mercredi 2 mai 2007

Non merci pour le chocolat

Je me demande si je devrais pas me taper un des gars du taff. Au début j'avais pour principe de pas chasser sur mon lieu de travail, parce que selon l'issue de l'histoire, je te fais pas un dessin, ça peut devenir difficile à gérer. Et puis, tu sais ce que c'est, on est tellement nombreux, on relâche un peu, on est en confiance et hop on se laisse aller. Donc bon ça m'est arrivé oui. Plusieurs fois oui (plusieurs fois ça veut dire qu'il faut compter pour savoir exactement combien mais là je vais pas compter d'accord ? déjà que tu me prends pour une obsédée sexuelle...) Que des plans cul. Non parce que quand même hein, j'ai une conscience professionnelle. Et là ça fait un bail que rien. Alors je me demande...

Sauf qu'il reste pas grand monde de potable à c't'heure (pas assez de renouvellement ces temps-ci), à part un peut-être mais il est vraiment trop con, ou alors les deux que je croise à la cantine mais je les confonds, ça commence mal, ou bien ils sont frères et ça commence pas mieux.

Enfin je dis ça, c'est purement désintéressé tu t'en doutes, si je peux faire avancer la science. Ben oui, avancer la science, qu'est-ce que tu crois ? l'heure est grave, je crois que je deviens fidèle.

Sur la terrasse du nouveau bar monamour et moi attendons des amis. Le charmant charmeur chilien, à fond sur son skate, nous salue de loin. Bien plus tard, monamour ayant dû partir, il nous resalue, de près cette fois. Et quand mes amis partent à leur tour, il dit Si tu veux monter deux minutes ? Non mais dis donc, je ne te permets pas. C'est du langage codé, banane, c'est pour m'inviter à prendre les chemins de fer.

Bon j'avoue j'aurais pas dû. Mais toi par exemple je suis sûre t'aimes le chocolat non ? (ou autre chose, si vraiment t'as décidé de me contredire, remplace par un truc que t'aimes) Et quand quelqu'un te propose Un peu de chocolat/truc que t'aimes ?, tu fais pas le malin, t'acceptes. Ben moi c'est pareil. C'est tout.

Par contre là où ça devient inédit, c'est quand il dit Un peu de sexe ? (je reformule pour une meilleure compréhension, sinon en réel ça donne plutôt : il me plaque contre la porte, puis contre la fenêtre, puis contre le futon) je réponds Non merci (je me dégage quoi et j'essaye de dire Non. Non non non. Non mais arrête, mais arrête, ARRÊTE J'TE DIS, JE VEUX PAS)

Et tu trouves ça normal toi ?

Maintenant la cerise sur le gâteau, alors que j'ai rien fait t'as bien vu, c'est que limite je culpabilise. La preuve : il se pourrait bien que je couve quelque chose (non, pas un enfant, tu te calmes tout de suite)

samedi 28 avril 2007

♫ I don't wanna holiday in the sun ♫ (euh en fait si)

Cette semaine se déroule sous le signe de la paix et de l'amour. Surtout de l'amour avec monamour, ce qui est parfaitement logique quand tu me connais pas, mais pas si évident si tu me pratiques un peu. Je passe pas mal de temps chez ses parents. Ouais non mais moi non plus je comprends pas ce qui arrive. Tu crois que bientôt j'échangerai des recettes avec sa mère ?

Et la paix aussi donc. Je sais pas si tu te souviens de l'ex du charmant charmeur chilien, celle qui traînait au bar en bas dans le but manifeste de le croiser, et quand elle y parvenait, elle tirait la gueule. Moi elle me traitait de noich par derrière vu que par devant elle faisait comme si elle me voyait pas. Eh bien maintenant elle m'aime. Rien que ça. Bon à l'analyse il ressort qu'elle a un nouveau mec qui la décontracte. Comme je suis pas rancunière, je veux bien trinquer.

Tout ça est bel et bon, t'accorderas-tu à dire. Ouais ben si tu permets j'ai un peu la haine là, parce que telle que tu ne me vois pas, je suis au taff, alors que le ciel est bleu, le soleil brille, la ville est en rut. Et qui c'est qui perd un temps précieux pour parfaire son bronzage ? c'est qui hein ? Toujours les mêmes qui se sacrifient, t'as remarqué je suppose (un jour tu me canoniseras et j'en aurais rien à foutre, je préfère que tu me serves un canon) (de rouge, parce qu'à un moment faut choisir son camp)

mercredi 25 avril 2007

♫ Play blessures ♫

Ça n'a l'air de rien mais je suis plutôt fière (pas spécialement d'être française non. C'est pas une honte évidemment. De là à s'en glorifier, non, vraiment je ne vois pas).

Je t'en ai pas beaucoup parlé. Pas beaucoup ça veut dire un peu, on est d'accord ? Mais bon je te connais, tu vas encore faire genre j'suis tout perdu-ça va trop vite (ah pour ça t'es champion) et donc je te donne des indices : fidèle client du nouveau bar que fréquente Ada, à qui j'envoie depuis peu pleins de doux SMS, j'organise la programmation musicale du lieu tout en poursuivant une carrière prometteuse au sein d'un groupe qui assure, je suis, je suis, je suis...

Le Chanteur. Eh ben c'est laborieux hein.

Alors lui ça fait une éternité qu'il me défie à ce jeu de lettres tu sais, où tu dois faire des mots, de préférence long et sur les cases colorées. Historiquement, ça part du fait que le charmant charmeur chilien jouait aux échecs et le Chanteur s'inquiétait beaucoup de moi, si je m'ennuyais pas trop, alors que y avait pas de quoi, j'étais bien occupée avec le gars à la guitare (entre autres, tu sais bien que je suis pas sectaire). Bref, il me défie.

Au départ on n'arrête pas de se rater ; après on n'a pas le jeu ; ou alors il essaye de passer outre en devenant plus direct dans ses propositions. Exemples de SMS : non mais on sait tous les deux que le jeu n'est qu'un prétexte...je viendrais bien te faire des bisous (ah c'est tout ?) si t'es déjà au lit et si la forteresse n'est pas gardée (ben oui on a des vies assez chargées faut dire). Je coorige en postulant la règle de base : on joue. Point barre. Éventuellement un jour (ça je le garde pour moi) mais rien n'est sûr, on s'amusera (tu saisis la nuance ?)

Là, ça y est, on joue. Et je comprends mieux pourquoi il tient tant à ce que ce soit ce jeu et pas un autre. Il est trop fort l'enfoiré. Non mais quand je dis fort, c'est limite pro, truc de ouf...La première partie, il aligne TOUTES ces lettres à CINQ reprises, t'imagines comment j'ai aucune chance de rattraper le retard ? En plus je suis dans un champ lexical j'te jure : premièrement BAISÉE, deuxièmement JOUIRA...Peut-on lire l'avenir dans le Scrabble ? Je suis bien larguée au final, avec une bonne centaine de points dans les dents.

Après, vers 2h du mat, le patron est obligé de nous virer. On se fume une dernière clope sur le trottoir, en attendant qu'un taxi passe, on se quitte d'un plus ou moins chaste baiser, il monte dans la voiture, je remonte la rue. Voilà comment ça se passe jusqu'à présent.

Sauf que là, ah ah ah, ça va moins rigoler, c'est moi qui te le dis, parce que je suis pas du genre à me laisser piétiner longtemps ok ? Le score est de plus en plus serré. Ouais. J'y crois. À fond. Motivée la fille. Pour la prochaine on a décidé de mettre un enjeu. Je suis chargée de le choisir, vu qu'à ce qu'il paraît les probabilités sont fortes pour que je perde (alors ça c'est petit). Si t'as une idée pas trop compromettante...

Et puis hier, après une trève de plusieurs jours, le charmant appelle, il est au bar en bas. Il me fait partager l'ambiance sonore (le groupe sur scène fait des reprises qui nous rappellent des choses, un peu comme la petite phrase de Vinteuil chez Proust) puis : tu me rejoins ? Là je pèse mes mots et ça donne : ben là je suis loin du quartier. Il accuse le coup. Comme quoi il comprend parfaitement tout ce qui se cache derrière ces mots. Et même si ça le rend triste, son Ben oui entérine la situation. De tout ça je suis fière, j'aime les transitions en douceur.

C'est pas la peine de ricaner, genre ouh là, avec le Chanteur comment qu'elle va trop craquer Ada. Parce que je me suis engagée à rien. Donc j'ai le droit de rien faire ou pas. Déjà. Ou alors façon ouais c'est ça, elle va encore nous faire croire que le charmant c'est fini, on la connaît l'histoire, on nous la fait plus. Tu peux douter mais moi je sais.

lundi 23 avril 2007

♫ Avec les moutons, y a pas de mai, y a pas de mai ♫

Bon c'est vrai qu'on t'a dit d'aller voter et je reconnais que sur ce point t'as vachement bien réussi, bravo (en même temps, tu m'excuseras, c'est pas non plus un exploit). Mais on n'a pas dit voter n'importe quoi ! fallait réfléchir gros malin. Je comprends tout à fait (tu ne sais pas à quel point je comprends) que ça t'ait soulé leur histoire de vote utile. Mais de là à voter inutile (je ne parle pas des "petits" candidats, bien au contraire), t'as vachement l'esprit de contradiction. Alors maintenant, avec ta stratégie à deux balles de centrer pour marquer, c'est un peu comme si ton équipe favorite allait perdre la coupe du monde, sauf que t'as même pas d'équipe favorite, et puis t'as vu la gueule de l'arbitre ? Soyons sérieux deux minutes, t'as pas assuré.

Franchement je préfère changer de sujet, tu m'énerves. Passons au dîner chez les parents de monamour. La veille je me tiens à carreau pour cause d'épuisement physique et cérébral (14 heures de sommeil plus une sieste, on commence à y voir plus clair) du coup je peux qualifier ma forme de moyenne. En fait c'est pas exactement un dîner où on s'attable vu qu'on est très nombreux. Avec des gens connus que tu peux voir sur tes écrans, petits ou grands, ou sur les planches. Le père de monamour me dose des whisky gargantuesques, sa mère veut m'offrir une jupe, je me demande si le castrat (enfin je dis ça, j'ai pas vérifié) (façon de parler quoi, on peut dire chanteur lyrique si tu préfères. N'empêche que quand il chante, il a une voix de castrat) je me demande, donc, s'il est pas venu en chemins de fer mais je vais quand même pas l'interroger, des fois que je me trompe...À la place on cause de la terre de mes ancêtres et de mon taff qui est vachement exotique (relativement à la majorité en présence bien sûr). Y a des musiciens qui donnent envie de danser, et même le gars qui joue dans ton feuilleton préféré. Et tout le monde est bien gentil avec moi simplement parce que je suis la copine de monamour.

Après on prend un taxi pour rentrer chez moi. Le lendemain, mis à part le fait que monamour est tout love (faut croire qu'il me connaît bien, il sait y faire) je me paye une bonne crève. Et, sans vouloir insister lourdement, c'est pas la soirée électorale radiophonique qui m'a aidée à lutter contre les microbes.

samedi 14 avril 2007

♫ T'apprenais au mainate Le pont de la rivière Kwaï, dans le zoo où j'étais encore épouvantail, reviens va-t-en ♫

Bon ben vu que je suis tellement prévisible hein, c'est peut-être pas la peine que je te raconte...

Mais si, oh là là, je me mouche et j'arrive.

Je me suis décidée dimanche peu après le réveil, en envoyant un SMS : On peut se voir ce soir si tu veux ? Incroyable ! Kestufé maintenant ? Jtinvite à manger ! Ben là je peux pas, je me lève à peine et j'ai des trucs à faire, mais ce soir ! Décidément tu es très priz...On verra, tac moi kan té libre, si jle suis ossi...Genre je suis pas à ta disposition. Mais personne t'a demendé de l'être mon gaillard, et permets qu'il en soit de même pour moi. Que tu sois l'ombre de mon chien, ça m'intéresse pas, j'ai pas de chien.

