vendredi 28 septembre 2007

Dernière station avant l'autoroute

Elle est scotchée à l'écran, ses yeux vitreux lui sortent de la tête qu'elle tient mollement d'une main et moi, pendant ce temps, je vais en profiter pour te lancer un SOS. Parce que là j'en peux plus.

Y a déjà pas mal de temps, j'ai failli publier ce qui précède. Mais évidemment j'ai été interrompue, comme d'habitude. Interrompue par des gémissements, des larmes, des cris et de la morve, non mais je sais pas mouche-toi dans ta manche au moins.

Je croyais même ne plus avoir de compassion. Je me suis blindée comme jamais. Dès qu'elle ouvrait la bouche, je fermais les oreilles. J'acquiesçais (putain il est pas facile à écrire celui-là) vaguement, mmm mmm, je fuyais du regard, j'avais juste envie de lui dire de la boucler.

Non parce qu'au début, c'est vrai, ça fait de la peine. T'arrives au taff, t'as ta collègue kabyle aux tendances suicidaires mondialement reconnues, bon t'essayes d'assurer. Déjà je lui ai sauvé la vie, si on peut dire. J'étais pas obligée je te signale. Je veux dire j'aurais pu choisir de culpabiliser jusqu'à la fin de mes jours. J'aurais très bien pu. Il se trouve que j'ai pas fait dans l'originalité. C'est mon choix. Par contre, là, y a peu, elle m'aurait dit je vais me suicider, j'aurais répondu Ah ben si t'as besoin d'un coup de main, tu peux compter sur moi. Pour te dire à quel point j'en étais arrivée.

Mais bon, au début, tu t'investis, tu racontes des blagues et tout. Quand ça commence à sentir l'alcool dans le bureau, t'as peine à y croire, Oh ben non tu te fais des films arrête...Alors tu te voiles la face, dis donc ils utilisent des détergents vachement parfumés les gens du ménage. Puis quand elle passe son temps à ronfler dans le placard, tu te marres ok, mais tu commences aussi à soupçonner l'embrouille. Soi-disant qu'elle a des migraines. Des gueules de bois ouais.

Après tu trouves des bouteilles de sky sur ta chaise, environ une fois par semaine. Cadeau. Hé, dis, elle essayerait pas d'acheter mon silence des fois ? En plus je les oublie systématiquement les bouteilles, elles sont toutes dans le grand tiroir du bas, à la limite on pourrait croire que c'est moi l'alcoolique.

Je te passe la phase maniaque où elle danse dans le bureau au son d'un raï endiablé, pour en arriver à la phase dépressive où elle trempe mon épaule de ses fluides corporels en hurlant qu'elle est un boulet pour l'humanité (un boulet, certes, mais un boulet lucide, faut reconnaître). Bon ben du coup, comment tu veux que je blogue moi dans ces conditions ? dès que j'ai cinq minutes, je taffe.

Hier, elle arrive vers moi de toute sa masse corporelle, le visage décomposé, les bras ouverts pour que je l'enserre d'une accolade rassurante selon le petit rituel du Non Jeff t'es pas tout seul...Mais va savoir ce qui me passe par la tête, l'envie de mettre un peu de piment dans notre atmosphère délétère, le souci de conserver propres mes cheveux fraîchement shampooinés (tu peux pas acheter des mouchoirs nom d'un chien !), que sais-je encore, toujours est-il que je me raidis tout en énonçant : Tu sais, collègue kabyle, il faudrait que tu arrêtes de boire, ça peut plus durer là...

Immédiatement, les larmes cessent de couler, elle est la stupéfaction incarnée (ou alors elle imite vachement bien) : Mais tu sais ?! comment tu sais ? et y en a d'autres que toi qui savent ? t'en as parlé ? à qui ? quand ? qu'est-ce qu'ils ont dit ? Ouh la, on se calme. Évidemment j'en ai parlé, eh oh tu crois que je fais quoi sur le divan, déjà tu m'empêches de bosser mais en plus tu parasites mon analyse, alors ça va bien hein. Et puis faut bien que je relâche, de temps en temps, que je m'épanche, auprès de personnes de confiance, que je vide mon sac, parce que t'es vraiment un boulet ma pauvre, t'es la première à le dire. Bon ça c'est ce que je pense in petto, et tu sais bien que la parole est beaucoup plus lente, heureusement...Du coup verbalement ça donne : Les gens sont pas bêtes...si je m'en suis aperçue, je suppose qu'eux également, parce que ça se voit, tout simplement. Leçon n°1 : montrer à l'alcoolique qu'on n'est pas dupe, que son manège dissimulateur ne trompe personne. Ceci afin de le confronter à la réalité et tenter (eh ben bon courage) de lui faire admettre le problème.

Réaction : elle appelle son alcoologue. Pas de réponse. Crise de larmes. Je propose de l'accompagner à l'infirmerie. Elle accepte. Mais l'alcoologue rappelle. Incapable de lui parler, elle me le passe. Euh bonjour euh ben je suis une collègue hein et bon (chuchotements) elle est complètement bourrée là, mais rétamée de chez rétamée (oui parce que, pendant la discussion elle a descendu son mug cul sec, et figure-toi que ça sentait plus la vodka-orange que le thé au jasmin) alors bon ben rappelez plus tard ok ? on fait comme ça ? allez au revoir. Coup de fil au mari pour lui avouer la rechute. Et c'est là que je me dis que c'est pas gagné, vu qu'elle annonce deux jours alors que ça fait bien deux mois qu'elle est dans cet état. M'est avis qu'elle est pas tout à fait prête à avancer pour de bon. Mais ça se débloque gentiment, allez on y croit. J'ai droit aussi au mari, vu qu'elle s'allonge par terre les bras en croix (la tête lui tourne à la choupinette) : ne t'inquiète pas mari, elle est pas en train de mettre fin à ses jours, all is under control, je l'emmène à l'infirmerie et je te tiens au courant.

Le trajet jusqu'à l'infirmerie a vraiment été une partie de rigolade, j'te jure, elle tanguait comme un bateau ivre, j'ai eu peur qu'elle gerbe dans les escaliers et on s'est arrêté dix fois pour qu'elle se mouche dans mon cou (ah bordel beurk). On aurait presque pu chanter des chansons paillardes. Elle est prise en charge par le corps médical. Et moi, enfin, je respire.

Je respire tellement bien que j'ai comme des bouffées d'amour pour elle. Ben oui, on s'est toujours bien entendu, elle a pas une histoire facile, elle est cultivée, engagée du côté que j'aime, intéressante, drôle, chaleureuse...C'est marrant comme le jugement se reforme dès qu'on est "débarrassé" des gens. Prends les morts. On en dit jamais du mal, t'as remarqué ?

lundi 24 septembre 2007

Homme, sweet homme

Je suis revenue dans mon quartier.

Non mais pas définitivement hein. Hélas. Enfin je tiens pas spécialement à y habiter à nouveau. Juste, à défaut de les regagner, si je pouvais en avoir, des pénates, ben tu vois, je dirais pas non. Mais c'est une autre histoire dont tu sauras le fin mot en temps et en heure.

Là samedi, je me dirige tranquillement vers le nouveau bar. Je marche sur l'allée centrale du boulevard, comme avant. Au niveau du bar en bas, j'ai une pensée pour tu sais qui mais je regarde droit devant. Je sens qu'on court derrière moi tandis que le téléphone vibre dans ma poche et que je franchis le seuil du tabac. Tout en décrochant je tourne la tête : le charmant charmeur chilien coureur m'attend dehors, ce qui me fait rire dans le téléphone où mon pote s'inquiète de l'heure du rencard et du coup je montre deux doigts au commerçant, qui me fournit aussi sec deux paquets de ma marque favorite. Ah c'est bien, le quartier, on n'a pas besoin de parler pour se comprendre.

Le charmant et moi, on est content de cet heureux hasard, du coup on danse une ronde de la joie ; il dit que ça lui manque de plus entendre mes conneries (oui, je suis très forte en conneries diverses et variées) (mais lui aussi) ; et puis qu'on s'était promis une nuit d'amour mais que je fais rien qu'à dire non ou à pas répondre, alors quand est-ce qu'on se voit ? Ben voilà on s'est vu, que je dis (championne du monde de la connerie crois-moi). Non mais pas comme ça. Ouais mais là je vais au nouveau bar, c'est l'anniversaire du Chanteur et il joue avec son groupe, ça va déchirer. Oui, il sait mais il peut pas y aller, il mixe sur une péniche ce soir. Alors on verra bien ce que la vie nous réserve, je conclue. En tout cas moi je me réserve, qu'il ajoute. Mais viens avec moi, avant qu'on boive un verre, j'ai laissé ma porte ouverte...Ah ah ah, je suis pas analyste mais je me marre.

Au nouveau bar c'est la joie et le bonheur. Y a même la grande dame. On chante et on danse. Le patron paye des coups. Et à la fin on se sustente d'une excellente chorba que c'est pas parce qu'on fait pas ramadan qu'il faut se priver.

lundi 17 septembre 2007

"Dans un mois, dans un an"

C'est dingue comme le temps passe vite. (Oui j'en ai plein comme ça) (attends, laisse-moi réfléchir, oui tiens : on serait mieux en vacances) (ou alors : mouais, ça va comme un lundi) (mon préféré : mais dans quel monde on vit ?) Bien entendu, si tu te trouves présentement en prison ou en maison de retraite, je suis pas sûre d'emporter ta conviction. Mais moi, du fait que je tiens ce blog depuis...ben en fait je sais pas combien vu que j'ai pas compté et que j'ai pas les archives sous la main pour vérifier...mais peu importe...eh bien disons que j'ai des repères temporels liés à cette activité n'est-ce pas ? Je crois que je suis pas claire du tout, c'est pas grave t'as qu'à lire en diagonale.

Parce que le blog, bon ça dépend ce que tu y mets évidemment, si t'exposes les photos de ton voyage au bout de la nuit ou tes mille et une recettes pour accommoder les restes de la semaine passée, non, là ça marche pas vraiment. En revanche, si tu racontes ta vie comme, au hasard, moi...alors là, tu traverses les saisons n'est-ce pas...et en principe, ça suit son cours cyclique, les saisons reviennent ainsi que les événements y afférents. Je dis bien en principe hein, parce que des fois...sans vouloir être vulgaire, avec ce putain d'été pourri là (t'y crois que je suis presque pas bronzée ?)...ouais bon, mauvais exemple les saisons ok. Faut faire gaffe t'as vu, y a des pièges. Le coup des tournois par exemple, méfie-toi mon ami. Le foot a fait place au rugby. Même le mois de Ramadan ça tombe jamais pareil. Ah c'est pas simple...Mais on va y arriver. Prends Noël, la teuf. Ça oui, ça revient tous les ans le même jour. Ou alors, plus simple, ton anniversaire. Bien.

Ce genre d'occasion permet de faire des bilans, de mesurer le chemin parcouru, tout ça. Et aujourd'hui vois-tu, je me revois parfaitement, l'année dernière à la même époque, te rendre compte d'un week-end particulier. J'ai du mal à réaliser tellement j'ai l'impression que c'est encore tout proche. Franchement l'évolution (non parce qu'on va quand même pas s'avancer au point de parler de progression) l'évolution, j'insiste, est flagrante. À l'époque, pas bien stabilisée sentimentalement parlant, je misais sur un charmant charmeur chilien en pensant que la voie monamour s'avèrerait sans issue...alors qu'aujourd'hui je me suis engagée...à rien, attention, commence pas à me stresser...je me suis engagée, à rien donc, mais avec (nuance) ce même monamour. Tu m'aurais demandé : mais ça fait combien de temps ce week-end particulier ? (enfin bon, t'as remarqué que tous mes week-ends sont particuliers bien sûr, c'est façon de parler), tu m'aurais demandé, mais jamais de la vie j'aurais estimé le temps écoulé à 1 an, jamais de la vie. Et pourtant si. Déjà 12 mois.

