pendant que tu sais qui a conquis de haute lutte sa place sur la première marche du podium (et on l'appaludit bien fort), le charmant s'éveille un peu inquiet tandis que le gars à la guitare se renseigne : Tu dors ?

jeudi 4 janvier 2007

Grand corps pas trop malade

Allez, maintenant j't'explique pourquoi il part pas en courant quand je passe la douane en déclarant ma flamme : il a des béquilles...Ouais, petit problème de genou suite à un séjour à la montagne. Alors moi, pas folle, j'en profite. Faut savoir saisir les opportunités. Sinon tu penses bien qu'il serait déjà loin...

Mais bon ça n'a pas que des avantages les béquilles. Il est propriétaire d'un studio qu'il loue aux vacanciers de passage. Jusque là, tu vas me dire, c'est pas un inconvénient, au contraire. Mais quand tu sais que ce studio est sis au sixième étage d'un immeuble sans ascenseur, tu comprends mieux ma douleur. Pauvre monamour (bon ça c'est un peu téméraire comme terminologie, mais je suis une guerrière ou quoi ?) qui peut tout de même pas s'infliger ce supplice, tout handicapé qu'il est...Et voici donc Ada dans le rôle de l'hôtesse. Trop la classe à Dallas.

Samedi je me pointe à midi (je te laisse imaginer dans quel état) (pire). Ils sont pas là, ça commence mal. je dégaine le portable pour déverser mon irritation dans les oreilles de monamour (enfin, à ce moment-là il s'appelait encore ex-monamour, mais on va pas chipoter merci), y a pas de raison qu'il en profite pas merde.

Alors il s'avère que le rencard finalement c'est peut-être midi et demi. Ah oui ? et comment se fait-il que je n'en sois pas informée ? Non parce que, comment dire, il se trouve que, par le plus grand des hasards, j'ai un peu autre chose à foutre que de poireauter sur le palier (dormir dormir dormir, par pitié)...Il remarque perspicacement que je dois être en gueule de bois. Bravo ! vous avez gagné le droit de vous taire. Je descends fumer des clopes en faisant le tour du pâté de maison, il pleut presque pas, eh ben alors, elle est pas belle la vie ?

Quand je remonte, miracle, ils sont arrivés. J'entends qu'on dit derrière la porte C'est elle. Oui c'est moi, oui, et ça va pas traîner les cocos, vous me donnez les clefs, je vous rends la caution et on n'en parle plus.

Pas vraiment non...La petite cherche ses chaussures (faudra qu'on m'explique comment elle peut se retrouver pieds nus alors qu'elle vient tout juste de rentrer). La maman traîne dans la salle de bain. Le papa je sais pas trop, c'est un peu flou...ah si, il commence à entasser leurs affaires. Oh ben mieux vaut tard que jamais hein...C'est pas comme si vous deviez partir là maintenant.

Monamour (eh, ça me fait bizarre, je me demande si vaut pas mieux le renommer carrément) m'avait briefée sur les vérifications d'usage (l'état des lieux si tu préfères) avant restitution du chèque de caution. Mais y aura pas de problème, t'inquiète. Non parce que moi, dans le genre pro, je me sens plus à l'aise en prolétaire qu'en proprio. Et bingo : Il faut qu'on vous dise : les plaques électriques ne fonctionnent pas. À notre arrivée, avec le jeune (là je souris. Monamour est un grand black, donc un jeune hein), ça marchait, mais quand on a voulu s'en servir le lendemain, plus rien.

Première réaction, je compatis : ils ont dû bien se galérer pour la bouffe...Puis je me souviens de mon rôle. Mouais, et je fais quoi alors ? Je prends la petite en otage ? Non allez, ça va pour cette fois, je vous la rends la caution. Et ça se finit que je les aide à charger la voiture, t'y crois à ça ?

Tout ça par amour de monamour tu noteras. Cependant faut regarder du bon côté de la béquille. Dans certaines circonstances je prends le dessus et je me la joue Andromaque, voire mieux, cheval renversé. Le Kâma Sûtra c'est mon dada.

mardi 2 janvier 2007

Tu voeux ou tu voeux pas ?

Samedi 30 décembre 2006, 17h30. Alors que j'erre dans les rues du quartier, la gueule de bois en bandoulière, en quête de provisions pour le réveillon du lendemain, une ombre me frôle : c'est le gars à la guitare. Quelle surprise ! (ouais on est voisin, et alors ? On peut bien être surpris par les choses prévisibles hein, c'est encore un droit). Pour fêter ça, nous buvons une bière au nouveau bar. Extrait choisi :

Ada : Tu aimes Proust ?

Gars à la guitare : Non.

Ada : Pourquoi ?

Gars à la guitare : J'aime pas les madeleines.

Ada : Mais y a pas que ça dans Proust.

Gars à la guitare : Ouais mais ça gâche tout...

Je ris. Il émaille son discours de Bonne année répétés. Trop tôt.

Dimanche 31 décembre, 19h30. Le téléphone sonne.

Ma copine la serveuse : Ada, excuse-moi de te déranger, tu sais que le charmant chilien doit animer la soirée ? Eh ben il est toujours pas là...On commence à s'inquiéter. Tu pourrais me donner son numéro ?

Un peu plus tard je passe en coup de vent trinquer avec les camarades. Le charmant débarque avec ses platines, l'air très fatigué. On échange quelques mots et je trace.

Lundi 1er janvier 2007, 2h49 : Jte souhaite plein dboneur pr cét nouvelle année ! Plein d'amour ! Tu occupes une place importante dans mon coeur...Cela ma peiné dte croizé kom ça tou a leur. Je ne savé pa ktu été là (il me croyait en vacances). Tu ma manké. Jimagine ke tu doa être akompagné. Ke ta nuit soit douce. Mé si té seul kom moi, ça me fré plaisir ktu passes me voir. Trop tard.

Dimanche 31 décembre 2006, 15h30. Téléphone :

Ex-monamour : Avant qu'on aille faire la teuf chez XXX, tu es chaudement attendue chez mes parents pour l'apéro, et même pour dîner si tu veux.

Ada (ouais trop cool youpi !) : Ok.

Lundi 1er janvier 2007, 0h30, devant le digicode de XXX (attention Ada balance ce qu'elle a sur le coeur) (et crois-moi que j'ai le trac...Mais bon je me lance, advienne que pourra) :

Ada : Je suis contente de commencer cette année avec toi, c'est important pour moi. Parce que moi, ce que je veux, c'est être avec toi, tu comprends ? Tant pis si je me plante. C'est toi que j'aime.

Je le regarde bien dans les yeux et je m'attends à ce qu'il se mette à sprinter en criant Au secours ! Souviens-toi que ça fait plusieurs mois qu'on joue au chat et à la souris, en alternant les rôles histoire de pas s'ennuyer. Alors ce genre de déclaration, je m'en abstenais forcément. Et puis là, allez, prise de risque, j'avance à découvert.

Ex-monamour : Crois-tu que je t'aurais invitée dans ma famille si je ne t'aimais pas ? Ne t'inquiète pas ma mignonne.

Je voudrais pas trop m'avancer mais j'ai bien l'impression qu'à ce moment très précis on est synchro.

vendredi 29 décembre 2006

♫ Sa turne a l'air habitée alors qu'on sait que personne n'y vit, à qui se fier ♫

Tu sais quoi ? Je vais profiter que tout le monde soit par monts et par vaux, genre personne a le temps de lire, pour te raconter un truc pas vraiment intéressant, voire carrément soporifique. Eh ouais que veux-tu, moi aussi je me cantonne aux faits divers.

Je suis tranquillement au taff, en train de virer les derniers usagers, il est environ 19h56 et je reçois un SMS du gars à la guitare : T où ? Un peu abrupt comme entrée en matière, d'autant qu'on s'est ni vu ni contacté depuis une bonne semaine, mais bon, c'est aussi ça le texto, on s'embarrasse pas avec les formules de politesse. En toute logique je réponds : Au taf !