Je fais mes petites affaires. 18h30 j'appelle : J'ai un créneau là tout de suite mais après je dois bouger pour autre chose. Alors soit on peut se voir maintenant, soit plus tard dans la soirée. Ben là je suis avec des amis à XXX. Bon, une autre fois alors...Mais tu pourrais passer quand même. D'accord.

En chemin je rencontre la grande dame, elle veut m'offrir un verre, je fais donc halte. Pas cent ans non plus, le temps de discuter quoi. Puis je remonte la rue alors qu'un SMS impatient m'interroge : Alors tu passes !?

Dans le bar y a un concert, des gens sympas, des que je connais, d'autres pas. On bouge en troupeau sur une terrasse et assez vite il est l'heure pour moi d'y aller. Nouveau SMS : On svoit après ? Oui je t'appelle quand j'ai fini. Va pas t'imaginer que j'avais casé un rencard avec monamour entre les deux. Je suis pas barrée à ce point-là. Simplement je te dis pas tout, je suis comme la licorne, j'ai mes petits secrets.

22h, quand je rappelle je tombe sur le répondeur et quand je repasse dans le bar, ils y sont plus. Je laisse un message. Sur ces entrefaites une copine du quartier me propose de passer chez elle, je me retrouve sur sa véranda à siroter une boisson fraîche. Le charmant charmeur chilien appelle : Alors ? t'es rentrée chez toi ? Je suis parti skater avec xxx, tu fais quoi ? Je suis chez une copine. Moi je dois repasser dans le bar, j'ai oublié un truc. Ben moi ça fait pas longtemps que je suis là, je vais rester encore un peu. Non mais si tu veux pas qu'on se voie, dis-le. Si si, mais plus tard. Et une heure après environ : Bon. Té sur ktu veux mvoir ? Je finis mon verre et je te rejoins.

Si je développe ce long préambule à la vitesse de l'escargot, c'est surtout pour te montrer à quel point j'y vais pas en courant. On pourrait même penser que le destin s'en mêle, en mettant sur ma route des copines qui, sans le savoir, m'en détournent. Et si j'en restais là ? Si au lieu d'aller chez lui, je rentrais me coucher ?

0h30. Il m'accueille avec du whisky. Délicate attention. Et des chemins de fer aussi...ça faisait longtemps. Bon ben voilà, que veux-tu que je te dise de plus. Le futon, le lit, le lit, le futon, une pomme, de la musique un peu trop fort. On s'amuse hein. Opération hibou une bonne partie de la nuit (opération hibou ça veut dire qu'on dort pas) (ouais ben t'es pas obligé de savoir non plus). Le lendemain il prépare un petit déj du tonnerre, comme il sait si bien, on se fait une sieste (grosse fatigue du chemin de fer oblige), la marmotte le retour. Dès que je bouge un petit doigt, il m'enlace, il me serre, il me presse, il me retient, comme si j'allais m'envoler (j'aime pas. En d'autres temps je dis pas. Maintenant c'est plus pareil)...alors que je cherche juste la meilleure position, puis on en vient à diversifier les positions etc etc. Je décline l'invitation d'aller comater au soleil parce que je me dis que là, quand même, ça fait un peu trop tu crois pas ? Il insiste en plus, il va jusqu'à me demander de rester pendant qu'il sort (j'aime bien quand t'es chez moi) et puis quoi encore ? Il me propose aussi de boire un jus de fruits au bar en bas. Je dis toujours non.

Le soir alors que je m'apprête à dîner : Tu viens prendre une bière fraîche en terrasse avec moi ? Le bar en bas, bigre, ça fait un bail. Mon pote le serveur est là. Autant te dire qu'il est curieux de ce qui se passe, il rôde beaucoup autour de notre table, il prend une chaise même. Mais j'ai pas de compte à lui rendre. Je dis que je suis crevée, que je vais pas faire long feu. Le charmant glisse : J'aimerais bien que tu dormes chez moi ce soir. On reste pas longtemps, l'appel du lit...

Ce matin mon réveil sonne, fin de l'épisode chienne lubrique, je m'esquive comme une petite souris. tu noteras que pas une seule fois nous n'avons parlé du pingouin.

vendredi 13 avril 2007

Sans trucs pascals

Pingouin : Dis Ada, tu paraissais avoir clos l'amour du charmant, non ?

Ada : Si si.

Pingouin : Alors ?

Ada : Tu crois quoi ? Oubli fissa puis basta ? Faut voir son SMS...

Pingouin : Un SMS ?

Ada : Six.

Pingouin : Ah. Il dit quoi ?

Ada : Amour, chagrin, chagrin d'amour, tout ça tout ça...M'offrir du whisky dans un bar aussi.

Pingouin : Sûr, ça fait plaisir du whisky.

Ada : Ou du vin, pourquoi pas.

Pingouin : Alcoolo va...

Ada : Non, crois pas ça. J'irais plutôt pour la communion par nos corps, l'union par nos chairs, l'un dans...

Pingouin : Ça va, ça va, stop.

Ada : Un coït quoi. Ni plus, ni moins. Mais pas trop cool pour lui...

Pingouin : Ni pour monamour...

Ada : Mmm...Mais bon...

Pingouin : Aah, la libido, toujours la libido !

Ada : Voilà. Tout à fait.

Pingouin : Ouais...Alors tu fais quoi au final ? T'y vas, ou pas, à l'invitation du charmant ?

Ada : À ton avis ?

(Putain trop dur la disparition)

mardi 10 avril 2007

♫ La terre n'est pas assez ronde ♫

Forcément on n'a pas 83 ans impunément, pourrait-on penser (et avec tout ce qu'on pense de nos jours...Tiens par exemple tout à l'heure, sur mon lieu de travail, j'ai entendu dire Les gens ont la nostalgie de la dictature...déjà que je me réveille en sursaut au milieu de la nuit en proie aux affres du doute sur la nature du bulletin que je vais glisser dans l'urne, j'te jure...) Mais en fait je te le dis, c'est n'importe quoi.

Parce que bon, ok je me lève le matin, je passe sous la douche, je fais des séries d'abdos (non mais tu m'as bien regardée ? tu vois bien que j'en ai pas besoin) je commence à manger un yahourt (ouais je sais, je suis sur une pente savonneuse, j'intègre progressivement le concept de petit déj, avec des aliments sucrés qui plus est, les jours travaillés. Faudra pas s'étonner que je sois encore plus à la bourre). Et au bout de la troisième cuillerée environ, ça part en vrille et je suis obligée de me recoucher. Complètement stone mamie Ada. Deux jours consécutifs, rien que ça.

Alors je réfléchis à ce que j'ai bien pu faire pour en arriver là : trop boire ? non, pas assez dormir ? non plus, mal manger ? toujours pas. Pas d'explication rationnelle au phénomène ? Je me tape une chute de tension simplement parce que c'est de mon âge ? Allez arrête tes conneries. Le malaise vagal je veux bien ; le vague à l'âme je préfère. Moi aussi je peux fixer des vertiges si je veux.

Par exemple, la copine de l'Écrivain...tu sais, celui avec qui j'ai trompé monamour (y a longtemps) on pensait qu'on pouvait transposer notre entente intellectuelle au pieu, alors que c'était une erreur, on n'avait rien à faire sexuellement ensemble, mais on pouvait pas savoir avant, on a été élevé comme ça que veux-tu : avant de dire que t'aimes pas, tu goûtes. Sa nouvelle copine donc (et crois-moi que ça a été un véritable soulagement qu'il rencontre une nana après, vu qu'à un moment il était bien amoureux) (mais moi les purs esprits tu m'excuses hein) elle veut qu'on fasse copines. Non mais je comprends bien, je suis quelqu'un de tellement sympathique (et modeste). Qu'elle soit au courant du rôle que j'ai pu jouer dans la vie de son cher et tendre, je n'en suis pas certaine, mais franchement c'est possible. Elle m'abreuve de compliments, comme quoi mes fringues elles sont trop belles, et elle se soucie de ma vie. Elle espère peut-être neutraliser ainsi ce qu'elle considère (à tort, elle a rien à craindre) comme l'ennemi (en la personne de moi-même). Sauf que c'est pas vraiment possible l'amitié entre nous. Déjà parce que l'Écrivain il veut malgré tout garder quelques distances. Et surtout j'ai pas envie. Elle a beau être gentille et tout (et plus encore, oublie pas que c'est la copine de l'Écrivain, ça nécessite quelques qualités quand même) ce truc-là me paraît pas sain.

Après y a l'ex de monamour, celle avec qui il est sorti pendant le court intermède où on a réussi à pas se voir du tout (car monamour est fidèle, lui) (bon ben ça va oh, chacun ses particularités. Nos différence font la richesse du monde je te rappelle) qui traîne pas mal dans un des lieux où on va danser. Alors elle, elle essaye pas de faire copine avec moi. Elle drague plutôt un pote de monamour. Et ça marche. Non mais là, je sais pas si tu mesures l'ampleur de l'affaire. Je pense pas, non. Ce pote de monamour, je le voyais un peu comme un modèle de jeune homme qui fait tout bien dans l'ordre : avoir du travail mais continuer à vivre chez ses parents le temps de trouver un appartement pas cher et bien situé, l'aménager, vivre en célibataire mais pas déconner, se coucher tôt en semaine et pas trop tard le week-end, puis prendre une copine bien lisse. Enfin tu vois, typiquement le gars funky quoi. Alors moi je pensais que la fidélité, si y en avait un pour la représenter dignement, c'était lui. Tu parles...Et même après il s'est plaint que c'était un mauvais plan parce qu'elle est trop poilue. J'te jure, je le reconnais plus. Elle, par contre, pour soigner ses chagrins, elle a des méthodes thérapeutiques pour le moins discutables.

Je te mettrais tout ça sur le divan moi, ça traînerait pas...Non mais tout de suite, c'est pas la peine de me parler d'hôpital et encore moins de charité, ça me coûte assez cher comme ça. Enfin c'est le prix à payer à ce qu'il paraît.

Je fais abstraction (oui abstraction, tiens, pourquoi abstraction, ça c'est une bonne question) des voeux de monamour qu'on se trouve un appart avec vue dégagée, sur le canal par exemple. Mais quand même, j'avoue, je kiffe.

Sur ce le charmant charmeur chilien prend des nouvelles du pingouin. Le temps passe, les rancoeurs osso. Jé bocou pensé o pingouin aujourd'hui, j'espèr kil va bien...je t'invite à prendre un verre syl veut.

Tu m'étonnes que j'ai la tête qui tourne.

jeudi 5 avril 2007

♫ Bigophone on s'entend bien, plus d'faux jeton, j'peux mettre le mien ♫

Je suis agacée, je t'en cause deux minutes, puis je te laisse tranquille.

Là où je bosse, y a une cantine. Non, je te prie de m'excuser, je voulais dire un restaurant du personnel, ça donne l'illusion que c'est meilleur (ça les empêche pas de servir des oeufs en tube. Et même de la perche du Nil j'suis sûre). De la même façon, on dit pas pointer, on dit badger, tu saisis la nuance ? Dans ce restaurant y a plein de gens (le personnel, oui, comme le nom l'indique) qu'on appelle collègues. Moi des fois j'y vais. Notamment quand j'ai faim, mais aussi parce que j'ai rendez-vous avec quelqu'un, voire quelques-uns, c'est tellement sympa la pause-déjeuner au taff hein. Bon.

Cependant il arrive que j'aie envie de manger seule. Pas souvent, mais ça arrive, un petit plaisir que je voudrais m'offrir. C'est pas du luxe. Eh ben si. C'est mon droit. Eh ben non. J'ai tout essayé : y aller super tôt, quand ils ont pas encore digéré le petit déj, y aller super tard, quand ils commencent à songer au goûter, me placer dans des endroits inédits où personne me repèrera - oui parce qu'ils ont leurs habitudes, alors naïvement je me dis tiens je vais m'asseoir au fond là-bas, ni vue ni connue...Tu parles.