Enfin c'est pas tout ça, il est peut-être temps de te révéler c'est quoi donc que je te racontais l'année dernière, qui s'est renouvelé récemment et qui déclenche cette prise de conscience. C'est quoi donc donc ? Il s'agit, camarade, de la Fête de l'Huma (ah ben chacun ses repères, que veux-tu). Comme je voudrais pas en faire un marronnier, je ne t'en dirai pas grand-chose. Pour pas trop te souler, j'aimerais mieux, à la manière de Grand corps malade, "m'arrêter d'un coup sec", sauf que bien sûr j'ai pas son talent, excuse-moi par avance si je précise quand même que les Ogres de Barback m'ont enchantée sur toute la ligne, notamment la dernière, en reprenant, de nos chers Bérus, le Salut à toi.

mercredi 5 septembre 2007

"Mon grand appartement"

Les cartons faits, normalement tu peux déménager. Sauf que là tout de suite, de par les fonctions d'agent secret de monamour...bon tu le répètes pas mais ouais, monamour il est agent secret, et franchement le commun des mortels se rend pas compte de ce que ça représente. Enfin moi, en tant que mortelle assez commune, si, hein, je vois à peu près. Disons qu'au niveau de la disponibilité, c'est plutôt flexible. D'ailleurs faudrait peut-être que je me demande pourquoi je m'attache toujours à des gars dans ce genre (oui ben ça va hein, j'ai des pistes, pas la peine de faire ton malin). Tu vois, le gars qui rentre du bureau tous les soirs à 19h30, qui s'installe avec un whisky devant le JT, qui prend un bain moussant d'une durée approximative longue, qui décide de confectionner des lasagnes ricotta-épinards en écoutant un concert de Pau Casals ? Eh ben pas du tout ce genre-là. Non, flexibilité je te dis. Le gars souple quoi (pour ta plus grande satisfaction, soit dit en passant). Qui peut jamais prévoir de quoi demain sera fait, car qui le peut hein ? qui ? Non parce que, je sais pas si t'es au courant, mais les lasagnes aux légumes du soleil, si t'as pas un peu anticipé l'achat des ingrédients, c'est pas à minuit que tu vas trouver une épicerie ouverte, surtout si on est lundi. Alors y a des fois oui, y a des fois non. Et là où c'est original c'est qu'il est même pas normand, tu vas pas le croire, il est antillais. Mais ça n'a rien à voir. Toujours est-il que ça facilite pas la recherche d'un logement.

Ah oui, enfin je veux dire ah non, on n'a pas perdu de vue l'objectif qui est, je te le rappelle, vivre ensemble dans un petit nid d'amour douillet. Mais là les circonstances sont pas favorables au niveau du dégagement de temps en vue de visitation (sache que trouver un logement, c'est mystique). Alors, puisque c'est ainsi, tes cartons, tu les mets dans un garde-meubles. Et après tu squattes un appartement dont le propriétaire est en vacances. Personnellement dans l'idéal, j'aurais choisi un autre quartier, car l'ouest parisien, je sais pas j'aime pas (lien de cause à effet, car finalement, à l'usage, c'est pas si mal, plus je connais, plus j'apprécie, à part les bars, qui laissent tellement à désirer que je les fréquente pas. Enfin bon, c'est pas dans ces quartiers qu'on fait la teuf, je ne t'apprends rien). Et puis quand on te propose, temporairement soit, mais t'en connais beaucoup des choses éternelles toi peut-être ? à part les neiges, et encore, on se foutrait de notre gueule que ça m'étonnerait pas...quand on te propose un appartement libre d'une superficie de 100 mètres carré juste pour toi et tonamour, tu dis oui. Ou alors tu te démerdes. On a dit oui. Et c'est pas désagréable la vue sur la tour Eiffel (dans cet immeuble, les étages ont deux chiffres, enfin sauf les premiers, sois pas stupide, et celui où je loge commence par un 2...), regarde elle a la tête dans les nuages, ah elle clignote, oh elle s'éteint. Et tous ces endroits spécifiquement dédiés à des activités particulières (redondance lourde afin que tu comprennes bien que y a l'endroit où tu cuisines, celui où tu manges, celui où tu dors, celui où tu lis, celui où tu bois l'apéro...Ouais ben j'ai pas l'habitude moi), sans parler de la diversité du décor pour les jeux sexuels en tous genres, ni des méga-teufs que tu peux organiser là-dedans...Autant te dire qu'on s'habitue vite à cette débauche (non d'accord je sais, ça c'est pas nouveau, laisse-moi finir quand même) de luxe (merci).

Toute bonne chose ayant une fin (alors les neiges, hein, qu'on arrête cinq minutes), le propriétaire va revenir, un jour ou l'autre mais prochainement. Cela dit, on a un plan B, dont je te parlerai en temps et en heure. Afin que je puisse conclure de façon originale et tellement drôle, il te suffit pour l'instant de savoir que ce sera un autre appartement squatté. Bien. Allons-y. Attention les yeux (la réverbération, ça je veux bien, ok. Mais déjà faut du soleil, et le soleil ça fait fondre les neiges si tu vois ce que je veux dire...). Je suis donc sans domicile fixe, on est bien d'accord ? Alors bon, comment dire, vous auriez pas un petit deux-pièces, m'sieurs-dames ? c'est pour vivre.

mercredi 29 août 2007

À la recherche du carton qui cartonne

Tu n'es pas sans savoir que l'élément de base pour déménager, c'est le carton. Un appartement où habiter aussi, oui, bien sûr, mais commence pas à m'énerver. Chaque chose en son temps. Donc le carton si tu permets. (Oui je fais des phrases courtes. Quand on commence à m'énerver, je fais des phrases courtes, sache-le). Et le carton figure-toi que ça se trouve dans le commerce. Non mais va pas croire non plus que j'ai acheté des cartons. N'importe quoi. Dans le commerce ok, mais gratuit.

1) Supermarché où je vais jamais.

- Bonjour, c'est possible de récupérer des cartons ?

- Ah c'est vous la dame qui déménage ? Vous êtes venue la semaine dernière c'est ça ?

Bon alors toi tu commences fort. Je veux bien que t'aies 15 ans à tout casser et que tu fasses ton premier petit boulot mais c'est pas une raison pour me traiter de dame hein, je viens tout juste d'avoir 84 ans. Pour la peine je vais dire oui, tiens, allez, je sais très bien que c'est pas moi la dame qui déménage, vu que je suis pas une dame, mais juste pour rigoler...

- Oui oui je déménage (non mais pour rire on te dit, je comptais pas la spolier de ses cartons la dame en question)

- Maman ! C'est la dame qui déménage.

Ouh toi...il te reste plus qu'une vie. Tu répètes encore une fois que je suis une dame et c'est game over.

- Mais non c'est pas elle.

Ben non c'est pas moi. Est-ce que j'ai une gueule de dame franchement ?

2) Supermarché où je vais parfois.

- Bonjour, c'est possible de récupérer des cartons ?

- Ah pas aujourd'hui, le lundi on a rien. Mais bon...

- Et vous êtes livrés quand ?

- Le mardi et le vendredi.

- Ah ben je peux repasser demain alors ?

- Oui...si vous voulez...mais bon...

Mais bon quoi exactement ? Mais bon quoi ? on peut savoir ? J'te jure les gens qui finissent pas leurs phrases, ça me...enfin bref. (Quoi ?)

- Vous pouvez les mettre de côté pour moi ?

- Oh mais vous savez y aura pas grand-chose hein. Mais bon...

Ok on sent que t'as vachement envie de rendre service toi, c'est sympa.

3) Supermarché où je vais souvent. - Bonjour, c'est possible de récupérer des cartons ?

- Mais bien sûr, y en a là, y en a là aussi, servez-vous, choisissez ceux qui vous plaisent !

Eh ben euh...du moment que c'est des cartons, ils me plaisent hein, je suis pas raciste. Mais bon (comme dirait l'autre), si tu y tiens, ceux des lessives sentent bon, disons que j'ai une préférence pour ceux-là.

- Vous voulez que je vous garde ceux de demain ?

J'en ai déduit que mieux vaut s'adresser aux commerces que tu fréquentes. En même temps, cette nana si avenante, c'était la première fois qu'on se voyait.

L'étape suivante c'est mettre en forme tous ces jolis cartons. Avec du gros scotch marron. Très sympa le gros scotch marron, j'adore, en plus j'ai le dévidoir qui dévide trop bien et qui coupe net que même pas t'as besoin de ciseaux. Bon ben là j'en suis à peu près à 200 mètres de gros scotch marron pour te donner une idée de comment je kiffe.

Puis tu remplis. Allègrement. Un fond sonore bérurier sur lequel tu chantes à tue-tête renforce l'efficacité et l'énergie. ♫ Allez allez les tribus du Vietnam ! Allez les Iroquois du macadam ! Géronimo ! GÉ-RO-NI-MO ! oh oh ! Apache ! Apache ! ♫ Allègrement les cartons tu remplis, te dis-je. Mais attention pas avec n'importe quoi. Il te faut de l'application et de la stratégie. Parce que le carton est fourbe, il a vite fait de devenir hyper lourd et après tes amis te maudissent (non parce que toi, déconne pas hein, le jour du déménagement, tu les portes pas les cartons, ben non, toi t'es posté dans l'appart et tu les agences, tu dis Ah ça c'est des livres, pose-le dans le salon...Ça ça doit être le four, la cuisine est par là...Etc, etc...Ça se passe bien comme ça un déménagement non ?)

Pour te donner un exemple, y en un j'ai mis cinq dicos plus la Bible plus la biographie de Mathusalem et, pour équilibrer avec un tant soit peu de légèreté, ce petit mot retrouvé au hasard du bordel ambiant : Paris, le 2 août 2005. Nous soussignés Ada, monamour, pote-de-monamour et nana-de-pote-de-monamour, nous engageons à partir vendredi 5 août 2005 à Vir(e) , en train, dos d'âne, de chèvre ou de Coco de Paris (cochon d'Inde alors en pension chez moi pou cause de vacances de ses maîtres), ou tout moyen de locomotion que nous jugerons bon. Fait pour servir et valoir ce que de droit. Nous nous réservons la possibilité de partir jeudi 4 août 2005, sous réserve que mademoiselle Ada soit libérée de sa mission de service public auprès de l'État français.

Maintenant que j'y pense, j'aurais dû conserver la caisse de whisky qu'on a descendue cette nuit-là, ça aurait pu servir...

lundi 27 août 2007

Saison 1, épisode 102/102

Normalement je devrais pas. Selon les nouvelles règles, je devrais pas. Disons que ce sera l'exception qui les confirme. Parce que là ça ressemble trop à l'épilogue d'une série TV pour que je ne m'autorise pas une petite entorse au règlement, en plus ça parle de fracture.

Samedi dans un bar du quartier, mais un où on va jamais, c'est l'anniversaire de ma copine ex-serveuse du nouveau bar. Mon pote et moi on arrive bien chaud, juste au moment de la bouffe. Nickel, la session apéritive ayant fait son office, je crève la dalle. Et puis le gars qui a mitonné tout ça a assuré, j'aurais bien repris une assiette à la place de la part de gâteau. Mais bon on s'adapte, buvons une bière.

Arrive le gars à la guitare. Pas invité. Par hasard. Depuis le voyage sur la terre de mes ancêtres, j'avais comme qui dirait pas donné suite. On s'était bien croisé sur le boulevard début juillet, et on avait bu des coups mais rien de plus. Et d'ailleurs, maintenant que j'y pense, ce même jour, en terrasse, était également venu s'attabler une personne avec qui j'avais fini la soirée, avec qui on en avait pas seulement bus, on en avait aussi tirés, tu suis ?

Bref ç'aurait pu me mettre la puce à l'oreille car voilà que quelques instants plus tard arrive, toujours pas invité, toujours par hasard, le charmant charmeur chilien. T'avoueras quand même que bon hein ça s'invente pas.

Je me retrouve donc sur la banquette, en face mon pote, de part et d'autre de moi-même, m'encadrant bien serrée, les deux susnommés, à gauche le charmant, à droite la guitare. Une situation comme on les aime, une position confortable, tavernier la même chose.

La gestion du gars à la guitare se fait tout en douceur, tu vas voir.

- Dis Ada, quand est-ce que tu me rends mon livre ? (Pirates et empereurs : le terrorisme international dans le monde actuel, Noam Chomsky)

- Ah oui c'est vrai, ben si tu veux je peux aller le chercher maintenant...

- Oh oui. Oui oui. Mais est-ce que ton nouveau fiancé va te laisser me le rendre ?

- ...Ben oui évidemment.

Là je me dis oh putain les nouvelles vont vite, car quelques jours auparavant, j'ai moi-même fêté mon anniversaire (85 ans) au nouveau bar, c'était aussi une espèce de soirée d'adieu au quartier et j'ai annoncé officiellement mon emménagement prochain avec monamour. Mais c'est pas de ça que me cause le gars à la guitare, j'y suis pas du tout. En fait il est persuadé que mon pote est le nouvel élu. Raté. Et que je l'invite à venir récupérer son livre dans mon pieu. Encore raté. Non mais je parle pas français ou quoi ?

- Dis Ada, tu voudrais pas me caresser la tête ?

- Non.

Précisons que pendant ce temps, de ma gauche, me parviennent des frôlements auxquels je ne réponds pas mais que je ne fais pas cesser.

- Dis Ada, tu voudrais pas me rouler un palot ?

- Non.

- Tu voudras plus jamais me rouler un palot ?

- Non, plus jamais.

Et voilà, exit le gars à la guitare.