Je peux dormir chez toi ? Ah v'là autre chose. Faut savoir que le gars à la guitare héberge actuellement de la famille, fêtes obligent. Par conséquent nous étions convenus de nous revoir éventuellement (perso j'étais pas pressée) l'année prochaine. Il se manifeste plus tôt que prévu. Oui mais ce soir j'ai rv avec un ami. C'est pas du tout une esquive, juste la simple vérité. Tard ? Kan ? Eh oh, ça va aller là ? Je minute pas mes soirées j'te signale. Ben justement je sais pas trop, dis-moi jusqu'à quelle heure je peux te biper. Pas de réponse.

Au nouveau bar je retrouve mon pote. On se raconte les derniers événements (il a bouffé du chevreuil, moi du chapon) (fait divers on t'a dit). C'est un peu le désert (même dans le métro c'est le désert pour te dire...Moi je suis en perte totale de repères, déjà que j'en avais pas beaucoup...et boum, plus moyen de différencier une heure de pointe d'une heure creuse, comment tu veux t'y retrouver ?) alors ma copine la serveuse accepte les verres qu'on lui offre.

Puis le gars à la guitare appelle (tu vas voir le vieux coup de pression qu'il essaye de me mettre) (si encore c'était de la bière) :

- Alors je peux vraiment dormir chez toi ? Il faut que tu me le dises maintenant sinon je vais à l'hôtel.

- Ah ouais, à l'hôtel ? c'est quoi le problème ? t'es à la rue ?

- Oui je suis à la rue.

- Non mais sérieux ?

- Sérieux.

- Arrête ton char. Il me semble bien que tu possèdes un appartement dans la rue X...

- Bon ben je vais à l'hôtel alors...

- Écoute, comme je te disais, je suis avec mon pote, je vais pas le planter là, on se retrouve plus tard.

- Oui mais pas trop tard hein ?

- Non pas trop tard, je te rappelle quand je bouge.

- Et pourquoi tu viendrais pas me rejoindre avec ton pote ?

- Oui pourquoi pas ? faut d'abord que je lui en parle et je te rappelle plus tard.

- D'accord mais dans une heure au plus tard.

- T'sais que t'es chiant comme mec ? ok je te rappelle dans une heure.

- Non non, plutôt une demi-heure.

- En fait t'es pas chiant, t'es super chiant.

Le gars à la guitare est dans un bar situé de l'autre côté du boulevard. Mais il ignore où je me trouve (bien qu'avec un minimum de perspicacité, ce soit pas dur à deviner). Mon pote a moyennement envie de migrer. Idem pour moi.

40 minutes plus tard , le gars à la guitare rappelle (oui bon ok, je suis à la bourre de 10 minutes).

- Alors ?

- Eh ben après réflexion, t'as qu'à venir toi, on est au nouveau bar.

Il arrive et j'essaye de savoir pourquoi il est à la rue. Y a une teuf chez toi et t'es pas invité ? Il rit pour ne pas avoir à éclaircir le mystère. Il s'inquiète plutôt de savoir si mon pote et moi sommes amants. Eh non ! on est amis. L'amitié garçon-fille, t'y crois t'y crois pas, moi je m'en fous je me contente de la vivre. Ça papote. Ça blablate.

Il finit par me dire : en fait je suis pas à la rue mais j'avais envie de te voir. Mouais. Et pourquoi il le dit pas direct ? C'est le genre de truc que je ne comprends pas. Parce que du coup, j'étais tellement dans l'idée qu'il se retrouve en galère que ça m'a empêchée de me demander si moi j'en avais vraiment envie.

Puis on rentre chez moi. Et on dort. Ben ouais, c'était ça le deal non ?

jeudi 28 décembre 2006

♫ Je vise juste et j'suis pas près d'lâcher l'affaire mec ♫

Vu qu'on arrêtait pas de me tanner pour que je m'en occupe vite fait, selon le bon vieux dicton qui voudrait nous faire croire qu'il n'est jamais trop tôt pour bien faire...

Vu que bon, je suis un peu du genre à laisser traîner jusqu'à ce qu'il soit trop tard...

Et vu que là c'est important de pas se rater...

J'ai pris les choses en mains.

D'abord j'essaye de les joindre par téléphone. Je tombe sur un message vocal, d'abord en français, puis dans la langue de mes ancêtres. Je réitère plus tard, et encore plus tard, et encore après. Toujours pareil. Au moins je saurai parfaitement prononcer : désolé, le service n'est pas disponible, veuillez rappeler ultérieurement. En même temps y a peu de chance que ça me serve...je sais pas...peut-être dans les moments de gueule de bois, ou autres, où faudra pas me déranger, je pourrai sortir cette formule en guise de va te faire foutre. Ouais faut savoir adapter ses connaissances, c'est signe d'une intelligence vive, qu'ils disent.

Bon à un moment ça me soule d'appuyer sur la touche bis (non parce que moi, ma préférée, c'est la touche étoile quand même) (tiens, ça me fait penser, j'ai lu récemment un bouquin d'Albert Cossery, ça vaut le détour, surtout, truc de ouf, que j'en reste comme deux ronds de flan vanille-caramel, le truc trop stylé, c'est son usage parcimonieux de la virgule. Ça a l'air de rien et pourtant ça fait tout) (tandis que moi, tu vois, j'en use et j'en abuse de la virgule. Eh ben je sais pas comment faire autrement) (et je te parle même pas de la parenthèse), et donc j'arrête (la touche bis) et je remets au lendemain.

Le lendemain ça continue. Mais quand est-ce qu'ils bossent exactement là-dedans ? On va pas me faire croire qu'ils ont pris des vacances non plus ? Alors je décide que tant pis, puisque c'est ainsi j'y vais carrément. Y a risque de cassage de nez sur porte close mais oh je vais pas squatter le téléphone jusqu'à épuisement. Avant de partir, dernière tentative, et là, miracle, quelqu'un au bout du fil. Si c'est pas merveilleux. Un véritable conte de Noël. J'obtiens les renseignements nécessaires puis je trace.

Forcément c'est situé dans le XVIème arrondissement (de Paris), ce coin de désert où perso je me sens pas hyper en sécurité, ça manque de racaille...Je marche le long d'avenues sans vie. Et je pense. Donc je suis. Suis-je ce que je pense ? Non bon attends, je raconte n'importe quoi et toi t'essayes de répondre aux questions, pff, arrête ton cinéma tu veux ? En fait je pense que je pense beaucoup à ex-monamour ces derniers temps, ce qui me fait penser que j'aimerais qu'il pense à moi lui aussi, là-haut sur sa montagne...D'façons je lui ai donné un sachet de tisane d'artichaut et il a dit qu'il penserait à moi au moment de s'en servir. Et tu sais bien que la tisane ça met longtemps à infuser, et après c'est long à boire tellement c'est chaud. Alors forcément il va beaucoup penser à moi. Obligé. Et quand il reviendra je vais le chauffer, mais sans tisane, je te dis que ça.

J'entre. C'est bas de plafond. Une majorité d'yeux bridés. Je me présente au guichet 1 : on me donne le formulaire en deux exemplaires. Je le remplis tout en m'intégrant à la queue du guichet 2. À ce moment une dame me demande si elle est au bon endroit. Oui oui, c'est bien ici pour les dépôts.

Puis elle revient à la charge pour savoir s'il faut prendre un ticket. Déjà, pourquoi elle ne s'adresse qu'à moi ? c'est d'autant moins compréhensible qu'à chaque fois elle perd sa place dans la queue et elle se replace en dernière position...alors qu'elle pourrait demander à son voisin, tu vois ? Eh ben non, elle vient jusqu'à moi. Pourquoi ? y a écrit Accueil du public sur ma gueule ? Ensuite, vois-tu un distributeur de tickets quelque part mmm ? vois-tu des gens avec un ticket à la main ? vois-tu un écran où défilent des numéros ? Non hein ? Alors ? Alors je lui réponds : non non, il faut juste se mettre dans la file (allez zou).