Systématiquement y en a un qui débarque (ils se relayent, c'est pas possible) la mine désolée Oooooh Ada, t'es toute seule ? Alors je réponds oui, sur un ton qui est censé te faire comprendre, si t'es un peu fut fut, que j'en suis fort aise...Ooooh ben je vais te tenir compagnie. Et voilà, encore raté. Et encore un qui supporte pas sa propre solitude (je peux comprendre bien sûr, sauf qu'alors il faut assumer) qui cherche absolument un être humain pour le regarder avaler sa friture et qui camoufle le tout sous des dehors compatissants et apitoyés. Entre mon échec à déjeuner seule et les gens qui se mentent à eux-mêmes, je sais pas ce qui m'énerve le plus.

Sinon (je sais d'avance que cette réflexion est légèrement injuste mais je te la livre néanmoins) on va quand même pas me faire croire qu'on a besoin d'autant de publicité pour que les livres de Paul Auster se vendent hein ?

Merci de m'avoir permis d'évacuer ces petites contrariétés, tu es bien aimable.

mardi 3 avril 2007

♫ Ah qu'est-ce que tu me fais, ma raie ! ♫

Samedi c'est l'anniversaire du nouveau bar. Tu penses qu'avec mon pote on veut pas rater l'événement. C'est un peu notre deuxième maison le nouveau bar je te rappelle, on est concerné au premier chef, parce que bon il vit grâce à qui ce lieu mmm ? Ils font les choses bien avec buffet (et même le patron nous file du rab tellement on est affamé) et boeuf musical qui assure. Comme d'habitude le Chanteur veut qu'on prenne date pour jouer au Scrabble et le patron pour manger une entrecôte.

Sur ces entrefaites le charmant charmeur chilien débarque. J'y suis préparée psychologiquement, je m'attends à tout, y compris au pire. Eh ben je suis pas déçue, il me dit bonjour de très loin avec un air crispé voire rancunier. Ok, gardons nos distances. Plus tard, quand je détourne le regard de la scène, je me rends compte qu'il est posté derrière la fenêtre, sa pinte de bière à la main, en train de m'observer depuis l'extérieur. Et dès qu'il voit que je vois, il s'éclipse. Que veux-tu que je te dise ? L'oeuvre a fait son temps et le temps fera son oeuvre.

Lundi c'est l'anniversaire d'un pote. On fête ça dans un bar où les chiottes ferment pas à clé, c'est plus pratique. En plus on boit de la bière, pour être sûr d'avoir besoin d'y aller souvent. La première fois je me fais donc surprendre pendant mon lavage de mains et quand je sors, le gars dit Ne vous inquiétez pas, ça arrive. Eh oui, se laver les mains, ça arrive...La seconde, une voix m'interroge derrière la porte : C'est qui ? C'est occupé, comme ça se prononce. J'te jure on se marre trop.

Bon on récapitule : vendredi, anniversaire de Phénix ; samedi, anniversaire du nouveau bar ; lundi, anniversaire d'un pote. Et dimanche ? me diras-tu.

Eh bien dimanche, monamour et moi on se fait part du fruit de nos réflexions au sujet de notre avenir. Il en ressort qu'on va vivre ensemble dans quelques mois et peut-être dans un endroit qu'on aura acheté (moi-même j'ai du mal à croire ce que je viens d'écrire). Je flippe pas du tout, je me sens bizarre, c'est pas pareil. On peut donc dire que ça deviendra la date anniversaire du jour où on s'est dit oui. Bon, ce qui me rassure c'est que ça tombe un premier avril.

samedi 31 mars 2007

♫ Aujourd'hui c'est vendredi et j'voudrais bien qu'on m'aime ♫

Vendredi soir je suis invitée à l'anniversaire de Phénix. Préalablement mon pote et moi on boit un coup au nouveau bar. On veut pas arriver trop tôt, si c'est pour se retrouver à tartiner des toasts merci bien. Malheureusement le concert est insupportable, à peine croyable tellement c'est mauvais. Du coup on débarque vers 22h.

Phénix fête ses 37 ans, la moyenne d'âge de la soirée est vachement élevée. Je reconnais qu'avec mes 83 ans ça aide pas...mais sérieux j'ai l'impression d'être dans une teuf organisée par tes parents. Pourquoi pas hein, juste c'est surprenant.

Et tout le monde, sans exception, nous prend pour les colocataires de Phénix. Alors toi tu vis ici c'est bien ça ? Ben non pourquoi ? j'ai l'air d'être en pyjama là ? En plus y en a un de colocataire (un sur trois. Où sont les autres ? ils font la gueule ?) que j'ai pas mal fréquenté du temps du charmant charmeur chilien (qui lui-même brille par son absence) (et je t'avoue que j'aime autant, déjà que je risque de le croiser ce soir, point trop n'en faut) et donc le colocataire, unique représentant de la maisonnée, affiche un air de mortel ennui...Puis quelqu'un dit que Phénix vient de passer avec un aspirateur à la main et là le colocataire répond, désabusé : Phénix ? passer l'aspirateur ? Non c'est pas possible, c'est une hallucination. Ça pourrait être de l'humour mais tu sens bien que c'est sérieux en fait. J'ai comme dans l'idée que la coloc bat de l'aile. Pourtant y a des aubergines dans le bac à légumes. Tout n'est pas perdu, il y a encore quelqu'un dans cet appart qui sait raison garder.

Ensuite ben écoute, c'est une soirée tout à fait classique. Où forcément à un moment tu parles politique. Ce que j'ai préféré, c'est quand j'ai dit que j'allais voter à gauche et que la dame m'a demandé Pour Bayrou ? et c'était pas du tout une blague. Où forcément tu manges de la pizza coupée en rectangles et du cake fait maison. Prends donc de la quiche mon petit, elle est toute fraîche. Merci papy, euh Gaby, merde, c'est quoi déjà ton prénom ? Où forcément tu te retrouves dans la cuisine pour avoir des discussions élevées d'intellos de gauche. De gauche c'est sous réserve. Intello aussi en fait. Ce qui est sûr c'est que ça se passe obligatoirement dans la cuisine. La psychanalyse par exemple, c'est pas le sujet que t'abordes dans le salon. Jamais. C'est vachement bien le cul contre l'évier, pas loin de la chaleur du four. Par contre si tu veux sortir des grosses conneries et que les gens se marrent, là faut aller sur le balcon. C'est comme ça.

Et aussi pour Ada c'est trop de bonheur tous ces inconnus à qui elle peut raconter la terre de ses ancêtres. La question qui tue et qui t'horripile des fois Tu viens d'où ? hop tu la retournes vite fait bien fait : Ah ben ça tombe bien que tu poses la question, justement je suis partie avec mon pingouin tout ça tout ça.

La personne que je vois le moins, évidemment, c'est Phénix, l'hôte de ces bois. Quand c'est mon tour de lui montrer ma belle voix (comme dans les mariages quand le couple fait la tournée des tables) il me dit qu'il a appris ma récente séparation du charmant. Et tu sais que Phénix, question séparation, il en connaît un rayon. Voici donc le diagnostic de l'expert : T'as bien fait, ça te va bien, t'as bonne mine, t'as l'air posée. C'est ce que je dis toujours, ni remords, ni regrets.

mercredi 28 mars 2007

♫ Viens à la maison, tous les oiseaux t'attendent ♫ (y compris le pingouin)

Plus de doute c'est le printemps. Évidemment au moemnt où j'écris ça, il se met à pleuvoir...On peut pas avancer une idée originale dans ce pays, direct la réaction arrive à la rescousse, j'te jure on n'est pas aidé. Enfin bon, faisons comme si de rien n'était.

Je fais pas partie des gens qui ont une armoire d'hiver et une armoire d'été, parce que d'abord je comprends pas bien le principe, trier son linge deux fois par an, en mettant les gros pulls derrière ou dans des cartons ou je sais pas quoi encore, ça me soule et surtout j'ai pas la place. C'est le bordel dans mon placard et alors ? c'est toi qui t'en sers peut-être ? À moins qu'il ne s'agisse d'un traumatisme infantile, tu sais, quand il fallait se débarrasser des habits qui t'allaient plus vu que t'avais grandi...C'était déjà le bordel dans mon placard, comme quoi j'ai quand même certaines valeurs. Mais je m'habille selon la saison : chaudement l'hiver, légèrement l'été. Ouais c'est pas courant comme façon de faire, que veux-tu, faut toujours que je me singularise. Et maintenant j'en suis à la phase où je panache fringues d'hiver et fringues d'été. Donc on est au printemps.

Je bois des coups en terrasse. Bon là faut faire gaffe parce que bientôt on n'aura plus le droit d'enfumer ses voisins, donc je serai tout le temps en terrasse (j'hésite entre ça et arrêter de fréquenter les bars...Mais j'ai pas le choix, il faut parfois rester humble face à son destin) (ou arrêter de fumer aussi oui. Mais tout ce qui commence par arrêter (oh ben tu vois, ça c'est presque aussi paradoxal que mon sommeil) (et les rêves je te raconte pas mais j'en fais des beaux) (et après je les analyse comme une analysante appliquée) (ce qui est pas mal comme activité de plein air) (sauf que c'est sur un divan) tout ce qui commence par arrêter donc, je crois pas que ça fait partie de mon karma) et ça sera vachement trompeur, vu que ma fréquentation assidue des terrasses voudra pas dire pour autant que je vivrais un printemps permanent. Ah la vie sera pas facile facile...Y a peut-être moyen de se repérer par rapport aux fringues, faut voir.

Y a aussi le fait que je trouve pleins de gens sexuellement attrayants et réciproquement. Par exemple le serveur hier soir était clairement en rut et son plan drague éclair pas mauvais du tout dans le genre cash, mais il a été coupé dans son élan par monamour qui a innocemment débarqué au comptoir pour me dire bonjour et voilà c'était grillé. Même les nanas je les mate pour te dire. Alors c'est bien la preuve qu'on est au printemps.

En plus pour être au diapason, ça bourgeonne, j'ai un petit bouton sur la lèvre, un quasi invisible mais qui fait un peu mal tu vois ? Alors à ton avis qu'est-ce que j'ai bien pu faire avec ma bouche ? je pose la question.

lundi 26 mars 2007

Tenue de soirée correcte exigée

Quand je rentre dans le troquet vendredi, je sais que ma priorité du lendemain sera de faire un shampooing (tu viens d'échapper à un lavage de cheveux...Ah tiens et la chanson qu'on me chantait quand j'étais petite, tu la connais ? ♫ je peux vous passer un shampooing mais vous faire un tour de chant, point ♫ ah j'aime...J'ai failli oublié comment ça s'écrit, non mais qu'est-ce qui m'arrive ?) non pas que je compte me répandre à nouveau sur cette partie de mon anatomie (la chevelure est-elle anatomiquement homologuée) mais simplement c'est très enfumé.

Tout le monde est à la pinte, happy hour oblige, je m'aligne, sauf que je prends pas la même marque que les autres, toujours la petite touche qui fait que hein bon t'as vu ? Je me tape pour la énième fois le récit du voyage en Afrique (manque d'organisation...Pour raconter la terre de mes ancêtres, je convoquais les gens selon un planning mûrement réfléchi, histoire de pas lasser tout en me vautrant dans les redites à longueur de soirées, tout le plaisir est pour moi) mais c'est pas très grave vu qu'en même temps y a le journal de l'économie sur l'écran. Et je suis très absorbée par les écrans, en étant dépourvue. C'est pas une excuse, je suis d'accord...Et j'assume.

J'en veux pour preuve que ça ne me pose aucun problème de te dire qu'un samedi, chez quelqu'une qui était alors en Afrique justement, après avoir arrosé la plante (quand tu penses que j'ai passé des heures dans le métro pour la survie d'une seule plante...Pas bien rentable tout ça...Entre ce que ça m'enlève en espérance de vie et ce que ça lui rajoute, à la plante, franchement je crois que je me suis encore fait niquer) j'ai scotché sur une émission à base de castings où les gens chantent, et ça a duré tout l'après-midi, eh ben je me suis pas lassée, et même je me disais que si y avait moyen de s'amuser un peu avec le noir et l'autre qui a une barbe de trois jours, je dirais pas non, mais à la condition qu'ils soient tous les deux, c'est comme les suppléments, ne peut être vendu séparément.