Le côté gauche en profite pour se rapprocher encore plus si possible. Et de demander à mon pote : "Ça t'ennuie pas si on sort deux minutes Ada et moi, ça fait longtemps qu'on s'est pas vu, et j'ai une question à lui poser". Je me dis que c'est rapport au blog, vu que, selon son désir, je lui avais passé la plupart des notes le concernant. Il a trouvé ça vachement bien (tu m'étonnes, ça cause de lui, ça l'intéresse), vachement drôle, il a aimé les commentaires aussi et il veut que ça soit publié. Ben voyons. Mais c'est quoi la question ? Nous nous trouvons présentement dans l'encoignure d'une porte et tu te doute bien que y a pas de question hein évidemment y a pas de question, où ai-je la tête ? ah dans son cou t'es sûr ? Mais non, pas d'accord, pas d'accord du tout, que vient faire cette langue dans ma bouche ? je peux savoir ? Dans l'optique de nous offrir une session cage d'escalier, il tente un coup de poker en composant des numéros au hasard sur le digicode. Il va demander au serveur s'il connaît la combinaison. Non. Je préfère.

Quand on retourne dans le bar mon pote est sur le point de se barrer. Ça doit faire longtemps qu'on a disparu. Il reste boire des coups tandis que sous la table se déroulent des manoeuvres et manipulations à caractère excitatoire. Et puis je dis que je vais rentrer, que je vais pas les attendre. Alors le charmant sort du bar et attend que je dise au revoir à tout le monde. Je traîne. Il attend. Ça sert à rien, je suis déterminée à ce que ça serve à rien. Sur le chemin, je luis dis qu'on va pas passer notre vie à se dire au revoir. Oh ben lui il y verrait pas d'inconvénients hein. Mais moi si. Moi je déménage là, avec monamour. On se serre fort. Quand tu penses qu'il suffit d'une peau un peu trop douce pour basculer. Le charmant veut des bisous, des vrais. Mon dernier mot est Non. Et je remonte la rue.

Lui son dernier mot, c'était un SMS : Pötchõ pötchØ ?!

vendredi 17 août 2007

À la recherche d'un appartement pas trop perdu

- Bonjour monsieur, je vous appelle à propos d'une annonce parue sur sefaireniquer.com.
- Ah oui oui bien sûr.
- Peut-on prendre rendez-vous pour une visite ?
- Ah oui oui bien sûr.
- Demain par exemple ?
- Ah oui oui bien sûr.
- ...À quelle heure ?
- Eh bien (oh dis donc c'est pas une machine, c'est un vrai gars), quelle heure vous arrangerait ? (un gars arrangeant en plus)
- Dans la mesure où je travaille, l'idéal pour moi serait en fin d'après-midi.
- Quelle heure vous arrangerait ? (un gars un peu métissé avec une machine quand même)
- 18h30, 19h...
- Alors voyons voir, étant donné que j'ai plusieurs rendez-vous, je vais consulter mon agenda (oui très bonne idée). Ah, j'ai un rendez-vous à 15h30...Alors 18h30 ça fait un peu tard...
- ...
- Et si on se voyait entre midi et deux ? À 13h30 par exemple ?
- (ben à part que ça m'arrange pas du tout, vu que je taffe, comme je viens de te le dire...) disons 13h30 alors...

En sortant du métro je consulte le plan, je mémorise droite-droite-droite, facile. Mais ça paraissait pas aussi long sur le plan, si ? Oh puis après tout, c'est peut-être une question d'échelle hein, c'est vrai ça, on pense jamais à regarder les échelles et c'est comme ça que les accidents arrivent parce qu'après on te dit Attention je la retire, et toi tu regardes jamais alors bon. Bref. De toutes façons je me suis plantée, c'était gauche-droite-droite, eh ouais, j'étais pas rendue. Heureusement (je te rassure tout de suite avant que t'imagines que j'ai raté l'appart du siècle en errant comme une âme en peine), heureusement à un moment j'arrive devant le Sacré-Coeur et je me dis Tiens, ça c'est un indice duquel je peux déduire que je suis pas du tout dans la bonne direction. Allez demi-tour.

Heureusement bis (non parce que je te sens un peu inquiet pour moi là), heureusement bis j'avais prévu un petit quart d'heure de battement, histoire de faire le tour du quartier tu vois, genre où sont les bars, les restos, les trucs festifs et vitaux quoi...enfin ça c'est pour la version officielle. Sinon pour la version réelle, c'était plus pour avoir le temps de me paumer tranquillement et t'as vu...ça a parfaitement réussi. Connais-toi toi-même, ça c'est du conseil je te le dis.

Finalement j'arrive à l'heure. Ah vous êtes mademoiselle Ada ? Allons-y. Eh ben en fait non, enfin si, je suis bien mademoiselle Ada mais il faut qu'on attende monamour. Ah ben ça alors, figurez-vous que la jeune fille là-bas attend aussi son ami. Aujourd'hui c'est les dames qui sont à l'heure tandis que les messieurs se font attendre, c'est drôle ah ah ah. Oui ça me fait trop marrer, arrête...Heureusement ter, monamour descend élégamment du bus quelques secondes plus tard. Nous montons.

Il faut que je te dise que 35 mètres carré, ça fait pas grand. Je veux dire quand tu veux vivre avec un gars qui mesure 1m92, faut quand même un peu d'espace. Et puis la soufflerie façon hélicoptère qui se déclenche dès que t'allumes la lumière dans la cuisine et dans la salle-de-bain...bon ben faut croire que les proprios ils veulent chasser les mauvaises odeurs. Et puis t'es sûr qu'on fait rentrer un lit dans ce qu'ils appellent la chambre ? Ou il faudra choisir entre un lit et une armoire ? Non parce que le truc là, le placard oui admettons, euh comment dire, j'ai pas le compas dans l'oeil ni rien mais à mon humble avis, les étagères, en largeur (d'ailleurs je me demande si pour ce genre de dimension on peut encore parler de largeur ou de profondeur, doit y avoir un terme plus précis non ?) elles font 10 centimètres. Maximum hein...

Bien. Avec ces nombreuses qualités soulevant notre enthousiasme, que crois-tu que nous fîmes ? Eh ben on laisse un dossier au monsieur bien sûr.

lundi 13 août 2007

♫ Ah je trouve ça beau (de ch'val), génial, admirable (de lapin) ♫

Bon par exemple admettons t'es invité au mariage du cousin de tonamour. Tu fais quoi ?

Moi déjà je râle. Non mais c'est vrai quoi, c'est loin, ça te bouffe un week-end comme si t'avais que ça à faire dans la vie et puis ça me soule ces réunions de famille, sérieux, est-ce que j'ai une famille moi ? Alors.

Acte manqué I. Tu sais qu'en ce moment j'ai une voiture (et si tu sais pas je peux pas te renvoyer aux archives, merci à toi de faire comme si t'avais compris en hochant la tête avec un fin sourire). Du coup ben on décide d'y aller en voiture. Les beaux-parents à l'arrière (mon dieu, les beaux-parents, j'ai écrit les beaux-parents, tu te rends compte un peu ?) monamour en co-pilote et Ada au volant. Ouais. Sortie du garage : nickel. Arrêt à la station-service, remplissage du réservoir : nickel. Redémarrage : problème. Tu croyais quand même pas que ça allait être si simple ? Chacun y va de son diagnostic : t'es sûre que t'as mis le bon carburant ? (tout le monde) moi je suis sûre que c'est l'huile (belle-maman) regardons la notice de démarrage (monamour) c'est quoi ce bouton qui clignote ? Mais bien sûr que oui j'ai mis du SP95, bien sûr, et non c'est pas l'huile, mais si vous continuez à me gueuler dans les oreilles, ça va tourner au vinaigre. Au bout de très longtemps d'infructueux essais et d'appels téléphoniques à de supposés experts (ah c'est le démarreur ça ma p'tite, tu donnes un bon coup sur le moteur et ça repart. Euh...t'es sûr ? Non parce que c'est pas ma caisse hein, et puis le moteur le moteur, c'est bien gentil mais qu'est-ce que t'entends exactement par moteur ?), monamour et moi partons en quête d'un garagiste. On laisse les vieux dans la voiture mais t'inquiète, ils avaient de l'eau et les vitres ouvertes, et même des bonbons à la menthe au cas où ils auraient la gerbe, à l'arrêt oui, mais bon à c't'âge-là on sait jamais comment ça va réagir, t'as qu'à voir moi, 83 ans, bientôt 84, et quand j'ai pas envie, faut pas me forcer, sous peine de s'exposer aux représailles de mon inconscient et ce mariage tu vois bien que je veux pas y aller, sinon je ferais pas d'aussi splendides actes manqués.

Parce que oui, quand le garagiste examine le truc, il me regarde, il dit : elle est pas à vous la voiture hein ? Alors je réponds : Ben non je l'ai volée, vu que bon, oublie pas que je suis trop drôle. Et lui il appuie sur le petit bouton et hop ça démarre. Le coup de l'alarme là. Si c'est pas réussi comme acte manqué. Sauf que quand même je suis persuadée que le propriétaire de la voiture m'avait pas expliqué l'astuce (cependant je décline toute responsabilité quant à la mauvaise foi de mon inconscient) (oh mais si, j'assume, j'assume, en bonne analysante, ça te va comme ça ?). Rions en coeur.

Soulagement général et remerciements chaleureux au garagiste qui nous fait rien payer, même pas son déplacement, il y a encore des hommes bons sur cette planète (et des souris oui peut-être), on part avec deux heures de retard mais on part, on sort ♫ se joindre à l'affluence ♫, pile poil dans les bouchons hein étant donné que c'est le jour des départs en vacances, pourquoi se priver. Et quand on finit par arriver, on met trois plombes à trouver l'hôtel. Normal. "Alors ? on vient visiter le Puy du Fou ?", nous accueille le réceptionniste (quand je te dis que ça me disait rien ce plan).

Non monsieur, non, on vient pour un mariage et figurez-vous qu'il y a des gens qui ont l'idée de se marier à Cholet (sans vouloir trop préjuger, du peu que j'en ai vu, ça porte bien son nom comme ville, il fait chaud et c'est laid) (ah oui je suis hyper calée en étymologie), oui ça existe (pas Cholet non - encore que...moi j'ai découvert son existence y a peu finalement - les gens qui s'y marient je veux dire...et même maintenant que j'y pense, le truc de ouf, y a des gens qui y vivent) (tu me diras y a bien des gens qui vivent à Paris) (et je te dirais : truc de ouf !) (remarque, à la réflexion, on s'en fout, les gens vivent où ils veulent, tant qu'ils vivent, c'est déjà pas mal) (c'est vrai quoi, on se contente de peu de nos jours. Prends la météo. On est en plein mois d'août, tu vois qu'il fait gris mais qu'il pleut pas, eh ben t'es content).

Acte manqué II. Le lendemain je suis réveillée par les lamentations de monamour : oooooooh nooooooooon...non, non, nooooooooooooon, c'est pas vrai, mais quel con, quel con c'est pas possible ! Que se passe-t-il de si bon matin ? je me suis transformée en mur ou quoi ? Mais non t'es con, il se passe qu'il a oublié ses chaussures à Paris. Eh bien je vois que je suis pas la seule à y aller à reculons à ce mariage...Commençons la journée par un bon fou rire puis rationalisons : il est 9h30, on a rencard à 10h30 à la mairie, d'ici là on va dégoter une boutique de pompes, ce serait bien le diable. Sauf que faut déjà trouver le centre-ville dans ce bled. Des ronds-points, ça oui, y en a à la pelle, ce qui aide vachement à se repérer (j'ai l'impression d'être déjà passé par là...Dis on n'est pas en train de tourner en rond par hasard ? Ben c'est un peu le principe du rond-point...Ah j'te jure, c'est d'un pratique). On tombe sur un magasin de costards, on entre pour se renseigner (on se croirait pas trop dans l'émission du gars qui a disparu, tu sais, le truc au trésor là ?) et monamour en ressort avec une chemise. Logique hein, on cherche des chaussures, il achète une chemise, tout va bien, il nous reste 22 minutes, pas de souci. Il fait 30 degrés à l'ombre, c'est mieux pour courir.

Finalement on trouve, on n'est même pas en retard et on s'amuse en plus, vraiment hein la vie est pleine de surprises. Je te passe les cérémonies bien chiantes, en plus à l'église j'arrive jamais à chanter, le temps que je mémorise l'air, on passe au psaume d'après, c'est pas hyper convivial je trouve. Juste à un moment le curé nous fait une page de pub en brandissant le dernier opus de Benoît XVI...ça s'est vachement modernisé l'Église hein...Ça commence à devenir intéressant à partir du vin d'honneur, à part la boisson rouge qui pétille comme un kir royal mais ça n'en est pas (et je dois dire qu'on sait toujours pas). Plus tard, au resto, je suis à côté d'un gars qui a soigné la maîtresse d'un ancien ministre. Eh ben, j'en apprends de belles...mais point trop non plus, secret professionnel et psychiatrique oblige. Oh la la, merde, un psychiatre...va-t-il déceler ma névrose à l'oeil nu ? En tout cas il fait comme si de rien n'était. Et puis faut quand même préciser que je fais pas si folle que ça à côté de sa femme, toute en paillettes que tu croirais que c'est elle la mariée mais non pas du tout, elle aime juste se faire remarquer et quand je lui dis que le marié ressemble à un Jean-Luc Delarue noir, elle répond : oh ben la mariée je la trouve un peu froide. Mais elle ressemble à une jument et moi j'aime les animaux. Allez hue, circule.

mercredi 1 août 2007

Week-end à rhum

Oui. Je sais. Toi aussi tu m'as manqué. Mais bon tu connais les nouvelles règles.