Là c'est mon tour. Je fournis les pièces demandées. Elle revient. T'y crois à ça ? Elle re-vient. Et s'enquiert : les gens qui font la queue de l'autre côté, c'est pour quoi ? C'est pour faire parler les curieux, j't'explique : c'est des gens, ils se mettent les uns derrière les autres dans le but que d'autre gens, toi par exemple, qui m'a l'air d'avoir sacrément du temps à perdre, que d'autres gens donc se demandent avec curiosité ce qu'ils peuvent bien faire, alignés ainsi devant un guichet...Quel mystère...

Bon je comprends que ça puisse être stressant les formalités administratives, mais pourquoi je dois me taper le seul cas social de l'assemblée ? Et rester polie en plus...Alors tu vois, je pense qu'ils en sont à l'étape suivante, vu que les guichets sont numérotés, on peut supposer qu'il y a une progression, un peu comme un jeu de l'oie, tu saisis p'tite dinde ?

Je passe au guichet 3 pour payer. Ça y est, c'est fini, je me dirige vers la sortie. Et devine qui m'alpague avant de franchir le seuil ? Gagné. Vous l'aurez dans combien de temps ? m'interroge-t-elle. Désolé, le service n'est pas disponible, veuillez rappeler ultérieurement. Ça l'aurait fait non ? Mais ça m'est pas venu. Dommage. À la place je réponds : une semaine, c'est le délai.

Voilà, dans sept jours j'ai mon visa pour la terre de mes ancêtres. Et tu sais ce qu'elle me dit, avant de me laisser partir ? À la semaine prochaine alors !

mardi 26 décembre 2006

♫ And please darling, help me smoke this one more cigarette, now ♫

Tu te souviens ? la dernière fois je te racontais comment, devant mes yeux ébahis, il faisait encore nuit alors que j'étais moi-même levée, et ma résolution consécutive de ne plus m'éveiller avant la nature. Eh bien il était dit qu'on allait me faire mentir.

Vendredi soir, nouveau bar. En première partie de soirée, au programme, mon pote et moi. Bientôt rejoints par Phénix et sa toute nouvelle copine. Grand dieu, dites-moi qu'il en a fini avec les lamentations et les déchirures...dites-moi qu'il retrouve goût à la vie...Oui ! en effet on peut affirmer qu'il va bien. Cependant, il n'a, encore et toujours, qu'un sujet de prédilection, je te le donne en mille : lui-même himself en personne. Ça va qu'on s'est pas vu depuis longtemps. Quant à la copine, elle a l'air amoureuse, on lui pardonnera donc le reste. La bière coule à flots, les configurations changent.

Nous étions au départ tous les quatre autour d'une table. Maintenant que le bar s'est rempli, je fais la tournée des camarades et, sans trop savoir comment, je me retrouve derrière le comptoir, avec le patron. Alors si tu veux savoir, y a moyen de moyenner avec le patron. Mais c'est pas mon genre (le patron, parce que moyenner, tu me connais).

Deuxième partie de soirée, arrivée du charmant charmeur chilien. Fermeture tardive du bar. Nous aidons au balayage, rangement etc, puis nous allons chez le charmant prendre les chemins de fer et notre pied aussi. Le temps passe à la vitesse de l'éclair. Il est donc approximativement 6h quand je ferme les yeux. Une heure après mon réveil sonne. Et là, le calvaire commence.

Déjà il fait nuit. Ensuite il fait froid. Le froid de l'hiver plus le froid de la fatigue, ça fait beaucoup. Je me déplace tel un escargot (point de vue vitesse) un peu nerveux (point de vue irritabilité). Arrivée chez moi je prépare mon sac...en dépit du bon sens (trop de culottes, pas assez de soutif). Bien sûr j'oublie ma brosse à dents. Force est de constater que je n'ai pas toute ma tête...Cependant je gère pas mal les priorités. D'abord le sac. C'est fait. Puis se tenir éveillée. Douche. Thé. Cigarettes. En route pour l'aventure.

Je reste debout dans le métro parce que c'est bon, on me la fait plus hein, vas-y, assieds-toi et hop, tu te fais la ligne dans un sens, dans l'aute, et à un moment le chauffeur, alerté par une bonne âme, te touche l'épaule et tu te rends compte que t'es ni près de chez toi, ni là où tu voulais aller...alors maintenant ça suffit les conneries, quand y a le moindre risque d'endormissement, je reste debout.

Dans le Orlybus je sombre dans un état de semi-conscience, en gardant à l'esprit que non, malheureuse, faut pas dormir...le gars à côté se lève brusquement, ah merci c'est justement là que je dois descendre.

À l'intérieur y a un Père Noël qui offre des cadeaux aux petits enfants en agitant une cloche. Quoi ? Une clochette ? Ouais, ça se peut. En tout cas, dans mon crâne ça résonne comme le tocsin. Mais putain, il pourrait pas faire ça en silence ? Et l'atmosphère feutrée des aéroports, c'est un mythe ou quoi ? Non seulement la migraine a pris possession de moi, mais en plus je peux toujours pas la contrer par le sommeil : y a pas le droit de s'endormir avant l'embarquement.

Alors je vais acheter à manger. C'est pénible ces conventions qui font qu'entre 6h et disons 11h, si t'as faim, tu dois te contenter de croissants et autres viennoiseries que j'en ai rien à cirer, moi, je veux du salé. Et les alcoolos ? vous y pensez un peu aux alcoolos en gueule de bois ? C'est bientôt Noël merde, m'en fous de la charité sur ordonnance, mais un peu d'ouverture d'esprit non ? Au final je me rabats sur un sandwich club poulet-crudités (en la personne d'une demi-tranche de concombre), qui coûte une fortune mais ça fait du bien, je reconnais.

Enfin, c'est le moment de l'embarquement. Je suis près du hublot, là ousqu'on voit la ville qui devient toute petite, et les nuages, et tout, mais je calcule ni le décollage, ni les consignes de sécurité, ni rien : je m'endors instantanément, l'esprit tranquille, car je sais qu'au pire une gentille hôtesse, ou mieux un beau stewart, viendra m'annoncer d'une voix douce qu'on est arrivé.

À destination (1h de vol, 1h de sommeil, c'est toujours ça de pris), je prends conscience des variations de la vie. Y a pas si longtemps, quand j'allais là-bas, j'arrivais par le train, je m'installais dans la voiture qui m'attendait, le chauffeur me tendait un spliff en guise de bienvenue et j'arrivais toute youhou même pas peur. Aujourd'hui je prends l'avion, déjà explosée par une nuit blanche de chemins de fer, les temps changent...

S'agit de faire bonne figure. Dire oui à tous ceux qui demandent Tu t'es enrhumée ? (non parce que : je m'en suis foutu plein le nez, bon, c'est plus honnête mais après faut expliquer, ça prend du temps. Dire ça va, à tous ceux (les mêmes) qui demandent T'as fait bon voyage ? pas trop fatiguée ? Rester sociable, alors que t'as juste envie d'aller te coucher.

Le lendemain c'est la teuf où on se fait des cadeaux sauf que c'est l'anniversaire de personne. Le lendemain c'est encore la teuf, mais cette fois je bois que du whisky, beaucoup oui, mais uniquement, vu que c'est pour moi le petit déj faut pas déconner.

Puis je remonte dans l'avion. Tout pareil. 1h de vol, 1h de sommeil. Je suis debout, cette fois contre ma volonté, dans le Orlybus blindé.

Devant ma porte m'attendent ex-monamour, ses yeux de velours et ses nombreux atours. je voudrais que de l'ex, il ne reste que l'amour. Peut-être. Un jour...

vendredi 22 décembre 2006

Dans Paris tender is the night

Et voilà, c'est toujours pareil, y a pas moyen de s'absenter deux minutes sans rater plein de trucs trop intéressants.

Par exemple je mets le réveil à sonner à 8h. Le truc de ouf un peu, oui t'as raison. Mais en ce moment je suis obligée (t'imagines quand même pas que la folie ronge mon cerveau au point que je me lève tôt volontairement ? rassure-moi), forcée, contrainte de gratter sur mon temps de sommeil si je veux accomplir toutes les jolies choses qui, mises bout à bout, donnent ce qu'il est convenu d'appeler ma vie (mais t'inquiète, j'arrive toujours à la bourre au taff, pas de souci).