Sinon dans mon sac se trouve le programme de Marie-George, que j'ai prévu de potasser un de ces quatre, pourquoi pas maintenant ? Non arrête. En plus monamour commence à me faire du pied sous la table et pour finir on parle du vote des étrangers, c'est dans le programme, toujours ça de moins que j'aurai à débattre avec moi-même (surtout que mon idée est faite).

Y en a qui ont faim, mais je prendrais bien un autre verre, ça se fait pas prier en fait, bande d'alcooliques. Après le patron met la sienne et c'est limite limite quand on arrive à la pizzeria, heureusement on est des fidèles (tu sais c'est là que j'ai oublié la nouveauté la dernière fois) ils nous offrent pas encore le digestif mais ça devrait plus trop tarder, on est constant dans l'effort, y a pas de raison.

Classiquement ça se finit qu'on va danser (comme ça je suis sûre qu'un shampooing sera obligatoire). Y a le copain de monamour qui veille sur moi (j'adore pas vraiment), genre il dit au beau gosse (qui serait parfait s'il avait juste quelques centimètres de plus) (mais personne n'est parfait) Eh arrête de la regarder, c'est la femme de mon frère. Et que veux-tu que je dise Même pas vrai, c'est pas ton frère d'abord ? Je me rabats sur le rhum.

Samedi j'ai pas trop vu. Dimanche, le matin en plus, j'ai conduit un camion. Et avec le décalage horaire tu vois ce que je veux dire. Puis monamour me dit : Tu te rends compte un 50 mètre carré pour pas cher, ça serait bien qu'on en prenne un dans le style.

Ouais je vais à la ligne, histoire de. Mais en fait sur le moment, je me suis juste remémoré cette première nuit, pendant que la teuf battait son plein à côté, la petite chambre où on s'était retiré, et le moment où, alors qu'il versait de la vodka sur mon corps avant consommation, je me suis dit Toi et moi on est appelé à faire de grandes choses ensemble.

mercredi 21 mars 2007

♫ I am the passenger, and I ride and I ride...I look through my window so bright ♫

Le pingouin : À un moment on passe le 17ème parallèle, tu sais le fameux...

Ada : Ah non ! pas le 17ème parallèle ! On l'a passé ok, mais on avait dit aussi qu'on le passerait sous silence.

Le pingouin : Allez quoi, le pire c'est de pas assumer. Et puis ça arrive, même aux meilleurs. En plus y a pas grand chose d'autre à raconter aujourd'hui, faut bien se rabattre sur le stock.

Ada : Bon...Ok, le 17ème parallèle...Mais après on parle de la station de service, y a pas de raison.

Le pingouin : Alors le 17ème parallèle, tu situes ? Le nord, le sud tout ça ? Et donc on s'arrête pour dîner. Et vas-y que ça trinque...

Ada : Non mais tant qu'à raconter, soyons précis. Je voulais pas boire pendant ce séjour. J'ai juste pris une petite bière.

Le pingouin : Ouais, enfin, ça a vite dégénéré.

Ada : C'est le chauffeur qui a insisté !

Le pingouin : Là nous assistons à une tentative de dédouanage qui ne trompe personne...

Ada : Il tenait absolument à ce qu'on trinque ensemble, et pas avec un truc de fillette, plutôt avec un truc à base d'alcool de riz.

Le pingouin : Tu la connais Ada, elle est pas contrariante. Bon maintenant elle est pas fière mais elle est pas contrariante...

Ada : Je signale qu'il m'a un peu prise par les sentiments, comme quoi il m'appréciait, que c'était cool de faire la route ensemble et que ça se fêtait.

Le pingouin : C'est ça, c'est ça. Et l'alcool de riz, contrairement à la bière, ça se boit en faisant des 100 %

Ada : Cul sec si tu préfères.

Le pingouin : Moi franchement je savais que ça allait mal finir, mais Ada dans le feu de l'action...

Ada : C'est au moment où je me suis levée que j'ai compris que j'aurais pas dû.

Le pingouin : Puis on remonte dans la caisse.

Ada : Voilààààà...fin de l'histoire.

Le pingouin : Tt tt tt. On roule, Ada frôle le coma éthylique.

Ada : Ouais ben ça se comprend aussi. On a descendu la bouteille quand même.

Le pingouin : Elle a encore la force de lui demander de s'arrêter, elle sort, elle prend l'air, il vient voir si ça va, ils remontent...

Ada : Et j'ai perdu une tong dans le champ, je m'en suis rendue compte que le lendemain, trop la loose...Allez maintenant la station-service.

Le pingouin : Un peu de patience. Je disais donc, on roule à nouveau, toutes fenêtres ouvertes, pour oxygéner au maximum...quand subitement, sans préavis...

Ada : Je m'y attendais pas trop non plus pour tout dire...

Le pingouin : Ada se met à vomir par dessus bord.

Ada : Ben à choisir entre le tableau de bord et par-dessus bord...franchement j'ai assuré je trouve.

Le pingouin : C'est un point de vue. Mais je finis...

Ada : Euh j'ai un appel urgent à passer là...

Le pingouin : Sauf qu'elle avait pas pensé à la vitesse et au vent...Et elle s'est tout pris en pleine face...Hein Ada que tu t'es gerbée dessus ? Non mais personne se moque, on n'est pas des méchants...Enfin c'était crado quand même, elle en avait plein les cheveux...Tu te rappelles Ada ? Dans les yeux aussi un peu...Hé Ada, c'est à toi là, la station-service, on t'attend...Ohé !

lundi 19 mars 2007

♫ Ça fait frémir, faut savoir dire stop ♫

Je sais pas s'il faut parler de mécanique des fluides ou de vases communicants, je m'interroge...Comme j'y connais rien, je vais te le dire à ma façon.

Je pense qu'après une longue réflexion et moultes piqûres de rappel (laisse-moi rêver) il apparaît que tu as fini par comprendre que le charmant charmeur chilien et moi, c'est terminé. Bon je sens que tu vas encore dire Ah bon ? mais pourquoi tu l'as pas dit avant ? Et là, si tu crois que tu vas parvenir à m'énerver, laisse tomber, tu m'as beaucoup déçue mais je me suis fait une raison. Par contre si tu pouvais éviter de prendre ce petit air chagrin de tous ceux à qui j'annonce la nouvelle, genre la bouche tombante, les yeux humides et si pleins de compassion, le tout couronné d'un Mais ça va toi ? inquiet...si tu pouvais éviter donc, ça me ferait des vacances. Déjà parce que d'une part non, ça va pas (enfin si, ça va mieux, sinon je t'en causerai pas) et d'autre part...non d'autre part rien...j'allais dire c'est pas la fin du monde quand même. Mais comme en fait c'est la fin d'un monde...Bref.

Et vendredi soir, après avoir récupéré le bouquin que j'avais oublié le resto la veille...(Un bouquin de bibliothèque en plus, de ceux qu'ils appellent Nouveauté...Ils ont pas peur du ridicule franchement...Non parce que les nouveautés qui datent de six mois, je voudrais pas dire mais niveau fraîcheur ça laisse à désirer. Après moi je m'en fous que ce soit nouveau ou pas, mais qu'on nous laisse le temps de les lire merde...Eh ben non, ce pavé de 700 pages écrit petit, tu te dois de le finir dans la semaine. Tu te démerdes, tu poses des congés, tu lis sous la douche, c'est pas leur problème. Et bien sûr que non tu peux pas prolonger, et puis quoi encore ? Et s'il se trouve que par malchance, tu l'oublies, ce putain de bouquin, à l'autre bout de la ville, vu qu'il te suit partout pour optimiser ton temps de lecture, genre s'il y a un silence à table, t'as presque envie de l'ouvrir, ça sera toujours quelques lignes de gagnées...alors, dans ce cas vraiment trop dommage, tu te retapes un bon trajet en métro dès que possible, et ce même si t'as aucune intention de repasser par là, pour la simple et bonne raison que c'est demain la date limite et qu'ils sont vraiment impitoyables sur les nouveautés, ils te collent des amendes direct et ils bloquent ta carte...mais sinon c'est des bibliothécaires hyper impliqués dans leur mission comme quoi on a tous le droit de lire, oui c'est un droit, quelle que soit ta couleur préférée et la race de ton chien...Seulement tu comprends, il faut poser des règles, sinon où irait le monde ?) à la caisse du supermarché mon téléphone se met à vibrer. Je ne réponds pas. Le caissier, je le vois dans son regard, pense que je suis quelqu'un de poli, alors qu'en fait le numéro qui s'est affiché n'est pas dans mon répertoire, faut pas chercher plus loin. Puis ça rappelle une deuxième, troisième, quatrième fois, toutes les deux minutes...sans laisser de message. Oh tu sais, à ce petit jeu-là ma patience n'a pas de limite, ça peut insister toute la nuit, si je sais pas qui c'est, tu peux toujours courir.

J'ai arrêté de compter depuis longtemps quand enfin on se décide à parler dans le répondeur. C'est Canada Dry. Ouais je sais, te fatigue pas à te justifier, t'as oublié qui c'est...C'est lui Canada Dry. Évidemment il veut qu'on se voie et tout et tout. Alors je me dis, comme ça en passant, qu'il y a une entité quelque part (oui, pourquoi pas là, ce serait cohérent) qui, malgré ma détermination (et crois-moi que pour renoncer au charmant, faut être vachement déterminé) veut pas que je sois monogame. Cependant je me donne à fond avec monamour. Par exemple on a réservé des billets de train pour le mois de juin...si c'est pas de l'engagement sur le long terme ça...

mercredi 14 mars 2007

Pas de titre pour la peine

Ok j'vois l'genre. Dès que ça devient trop allusif, t'es perdu. Pourtant on peut pas dire que je te rabâche pas ma vie en long en large et en travers. En gros t'as bien vu (en gros on voit toujours mieux, c'est pas compliqué) ça tourne autour de l'amour dans tous ses états, avec moi en protagoniste et mes partenaires en second rôle. Et pas de mauvaise foi veux-tu, ils sont pas trente six mille les partenaires. Trois maximum. T'es encore capable de suivre un récit où s'alignent une poignée de personnages non ? Tu lis jamais de roman peut-être ? Ben on dirait pas.

En plus je t'avais vachement orienté dès le titre. Le pingouin. Soyons sérieux deux minutes. Tu vas pas me faire croire qu'il t'est sorti de la tête ? Parce que si c'est le cas, nous on n'est pas sorti de l'auberge. Le pingouin de la réconciliation...Non toujours pas ? Bon ben il te reste plus qu'à réviser.

Ensuite la brosse à dents. Là je veux bien que ça t'échappe, vu que c'est pas un personnage récurrent la brosse à dents (enfin si, je m'en sers tous les jours) et puis toi tu t'en fous, une brosse à dents franchement, en quoi ça peut t'intéresser hein ? Sauf que celle-là était spéciale, au point que je l'avais mise en scène.

La clé maintenant. Pareil, un objet insignifiant mmm ? toi qu'es tellement au-delà de ces contingences bassement matérielles. Un truc pour ouvrir une porte (ou la fermer, c'est pas faux) on va pas s'encombrer la mémoire avec ça...Tu vois, si je devais qualifier ta mémoire, j'hésiterais entre mémoire de poisson rouge et mémoire d'éléphant. Mais rose l'éléphant si tu vois ce que je veux dire. En même temps personne me demande rien sur ta mémoire, t'as de la chance. La clé donc.

Je sais pas si tu te rends compte mais je me suis tapé une fouille archéologique dans les archives là, pour te faire les liens. Comme si j'avais besoin de me replonger là-dedans. On peut dire que tu m'auras rien épargné. Et toi, ingratement, tu vas même pas les lire. M'en fous, j'la connais l'histoire moi...

(en vrai je t'en veux pas tu sais. C'est juste que depuis j'en rêve toutes les nuits, c'est usant)

lundi 12 mars 2007

T'as l'bonjour du pingouin

Je peux te la faire façon tradition du lundi avec récit du week-end incorporé, des pintes de bière dans le nouveau bar jusqu'au couscous pas cher, du concert de nouveau talent à la fermeture avec les piliers, du dragouillage du patron aux frôlements du Chanteur, de la gueule de bois évaporée en mouvements de tai chi, de la barque sous le soleil de Vincennes à la couette du dimanche soir. Ouais, c'est une éventualité. Mais j'ai pas envie. Ça me fatigue d'avance.