Alors la question du jour, je te la livre directement sans transition et sans tourner autour du pot (de mousse) (oui c'est histoire que tu te perdes pas, vu que depuis l'effaçage des archives suite à tu sais quoi, sur ton moteur de recherche tu fais que taper "pot de mousse", même pas y a des trucs un peu drôles ou salaces, non tu veux du pot de mousse et rien que du pot de mousse. Eh ben t'en as) (eh ! tu sais quoi ? en tapotant sur mon clavier je me rends compte que je suis bien contente d'être là tranquillou avec toi qui va pas tarder, j'avais oublié comment c'est trop sympa, j'ai presque envie de t'embrasser dis donc), ah et puis ça faisait longtemps qu'on s'était pas paumé dans des parenthèses aussi, mon dieu que la vie est belle...Bien. La question du jour qui nous occupe aujourd'hui (quel hasard hein ! quand je te dis que c'est une journée particulière) : imaginons tu connais un jeune provincial qui vient fêter ses 30 ans à Paris, imaginons ; tu fais quoi ?

Moi, déjà, je sors du taff. Avec une idée fixe : faire le ménage. Ah non pardon, ça c'est toi. Bon disons que j'essaye de me motiver pour organiser un minimum le désordre. Sauf que, évidemment, au moment où je monte dans le métro, je tombe sur une copine du quartier. Alors on va se poser au nouveau bar, normal. Et là le temps passe fourbement jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un quart d'heure pour atteindre la gare où débarque le provincial trentenaire. Ah. Je cours donc. Tandis que je gravis les escalators, le comité d'accueil posté en bout de quai s'inquiète par téléphone interposé : Hey Ada tu fous quoi là ? le train entre en gare ! J'arrive j'arrive, c'est quel quai ? Je dis C'est quel quai ? Mais si y a du réseau, c'est ma respiration que t'entends, je suis essoufflée, je cours dans les escaliers je te signale, alors c'est quel quai ?! Le numéro du quai c'est quoi ? J'épelle Q.U.A.I. Non toujours pas ? Bon laisse tomber, on va faire autrement : vous êtes où bordel ?!? Eh ben voilà...Au final, gestion parfaite du timing, le provincial arrive avec sa valise en carton et deux autres provinciaux, nous les accueillons en fanfare comme il se doit et nous migrons tous au nouveau bar (en réalité ça donne : Bon on fait quoi ? Ben je sais pas. Vous avez mangé ? Oui. Non. Moi j'ai pas faim. Vous voulez peut-être vous débarrasser des bagages d'abord, non ? Oh pas obligatoirement non, qu'est-ce qui est le mieux ? C'est là qu'il faut pas laisser passer l'occase et dire: On a qu'à aller boire un coup au nouveau bar).

Vers minuit, quand on est plein de bière, tout le monde va se coucher. Tout le monde ? Non. Une alcoolique mondaine accompagnée de sonamour et de sa copine du quartier ne résistent encore et toujours pas à l'appel du dernier verre. Qui en appelle un dernier. Qui lui-même...etc etc (tu viendras pas te plaindre d'avoir mal à la tête demain). J'atteins mon lit assez tôt matinalement parlant.

Réveil (un samedi non travaillé, j'te jure c'qu'on fait pas par amour). Non seulement la nuit a été courte, mais en plus c'est le moment de faire un peu de rangement. Alors je t'explique, le rangement c'est pas compliqué, tu fais des tas, des tas de livres, des tas de fringues, des tas de papiers, des tas bien symétriques et hop on dirait que c'est rangé. Après je cours (thématique du week-end. Marathon woman c'était moi) jusqu'au parvis Beaubourg ousqu'on a rendez-vous à 11h (du matin hélas) vu que les provinciaux ils sont quand même là pour visiter, eux. J'ai vingt minutes de retard et une gueule de bois de l'enfer (non mais je me plains pas : je t'informe).

Tourisme donc. À pied. Tout à pied. Des Halles au jardin du Luxembourg, en passant par les quais (aaaaaah les transats de Paris-Plage, je voulais plus me lever) (et pourtant tu vois à la base, Paris-Plage, en bonne snob, ça m'enthousiasme pas des masses. Après quand tu tiens à peine debout, tu révises tes jugements), puis la pyramide du Louvre et finalement, un éclair de lucidité, on prend le bus (s'asseoir par pitié s'assoir) (cinq minutes. Avec ou sans toi. S'assoir, quel pied) jusqu'à Montmartre, on boit un coup chez Amélie la pouliche (rue Lepic) (en plus, c'est pas pour faire la rabat-joie (ou la re-snob) (ou genre je lis les Inrocks) mais franchement j'ai pas aimé le film, non j'ai pas aimé) mais si ça peut faire plaisir hein, moi tant que je suis assise, tout me va.

Ensuite chacun va prendre une douche, je fais une sieste de 17 minutes et tout le monde débarque chez moi (oh comme c'est bien rangé...Moi-même j'ai du mal à me repérer) pour l'apéro. Champagne ! Au bout de la deuxième flûte ça commence à aller très bien. Allez joyeux anniversaire ! Resto, fiesta et tout le tralala ! Et demain on aura tous la gueule de bois, pas que moi, ouais, youpi ! grasse matinée générale !

En plus il pleut, c'est pas la peine de se lever. Je pourrais te raconter l'expo à la Villette si t'étais pas déjà tellement soulé. Y a que les pintes de bière qui t'intéressent, oh allez je te connais va, et puis c'est humain. Et c'est pas les moules-frites qui suffisent à éponger. Oh que non. D'autant qu'après on change de crèmerie et là ça dégénère en Cuba libre, Margarita, Mojito, Whisky, faites vos jeux, rien ne va plus. Non parce qu'ils sont bien adorables les camarades provinciaux, mais moi je taffe demain hein, enfin aujourd'hui...disons tout à l'heure quoi, ah merde je suis bourrée ou je suis déjà à la bourre ?

En rampant j'y vais au taff. En rampant vite, mais en rampant. Et eux ils débarquent, frais (moyennement) et pimpants, après une deuxième grasse mat. Et c'est qui le guide qui leur fait visiter mon-lieu-de-travail ? Après ils prennent le train en sens inverse. On va pouvoir envisager de se reposer. Oh oui oui oui, du repos, du dodo. Enfin.

Non mais je leur en veux pas, je les aime. Surtout celui qui a dit : "Ils la changent pas souvent l'image autour de la Géode quand même".

mardi 10 juillet 2007

Voici un message qui m'a laissée perplexe assez longtemps :

La vie...L'amour...


7.7.7


~ ¿


Puis j'ai compris. Et toi ?

jeudi 5 juillet 2007

Un gars, une pute

J'avais pas prévu de revenir te voir si tôt, mais là attention, va pas croire qu'il se passe des trucs de ouf genre des événements notables que je brûlerais de te confier, non, pas du tout en fait. J'irai pas jusqu'à dire que ça suit son cours tranquillement (non quand même pas, j'ai pas trop envie de passer pour l'incarnation de la loose non plus, genre la routine et tout, ouh comme c'est vilain, attends, ma vie à moi elle trépide) mais bon, ce que je veux te dire, c'est que ce matin, sur le chemin du taff (et voilà, merci hein, franchement depuis le temps qu'on se connaît toi et moi, je te dis Ce matin sur le chemin du taff, et faut que j'insiste pour que tu percutes, bonjour les encouragements...Degré 3 sur l'échelle des arrivées, un peu de respect ok ?), je marchais sur une voie pavée et tu sais comment c'est, la vie elle trépide, comme convenu ci-dessus, et les pensées elles vagabondent (solitaires comme des clochards célestes) (ah ça nous rajeunit pas tout ça ouh la, c'était le temps où tu voulais gravir la Sainte-Victoire avec un paquet de cacahuètes en guise d'énergie et de la weed en pagaille) (et puis tu t'aperçois que ta montagne là franchement elle est naine et les cacahuètes quand t'es en pleine croissance c'est un peu léger, surtout quand y a pas de bière, mais n'empêche j'suis une beatnik dans ma tête)

Bon écoute si je vais pas à la ligne on s'en sortira pas. Ce matin donc j'ai pensé à quelqu'un à qui je pense jamais, le genre de personne dont tu te dis Ah oui c'est vrai qu'elle existe celle-ci et d'un seul coup, comme si j'avais trempé une tartine dégoulinante de confiture dans un chocolat fumant, tout s'est désencombray (je peux t'expliquer, à nouveau, mais après je te fais une bibliographie pour les vacances), et bim je te présente "La pute".

La pute, c'est son nom hein, pas sa profession, j'y suis pour rien, on m'a dit Elle c'est une pute, j'ai fait comme on m'a dit. Un petit chef. À l'époque où j'étais en relation hiérarchique avec elle, j'étais jeune, j'avais un boulot de merde (aujourd'hui t'imagines même pas comment j'ai évolué. Patronne du camping Ada, attends) mais j'avais une vie qui trépidait tu vois, comme d'hab, des hommes par milliers etc. Tandis que la pute, elle était déjà vieille et toute moche, et son mari aussi, en plus elle l'aimait plus, ça se voyait trop qu'elle en était au degré zéro de la vie. Et quand on en est là, on devient aigri, normal.

Bon moi au début elle m'aimait bien surtout qu'il y avait eu une grande grève et qu'on se retrouvait souvent au piquet, genre on est tous des frères en lutte tout ça tout ça. Ouais ouais. Juste elle gagnait trois fois plus que moi et y avait la lumière du jour dans son bureau, à elle. Et elle se la jouait condescendante, comme quoi elle était pas payée pour faire le sale boulot, contrairement à moi. Mais à part ça elle était solidaire. La pute.

Mon bureau du trente-sixième sous-sol, je le partageais avec un gars : délégué syndical à mi-temps, glandeur l'autre moitié (enfin si, il lisait la presse quand même). Bon. Il se trouve que le gars en question est tombé fou amoureux de moi. Un mec normal quoi. Jusqu'à ce que ça devienne relou de trouver des mots d'amour et de désespoir partout, on a réussi à bien s'entendre.

Un jour où j'étais seule, la pute débarque et commence à me reprocher un truc. Je te passe les détails mais sache que j'étais parfaitement innocente car je travaillais consciencieusement (non mais à l'époque j'avais un toxicomane à charge aussi, alors boulot de merde peut-être, mais boulot. Cosette m'a un peu copiée) (oh ça va détends-toi, je te rappelle juste à quel point ma vie trépide). D'habitude ces accès d'aigreur à la pute, ils me passaient largement au-dessus (bon sauf la fois où elle avait dit : oh là, moi je suis propriétaire mais jamais de la vie je louerai à des asiatiques, ça pue trop quand ils font à manger). Cette fois, j'étais mal lunée, j'en avais marre, va savoir, je me mets à gueuler plus fort qu'elle. Peu impressionnée par ma tentative de rebellion, elle renchérit c'te sale pute. Ben moi aussi, y a pas de raison. Je me disais même Dis donc Ada, de mémoire comme ça, il semble que tu n'aies jamais gueulé aussi fort. Mais ça me soulageait pas trop et ça la calmait même pas l'aut' vieille pute. Alors je suis passée au cran supérieur. J'ai été à deux doigts de la taper. Je t'assure. C'est à moi que ça a fait le plus peur mais comme elle était pas dans ma tête, elle pouvait pas deviner, elle s'est arrêté net.