Et donc je mets le nez à la fenêtre et là...non mais c'est pas possible, je me suis plantée dans le réglage de la machine, attends dis-moi que je rêve, j'ai oublié d'ouvrir les yeux ou quoi ? : il fait nuit ! Ouais bon, tu peux faire genre t'es pas surpris, vas-y...Toujours est-il que moi je savais pas. En cette saison, à 8h du mat, il fait nuit. Tu m'en diras tant. Eh ben on en apprend tous les jours...

Tu peux en déduire perspicacement que ça fait un certain temps que mes matinées sont grasses. Ouais. Et ça va continuer, qu'on se le tienne pour dit. Si même le soleil dort,je vois pas du tout pourquoi je devrais le précéder. Le monde à l'envers. N'importe quoi.

Autre exemple. Hier soir je retrouve le charmant charmeur chilien au nouveau bar. Alors déjà le patron me fait des sourires que j'interprète complices...Il se pourrait que ce soit tout simplement une manifestation de ma parano galopante ou, plus prosaïquement, l'effet d'une culpabilité mal placée. Non mais bon, tu vois ce que je veux dire, le patron il m'a quand même vue, en alternance évidemment, avec les trois hommes dont je fréquente le lit. Eh bien figure-toi qu'il a à coeur de ne pas trahir le secret professionnel (en même temps je lui amène des clients hein, chacun y trouve son compte). Il me fait des sourires. Bon. Et le charmant, qu'est-ce qu'il me raconte ?

Il m'annonce qu'il a rencontré Romain Duris, dans le carré VIP d'une soirée où il (le charmant) faisait de la promo pour un machin. Tu te rends compte un peu ? Mais paraît-il qu'il s'est pris un vent au bout d'un quart d'heure, vu que Romain il avait un peu autre chose à faire. Non mais t'as même pas pris son numéro de portable ? Pfff...j'te jure...

M'en fous, j'ai le même à la maison. En moins poilu. Je préfère.

jeudi 21 décembre 2006

♫ Avec les saints et les assassins, les femmes du monde et puis les putains ♫

Au début tu crois que c'est paisible et que ça tourne rond...





Ça pourrait même ressembler à un truc un peu vert qu'on dit perdu...







Puis bon, c'est plus vraiment la teuf mais ça a encore bon goût...






Au final, il se pourrait bien que ça soit juste un ♫ highway to hell ♫







Bon ben ouais, y a pas de raison que je m'en sorte hein ? Et donc ils sont toujours trois, à l'image de ce fabuleux triptyque. Nous disposons d'une part d'un paradis, d'un purgatoire, d'un enfer...et d'autre part d'un ex-monamour, d'un charmant charmeur chilien et d'un gars à la guitare. Qui correspond à quoi ? alors là, par contre, j'pourrais pas dire...



mardi 19 décembre 2006

"Un coup de dés jamais n'abolira le hasard"

Je crois que tu l'as échappé belle. Selon toutes apparences, la dure loi (sed lex) de la sélection naturelle a fait son oeuvre d'élimination. Je te laisse deviner lequel de mes partenaires s'est vu forcé de quitter la scène, et en attendant je te raconte mon week-end (mais te réjouis pas trop vite quand même, on sait jamais).

Vendredi soir au nouveau bar, y a un concert que je veux pas rater. J'y retrouve mon pote et sa belle, ainsi que pas mal de connaissances du quartier. Ex-monamour téléphone, on se file rencard chez moi. Seulement, les artistes sont sacrément à la bourre, de sorte que le concert débute à peine que je me vois dans l'obligation de lever le camp. Hors de question.

Je dégaine mon portable : ex-monamour est déjà devant ma porte (cet homme qui n'a jamais eu moins d'une demi-heure de retard au temps où nous formions un couple (harmonieux le couple d'ailleurs, étant donné ma propre ponctualité défaillante), cet homme donc, aujourd'hui que nous ne sommes plus ensemble, est systématiquement en avance. Je ne sais pas comment analyser ce constat). Je lui explique l'affaire et il vient me rejoindre au nouveau bar. Eh oui, tu as bien lu, au nouveau bar. On abat les cloisons pour y voir plus clair. Il ne passe pas inaperçu, pour diverses raisons, notamment sa grande taille et sa plastique remarquable, mais surtout parce qu'il est avec moi qui d'habitude suis avec le charmant charmeur chilien. Ma copine la serveuse, assez au fait de mes péripéties sentimentalo-sexuelles, lui sert des whisky en me faisant des sourires. Puis on rentre.

Samedi, déménagement. Mon amie bascule dans la cohabitation avec son chéri. Ex-monamour est convoqué tôt le matin pour le chargement, tandis que je ne participe qu'au déchargement. Pour apporter les deux bons petits diables (si pratique) gentiment prêtés par l'épicier et le boucher, je me coltine, avec le chéri, un trajet Barbès-La Chapelle à pied (ouais c'est à côté, mais il pleuvait je te signale).

L'après-midi, séance Légo, laisse parler ta créativité, défonce-toi les doigts à coups de marteau : j'aide mon amie à monter des meubles suédois, sans les notices qu'elle a depuis longtemps égarées, et dans une pénombre grandissante vu qu'ils ont pas encore inventé la lumière. Le soir, sur sa proposition, je retrouve ex-monamour chez l'Italien, le resto où, fut un temps, on allait comater le dimanche soir après la nuit blanche du samedi...

Dimanche, déménagement suite et fin. Cette fois on s'occupe des affaires du chéri. Il en a beaucoup plus et elles sont bien plus lourdes. L'équipe a par conséquent été renforcée et renouvelée. Y a que moi qui ai été conviée sur les deux jours...tu vois où ça mène les amis, je te conseille pas. Cependant à 15h tout est bouclé et nous voilà au bar, les pressions défilent, tu peux pas imaginer. Au point qu'à 19h on a l'impression qu'il est 6h du mat et on migre jusqu'à l'Indien pour éponger.

C'est le moment que choisissent le charmant charmeur chilien et le gars à la guitare pour se manifester par SMS. Ils se font éconduire. Puis ex-monamour appelle et à lui je dis oui.

Lundi. Je reste au lit avec lui jusqu'au milieu de l'après-midi. Le soir y a mon taff qui fête son anniversaire. Bon comment te dire ? C'est à peu près tout pareil que d'habitude, sauf que tout le monde est bourré. Sur la piste de danse (oui je dansen parce qu'à un moment faut bien s'occuper et surtout dépenser son trop-plein d'énergie), au rythme endiablé de la Mano Negra, je m'aperçois que la personne qui danse à côté n'est autre que mon directeur. Alors il me fait un grand sourire comme quoi on serait un peu frère. À toi je peux le dire, il danse pas super bien, un peu coincé du cul, ce qui aide pas en la circonstance. Mais ça doit faire partie du boulot.

Ça (tout ce qui précède), c'est ce que j'aurais pu te dire hier vers 22h. Mais après y a eu échange de SMS avec celui que soi-disant il est éliminé et que tu dois deviné. Bref, je le retrouve au nouveau bar. Et c'est toi qui est à nouveau mal barré vu que la nuit a été bonne.

vendredi 15 décembre 2006

O tempora, o mores

Bon, faut instaurer un roulement sinon je vais pas m'en sortir...

Sachant qu'il y a 3 hommes en lice (si au moins y en avait un marié, qui maîtriserait un peu l'auto-gestion tu vois...mais non), 2 séances d'analyse et 1 cours de chorale-langue vivante hebdomadaires, des amis à ne pas négliger, et (si c'est pas trop demander) un peu de temps pour moi seule...on peut affirmer que le planning est serré-serré. Voici ce que ça donne :

Lundi. Cours de tu sais quoi. Puis soirée ex-monamour chez moi, partiellement partagée avec mon pote (c'est pratique, ça fait deux en un). Pour tout te dire mon pote tape un peu l'incruste pour me faire comprendre que c'est pas bon pour ma santé. Mais il finit par nous laisser seuls après une tentative ratée de détournement (et si on allait boire un coup dehors ?). Assez tard, coup de fil du gars à la guitare qui sort d'une répèt. Ben oui mais non.