Je pourrais réfléchir et m'interroger sur ce SMS non répertorié : Stp rp mwa ! et notamment sur le sens exact de "rp". Mouais...Tu veux pas t'en charger toi ? D'autant que les avis divergent. Alors je fais appel au vote du public.

Et je vais plutôt aller me fumer une clope. Juste avant quand même, je te signale que vendredi matin, au bar en bas, mon pote le serveur était derrière le comptoir. J'allais dire ça tombe bien, j'aime autant que ça soit passé par lui ; en fait comme il a eu du mal à cacher sa joie, j'hésite...Comme convenu je lui ai remis une clé, en échange de laquelle j'ai récupéré ma brosse à dents.

À un moment mon regard s'est brouillé mais on y voit plus clair.

mercredi 7 mars 2007

♫ That's the story of my life, that's the difference between wrong and right, but Billy said both those words are dead ♫

C'est vrai que depuis le retour de la terre de mes ancêtres j'ai un peu laissé de côté ma vie sentimentale. Comprends-moi aussi, c'est pas facile tous les jours...J'imagine que toi-même y a des choses dont tu préfères pas te vanter. Mais bon le moment est venu de faire un point sur l'avancement des travaux. Alors elle en est où l'histoire ? (oui quoi ? bien sûr que plusieurs histoires peuvent n'en faire qu'une, tu vas pas commencer hein, sinon je te donne la recette du chien à la vapeur).

Tu sais peut-être pas (à la réflexion, à moins d'être dans ma tête, je vois pas comment tu pourrais savoir) (et jusqu'à preuve du contraire tu n'es pas dans ma tête) (par contre si tu es dans ma tête, tout s'explique) (je me comprends) bref...sur la terre de mes ancêtres, loin des tentations en tous genres, j'ai largement le temps de méditer sur la situation et je décide que je ne veux plus voir le charmant charmeur chilien et que je veux faire ma vie avec monamour (s'il te plaît laisse-moi finir).

Les retrouvailles avec monamour sont à la hauteur de mes espérances, il m'a tellement manqué, je lui ai tellement manqué, on s'est tellement manqué, que maintenant on essaye de pas se rater. Après je finis par croiser le charmant dans les conditions que tu as lues si tu suis et sinon descends un peu plus bas. Moi, tu vas bien finir par te rentrer ça dans le crâne à un moment, je suis pas quelqu'un de bien, non, tant que je peux esquiver, je me prive pas. Mais quand il me dit que je lui ai brisé le coeur et que ce serait bien qu'on boucle la boucle, là je peux plus fuir. Dommage, ça m'aurait évité de déraper. Ouais parce que quand même hein je suis peut-être lâche mais c'est par instinct de survie, c'est ça qu'il faut voir aussi.

Parallèlement monamour et moi on envisage de fonder une dynastie (enfin surtout lui, moi pour l'instant passer du studio au deux-pièces, ça suffit à m'émotionner) (non mais arrête de m'interrompre sans arrêt : c'est pas encore fait, pour l'instant on réfléchit ok ?)

Bon avec le charmant on s'envoie en l'air comme des sauvages. Il me demande de lui enlever ses pompes et ensuite il dit C'était un test pour voir si tu sais t'occuper d'un bébé. Donc là évidemment je fais comme si j'avais rien entendu. Non c'est pas sympa de ma part, oui je sais. Je suis pas quelqu'un de bien je te répète.

De temps en temps je me dis que je suis une vraie bourgeoise...déjà j'ai un parapluie, t'as qu'à voir...mais pas de montre...tu reliras Balzac, Flaubert ou Zola, et si ça se trouve aucun des trois, toujours est-il que quelqu'un a écrit quelque part que le parapluie et la montre sont les attributs de la bourgeoisie (c'est bon ? on peut continuer ?)...une vraie bourgeoise à qui il faut non seulement un mari mais aussi un amant.

Attends c'est pas fini. Y a aussi le Chanteur là tu sais, celui du nouveau bar qui me plaît bien et réciproquement. Ben lui il arrête pas de m'envoyer des SMS et qu'est-ce qui va se passer ? Seul l'avenir nous le dira.

Voilà. Maintenant tu peux ricaner.

mercredi 28 février 2007

♫ Je perds l'équilibre et c'est tout. Parfois le matin je me réveille à genoux, tout bascule en arrière ♫

Les soirées chez Diego c'est rigolo (si tu veux bien prendre la peine de te défoncer)

- Tu vois Bill c'est vraiment un pote. C'est le seul gars que je connaisse qui débarque chez moi avec une rose.

- Ben ouais, en ce moemnt j'achète plein de roses, alors je me suis dit ce serait con de pas en amener une à ce bon vieux Diego.

- Je vois rien.

- Moi quand je prends trop de coke, je fais le ménage.

- Mat en deux coups.

- Pour lui ou pour moi ?

- À ton avis ?

- Pour lui ?

- T'as pensé quoi là ? T'as pensé mat en deux coups pour lui ?

- Ouais...

- T'as pensé mat en deux coups pour lui ? Regarde-moi dans les yeux

- ...

- Eh ben t'as raison, y a mat en deux coups pour lui, t'as raison. Tu vois, y a pas de doute, c'est ce que je te disais. Faut pas douter. Jamais.

- Ça tombe bien que tu parles d'eau, parce que justement je me sens comme dans de l'eau là. Tu sais, comme quand tu danses aussi...On dirait qu'on est dans l'eau.

- Je vois rien

- Tu sais, y a des gars qui jouent à l'aveugle, sans regarder l'échiquier.

- Non !?

- Si si, je t'assure.

- J'te crois pas...Non mais t'imagines le truc ? Alors moi j'étais là, ah non finalement on dit que j'étais là...n'importe quoi...

- Pourtant je te garantis que c'est vrai.

- Ça m'étonnerait. Je vois pas comment c'est possible

- Putain mais t'y vois vraiment rien toi !

- Mais ouais ! Ça fait une heure que je dis : j'y vois rien, et personne m'entend.

- Merde, c'est con que tu taffes demain.

- Ah non, dis plutôt c'est super qu'il taffe demain.

- Ouais t'as raison en fait, moi quand j'avais du travail, ça m'aidait bien dans la vie, faut reconnaître.

Sinon je pourrais te détailler le rencard avec le charmant chameur chilien "au bar en bas de chez lui, pour boucler la boucle", la séance de rupture réfléchie avec la tête, qui bascule en séance de retrouvailles gouvernées par le coeur et les tripes. Mais déjà que je me sens comme un colis suspect (systématiquement détruit, faudra pas se plaindre) c'est peut-être pas la peine d'en rajouter. Bon écoute je sais pas, propose un truc toi non ? Moi je m'en sors pas.

samedi 24 février 2007

Sic transit gloria mundi

Comme prévu je t'en parle pas tout de suite. En attendant faut bien reconnaître que tout le monde me fait la fête en frétillant de la queue (couché j'ai dit) (en chien de fusil, si tu veux).

Avant de partir mon agenda était blindé par les amis à qui je voulais dire au revoir. Maintenant que je suis revenue, il est blindé par les mêmes qui veulent que je leur raconte. Et puis y a mon pote qui remet sur le tapis l'idée selon laquelle pour le même prix on aurait un appart beaucoup plus grand et ec serait chez nous. Une coloc, t'as tout compris. Ben moi je suis d'accord. Après, la semaine passe et figure-toi que monamour squatte chez moi tous les jours. Tu m'en vois ravie.

J'ai comme l'impression que le retour, je me le suis pris en pleine face lors de la soirée d'hier. Au nouveau bar y a un concert, ils ont augmenté le prix des consos pour l'occasion (sauf pour les habitués, attends, tu crois quand même pas que je vais payer cinq euros la pinte de bière ? et puis quoi encore ? déjà qu'y avait pas de cacahuètes...) (tu me reconnais là ? Bon j'ai pas trop changé non plus) et j'entends Tiens une revenante !...Ah t'es de retour ! Et le patron : Alors la vacancière, le pays va bien ? En moins de temps qu'il n'en faut pour changer un fût, je suis légèrement pompette vu que j'ai plus l'habitude.

À côté de moi sur la banquette, monamour. En face mon pote. Et là la prise de conscience est sans appel. La relation que j'entretiens avec monamour aujourd'hui n'est pas transposable dans une coloc. J'ai pas envie d'imposer ça à mon pote ; j'ai pas non plus envie de me contraindre vis-à-vis de monamour. Bon ben m'est avis que c'est pas demain la veille que je quitte le quartier.

Puis je reçois un SMS de l'Écrivain qui a des choses à me faire lire. Ça tu vois c'est une excellente nouvelle (d'accord j'en sais rien je l'ai pas encore lue). Et des SMS du Chanteur. Pas celui sur scène non, celui dans la salle, celui-là même qui gère la programmation musicale du lieu, celui que son groupe il est bon, celui que la première fois qu'on s'est vu nos regards se sont bien entendus, celui qui me fait de l'oeil depuis un peu longtemps mais toujours dans le respect des forces en présence. Et ce soir il balance du SMS : Si je te regarde...c'est juste parce que j'aime te regarder...Alors je réponds un truc comme quoi moi je vais peut-être arrêter de soutenir son regard, avec un jeu de mot trop drôle où je case le nom de son groupe. Ah non, j'hésitais même à te demander de me kidnapper, alors n'arrête pas Puis : Je vais me mettre en évidence

Eh non. Une inspiration comme ça, du plomb dans la tête, que sais-je...je pense qu'il vaut mieux que j'évite de me disperser. Devenir raisonnable, cette idée folle me semble bonne. C'est ce moment que choisit le charmant charmeur chilien pour débarquer. Sur la terre de mes ancêtres, après un message pour fêter Valentin, j'avais reçu : Kan eske tu rentres !? Tu me mank !!! J'avais pas répondu. Depuis mon retour je sais bien qu'on va se croiser un jour ou l'autre, que c'est pas correct ce silence radio...En même temps je me vois mal envoyer un message du style : je suis rentrée mais je veux pas te voir. Je veux pas non plus téléphoner (peur du dérapage ?). Bref, Ada dans toute la splendeur de sa lâcheté. Et là, tandis que je bizoute monamour, il débarque, nous salue, se pose au comptoir et m'envoie : Té akompagnée, jvé pas tembété. Bonne soirée ! Jsuis heureux de t'avoir croizé.

À 8h29 ce matin, je ne réponds pas au numéro privé. Mais j'écoute le message. C'est l'extrait d'une chanson qu'on kiffe tous les deux, ça dit ♫ sometimes I feel so happy...sometimes I feel so sad...sometimes I feel so happy, but mostly you just make me mad, baby you just make me mad ♫

Imagine deux secondes la situation inverse. Tu crois que j'aurais aimé ? Tu crois que j'aurais eu cette réaction ? J'en sais rien...Mais j'ai beau me chercher des excuses, j'en trouve pas. et c'est pas glorieux, on est bien d'accord.

lundi 19 février 2007

♫ La terre de tes ancêtres n'est plus qu'un souvenir ♫

Bon ben je reviens. De loin.

Alors déjà, faut que je te dise, il a pas plu. Pas une goutte. Du bel et bon soleil tout le temps. Du coup Ada a bronzé, t'es content ? Moi je sais pas trop. Enfin si bien sûr, je suis ravie d'être bronzée ; t'es quand même au courant que c'est mon unique préoccupation dans la vie. Et puis je voulais pas que tu sois trop dépaysé. T'imagines je pars en vacances et je rentre même pas bronzée ? Tu supporterais pas...Je suis partagée entre la joie des retrouvailles (devine avec qui) et la peine des séparations.

Y a eu des hauts et des bas. Un soir (pas de pluie non puisque je te le dis) de loose, j'ai hésité entre me bourrer la gueule, emballer un beau gosse ou encore te raconter mes malheurs...Au final je suis allée me coucher. Au risque de te surprendre, sache que ce voyage a été sobre et chaste. Ah, alors, ça rigole moins hein ? Mais attention : très très hauts les hauts. Vertigineux. L'équilibre entre le rire et les larmes a été scrupuleusement respecté, chacun a eu son temps de parole, le CSA peut dormir sur ses deux oreilles.