Le lendemain elle organise une fouille de mon bureau (ah oui moi aussi j'ai halluciné) (non mais c'est ça les mal-baisés, quand y a un sens qui travaille plus, les autres se développent et niveau connerie elle cartonnait). Je suis fortement incitée à balancer le gars amoureux (bravo Hercule Poirot, tu avais trouvé le coupable, quelle perspicacité), mais chacun son taff hein, si t'as peur du délégué syndical, c'est pas mon problème, tu te démerdes, j'ai rien à déclarer, moi je suis au top sur le contexte géopolitique international grâce à lui, je vais pas me plaindre. Plus tard elle fait son mea culpa (tu noteras qu'à aucun moment elle n'a parlé de mes esquisses de menaces physiques) mais c'est bon, moi je m'arrache dans un service plus accueillant, parce qu'entre un gars amoureux et une pute, ça commence à faire trop pour moi. Aujourd'hui elle est à la retraite et peut-être elle a les oreilles qui sifflent mais c'est rien à côté de ce qu'elle a failli prendre.

lundi 2 juillet 2007

Secrets et mensonges, c'est trop bien comme film, alors je trouve que c'est pas mal comme titre, sauf que là, la vérité si je mens

Théoriquement, je te préviens, je suis contre ce genre de choses. Ada ne s'abaisse pas à tant de facilité. Ada vaut mieux que ça. Ada, c'est la création à l'état pur, l'inspiration toujours renouvelée, hors cadre et hors contrainte, de l'original en version intégrale. En pratique, Maud me refile sa chaîne, c'est la première fois que ça m'arrive...oui, une sorte de dépucelage. Et là, me connaissant, tu vois venir le truc : la virginité c'est pas ma pinte de blonde, donc bon hein, bien obligée.

Au début j'ai pensé te la faire façon septivium (trivium plus quadrivium) (le compte est bon) mais déjà que ça risque d'être chiant, je vais pas en rajouter tout de suite.

La paresse. Ouais bon c'est pas un scoop, je sais. Sauf que là je t'explique pourquoi. Longtemps je me suis levée de bonne heure. En fait, toute ma scolarité, et particulièrement en classe de cinquième (5° L) (non mais t'imagines combien y avait de classes dans mon bahut ?) car j'avais cours tous les jours, sauf le dimanche. Tous les jours je me levais à...bon je sais plus exactement, mais une chose est sûre, je devais impérativement partir de chez moi à 7h15 (ante meridiem) (oui ben je suis frustrée de mon septivium que je voulais même te le faire intégralement en latin, mais t'es pas drôle), 7h15 pour choper le ramassage scolaire. Cette année-là je me suis jurée que dès que je serai une femme libre et libérée, ça se passerait autrement, non mais oh. Je tiens parole, j'arrive à la bourre au taff. Équilibrons avec la vertu opposée, l'ardeur : Ada aime beaucoup Nabokov, n'en déplaise à Houellebecq (je sais, ça n'a rien à voir).

L'orgueil. J'ai longtemps été persuadée que je chantais juste, vu que y avait quelqu'une vachement douée dans mon entourage (comme quoi l'imprégnation du milieu ne joue pas sur moi). Même je trouvais que j'avais une belle voix. Encore aujourd'hui je me dis parfois qu'elle est pas dégueu. Mais y a aucune raison, vraiment aucune. Vertu opposée, l'humilité : en CM1 (oh putain j'ai l'impression d'être chez l'analyste, là. En plus tu dis rien), quand je me suis entendue sur le magnéto, j'ai cru que c'était un garçon. Et sur mon répondeur plus tard, t'aurais cru une fillette. Bon ben faudrait savoir hein. Du coup j'ai remplacé par une petite musique, mais c'est pas moi qui chante je te rassure. Après j'ai fumé plein de clopes et bu plein de whisky pour obtenir la raucité des femmes fatales. Faut juste pas se rater, on a vite fait de confondre avec un cancer de la gorge.

La gourmandise. Je crois que je suis vraiment alcoolique (non mais sans rire, on est sérieux là, je m'appelle Ada, bonjour Ada, j'ai 83 ans et je suis malade alcoolique abstinente depuis trois heures et douze minutes, bravo Ada), mondaine peut-être mais je vois pas ce que ça change. Vertu opposée, la modération : je ne mange pas d'aliments sucrés. Parce que j'aime pas ça. Les jeux sexuels avec moi, c'est plus mayonnaise que confiture, ah ben il en faut pour tous les goûts.

La luxure. Alors là si tu veux c'est un peu ma spécialité j'ai envie de dire. Je suis hantée, le rut le rut le rut le rut ! Tournée générale de mayonnaise ! Vertu opposée, la chasteté : j'aime aussi Mallarmé (si tu ne comprends pas, je peux t'expliquer).

L'avarice. Bon ben tu n'es pas sans savoir que c'est vachement lié au déroulement de ton stade anal hein...Vertu opposée, la générosité : je fais caca.

La colère. Dernièrement je m'en suis beaucoup voulu de publier des choses que je voudrais pas mettre entre toutes les mains. Faut quand même être con t'avoueras, la nana elle veut que ça reste un peu secret mais elle le dit à tout le monde. Vertu opposée, la joie (la tienne hein) : je continue (non mais de rien va).

L'envie. À 83 ans, bientôt 84, quand je vois toutes ces grands-mères là, je me dis que c'est pas juste, et moi alors ? Vertu opposée, la charité : je t'épargne le récit de ma mise en couple avec monamour (cf la colère) mais plus pour très longtemps vu que c'est un peu mon fond de commerce, alors tremble.

vendredi 22 juin 2007

♫ Désormais vous êtes invités à laisser l'État dans les WC où vous l'avez trouvé en entrant ♫

Je suis fatiguée fatiguée fatiguée et c'est pas spécialement le gars psychopathe de mon taff qui dit jamais bonjour et qui ce matin m'a doublé sur le trottoir en faisant des sauts de cabri (pas parce qu'il était pressé, juste histoire de me passer devant puis de ralentir tout à son aise, les gens sont cons qu'est-ce que j'y peux, on fera pas leur bonheur malgré eux), en plus il arrêtait pas de se gratter la cheville ou de remonter sa chaussette je sais pas, et en montant les marches il s'est retourné furtivement, genre j'ai l'impression d'être suivi, ben oui ducon, on travaille au même endroit, à la fin j'en ai même ri...bref c'est pas ce psychopathe ni les crêpes de gerbe de nos joyeux congénères fêtards de la musique mais malades qui m'ont mis la pêche.

La fête de la musique en fait c'est un barbecue géant et si tu te poses dans un bar, t'es obligé de gueuler comme dans une boîte de nuit, avec queue pour accéder aux chiottes en option. À ce propos, suite à quelques tâtonnements empiriques, j'ai mis au point une technique pour pisser en toute sécurité, notamment dans le bar où la porte ferme pas à clé, je te la livre dès fois que ça t'arrive (si tu es un homme, ça te concerne beaucoup moins, bien que je ne connaisse pas ta position préférée en la matière) (et après ça tu pourras pas dire que la vie est simple) :

Alors avant toute chose tu prends quelques feuilles de PQ, c'est important de pas oublier, ça peut tout compromettre. Ensuite tu procèdes au déshabillage de la partie basse de ton corps, dans un premier temps en tournant le dos à la porte, pour ce qui concerne la phase dégrafage de braguette, ainsi en cas d'ouverture intempestive de la porte, ton intimité est préservée. Tu opères ensuite un retournement assez inattendu et très rapide où d'un geste sûr tu saisis, disons de la main gauche, la poignée de la porte, tandis que ta main droite (celle-là même qui tient les feuilles de PQ, oui) s'occupe de baisser ton pantalon et ta petite culotte. Bien, à ce stade tu es au comble de la fragilité, alors je te conseille de faire vite. Je ne sais pas si tu visualises bien la scène : tu es actuellement accroupi (non pas assis, les filles ne s'assoient pas sur les chiottes, sauf chez elles et chez les gens qu'elles aiment beaucoup), une main sur la poignée et, détail qui tue, sur la pointe des pieds, car étant donné la salubrité du lieu au fur et à mesure de l'avancée de la soirée, si tu te la joues pas danseuse, ça trempe dedans...eh oui c'est crado. Après c'est facile tu fais tout pareil mais dans l'autre sens, en lâchant la poignée de la porte le plus tard possible. Variante moins discrète : crier à tue-tête pendant toute la session CÉTOKUPÉ, CÉTOKUPÉ, CÉTOKUPÉ. Et puis si t'es pas satisfait, t'es pas remboursé, vu que l'efficacité du système dépend un peu (ne nous leurrons pas, nous visons ni plus ni moins à limiter les dégâts) de ta capacité à résister en cas d'attaque et de forte poussée de l'autre côté. T'es un sportif ou bien. Et si tu portes une jupe, je te conseille plutôt de demander à ta copine de te tenir la porte comme au bon vieux temps. Et puis tu te laves les mains, t'es gentil, ou alors t'arrêtes de bouffer les cacahuètes.

Franchement t'as vu, j'ai de quoi être crevée. En plus, avec monamour, on a tout bien fait, on s'est inscrit partout, on a activé des alertes, comme quoi ils nous préviennent trop vite, à n'importe quel moment du jour et de la nuit, direct ça s'affiche et ça clignote, ils t'envoient un mail qui fait sonner ton portable, c'est moderne, je crois même qu'on est en lien direct avec le commissariat, ou la maison blanche, je sais plus trop, et ils te disent : ah tiens y a un taudis minuscule et hors de prix, ça rentre peut-être dans vos critères. Enfin toujours est-il que hier c'était notre première visite d'un deux-pièces, on était trop mimi avec nos petits dossiers sous le bras et le paquets de photocopies nécessaires, on arrive devant le bon numéro et là y a la queue dans tout l'escalier, on estime l'attente à environ la moitié de la nuit et on se casse direct. C'est prometteur moi j'dis.

Bref je suis cuite et je vais de ce pas passer quelques jours au soleil, pour un repos bien mérité oui tu peux le dire. Tu as donc quartier libre jusqu'au 2 juillet.

lundi 18 juin 2007

Tout est bien qui finit bien (sauf que ça commence)

Je te dois quand même quelques explications, c'est la moindre des choses. Comme dans les ruptures amoureuses quoi, sinon tu restes comme un con sans savoir pourquoi, sans un mot de réconfort, avec tes questions qui résonnent dans le vide, tu te heurtes à l'écho du silence, après t'es tout traumatisé et c'est pas comme ça que tu vas soigner ton angoisse d'abandon. Ben non. Alors je t'explique.

C'est une nuit où je suis tranquille chez moi et où je dors profondément. Tellement profondément que j'entends pas mon téléphone qui bipe et rebipe à qui mieux mieux. Au réveil j'ai 4 SMS et 1 appel en absence en provenance du charmant charmeur chilien : quelqu'un l'a reconnu dans un bar ! et comment ça j'ai un blog !? L'avantage de ce genre de message, c'est que ça réveille en deux-deux, monamour a pas encore posé le pied par terre que j'ai déjà pris une douche et son lait songe tout juste à frémir que me voilà dans le métro. Pour synthétiser : je suis en état d'urgence.

Je fais une arrivée au taff très remarquée. Sur l'échelle de mes arrivées au taff, y a le degré 1, entre 11h30 et 14h, le plus courant, ça n'étonne personne...y a le degré 2 entre 10h et 11h30, bel effort mais toujours à la bourre...puis y a le degré 3, avant 10h, sous les applaudissements. Tu t'en doutes, c'est degré 3, faudrait presque inventer un degré 4 pour ce jour-là. Face à l'écran, la touche "Supprimer ce blog" me tente. Mes tendances suicidaires sont pas assez fortes et puis je veux mettre deux trois petits mots d'adieu, alors je m'autodafe (oui ben maintenant ça existe puisque je l'invente).

Ensuite je réfléchis plus en profondeur. Je viens de parer au plus pressé. Et maintenant ? Est-ce qu'on en reste là ? Je prends

- mes renseignements à gauche à droite pour savoir ce qui s'est précisément passé.

- conscience que si les gens dont je parle sont reconnaissables, c'est parce que je fais en sorte qu'ils le soient.

- mes jambes à mon cou et non ce n'est pas pornographique.

Au plus profond de l'intérieur de moi j'ai pas trop envie d'arrêter. Comme toutes ces filles tu sais (ben oui, j'ai constaté ça chez les filles, j'en fais pas un théorème, ni au jasmin, c'est juste ce que j'ai vu), toutes ces filles qui écrivent plus dès qu'elles ont trouvé un amoureux...comme si le temps qu'elle consacrait au blog, maintenant c'est tout pour lui, bonjour la créativité, l'indépendance et tout le bazar...et si t'es une copine, estime-toi heureuse qu'elle veuille bien déjeuner vite fait avec toi une fois tous les 6 mois. Et elle s'est pas encore reproduite, t'as pas tout vu. Bon ben moi rien ne dit que j'ai trouvé l'amoureux hein, même si je t'accorde que le faisceau d'indices est assez probant. Non sérieux je vais être un peu plus originale que ça, merde.

En même temps, je ne peux plus écrire de la même façon, je vais être obligée de me censurer puisqu'il y a une probabilité, même faible, que je sois lue par quelqu'un qui me connaît. Me censurer ? Tu rigoles...Eh non, soit je fais ce compromis, soit je fais rien. La seule solution, c'est de ne plus parler de ce quelqu'un. Et puis ce beau SMS, reçu une fois les esprits calmés, fait pencher la balance : Je tiens à te dire que je ne t'en veux pas, j'étais sous le choc (...) Je ne veux pas t'empêcher de t'exprimer ni de partager. Je trouve même ça beau. Je sais à quel point les livres sont pour toi ce que sont les disques pour moi, je ne les apprécie que si je les partage.