Mardi. Séance d'analyse. Puis soirée théâtre avec les amis. Je t'en ai vaguement parlé. Le troublant de l'affaire, c'est que Jérôme Deschamps a le même jeu (gestuelle, voix, tout tout tout) que François Morel. Alors qui de la poule ou de l'oeuf...?

Mercredi. Sortie très tardive du taff. On dirait bien que l'opération Ponctualité du travailleur a pris fin jusqu'à nouvel ordre (et vu le bordel...tu m'as compris). Chaque fois que j'ai l'opportunité de rattraper le temps perdu, l'heure de l'apéro a largement sonné que je suis encore en train de gagner ma vie. Puis soirée charmant charmeur chilien, en partie au nouveau bar, où je rencontre un petit vieil homme eurasien qui me chante des chansons dans la langue de mes ancêtres. Coup de fil du gars à la guitare. Ben oui mais toujours non.

Jeudi. Séance d'analyse. Puis soirée gars à la guitare (tout vient à point à qui sait attendre). J'écoute la musique qu'il fait lui-même avec ses doigts et sa voix.

Jusque là j'assure hein. Et pourtant l'organisation c'est pas mon truc. Ce qui me facilite grandement la vie, c'est la transparence (appelle-moi Gorby).

D'un naturel curieux et en dépit de me réticences premières, ex-monamour tient à être au courant assez précisément. Ça m'évite de mentir, c'est formidable. Le charmant, depuis la prise de distance, ne sait pas exactement ce qu'il en est, mais il n'ignore pas qu'il s'en passe des vertes et des pas mûres. Le gars à la guitare est averti, depuis le départ, que ça va être dur de se faire une place...on frôle la saturation et en cas d'accident les assurances voudront pas rembourser.

Si je me pose deux minutes, il m'apparaît clairement que tout cela relève de la folie furieuse (quoique douce quand même). Sans vouloir dramatiser à outrance ni rien, il va sans dire que le problème majeur là-dedans, c'est que le jour est proche où, malgré toute ma bonne volonté, j'aurai plus le temps de m'occuper de toi.

Allez pleure, ça soulage.

mercredi 13 décembre 2006

"En envoyant un pot de fleurs"

Je te raconte vite fait deux trucs qu'on m'a dit récemment.

D'abord ex-monamour (ouais ben je pratique l'auto-médication si je veux) (et d'ailleurs, y a plus trop de doutes : s'il n'en reste qu'un, ce sera celui-là...Mais on me demande pas mon avis, c'est con).

Ex-monamour : Ah au fait, tu as le bonjour de ma mère.

Ada : Pourquoi ? Tu lui as dit que tu venais chez moi ?

Ex-monamour : Oui.

Ada : Ah, ben tu la salueras de ma part.

Ex-monamour : Elle arrête pas de me dire de t'inviter...

Ada (oh oui, invite-moi, invite-moi) : Ah bon ?

Ex-monamour : Oui, genre pour Noël...Elle te trouve gentille.

Gentille. Bon. C'est encore une qualité que je sache. Pour équilibrer quand même, je suis allée voir "La méchante vie" au théâtre (et son double) (parce que qu'est-ce que tu crois (que je passe mon temps à m'envoyer en l'air ?) j'ai aussi vu l'expo Artaud).

À la cantine.

Collègue 1 : Vous y allez à la soirée vous ? (mon lieu de travail fête bientôt son anniversaire)

Ada : Ouais ça se peut...Si y a moyen de boire quelques coupes de champagne, pourquoi pas ? Le truc chiant c'est qu'on peut pas inviter des gens de l'extérieur...

Collègue 1 : Moi j'y vais pas. Si tu veux je peux te passer mon carton.

Ada : Ah ben ouais.

Collègue 1 : Et toi, tu y vas ?

Collègue 2 : J'ai pas de cavalière.

Collègue 1 : Oh c'est pas ça qui manque par ici...Ada par exemple

Collègue 2 : Non mais pour Ada, y a une liste d'attente.

Rires (alors que franchement...pfff) (je précise que mes collègues n'ont pas connaissance de ma vie privée). À un moment j'ai failli me la jouer femme fatale, comme dans la chanson ♫ you're in her book, you're number thirty seven, have a look ♫ mais au final j'ai fait plus soft.

Ada : Ouais, c'est comme pour les HLM.

Eh oui, je suis une gentille habitation à loyer fatalement modéré. Tu veux pas m'adopter ? Ou me louer à la limite, j'aime les compliments.

lundi 11 décembre 2006

♫ Mes bras mesurent la distance ♫

Contrairement à ce que j'ai pu imaginer, le gars à la guitare est un homme (non ça j'avais vu, merci) tout ce qu'il y a de socialement intégré, d'affectivement équilibré, de sexuellement satisfait. Tant mieux.

Dans le bar, un barman accueillant (faut faire comme chez soi) est occupé à ranger car il se fait tard ; du coup le gars à la guitare passe derrière le comptoir pour servir moultes pressions à la compagnie. Le fonds sonore est carrément exceptionnel, je veux dire c'est pas tous les jours que t'entends Johnny Thunders ♫ born to lose ! ♫

Je rencontre ses amis musiciens et comédiens (les intermittences du spectacle n'empêchent pas la permanence de l'artiste). On m'offre une rose. Il m'informe : alors lui, il fait une fixette sur les Asiates. Bon. Mais surtout sur les Japonaises. Ah, ouf. Et l'autre là, tu le rembarres d'accord ? Il faut pas lui parler, il est trop con ; tu peux coucher avec tous les autres sauf lui...Eh ben voilà des paroles qui me font rire.

Un peu plus tard, un peu plus loin, quelqu'un nous fait goûter la prune de sa grand-mère. Rapidement tout le monde est bien bourré, le gars à la guitare veut m'entraîner sur la mezzanine, mais t'es pas bien ? on est chez tes potes, souviens-toi. Bon alors on rentre. Ok. Mais tu dors chez moi. Après d'âpres négociations, je finis par m'incliner. Au réveil, les croissants c'est moi qui m'y colle. Petit déjeuner paisible. Puis je trace.

Dit comme ça, on pourrait croire que ça roule. Mmm. Sauf que non. Tu vas dire que je suis jamais contente, que je fais rien qu'à me plaindre...dis ce que tu veux, t'as encore ta liberté d'expression et de pensée, te gêne surtout pas, de toute façon je t'explique quand même.

Le coup de dormir chez lui d'abord. Depuis le départ il ne cesse de me dire que c'est très important. Et je suis bien d'accord, pourquoi tu crois que je veux pas le faire, gros malin ? Et crois-moi que ça me coûte de me rhabiller au milieu de la nuit pour traverser le boulevard et rejoindre mon lit...parfois il pleut, parfois il fait froid, parfois il fait jour...ça me coûte. Mon maître-mot c'est distance. On fait l'amour et pleins de trucs sympas et après je rentre. Bon vendredi je me suis fait avoir, comme t'as vu. Ça va que le lendemain y avait pas école (non parce que si en plus je fous en l'air mes principes de base...). Mais c'est pas près de se renouveler.

Le gars à la guitare, lui, s'escrime à me démontrer combien c'est chouette chouette chouette de dormir dans la chaleur de l'autre, de se réveiller sous ses caresses tout ça. Mais bien sûr que je le sais, eh gamin, tu crois tout de même pas que tu vas m'apprendre la vie ?

Ensuite le coup de l'intelligence. Depuis le premier soir (je croyais que ça existait pas les filles intelligentes, dérision faussement mysogine) il arrête pas de me dire que je suis trop intelligente. Alors que bon, je vois pas comment il en arrive là. Non mais sérieux hein, toi tu le sais que j'ai une intelligence hors du commun, à force, mais lui il me connaît pas tant que ça.

Et je ne peux pas croire que ça s'origine dans le fait que, alors que sa télé me demande Quel adjectif désigne ce qui se trouve au bord d'un lac, il m'entende, du fond de sa baignoire, répondre lacustre (oui je parle à la télé. Et j'aime regarder les pubs. Mais j'ai pas de télé, c'est pour ça aussi)...non je ne peux m'y résoudre (bon ben reprends la phrase du début, moi j'ai pas le temps). Et puis merde il est pas spécialement con non plus, y a qu' voir sa culture de grand voyageur, sans compter la générale dont il est plutôt bien pourvu.