Je suis allée bien au-delà de mes espérances. J'ai maigri (non mais crois pas non plus que je sois partie faire un régime). J'ai maigri oui, et pourtant j'en ai bouffé des kilomètres, regarde : Hà Nôi, Vinh Ha Long (bon il manque des accents mais je sais pas comment on fait. Je pourrais aussi te dire plus simplement "baie d'Along". Eh ben non), Hà Nôi (oui encore), Vinh (pas Ha Long cette fois, une autre), Huê, Hôi An, Nha Trang, Dà Lat, Sài Gòn, Ben Tre, Sài Gòn. J'ai perdu quelques kilos. Mais j'ai gagné mon histoire.

Laisse-moi le temps d'assimiler, puis je te raconte.

vendredi 26 janvier 2007

♫ De Ca Mau à Lao Cai ♫

Alors t'emballe pas, il va rien se passer de spécial dans cet article, en tout cas rien que tu ne saches déjà plus ou moins. Mais bon je fais l'effort, bien que me trouvant présentement en service public, et au risque de me griller auprès de mes collègues, je fais l'effort donc de te dire au revoir. Parce que t'es sympa quand même.

J'emmène mon K-way orange vu qu'il pleut toujours un peu sous ces latitudes semi voire complètement tropicales. Je prends aussi le routard pour bien tailler la route. Et mes maigres notions de la langue...Ouais ben j'ai pas eu beaucoup de cours je te ferai dire. Non mais grâce au manuel de conversation courante, je sais dire : Je ne ferai rien sans préservatif...Plus fort...Moins vite...C'était fougueux...La base quoi.

L'excitation est à son comble. Non parce que, tu n'en as peut-être pas conscience, avec la légèreté qui te caractérise, mais c'est un peu le voyage de ma vie, les racines, les ancêtres...L'identité, n'ayons pas peur des mots.

Bon allez c'est pas tout ça...l'heure c'est l'heure...Je reviens vers le 19 février. Essaye de pas trop pleurer le soir et gaffe à tes os. Moi ♫ y a l'avion à Roissy qui [m]'attend pour le Sabaïland ♫

mercredi 24 janvier 2007

Profession de foi

Écoute je suis débordée comme jamais. Pas facile de voir tous les camarades, amis et apparentés avant le départ pour la terre de mes ancêtres. Pourtant je vais pas m'absenter très longtemps, c'est un petit voyage toutce qu'il y a de règlementaire. Mais faut croire que c'est une tradition, avant les vacances on se dit au revoir. Du coup mon agenda est trop petit pour que j'y inscrive tous les rendez-vous et je me suis encore couchée à pas d'heure hier. Sans compter que j'ai bu du whisky (en plus du reste je veux dire). Alors aujourd'hui c'est service minimal (estime-toi heureux que je ne sois pas en grève).

Ça se passe dans mon lit. Ça part de la différence entre un curé et un abbé...Aucun rapport...enfin si, évidemment, ça tourne autour du religieux, c'est sûr...Bon si tu parles du voeu de chasteté, dans ce cas non, pas de rapport, c'est interdit...Quoique des fois hein...Enfin bon je voudrais pas parler sans savoir...Sauf que j'ai connu un curé qui avait une compagne...Donc je répète, des fois hein y a rapport...grand bien leur fasse...Non ce que je voulais dire c'est que si on parlait d'abbé, aucun rapport avec Pierre, il était encore vivant, plus pour très longtemps mais bon, on pensait pas du tout à lui (comme quoi j'ai peut-être un truc à creuser du côté de la voyance) (non bon d'accord).

Ada : Je suis sûre que tu aurais fait un excellent prêtre.

Monamour : Ah ben moi j'aurais préféré être évêque.

Ada : Ça gagne plus ?

Monamour : Je pense...Mais c'est surtout parce qu'on m'aurait appelé Monseigneur (il faut savoir que monamour, étant petit, avait des ambitions à tendance mégalomaniaque, il voulait devenir Alexandre le Grand ou César, selon les jours...ou alors astronaute, pour conquérir d'autres mondes) (moi ça me va, du moment que je peux rester la belle du monseigneur). Ça claque hein monseigneur...

Ada : Ah ouais ! Avec la crosse et la mitre t'aurais eu fière allure...

Monamour : Oui j'aurais porté la robe là...

Ada : Et t'aurais fait des messes de folie parce que t'es hyper bon orateur.

Monamour : Tu sais que j'y ai pensé un moment. Je me disais : est-ce que je travaille dans la société ou hors de la société ?

Ada : Comment ça hors de la société ?

Monamour : Ben au Club Méd par exemple. Ou prêtre...

Ada : Et pourquoi tu l'as pas fait au final ?

Monamour : Je crois pas en Dieu.

lundi 22 janvier 2007

♫ Comme la vague irrésolue ♫

T'as remarqué qu'en ce moment il fait beau tous les dimanches ? (à Paris s'entend), eh bien ça n'a rien à voir avec le sujet qui nous occupe aujourd'hui.

Vendredi, après une première partie de soirée avec ses amis, j'amène monamour au nouveau bar où on rejoint mon pote. Ben ouais, faut que tout le monde s'habitue à la nouvelle configuration. Chez moi la nuit est bonne et donc, quand, à 7h du mat, je reçois : Ouktusoi koiktuface...je pense à toi ! Demain é un nouveau jour é cé avec toi kjé envie...tu te dis que bon, je vais pas répondre. On ne peut rien te cacher. Par contre je mets un petit bout de temps à retrouver le sommeil, d'autant que ça bipe à nouveau : il é tôt mé pa tro tard pr se voir ! J'imagine le charmant charmeur chilien sur sa voie de chemins de fer (une voie de garage objectivement, mais les voyages forment la jeunesse à ce qu'il paraît). Monamour, lui, ne bronche pas.

Après le petit déjeuner et son départ, voilà que ça bipe encore : Le silence é un dialogue...Jte souhaite pleins dbonnes choses. Il est doué pour la synthèse le charmant. Je lis tu sais quoi, la journée file et quand je sors du cinéma, mon portable affiche : Jvais boire un verre avec XXX. Kestufé ? J'étais au ciné, je rentre chez moi (note bien que je me contente de répondre à la question, ni plus ni moins) Et kestuvefèr ? Je sais pas trop, t'es où toi ? (bon, ça prend une tournure un peu périlleuse hein) Dans la rue. On peut se retrouver chez moi stv !? Ok (et voilà...)

On n'a pas le temps d'atteindre le lit, le futon fait très bien l'affaire. Feu de l'action aidant, on se rend compte assez tard que les voisins peuvent profiter du spectacle...Mais y a pas eu de plainte. Faut dire qu'on assure aussi, cette fois encore nous nous surpassons en prouesses gymnastiques et rythmiques. Au point qu'on se dit que ça fait pas mal, de se faire du bien certes, mais aussi de se voir moins souvent.

Puis nous sortons prendre un verre au nouveau bar avant que je ne retrouve monamour. L'heure tourne et on se refroidit pas, y a un micro-climat je sais pas...Je suis limite à la bourre alors on opte pour une petite session dans le hall de son immeuble (pipe et boîte aux lettres, un nouveau regard sur le monde), mais, ne portant pas de jupe (ben oui, j'avais pas prévu de me faire trousser au coin de la rue par ce temps pluvieux) nous nous voyons dans l'obligation de remonter chez lui pour un travail plus en profondeur. Inutile que je te raconte, déjà c'est pas racontable, et puis j'ai pas les mots tellement c'est au-delà (si tu crois que c'est facile...t'as qu'à voir dans les livres (les bons hein) : la scène de cul c'est un peu comme le chef d'oeuvre du compagnon artisan). Quand nous émergeons, plus de doute, je suis très en retard...

Remercions nos amis du métro qui nous offrent un sursis le samedi soir, ce qui me permet de finalement retrouver monamour. En aucune manière je n'éprouve de sentiment de culpabilité vis-à-vis de lui. Crois-tu que ce soit normal ? Ou bien mon inconscient ne suivrait-il pas un chemin tortueux qui l'amènerait à ce magnifique sophisme : puisqu'il n'y a pas culpabilité, il n'y a pas faute ? En tout cas j'ai bien fait de rien te dire la dernière fois à propos de la fidélité...franchement je regrette pas.

vendredi 19 janvier 2007

♫ Et je soupire sur les qui suis-je, sans négliger l'épisode où vais-je ♫

C'est comme qui dirait la révolution.

Depuis plusieurs jours, je suis d'une productivité au taff, tu peux pas imaginer. Genre mon chef de service débarque dans le bureau, en totale panique (rien que de très normal, mon chef de service est toujours dans tous ses états, sauf en réunion, où il s'écoute parler et là il kiffe) : Ada voici l'article de XXX, on est hyper charrette, moi j'ai pas le temps de m'en occuper, il faut trouver cinq illustrations pour ce soir, c'est très urgent. Mais bien sûr, pas de souci. Ou alors : Ada, y a une demande de la présidence (pas de la République, faut pas trop m'en demander non plus) on cherche une photo de Machin, dans le journal Truc ou peut-être dans le journal Bidule, à moins que ce ne soit ni l'un ni l'autre, on sait pas trop et on n'a pas la date précise, ça tourne autour du voyage de de Gaulle en URSS, et vite, parce qu'ils le demandent aujourd'hui pour hier évidemment. Aucun problème, tout le plaisir est pour moi, même pas je râle. Contrairement aux apparences, je ne travaille pas dans une rédaction et je ne suis pas éditeur photo, comme quoi je pourrais rechigner quand même. Eh ben non, souriante la fille.

Depuis plusieurs séances je suis une analysante exemplaire. Limite dans une de ses prochaines communications à la profession, l'analyste pourra citer mon cas et s'en glorifier. Hop j'arrive, hop je m'allonge, tout en légèreté, je plonge dans le sac de noeuds et quand je me lève, c'est nettement moins emmêlé. Tu pourrais croire que ça n'a rien d'exceptionnel, eh bien pas du tout, des fois c'est même plus un sac de noeuds, c'est un truc tellement informe que tu sais pas par quel bout le saisir (noeuds et bout...je te dispense d'associer librement, ça c'est bon pour le divan, tiens-toi un peu que diable) (tirer par la) (bon tu vois c'est moi qui m'égare après). Exemple très récent : si je n'ai jamais voulu enseigner (malgré une aptitude certaine à la pédagogie) c'est pour une sombre histoire de chocolats...Eh ouais. Ça t'en bouche un coin hein ?

Depuis une semaine (prépare-toi psychologiquement à un événement époustouflant, j'ai peur que le choc soit rude, tu devrais respirer par le ventre, sois fort je t'en prie) depuis une semaine donc je n'ai pas bu d'alcool...Mmm, je t'avais prévenu. Pourquoi, pourquoi, j'en sais rien moi pourquoi, que veux-tu que je te dise ? J'ai pas envie, ça te va comme réponse ? Une semaine...Truc de ouf. C'est une phase totalement inédite dans ma vie d'alcoolique mondaine.

Si je te dis que depuis cinq jours je suis fidèle, tu vas encore te foutre de ma gueule et t'auras pas tort, c'est un peu ridicule. Bon du coup je te le dis pas, tant pis pour toi. Non mais c'est pas plus mal en fait, parce que si je te le dis et que je flanche, j'aurais l'air de quoi ? T'as raison, vaut mieux que tu saches pas...

Alors que se passe-t-il au juste ?

On va procéder par élimination. Déjà je suis pas enceinte. On dirait pourtant (transparence psychique, arrêt des toxiques) mais je répète, je suis pas enceinte. Ensuite je suis pas en loose. Les symptômes sont bien là pourtant (travail acharné, investissement maximal sur le divan) mais je répète, je suis pas en loose. Bon...ben j'ai plus des masses d'idées là...