Alors c'est décidé. Tu es sur un nouveau concept de blog, un blog dont la "première" note t'annonce que c'est la dernière, j'te jure on s'marre trop. Oh tu peux cacher ta joie, je sais que t'es content. Par contre t'es gentil, pour la sécurité de tous, si tu me croises dans la rue, fais comme si tu m'avais pas vue.

jeudi 7 juin 2007

Je ne t'en dis pas plus

Sois fort, il le faut, cette fois c'est vrai.
(Eh ! c'est pas la peine de télécharger 20 fois la page, y a pas d'erreur d'affichage. Je sais, tu as du mal à accepter la réalité, je sais)

vendredi 1 juin 2007

♫ Je fume pour oublier que tu bois ♫

T'es bien d'accord qu'il y a des tonnes de raisons pour arrêter de fumer hein ? C'est mauvais pour la santé, ça coûte cher, faut presque se cacher en ces temps de prohibition. On en est déjà à trois là.

Alors tu peux m'expliquer pourquoi tous ces messieurs-dames Je-Sais-Tout sont tellement persuadés que je vais me reproduire ? J'ai grossi ou quoi ? Ah ben oui tiens, c'est possible, on dit que le fumeur est toujours deux trois kilos en deça de son poids "normal"...pourquoi pas moi ? Mais je suis pas en train d'optimiser le terrain pour une fécondation ok ? commence pas à me stresser.

Et d'abord, tu veux que je te dise ? J'ai pas arrêter de fumer. Ah.

Ce qui se passe en fait, c'est qu'un jour je tombe malade (juste après avoir sauvé l'humanité en la personne d'une collègue maniaco-dépressive, tu te souviens ?) (parce que moi oui ♫ c'est là à jamais sur le bloc-note de ma mémoire ♫). J'ai une fièvre de cheval et la gorge à l'agonie vu qu'il s'agit d'une angine blanche (ça revient ni plus ni moins à une angine rouge pour ne rien te cacher), à tel point que même avaler un médoc t'appréhendes tu vois ? Alors fumer dans ces conditions, c'est gâcher, surtout que t'es dans le coma à 80 %. Bien (oui je dis bien parce que je somatise toujours au niveau de la gorge, enfin je suppose que ça t'a pas marqué mais moi ça me rassure) (cherche pas).

La première fois que j'ai arrêté de fumer, à l'automne 2005, je me suis réveillée avec une telle gueule de bois que y avait pas moyen non plus. Bon j'ai repris trois mois après mais, sans vouloir le déresponsabiliser ni rien, ça a coïncidé avec le moment où monamour a mis quelques distances entre nous, et comme je suis contre le cumul des mandats, manque de nicotine + manque d'amour, c'est anticonstitutionnel, enfin personnellement ma constitution, aussi robuste soit-elle, a tendance à se désintégrer dans ces cas-là et j'ai comblé comme j'ai pu...

Tu commences à saisir le topo ? L'arrêt du tabac chez Ada s'origine dans l'impossibilité physique d'allumer une clope. Aucune préparation psychologique consciente, aucune date butoir (symbolique ou pas) arrêtée longuement à l'avance, aucune prise de décision (comme pour tout quoi, c'est ça que tu te dis ? Alors écoute, je te dispense de toute remarque en la matière), aucun substitut. Ça arrive et puis c'est tout. Mais moi j'ai pas à tenir parole ni rien puisque j'ai rien dit. CQFD. Si ça se trouve, tout à l'heure j'aurai envie d'une bonne clope. Eh ben pas de problème. Pas de contrainte. Même pas mal.

Donc là ça fait un mois. Ouais je fais genre je m'en fous mais je compte. Et je suis confiante. Non parce que je veux dire on me cherche aussi. Y a pas longtemps au taff, Machine m'intercepte pour savoir quand je vais passer dans son bureau. Ah ben pas tout de suite, mais plus tard, je passe, c'est sûr. Et elle de rétorquer : T'en as pour un moment alors ? je peux aller acheter mon journal ? Là franchement avoue y avait moyen de se véner à bon compte, j'aurais très bien pu lui dire : ah tiens prends-moi un paquet de clopes au passage. J'aurais pu. Eh ben non.

mardi 29 mai 2007

"Un break par rapport à quoi Elisabeth ?"

Ah ben ça fait du bien une petite pause comme ça, tranquille pépère, franchement je te conseille.

Au départ je me suis demandée si j'allais pas réaliser ces trucs de ouf pour lesquels je manque toujours de temps, genre faire un ménage de printemps dans la cuisine, ou classer tous les papiers qui s'empilent sur le bureau, voire (carrément dingue) trier des fringues. Au final force est de constater que c'est pas de temps que je manque mais d'envie. Au diable les trucs de ouf, allez, n'écoutant que mon courage, j'ai décidé de rien faire. Carrément.

Eh ben crois-le ou pas, j'y suis pas arrivée. Qu'est-ce que tu veux, je suis hyper active moi, l'oisiveté c'est pas mon truc, je tiens pas en place, faut toujours que je m'agite, que je travaille, que je me rende utile...c'est plus fort que moi. Alors là, ça a été 1 ciné par jour, 1 livre par jour, 1 terrasse par jour, 1 resto par jour, 1 grasse matinée par jour, 1 sieste par jour. Tu vois le programme, pas trop un truc de feignasse quand même.

Je suis tombée là-dessus (je te le mets en italique des fois que tu sois pressé, tu peux zapper) : On pourrait l'accuser de lâcheté, bien sûr, mais on pourrait tout aussi bien le décrire comme un homme en plein conflit. Peut-être n'était-il pas tout à fait sûr de vouloir épouser Saint John. Peut-être n'était-il pas prêt à renoncer à O'Fallon. Peut-être se sentait-il déchiré entre les deux femmes, ayant besoin de l'une et de l'autre. Le remords peut entraîner quelqu'un à agir contre son intérêt, mais le désir aussi peut faire cela, et quand remords et désir se mêlent à parts égales dans le coeur d'un homme, celui-ci est susceptible de se conduire de façon étrange. Bon, point de vue style, c'est pas l'extase ok, mais quand même hein, j'aime bien quand on me dit que non, je suis pas lâche, je suis juste étrange. Oui donc oui. Oui oui oui. Je développe pas, je pense que tu vois à peu près.

Je suis aussi tombée (retombée est plus juste) (de sombrero) sur le facétieux charisme de Louis Garrel. Ah oui tiens, encore un triangle t'as vu ? (sinon tu peux y aller, c'est bien)

J'ai noté que le deuil, la mort, la perte sont des thèmes très à la mode en littérature et en cinéma d'aujourd'hui. Mais j'ai pas poussé l'analyse plus loin, attends, j'avais pas que ça à faire non plus, c'était l'heure de l'apéro.
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Une semaine loin du taff. Une semaine loin de toi aussi, pauvre chou. Sept jours de réflexion. Et aujourd'hui j'ai informé mon propriétaire que dans trois mois..

dimanche 20 mai 2007

♫ Work, the most important thing is work ♫

Oui, très certainement tu es en train de rentrer de ton long week-end qui t'a trop réjoui, genre depuis vendredi t'as l'impression que c'est dimanche et c'est plutôt agréable c'est vrai.

Et moi ? tu te demandes pas. Ben je te réponds quand même. Hier j'étais invitée à un anniversaire. Le nombre de gens qui fêtent leur anniversaire dans un bar, c'est pas croyable. Moi de mon temps on organisait des vrais teufs, on déplaçait les meubles, on faisait du punch et un gâteau avec des bougies. Ah mais de nos jours on est moderne, on va dans un bar et on boit de la bière. Un peu comme tous les jours en fait, sauf qu'en arrivant tu dis joyeux anniversaire. Après tu peux toujours essayer d'allumer les cure-dents plantés dans les olives mais y a pas à dire, c'est plus ce que c'était.

Y avait une fille que j'avais pas vue depuis longtemps...depuis six ans exactement. Je ne te cache pas qu'elle a changé. Mais elle est toujours aussi belle. Enfin moi je la trouve belle. Monamour est pas d'accord. Et là je suis obligée de lui dire Oh mais monamour, je sais bien que ma beauté transcendentale t'éblouit, que tout te paraît fade et sans grâce à côté de moi qui suis ton soleil et ta montagne...mais ouvre les yeux deux minutes et regarde-moi cette plastique superbe. Mais non, on n'a pas les mêmes goûts. Bon en fait j'ai pas pensé à regarder son cul, ce à quoi monamour s'est à coup sûr attelé, lui, et peut-être qu'elle a pas un fessier terrible, peut-être, je reconnais que ça compte. Mais le reste...rien à dire. Pour que tu comprennes bien, je pourrais la draguer un jour...un jour où je serais très soule (tous les jours donc) (non mais c'est une blague ça, prends pas toujours tout au premier degré, surtout qu'il en faut beaucoup plus pour être soul). Le mieux serait qu'elle prenne les devants. Mais là les probabilités sont assez faibles, faut pas se leurrer, son hétérosexualité semble solidement établie. Oui, la mienne aussi, t'as pas tort. On peut fantasmer quand même.

Par exemple maintenant tout de suite, je me prends à rêver que. Non, alors là, si tu crois que je vais te livrer mes pensées libidineuses, tu rêves mon jeune ami (c'est une expression bien sûr, tu as le droit d'être vieux, t'as qu'à voir moi). Non non non. À l'heure où je te parle, tandis que tu savoures les dernières gouttes de ton week-end, je rêve que moi aussi j'y suis, en week-end. Car, permets-moi de te le demander, qui, une fois de plus, a mis une croix sur l'oisiveté . Qui, une fois de plus, est fidèle au poste du service public ? Qui, une fois de plus, accomplit sa mission avec abnégation ? Non, pas bibi, c'est Ada mon prénom.

Eh oui, aujourd'hui dimanche je suis au taff. Comme hier. Et comme avant-hier. Pendant ce temps, y en a qui glandent, l'air de rien. Toi entre autres. Mais pas seulement. Je pensais plutôt à un autre gars. Genre un gars qui veut revaloriser le travail et qui a ressenti le besoin urgent de faire une petite croisière pour se reposer et habiter sa fonction. Ensuite il nous pond une liste de collaborateurs...Et après tant d'efforts (sans compter son footing matinal, arrête tu m'épuises), en attendant de travailler plus, il part en week-end. Dans un château. Attends c'est normal, il a besoin d'un peu de repos le gars oh.

J'ai comme l'impression de me faire niquer quelque part. du coup je vais habiter mon appartement, je vais faire de la barque à Vincennes et si ça se trouve même j'irai visiter le château de Versailles. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que tu me verras pas la semaine prochaine

vendredi 18 mai 2007

♫ Everyone loves the fun, everyone comes by ♫

J'ai tout fait comme tu m'as dit parce que, au cas où t'aurais pas compris, je pense que tu es de bon conseil et que tu as bien raison (je profite que tu fasses le pont, que tu prennes pas la grosse tête).

D'abord j'ai cru être sauvée et me passer de ton aide. Bonjour vous ! En absence de réponse de votre part, je tiens à savoir si vous souhaitez me revoir un jour ?! Excellente question, merci de l'avoir posée, la réponse est non (bon en fait j'en sais rien, enfin si, je suis pas contre, mais vu la conjoncture, vaut mieux s'abstenir que j'me dis, laissons du temps au temps, ça veut rien dire et en attendant le temps passe).

En fait, on a toujours besoin d'un plus petit que soi, ou d'un plus gros, ou d'un plus moche, c'est un truc exprès pour se consoler d'avoir besoin d'un autre, du coup tu lui trouves des défauts et t'as l'air moins con. Mais je parle pas forcément de toi hein, commence pas ta parano, après je sais plus où j'en suis, déjà que je vais avoir du mal à te raconter là...Donc j'en suis qu'à ce stade où la réponse cash est donnée, normalement ça devrait s'arrêter.

Si tu as froid jte réchaufferais, viens ! Mais il est bouché ou quoi ? Et sans transition. À aucun moment je n'ai parlé de température, je te promets, à aucun moment. Ou alors il est fou. Voilà, ça y est, je comprends tout, cet homme est fou. Il ne faut pas entrer dans son jeu, je fais comme si j'avais rien entendu et comme tu as été plusieurs à le suggérer. Silence radio.

Jé tjrs envie dte voir. Oui je crois que j'ai bien compris le message. Silence radio.

Mon envie de te voir passera, ne tinkiète pas...Avec le temps va tout s'en va...Prend soin dtoa ! Ah ben tu vois, ça marche comme sur des roulettes ta méthode de faire le mort, le gars a l'air de s'auto-réguler, il se fait une raison, c'est nickel chrome. Continuons à ne rien dire, je crois que c'est bon là.