Je te passe les réflexion sur mes divers attraits physiques sinon on s'en sort plus (y en a trop) (l'humilité est ma principale qualité. Après la modestie) (il fallait que ce soit dit).

Donc j'en déduis qu'il est amoureux. En même temps j'ai pas grand mérite, vu que ça aussi il arrête pas de le dire. Et non seulement il est amoureux, mais il voudrait que ce soit réciproque...j'te jure, les hommes ont de ces exigences de nos jours. Comme si la volonté avait quelque chose à voir là-dedans. Alors moi je maintiens la distance, toujours, qu'il s'emballe pas trop quand même, puisqu'il y a peu de chance que je monte en puissance. On s'amuse bien et tout mais je suis pas amoureuse. Je vais pas m'excuser non plus !? Et la théorie du Tu te blindes trop, non, pas en l'occurrence, fais-moi confiance.

Forcément quand le charmant charmeur chilien me réveille vers 14h dimance, j'accepte son invitation à déjeuner. Et bien m'en prend car, juste derrière, ex-monamour appelle...Trop tard, je suis déjà prise. C'est mon docteur qui va être content. Le charmant me reproche de pas lui donner de nouvelles. C'est vrai, je prends jamais l'initiative. Ensuite on continue le dialogue à haute teneur symbolique :

Lui : Ah une petite BD sous la couette, le bonheur...

Moi : Je sais pas quoi en penser de cette BD. Le dessin est pas terrible, les dialogues non plus, mais le scénario assure. Ils auraient dû en faire un film...

Plus tard, alors que je finis par me dégager de ses bras (oui parce qu'au bout d'un moment ça file des crampes) (après l'avoir tirée) (t'ai-je dit que l'analyste me trouve si-nique en ce moment ?) il dit :

Bon ok reprends ton indépendance. Mais t'éloigne pas trop quand même.

Tout est là. Trouver la bonne distance.

vendredi 8 décembre 2006

Lost highway in translation...

[L'intégralité du post précédent (titre inclus) est le fruit du travail d'une équipe d'internautes égarés sur ce blog à l'insu de leur plein gré. Seuls l'ordonnancement et la ponctuation sont de moi.]

Après un petit apéro chez le gars à la guitare, je me rends à l'invitation du charmant charmeur chilien (jvais au nouveau bar si tu ve me rejoindre ; ok je passerai plus tard). Il dit que ça fait longtemps (ah ben ça nous rajeunit pas mon bon monsieur), qu'il est content que je sois venue, qu'il pense que c'est bien de se voir, qu'il est surpris de lire dans mes yeux la distance parcourue. Nous mimons, avec nos paquets de clopes respectifs, la danse de la séparation : il avance, je recule et vice-versa (oui bon t'es gentil...si tu pouvais élever le débat de temps en temps, ça nous ferait des vacances). Chez lui on essaye toutes les pièces et toutes les positions avant d'échouer sur le lit. Attention, dialogue à haute tenuer symbolique :

- Tiens, t'avais commencé cette BD...

- Non merci je vais rentrer

- Oh non, tu dors ici d'accord ? pourquoi tu veux pas la BD ?

- Ben écoute, y a des histoires comme ça qui s'arrêtent en cours de route, c'est la vie...

- Ah. Mais là t'as justement l'occasion de la continuer l'histoire...

- Ok je reprends la BD. Mais pas tellement pour la continuer, pour la finir.

Au réveil il me retient,je résiste. Il se lève pour me regarder partir. Sous la pluie je pense à Mister Perché. Ça y ressemble (et ça n'est pas vraiment l'amour).

Le lendemain, debriefing avec mon pote, déjà plus ou moin informé par SMS : ça va camarade ? y a du neuf...tu veux passer à la maison ? ben là je suis justement avec le neuf. Il est nouveau nouveau ? Oui oui, nouveau. Cool ! Enfin 1 truc intelligent (oui ça a beau être mon pote, il en pense pas moins que je suis conne, y a des limites à l'amitié) Bin appelle quand tu peux pour me raconter.

De son côté c'est reparti comme en 40 avec sa belle. Il me délivre une ordonnance : arrêt total d'ex-monamour (si vous voulez pas finir foudroyé), usage facultatif et modéré du charmant charmeur chilien en fonction des besoins et envies (y a pas de mal à se faire du bien), consommation à volonté du gars à la guitare.

Je préfère te prévenir tout de suite, je sais pas si je suivrai la prescription. Si ça se trouve, je vais faire exactement l'inverse, parce que la médecine hein...♫ si c'est ça la médecine, j'préfère la guillotine ♫ Non je déconne. En attente d'un voyage prochain sur la terre de mes ancêtres...j'ai juste envie d'être loin. D'ici là je suis en suspens.

Plus tard je paume ma carte bancaire, histoire de matérialiser la perte.

Mes excuses aux voisin pour le bruit (texte intégral)

À poil, chez moi, envie de te dire que je te trouve relativement heureux. Un événement : t'as une copine. Quoi répondre ? Je te conseille de courir vite si tu veux pas finir taillé en frite, poussin noir.

À poil, chez moi, on met de la mousse dans la baignoire, lavage des cheveux en faisant l'amour. Ma conscience me dit de lui annoncer la nouvelle : mon ex est un psychopathe (mais si. J'insiste). Je dois arrêter la garde alternée. Faire le deuil.

À poil (micro-string, soutif), chez moi, le fond de l'air est frais...

À poil, chez moi, étude du pastis. J'ai besoin d'un anti-vomitif.

À poil, chez moi, j'entends une voix : "Ada je t'aime. Bonsoir et à bientôt".

Sortie latérale.

mercredi 6 décembre 2006

♫ En république l'anarchie ♫

Je sais pas comment tu vois les choses de ton côté, mais je peux te dire que, vu de ma fenêtre, c'est un joyeux merdier (la mère Noël, j'aime pas la soupe, vive le feu, salut à toi) (si tu l'as en vinyl, j'veux bien, j'ai vendu le mien un jour de galère) (et si ça te dit, un jour, je te raconterai ma jeunesse) (bon alors ça te dit ?) (ok. J'vois que t'es vachement impliqué, merci quand même) (tant pis hein, j'disais ça pour toi) (parce que moi, j'la connais ma jeunesse) (tu sais pas ce que tu rates) (faudra pas venir se plaindre) (on prend pas les regrets ici) (eh non) (ah ben tu te démerdes hein).

Et donc, n'est-ce pas, arrive un moment où elle est plus tellement viable l'histoire, ni vivable, ni valable, ni rien - absolutely nothing, nada, queud, nihil (ex nihilo), non nohil (novi sub sole) de nihil, je ne regrette rien, je viens de te le dire...(tu réviseras ton ablatif absolu pour la prochaine fois)

Et donc, n'est-ce pas (bis), toujours et encore, ça se traduit par (rien ne vient de rien) (rien de nouveau sous le soleil) (exactement) (rien de rien) (mais oui je sais que tu parles latin couramment, je sais) :

1) Je ne donne pas signe de vie au charmant charmeur chilien pendant 5 jours (lui non plus tu noteras) jusqu'à ce qu'il envoie : J'espère que tu vas bien. Une pensée pour toi...Là tu comprends tout de suite que lui c'est pas la grande forme, vu les formes qu'il met à son SMS, pas un seul mot en phonétique, on croit rêver. Je réponds (ben oui quand même, j'ai beau être en pleine fuite, je réponds) : Oui ça va. Moi aussi je pense à toi. Hum, bon, c'est pas tout à fait synchro avec moi-même, vu qu'à ce moment précis de SMS, je m'apprête à retrouver le gars à la guitare. Mais en même temps c'est pas faux, des fois j'y pense au charmant. Tu ve passé ? Ça va déjà mieux on dirait. Là je peux pas, je vais au cinéma. Bon cinéma ! Depuis, nihil. Peut-être considère-t-il que c'est à moi de prendre l'initiative...D'une part j'ai pas trop eu le temps. D'autre part j'ai pas trop envie. Disons que dans ma tête et dans mon corps je ne suis plus avec lui. Ne reste plus qu'à le verbaliser. Mais on n'a pas l'air pressé, ni l'un ni l'autre.