Histoire que tu te fasses pas trop de bile, je te rappelle que dans tout bientôt c'est le week-end et qu'il est possible que je prenne l'apéro quelque part (mais je boirai peut-être une limonade, rien n'est encore gagné). Dans tous les cas, et ça, ça va te sortir de ton désarroi, premièrement une, j'arrive encore à la bourre ; de deux, même si on fait tout pour nous en empêcher, je continue à fumer ; last but not least, je suis toujours inscrite au festival de la baise...(t'as eu chaud hein ?)

mercredi 17 janvier 2007

Lis tes ratures

Parfois le soir, après l'amour (ou le contraire) et avant de dormir, au lieu de regarder la télé que j'ai pas, je fais la lecture à monamour (et crois-moi que ça me change. C'est pas avec le charmant que je pouvais avoir ce genre de plaisir). Puis ça donne lieu à des réflexions profondes et intelligentes.

Monamour : Tu crois que t'aurais pu être pontonnier de la Bérézina ? Trois jours dans la flotte...

Ada : Tu penses, j'aurais pas été assez résistante.

Monamour : Les gars qui rentraient au bercail à pied dans la neige...

Ada : P't'être ils trouvaient un peu d'aide auprès de la population, tu m'files un peu de soupe ?

Monamour : Ouais on vous a envahis mais on est tous chrétien merde

Ada : En plus j'ai plus d'orteils j'te rappelle

Monamour : Je me vois vraiment pas rentrer à pied de Russie, qui plus est en béquilles...

Ada : Oh ben t'inquiète, t'aurais fait des pauses...

(...)

(les points de suspension à l'intérieur de parenthèses, ça veut dire que le dialogue s'arrête et qu'on rit) (non mais je précise, des fois que toi tu trouves pas ça drôle, sens-toi libre)

Monamour : Ça fait comment de mourir de froid tu crois ?

Ada : Je crois que c'est atroce.

Monamour : Ils s'enfouissaient peut-être dans la neige pour se protéger.

Ada : En même temps, vu les températures, même en gagnant quelques degrés, ça restait tendu...

Monamour : Ouais, passer de moins 20 à moins 10...

Ada : Surtout que moins 10, ça fait tôt quand même

(...)

Alors, t'as deviné ? Bon allez je t'aide un peu : sachant qu'on a chacun son bouquin ; sachant qu'il y a un Balzac, un Zola et un Zweig...lequel est celui d'Ada ? lequel celui de monamour ? lequel celui qu'on lit en commun ? T'es gentil tu donnes le titre aussi hein.

lundi 15 janvier 2007

♫ Tu es la tombe et moi l'épitaphe ♫

Tu vas peut-être penser que je suis sexiste (alors qu'en fait je suis juste obsédée sexuelle), tant pis.


Avec un paquet de SMS du genre : J'ai la crèv (mal à la gorge) mé si tu tréveilles dan la soiré (je te dispense de toute remarque relative à cette information, je dors quand je veux ok ?) kta faim ou envie de câlin, rejoin moa ! auquel je réponds par exemple : mange plein de miel pour ta gorge, ce qui amène : C toi mon miel...je tiens bon un jour, deux jours, trois jours, puis je dois bien avouer que je cède. Lâchement.

Dimanche vers 13h, après le tai chi et alors que je viens de croiser mon pote qui sors de chez sa belle, je débarque chez le charmant charmeur chilien avec le petit déjeuner. Durant les quelques heures qu'on passe ensemble, comment te dire, je le vois dans le rôle de la fille et moi dans celui du mec. Exemples :

Coquetterie. Quand j'arrive, il sort de la salle de bain, rasé de frais, alors que moi j'ai même pas pris une doiche après mon exercice (d'accord pas hyper violent mais quand même) physique hebdomadaire.

Demande de tendresse. Il quémande un bonjour. Va pas croire que je suis malpolie, évidemment que je dis bonjour. Mais lui il veut un bisou. Il me tend ses lèvres, j'y pose mon doigt.

Rappel des rituels (un peu comme le coup du sondage). Sur le futon, il regarde par la fenêtre en disant : Oh il vole bien ce pigeon...Fut un temps, le premier de nous deux qui repérait un pigeon dans le ciel se devait de sortir cette phrase (bon écoute les amoureux passent aussi par des âges ingrats, et nous ça nous faisait rire, je sais bien que toi non mais c'est le même tarif non mais).

Offre de tendresse. Là encore je cède. De mémoire d'Ada, confirmée par celle du charmant, nous n'avons jamais atteint de tels sommets lors de nos séances au pieu. Il se pourrait que plus mes sentiments s'estompent, plus mes sensations s'aiguisent...

La question qui tue. Après l'amour, dans le lit : Tu m'aimes ? Bien sûr c'est dit de façon légère, mais ça n'en appelle pas moins une réponse. Alors je noie le poisson, toujours aussi lâchement, dans une envolée cynique où j'anticipe par : et après tu vas me dire que je t'aime pas vraiment, vu que c'est toi qui poses la question et que je le dis pas spontanément...

Attentions quasi maternelles. Je te prépare quelque chose ? t'as pas froid ? tu veux prendre un bain ? repose-toi...

Psychologie intuitive. Comme il caresse ma main, je me mets à pianoter contre ses doigts : ah dès que ça devient tendre, tu fuis...

La phase je-ne-suis-pas-un objet. Comme je veux tracer : alors toi y a que le sexe qui t'intéresse avec moi...on pourrait sortir, faire des choses ensemble...

Difficulté à s'extirper de la fusion. Oh non ne pars pas tout de suite...

Jalousie. Tu dois retrouver un autre mec, c'est ça hein ? c'est ça ?

De mon côté je me rappelle nos regards croisés, dans le bar en bas ; je me souviens d'un coucher de soleil observé depuis un banc public de la place d'Italie où on parlait même plus tellement on était bien ; je me rappelle combien on pouvait s'extasier (bêtement, aveuglément, passionnément, choisis) l'un de l'autre. Aujourd'hui, encore et toujours, nos peaux s'appellent (ou alors je confonds ? Nos peaux, ça pèle ?). Et puis ?

Non mais un deuil ça se fait pas en deux deux je te signale.

vendredi 12 janvier 2007

♫ It doesn't matter if we all die ♫

Le charmant charmeur chilien ne se sert de son téléphone portable que pour envoyer des SMS ; d'ailleurs il a acquis une certaine expérience dans l'art de l'expression phonétique. Mais, tiens-toi bien, voilà t-y pas que je reçois, de sa part, et deux jours consécutifs qui plus est, des messages vocaux...

La première fois je sors du cinéma. Ada c'est moi (...) Appelle-moi quand t'as le message, appelle-moi d'accord ? Ben non pas d'accord, j'ai rendez-vous avec monamour. Je l'informe donc par texto que je le contacte le lendemain.

Le lendemain, superbe acte manqué : j'oublie mon téléphone chez moi. Quand je rentre, j'ai son second message : Bonjour mademoiselle, c'est pour un sondage (bon là il faut que je te dise que chaque fois que je l'appelais, systématiquement, à tous les coups, je commençais par Bonjour Monsieur, c'est pour un sondage, et lui il répondait Oh oui mademoiselle, sondez-moi, sondez-moi)...je voudrais savoir ce que vous faites ce soir. Sachez que mon portable reste en attente d'un éventuel appel de votre part. Il est tard, je renvoie donc un texto explicatif en promettant que j'appelle le lendemain, cette fois de façon certaine.

Le lendemain du lendemain (surlendemain, oui je sais). Quand je compose son numéro, ça sonne trois fois puis répondeur. Ne sachant s'il me zappe ou si c'est un bug de la machine, je lui dis que je vais boire un verre avec mon pote au nouveau bar. Là-bas monamour appelle. Nous prenons rendez-vous pour finir la soirée ensemble. Et donc je rappelle le charmant : je vais pas rester, on pourra pas se voir. Mais répondeur toujours. deux secondes après, SMS : J'ariv o nouveau bar.

Ah. Merde alors. Bon. Il arrive, avec quelques centilitres d'avance sur nous et annonce qu'il a perdu un être cher, comme on dit et comme ça m'est arrivé y a quelques mois mais c'est pas le même tu t'en doutes. On trinque à la santé des disparus, je culpabilise un brin de ne pas être disponible très longtemps, alors je diffère mon départ au maximum. Mais faut y aller. Mes priorités ont changé. Il me dit Vas-y, t'inquiète pas, vis tes amours.

Le lendemain du lendemain du lendemain (ah tu fais moins ton malin là), SMS : Le pingouin me mank bocou...Prends bien soin de lui. Nourris le bien et fé lui une toilette ! je l'embrasse fort.

M'est avis qu'il va faire deux deuils en un (remarque, ça vaut aussi pour moi)...C'est la chienne de vie.

(Devine ce que je mange ce soir ? Indice : monamour et moi sommes invités chez des amis communs)

mercredi 10 janvier 2007

♫ Meat is murder ♫

Bon ben les béquilles forcément c'est pas l'idéal pour les grandes virées rock'n'roll. Et puis comme monamour a l'air décidé à me voir le plus souvent possible, je vais pas non plus faire ma blasée. Alors tant qu'il boîte, je veux bien assurer le gîte et le couvert. Mais y a des limites. Non parce que ménagère de moins de cinquante ans je peux pas, j'en ai 83 je te rappelle.

D'abord je fais une tartiflette, ça c'est facile. T'empiles tout bien les machins, zou au four, pas de souci. Et je sais pas si je t'ai dit, mais monamour tu lui files une marmite de fromage fondu et il est heureux.

L'hiver pas dernier mais celui d'avant, 2004-2005 quoi (oui bon ben hé, laisse-moi le temps de compter aussi), c'était le festival de la raclette. Il avait emprunté l'appareil d'un ami et c'était chez moi que ça se passait, avec tous les potes vu que c'est trop convivial la raclette...Et sans mentir, il se passait pas un week-end sans. À la longue je mangeais que les cornichons et les pommes de terre (moi c'est une marmite de patates qui fait mon bonheur) (comme quoi on est complémentaire hein)...jusqu'à ce que l'ami le prenne par les sentiments tu sais, j'ai une petite fille, elle adore la raclette, elle en a tellement envie, c'est bientôt l'été là...et que monamour consente enfin à restituer l'appareil.

Après (non mais pas le même jour, déconne pas) on commande une pizza, enfin moi je mange un truc à base de carottes, de riz, d'échalotes (cuisinés maison, je sais pas si t'imagines) et lui il appelle le livreur parce que dès qu'il y a des légumes il a peur (c'est moi qui lui ai appris ce qu'est une aubergine) (mais ça commence à rentrer. La preuve : il s'est inscrit sur les listes électorales. D'accord ça n'a rien à voir mais c'est pour dire). Et devine à quoi la pizza ? Tartiflette. Oui ils font ça maintenant, on aura tout vu...

Puis on se fait une fondue savoyarde. Ben ouais, c'est de saison merde, on va pas rater le coche. Ça va qu'y a du vin blanc...

Un beau jour, la convalescence étant en bonne voie, je le prie de bien vouloir faire les courses pour son petit déj. Monamour commence toujours sa journée par un saladier (ou une cocotte-minute, ou un chaudron, peu importe) de lait chaud, avec des céréales et puis du miel ou du chocolat, selon les stocks disponibles. Tous les jours, tu m'entends ? invariablement, depuis...pfiou. Bon. Et c'est moi, vu son handicap temporaire, qui verse le lait dans la casserole et qui le sers, pour lui éviter des déplacements tu vois ? C'est pas grand chose mais tu peux dire que je suis sympa quand même.

Sauf que ce jour-là, qu'est-ce qu'il ramène ? Du lait et des céréales ? Non. Des oeufs et du bacon. J'ai pensé que ça changerait un peu. Voilà, l'exception qui confirme la règle, il choisit de la vivre avec moi dans le rôle de la cuisinière...

Non mais bon je critique pas. Chacun ses goûts. Je dis juste qu'à force d'entasser les prisonniers comme de la viande, faut pas s'étonner qu'après ils confondent. C'est tout. De toute façon bientôt je vais bouffer du chien.

lundi 8 janvier 2007

Sortez les violons

Si je te dis que je suis pas une sainte et que je m'appelle pas Antoine, je ne t'apprends rien. Eh ben figure-toi que, malgré tout, c'est pas les tentations qui manquent.