Je suis avec ma ptite nièce, elle adore kan jlui dit Potchô ! Potchô ! Ça me fait penser à toi...Ça me passera...Oui bon, pour les besoins de la démonstration, je suis dans l'obligation de te dévoiler de grands pans de mon intimité mais on va pas s'attarder cent ans sur le fait que je fasse des risettes comme un nourrisson quand on me dit Potchô potchô. Merci bien. Non mais allez, arrête maintenant, t'es relou. Je reprends. Notons ici une petite rechute bien maîtrisée. C'est comme arrêter de fumer, plus on essaye, plus on a de chance d'y arriver. Il est sur la bonne voie. Je garde le silence.

Dans le métro qui me conduit chez l'analyste, il appelle. Je dis (comme tu peux le constater, je décroche. Je t'explique : je compte passer à la deuxième phase, celle du dialogue. C'est pas hyper logique, je sais, mais comprends-moi aussi, y a eu dialogue et prise de décision, puis il fait comme si de rien n'était (en me recontactant), alors moi aussi (en me taisant), mais au bout d'un moment faut revenir au dialogue, je vois pas tellement d'autres solutions, je vais pas le zapper à l'infini, faut qu'il arrête, et puis c'est toi qui me l'a conseillé je te rappelle), je dis : je ne t'entends pas, je suis dans le métro. Il dit : ok je te rappelle. Un dialogue de sourd un peu, en effet, ça se tient. En sortant de chez l'analyste je trouve sur mon répondeur une chanson ♫ Do you believe she said that, I said I hate myself and I want to die ♫, Cat Power pour ne pas la nommer, évidemment une chanson qu'on n'a pas du tout kiffée ensemble (il aurait choisi la danse des canards par exemple, l'effet n'aurait pas été le même. Bizarrement). Un SMS aussi : Jtinvite à boire une bière parce qu'il pleut et ça mouille ! Passons sur la relation de cause à effet, l'heure est aux explications dans le blanc des yeux.

Au bar en bas, devant une bière, je dis que c'est fini. C'est fini. On n'est plus ensemble. C'est fini. Comme on avait décidé. C'est fini. Voilà. Il dit qu'on peut rester amis. Ah mais oui, tout à fait, seulement est-il bien sûr que ce soit possible ? Moi je ne suis pas sûre. Il soupire. Au bout de plein de bières il dit : bon on y va ? en désignant son chez-lui. Je sais que je suis lourde mais je veux être claire. Oui oui, c'est bon, allez, tous en chemins de fer, et puis on va chez Diego quand y en a plus, et puis on retourne chez le charmant et moi je veux pas qu'on passe au pieu. Parce que je veux être fidèle (j'embraye en phase 3, dite du plan d'urgence) et que j'ai pas envie en plus, ça fait deux bonnes raisons. Et maintenant je rentre chez moi (il est 3 heures du mat, j'aurais jamais le temps de finir mon bouquin avec tout ça).

Si tu voulais me refaire mal, c'est fait. Non je voulais pas, mais personne veut faire du mal, personne, on n'est pas des sadiques. Seulement c'est comme ça. J'en reviens à la bonne vieille politique de l'autruche.

Si t'arrives à dormir, moi pas...Si tu m'envoies des SMS toute la nuit, c'est sûr que ça va pas être facile. Mais bon, je fais semblant.

Puis il appelle, comme quoi il aurait dû m'empêcher de partir et je suis tellement défoncée que je commets une erreur en disant : écoute maintenant on dort, on discutera demain. Mais il n'a pas l'air de relever, il s'énerve et il me raccroche au nez.

Tu na pas damour pr moi...Contrairement à moi. Tout ce ke ta cé ta me donner peur daimer ! Oui bon, n'oublie pas qu'il est très tard et qu'on est bien attaqué. Néanmoins le sens global m'apparaît et je m'endors vers 5 heures, très pratique pour arriver à l'heure au taff.

Le lendemain ça continue, y a pas de raison : Passe me voir en sortant du taf stp? Jve pas rester sur un goût amer avant de partir ! Jpars demain matin. Je réponds ok, mais je pourrais pas rester longtemps. Dans ma tête on se dit deux trois mots vite fait pour aplanir et fignoler le truc et tout le monde il est content.

Pour finir, c'est du grand n'importe quoi, c'est signé Ada. J'aurais peut-être pas dû y aller, j'en sais rien. Mais devant mon jus de tomates, toujours au bar en bas, je le regarde et j'ai un retour (pas du refoulé, non. Quoique...), un retour de quoi d'ailleurs ? De culpabilité de le laisser tomber mêlée de désir ? Bref ça s'embrase tu sais, comme ce bonze qui s'est immolé par le feu, là-bas, et dont le coeur est resté intact malgré tout, regarde bien : je m'allonge sur le futon (en sacrifice ?), c'est très réussi, et après je m'en vais retrouver monamour.

mercredi 16 mai 2007

♫ People are strange ♫

Je te fais un compte-rendu de mise au point avec le charmant charmeur chilien dès que possible, on laisse tiédir un peu, c'est meilleur pour la digestion. En attendant, tu serais bien aimable, si possible, de me raconter la fin du dernier Joseph Connolly L'amour est une chose étrange (ah oui tiens, il croit pas si bien dire, vraiment c'est de circonstance, le titre qui tombe à pic), qui est bien drôle mais quand même pas pareil que les précédents (j'adore quand il fait dire à ses personnages Passe moi le truc là s'il te plaît. Ça ? Non, juste à côté. Ah, ça ? Mais non, ça là-bas...Mais là il la fait pas cette blague, et puis il raconte mieux quand même), ce qui n'est pas une critique négative, va pas croire. Bon alors j'en suis à la page 371, quand Annette se fait aborder par un quadragénaire et qu'elle lui demande s'il vient souvent ici et lui il répond Oh mais c'est plutôt à moi de vous poser la question (bas de page 371, pour être tout à fait précis).

Car oui, ça devait bien arriver un jour, je m'y attendais, mais tu sais ce que c'est, on ne se prépare jamais assez au pire : hier j'avais pas prévu de sortir, je me voyais déjà sous la couette en train d'ouvrir le bouquin (à la page 371 donc), mais le destin en a décidé autrement, du coup ce matin je me réveille non seulement tard, mais sans avoir fini la "nouveauté". Tu te souviens, je t'ai déjà parlé de cette appellation bizarre. Le livre en question est sorti en janvier, y a bientôt cinq mois si tu sais compter. Eh ben c'est une nouveauté. Bon. Ils ont pas l'air d'être au courant du nombre de nouveaux titres par semaine. Ou alors, ils appellent nouveautés leurs nouvelles acquisitions, et là c'est carrément de la publicité mensongère. À ce compte-là, on achète Les Regrets de du Bellay et on dit que c'est une nouveauté. Ou la bible tant qu'à faire, allez hop, tout nouveau tout beau hein oh, ça va pas mieux non ?

Toujours est-il que si je le rendais pas ce matin le livre (oui parce que ce soir, vu l'heure à laquelle je vais sortir du taff, il est inutile d'envisager une visite à la bibliothèque qui, soit dit en passant, ouvre pile poil quand tout le monde est au taff, c'est d'un pratique), si je le rendais pas ce matin, fallait casquer. Les amendes là tu sais. Les pénalités de retard. Et ça vois-tu c'est hors de question. Donner quinze euros au Trésor public (non mais je rêve) en guise de punition, je me préfère encore me payer une vraie nouveauté. Donc voilà où j'en suis : je connais pas la fin. Et c'est insupportable ; autant quand tu rates le début, bon, tu t'en remets...autant pas avoir la fin c'est frustrant.

J'te jure...ma vie est pas simple. En plus ils ont le culot de s'afficher comme les chantres de la lecture publique...On se foutrait de notre gueule que ça m'étonnerait pas, parce qu'en l'occurrence, c'est plutôt privée de lecture il me semble.

lundi 14 mai 2007

Nulla est medicina sine lingua latina

Je suis un peu emmerdée quand même.

Ouais j'ai des problèmes, qu'est-ce que tu crois ? Pas gravissimes (tu vois, les superlatifs comme ça, ça me rappelle une prof de latin, quand elle parlait en français t'avais encore l'impression que c'était du latin. Cela dit sans amertume aucune envers cette magnifique langue tout ce qu'il y a de morte, donc bon déjà respect, surtout que le latin ça aide vachement à comprendre le français et c'est bien la seule utilité qu'on peut lui trouver vu que le latin, sans vouloir t'offenser, même avec beaucoup d'efforts, franchement, tu captes rien, étant donné que tu peux pas vraiment te fier à la terminaison des mots pour les mettre ensemble, ni à leur place dans la phrase, je vais pas te raconter ma vie mais bon, le latin c'est beaucoup de choses à apprendre par coeur et tant qu'à faire je te conseille plutôt la poésie, ça fait culture gé en même temps, tandis que la conjugaison des verbes déponents...bon tu vois quoi...enfin je te laisse seul juge...) (non mais allez c'est trop kiffant le latin, dis à tes enfants qu'ils en fassent, sinon y aura plus d'oxygène sur la planète) (en plus après tu peux dire ipso facto, ça claque. Ou alors hic et nunc. Voire, à la fin de ta vie, quand tu commences à maîtriser, grosso modo. Oh ça va, on peut rigoler. Normalement au bout de vingt ans d'apprentissage t'arrives à Parcere subjectis et debellare superbos, ce qui donne à réfléchir, car en l'occurrence tu te sens plutôt faible et pas tellement épargné, mais bon, c'est subjectif n'est-ce pas).

Ouais donc j'ai des problèmes. Pas aussi graves que si la météo se mettait définitivement au gris et alors qu'adviendrait-il de mon bronzage ? je te le demande. Non, on n'en est pas là. Mais pas loin.

Parce que la dernière fois je te faisais la liste de plein de gens et tout, et dedans y avait des SMS du charmant charmeur chilien. Mais loin de moi l'idée d'imaginer qu'il allait continuer à m'en envoyer toutes les deux heures. Vu que j'avais répondu négativement. Mais ça l'a pas découragé si t'en crois ce florilège :

Pensée douce...(bon là ça appelle pas de réponse, facile)

Kwooaaa kwoO ?! (encore facile, il parle au pingouin donc je réponds : On va bien, on va au ciné)

Bon ciné ! Passez me voir quand bon vous semble...(je m'abstiens de répondre "jamais", je pense que t'aurais fait pareil si tu connais un peu l'histoire de la fontaine)

Ça tdi un apéro pr pingouin ?! ("je suis pas dans le quartier")

Jimagine ke tu dors...Moi pa encore...Ve tu me rejoindre ?!

Bonjour Mademoiselle ! Voulez-vous partager un moment avec moi ?!

Là ça fait déjà un bail que je ne me donne même plus la peine de répondre. Et ça me met mal à l'aise. Qu'il insiste comme ça. C'est pas son genre. Et puis je pensais qu'on avait mis les choses au clair. Alors je sais pas trop...Y a l'option : non mais faut lâcher l'affaire maintenant, allez au revoir. Ou alors plus soft, mais je vois pas comment faire. Genre : oui nous nous sommes aimés, tout ça, mais nos chemins ont divergé, donc les histoires de verge c'est fini (non hein ?). Ou : j'ai plus envie de toi, sinon crois-bien que je donnerais suite...Ou encore : je veux être fidèle, vade retro (on l'avait oublié celui-là, ça te fait au moins quatre expressions en latin, t'es content ?).

En attendant que tu trouves une solution (ouais ben tu participes s'il te plaît), je te raconte ce que monamour m'a subitement dit, dimanche au réveil : "Tu sais Ada, je te pardonne pour l'Écrivain". Hum...Dans ces moments-là tu te sens très con, surtout quand t'as envie de répondre : "non mais oh, pour qui tu te prends, comme si c'était une faute". Mais en fait tu peux pas dire ça, eh non, c'est comme ça. À la place tu peux caser : Ego te absolvo a peccatis tuis, in nomine patris, et filii, et spiritus sancti. Lui il dit Amen et tu vois bien que ça sert le latin.

vendredi 11 mai 2007

♫ Who knows what you'll see, who you might meet ♫

Bon écoute, ce que je te propose, c'est qu'on fasse un bilan provisoire, en passant en revue ces personnages si attachants que tu rencontres par ici. Comme ça moi je vois à peu près où j'en suis, et toi tu pourras plus dire que tu les connais pas, et tout le monde il est content.

Le gars à la guitare (plan cul) (oui je te mets des repères entre parenthèses). Ce qui est marrant avec lui, c'est que jamais on se croise dans le quartier. À se demander s'il sort de chez lui. Je lui ai envoyé une carte postale de la terre de mes ancêtres et depuis j'y ai pas trop pensé. Dernier SMS reçu : aucune idée, j'ai pas conservé.