2) Je fricote avec ex-monamour. C'est jamais désagréable. On replonge dans une phase de rapprochement. Je vais même jusqu'à lui donner ma télé (pas assez pratique comme porte-manteau). Mais on vit ça au jour le jour, surtout ne nihil projeter puisqu'on n'est plus ensemble, combien de fois faut que je te le répète ?

3) La rencontre du troisième type s'avère fructueuse, on peut pas nier. sauf que je veux pas dormir chez lui. Ni qu'il dorme chez moi. Je ne te cache pas que c'est pas son choix. Mais c'est pas comme s'il l'avait. Non mais faut me comprendre aussi...comment veux-tu que je commence quelque chose dans ces conditons ? comment ? Y a nihil à faire, il me faut un peu de distance.

Alors je m'introspecte et je me dis que c'est pas joli joli. Amusant certes. Pas très sérieux (on n'est pas sérieux quand on a 83 ans). Mais est-ce que je suis là pour donner dans le sérieux, franchement ?

Y en a qui se chargent d'y croire pour moi, tu vas voir cette prose fluide et pas langue de bois pour deux sous, je m'y reconnais tout à fait (mascarade je t'avais dit) :

Excellent agent (euh ouais...d'ambiance peut-être...sinon je vois pas) précis et rigoureux (l'hiver approche, je m'adapte), actuellement en pleine progression (tu confonds pas avec régression ?), Ada est d'ores et déjà une des meilleures spécialistes du XXX (de la loose tu veux dire). Son évolution de carrière (quand nos aînés n'y seront plus ? Avec la réforme des retraites, ils sont pas rendus, je voudrais pas dire) doit être rapidement envisagée, de manière à ce que son statut (de la liberté) corresponde aux dossiers qui lui sont confiés (ouais ben file-moi une augmentation, ça ira bien).

lundi 4 décembre 2006

♫ Oh freedom is mine and I know how I feel ♫

J'ai qu'une parole, c'est pas à toi que je vais l'apprendre hein...alors je la tiens (non. Elle est imberbe. Commence pas, veux-tu) et je contacte qui tu sais.

On se retrouve dans le quartier, au bar-tabac, lieu d'une neutralité toute relative, vu que j'y croise quand même pas moins de trois connaissances, mais sans commune mesure avec la familiarité en l'occurrence un peu gênante du bar en bas et du nouveau bar.

J'arrive d'un apéritif dînatoire avec mes amis, désolés de mon abandon (ouais parce que mes amis, quand je suis pas là, ils s'ennuient profondément, un seul être vous manque et tout est dépeuplé, je suis indispensable et irremplaçable) (mais sinon ça va), ils s'accrochent à ma jambe avec force supplications...j'ai bien du mal à m'en défaire, mais comme ce qu'ils veulent c'est mon bonheur, ils finissent par se sacrifier (en fait ils s'immolent par le feu, tout simplement). Sur la route je me demande si je vais le reconnaître. Je me souviens qu'il est grand et mince.

Ça doit être le gars à la guitare hein ? Ben oui. Là je me rends compte qu'il ressemble à Romain Duris, alors déjà ça commence pas mal. On replonge direct dans l'espèce de connivence un peu distancée du premier soir, séduction légère.

L'ivrogne de permanence (y en a plusieurs, mais disons : celui qui nous est assigné) nous interrompt jusqu'à ce que je lui dise : tu nous excuses mais on est en train de se marier, faut pas nous déranger. Il ouvre des yeux ronds et contrits (pas facile, essaye pour voir) et se replie aussitôt vers le comptoir. Le reste du temps, il m'envoie, à intervalles réguliers, les regards de celui qui a compris qu'il se trame quelque chose de la plus haute importance, hors de portée de ses compétences...

Quand ça ferme on passe chez l'épicier, où je rencontre la belle (ou l'ex-belle, je sais pas trop, c'est à nouveau très nébuleux) de mon pote. Chez le gars à la guitare...

Je savais pas trop comment le nommer. Finalement ça s'impose. Quand je l'interroge sur ce qu'il fait dans la vie, à part porter une guitare sur son dos, il répond : justement, ça, porter une guitare sur mon dos. Il est roadie quoi. Mais plus dans le cinéma. Intermittent du spectacle, voilà...

Chez lui donc on écoute de la musique, chacun son casque pour pas réveiller les voisins, vautrés sur le tapis. Vers 7h du mat, coup de barre, il voudrait que je reste, que je me mette dans son lit, mais je rentre chez moi. Le nouveau bar est en cours d'ouverture, le marché aussi, Paris s'éveille, j'ai sommeil.

Je dors une bonne partie de la journée, réveillée en alternance par l'emménagement des nouveaux voisins et un ou deux SMS du gars à la guitare. Je le retrouve chez lui. Il me fait rire. Par exemple quand j'envoie : tu veux que j'amène un truc spécial pour l'apéro ? et que je reçois : du pain. Et l'apéro, ben moi ça me fait rire. Non mais moi aussi je le fais rire, je suis drôle je te rappelle. Il me montre ses photos de Bornéo, je choisis des bouquins dans sa bibliothèque, on projette d'aller au cinéma.

À un moment il dit : bon écoute, maintenant je vais te violer. Je dis d'accord.

vendredi 1 décembre 2006

♫ Aller au charbon, aller aux ouailles, chercher la houille ♫

Après la séance d'analyse (bien, merci) du jeudi (ouais parce que le jeudi, je dis), je monte dans le métro. Ça te paraît peut-être d'une banalité affligeante (t'as remarqué que la locution banalité affligeante est elle-même d'une banalité affligeante ?), mais c'est pas dans mes habitudes. Enfin si, je prends le métro, évidemment, et quotidiennement qui plus est...

Sauf après une séance d'analyse. Il paraît que la marche à pied est un excellent stimulant de la réflexion...Mais quand j'ai un rencard derrière, je prends le métro. Dans lequel je reçois, oh quelle surprise (au final j'ai pa srépondu au dernier SMS d'invitation, et donc j'étais en droit de penser que la balle était dans mon camp non ? Non) : il me semble découvrir ton prénom avec certitude : Désirée ! (encore ! mais encore raté...) Je t'appelle d'ici dimanche, Sigmund, c'est mon challenge, oublie pas ! (je me fais pas trop de souci, il a pas l'air de vouloir oublier) (et en attendant merci de vaquer à tes occupations, fais-toi discret si possible).

Je rejoins (comment ça où ? Dans un bar. Réfléchis) le mec d'une amie. Il me demande où j'en suis de mes amours. Non mais ça, c'est LA question, je sais pas si tu mesures bien 1m75 ou la portée de mes paroles, c'est la question qui fait marrer dans les chaumières le soir au coin du feu. Déjà le pluriel. Alors tes amours ? C'est une expression mille fois entendue ok. Mais quand elle s'adresse à moi, le pluriel il est pas là pour faire joli (non parce que souvent on se dit, tiens je vais dire ça, ça va faire joli), le pluriel il est à prendre au pied de la lettre. Avec le sourire qui va bien...Donc il me demande hein...Toi je te raconte pas, tu sais déjà.

Quand sa copine arrive (mon amie donc), on s'engouffre dans la Mutualité. Tu sais comment c'est, t'as toujours, histoire de se chauffer, la première partie un peu laborieuse (jeu de mots, normalement tu comprends plus loin), qui transpire le trac, qui regarde trop son texte mais qu'on encourage quand même, on n'est pas des brutes.

Puis arrive la tête d'affiche, sous les applaudissements. Olivier Besancenot, à la tribune, sans filer, à part un petit cahier pour lire les citations qu'il connaît pas par coeur. Tout le monde s'accorde à dire qu'il est excellent orateur. Et là, en plus, étant donné qu'il est face à un public conquis...