Tentation 1. Vendredi je reçois ça : Jsuis en rut ! Comme je suis au taff, je me limite à : Mmmm, ça ouvre des perspectives intéressantes...Plus tard au nouveau bar : T priz ce soir ? Ben oui...(je prends l'apéro avec mon pote avant de retrouver monamour). Bon...À demain ptèt. Domage jmété rasé. Bonne soirée (beau joueur le charmant quand même) (mais il est pas violoniste).

Tentation 2. La soirée avec monamour se passe on ne peut mieux (son genou s'assouplit, à toi d'imaginer le reste). Vers deux heures du mat, SMS non identifié : Salut c un peu brut (ben salut c'est surtout une formule de politesse un peu familière mais tout à fait convenable) tu fais quoi copine ? (je dors) On est à deux, on voulait savoir, même fatiguée et que tu te réveilles, de passer un moment intense ensemble, viens allez ! Ouh là c'est quoi c't'affaire ? Je n'ai aucune idée de qui ça peut être. En revanche je saisis parfaitement le message : on me propose une partouze en bonne et due forme. Bon. Puis : Ça serait sympa que tu répondes même si c un peu le délire, dis un truc, bisous quand même. Ça insiste en plus. Alors je fais un effort : 1 truc (je suis pas la dernière pour rigoler t'as vu ?) ou plutôt 2 : je dors...c'est qui ? C Bernard et Bianca et on a envie de délirer avec toi voilà.

Bernard et Bianca...un couple du quartier. Combien de fois Bernard m'a-t-il dit : Tu sais que je ferais bien un gros câlin avec toi ? Combien de fois Bianca m'a-t-elle dit : Tu sais Bernard parle beaucoup mais les actes ne suivent pas...? Et voilà qu'en pleine nuit, visiblement un peu attaqués, leur prend l'envie d'un plan à plusieurs, si c'est pas mimi, et ils pensent à moi comme troisième violon.

Ça commence à faire là non ? Un peu d'exercice pour sublimer tout ça ? Dimanche matin, à l'heure où d'habitude je m'en paye une grasse, séance de tai chi chuan, avec la grande dame, dans le parc du coin. Il fait beau, c'est la teuf. Et vas-y que j'empile mes vertèbres, que je brosse mes genoux, que je descends mon centre de gravité. Bon je débute hein, alors le coup de pied du lotus ou l'aiguille au fond de la mer, je maîtrise pas bien encore. Mais y a une figure qui m'attire, ça s'appelle jouer du violon...

Ah oui tiens, j'allais oublier, y a un film magnifique à l'affiche, depuis que j'en suis sortie je me dis que oui, il y a encore de la musique, mais la route est longue...ça serait dommage que tu le rates, enfin bon c'est toi qui vois (oui, c'est une bonne idée, vois-le donc). Je te laisse deviner le titre mmm ok ? on fait comme ça ?

vendredi 5 janvier 2007

♫ Ça fait crac, ça fait pschtt ♫

Fuis-moi je te suis, suis-moi je te fuis, forcément tu connais. Cet Ada-je fonctionne très bien sur moi. Mais pas que.

La dernière fois, chez le charmant charmeur chilien, je reçois trois coups de fil à l'enchaîné. Primo, mon pote, ça c'est facile : je passe la soirée avec le charmant, à plus. Secundo, le gars à la guitare, ça se gère pas trop mal : non pas ce soir. Tertio, monamour, là faut assurer : oui je suis chez moi (regard amusé du charmant) (eh ben oui prise en flag de mensonge éhonté) mais c'est mieux demain.

Le charmant est admiratif devant le nombre de mes prétendants : non ! ne me dis pas qu'il s'agit de deux mecs différents !? c'est le même qui a appelé deux fois ! Eh non mon ami, y en a bien deux. Pas possible !? Dis donc, qu'est-ce que t'assures toi ! Mmm, j'aurais pas dit ça comme ça, mais pourquoi pas, oui, j'assure, admettons.

La soirée se déroule tant bien que mal. Faut dire que j'ai atteint des sommets dans l'éloignement, ce qui m'est gentiment reproché. On fait l'amour presque violemment, comme s'il voulait me faire mal.

Le surlendemain : Coucou ! Tu pars kan ? Jespère kon pourra svoir avant ktu partes ?! Le charmant s'inquiète de mon voyage sur la terre de mes ancêtres. Puis : Bip moi kan tu ve kon svoa. Ta un emploi du temps plu chargé ke moi. A tré vite ! Tu apprécieras l'allusion quasi neutre, genre constat sans appel mais sans jugement non plus, au fait que je sois prise (c'est le cas de le dire). Moi, si ça t'ennuie pas, je me penche plus sur l'urgence impatiente de la formule finale. Il voudrait conserver une petite place que ça m'étonnerait pas...

Le problème c'est que monamour a pris du poids (que veux-tu, c'est les fêtes) (ouais trop la teuf !). Et même si, me connaissant, les bavures et dérapages restent encore possibles...je vais m'efforcer d'être fidèle (oui ben c'est bon hein, tu peux arrêter de ricaner...des fois j'arrive à l'heure au taff et des fois je suis fidèle. Si). Alors pendant que tu sais qui a conquis de haute lutte sa place sur la première marche du podium (et on l'appaludit bien fort), le charmant s'éveille un peu inquiet tandis que le gars à la guitare se renseigne : Tu dors ?

jeudi 4 janvier 2007

Grand corps pas trop malade

Allez, maintenant j't'explique pourquoi il part pas en courant quand je passe la douane en déclarant ma flamme : il a des béquilles...Ouais, petit problème de genou suite à un séjour à la montagne. Alors moi, pas folle, j'en profite. Faut savoir saisir les opportunités. Sinon tu penses bien qu'il serait déjà loin...

Mais bon ça n'a pas que des avantages les béquilles. Il est propriétaire d'un studio qu'il loue aux vacanciers de passage. Jusque là, tu vas me dire, c'est pas un inconvénient, au contraire. Mais quand tu sais que ce studio est sis au sixième étage d'un immeuble sans ascenseur, tu comprends mieux ma douleur. Pauvre monamour (bon ça c'est un peu téméraire comme terminologie, mais je suis une guerrière ou quoi ?) qui peut tout de même pas s'infliger ce supplice, tout handicapé qu'il est...Et voici donc Ada dans le rôle de l'hôtesse. Trop la classe à Dallas.

Samedi je me pointe à midi (je te laisse imaginer dans quel état) (pire). Ils sont pas là, ça commence mal. je dégaine le portable pour déverser mon irritation dans les oreilles de monamour (enfin, à ce moment-là il s'appelait encore ex-monamour, mais on va pas chipoter merci), y a pas de raison qu'il en profite pas merde.

Alors il s'avère que le rencard finalement c'est peut-être midi et demi. Ah oui ? et comment se fait-il que je n'en sois pas informée ? Non parce que, comment dire, il se trouve que, par le plus grand des hasards, j'ai un peu autre chose à foutre que de poireauter sur le palier (dormir dormir dormir, par pitié)...Il remarque perspicacement que je dois être en gueule de bois. Bravo ! vous avez gagné le droit de vous taire. Je descends fumer des clopes en faisant le tour du pâté de maison, il pleut presque pas, eh ben alors, elle est pas belle la vie ?

Quand je remonte, miracle, ils sont arrivés. J'entends qu'on dit derrière la porte C'est elle. Oui c'est moi, oui, et ça va pas traîner les cocos, vous me donnez les clefs, je vous rends la caution et on n'en parle plus.

Pas vraiment non...La petite cherche ses chaussures (faudra qu'on m'explique comment elle peut se retrouver pieds nus alors qu'elle vient tout juste de rentrer). La maman traîne dans la salle de bain. Le papa je sais pas trop, c'est un peu flou...ah si, il commence à entasser leurs affaires. Oh ben mieux vaut tard que jamais hein...C'est pas comme si vous deviez partir là maintenant.

Monamour (eh, ça me fait bizarre, je me demande si vaut pas mieux le renommer carrément) m'avait briefée sur les vérifications d'usage (l'état des lieux si tu préfères) avant restitution du chèque de caution. Mais y aura pas de problème, t'inquiète. Non parce que moi, dans le genre pro, je me sens plus à l'aise en prolétaire qu'en proprio. Et bingo : Il faut qu'on vous dise : les plaques électriques ne fonctionnent pas. À notre arrivée, avec le jeune (là je souris. Monamour est un grand black, donc un jeune hein), ça marchait, mais quand on a voulu s'en servir le lendemain, plus rien.

Première réaction, je compatis : ils ont dû bien se galérer pour la bouffe...Puis je me souviens de mon rôle. Mouais, et je fais quoi alors ? Je prends la petite en otage ? Non allez, ça va pour cette fois, je vous la rends la caution. Et ça se finit que je les aide à charger la voiture, t'y crois à ça ?

Tout ça par amour de monamour tu noteras. Cependant faut regarder du bon côté de la béquille. Dans certaines circonstances je prends le dessus et je me la joue Andromaque, voire mieux, cheval renversé. Le Kâma Sûtra c'est mon dada.

mardi 2 janvier 2007

Tu voeux ou tu voeux pas ?

Samedi 30 décembre 2006, 17h30. Alors que j'erre dans les rues du quartier, la gueule de bois en bandoulière, en quête de provisions pour le réveillon du lendemain, une ombre me frôle : c'est le gars à la guitare. Quelle surprise ! (ouais on est voisin, et alors ? On peut bien être surpris par les choses prévisibles hein, c'est encore un droit). Pour fêter ça, nous buvons une bière au nouveau bar. Extrait choisi :

Ada : Tu aimes Proust ?

Gars à la guitare : Non.

Ada : Pourquoi ?

Gars à la guitare : J'aime pas les madeleines.

Ada : Mais y a pas que ça dans Proust.

Gars à la guitare : Ouais mais ça gâche tout...

Je ris. Il émaille son discours de Bonne année répétés. Trop tôt.

Dimanche 31 décembre, 19h30. Le téléphone sonne.

Ma copine la serveuse : Ada, excuse-moi de te déranger, tu sais que le charmant chilien doit animer la soirée ? Eh ben il est toujours pas là...On commence à s'inquiéter. Tu pourrais me donner son numéro ?

Un peu plus tard je passe en coup de vent trinquer avec les camarades. Le charmant débarque avec ses platines, l'air très fatigué. On échange quelques mots et je trace.

Lundi 1er janvier 2007, 2h49 : Jte souhaite plein dboneur pr cét nouvelle année ! Plein d'amour ! Tu occupes une place importante dans mon coeur...Cela ma peiné dte croizé kom ça tou a leur. Je ne savé pa ktu été là (il me croyait en vacances). Tu ma manké. Jimagine ke tu doa être akompagné. Ke ta nuit soit douce. Mé si té seul kom moi, ça me fré plaisir ktu passes me voir. Trop tard.

Dimanche 31 décembre 2006, 15h30. Téléphone :

Ex-monamour : Avant qu'on aille faire la teuf chez XXX, tu es chaudement attendue chez mes parents pour l'apéro, et même pour dîner si tu veux.

Ada (ouais trop cool youpi !) : Ok.

Lundi 1er janvier 2007, 0h30, devant le digicode de XXX (attention Ada balance ce qu'elle a sur le coeur) (et crois-moi que j'ai le trac...Mais bon je me lance, advienne que pourra) :

Ada : Je suis contente de commencer cette année avec toi, c'est important pour moi. Parce que moi, ce que je veux, c'est être avec toi, tu comprends ? Tant pis si je me plante. C'est toi que j'aime.

Je le regarde bien dans les yeux et je m'attends à ce qu'il se mette à sprinter en criant Au secours ! Souviens-toi que ça fait plusieurs mois qu'on joue au chat et à la souris, en alternant les rôles histoire de pas s'ennuyer. Alors ce genre de déclaration, je m'en abstenais forcément. Et puis là, allez, prise de risque, j'avance à découvert.

Ex-monamour : Crois-tu que je t'aurais invitée dans ma famille si je ne t'aimais pas ? Ne t'inquiète pas ma mignonne.

Je voudrais pas trop m'avancer mais j'ai bien l'impression qu'à ce moment très précis on est synchro.