La grande dame (copine). Alors elle, les relations sont distendues, pour ne pas dire aléatoires. Le tai chi, on a un peu laissé tomber depuis qu'elle a rencontré un prof qui révolutionne sa pratique. Du coup elle est en plein apprentissage et faut que j'attende qu'elle soit prête. Dernier SMS reçu, 10 mai 2007, 20h52 Hello ! vernissage demain soir chez xxx...Bisou.

Ma copine la serveuse (copine). N'est plus serveuse au nouveau bar depuis le début de l'année car elle a du taff intéressant maintenant. Dernier SMS reçu, 6 avril 2007, 20h, Coucou, je vais passer dans ton quartier, si tu veux prendre un verre...Bon là j'ai honte parce que j'ai pas pu répondre dans la foulée et après j'ai zappé. Ne pas oublier donc : la rappeler urgemment. Phénix (copain). On n'arrête pas de se croiser dans la rue. Logique, il passe son temps à arpenter le quartier, en parfait bobo. Peut-être bientôt il va jouer aux boules, qui sait...Toujours avec sa nouvelle copine. Dernier SMS reçu, 29 avril 2007, 18h, Je te vois (du haut de son balcon)

Mon pote le serveur (copain). Est toujours serveur au bar en bas. Se creuse la cervelle pour savoir ce qu'il en est de moi et du charmant charmeur chilien. Reste sur sa faim mais compte sur la rumeur du quartier (pas plus informé) pour se tenir au jus. Je serais pas surprise qu'il milite dans l'ombren pour la rupture (alors que d'une part, c'est déjà fait ; d'autre part, mais qu'est-ce que ça peut bien lui foutre ?)

Canada Dry (plan cul). Appelle régulièrement bien que je ne réponde jamais. Ça m'épate. Parce que bon, un plan cul, au bout d'un moment, sans se voir je veux dire (et là j'estime que 12 mois environ, objectivement ça commence à faire), c'est périmé. Mais non, le gars y croit encore.

Le mystérieux inconnu (simple association d'idée, je comptais pas t'en parler) (plan cul pas testé). A fini par comprendre que y avait pas moyen. A passé récemment une soirée avec monamour, sans que ce dernier connaisse sa véritable identité (non mais on se croirait pas trop dans un film de capes et d'épées ?)

Le gosse beau (super plan cul). Le dernier SMS reçu n'a pas été conservé mais disait en substance Dommage. Seul plan cul non périssable à mon goût. au gré de vacances synchro, qui sait...

Mon pote (ami). A trouvé du taff moyennement intéressant. Est officiellement célibataire mais revoit régulièrement son ex, la voisine du charmant. À part qu'ils baisent pas, ça se voit pas que c'est son ex. Ça évolue très vite, je ne peux pas t'en dire plus ayant moi-même du mal à suivre. Dernier SMS reçu, 10 mai 2007, 18h34, P'tit apéro camarade ? Sinon dès qu'on se retrouve dans un local privé, soit chez lui, soit chez moi (mais on s'adapte aussi très bien chez les autres), on se met à chanter les Bérus, tout va bien.

Le charmant charmeur chilien (ex). Derniers SMS reçus, 10 mai 2007, Kwooaaa kwoO ?! (En pingouin ça ve dire comen vas tu ?) Oh tu fais vachement bien l'accent pingouin...Ça va et toi ? Ça va ! Jsors dma douche ! jvé à une soirée hype à xxx. Jsui à 300 à leur en ce moment ! (rien qu'à lire ça, j'ai le goût de la cocaïne dans la gorge). 11 mai 2007, 5h47, Le jour se lève à peine...Ça me ferait plaisir de partager cette matinée avec toi ! 8h11 Je rêve de re voir arriver ! Dors-tu encore ? Pars-tu au taf ? Veux-tu...? Et voilà, on n'est pas séparé depuis 5 minutes qu'on est déjà de parfaits étrangers l'un à l'autre...non mais franchement comment peut-il s'imaginer que je pars taffer à 8h du matin ?

Le pingouin (animal de la réconciliation). N'a rien à déclarer en ce moment, sinon tu penses bien qu'il se priverait pas.

Le Chanteur (plan cul pas testé et copain). Toujours invaincu à ce jeu stupide. Dernier SMS reçu, 6 mai 2007, 20h42, Coucou, un scrabble ma belle ? Ne manifeste aucune impatience, tout en espérant arriver à ses fins un jour ou l'autre.

Monamour (comme le nom l'indique). Est beau, drôle, intelligent, comme d'hab. Dernier SMS reçu, 10 mai 2007, 21h12, Je pars maintenant, j'arrive ds 25 mn mon xxx (petit surnom doux intime et secret)

La collègue kabyle (collègue). T'en fais pas, elle a survécu. Son mari voulait m'offrir un bouquet de fleurs. Elle lui a plutôt suggéré une bouteille de sky. Et voilà.

Oh moi tu sais, y a pas grand chose à dire de neuf à mon âge. Ah si tiens, depuis mon angine blanche j'ai pas fumé.

mercredi 9 mai 2007

♫ Dess couloirs trop blancs...Bois ton médicaments ♫

Excuse hein, je m'absente sans préavis, ça se fait pas trop. Encore que...je t'avais quand même laissé entendre que quelque chose se préparait. Et je te prie de croire que j'ai pas été déçue.

Mercredi dernier donc, je poste péniblement l'article précédent, je sens bien que je suis patraque ; déjà pour rejoindre mon bureau depuis la cantine, c'est la lutte, j'ai même pas envie de fumer. Ouh, ça c'est signe de maladie gravissime. Alors j'attends que le temps passe, je bricole quoi, en prévoyant d'aller chez le médecin dès que possible. Deuxième mauvais présage, on passe en alerte rouge, je vais jamais chez le médecin tu m'entends ? jamais. Alors là c'est signe de mort imminente au moins. Non j'exagère pas, tu vas voir.

Vers 16h mon téléphone sonne. Je m'en fous. Tu peux pas savoir à quel point. Ils peuvent m'inventer n'importe quel taff trop passionnant, ça m'intéresse pas un brin, je veux aller au dodo moi. C'est la collègue kabyle : Ada, pardonne-moi pour tout, je t'aime. Ah ? Bon. C'est bizarre comme coup de fil non ? Si hein ? Oui ben je suis dans les vapes là je te rappelle. Bon ok je LA rappelle, ça vaut mieux. Eh oh elle me raccroche au nez. Je recommence. Tiens, là ça sonne longtemps, longtemps, longtemps...Enfin elle parle : Ada, ça sert à rien, ma décision est prise, je veux mourir, laisse-moi...Ah ça y est, j'ai percuté.

Dis-moi collègue kabyle, où es-tu présentement ? Chez moi. Avec tes enfants ? Non je suis seule, je me suis très bien organisée, je ne ferais pas ça devant mes enfants. Ok ok, c'est où chez toi ? À XXX. Oui mais où exactement ? où ? t'habites où bordel ? Hé tu me parles pas comme ça !!! t'as pas le droit !!! tu sais pas !!! Là elle hurle et elle pleure en même temps, je me dis que j'ai dû faire une erreur tactique. Bon excuse-moi, on reprend, tu peux me donner ton adresse s'il te plaît ? j'avais justement envie de t'envoyer une carte postale. Elle me la donne, t'y crois à ça ? elle me la donne ! Et c'est moi qui lui raccroche au nez.

Pendant que les pompiers y vont, je descends au secrétariat : je voudrais l'adresse exacte de la collègue kabyle. Non mais Ada, on ne divulgue pas ce genre d'information comme ça, qu'est-ce que tu crois, c'est confidentiel...Oh ta gueule la Serbo-Croate (en vrai elle est ni serbe ni croate, elle a juste un accent indéfinissable) ça urge là, tu vois pas que je suis en panique ? y a la collègue kabyle qui est en train de se suicider tranquille peinarde chez elle et si ça se trouve j'ai pas donné la bonne adresse aux pompiers, alors tu cherches dans tes dossiers suspendus là, tes hamacs je sais pas quoi et tu m'appelles le directeur en prime.

Le dirlo me rassure comme quoi j'ai tout bien fait comme il faut ; moi je suis plutôt rassurée par le fait que les adresses concordent. Puis je rappelle les pompiers : alors voilà, j'ai appelé tout à l'heure pour ma collègue tout ça tout ça. Oui et alors ? Ben alors, il est marrant lui, je voudrais avoir des nouvelles c'te blague. Ah mais madame on peut rien vous dire nous. Ah bon ? pas même un petit indice ? Il faut voir avec l'hôpital madame. Bon. D'accord monsieur. Merci. À l'hosto ils essayent de ma la jouer pareil mais attends, hors de question, elle est vivante ou ou merde ? Oui oui, elle est aux urgences là mais ça va.

Bon. Je préfère. Maintenant mon angine blanche peut se déclarer afin que je me paye plusieurs jours d'une fièvre certes élevée mais constante (39°5 le matin, 39°5 le midi, 39°5 le soir) (quine !) (ah carton plein ! Qui gagne un lavabo en porcelaine ?)

Pour décompresser avec monamour on se raconte des histoires.

Monamour : Tu crois que ça existe les chirurgiens frontistes ?

Ada : Spécialistes des opérations du front ? des guerriers quoi (ouais ben j'ai pas pu faire psychanalyse avec cette crève, ça me manque)

Monamour : Mais non t'es con, des chirurgiens lepénistes, des chirurgiens racistes je veux dire.

Ada : Oh ben sûrement, y a pas de raison.

Monamour : Ça doit être rare quand même, enfin j'espère, sinon c'est con pour moi.

Ada : Ouais t'imagines Ah non le grand noir on va le bacler.

Monamour : Désolé monsieur on s'est trompé de jambe.

Ada : Va falloir amputer.

Monamour : Ça va être plus long que prévu, vous nous en voulez pas ?

Ada : En même temps ça va être plus court, l'un dans l'autre vous devriez vous y retrouver.

mercredi 2 mai 2007

Non merci pour le chocolat

Je me demande si je devrais pas me taper un des gars du taff. Au début j'avais pour principe de pas chasser sur mon lieu de travail, parce que selon l'issue de l'histoire, je te fais pas un dessin, ça peut devenir difficile à gérer. Et puis, tu sais ce que c'est, on est tellement nombreux, on relâche un peu, on est en confiance et hop on se laisse aller. Donc bon ça m'est arrivé oui. Plusieurs fois oui (plusieurs fois ça veut dire qu'il faut compter pour savoir exactement combien mais là je vais pas compter d'accord ? déjà que tu me prends pour une obsédée sexuelle...) Que des plans cul. Non parce que quand même hein, j'ai une conscience professionnelle. Et là ça fait un bail que rien. Alors je me demande...

Sauf qu'il reste pas grand monde de potable à c't'heure (pas assez de renouvellement ces temps-ci), à part un peut-être mais il est vraiment trop con, ou alors les deux que je croise à la cantine mais je les confonds, ça commence mal, ou bien ils sont frères et ça commence pas mieux.

Enfin je dis ça, c'est purement désintéressé tu t'en doutes, si je peux faire avancer la science. Ben oui, avancer la science, qu'est-ce que tu crois ? l'heure est grave, je crois que je deviens fidèle.

Sur la terrasse du nouveau bar monamour et moi attendons des amis. Le charmant charmeur chilien, à fond sur son skate, nous salue de loin. Bien plus tard, monamour ayant dû partir, il nous resalue, de près cette fois. Et quand mes amis partent à leur tour, il dit Si tu veux monter deux minutes ? Non mais dis donc, je ne te permets pas. C'est du langage codé, banane, c'est pour m'inviter à prendre les chemins de fer.

Bon j'avoue j'aurais pas dû. Mais toi par exemple je suis sûre t'aimes le chocolat non ? (ou autre chose, si vraiment t'as décidé de me contredire, remplace par un truc que t'aimes) Et quand quelqu'un te propose Un peu de chocolat/truc que t'aimes ?, tu fais pas le malin, t'acceptes. Ben moi c'est pareil. C'est tout.

Par contre là où ça devient inédit, c'est quand il dit Un peu de sexe ? (je reformule pour une meilleure compréhension, sinon en réel ça donne plutôt : il me plaque contre la porte, puis contre la fenêtre, puis contre le futon) je réponds Non merci (je me dégage quoi et j'essaye de dire Non. Non non non. Non mais arrête, mais arrête, ARRÊTE J'TE DIS, JE VEUX PAS)

Et tu trouves ça normal toi ?

Maintenant la cerise sur le gâteau, alors que j'ai rien fait t'as bien vu, c'est que limite je culpabilise. La preuve : il se pourrait bien que je couve quelque chose (non, pas un enfant, tu te calmes tout de suite)