À quelques exceptions près en ce qui me concerne...Bon après "quelques", ça dépend du point de vue...Et comme faut bien que je décide pour qui voter, il est jamais trop tôt pour s'intéresser à ce qui se dit ici ou là. Je commence par lui (non parce qu'Arlette, arrête hein, pitié), après je décale vers la droite (pas la droite droite, vers la droite de lui), pas trop loin non plus, déconne pas, la gauche "royaliste" je crois pas que ce soit possible pour moi...enfin bon parlons pas de sujet qui fâche, bon sang de bonsoir je te parle politique là, qu'est-ce qui m'arrive ?...et pour finir je fais mon choix...

Il est donc devant un public conquis, ce qui lui permet de faire de l'humour plutôt drôle. À la fin, tradition oblige, on se lève et le poing (gauche tant qu'à faire, mais y a pas d'obligation) pour entonner la chanson d'Eugène Pottier et Pierre de Geyter. La salle commence à se vider. On s'emmitoufle en prévision du froid, quand le gars à côté appelle (je sais pas si tu vois comment c'est foutu la Mutualité, mais en fait c'est pas grave, juste pour te dire qu'on est balcon) :

Eh Olivier !

L'interpellé lève la tête : Ah t'es venu ? Ça fait longtemps que t'es là ?

Oh une demi-heure...

Ah ok...

Eh Olivier, c'était bien. Franchement t'as assuré !

Ouais ? t'as trouvé ?

Ouais t'as bien assuré. Bon, Olivier, j'y vais là. À demain, au taff !

Ouais, à demain au taff !

♫ Et pour finir, recommencer, se lever tôt ♫

jeudi 30 novembre 2006

Rencontre du troisième type ?

À un moment un gars avec une guitare sur le dos entre dans le nouveau bar. Direct il sa fait brancher par le Relou de service :

Ah t'es musicien ? tu joues de quoi ?

Ben, du piano...

Ah bon ? tu joues du piano ? (Relou j'te dis)

Ben non, regarde

Ah...et tu joues quoi comme musique ?

Ben du Mozart...

Du Mozart ?

Ben non, pas du Mozart

Non mais tu te fous de ma gueule là

Mais non pas du tout

Ben si, tu me prends pour un con, j'te d'mande de quoi tu joues, tu m'dis du piano...

Non mais c'était de l'humour, j'essayais de te faire RIRE

J'envoie un sourire compatissant au nouvel arrivant tandis que le charmant trinque avec lui, histoire de dire t'inquiète il est Relou, fais pas gaffe. Relou s'éloigne et raconte à son pote : "J'ui dis tu joues quoi, i'm dit du Mozart, faut pas m'prend pour un con quand même" (ad libitum). Ah les ivrognes, tout un poème...

Le guitariste va acheter des clopes, la moitié du bar prend commande, dont moi. Quand il me les ramène, et tandis que le charmant est consacré sur un échiquier, on fait connaissance, jusqu'à la fermeture, à base de jeu sur les prénoms (je ne lui ai pas dit le mien), d'écologie, de pays asiatique, de relatif dans l'absolu, le tout parsemé de discussions téléphoniques, lui en terrasse, moi au comptoir, histoire d'éclater son forfait...ainsi que de fausses entrées et sorties, avec ma copine la serveuse qui fait le clap. On s'amuse comme des petits fous.

1h57 (je prends une douche), message vocal : j'espère que tu es bien rentrée (ben franchement la route était pas longue, mais c'est gentil de s'en préoccuper). SMS : bien rentrée, bonne nuit !

2h. SMS : nous ne sommes pas très loin l'un de l'autre...(ai-je précisé qu'il habite dans le quartier ?).

2h20 : ??? (bon nous avons trop bu, c'est sûr).

2h30 : bon, alé, répon mwa (DJEUN'S)...(mais pour te dire quoi exactement ? Je confirme, nous sommes voisins ?) Réponse : JE DORS, bonne nuit Wilfried !

Le lendemain. 17h53, SMS : comment vas-tu ? (ah je m'attendais pas à avoir des nouvelles si tôt). 18h37 : fatiguée comme une mouette mazoutée (ça, avec le décodeur, ça signifie : faut pas trop me déranger, je suis pas en état) Et toi Aristide ? (mais courtoise néanmoins).

18h40 : moi ? super-méga-top forme ! (et ça, toujours avec le décodeur, ça signifie : je suis tout à fait dispo) j'ai envie d'un ciné (la preuve) kess t'en dis Noémie ? (ça rime). 19h15 : ben écoute Eugène, je suis pas contre l'idée mais je peux pas ce soir (eh non, c'est comme ça).

19h31 : bon (id est : j'en prends note, pas de problème) dis moi quand même si t'as envie de me revoir...(besoin d'être rassuré) (mais rassuré sur quoi ? je me suis engagée à rien que je sache) (et pas que pour aller au cinoche) (nous y voilà...).

19h50 : ben oui, mis à part le fait que ma vie est assez agitée côté cour et côté jardin, non pardon, côté coeur et côté cul (je suis pas célibataire, enfin pas vraiment, et en plus j'ai du mal à savoir qui est mon mec et qui est mon amant) je te reverrai avec plaisir (sans précision sur le type d'activité, parce que bon, j'en sais rien moi) Mais tu fais pas forcément une affaire, te voilà prévenu ! (moi si j'étais toi, je partirais en courant).

19h53 : ouais...(air dubitatif à double sens) mais tout ça me dit pas quand je dois changer les draps (l'objectif n'est pas perdu de vue malgré tout) (un minimum d'effort d'hostellerie quoi) (humour, histoire de désamorcer et d'affecter un "minimum", justement, de détachement).

22h43 : tu dors ? (répondre : oui ?). 23h30 : je dînais mais maintenant oui je vais dormir !

23h31 : à demain ? (bon, je crois qu'il insiste là). 23h33 : demain a priori je peux pas non plus (moi aussi je peux être têtue quand je veux). 23h36 : bon ben flûte (je dirais même plus : flûte brute) bonne nuit, fais de jolis songes

Le lendemain. 17h56 : halut ! koi de 9, Bérengère ? 18h49 : ça suit son cours, Vladimir (on calme l'affaire, ok ?).

19h21 : impatience décourageante, désagrègement d'espoir ? (pas très patient le gars hein, 48 heures c'est pourtant pas si long) naaannnn (ne peut pas, ne veut pas y croire), allez, aide moi, Natacha ? (ça rime encore).

19h35 : disons que je me lance un défi : boire un verre avec toi d'ici la fin de la semaine (là je fais un grand pas tu noteras) Quand exactement, c'est plus difficile à dire (arrête de me dire à demain tous les jours, JE te contacterai quand je pourrai) À bientôt ! (oui parce que la fin de semaine c'est tout proche, quel que soit le jour d'où tu parles).

19h40, message vocal : bon ben les textos...les textos c'est bien...mais la vive voix c'est bien aussi des fois...(tout à fait juste, mais que veux-tu que je te dise moi ? tout est dans les textos).

20h43, SMS : puis-je me permettre de te convier au restaurant demain (arrête avec demain maintenant, par pitié) Désirée ? (mon dieu, le choix du prénom...)

J'ai pas (encore) (?) répondu au dernier, parce que moi au départ, je me disais bon, voilà un gars bien cool qui me fait rire et que je fais rire, un voisin que je vais recroiser dans les parages, au hasard des déplacements et on verra bien. C'est vrai que le courant est bien passé, ça pourrait même être une sorte de troisième voie très convenable pour sortir du marasme actuel.

Mais lui - après cette soirée si agréablement légère et dont je garde un excellent souvenir - je trouve qu'il a tendance à s'alourdir, dans son insistance à décrocher absolument vite fait à tout prix un rencard...je me sens limite harcelée là...Non mais c'est vrai, une telle urgence, qu'est-ce qui va pas chez lui ? quelle sorte de misère - sexuelle, affective, sociale...- suis-je priée de combler ? Alors que je suis pas en phase là. Un peu de temps, c'est pas trop demander quand même ? Et franchement ça me donne plus envie d'éteindre la flamme que d'attiser un quelconque départ de feu.